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Partie XII
MÉDINE
Petit laboratoire
d'une théocratie universelle
(622-630)
Du vivant du prophète,
nous évitions de causer et plaisanter avec nos femmes,
de peur que cela nous attirat quelque révélation.
Mais, quand le prophète est mort,
nous causâmes et plaisantâmes avec elles.
ibn Omar1.
§-284.
Voci donc un tableau détaillé de ce qu' a pu être la république islamique de Médine, la plus ancienne de l'Histoire, modèle de toutes les autres2 . On ne peut pas prétendre qu'il s'agisse d'un tableau exact: c'est en fait l'image que les siècles suivants ont voulu construire, pour constituer un exemple idéal d'organisation humaine, une théocratie absolue, merveilleuse par sa rigueur et sa simplicité.3
Fondements juridiques de la théocratie musulmane.
(ibn Taimiya, Traité de droit public 1-3).4
Au nom dAllah le clément, le miséricordieux !
Louange à Allah qui a doté ses envoyés de preuves, qui a révélé par eux le Livre et la balance, afin que les gens appliquent la justice ; qui a créé le fer, lequel renferme une force considérable et apporte aux hommes d'immenses avantages, afin de connaître ceux qui défendront sa cause et celle de ses prophètes. Allah est tout puissant et magnifique.
Il a clos la série des prophètes par Muhammad, qu'il a envoyé avec la voie droite et la religion véritable, avec mission de l'élever au-dessus de toute autre ; et qu'il a fortifié d'un ascendant impératif, joignant la science et la plume, pour une uvre d'apostolat et de persuasion, à la puissance et au sabre, pour la victoire et la domination.
Je déclare qu'il n'y a pas d'autre Allah qu'Allah, l'unique, sans associé, dans un témoignage pur comme l'or le plus pur. Je déclare que Muhammad est son esclave et son prophète (que la bénédiction de Allah soit sur lui, sur sa famille et ses compagnons), dans une profession de foi qui met celui qui la prononce dans une sécurité inviolable. Ensuite. Voici un court traité qui expose les principes généraux de la politique divine et de la lieutenance5 du prophète, dont le pasteur et son troupeau ne sauraient se dispenser, et qui sont nécessaires aux représentants de l'autorité que Allah nous a fait un devoir de conseiller, comme le prophète l'a proclamé dans des traditions bien établies par des voies différentes:
Allah voit avec satisfiction trois choses de votre part: que vous l'adoriez et ne lui associez personne ; que vous vous cramponniez tous à la corde de Allah et que vous ne vous divisiez pas ; que vous éclairiez de vos bons conseils celui que Allah a chargé de vous gouverner.
Ce traité est fondé sur le verset des Emirs6 :
Allah vous ordonne de rendre les dépôts à ceux auxquels ils appartiennent, et, quand vous jugez les hommes, de le faire avec justice. C'est une sublime exhortation que Allah vous donne. Allah entend tout et voit tout. Ô vous qui croyez, obéissez à Allah, obéissez au prophète et à ceux d'entre vous qui détiennent l'autorité. Si vous êtes en désaccord sur quelque point, référez-vous à Allah et à son envoyé, si vous croyez vraiment en Allah et au jour du jugement. C'est là, pour nous, le parti le plus sage et le commentaire le plus sûr. 7 .
La première partie du verset, disent les jurisconsultes, a été révélée pour ceux qui détiennent l'autorité ; ils sont tenus de rendre les dépôts à ceux auxquels ils appartiennent et, quand ils jugent les hommes, de le faire en toute justice. La seconde a été révélée pour tous les sujets, qu'ils appartiennent ou non à l'armée ; tous sont tenus d'obéir aux représentants de l'autorité, lorsque ceux-ci agissent comme ils le doivent dans leur répartition des biens, leurs jugements et leurs expéditions guerrières, à moins qu'ils n'ordonnent de désobéir à Allah. Aucune créature ne doit, en effet, obéir à un ordre qui la ferait désobéir à Allah. En cas de désaccord sur quelque point, il faut se reporter au livre d'Allah et à la Sunna8 de son prophète.
Lorsque les représentants de l'autorité n'agissent pas comme ils le doivent, obéissez-leur dans la mesure où leurs ordres sont conformes à ceux d'Allah, car, par là, vous obéirez à Allah et son prophète, et rendez-leur les droits qui leur sont dûs, ainsi que Allah et son prophète l'ont ordonné. Aidez-vous mutuellement dans le bien et la piété, mais ne vous aidez point dans le péché et l'injustice.
Puisque ce verset ordonne de rendre les dépôts à ceux auxquels ils appartiennent et de juger conformément à la justice, nous dirons que ces deux principes constituent l'essentiel de la politique juste et le but par excellence de la fonction publique.
Fondements théologiques de la république islamique d'Iran.
Au moment de commencer ce voyage dans la tyrannie, le mieux est d'observer un texte fondateur d'une autre "république"9 islamique, qui est aussi un exemple, au XXème siècle, de la résurgence de ce type de régime. C'est en 1979 que s'élabore la nouvelle référence islamiste, sous la direction de l'ayatollah Khomeyni10 : l'islam n'a jamais cessé d'être un système politique et juridique, mais à partir de la révolution iranienne, il affiche des ambitions plus grandes, renforcé par l'échec des nationalismes arabes, du socialisme et par la force du pétrole.
Le "modèle" iranien est suivie depuis lors par toutes les républiques islamiques (sunnites ou shiites), jusqu'aux dernières en date, celle du Hezbollah au sud du Liban, et la toute minuscule implantée par le Hamas à Gaza.
(Extraits du "Petit Livre Vert" de l'imam Khomeyni).11
Le gouvernement islamique ne peut être ni totalitaire ni despotique, mais constitutionnel et démocratique. Dans cette démocratie, pourtant, les lois ne dépendent pas de la volonté du peuple, mais uniquement du Coran et de la Sunna du prophète. La Constitution, le Code Civil et le Code Judiciaire ne peuvent s'inspirer que des lois islamiques contenues dans le Coran et transcrites par le prophète, et elles seules doivent être appliquées scrupuleusement. Le gouvernement islamique est le gouvernement de droit divin, et ses lois ne peuvent être ni changées, ni modifiées, ni contestées.
C'est là que réside la différence radicale entre un gouvernement islamique et les différents gouvernements monarchiques ou républicains où ce sont les élus, les représentants du peuple ou de l'État qui proposent et votent les lois, alors qu'en Islam la seule Autorité compétente est le Tout-Puissant et sa volonté divine. Le pouvoir législatif est exclusivement détenu par le Saint prophète de l'Islam et personne hormis Lui ne peut promouvoir une loi; toute loi qui n'émane pas de Lui est à rejeter. Dans un gouvernement islamique qui se respecte, le pouvoir législatif (Parlement), qui est une des trois composantes de tout système constitutionnel avec l'exécutif et la jurisprudence, est remplacé par un « Conseil religieux de planification » qui transmet à chaque ministère les lois islamiques le concernant, lui indique son programme conformément à la religion et établit à la base de l'ensemble de ces programmes la politique générale de tout le pays.
Le gouvernement islamique est soumis à la loi de l'Islam qui n'émane ni du peuple ni de ses représentants, mais directement de Dieu et de sa volonté divine. La loi coranique, qui n'est autre que la loi divine, constitue l'entité de tout gouvernement islamique et règne immanquablement sur tous les individus qui en font partie. Le prophète, les califes et les gens du peuple, doivent obéissance absolue à ces lois éternelles du Tout-Puissant transmises aux mortels à travers le Coran et le prophète, et qui resteront immuables jusqu'à la fin des temps.
En Islam, gouverner signifie uniquement mettre à effet les lois coraniques, autrement dit les lois divines. Ces lois doivent être obéies et exécutées par tous, sans exception, et sans contestation. La loi divine s'applique au chef et au subordonné, à l'employeur et à l'employé. On obéit au prophète parce que Dieu l'a voulu ainsi. Et on doit obéir aux dirigeants du gouvernement islamique aussi parce que Dieu l'a ainsi voulu. Dans le domaine de la volonté divine tout individu, même s'il s'agit du prophète, n'a aucun droit d'ingérence. Il n'a d'autre droit, d'autre devoir que l'obéissance.
L'Islam a des préceptes pour tout ce qui concerne l'homme et la société. Ceux-ci procèdent du Tout-Puissant et sont transmis aux hommes par son prophète et Messager. On est surpris de la majesté de ces commandements qui recouvrent tous les aspects de la vie, de la conception jusqu'à la mise au tombeau!... Il n'y a aucun sujet sur lequel l'Islam n'ait porté son jugement12 .
Tous les gouvernements du monde reposent sur la force des baïonnettes. Nous ne connaissons aucune monarchie ou république dans le monde d'aujourd'hui qui soit fondée sur l'équité et la raison; elles ne se maintiennent que par l'oppression.
Chapitre 62
La loi du monarque
§-285.
La loi musulmane, la trop célèbre Sharia13, est une loi globale, totale, qui régit en un bloc lensemble de la communauté. Elle a pour origine les prescriptions du Coran, qui sont confirmées et complétées par la tradition, les hadiths. Cest à Médine quest promulgué lessentiel de cette législation, sous la forme de révélations coraniques. Cest aussi à Médine quelle sapplique pour la première fois au monde, dans sa rigueur native, autour d'un personnage obsédant et obsessionnel, source vivante de pensée et de législation, objet délirant de vénération, au détriment de la divinité elle-même et de toute réflexion sur celle-ci: très vite, la théologie et la philosophie se sont soumis à une puissance tyrannique et toute puissante: le droit musulman les a peu à peu remplacées intégralement et règne sans partage sur ce monde.
Il serait intéressant, et même franchement cruel, de comparer cette structure à la fois archaïque et totalitaire au Code Justinien, antérieur pourtant dun siècle14: celui-ci rassemble lessentiel du corpus juridique de lempire romain, assurant ainsi une base incontournable pour le droit européen. Une référence rude mais plutôt glorieuse que lEurope a hélas oubliée, comme trop souvent.
Sur la sharia, lobservateur attentif et honnête fera quelques remarques:
-Cette législation ne prétend avoir dautre source que la volonté divine transmise au chef de la communauté.
-Elle ne prend jamais lêtre humain en tant que tel, et ne considère jamais ses propres intérêts, et nobéit à aucun principe directeur hors de la soumission à la divinité et des décisions du chef: la morale individuelle et autonome nexiste pas.
-Elle est suscitée exclusivement par les circonstances qui affectent la communauté, ou la vie de Muhammad. Une période de moins de vingt ans, dans le sable, sur des chameaux, par le sabre, a régi la vie de milliards de personnes depuis.
-Elle ne forme pas un ensemble cohérent et organisé: ce sont les circonstances qui la construisent. De véritables codes naîtront beaucoup plus tard.
-Elle privilégie, comme toute loi humaine archaïque, les intérêts du groupe et de son chef, au détriment de celui de lindividu. Il serait donc vain de penser y trouver une quelconque forme dhumanisme.
-Elle distingue fondamentalement le musulman du non-musulman, et des règles différentes sappliquent à ces deux catégories dêtres humains.
-A lintérieur du groupe des musulmans, elle consacre la distinction entre plusieurs catégories au statut inégal.
-Enfin, elle ne connait aucune limite dans son champ daction, toute action ayant un rang dans l'échelle des valeurs15 , et ne comporte aucune explication.
§ 286-La morale shariatique.
Lavis de Victor Hugo16 (Religions et religion, 1880).17
"Oh ! L'infâme travail ! Ici Mahomet ; là
Cette tête, Wesley, sur ce corps, Loyola ;
Cisneros et Calvin, dont on sent les brûlures.
Ô faux révélateurs ! Ô jongleurs ! Vos allures
Sont louches, et vos pas sont tortueux ; l'effroi,
Et non l'amour, tel est le fond de votre loi..."
Principes de la sharia.
(ibn Taimiya, Traité 22).
Un des principes fondamentaux de la sharia tient dans le verset suivant:
Craignez Allah dans la mesure de vos forces . 18 qui explique lui-mème cet autre verset: Craignez Allah comme il mérite d'être craint . 19 , ainsi que dans le hadith suivant, que l'on trouve dans les deux sahih:
Lorsque je vous donne un ordre, exécutez-le dans la mesure du possible.
Un autre principe fondamental de la sharia est que nous ayons toujours en vue de rechercher notre intérêt 20 ou de1accroître, et d'éviter tous dommages ou, de les réduire. Quand il y a conflit de profits ou de dommages on recherchera le profit majeur en se résignant à perdre le moindre, ou bien on écartera le dommage le plus grave en se résignant, à subir le moindre. Voilà en effet ce que la loi nous commande.
Les prescriptions morales selon ibn Taymiyya.
(ibn Taymiya, Profession de foi21 55-61).22
Les gens de la Tradition et du consensus, en plus des croyances que nous venons dexposer, ont pour principe dordonner le bien23 et dinterdire le mal24 conformément aux prescriptions de la loi révélée25 .
Ils pensent que l'on doit faire le pèlerinage26, la guerre sainte27, les prières du vendredi et des fêtes avec tous les émirs28, que ces émirs soient des gens de bien ou des hommes pervers. Ils veillent à ce que les prières qui doivent être faites en commun29 le soient et croient que donner un bon conseil30 dans l'intérêt de la communauté fait partie de la religion.
Ils croient à cette parole du prophète : « Le croyant est, pour le croyant, comme une construction dont les parties se soutiennent les unes les autres. »
Et le prophète alors entrelaça ses doigts
C'est en ce sens que le prophète a dit encore : « Les croyants, par l'affection, la compassion et la sollicitude qu'ils se portent mutuellement, ne font qu'un seul et même corps. Quand l'un des membres souffre, tout le reste du corps participe à sa douleur par la fièvre et l'insomnie. » .
Les gens de la Sunna ordonnent de faire preuve de constance31 dans l'adversité, de remercier Allah32 dans la prospérité et d'être toujours satisfait33 de son sort.
Ils exhortent les hommes à pratiquer toutes les vertus34 et toutes les belles actions ; ils croient en effet à cette parole du prophète : « Les croyants dont la foi se rapproche le plus de la perfection35 sont ceux dont la valeur morale est la plus grande.
Ils recommandent de faire du bien à ceux qui vous écartent, de donner à ceux qui vous refusent et de pardonner à ceux qui vous offensent.
Ils ordonnent aux hommes davoir de la piété envers leurs pères et leurs mères, de venir en aide à leurs parents, dêtre de bons voisins, de se montrer charitables envers les orphelins, les pauvres36 ou les voyageurs et de traiter leurs esclaves avec douceur. Ils interdisent lorgueil37,
la vanité38, et la convoitise39. Ils interdisent dimportuner autrui, fut-ce pour reconnaître un droit. Ils ordonnent, en un mot, de pratiquer les plus hautes vertus morales et interdisent toute action vile.
L'avis d'un orientaliste.
(Prince Caetani, Annali dellislam, vol VI).40
Ainsi c'est la personne de Muhammad qui est mise par dessus tout au premier rang, au point que Dieu ne reçoit qu'un rôle secondaire comme auxiliaire du Prophète. Il n'est désormais plus l'Être Suprême, au service duquel tout doit être sacrifié, mais plutôt l'être Tout-Puissant qui aide le prophète dans sa mission politique, qui facilite ses victoires, le console dans la défaite, l'assiste pour démêler les menus problèmes d'un grand empire et l'aide à aplanir les difficultés qui apparaissent chaque jour ( ... ) Ce deus ex machina lui fut extrêmement utile dans une société d'hommes rudes, violents et sanguinaires, prompts à la colère, inébranlables dans leur haîne et leur soif de vengeance, indifférents au sang humain, avides de rapines, aussi changeants que le vent en amitié. ( ... ) C'est de la bouche (de Muhammad) et non de celle de Dieu que ces hommes attendent des réponses à leurs questions, le verdict qui décidera de leur destiné et, pour la plupart, ce n'est plus Dieu qui compte mais le prophète. Muhammad est chaque jour un fait plus tangible. Dieu devient de plus en plus une théorie utile, un principe suprême qui suit du ciel avec une sollicitude affectionnée les gestes capricieux et les faiblesses, ni rares ni triviales, de son prophète favori, lui portant assistance avec des légions d'anges dans ses expéditions de brigands, répondant par des révélations à toute question gênante, rectifiant les erreurs, légalisant les fautes, encourageant les instincts violents avec toute l'immorale brutalité du Dieu tyrannique des Sémites.
Si Muhammad dévia du chemin des premières années, cela ne devrait surprendre personne ; il était homme tout autant et de la même façon que ses contemporains. Il appartenait à une société encore primitive, dépourvue de toute culture et il était guidé seulement par son instinct et des dons naturels qui étaient rehaussés par les doctrines religieuses mal assimilées du judaïsme et du christianisme. Muhammad en fut d'autant plus facilement corruptible quand la fortune finalement lui sourit. (A Médine), il offrit très peu de résistance à l'action corruptrice de sa nouvelle position sociale, plus particulièrement au vu du fait que les premiers temps furent accompagnés par des triomphes déroutants et par la douceur fatale d'un pouvoir pratiquement illimité. La détérioration de sa moralité fut un phénomène on ne peut plus humain, dont l'histoire fournit non pas un mais des milliers d'exemples. Il est plus facile de mourir saint sur une croix ou sur un bûcher que sur un trône après une lutte titanesque contre des ennemis obstinés et sans merci. Le personnage de Muhammad perd en beauté mais gagne en grandeur.
(ibn Kathir, Tafsir 48, 29).41
La sharia est fait en vérité de deux parties: la connaissance et les actions. La vraie connaissance religieuse est par définition vraie et les actes islamiques acceptés sont acceptés par définition. Donc, les nouvelles et la croyance que la religion apporte sont vraies et ses commandements sont justes.
Le délire moralisateur42 dun théologien modéré.
S. H. Boubakeur, Traité moderne de théologie islamique, Paris 2003, p. 54).
Le fidèle se doit de subordonner sa vie, sa liberté et sa mort à la volonté de Dieu, autant par soumission que par amour43 .
Mais sur la notion d'amour, il convient de ne point s'égarer, L'amour est une passion. Si les moralistes distinguent les passions mauvaises (vices) et les passions nobles (vertus), les psychologues eux, les tiennent pour identiques quant à leur nature, leur processus et leurs effets mentaux.
En un siècle où le clinquant des mots fausse les réalités les plus claires, on se doit de comprendre ce que l'amour veut dire. Plus de quatorze vocables, en arabe, expriment l'amour en général, alors qu'en français le mot qui traduit habituellement ce sentiment, sous ses multiples formes est, en général, le verbe aimer. Or, ce verbe semble passer pour la chose première et la première des choses. Son emploi exagéré en fait un substratum de toute création artistique ou... épices pour relever tous les salmigondis. L'amour est, en effet, le thème de la plupart des romans, des pièces de théâtre, des chansons, des films, des contes. Son emploi inconsidéré l'a vidé de son véritable contenu, tant au point de vue sens que sincérité. Les images et les métaphores qu'il évoque d'ordinaire ou suscite, se « matérialisent » de plus en plus, laissant transparaître un sensualisme dégradant, l'exaltation d'un désir animal qui exclut tout sentiment d'attachement, de tendresse, de sacrifice sans lesquels l'amour devient une simple frénésie verbale, et parfois le test d'un penchant marqué pour les jouissances culinaires. La bien-aimée est comparée à la tomate (sic), au pain beurré (re-sic) à diverses variétés de confitures, de confiseries dans les chansons que la radio-diffusion française et autres mass media offrent comme régal de choix à leurs gourmets auditeurs.
En une telle euphorie voluptueuse, il n'est évidemment pas question d'esprit de sacrifice, ni de véritable union de deux êtres de sexes différents, mais d'un langage artificiel, de soupirs mensongers, d'un snobisme qui varie en ses accents et ses couleurs avec la mode et selon la classe sociale. L'homosexualité a été légalisée en divers pays d'Europe. Mais Sodome et Gomorrhe ne sont pas les seules à ressusciter au nom de la liberté. Lesbos entend faire valoir ses droits et les saphistes forment l'aile marchante des mouvements de libération de la femme. Il m'a été signalé que deux hommes ont été légalement mariés dans une mairie de New York. Les cas de femmes unies en « justes » noces ne sont pas rares, en Hollande, au Danemark, en Suède, en Norvège, etc.
§ 287-Les vertus de lobéissance.
Dans la nouvelle société, comme dans toute organisation sectaire, le chef44 est la loi vivante, la source du droit, et le premier axiome est lobéissance absolue due à sa personne.
(Mahomet, Coran 45/17).
Ensuite, nous tavons placé sur une voie45 procédant de lordre.
Suis la donc et ne suis point les doctrines pernicieuses de ceux qui ne savent point!
(Mahomet, Coran 24/56).
Accomplissez la prière!
Donnez laumône!
Obéissez à lenvoyé46 !
(Mahomet, Coran 24/62).
Les croyants sont seulement ceux qui croient47 en Allah et en son apôtre et qui , se trouvant avec celui-ci dans une affaire qui les concerne, ne se retirent point sans en avoir demandé la permission!
prophète!, ceux qui te demandent la permission dentrer ou de se retirer, ceux-là sont cex qui vraiment croient en Allah et en son apôtre.
(Mahomet, Coran 57/28).
Ô vous qui croyez! soyez pieux envers Allah!
Croyez en son envoyé!
(Mahomet, Coran 7/157).
Le seigneur répondit : Que mon tourment atteigne qui je veux et que ma miséricorde s'étende à toute chose !
J'inscrirai une belle existence pour ceux qui sont pieux et donnent l'aumône48, ainsi que pour ceux qui croient à nos signes et qui suivent l'apôtre, le prophète des Gentils49 qu'ils trouvent annoncé chez eux dans la Torah et l'Évangile.
Ce prophète qui leur ordonne le convenable et leur interdit50 le blamâble, qui déclare licites Pour eux les excellentes nourritures51 , et illicites les immondes52, leur ôte le lien et les entraves qui pesaient sur eux.
Ceux qui auront cru en lui, l'auront soutenu, l'auront secouru et auront suivi la lumière53 qu'on avait descendu avec lui, ceux-là seront les bienheureux.
(Bukhari, Sahih 79/2, 2).
Abu Sayd al Khudri rapporte que le prophète a dit :
-Evitez de tenir des réunions sur des lieux de passage publics.
-Ô envoyé d'Allah, répondirent les fidèles: il faut bien que nous nous réunissions pour nous entretenir de nos affaires.
-Si, reprit le prophète, vous ne pouvez vous dispenser de ces réunions, donnez à la voie publique ce à quoi elle a droit:
-Et à quoi a-t-elle droit? demanda-t-on.
-Elle a droit, reprit-il, à ce que vous soyez discrets, à ce que vous ne fassiez de mal à personne, à ce que vous rendiez le salut, et enfin à ce que vous ordonniez le bien et interdisiez le mal.
Ordonner le bien, interdire le mal.54
(ibn Taimiya, Traité de droit public 33).
Dans tous les cas que nous venons d'étudier, les fonctionnaires, par esprit de vénalité, se font les complices du péché et du crime. Or un fonctionnaire n'est investi d'une autorité que pour ordonner le bien et interdire le mal. Ordonner le bien et interdire le mal constitue le but suprême de toute fonction publique.
Un fonctionnaire qui, pour de l'argent, rend possible ce qui est interdit fait le contraire de sa mission. On peut le comparer à l'allié qui se retournerait contre celui qu'il s'est engagé à défendre, ou au musulman qui, payé pour la guerre légale, combattrait ses coreligionnaires.
(...)
La prospérité d'un pays et de ses habitants dépend de l'obéissance que l'on témoigne à Allah et à son prophète. Cette obéissance n'est possible que si l'on ordonne le bien et interdit le mal. C'est précisément la raison pour laquelle cette communauté est la meilleure de toutes celles qui ont vu le jour.
Une courte liste dinterdits.
(ibn Batta55, La Profession de foi 21).56
Parmi les pratiques que le prophète a interdites et dont il a flétri les auteurs avec sévérité est celle qui consiste, pour deux hommes, à se mettre en contact l'un de l'autre57 dans une même piècé d'étoffe, sans rien d'autre qui les sépare. Le prophète a maudit aussi ceux qui se mettent tout nus sous la même tunique58 . Il a interdit à deux hommes de se mettre tout nus dans la même pièce d'étoffe - pratique que l'on appelle la mukàma'a.
Le prophète a interdit à l'homme de se mettre tout nu dans une maison ou dans tout autre lieu; de regarder la nudité59 d'un autre homme; de causer de tout ce qui concerne ses relations avec sa femme quand il se retire avec elle.
Le prophète a aussi interdit de lancer des pierres sur un homme ou de jeter de la boue dans des lieux habités60 .
Le prophète a interdit:
- de faire de faux serments61 .
- de vendre des dattes avant leur maturité62 . On dit que des dattes sont mûres quand elles commencent à devenir jaunes et rouges.
- de vendre des chiens, des singes ou des porcs,
- de jouer au tric-trac63 ou aux échecs64 .
- pour un homme, de rester seul avec une femme qui n'est pas accompagnée de son mahram [c'est-à-dire de son mari ou d'un parent qu'il lui est interdit d'épouser].
- de dire: «Nous ne cesserons d'aller bien tant que tu nous resteras!» ou bien: «Ce que Allah veut et ce que tu veux!»
- de jurer au nom d'un autre que Allah .
-d'aiguiser sa lame sous les yeux de la brebis [que l'on va égorger].
- d'engager un salarié sans qu'il connaisse son salaire.
- de pratiquer l'enchère simulée65, pratique qui consiste à faire monter le prix d'une marchandise dont on ne veut point.
. - de consommer la chair, le lait ou les ufs de bêtes qui mangent des excréments66, qu'il s'agisse de chamelles, de vaches, de brebis ou de poules. On dit qu'il faut garder67 les chamelles pendant 40 jours; les vaches pendant 30 jours; les brebis pendant 7 jours et les poules pendant 4 jours.
Le prophète a aussi interdit:
- de vendre avec aléa68 .
- de vendre ce que l'on ne possède pas.
- de vendre ce que l'on n'a pas chez soi.
- de faire deux conditions69 dans une même vente .
- de frapper une bête de somme sur le museau.
-de marquer70 une bête de somme sur le museau.
-de cracher à la figure dun homme.
-pour une femme, dinterdire son lit71 à son mari.
-de dire ce quon ne fait pas.
-de promettre et de ne pas tenir sa promesse.
-de parler en secret72 de son frère.
-dêtre prodigue73 ou avare74.
-de sattrister ou de se réjouir des choses de ce bas-monde.
Le prophète a interdit à lhomme dobéir à son épouse pour aller à une noce, à une séance de pleureuses75, au bain, et de lui obéir dans ses caprices76. Il a dit:
-Quand un homme obéit à sa femme dans tout ce quelle veut, sa femme le renversera sur le visage en enfer.
Il a aussi interdit à lhomme den arriver, pour obéir à sa femme, à manquer à la piété77 quil doit à son père et à sa mère, à cesser de venir en aide à ses parents et dêtre charitable78 à légard de ses frères en Allah. Il a dit:
-Contredisez les. Vous serez sur la bonne voie et Allah vous bénira.
Mais il a interdit de leur faire du tort ou de leur témoigner de lhostilité. Il a ordonné au contraire dêtre juste79 à leur égard et de les traiter avec égalité dans la répartition des nuits80 .
Le prophète a interdit de causer des dommages à son voisin ; dopprimer autrui ; de sattaquer à la généalogie81 d'un homme; de médire de son prochain ou de le calomnier.
Le prophète a interdit [au maître] d'insulter ses esclaves82 et de les frapper. Il [lui] a ordonné de les nourrir de mets que lui-même mange et de les vêtir de vêtements que lui-même porte. Il a interdit de leur imposer des travaux qu'ils seraient incapables de supporter et il a ordonné de leur pardonner, quand bien même commettraient-ils soixante-dix fautes par jour.
Le prophète a interdit à l'homme qui fait sa prière:
- de baisser et de relever83 vivement la tête à la manière d'un coq.
- de se prosterner84 avant d'avoir relevé la tête dans l'inclination du corps85 .
- d'écarter largement86 les bras dans la prosternation comme un chien écarte les pattes.
de s'asseoir sur son derrière87 à la manière d'un singe.
-de relever ou de baisser la tête avant que l'imâm ne l'ait fait ou au moment même où il le fait. Le prophète a dit: «L'homme qui relève la tête avant l'imâm ne craint-il donc pas que Allah lui change la tête en tête d'âne? » Il a dit aussi: «Pour l'homme qui relève ou baisse la tête avant son imâm, il n'y a pas de prière. »
Le prophète a encore interdit:
- de se frotter les uns contre les autres88 dans la prière.
- de se laver la plante des pieds avec la paume de la main droite plusieurs fois de suite.
- de bailler, de souffler et de retourner les petits cailloux [qui peuvent se trouver sur le sol] pendant la prière.
- de s'essuyer le front pour en enlever la terre avant d'avoir
prononcé la formule du salut final89 .
- de lever les yeux vers le ciel pendant la prière.
- de fermer les yeux pendant la prosternation90 .
- de réciter du Coran pendant l'inclination du corps91 .
- de se découvrir les cheveux ou d'ouvrir un vêtement [pendant la prière].
- de laisser flotter ses cheveux92 [pendant la prière].
- de s'envelopper dans ses habits [et de prier] à même le sol.
- de prier dans un vêtement déboutonné quand on ne porte pas, sur sa chemise93, un manteau 94 et, sous elle, un pagne95 .
- de prier dans une chemise légère sans autre vêtement au- dessous.
- de chercher à se mettre en avant des autres96 dans la prière.
-de prier au second rang alors que l'on a une place vide dans le premier rang.
- de s'adosser à un mur dans la prière.
- de prier dans un bain; dans les lieux où les chameaux ont laissé leurs excréments97 ; sur les chemins battus; sur une tombe98 ; dans un abattoir99 ; sur un dépôt d'ordures100, ou sur le toit de la Maison de Allah.
-de s'en aller, après la prière, en doutant101 de l'avoir faite correctement.
Le prophète a maudit:
- la femme qui tatoue102 et celle qui se fait tatouer c'est-à-dire celle qui met [sur une partie du corps] de la couleur verte et celle qui s'en fait mettre.
- la femme qui place de faux cheveux103 et celle qui s'en fait mettre - c'est-à-dire celle qui place des tresses postiches104 et celle qui s'en fait mettre.
- la femme qui pratique l'épilation105 et celle qui se fait épiler, c'est-à-dîre celle qui procède à l'arrachage des poils et celle qui se les fait arracher.
- la femme qui lime les dents106 et celle qui se les fait limer, c'est-à-dire la femme qui lime les dents pour les séparer107 les unes des autres et celle qui subit cette opération.
Le prophète a dit aussi:
-«Dès qu'une femme dépose ses vêtements ailleurs que dans la maison de son mari, elle déchire le voile qu'il y avait entre elle et Allah. »
Parmi les autres pratiques que le prophète a prescrites pour la formation morale de la communauté et pour lui recommander les vertus les plus hautes et les actions les plus nobles 108, citons encore les prescriptions qui suivent.
Le prophète a interdit à l'homme de manger ce qui se trouve devant son frère et de manger au sommet du plat109 .
-«La bénédiction, a-t-il dit, se trouve en son milieu.»
Il a ordonné de se laver la main avant et après le repas.
-«[Cette pratique], a-t-il dit, éloigne la pauvreté110 .»
Il a dit aussi:
«Quand des gens s'appliquent à faire leurs ablutions111 avant et après le repas, Allah ne saurait manquer d'éloigner d'eux la pauvreté.»
Il a ordonné à l'homme de manger les miettes éparses sous le plateau qui sert à manger.
-«De quiconque mange [ces miettes], a-t-il dit, la pauvreté sera écartée, et la stupidité le sera aussi de ses enfants.»
Le prophète a interdit à l'homme de dormir la main entière- ment recouverte, ainsi que de manger et de dormir en état de grande impureté112 . Il aimait que tout homme qui se préparait à dormir ou à manger et qui se trouvait en état de grande impureté fit ses ablutions comme pour une prière.
Le prophète a interdit de manger deux dattes à la fois. Cette pratique, en effet, entraîne celui qui s'y adonne à manquer de politesse dans sa façon de manger.
Il a interdit de regarder la bouchée113 de son commensal.
Il aimait que l'on recouvrît le brouet appelé tarid. «La bénédiction114, disait-il, descend sur lui.» Il a interdit de le manger chaud.
Il a interdit de boire à même la bouche de l'outre115 , car l'homme qui boit ainsi ne sait pas ce que l'outre contient. On raconte qu'un homme but à même une outre dans laquelle, à son insu, se trouvait un serpent; le serpent l'étouffa. On dit aussi qu'en buvant à même la bouche de l'outre, on en altère l'odeur.
Le prophète a interdit de gîter116,sur un chemin battu.
Un chemin battu est en effet un lieu de passage pour les gens, les bêtes117 et les génies118 . Cette pratique, d'autre part, constitue une gêne pour les passants. L'homme enfin qui s'endort sur un chemin battu ne sait pas qui viendra l'y heurter.
Le prophète a interdit de faire ses défécations sur un chemin battu. Il a dit:
-«Évitez les malà'in. »
Et comme on lui demandait ce qu'il fallait comprendre par ce terme:
-«C'est de faire vos défécations sur les chemins, répondit-il.»
Quand les excréments et les immondices s'accumulent sur les chemins, dit-on aussi, la pluie est arrêtée.
Le prophète a aussi interdit de faire ses défécations sous un arbre fruitier. Un fruit peut tomber sur l'excrément ou à proximité; il inspirera alors du dégoût et se perdra. Le prophète a aussi interdit d'avoir commerce charnel sous un arbre fruitier.
Le prophète a interdit à deux hommes qui sont en train de faire leurs défécations de causer et, à l'homme qui se trouve en un lieu de retrait, de parler.
Il a aussi interdit de parler pendant l'acte de chair, comme il a interdit à chacun des deux conjoints de regarder les organes génitaux de l'autre et de se servir du même linge.
Le prophète a interdit à l'homme de se lever119 pour toute autre personne que son père, un homme de science ou un imâm juste.
Il a interdit à l'homme d'aimer que l'on se levât en son honneur.
Il a dit:
-«Que celui qui aime que les autres se lèvent en son honneur s'attende à trouver sa place en enfer! »
Il a dit aussi:
-«Allah ne regarde pas celui qui se lève pour que les autres se lèvent à leur tour en son honneur. »
Il a dit encore:
-«Quiconque glorifie un homme qui n'a d'autres soucis que des soucis terrestres est comparable à celui qui glorifie des idoles.»
Il a dit enfin:
- «Quiconque entre auprès d'un homme qui n'a pas d'autres soucis que des soucis terrestres et s'abaisse devant lui perd les deux tiers de sa religion.»
Le prophète, parmi les règles de civilité120 qu'il a prescrites, a interdit à l'homme de souffle~ sur sa nourriture ou sur sa boisson.
Le prophète a dit:
-«Quand une bouchée vous tombe de la main, ramassez-la et mangez-la, ou donnez-la à manger à un autre. Mais ne la laissez pas au démon.»
Pour manger une datte, le prophète la tenait dans le creux de la main et en enlevait le noyau avec le bout des doitgs; c'est ce que l'on appelait: yatnu.
Toutes ces règles de civilité et toutes les règles analogues, qu'il serait trop long d'énumérer dans ce livre, consistent dans la propre façon d'agir du prophète, dans les ordres et les interdictions qu'il a formulés. C'est un devoir pour l'homme que de les mettre en pratique, de les étudier, que de suivre le prophète en les observant, que de s'efforcer d'obéir au prophète et de se conformer à sa Sunna. La raison montre le bien-fondé de ces prescriptions auxquelles le cur de tout homme sensé aspire. Dans toutes ces prescriptions, l'homme trouvera des règles de civilité, de a] propreté et le moyen d'éviter des choses repréhensibles.
§ 288-Les limites du chef.
Autant la Tradition est quasi-unanime à célébrer labsolue sublimité totale et impeccable du guide suprême, autant lui-même, dans son oeuvre, ne sépargne pas: il sait intimement ses lacunes secrètes et ses propres vices. Il a la candeur den témoigner ouvertement.
Quasi-unanime, en effet, car parfois se fait jour une attitude ouvertement déplaisante, intolérable, violente envers les disciples eux-mêmes, celle dun tyranneau provincial de méchante humeur.
(Mahomet, Coran 5/101).
Ô vous qui croyez! ninterrogez pas sur des choses qui, si elles vous sont divulguées, vous feront mal.
Si toutefois vous interrogez à leurs propos, quand la prédication descend, elles vous seront divulguées et Allah effacera votre faute à leur propos.
Allah est absoluteur et miséricordieux.
(Tabari, Tafsir 5/101-2).
... Abu Juwayriyya rapporte quibn Abbas a dit à un bédouin des Banu Sulaym121 :
- Sais-tu à quel sujet fut révélé le verset suivant:
Ô vous qui croyez ne posez pas de questions au sujet de choses qui..." ?
ibn Abbas lui répondit :
- Il y avait des gens qui interrogeaient l'envoyé d'Allah par dérision ; tel homme disait par exemple "Qui est mon père ?" et tel autre qui avait égaré sa chamelle disait: "Où donc est ma chamelle ?".
C'est à leur sujet qu'Allah fit descendre ce verset.
Dans les propos qui vont suivre et que Tabari place sous la même rubrique, les événements sont présentés d'une façon quelque peu différente ; ce ne sont plus des gens ayant une certaine hostilité à l'égard du prophète qui le questionnent, mais les compagnons eux-mêmes ; il semble toutefois que les incidents qui vont être cités aient été la conséquence du comportement importun de gens malintentionnés qui avaient auparavant excédé le prophète par leurs questions.
... Sayd rapporte que Qatada a dit à propos de ce passage: On nous a rapporté que Anas ibn Malik rapportait le fait suivant: les gens venaient interroger l'envoyé d'Allah au point de l'importuner par leurs questions ; il vint un jour devant eux, monta sur le minbar, et fortement irrité leur dit :
-Vous ne m'interrogerez aujourd'hui sur aucune chose sans que je ne vous explique clairement ce qu'il en est !
Les compagnons de l'envoyé regrettèrent alors de ne pas avoir présentement une affaire à lui soumettre.
Anas ibn Malik précise: Que je me tournasse à droite ou à gauche, je ne voyais que des gens qui s'étaient enfouis la tête dans leur vêtement et pleuraient. Un homme connu sous le nom de Abd Allah ibn Hudhafal, que l'on avait déshonoré en prétendant qu'il était issu d'un autre que celui connu pour être son père, commença alors à poser une question en disant:
- Qui est mon père ?
Lenvoyé lui répondit :
-Ton père est Hudhafa et l'irritation de l'envoyé dAllah s'accrut.
Anas ajoute: Umar dit a alors pour apaiser le prophète :
- Nous sommes satisfaits d'Allah comme seigneur, de l'islam comme religion et de Muhammad comme envoyé, en prenant refuge en Allah contre le mal des séductions.
Lenvoyé d'Allah dit encore :
- Je n'ai jamais vu de jour comme celui-ci tant pour le bien que pour le mal. Le paradis m'a été représenté aujourd'hui ainsi que le feu122 et je les ai vus comme si je les voyais devant ce mur.
A propos du même fait Zuhri123 précise:
-A la suite de cela la mère de Abd Allah ibn Hudhafa dit à son fils :
-Je n'ai jamais vu d'enfant plus désobéissant que toi. Es-tu donc sur que ta mère a commis ce que commettaient les gens de la jahiliyya au point de la couvrir d'opprobre devant tout le monde ?
Son fils lui dit :
-Par Allah ! même s'il avait fait remonté mon origine à un esclave noir124, je l'aurai accepté.
... Suddiyy précise à propos de cet événement que Hudhafa était issu des Quraysh du clan des Banu Sham, qu'on lui donnait le nom de Abd Allah ibn Hudhafa, que son honneur avait été attaqué, et que le prophète le rattacha à son père reconnu comme étant le sien.
-C'est alors rapporte Suddiyy que Umar se leva, embrassa les pieds de l'envoyé et lui dit .
-Ô envoyé d'Allah ! Nous sommes satisfaits d'Allah comme seigneur, de toi comme prophète, de l'islam comme religion et du Coran comme guide 125! fais-nous donc grâce, Allah te fera grâce !
Umar ne cessa de tenir de tels propos jusqu'au moment où le prophète fut satisfait.
C'est ce jour-là que le prophète a dit :
- L'enfant est au lit conjugal et la pierre est pour l'adultère.
... Abu Salih rapporte que Abu Hurayra a dit: Un jour, l'envoyé d'Allah alla vers les gens, irrité au point que son visage en était rouge, et monta s'asseoir sur le minbar126 .
Un homme s'adressa alors à lui et lui dit :
-Où est mon père ?
Il lui répondit : Dans le Feu !127
Un autre homme s'adressa à lui pour lui demander qui était son père. Il lui répondit "Ton père est Hudhafa", Umar ibn Khattab se leva alors et dit128 :
- Nous sommes satisfaits d'Allah comme seigneur, ô envoyé d'Allah! il y a encore peu de temps, nous étions attachés à la jahiliyya et au shirk129. Allah sait qui sont nos pères !
La colère du prophète se calma et c'est alors que fut révélé le verset :
Ô vous qui croyez ! ne posez pas de questions au sujet de choses qui, si elles vous étaient rendues manifestes, vous causeraient du tort.
Le rejet du débat.
Les questions à Muhammad...
(ibn Batta130, La Profession de foi 21).131
Le prophète réprouvait les questions trop fréquentes et interdisait les propos qui induisent en erreur132 . Il faut comprendre par ce dernier terme, dit-on, les questions par trop subtiles et difficiles.
Le prophète a dit:
-Laissez-moi tranquille tant que je ne vous demande rien.
Le prophète a dit:
-Le musulman qui commet le plus grand crime133 contre les musulmans est celui qui pose une question au sujet dune chose qui navait pas été interdite et qui le fut précisément à cause de sa question.
(Muslim, Sahih 43/4355).
Abu Mûsa a dit : Comme on posait au prophète des questions qui l'offusquaient et que ces questions se multipliaient, il se mit en colère. Ensuite, il dit aux assistants :
- "Interrogez-moi sur ce que vous voudrez".
- "Qui est mon père?", demanda un homme.
- "Ton père, répondit-il, c'est Hudhâfa".
- "Et moi, reprit un autre, qui est mon père, ô envoyé d'Allah?!".
- "Ton père, répliqua-t-il, est Sâlim, l'affranchi de Shayba".
'Umar, ayant lu la colère sur le visage du prophète, lui dit alors :
-"Ô envoyé d'Allah, certes nous nous repentons devant Allah".
§ 289-Lieutenant dAllah sur terre.
Se présentant comme lintermédiaire de la divinité, et en même temps comme chef temporel absolu de la communauté des "muslim", Muhammad exige une obéissance zélée. Politique et religion se soutiennent mutuellement dans le but de la domination dune société humaine, qui s'accomplie avec succès.
(Mahomet, Coran 27/93-4).
Dis: J'ai seulement reçu ordre d'adorer le seigneur de cette ville qu'il a déclarée sacrée.
A lui appartient toute chose!
J'ai reçu ordre d'être parmi les soumis à lui 134 et de communiquer la prédication.
Quiconque est dans la bonne direction l'est pour soi-même et quiconque est égaré, dis-lui:
-Je ne suis qu'un avertisseur135.
(Bukhari, Sahih 4/ 171).136
Lapôtre dAllâh a dit:
-Celui qui mobéit obéit à Allâh, et celui qui me désobéit, désobéit à Allâh et celui qui obéit au chef que jai nommé, mobéit, et celui qui lui désobéit, me désobéit.
(Bukhari, Sahih 93/1,1).
Abu Horayra a rapporté que l'envoyé d'Allah a dit:
-Quiconque m'obéira, obéira à Allah ; quiconque me sera rebelle, sera rebelle à Allah137 ; celui qui obéira à mon délégué m'obéira ; quiconque sera rebelle à mon délégué me sera rebelle.
§ 290-Prophète et chef de son peuple.
Comme prophète et chef de son peuple, Muhammad découvre un modèle idéal en la figure dominante de Moïse138 , quand il libère son peuple de la captivité égyptienne,et surtout quand il lui donne la Loi. L'Hégire elle-même se figure comme une nouvelle Exode139 .
Loeuvre législatrice de Muhammad se construit justement dans lombre des célèbres Tables140 . Un petit dossier comparatif peut le démontrer, sans difficulté.
La sharia sinspire sans doute de cet archétype, mais en ladaptant aux moeurs et à la culture arabes.
1- Lexclusivisme religieux.
(Moïse, Exode 20).141
Tu n'auras pas d'autres dieux en face de moi.
(Mahomet, Coran 6/151).
N'associez rien à Allah.
2-Laniconisme.
(Moïse, Exode 20).
Tu ne feras pas d'idole, ni aucune image de ce qui est dans les cieux en haut, ou de ce qui est sur la terre en bas, ou de ce qui est dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant eux et tu ne les serviras pas. Car moi, Yahvé ton Dieu, je suis un Dieu jaloux.
(Mahomet, Coran 2/83).
. Vous n'adorerez que Allah...
(Mahomet, Coran 5, 90).
Ô vous qui croyez (...) Les pierres dressées (...) sont loeuvre du démon.
3- Linterdiction du parjure.
(Moïse, Exode 20).
Tu ne prononceras pas en vain le nom de Yahvé ton Dieu...
(Mahomet, Coran 2, 224)
Ne faites pas de Allah l'objet de vos serments ... .
4- Linstauration du repos hebdomadaire.
(Moïse, Exode 20).
Souviens-toi du jour du Sabbat pour
le sanctifier...
(Mahomet, Coran 4/154).
Allah dit aux fils d'Israël - Ne transgressez pas le sabbat.
5- Le respect des parents.
(Moïse, Exode 20).
Honore ton père et ta mère...
(Mahomet, Coran 2, 83)
Soyez bons à l'égard de vos parents. de vos proches... Usez envers les hommes de paroles de bonté.
6-La prohibition du meurtre.
(Moïse, Exode 20).
Tu ne tueras pas...
(Bukhari, Sahih 83/17).
Lenvoyé d'Allah a dit:
-Le sang dun musulman qui confesse que personne na le droit dêtre vénéré sinon Allah, et que je suis son envoyé, ne peut être versé, sauf en trois cas: la punition du meurtre, si cest quelquun de marié qui commet un acte sexuel illégal, et celui qui quitte lislam en apostat, et abandonne les musulmans.
(Mahomet, Coran 17/35)
Sinon en droit, ne tuez point votre semblable quAllah a déclaré sacré!
Quiconque est tué injustement, nous donnons à son proche, pouvoir de le venger.
Que celui-ci nexagère pas dans le meurtre: il sera secouru.
(Mahomet, Coran 6/151)
Sinon en droit, ne tuez pas votre semblable quAllah a déclaré sacré!142
(Mahomet, Coran 5/35-7).
Cest à cause de ce crime143 que nous décrétâmes, pour les fils dIsraël, que quiconque tuerait une personne sans que celle-ci ait tué ou semé le scandale sur la terre, serait jugé comme sil avait tué les hommes144 en totalité .
En revanche, nous décrétames que quiconque ferait revivre une personne serait jugé comme sil avait fait revivre les hommes en totalité.
Nos apôtres sont ensuite venus à eux avec les preuves mais, en vérité, beaucoup parmi eux après cette venue furent certes des impies145 sur la terre.
La récompense146 de ceux qui font la guerre à Allah et à son envoyé et qui sévertuent147 à semer le scandale sur terre sera seulement dêtre tués ou dêtre crucifiés148 , ou davoir les mains et les pieds opposés tranchés, ou dêtre bannis de leur pays.
Cela sera pour eux opprobre en la vie immédiate et en la vie dernière, ils auront un tourment immense.
La référence talmudique du verset coranique.
(Talmud de Jérusalem, Sanhedrin 4/5) .149
Sachez qu'il y a une grande différence entre un procès d'argent et une affaire capitale ; dans le premier on peut réparer la faute par une compensation pécuniaire ; dans la dernière, on est responsable du sang de l'accusé et de ses descendants. Ainsi de Cain, assassin d'Abel, il est dit : la voix des sangs de ton frère crie vers toi de la terre ; le terme des sangs vise ses descendants. C'est pourquoi Dieu créa Adam seul (dont les descendants remplissent le monde entier), pour vous faire voir que celui qui sauve un seul être humain sauve un monde entier, et que celui qui perd un homme doit être assimilé à celui qui perd tout un monde. Ce fait que Dieu créa un seul homme eut pour but aussi de montrer que tous les hommes sont frères, et d'empêcher que personne ne peut se croire supérieur à un individu d'une autre nation, qui aurait été les descendants d'un autre père Adam.
(Tabari, Tafsir 5/32).
Conclusion de Tabari.
A propos du début de ce passage, le plus pertinent des différents avis qui viennent d'être exposés est le suivant : celui qui tuera "une âme croyante"150 sans que celle-ci ait commis un meurtre qui lui ferait mériter de subir le talion151 par application de la peine compensatoire, et qui n'aurait pas non plus perpétré quelque corruption sur terre en guerroyant contre Allah, son envoyé et les croyants, celui qui aura donc tué une âme innocente de ces délits sera considéré, pour ce qui est de l'immense châtiment de Allah qu'il se sera ainsi immanquablement attiré, comme ayant tué tout le genre humain, conformément à la menace que Allah adresse à celui qui commet un tel acte:
Celui qui tue un croyant en agissant délibérément, sa sanction sera la Géhenne où il demeurera immortel, Allah sera irrité contre lui, l'exécrera et lui préparera un chatiment immense 152
Pour ce qui est de la suite de ce passage, le commentaire le plus pertinent est le suivant : celui qui s'interdit à lui-même de tuer un être que Allah a interdit de tuer et qualors qu'il s'apprêtait à le faire s'abstient de commettre le meurtre, celui-là aura agi comme s'il avait laissé tous les hommes sains et saufs.
7- Le rejet de ladultère.153
(Moïse, Exode 20).
Tu ne commettras pas d'adultère...
(Mahomet, Coran 6/151).
Eloignez-vous des péchés abominables, apparents ou cachés.
8- Linterdiction du vol.
(Moïse, Exode 20).
Tu ne voleras pas...
(Mahomet, Coran 5/38)
Au voleur et de la voleuse154, tranchez les mains en récompense de ce quils se seront acquis et en châtiment dAllah.
(Mahomet, Coran 6/152)
... Donnez le poids et la mesure exacts.
9- Linterdiction du faux témoignage.
(Moïse, Exode 20).
Tu ne déposeras pas de faux témoignage contre ton prochain...
(Mahomet, Coran 104/1).155
Malheur au calomniateur !
10- Le rejet de la cupidité.
(Moïse, Exode 20).
Tu ne convoiteras... (rien de) tout ce qui est à ton prochain...
(Mahomet, Coran 2/84).
Ne vous expulsez pas les uns les autres de vos maisons... .
(Mahomet, Coran 2/83).
Acquittez-vous de la prière
Faites l'aumône ... .
11-Lalliance.
(Moïse, Exode 24/ 7-8).
Moïse prit le Livre de l'Alliance et le lut aux oreilles du peuple. Ils dirent :
-Tout ce qu'a dit Yahvé nous le ferons et nous l'écouterons ! Alors Moïse prit le sang (des taurillons) et en aspergea le peuple. Il dit :
-Voici le sang de l'Alliance que Yahvé a conclue avec vous d'après toutes ces paroles.
(Mahomet, Coran 6/152)
Soyez fidèles au pacte de Allah: voilà ce qu'il vous ordonne... .
La remise des Tables au peuple.
(Moïse, Exode 24/12-18).
Yahvé dit à Moïse:
-Monte vers moi à la montagne et sois là! Je te donnerai les tables de pierre, la Loi et la Règle que j'ai écrites pour les instruire.
Moïse se leva, avec Josué son ministre, et Moïse monta à la montagne d'Elohim156 . Il dit aux anciens:
-Restez pour nous ici jusqu'à ce que nous revenions vers vous ; voici que vous avez avec vous Aaron et Hur: quiconque aura une affaire se présentera à eux.
Alors Moïse monta sur la montagne et la nuée couvrit la montagne. La Gloire de Yahvé se posa sur le mont Sinaï et la nuée le couvrit durant six jours. Au septième jour Il appela Moïse du milieu de la nuée. Or l'aspect de la Gloire de Yahvé était comme un feu dévorant au sommet de la montagne, aux yeux des fils d'Israël. Moïse entra donc au milieu de la nuée et monta à la montagne. Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits.
(Moïse, Exode 30/18).
Puis Yahvé donna à Moïse quand il eut fini de parler avec lui, au mont Sinaï, les deux Tables du Témoignage, tables de pierre écrites du doigt de Dieu.
(Mahomet, Coran 7/138-145).
Nous fîmes pacte avec Moïse durant trente jours que nous complétâmes par dix autres, en sorte que le temps de rencontre157 de son seigneur fut de quarante jours. avant de se présenter au Seigneur, Moïse dit à son frère Aaron:
-Remplace-moi parmi mon peuple! Réforme-le158 et ne suis point le chemin des semeurs de scandale !
Quand Moïse fut venu à notre temps de rencontre et que son seigneur lui eut parlé, Moïse dit :
-Seigneur !, donne-moi possibilité de te regarder!
-Tu ne me verras point , répondit le seigneur, mais regarde vers la montagne !
Si elle s'immobilise en sa place, tu me verras .
Mais quand son seigneur se manifesta à la montagne, Il la mit en miettes et Moïse tomba foudroyé.
Quand il revint à lui, il s'écria :
-Gloire à toi, seigneur je reviens à toi et suis le premier des croyants !
- Moïse! , dit le Seigneur, je t'ai choisi, sur tous les hommes, pour te charger de mon message et de mon verbe159.
Prends ce que je te donne et sois parmi les reconnaissants !
Pour lui, nous écrivîmes, sur les tables160, pour toute chose, une exhortation et, sur toute chose, un exposé intelligible.
Prends ces tables, avec force, et ordonne à ton peuple de prendre le meilleur d'elles ! je vous ferai voir le séjour des pervers.
De mes signes, je détournerai ceux qui, sur la terre, seront superbes grâce à la non-vérité.
S'ils voient quelque signe, ils ne croient point à lui.
S'ils voient le chemin de la rectitude, ils ne le prennent point.
S'ils voient le chemin de l'aberration, ils le prennent.
Tout ceci viendra de ce qu'ils auront traité nos signes de mensonges et auront été insoucieux de ces signes.
Vaines seront les uvres de ceux qui auront traité de mensonges nos signes et la venue de la vie dernière.
Seront-ils récompensés d'autre chose que de ce qu'ils faisaient ?
§ 291-Le code de la Vache.
Plutôt que de présenter une étude complète et détaillée du sujet, il a semblé plus judicieux de présenter intégralement dabord les dispositions juridiques de la deuxième sourate 161, La Vache162: sy trouve le résultat des efforts de Muhammad pour organiser la nouvelle société163 .
Le peuple de la sourate.
(Baladuri, Livre des conquêtes 89).164
Allah causa la défaite des polythéistes, et Musaylima fut tué165. Le mot de passe était alors:
Ô peuple de la sourate de la vache!.
1-Les interdits alimentaires.
Linterdit alimentaire 166 a pour fonction essentiel de structurer le groupe autour de pratiques obligatoires qui le distinguent quotidiennement des autres. La contrainte, appliquée à un élément vital de lexistence, forme à lobéissance, et apprend la gratitude à lindividu.
Muhammad reprend lessentiel des pratiques juives167, quil assouplit pour des raisons pratiques168, mais sinspire aussi de certaines pratiques païennes. Linterdit perd totalement son importance dans le christianisme.
(Mahomet, Coran 2/163-171).
Hommes, mangez ce qui est licite et bon parmi ce qui est sur la terre!
Ne suivez point les pas du démon !
C'est pour vous un ennemi déclaré ; il vous ordonne seulement le mal, la turpitude et de dire, contre Allah, ce que vous ne savez pas.
Quand on dit aux infidèles :
-Suivez ce qu'Allah a fait descendre!, ils répondent:
-Non! nous suivrons la coutume que nous avons trouvé être celle de nos pères.
Eh quoi! et si leurs pères n'avaient en rien raisonné et s'ils n'avaient pas été dans la bonne direction ?
Ceux qui sont infidèles sont à l'image du bétail contre lequel on hurle et qui entend seulement cri et invective confus: sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point.
Ô vous qui croyez!, mangez ces excellentes nourritures que nous vous avons attribuées! Soyez reconnaissants envers Allah, si c'es lui que vous adorez!
Allah a seulement déclaré illicites pour vous la chair d'une bête morte169 , le sang, la chair du porc170 et ce qui a été consacré à un autre qu'Allah171.
Mais quiconque est contraint à en manger172 sans intention d'être rebelle ou transgresseur, nul péché ne sera sur lui173.
Allah est absoluteur et miséricordieux.
Ceux qui cèlent ce qu'Allah a fait descendre d'Écriture et le troquent à faible prix, ceux-là n'ingéreront que du feu, en leurs entrailles, et Allah ne leur parlera point, au jour de la résurrection ; il ne les purifiera pas et ils auront un tourment cruel. Ceux qui auront, contre la direction et le pardon, troqué l'égarement et le tourment, qu'est-ce qui leur donnera constance contre le feu ?
Cest quen effet, Allah a fait descendre lEcriture avec la vérité. Ceux, en vérité, qui sopposent, au sujet de lEcriture, sont certes dans une profonde divergence.
La réduction des interdits pour les chrétiens.
(Actes 15/28-29).
LEsprit sain et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer dautre charge que celles-ci, qui sont indispensables: vous abstenir de viandes immolées aux idoles, de sang, de chairs étouffées et de fornication.
(Matthieu 15/111, 18-19).
Ce nest pas ce qui entre dans la bouche qui rend lhomme impur,mais ce qui sort de sa bouche... ce qui sort de la bouche vient du coeur, et cest cela qui rend lhomme impur.
Le licite et lillicite alimentaire pour un juriste du XIème siècle.
(Al Ghazali, Le Livre du Licite et de lIllicite I).174
Pour ce qui est illicite par qualité intrinsèque, reportons-nous au vin, au porc, etc...
Détaillons : les denrées comestibles sur la surface de la terre se répartissent en trois catégories seulement : les minéraux (le sel, l'argile, etc.), les végétaux et les animaux.
1. Les minéraux
Il s'agit d'éléments de la terre. De ce qui est extrait de la terre, on ne déclare la consommation illicite que dans le cas où ce serait nuisible pour celui qui en mange ; entre autres, ce qui agit comme poison : si le pain était nuisible, il serait illicite d'en manger. La terre qu'il peut nous arriver d'avaler n'est pas illicite, sauf dans la mesure où ce serait nuisible ; il est bon de dire que ce n'est pas illicite bien que ce ne soit pas mangeable, car s'il en tombait un fragment dans une soupe ou une nourriture liquide, elles n'en deviendraient pas illicites pour autant.
2. Les végétaux
Dans les végétaux, ne sont illicites que ceux qui font perdre la raison, la vie, ou la santé.
Font perdre la raison : la jusquiame, le vin et les autres liqueurs enivrantes ; font perdre la vie : les poisons ; font perdre la santé : les médicaments pris en dehors des temps prescrits.
Ils sont tous quelque peu dangereux, mis à part le vin et les liqueurs enivrantes, car même dans le cas où l'une de celles-ci n'enivre pas en raison de sa faible quantité, elle reste illicite dans son essence même à cause de sa qualité intrinsèque : son caractère capiteux. Quant au poison, s'il perd son danger en raison de sa faible quantité ou de son mélange avec autre chose, il n'est plus illicite.
3. Les animaux
Ils se divisent en deux catégories - ceux qui sont mangeables et ceux qui ne le sont pas. On trouve tout cela en détail aux Livres de la nourriture, où l'on considère longuement notamment la question des oiseaux étranges, celle des animaux de la terre ferme et de la mer et de ceux d'entre eux qu'il est licite de manger : ils sont licites dans la mesure où ils sont égorgés selon les prescriptions de la Loi révélée, en prenant en considération les conditions qu'elle fixe pour celui qui égorge, pour l'instrument utilisé et pour le lieu où l'on égorge. Il est fait mention de tout cela au Livre de la chasse et des bêtes égorgées. L'animal qui n'est pas égorgé selon les prescriptions de la Loi ou qui a crevé est illicite ; ne sont licites que deux bêtes crevées : le poisson et la sauterelle.
a) Les animaux qui ne sont pas mangeables.
Nous rattachons au même genre que le poisson et la sauterelle tout ce qùi ne peut constituer une nourriture, comme un ver dans une pomme, dans de la marchandise moisie ou du fromage : il n'est pas possible de l'éviter. Au cas où on le trouverait isolé et où on le mangerait, on aurait à porter à ce sujet le même jugement qu'à propos des mouches, des cafards et des scorpions : tout ce qui n'a pas de sang qui puisse couler" n'a d'autre raison d'être interdit que la répugnance qu'il inspire. Si ce n'était pas le cas, il ne serait pas blâmable de le manger. Même si quelque individu ne le trouve pas répugnant, on ne prend pas garde à la particularité de sa nature, il rentre en contact avec ce qui est abject ; certaines choses, en effet, sont universellement considérées comme répugnantes, il est blâmable de les absorber: par exemple, il est blâmable de ramasser du crachat pour l'avaler.
Le caractère blâmable attaché à ce genre d'animaux ne vient pas de leur caractère d'impureté, car nous pouvons dire que ce n'est pas la façon dont ils sont morts qui les fait déclarer impurs : le prophète a en effet ordonné de plonger dans le bouillon la mouche qui y était tombée, car il est possible que le bouillon soit suffisamment chaud pour provoquer la mort de la mouche ; et si une fourmi ou une mouche était bouillie dans une marmite au point d'y être dissoute, il ne serait pas d'obligation de renverser la marmite, car la bestiole n'est répu- gnante que dans la mesure où il lui reste un corps, et ce n'est pas impur au point que l'on ait à la déclarer illicite par impureté. Tout cela indique que c'est l'aspect répugnant qui la fait interdire ; par contre, nous disons que si un fragment de cadavre humain, même minuscule, tombait dans une marmite, tout le contenu serait illicite : ce n'est pas une question d'impureté en soi, car nous pouvons dire que le corps humain n'est pas rendu impur par la mort, mais c'est le respect qui le fait déclarer illicite, non la répugnance.
b) Ce qui est mangeable
Venons-en aux animaux que l'on peut manger dans la mesure où ils ont été égorgés selon les prescriptions de la Loi : toutes leurs parties ne sont pas licites ; sont illicites le sang et les entrailles et également toutes leurs parties qui sont jugées impures. Disons plus encore : ce qui est réceptacle de l'impureté au sens absolu du terme est illicite. Cependant parmi les êtres substantiels concrets, les animaux sont les seuls à contenir des parties déclarées illicites.
Pour le cas des végétaux, il n'y a que les plantes enivrantes qui soient déclarées impures au sens absolu ; on n'y inclut pas celles qui font perdre la raison sans enivrer, comme lajusquiame ; si les plantes enivrantes ont été déclarées impures, c'est afin de donner de la gravité à l'exhortation d'avoir à s'en détourner du fait qu'elles sont occasions de péchés.
Quoiqu'il en soit, lorsqu'une goutte ou un fragment solide d'impureté tombe dans du bouillon, de la nourriture ou de l'huile, il est illicite de la consommer, mais il n'est pas illicite de l'utiliser pour un usage autre que la nourriture : il est possible de faire brûler l'huile dans une lampe, ou d'en enduire des bateaux ou des animaux.
Voilà ce qui est illicite pour une raison intrinsèque.
2-Le talion.
Le talion175 est un des aspects les plus primitifs des législations humaines, encore proches de notion de vengeance qui permet lapplication dune peine correspondant exactement à lacte commis. Le Coran reprend les coutumes anciennes et introduit un léger assouplissement, pour éviter la poursuite des vengeances, destructrices pour la société entière. Mais le talion consacre aussi une conception fondamentalement inégale de lhumanité176 et il interdit toute ébauche de réflexion juridique. Il se transforme ensuite en "prix du sang", autre méthode primitive.
Les références bibliques.
(Exode 21/23-5).
Âme pour âme, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, plaie pour plaie.
(Lévitique 24/17-20).
Lhomme qui frappe à mort un homme quelconque sera mis à mort..
Qui frappe à mort une bête en restituera une: âme pour âme.
Lhomme qui cause une lésion à son prochain, il lui sera fait comme il a fait.
Fracture pour fracture, oeil pour oeil, dent pour dent.
Celui qui cause une lésion à lhomme, on la lui causera.
(Mahomet, Coran 2/173-175).177
Ô vous qui croyez!, la loi du talion vous est prescrite à l'égard des tués: l'homme libre contre l'homme libre, l'esclave contre l'esclave, la femme contre la femme178.
Toutefois le talion ne jouera pas contre celui en faveur de qui quelque chose sera remise par son frère: poursuite aura lieu de la manière reconnue convenable et paiement envers ce frère aura lieu de bonne grâce179 :
ceci est allègement et grâce de votre seigneur.
Quiconque après cela sera transgresseur aura un châtiment cruel.
Dans le talion est pour vous une vie, ô vous doués d'esprit!
Peut-être serez-vous pieux.
Lattitude chrétienne face au talion.
(Matthieu 5/38-42).
Vous avez appris quil a été dit: Oeil pour oeil et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelquun te gifle sur la joue, tends lui lautre...
Le prix du sang et le talion dans le rite malikite (Extraits).
(al Qayarawani, Risala malikite 37).180
Chapitre des prescriptions relatives aux délits de sang 181 et aux peines légales 182 .
Nul n'est mis à mort à titre de talion si l'homicide n'est attesté par une preuve testimoniale régulière ou par l'aveu ou, s'il y a lieu, par la qasâma 183 . En ce cas, les ayants cause de la victime prononcent cinquante serments et acquièrent ainsi le droit au talion. Quand il y a eu homicide intentionnel 184, le serment devra être porté par deux hommes au moins. A la suite du serment cinquantenaire, le talion ne peut s'exercer que sur un seul homme. Il n'y a li eu à serment cinquantenaire que quand la victime a dit, avant de mourir : « Mon sang est à la charge d'un Tel » ou quand il y a eu un témoin du meurtre ou deux témoins de la blessure, si la victime a sui-vécu un certain temps à celle-ci dans un état de santé lui permettant de manger et de boire. Si les parents qui revendiquent le talion refusent de jurer, ce sont ceux dont on exige le talion qui jureront cinquante serments. S'il ne se trouve personne, parmi les ayants cause de l'accusé pour jurer avec lui, il prêtera seul les cinquante serments. Quand l'accusation de meurtre porte sur un groupe de gens, chacun des accusés prêtera cinquante serments [pour se dis~eulper, si les parents de la victime ne veulent pas jurer]. Les ayants cause de la victime réclamant le talion prêteront, s'ils sont au nombre de cinquante hommes, cinquante serments . S'ils sont moins de cinquante, les serments seront répartis entre eux . La femme ne jure pas quand l'homicide a été intentionnel. En cas d'homicide non, intentionnel, les héritiers des deux sexes prêtent un nombre de serments correspondant à leurs parts respectives dans le montant de la diya 185 . Si les divisions ainsi faites donnent des quotients fractionnaires, le serment fractionné sera prêté par ceux des ayants cause qui ont la fraction la plus forte. Si une partie seulement des héritiers du prix du sang pour homicide non i.itentionnel sont présents, ils seront obligatoirement tenus de prêter tous les serments. Ceux qui se présenteront par la suite prêteront un nombre de serments correspondant à leur part d'héritage dans la diya.
Dans le serment cinquantenaire, les co-jurants jurent debout. Les gens des territoires de La Mecque, de Médine et de Jérusalem sont convoqués dans ces villes saintes pour le prêter. On ne convoque les co-jurants aux autres sanctuaires que quand ils n'en sont pas éloignés de plus de quelques milles.
Point de serment cinquantenaire pour les blessures, ni pour un esclave, ni entre gens du Livre186 (juifs ou chrétiens) [et musulmans], ni entre deux soffss [de musulmans qui se combattent], ni quand la victime a été trouvée dans un lieu liabité et publiquement fréquenté.
L'assassinat ayant le vol pour mobile n'est pas susceptible de pardon. Mais la victime d'un homicide intentionnel nayant pas le vol pour mobile peut pardonner à son meurtrier. S'agissant d'un homicide non intentionnel, la victime ne peut pardonner que pour la partie de la diya qui n'excède pas le tiers disponible de son patrimoine. Quand le pardon est accordé par l'un des fils de la victime, le meurtrier n'est pas mis à mort. Les autres ayants cause ont droit à leur part du prix du sang. Quand les filles viennent en concurrence avec les fils, leur pardon est non avenu. En cas d'homicide intentionnel, si le coupable a bénéficié du pardon, il n'en est pas moins condamné à cent coups de bâton et à un an de prison.
Le prix du sang ou diya, quand les débiteurs sont des gens dont la fortune consiste généralement en chameaux, est de cent chameaux. Pour les gens dont la fortune consiste géné- i-alement en or monnayé, elle est de mille dînâr, et de douze mille dirham pour les gens dont la fortune consiste généralement en argent monnayé. La diya pour homicide volontaire, quand elle est acceptée. est de 25 hiqqa (chamelles dans leur 4ème année) et 25 jadha'a (chamelles dans leur 5ème année), 25 bint labûn (chamelles dans leur 3ème année) et 25 bint makhâd (chamelles dans leur 2ème année). Pour l'homicide non intentionnel, la diya est de cinq catégories soit vingt animaux de chacune des quatre catégories ci-dessus, plus vingt banû labûn mâles. La diya n'est aggravée que quand c'est un père qui a tué son fils en lui lançant un instrument en fer, sans pourtant qu'il ait eu l'intention homicide, en sorte que le cou- pable ne peut être mis à mort à titre de talion. En ce cas, le père devra 30 jadha, 30 hiqqa et 40 khalifa ou chamelles pleines. Selon une opinion,, ce sont les contribules solidaires du coupable qui doivent payer cette diya et, selon une autre opinion, elle ne peut être prélevée que sur le patrimoine propre du père.
Le taux de la diya, quand la victime est une femme [libre et musulmane] est calculé sur la base de la moitié de celle de l'homme libre et niusulman]. Le même principie du demi- tarif s'applique quand la victime est un juif ou un chrétien. Si c'est une juive ou une chrétienne, la diya sera encore réduite de moitié Si la victime est un mage, la diya sera de 800 dirham et si c'est une femme de cette religion, de la moitié soit 400 dirham. De même, la diya pour blessures faites aux femmes des mages sera de la moitié de celles des blessures faites aux hornmes de cette religion.
Pour l'amputation des membres supérieurs, la totalité de la diya est due ; il enest de même pour les membres inférieurs et pour les deux yeux. Pour un seul membre ou pour un seul il, le tarif est de la moitié de la diya totale. Pour l'amputation de toute la partie cartilagineuse du nez, pour la destruction de l'ouïe ou de la raison, pour la fracture des reins, pour l'ablation des testicules ou du gland, ou de la langue, ou dune partie de celle-.ci, telle que la victime en perde l'usage de la parole, pour l'ablation des deux seins de la femme et, de l'il du borgne, la diya entière est due. Pour la blessure dite mud'ih'a (mettant à nu les os du crâne ou de la face), la diya est de cinq chameaux, ainsi que pour une dent. Pour chaque doigt ou orteil, elle est de dix chameaux. Pour chaque phalange [sauf celle du pouce], elle est de trois chameaux plus un tiers de chameau, et de cinq chameaux pour chaque phalange de pouce. La blessure mûd'ih'a est celle qui met l'os à nu ; la blessure munaqqila est celle qui fait sauter des morceaux d'os sans toutefois parvenir au cerveau.
3-Les testaments.
Les combats et les expéditions organisées par Muhammad ont pour effet la disparition brutale dun certain nombre de ses fidèles les plus zélés187: il est alors contraint dédicter des règles stricts de succession188 . Cest surtout après la défaite dOhod quil doit se préoccuper de cette affaire. La dislocation du régime tribal accroît encore la confusion.
(Mahomet, Coran 2/ 176-8).
Quand la mort se présente à l'un de vous, s'il laisse un bien à lui de tester en faveur de ses père et mère et des plus proches, de la manière reconnue convenable.
Obligation en est aux pieux.
Quiconque changera ce testament après l'avoir entendu sera châtié.
Le péché de ce changement ne retombera que sur ceux qui changent le testament.
Allah est audient et omniscient.
Celui qui, de la part d'un testateur, craint partialité et péché et rétablit la concorde entre les héritiers après la mort du testateur, sur celui-là nul péché!
Allah est absoluteur et miséricordieux.
4-Laumône.
Dans une société archaïque189, largent nest pas une fin en soi. Il est fait autant pour être gagné que pour être dépensé, cest-à-dire, distribué. Le but ultime est la gloire, et la place de chacun dans la société190.
A la période précédente191, la générosité est une qualité essentielle à laristocrate. Muhammad entend intégrer cette vertu individuelle dans un cadre religieux192 , celui de laumône193 , un substitut sous forme de purification pécuniaire.
Le nouvel ordre change la donne: un être domine la communauté de façon vertigineuse et la place des autres hommes nest ordonnée que par le service de sa cause, et non par leur générosité tapageuse et ostentatoire.
Ici, laumône est de plus intégré dans le processus de guerre contre les infidèles, de Jihad: donner ses ressources équivaut à donner son sang pour la cause, et la répartition correspond à celle du butin après un combat194.
(Mahomet, Coran 2/211).
Les croyants tinterrogent, prophète! sur ce dont ils doivent faire dépense.
Réponds-leur:
-Ce dont vous faites dépense en bien, doit lêtre pour vos père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le voyageur195 .
Quelque bien que vous fassiez, Allah le connait.
(Mahomet, Coran 2/273-5).
Quelque dépense en aumône196 que vous fassiez, quelque objet voué que vous vouliez, Allah le connaît. Les injustes n'ont point d'auxiliaires.
Si vous donnez ouvertement vos aumônes, combien elles sont bonnes!
Mais si vous les cachez en les donnant aux besogneux, c'est mieux pour vous et efface pour vous une partie de vos mauvaises actions.
Allah, de ce que vous faites, est bien informé.
Diriger ces infidèles ne t'incombe pas, prophète!
Mais Allah dirige qui il veut.
Ce que vous dépensez en bonnes uvres est pour vous-mêmes, et vous ne dépensez que pour rechercher la face d'Allah.
Ce que vous dépensez en bonnes uvres vous sera exactement rendu et vous ne serez point lésés.
Aux besogneux qui ont été réduits à, la misère par leur uvre dans le chemin d'Allah197 , qui ne peuvent se déplacer sur la terre, que le sans-loi juge riches à cause de leur abstinence, que tu reconnais à leur aspect, qui ne demandent point l'aumône aux gens, avec importunité, à ces besogneux revient ce que vous dépensez en bonnes uvres, car Allah les connaît bien.
Ceux qui, en aumône, dépensent leurs biens, la nuit et le jour, en secret et en public, auront leur rétribution auprès de leur seigneur.
Nulle crainte sur eux, et ils ne seront point attristés.
5-Les boissons et les jeux.
La législation sur les boissons et les loisirs198 reste fluctuante et ambigüe. Dans la boisson et le loisir, lindividu peut sexprimer plus librement: cest cette part que le système totalitaire entend étouffer.
(Mahomet, Coran 2/216).
Les croyants t'interrogent sur les boissons fermentées et le jeu de maysir199 .
Réponds-leur: Dans les deux, ce sont pour les hommes un grand péché et des utilités, mais le péché qui est en eux est plus grand que leur utilité.
(ibn Kathir, Tafsir 5).
Allah a interdit à ses serviteurs de consommer le khamr200 et commettre le maysir201 , qui est le jeu...
Ali, commandeur des croyants, a dit que les échecs était un jeu.
chaque type de jeu est considéré comme maysir, y compris le jeu des enfants avec des noix.
...
Ils ajoutent que le jeu était commun dans la période de la jahiliyya, avant que lislam ninterdise de genre de mauvais comportement.
6-Le mariage.
La législation sur le mariage202 consacre une fois de plus linégalité des conditions humaines, qui sont considérées de trois manières différentes: sexuelle, religieuse et sociale203. Lencadrement juridique du mariage204 est particulièrement indispensable puisque Muhammad promeut la polygamie205 , permet la répudiation unilatérale206 et suscite par les combats quil mène un nombre considérable de veuvages, doù des situations vite inextricables dont sa vie privée est une fidèle reproduction. Il laisse subsister linstitution du mariage temporaire207, selon la formule pudibonde répandue au XXème siècle.
Le tabou de la menstruation est présent dans toutes les religions archaïques.208
On remarquera enfin que le texte sacré ne sadresse quaux hommes et que la femme est alors considérée quen tant quobjet, isolé dans sa passivité, manipulé, soumis et transporté ; sa fonction essentielle est la reproduction, comme champ de labour209 par des femmes qui doivent absolument se retrouver dans le foyer dun musulman quel quil soit210.
(Mahomet, Coran 2/220-223).
N'épousez point les associatrices avant qu'elles ne croient!
Certes, une esclave croyante211 est meilleure qu'une associatrice212, même si celle-ci vous plaît. Ne donnez point vos filles en mariage aux associateurs avant qu'ils ne croient!
Certes, un esclave croyant est meilleur qu'un associateur, même si celui-ci vous plaît.
Ces gens-là appellent au tourment du feu, tandis qu'Allah appelle au jardin et au pardon, avec sa permission, et explique ses signes aux hommes, espérant quel peut-être ils réfléchiront.
Les croyants t'interrogent sur la menstruation.
Réponds-leur: C'est un mal213.
Tenez-vous à l'écart des femmes, durant la menstruation, et ne vous approchez point d'elles avant qu'elles ne soient pures.
Quand elles se seront purifiées, venez à elles comme Allah vous 1'a ordonné!
Allah aime ceux qui viennent à résipiscence et ceux qui se purifient.
Vos femmes sont un champ de labour pour vous.
Venez à votre champ de labour, comme vous voulez, et uvrez pour vous-mêmes à l'avance!
Soyez pieux envers Allah et sachez que vous le rencontrerez! prophète!, fais gracieuse annonce aux croyants.
(ibn Sad, Tabaqat I 437).
En vérité, celui qui est le meilleur de ma communauté214 est celui qui a plusieurs femmes.
7-La répudiation.
La répudiation est permise aux hommes215 ; elle permet entre autres dassurer lautorité du mâle sur la femelle au sein du ménage musulman, mais elle permet aussi de multiplier les possibilités de procréation. Les dispositions protégeant les femmmes dans ces cas leur permet de survivre en espérant une union ultérieure: loptique est toujours nataliste. Lattention est aussi portée sur le délai de retraite avant remariage, comme une forme de virginité de substitution216.
(Mahomet, Coran 2/226-232).217
Pour ceux qui jurent à l'égard de leurs femmes, une attente de quatre mois.
Si, avant l'expiration de ces quatre mois, ils reviennent sur leur serment, celui-ci est annulé, car Allah est absoluteur et miséricordieux.
Si au contraire ils maintiennent la répudiation, celle-ci devient exécutoire, car Allah est audient et onmiscient.
Les femmes sous le coup d'une répudiation attendront elles-mêmes trois flux menstruels avant remariage ; il ne leur sera point licite de céler ce qu'Allah a créé dans leur sein, si elles se trouvent croire en Allah et au dernier jour.
Leurs époux ont plein droit de les reprendre, en ce temps, s'ils désirent établir la concorde.
Les épouses218 ont pour elles des droits semblables à ce qui leur incombe envers leurs époux, en ce qui est reconnu convenable ; les hommes ont cependant sur elles une prééminence.
Allah est puissant et sage.
La répudiation a lieu deux fois: donc, reprendre l'épouse d'une manière reconnue convenable ou lui donner la liberté de bonne grâce.
Il ne vous est pas licite de prendre quelque chose sur ce que vous avez donné comme douaire à vos épouses.
A moins que tous deux craignent de ne pas appliquer les lois d'Allah.
Si vous craignez que tous deux n'appliquent point les lois d'Allah, nul grief à leur faire à tous deux si l'époux se rachète.
Voilà les lois d'Allah.
Ne les transgressez point!
Ceux qui transgressent les lois d'Allah, ceux-là sont les injustes.
Si L'époux répudie son épouse, elle n'est plus licite ensuite pour lui avant qu'elle ne se soit mariée à un époux autre que lui.
Si celui-ci la répudie, nul grief à leur faire à tous deux s'ils reviennent ensemble, s'ils pensent appliquer les lois d'Allah219.
Voilà les lois d'Allah.
Il les explique à un peuple qui sait.
Quand vous répudiez vos femmes et qu'elles ont atteint leur terme, ou bien reprenez-les d'une manière reconnue convenable ou bien donnez-leur leur liberté d'une manière reconnue convenable, mais ne les retenez point par contrainte afin de transgresser les lois d'Allah.
Qui fait cela se lèse lui-même par le châtiment qu'il encourra d'Allah.
Ne prenez point les signes d'Allah en raillerie!
Rappelez-vous le bienfait d'Allah envers vous et ce qu'il a fait descendre sur vous d'Écriture et de sagesse par quoi il vous exhorte!
Soyez pieux envers Allah et sachez qu'Allah, de toute chose, est omniscient220.
Quand vous répudiez vos femmes et qu'elles ont atteint leur terme, ne les mettez point en difficulté de se marier avec leur nouvel époux, quand ils se sont donné mutuel agrément, de la manière reconnue convenable.
C'est ce à quoi est exhorté celui qui, parmi vous, croit en Allah et au dernier jour.
Cela est plus pur et plus net pour vous.
Allah sait, alors que vous ne savez point.
Répudiation avant consommation.
(Mahomet, Coran 2/237-238).
Nul grief à vous faire si vous répudiez vos femmes alors que vous ne les avez point encore touchées ou alors que vous ne vous êtes point obligés envers elle à un douaire.
Toutefois, donnez-leur jouissance d'une part d'avoir - l'homme aisé selon ses moyens et l'indigent selon ses moyens -, de la manière reconnue convenable.
Devoir pour les bienfaisants!
Si vous les répudiez avant de les avoir touchées et alors que vous vous êtes engagés envers elles à un douaire221 , abandonnez-leur la moitié de ce à quoi vous vous êtes engagés, à moins qu'elles ne se désistent ou que ne se désiste celui en la main de qui est la conclusion du mariage.
Toutefois, vous désister est plus proche de la piété.
N'oubliez point votre faveur mutuelle!
Allah, sur ce que vous faites, est clairvoyant.
8-Lallaitement.
Ici, la règlementation est fonctionnelle, presque raisonnable. La durée de l'allaitement semble toutefois un peu longue.
(Mahomet, Coran 2/233).
Les mères allaitent leurs enfants deux années entières, ceci pour quiconque veut donner un complet allaitement.
Au père de l'enfant incombe la subsistance et la vêture des mères, de la manière reconnue convenable: chaque personne n'est imposée qu'à sa capacité.
Nulle mère ne subira contrainte en son enfant et nul père, en l'enfant qui lui est né.
A l'héritier incombe pareille charge qu'au père.
Si d'un commun agrément, le père et la mère désirent sevrer l'enfant, nul grief à leur faire.
Si vous désirez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire, à condition de verser ce que vous donnez en rétribution de la manière reconnue convenable.
Soyez pieux envers Allah et sachez quAllah est clairvoyant sur ce que vous faites!
9-Remariage des veuves.222
La polygamie et le jihad incessant laissent dans la communauté de Muhammad un grand nombre de veuves, qui sont autant de jachères: il faut traiter de leur cas, pour qu'elles puissent à nouveau contribuer à l'essor démographique.
(Mahomet, Coran 2/234-236).
Pour ce qui est de ceux qui sont rappelés à nous223, laissant des épouses, celles-ci devront attendre personnellement quatre mois et dix jours avant de se remarier224 .
Quand elles auront atteint leur terme, nul grief à vous faire en ce qu'elles font touchant leur personne, de la manière reconnue convenable.
Allah, de ce que vous faites, est très informé.
Nul grief à vous faire dans l'allusion que vous faites à la demande en mariage de vos femmes, non plus que dans le secret projet que vous formez de la faire.
Allah sait que vous songez à ces femmes.
Toutefois, ne leur promettez rien secrètement sauf à leur dire des paroles reconnues convenables.
Ne décidez pas la conclusion d'un mariage avec une veuve, avant l'expiration de la prescription!
Sachez qu'Allah sait ce qui est en vos âmes!
Prenez garde à lui et sachez qu'Allah est absoluteur et longanime!
Rentes pour les veuves et répudiées.
(Mahomet, Coran 2/241-243).
Pour ce qui est de ceux d'entre vous qui sont rappelés à nous, laissant des épouses, qu'ils fassent un testament pour leurs épouses, leur assurant jouissance pour l'année225 , sans expulsion.
Toutefois si elles sortent de leur demeure, nul grief à vous faire en ce qu'elles font, touchant leur personne, selon une manière reconnue convenable.
Allah est puissant et sage.
Aux femmes sous le coup d'une répudiation appartient une jouissance, de la manière reconnue convenable.
Devoir pour les pieux!
Ainsi Allah vous explique ses signes.
Peut-être raisonnerez-vous.
10-Lusure.
Les décisions concernant lusure226 sont le fruit des circonstances: les musulmans sont confrontés à Médine à cette technique financière maîtrisée par les Juifs, et qui, étant donné leur mauvaise situation de départ, peut les conduire à la ruine. Pourvu à ce moment dun puissant préjugé contre le procédé, Muhammad interdit donc cette pratique, en référence aux Juifs médinois, et sans doute aussi sous linfluence chrétienne. Le prêt à intérêt est pourtant un moteur de progrès économique. Mais Muhammad peut sen passer puisquil engage sa communauté dans une politique de prédation à grande échelle227. Lusure est dès lors inutile aux musulmans, et la technique primitive du troc est encouragée228. Les musulmans tentent par toutes les ressources de l'hypocrisie de dépasser cette prescription aberrante229.
(Mahomet, Coran 2/276-281).
Ceux qui se nourrissent de l'usure ne se dresseront au jugement dernier, que comme se dressera celui que le démon aura roué de son toucher.
Ils disent en effet: Un troc230 est comme l'usure.
Non! Allah a déclaré licite le troc et déclaré illicite l'usure.
Celui à qui une exhortation est venue de son seigneur et qui cesse de pratiquer l'usure, à celui-ci restent ses profits et son cas relève d'Allah.
Ceux qui au contraire récidiveront, ceux-là seront les hôtes du feu où ils seront immortels.
Allah ,au jugement dernier, annulera les profits de l'usure alors qu'il fera fructifier le mérite des aumônes.
Allah n'aime pas le pécheur impie.
Ceux qui auront cru, accompli des oeuvres pies, accompli la prière et donné l'aumône , ceux-là auront rétribution auprès de leur seigneur.
Nulle crainte sur eux, et ils ne seront point attristés.
Ô vous qui croyez!, soyez pieux envers Allah!
Faites abandon de ce qui vous reste à toucher provenant de l'usure, si vous êtes croyants!
Si vous ne le faites point, attendez-vous à une guerre de la part d'Allah et de son envoyé!
Si vous revenez au contraire, de votre erreur, il vous restera vos capitaux, ne lésant ainsi personne et n'étant point lésés.
Si votre débiteur, est dans la gêne, quun sursis intervienne jusqu'à ce qu'il soit à l'aise. Toutefois, faire aumône de cette dette est mieux pour vous, si vous vous trouvez savoir.
Soyez pieux, redoutant un jour où vous serez ramenés à Allah, où chaque ame recevra juste prix de ce qu'elle se sera acquis, où les hommes ne seront point lésés231.
Lusure dans la doctrine nestorienne.232
(Synodicon Orientale, Syn. 585, canon 15 ).233
Nous enseignons et nous décidons quaucun croyant ne doit faire de lusure. Si quelquun en fait, détournant ses regards de la perfection, quil puisse un jour se voir débiteur.
11-Les dettes.
Recours remarquable à lécrit, au détriment de lancienne procédure du serment (mentionnant les divinités), courant parmi les polythéistes. 234
(Mahomet, Coran 2/282)
Ô vous qui croyez!, quand vous êtes en situation de créancier à débiteur, pour une dette à terme fixé, écrivez-le!
Qu'un scribe l'écrive entre vous, avec honnêteté!
Que nul scribe ne refuse d'écrire, selon ce qu'Allah lui a enseigné!
Qu'il écrive!
Que le débiteur dicte!235
Quil redoute son seigneur! Qu'il ne diminue rien de la dette! Si le débiteur est fol ou faible ou incapable de dicter personnellement, que son représentant dicte avec honnêteté!
Requérez témoignage de deux témoins pris parmi vos hommes!
S'il ne se trouve point deux hommes, prenez un homme et deux femmes parmi ceux que vous agréerez comme témoins - si l'une de celles-ci est dans l'erreur, l'autre la fera se rappeler236 . Que les témoins ne refusent point s'ils sont appelés!
Ne répugnez point à écrire cette créance, qu'elle soit petite ou grande, jusqu'à son terme!
Cela est plus équitable auprès d'Allah, plus droit pour le témoignage et plus à même de supprimer le doute. A moins qu'il ne s'agisse d'un marché de la main à la main, passé entre vous.
Alors, nul grief à vous faire si vous ne l'écrivez point.
12-Les témoignages.
(Mahomet, Coran 2/282-4).
Requérez témoignage quand vous faites une transaction, mais que nulle contrainte ne soit faite ni au scribe ni au témoin! Si vous le faites, ce sera perversité en vous.
Soyez pieux envers Allah!
Il vous enseigne et, de toute chose, il est onmiscient.
Si vous êtes en voyage et que vous ne trouvez point de scribe, que des cautions soient remises!
Si certains donnent dépôt à d'autres, que celui qui a reçu des dépôts restitue ceux-ci!
Mahomet, Coranu'il soit pieux envers Allah, son seigneur!
Ne célez237 point le témoignage! Quiconque le cèle est pécheur en son cur.
Allah, de ce que vous faites, est omniscient.
A Allah ce qui est dans les cieux et sur la terre.
Soit que vous manifestiez ce qui est en vos âmes, soit que vous le cachiez, Allah vous en demandera compte.
Il pardonnera à qui il voudra et tourmentera qui il voudra.
Allah, sur toute chose, est omnipotent.
Commentaire dun chrétien sur la sourate II.
(Jean de Damas, Hérésie 100).238
Il dit encore lécrit de la Vache et dautres paroles risibles, que je crois devoir apsser sous silence, à cause de leur nombre.
Il leur a prescrit, ainsi quà leurs femmes, de se faire circoncire. Il a ordonné de ne pas observer le sabbat et de ne pas se faire baptiser, concédant de manger certaines nourritures interdites par la loi, mais de sabstenir des autres. Il a aussi interdit absolument de boire du vin.
Chapitre 63
Le totalitarisme en action
"Le chef a toujours raison"239
La nouvelle communauté musulmane sorganise en un Etat inédit, de type totalitaire, dont les méthodes sont détaillées dans des milliers de textes. Il existe dans le système une confusion voulue entre toutes les institutions, la politique, la religion, léconomie, la justice, les forces armées, et la confusion ainsi établie a pour but dassurer la soumission des sujets à lordre instauré, et un peu plus tard, la soumission des autres groupes humains à légard de celui-ci.
Le plus fascinant et le plus effrayant dans la société ainsi créé est le fait quelle soit considérée comme idéale et parfaite: une utopie, qui, soyons franc, na dû exister que sur le papier, mais qui malgré tout prend les allures dun modèle.
L'islam et le bolchevisme en 1921.
(B. Russel).240
Le bolchevisme combine les caractéristiques de la révolution française avec celles de l'essor de l'islam. Marx a enseigné que le communisme était fatalement prédestiné à prendre le pouvoir ; cela engendre un état d'esprit peu différent de celui des premiers successeurs de Muhammad. Parmi les religions, le bolchevisme doit être comparé à l'islam plutôt qu'au christianisme ou au bouddhisme. Le christianisme et le bouddhisme sont avant tout des religions personnelles, avec des doctrines mystiques et un amour de la contemplation. Lislam et le bolchevisme ont une finalité pratique, sociale, matérielle dont le seul but est d'étendre leur domination sur le monde.
§ 292-Crimes et châtiments.
La suite de lexposé est faite de longues séries de hadiths, récits des actions et paroles de Muhammad, constituant une sorte de jurisprudence: une référence à côté de la source principale, le Coran.241 Le parti-pris a été de sélectionner les récits les plus représentatifs et aussi les plus excentriques. Mais ils sont tous tirés des recueils les plus reconnus par les juristes musulmans, dont la sottise n'a d'égale que la longueur de la barbe, et ne font lobjet daucune contestation. Le droit pénal est est largement représenté, dans toute sa rigueur et son caractère absolu et divin242. Là encore, il est indispensable de distinguer le superficialité du récit et le sens profond qui en a été dégagé, pour ensuite sappliquer rigoureusement. Mais certaines affaires pittoresques à Médine ont de répercutions dramatiques jusquà nos jours243 .
L'avantage de la justice islamique selon l'imam Khomeyni.
(Extraits du "Petit Livre Vert").244
Si on appliquait pendant une année seulement les lois punitives de l'Islam, on déracinerait toutes les injustices et les immoralités dévastatrices. Il faut châtier les fautes par la loi du talion : couper la main du voleur, tuer l'assassin et non pas le mettre en prison, flageller la femme ou l'homme adultère. Vos égards, vos scrupules a humanitaires » sont plus enfantins que raisonnables. Au terme de la loi coranique, n'importe quel juge réunissant sept conditions : être pubère, croyant, connaître parfaitement les lois coraniques, être juste, ne pas être atteint d'amnésie, ne pas être bât |