Partie XII


LA MÉDINE
DU PROPHÈTE


Petit laboratoire
d'une théocratie universelle


(622-630)


“Du vivant du prophète,
nous évitions de causer et plaisanter avec nos femmes,
de peur que cela nous attirat quelque révélation.
Mais, quand le prophète est mort,
nous causâmes et plaisantâmes avec elles.”

ibn Omar
1.


§ 359. Présentation.

Voci donc un tableau détaillé de ce qu' a pu être la république islamique de Médine, la plus ancienne de l'Histoire, modèle de toutes les autres2 . On ne peut pas prétendre qu'il s'agisse d'un tableau exact: c'est en fait l'image que les siècles suivants ont voulu construire, pour constituer un exemple idéal d'organisation humaine, une théocratie absolue, merveilleuse par sa rigueur et sa simplicité.3 Ce sont des régimes politiques de formes moins pures qui ont créé ce modèle mythique, qui lui-même perdure dans le temps.

Le pays qui se veut la plus exacte réplique de ce modèle reste l'Arabie Saoudite, sur le territoire même des aventures de Muhammad (un des Etats les plus corrompus, les plus hypocrites et les plus dépravés qui soient, y compris selon les musulmans), 4 ou celui que rêvent d'instaurer les Frères Musulmans en Egypte.5

Toutes les théocraties survivent et s'abîment dans l'abjection.


Fondements juridiques de la théocratie musulmane.
(ibn Taimiya, Traité de droit public 1-3).6


Au nom d’Allah le clément, le miséricordieux !

Louange à Allah qui a doté ses envoyés de preuves, qui a révélé par eux le Livre et la balance, afin que les gens appliquent la justice ; qui a créé le fer, lequel renferme une force considérable et apporte aux hommes d'immenses avantages, afin de connaître ceux qui défendront sa cause et celle de ses prophètes. Allah est tout puissant et magnifique.
Il a clos la série des prophètes par Muhammad, qu'il a envoyé avec la voie droite et la religion véritable, avec mission de l'élever au-dessus de toute autre ; et qu'il a fortifié d'un ascendant impératif, joignant la science et la plume, pour une œuvre d'apostolat et de persuasion, à la puissance et au sabre, pour la victoire et la domination.
Je déclare qu'il n'y a pas d'autre Allah qu'Allah, l'unique, sans associé, dans un témoignage pur comme l'or le plus pur. Je déclare que Muhammad est son esclave et son prophète (que la bénédiction de Allah soit sur lui, sur sa famille et ses compagnons), dans une profession de foi qui met celui qui la prononce dans une sécurité inviolable. Ensuite. Voici un court traité qui expose les principes généraux de la politique divine et de la lieutenance7 du prophète, dont le pasteur et son troupeau ne sauraient se dispenser, et qui sont nécessaires aux représentants de l'autorité que Allah nous a fait un devoir de conseiller, comme le prophète l'a proclamé dans des traditions bien établies par des voies différentes:
“Allah voit avec satisfiction trois choses de votre part: que vous l'adoriez et ne lui associez personne ; que vous vous cramponniez tous à la corde de Allah et que vous ne vous divisiez pas ; que vous éclairiez de vos bons conseils celui que Allah a chargé de vous gouverner. “
Ce traité est fondé sur le verset des Emirs8 :
“Allah vous ordonne de rendre les dépôts à ceux auxquels ils appartiennent, et, quand vous jugez les hommes, de le faire avec justice. C'est une sublime exhortation que Allah vous donne. Allah entend tout et voit tout. Ô vous qui croyez, obéissez à Allah, obéissez au prophète et à ceux d'entre vous qui détiennent l'autorité. Si vous êtes en désaccord sur quelque point, référez-vous à Allah et à son envoyé, si vous croyez vraiment en Allah et au jour du jugement. C'est là, pour nous, le parti le plus sage et le commentaire le plus sûr.” 9 .
La première partie du verset, disent les jurisconsultes, a été révélée pour ceux qui détiennent l'autorité ; ils sont tenus de rendre les dépôts à ceux auxquels ils appartiennent et, quand ils jugent les hommes, de le faire en toute justice. La seconde a été révélée pour tous les sujets, qu'ils appartiennent ou non à l'armée ; tous sont tenus d'obéir aux représentants de l'autorité, lorsque ceux-ci agissent comme ils le doivent dans leur répartition des biens, leurs jugements et leurs expéditions guerrières, à moins qu'ils n'ordonnent de désobéir à Allah. Aucune créature ne doit, en effet, obéir à un ordre qui la ferait désobéir à Allah. En cas de désaccord sur quelque point, il faut se reporter au livre d'Allah et à la Sunna10 de son prophète.
Lorsque les représentants de l'autorité n'agissent pas comme ils le doivent, obéissez-leur dans la mesure où leurs ordres sont conformes à ceux d'Allah, car, par là, vous obéirez à Allah et son prophète, et rendez-leur les droits qui leur sont dûs, ainsi que Allah et son prophète l'ont ordonné. Aidez-vous mutuellement dans le bien et la piété, mais ne vous aidez point dans le péché et l'injustice.
Puisque ce verset ordonne de rendre les dépôts à ceux auxquels ils appartiennent et de juger conformément à la justice, nous dirons que ces deux principes constituent l'essentiel de la politique juste et le but par excellence de la fonction publique.


Fondements théologiques de la république islamique d'Iran.
Au moment de commencer ce voyage dans la tyrannie, le mieux est d'observer un texte fondateur d'une autre "république"11 islamique, qui est aussi un exemple, au XXème siècle, de la résurgence de ce type de régime. C'est en 1979 que s'élabore la nouvelle référence islamiste, sous la direction de l'ayatollah Khomeyni12 : l'islam n'a jamais cessé d'être un système politique et juridique, mais à partir de la révolution iranienne, il affiche des ambitions plus grandes, renforcé par l'échec des nationalismes arabes, du socialisme et par la force du pétrole.
Le "modèle" iranien est suivie depuis lors par toutes les républiques islamiques (sunnites ou shiites), jusqu'aux dernières en date, celle du Hezbollah au sud du Liban, et la toute minuscule implantée par le Hamas à Gaza.


(Extraits du "Petit Livre Vert" de l'imam Khomeyni).13

Le gouvernement islamique ne peut être ni totalitaire ni despotique, mais constitutionnel et démocratique. Dans cette démocratie, pourtant, les lois ne dépendent pas de la volonté du peuple, mais uniquement du Coran et de la Sunna du prophète. La Constitution, le Code Civil et le Code Judiciaire ne peuvent s'inspirer que des lois islamiques contenues dans le Coran et transcrites par le prophète, et elles seules doivent être appliquées scrupuleusement. Le gouvernement islamique est le gouvernement de droit divin, et ses lois ne peuvent être ni changées, ni modifiées, ni contestées.
 
C'est là que réside la différence radicale entre un gouvernement islamique et les différents gouvernements monarchiques ou républicains où ce sont les élus, les représentants du peuple ou de l'État qui proposent et votent les lois, alors qu'en Islam la seule Autorité compétente est le Tout-Puissant et sa volonté divine. Le pouvoir législatif est exclusivement détenu par le Saint prophète de l'Islam et personne hormis Lui ne peut promouvoir une loi; toute loi qui n'émane pas de Lui est à rejeter. Dans un gouvernement islamique qui se respecte, le pouvoir législatif (Parlement), qui est une des trois composantes de tout système constitutionnel avec l'exécutif et la jurisprudence, est remplacé par un « Conseil religieux de planification » qui transmet à chaque ministère les lois islamiques le concernant, lui indique son programme conformément à la religion et établit à la base de l'ensemble de ces programmes la politique générale de tout le pays.
 
Le gouvernement islamique est  soumis à la loi de l'Islam qui n'émane ni du peuple ni de ses représentants, mais directement de Dieu et de sa volonté divine.  La loi coranique, qui n'est autre que la loi divine, constitue l'entité de tout gouvernement islamique et règne immanquablement sur tous les individus qui en font partie. Le prophète, les califes et les gens du peuple, doivent obéissance absolue à ces lois éternelles du Tout-Puissant transmises aux mortels à travers le Coran et le prophète, et qui resteront immuables jusqu'à la fin des temps.
 
En Islam, gouverner signifie uniquement mettre à effet les lois coraniques, autrement dit les lois divines. Ces lois doivent être obéies et exécutées par tous, sans exception, et sans contestation. La loi divine s'applique au chef et au subordonné, à l'employeur et à l'employé. On obéit au prophète parce que Dieu l'a voulu ainsi. Et on doit obéir aux dirigeants du gouvernement islamique aussi parce que Dieu l'a ainsi voulu. Dans le domaine de la volonté divine tout individu, même s'il s'agit du prophète, n'a aucun droit d'ingérence. Il n'a d'autre droit, d'autre devoir que l'obéissance.
 
L'Islam a des préceptes pour tout ce qui concerne l'homme et la société. Ceux-ci procèdent du Tout-Puissant et sont transmis aux hommes par son prophète et Messager. On est surpris de la majesté de ces commandements qui recouvrent tous les aspects de la vie, de la conception jusqu'à la mise au tombeau!... Il n'y a aucun sujet sur lequel l'Islam n'ait porté son jugement14 .
 
Tous les gouvernements du monde reposent sur la force des baïonnettes. Nous ne connaissons aucune monarchie ou république dans le monde d'aujourd'hui qui soit fondée sur l'équité et la raison; elles ne se maintiennent que par l'oppression.





Chapitre 62

La loi du monarque




§ 360. — Présentation.

La loi musulmane, la trop célèbre Sharia15, est une loi globale, totale, qui régit en un bloc l’ensemble de la communauté. Elle a pour origine les prescriptions du Coran, qui sont confirmées et complétées par la tradition, les hadiths. C’est à Médine qu’est promulgué l’essentiel de cette législation, sous la forme de révélations coraniques. C’est aussi à Médine qu’elle s’applique pour la première fois au monde, dans sa rigueur native, autour d'un personnage obsédant et obsessionnel, source vivante de pensée et de législation, objet délirant de vénération, au détriment de la divinité elle-même et de toute réflexion sur celle-ci: très vite, la théologie et la philosophie se sont soumis à une puissance tyrannique et toute puissante: le droit musulman les a peu à peu remplacées intégralement et règne sans partage sur ce mond, et ce règne perdure dans certains territoires de la surface du globe, tels que l'Arabie Saoudite.16
Il serait intéressant, et même franchement cruel, de comparer cette structure à la fois archaïque et totalitaire au Code Justinien, antérieur pourtant d’un siècle17: celui-ci rassemble l’essentiel du corpus juridique de l’empire romain, assurant ainsi une base incontournable pour le droit européen. Une référence rude mais plutôt glorieuse que l’Europe a hélas oubliée, comme trop souvent.



§ 361. — La "voie" shariatique.


A propos de la sharia, l’observateur attentif et honnête fera quelques remarques:

-Cette législation ne prétend avoir d’autre source que la volonté divine transmise au chef de la communauté.
-Elle ne prend jamais l’être humain en tant que tel, et ne considère jamais ses propres intérêts, et n’obéit à aucun principe directeur hors de la soumission à la divinité et des décisions du chef: la morale individuelle et autonome n’existe pas.

-Elle est suscitée exclusivement par les circonstances qui affectent la communauté, ou la vie de Muhammad. Une période de moins de vingt ans, dans le sable, sur des chameaux, par le sabre, a régi la vie de milliards de personnes depuis cette genèse.

-Elle ne forme pas un ensemble cohérent et organisé: ce sont les circonstances qui la construisent. De véritables codes naîtront beaucoup plus tard.
-Elle privilégie, comme toute loi humaine archaïque, les intérêts du groupe et de son chef, au détriment de celui de l’individu. Il serait donc vain de penser y trouver une quelconque forme d’humanisme.

-Elle distingue fondamentalement le musulman du non-musulman, et des règles différentes s’appliquent à ces deux catégories d’êtres humains.
-A l’intérieur du groupe des musulmans, elle consacre la distinction entre plusieurs catégories au statut inégal.

-Enfin, elle ne connait aucune limite dans son champ d’action, toute action ayant un rang dans l'échelle des valeurs18 , et ne comporte aucune explication rationnelle.



La colère du poète et prophète Victor Hugo.19
(Religions et religion, 1880).20

"Oh ! L'infâme travail ! Ici Mahomet ; là
Cette tête, Wesley, sur ce corps, Loyola ;
Cisneros et Calvin, dont on sent les brûlures.
Ô faux révélateurs ! Ô jongleurs ! Vos allures
Sont louches, et vos pas sont tortueux ; l'effroi,
Et non l'amour, tel est le fond de votre loi..."

Principes de la sharia.
(ibn Taimiya, Traité 22).

Un des principes fondamentaux de la sharia tient dans le verset suivant:
“Craignez Allah dans la mesure de vos forces “. 21 qui explique lui-mème cet autre verset: “Craignez Allah comme il mérite d'être craint “. 22 , ainsi que dans le hadith suivant, que l'on trouve dans les deux sahih:
“Lorsque je vous donne un ordre, exécutez-le dans la mesure du possible.”
Un autre principe fondamental de la sharia est que nous ayons toujours en vue de rechercher notre intérêt 23 ou de1’accroître, et d'éviter tous dommages ou, de les réduire. Quand il y a conflit de profits ou de dommages on recherchera le profit majeur en se résignant à perdre le moindre, ou bien on écartera le dommage le plus grave en se résignant, à subir le moindre. Voilà en effet ce que la loi nous commande.


Les prescriptions morales selon ibn Taymiyya.
(ibn Taymiya, Profession de foi24 55-61).25
Les gens de la Tradition et du consensus, en plus des croyances que nous venons d’exposer, ont pour principe d’ordonner le bien26 et d’interdire le mal27 conformément aux prescriptions de la loi révélée28 .
Ils pensent que l'on doit faire le pèlerinage29, la guerre sainte30, les prières du vendredi et des fêtes avec tous les émirs31, que ces émirs soient des gens de bien ou des hommes pervers. Ils veillent à ce que les prières qui doivent être faites en commun32 le soient et croient que donner un bon conseil33 dans l'intérêt de la communauté fait partie de la religion.
Ils croient à cette parole du prophète : « Le croyant est, pour le croyant, comme une construction dont les parties se soutiennent les unes les autres. »
Et le prophète alors entrelaça ses doigts
C'est en ce sens que le prophète a dit encore : « Les croyants, par l'affection, la compassion et la sollicitude qu'ils se portent mutuellement, ne font qu'un seul et même corps. Quand l'un des membres souffre, tout le reste du corps participe à sa douleur par la fièvre et l'insomnie. » .
Les gens de la Sunna ordonnent de faire preuve de constance34 dans l'adversité, de remercier Allah35 dans la prospérité et d'être toujours satisfait36 de son sort.
Ils exhortent les hommes à pratiquer toutes les vertus37 et toutes les belles actions ; ils croient en effet à cette parole du prophète : « Les croyants dont la foi se rapproche le plus de la perfection38 sont ceux dont la valeur morale est la plus grande.
Ils recommandent de faire du bien à ceux qui vous écartent, de donner à ceux qui vous refusent et de pardonner à ceux qui vous offensent.
Ils ordonnent aux hommes d’avoir de la piété envers leurs pères et leurs mères, de venir en aide à leurs parents, d’être de bons voisins, de se montrer charitables envers les orphelins, les pauvres39 ou les voyageurs et de traiter leurs esclaves avec douceur. Ils interdisent l’orgueil40,
la vanité41, et la convoitise42. Ils interdisent d’importuner autrui, fut-ce pour reconnaître un droit. Ils ordonnent, en un mot, de pratiquer les plus hautes vertus morales et interdisent toute action vile.


L'avis d'un orientaliste.
(Prince Caetani, Annali dell’islam, vol VI).43

“Ainsi c'est la personne de Muhammad qui est mise par dessus tout au premier rang, au point que Dieu ne reçoit qu'un rôle secondaire comme auxiliaire du Prophète. Il n'est désormais plus l'Être Suprême, au service duquel tout doit être sacrifié, mais plutôt l'être Tout-Puissant qui aide le prophète dans sa mission politique, qui facilite ses victoires, le console dans la défaite, l'assiste pour démêler les menus problèmes d'un grand empire et l'aide à aplanir les difficultés qui apparaissent chaque jour ( ... ) Ce deus ex machina lui fut extrêmement utile dans une société d'hommes rudes, violents et sanguinaires, prompts à la colère, inébranlables dans leur haîne et leur soif de vengeance, indifférents au sang humain, avides de rapines, aussi changeants que le vent en amitié. ( ... ) C'est de la bouche (de Muhammad) et non de celle de Dieu que ces hommes attendent des réponses à leurs questions, le verdict qui décidera de leur destiné et, pour la plupart, ce n'est plus Dieu qui compte mais le prophète. Muhammad est chaque jour un fait plus tangible. Dieu devient de plus en plus une théorie utile, un principe suprême qui suit du ciel avec une sollicitude affectionnée les gestes capricieux et les faiblesses, ni rares ni triviales, de son prophète favori, lui portant assistance avec des légions d'anges dans ses expéditions de brigands, répondant par des révélations à toute question gênante, rectifiant les erreurs, légalisant les fautes, encourageant les instincts violents avec toute l'immorale brutalité du Dieu tyrannique des Sémites.
Si Muhammad dévia du chemin des premières années, cela ne devrait surprendre personne ; il était homme tout autant et de la même façon que ses contemporains. Il appartenait à une société encore primitive, dépourvue de toute culture et il était guidé seulement par son instinct et des dons naturels qui étaient rehaussés par les doctrines religieuses mal assimilées du judaïsme et du christianisme. Muhammad en fut d'autant plus facilement corruptible quand la fortune finalement lui sourit. (A Médine), il offrit très peu de résistance à l'action corruptrice de sa nouvelle position sociale, plus particulièrement au vu du fait que les premiers temps furent accompagnés par des triomphes déroutants et par la douceur fatale d'un pouvoir pratiquement illimité. La détérioration de sa moralité fut un phénomène on ne peut plus humain, dont l'histoire fournit non pas un mais des milliers d'exemples. Il est plus facile de mourir saint sur une croix ou sur un bûcher que sur un trône après une lutte titanesque contre des ennemis obstinés et sans merci. Le personnage de Muhammad perd en beauté mais gagne en grandeur.

(ibn Kathir, Tafsir 48, 29).44
La sharia est fait en vérité de deux parties: la connaissance et les actions. La vraie connaissance religieuse est par définition vraie et les actes islamiques acceptés sont acceptés par définition. Donc, les nouvelles et la croyance que la religion apporte sont vraies et ses commandements sont justes.


Le délire moralisateur45 d’un théologien “modéré”.
S. H. Boubakeur, Traité moderne de théologie islamique, Paris 2003, p. 54).

Le fidèle se doit de subordonner sa vie, sa liberté et sa mort à la volonté de Dieu, autant par soumission que par amour46 .
Mais sur la notion d'amour, il convient de ne point s'égarer, L'amour est une passion. Si les moralistes distinguent les passions mauvaises (vices) et les passions nobles (vertus), les psychologues eux, les tiennent pour identiques quant à leur nature, leur processus et leurs effets mentaux.
En un siècle où le clinquant des mots fausse les réalités les plus claires, on se doit de comprendre ce que l'amour veut dire. Plus de quatorze vocables, en arabe, expriment l'amour en général, alors qu'en français le mot qui traduit habituellement ce sentiment, sous ses multiples formes est, en général, le verbe aimer. Or, ce verbe semble passer pour la chose première et la première des choses. Son emploi exagéré en fait un substratum de toute création artistique ou... épices pour relever tous les salmigondis. L'amour est, en effet, le thème de la plupart des romans, des pièces de théâtre, des chansons, des films, des contes. Son emploi inconsidéré l'a vidé de son véritable contenu, tant au point de vue sens que sincérité. Les images et les métaphores qu'il évoque d'ordinaire ou suscite, se « matérialisent » de plus en plus, laissant transparaître un sensualisme dégradant, l'exaltation d'un désir animal qui exclut tout sentiment d'attachement, de tendresse, de sacrifice sans lesquels l'amour devient une simple frénésie verbale, et parfois le test d'un penchant marqué pour les jouissances culinaires. La bien-aimée est comparée à la tomate (sic), au pain beurré (re-sic) à diverses variétés de confitures, de confiseries dans les chansons que la radio-diffusion française et autres mass media offrent comme régal de choix à leurs gourmets auditeurs.
En une telle euphorie voluptueuse, il n'est évidemment pas question d'esprit de sacrifice, ni de véritable union de deux êtres de sexes différents, mais d'un langage artificiel, de soupirs mensongers, d'un snobisme qui varie en ses accents et ses couleurs avec la mode et selon la classe sociale. L'homosexualité a été légalisée en divers pays d'Europe. Mais Sodome47 et Gomorrhe ne sont pas les seules à ressusciter au nom de la liberté. Lesbos entend faire valoir ses droits et les saphistes48 forment l'aile marchante des mouvements de libération de la femme. Il m'a été signalé que deux hommes ont été légalement mariés dans une mairie de New York. Les cas de femmes unies en « justes » noces ne sont pas rares, en Hollande, au Danemark, en Suède, en Norvège, etc.


§ 362. — Les vertus de l’obéissance.

Dans la nouvelle société, comme dans toute organisation sectaire, le chef49 est la loi vivante, la source du droit, et le premier axiome est l’obéissance absolue due à sa personne.

(Corpus coranique d'Othman 45/17).
Ensuite, nous t’avons placé sur une voie50 procédant de l’ordre.
Suis la donc et ne suis point les doctrines pernicieuses de ceux qui ne savent point!

(Corpus coranique d'Othman 24/56).
Accomplissez la prière!
Donnez l’aumône!
Obéissez à l’envoyé51 !
(Corpus coranique d'Othman 24/62).

Les croyants sont seulement ceux qui croient52 en Allah et en son apôtre et qui , se trouvant avec celui-ci dans une affaire qui les concerne, ne se retirent point sans en avoir demandé la permission!
prophète!, ceux qui te demandent la permission d’entrer ou de se retirer, ceux-là sont cex qui vraiment croient en Allah et en son apôtre.

(Corpus coranique d'Othman 57/28).
Ô vous qui croyez! soyez pieux envers Allah!
Croyez en son envoyé!

(Corpus coranique d'Othman 7/157).
Le seigneur répondit : Que mon tourment atteigne qui je veux et que ma miséricorde s'étende à toute chose !
J'inscrirai une belle existence pour ceux qui sont pieux et donnent l'aumône53, ainsi que pour ceux qui croient à nos signes et qui suivent l'apôtre, le prophète des Gentils54 qu'ils trouvent annoncé chez eux dans la Torah et l'Évangile.
Ce prophète qui leur ordonne le convenable et leur interdit55 le blamâble, qui déclare licites Pour eux les excellentes nourritures56 , et illicites les immondes57, leur ôte le lien et les entraves qui pesaient sur eux.
Ceux qui auront cru en lui, l'auront soutenu, l'auront secouru et auront suivi la lumière58 qu'on avait descendu avec lui, ceux-là seront les bienheureux.

(Bukhari, Sahih 79/2, 2).

Abu Sayd al Khudri rapporte que le prophète a dit :
-Evitez de tenir des réunions sur des lieux de passage publics.
-Ô envoyé d'Allah, répondirent les fidèles: il faut bien que nous nous réunissions pour nous entretenir de nos affaires.
-Si, reprit le prophète, vous ne pouvez vous dispenser de ces réunions, donnez à la voie publique ce à quoi elle a droit:
-Et à quoi a-t-elle droit? demanda-t-on.
-Elle a droit, reprit-il, à ce que vous soyez discrets, à ce que vous ne fassiez de mal à personne, à ce que vous rendiez le salut, et enfin à ce que vous ordonniez le bien et interdisiez le mal.

“Ordonner le bien, interdire le mal“.59
(ibn Taimiya, Traité de droit public 33).
Dans tous les cas que nous venons d'étudier, les fonctionnaires, par esprit de vénalité, se font les complices du péché et du crime. Or un fonctionnaire n'est investi d'une autorité que pour ordonner le bien et interdire le mal. Ordonner le bien et interdire le mal constitue le but suprême de toute fonction publique.
Un fonctionnaire qui, pour de l'argent, rend possible ce qui est interdit fait le contraire de sa mission. On peut le comparer à l'allié qui se retournerait contre celui qu'il s'est engagé à défendre, ou au musulman qui, payé pour la guerre légale, combattrait ses coreligionnaires.
(...)
La prospérité d'un pays et de ses habitants dépend de l'obéissance que l'on témoigne à Allah et à son prophète. Cette obéissance n'est possible que si l'on ordonne le bien et interdit le mal. C'est précisément la raison pour laquelle cette communauté est la meilleure de toutes celles qui ont vu le jour.


Une courte liste d’interdits.
(ibn Batta60, La Profession de foi 21).61
Parmi les pratiques que le prophète a interdites et dont il a flétri les auteurs avec sévérité est celle qui consiste, pour deux hommes, à se mettre en contact l'un de l'autre62 dans une même piècé d'étoffe, sans rien d'autre qui les sépare. Le prophète a maudit aussi ceux qui se mettent tout nus sous la même tunique63 . Il a interdit à deux hommes de se mettre tout nus dans la même pièce d'étoffe - pratique que l'on appelle la mukàma'a.
Le prophète a interdit à l'homme de se mettre tout nu dans une maison ou dans tout autre lieu; de regarder la nudité64 d'un autre homme; de causer de tout ce qui concerne ses relations avec sa femme quand il se retire avec elle.
Le prophète a aussi interdit de lancer des pierres sur un homme ou de jeter de la boue dans des lieux habités65 .
Le prophète a interdit:
- de faire de faux serments66 .
- de vendre des dattes avant leur maturité67 . On dit que des dattes sont mûres quand elles commencent à devenir jaunes et rouges.
- de vendre des chiens, des singes ou des porcs,
- de jouer au tric-trac68 ou aux échecs69 .
- pour un homme, de rester seul avec une femme qui n'est pas accompagnée de son mahram [c'est-à-dire de son mari ou d'un parent qu'il lui est interdit d'épouser].
- de dire: «Nous ne cesserons d'aller bien tant que tu nous resteras!» ou bien: «Ce que Allah veut et ce que tu veux!»
- de jurer au nom d'un autre que Allah .
-d'aiguiser sa lame sous les yeux de la brebis [que l'on va égorger].
- d'engager un salarié sans qu'il connaisse son salaire.
- de pratiquer l'enchère simulée70, pratique qui consiste à faire monter le prix d'une marchandise dont on ne veut point.
. - de consommer la chair, le lait ou les œufs de bêtes qui mangent des excréments71, qu'il s'agisse de chamelles, de vaches, de brebis ou de poules. On dit qu'il faut garder72 les chamelles pendant 40 jours; les vaches pendant 30 jours; les brebis pendant 7 jours et les poules pendant 4 jours.
Le prophète a aussi interdit:
- de vendre avec aléa73 .
- de vendre ce que l'on ne possède pas.
- de vendre ce que l'on n'a pas chez soi.
- de faire deux conditions74 dans une même vente .
- de frapper une bête de somme sur le museau.
-de marquer75 une bête de somme sur le museau.
-de cracher à la figure d’un homme.
-pour une femme, d’interdire son lit76 à son mari.
-de dire ce qu’on ne fait pas.
-de promettre et de ne pas tenir sa promesse.
-de parler en secret77 de son frère.
-d’être prodigue78 ou avare79.
-de s’attrister ou de se réjouir des choses de ce bas-monde.
Le prophète a interdit à l’homme d’obéir à son épouse pour aller à une noce, à une séance de pleureuses80, au bain, et de lui obéir dans ses caprices81. Il a dit:
-Quand un homme obéit à sa femme dans tout ce qu’elle veut, sa femme le renversera sur le visage en enfer.
Il a aussi interdit à l’homme d’en arriver, pour obéir à sa femme, à manquer à la piété82 qu’il doit à son père et à sa mère, à cesser de venir en aide à ses parents et d’être charitable83 à l’égard de ses frères en Allah. Il a dit:
-Contredisez les. Vous serez sur la bonne voie et Allah vous bénira.
Mais il a interdit de leur faire du tort ou de leur témoigner de l’hostilité. Il a ordonné au contraire d’être juste84 à leur égard et de les traiter avec égalité dans la répartition des nuits85 .
Le prophète a interdit de causer des dommages à son voisin ; d’opprimer autrui ; de s’attaquer à la généalogie86 d'un homme; de médire de son prochain ou de le calomnier.
Le prophète a interdit [au maître] d'insulter ses esclaves87 et de les frapper. Il [lui] a ordonné de les nourrir de mets que lui-même mange et de les vêtir de vêtements que lui-même porte. Il a interdit de leur imposer des travaux qu'ils seraient incapables de supporter et il a ordonné de leur pardonner, quand bien même commettraient-ils soixante-dix fautes par jour.
Le prophète a interdit à l'homme qui fait sa prière:
- de baisser et de relever88 vivement la tête à la manière d'un coq.
- de se prosterner89 avant d'avoir relevé la tête dans l'inclination du corps90 .
- d'écarter largement91 les bras dans la prosternation comme un chien écarte les pattes.
de s'asseoir sur son derrière92 à la manière d'un singe.
-de relever ou de baisser la tête avant que l'imâm ne l'ait fait ou au moment même où il le fait. Le prophète a dit: «L'homme qui relève la tête avant l'imâm ne craint-il donc pas que Allah lui change la tête en tête d'âne? » Il a dit aussi: «Pour l'homme qui relève ou baisse la tête avant son imâm, il n'y a pas de prière. »
Le prophète a encore interdit:
- de se frotter les uns contre les autres93 dans la prière.
- de se laver la plante des pieds avec la paume de la main droite plusieurs fois de suite.
- de bailler, de souffler et de retourner les petits cailloux [qui peuvent se trouver sur le sol] pendant la prière.
- de s'essuyer le front pour en enlever la terre avant d'avoir
prononcé la formule du salut final94 .
- de lever les yeux vers le ciel pendant la prière.
- de fermer les yeux pendant la prosternation95 .
- de réciter du Coran pendant l'inclination du corps96 .
- de se découvrir les cheveux ou d'ouvrir un vêtement [pendant la prière].
- de laisser flotter ses cheveux97 [pendant la prière].
- de s'envelopper dans ses habits [et de prier] à même le sol.
- de prier dans un vêtement déboutonné quand on ne porte pas, sur sa chemise98, un manteau 99 et, sous elle, un pagne100 .
- de prier dans une chemise légère sans autre vêtement au- dessous.
- de chercher à se mettre en avant des autres101 dans la prière.
-de prier au second rang alors que l'on a une place vide dans le premier rang.
- de s'adosser à un mur dans la prière.
- de prier dans un bain; dans les lieux où les chameaux ont laissé leurs excréments102 ; sur les chemins battus; sur une tombe103 ; dans un abattoir104 ; sur un dépôt d'ordures105, ou sur le toit de la Maison de Allah.
-de s'en aller, après la prière, en doutant106 de l'avoir faite correctement.
Le prophète a maudit:
- la femme qui tatoue107 et celle qui se fait tatouer c'est-à-dire celle qui met [sur une partie du corps] de la couleur verte et celle qui s'en fait mettre.
- la femme qui place de faux cheveux108 et celle qui s'en fait mettre - c'est-à-dire celle qui place des tresses postiches109 et celle qui s'en fait mettre.
- la femme qui pratique l'épilation110 et celle qui se fait épiler, c'est-à-dîre celle qui procède à l'arrachage des poils et celle qui se les fait arracher.
- la femme qui lime les dents111 et celle qui se les fait limer, c'est-à-dire la femme qui lime les dents pour les séparer112 les unes des autres et celle qui subit cette opération.
Le prophète a dit aussi:
-«Dès qu'une femme dépose ses vêtements ailleurs que dans la maison de son mari, elle déchire le voile qu'il y avait entre elle et Allah. »

Parmi les autres pratiques que le prophète a prescrites pour la formation morale de la communauté et pour lui recommander les vertus les plus hautes et les actions les plus nobles 113, citons encore les prescriptions qui suivent.
Le prophète a interdit à l'homme de manger ce qui se trouve devant son frère et de manger au sommet du plat114 .
-«La bénédiction, a-t-il dit, se trouve en son milieu.»
Il a ordonné de se laver la main avant et après le repas.
-«[Cette pratique], a-t-il dit, éloigne la pauvreté115
Il a dit aussi:
«Quand des gens s'appliquent à faire leurs ablutions116 avant et après le repas, Allah ne saurait manquer d'éloigner d'eux la pauvreté.»
Il a ordonné à l'homme de manger les miettes éparses sous le plateau qui sert à manger.
-«De quiconque mange [ces miettes], a-t-il dit, la pauvreté sera écartée, et la stupidité le sera aussi de ses enfants.»
Le prophète a interdit à l'homme de dormir la main entière- ment recouverte, ainsi que de manger et de dormir en état de grande impureté117 . Il aimait que tout homme qui se préparait à dormir ou à manger et qui se trouvait en état de grande impureté fit ses ablutions comme pour une prière.
Le prophète a interdit de manger deux dattes à la fois. Cette pratique, en effet, entraîne celui qui s'y adonne à manquer de politesse dans sa façon de manger.
Il a interdit de regarder la bouchée118 de son commensal.
Il aimait que l'on recouvrît le brouet appelé tarid. «La bénédiction119, disait-il, descend sur lui.» Il a interdit de le manger chaud.
Il a interdit de boire à même la bouche de l'outre120 , car l'homme qui boit ainsi ne sait pas ce que l'outre contient. On raconte qu'un homme but à même une outre dans laquelle, à son insu, se trouvait un serpent; le serpent l'étouffa. On dit aussi qu'en buvant à même la bouche de l'outre, on en altère l'odeur.
Le prophète a interdit de gîter121,sur un chemin battu.

Un chemin battu est en effet un lieu de passage pour les gens, les bêtes122 et les génies123 . Cette pratique, d'autre part, constitue une gêne pour les passants. L'homme enfin qui s'endort sur un chemin battu ne sait pas qui viendra l'y heurter.
Le prophète a interdit de faire ses défécations sur un chemin battu. Il a dit:
-«Évitez les malà'in. »
Et comme on lui demandait ce qu'il fallait comprendre par ce terme:
-«C'est de faire vos défécations sur les chemins, répondit-il.»
Quand les excréments et les immondices s'accumulent sur les chemins, dit-on aussi, la pluie est arrêtée.
Le prophète a aussi interdit de faire ses défécations sous un arbre fruitier. Un fruit peut tomber sur l'excrément ou à proximité; il inspirera alors du dégoût et se perdra. Le prophète a aussi interdit d'avoir commerce charnel sous un arbre fruitier.
Le prophète a interdit à deux hommes qui sont en train de faire leurs défécations de causer et, à l'homme qui se trouve en un lieu de retrait, de parler.
Il a aussi interdit de parler pendant l'acte de chair, comme il a interdit à chacun des deux conjoints de regarder les organes génitaux de l'autre et de se servir du même linge.
Le prophète a interdit à l'homme de se lever124 pour toute autre personne que son père, un homme de science ou un imâm juste.
Il a interdit à l'homme d'aimer que l'on se levât en son honneur.
Il a dit:
-«Que celui qui aime que les autres se lèvent en son honneur s'attende à trouver sa place en enfer! »
Il a dit aussi:
-«Allah ne regarde pas celui qui se lève pour que les autres se lèvent à leur tour en son honneur. »
Il a dit encore:
-«Quiconque glorifie un homme qui n'a d'autres soucis que des soucis terrestres est comparable à celui qui glorifie des idoles.»
Il a dit enfin:
- «Quiconque entre auprès d'un homme qui n'a pas d'autres soucis que des soucis terrestres et s'abaisse devant lui perd les deux tiers de sa religion.»
Le prophète, parmi les règles de civilité125 qu'il a prescrites, a interdit à l'homme de souffle~ sur sa nourriture ou sur sa boisson.
Le prophète a dit:
-«Quand une bouchée vous tombe de la main, ramassez-la et mangez-la, ou donnez-la à manger à un autre. Mais ne la laissez pas au démon.»
Pour manger une datte, le prophète la tenait dans le creux de la main et en enlevait le noyau avec le bout des doitgs; c'est ce que l'on appelait: yatnu.
Toutes ces règles de civilité et toutes les règles analogues, qu'il serait trop long d'énumérer dans ce livre, consistent dans la propre façon d'agir du prophète, dans les ordres et les interdictions qu'il a formulés. C'est un devoir pour l'homme que de les mettre en pratique, de les étudier, que de suivre le prophète en les observant, que de s'efforcer d'obéir au prophète et de se conformer à sa Sunna. La raison montre le bien-fondé de ces prescriptions auxquelles le cœur de tout homme sensé aspire. Dans toutes ces prescriptions, l'homme trouvera des règles de civilité, de a] propreté et le moyen d'éviter des choses repréhensibles.


§ 363. — Les limites du chef.

Autant la Tradition est quasi-unanime à célébrer l’absolue sublimité totale et impeccable du guide suprême, autant lui-même, dans son oeuvre, ne s’épargne pas: il sait intimement ses lacunes secrètes et ses propres vices. Il a la candeur d’en témoigner ouvertement. C'est ce que ceux qui ont composé l'ouvrage se permettent de montrer.
“Quasi-unanime”, en effet, car parfois se fait jour une attitude ouvertement déplaisante, intolérable, violente envers les disciples eux-mêmes, celle d’un tyranneau provincial de méchante humeur.


(Corpus coranique d'Othman 5/101).
Ô vous qui croyez! n’interrogez pas sur des choses qui, si elles vous sont divulguées, vous feront mal.
Si toutefois vous interrogez à leurs propos, quand la prédication descend, elles vous seront divulguées et Allah effacera votre faute à leur propos.
Allah est absoluteur et miséricordieux.

(Tabari, Tafsir 5/101-2).

... Abu Juwayriyya rapporte qu’ibn Abbas a dit à un bédouin des Banu Sulaym126 :
- Sais-tu à quel sujet fut révélé le verset suivant:
Ô vous qui croyez ne posez pas de questions au sujet de choses qui..." ?
ibn Abbas lui répondit :
- Il y avait des gens qui interrogeaient l'envoyé d'Allah par dérision ; tel homme disait par exemple "Qui est mon père ?" et tel autre qui avait égaré sa chamelle disait: "Où donc est ma chamelle ?".
C'est à leur sujet qu'Allah fit descendre ce verset.
Dans les propos qui vont suivre et que Tabari place sous la même rubrique, les événements sont présentés d'une façon quelque peu différente ; ce ne sont plus des gens ayant une certaine hostilité à l'égard du prophète qui le questionnent, mais les compagnons eux-mêmes ; il semble toutefois que les incidents qui vont être cités aient été la conséquence du comportement importun de gens malintentionnés qui avaient auparavant excédé le prophète par leurs questions.
... Sayd rapporte que Qatada a dit à propos de ce passage: On nous a rapporté que Anas ibn Malik rapportait le fait suivant: les gens venaient interroger l'envoyé d'Allah au point de l'importuner par leurs questions ; il vint un jour devant eux, monta sur le minbar, et fortement irrité leur dit :
-Vous ne m'interrogerez aujourd'hui sur aucune chose sans que je ne vous explique clairement ce qu'il en est !
Les compagnons de l'envoyé d'Allah regrettèrent alors de ne pas avoir présentement une affaire à lui soumettre.
Anas ibn Malik précise: Que je me tournasse à droite ou à gauche, je ne voyais que des gens qui s'étaient enfouis la tête dans leur vêtement et pleuraient. Un homme connu sous le nom de Abd Allah ibn Hudhafal, que l'on avait déshonoré en prétendant qu'il était issu d'un autre que celui connu pour être son père, commença alors à poser une question en disant:
- Qui est mon père ?
L’envoyé lui répondit :
-Ton père est Hudhafa et l'irritation de l'envoyé d’Allah s'accrut.
Anas ajoute: Umar dit a alors pour apaiser le prophète :
- Nous sommes satisfaits d'Allah comme seigneur, de l'islam comme religion et de Muhammad comme envoyé, en prenant refuge en Allah contre le mal des séductions.
L’envoyé d'Allah dit encore :
- Je n'ai jamais vu de jour comme celui-ci tant pour le bien que pour le mal. Le paradis m'a été représenté aujourd'hui ainsi que le feu127 et je les ai vus comme si je les voyais devant ce mur.
A propos du même fait Zuhri128 précise:
-A la suite de cela la mère de Abd Allah ibn Hudhafa dit à son fils :
-Je n'ai jamais vu d'enfant plus désobéissant que toi. Es-tu donc sur que ta mère a commis ce que commettaient les gens de la jahiliyya au point de la couvrir d'opprobre devant tout le monde ?
Son fils lui dit :
-Par Allah ! même s'il avait fait remonté mon origine à un esclave noir129, je l'aurai accepté.
... Suddiyy précise à propos de cet événement que Hudhafa était issu des Quraysh du clan des Banu Sham, qu'on lui donnait le nom de Abd Allah ibn Hudhafa, que son honneur avait été attaqué, et que le prophète le rattacha à son père reconnu comme étant le sien.
-C'est alors rapporte Suddiyy que Umar se leva, embrassa les pieds de l'envoyé et lui dit .
-Ô envoyé d'Allah ! Nous sommes satisfaits d'Allah comme seigneur, de toi comme prophète, de l'islam comme religion et du Coran comme guide 130! fais-nous donc grâce, Allah te fera grâce !
Umar ne cessa de tenir de tels propos jusqu'au moment où le prophète fut satisfait.
C'est ce jour-là que le prophète a dit :
- L'enfant est au lit conjugal et la pierre est pour l'adultère.
... Abu Salih rapporte que Abu Hurayra a dit: Un jour, l'envoyé d'Allah alla vers les gens, irrité au point que son visage en était rouge, et monta s'asseoir sur le minbar131 .
Un homme s'adressa alors à lui et lui dit :
-Où est mon père ?
Il lui répondit : Dans le Feu !132
Un autre homme s'adressa à lui pour lui demander qui était son père. Il lui répondit "Ton père est Hudhafa", Umar ibn Khattab se leva alors et dit133 :
- Nous sommes satisfaits d'Allah comme seigneur, ô envoyé d'Allah! il y a encore peu de temps, nous étions attachés à la jahiliyya et au shirk134. Allah sait qui sont nos pères !
La colère du prophète se calma et c'est alors que fut révélé le verset :
Ô vous qui croyez ! ne posez pas de questions au sujet de choses qui, si elles vous étaient rendues manifestes, vous causeraient du tort.

Le rejet du débat: les questions à Muhammad...
(ibn Batta135, La Profession de foi 21).136

Le prophète réprouvait les questions trop fréquentes et interdisait les propos qui induisent en erreur137 . Il faut comprendre par ce dernier terme, dit-on, les questions par trop subtiles et difficiles.
Le prophète a dit:
-Laissez-moi tranquille tant que je ne vous demande rien.
Le prophète a dit:
-Le musulman qui commet le plus grand crime138 contre les musulmans est celui qui pose une question au sujet d’une chose qui n’avait pas été interdite et qui le fut précisément à cause de sa question.


(Muslim, Sahih 43/4355).
Abu Mûsa a dit : Comme on posait au prophète des questions qui l'offusquaient et que ces questions se multipliaient, il se mit en colère. Ensuite, il dit aux assistants :
- "Interrogez-moi sur ce que vous voudrez".
- "Qui est mon père?", demanda un homme.
- "Ton père, répondit-il, c'est Hudhâfa".
- "Et moi, reprit un autre, qui est mon père, ô envoyé d'Allah?!".
- "Ton père, répliqua-t-il, est Sâlim, l'affranchi de Shayba".
'Umar, ayant lu la colère sur le visage du prophète, lui dit alors :
-"Ô envoyé d'Allah, certes nous nous repentons devant Allah".


§ 364. — Lieutenant d’Allah sur terre.

Se présentant comme l’intermédiaire de la divinité (prophète et envoyé)139 , et en même temps comme chef temporel absolu de la communauté des "muslim", Muhammad exige une obéissance zélée. Politique et religion se soutiennent mutuellement dans le but de la domination d’une société humaine, qui s'accomplie avec succès.

(Corpus coranique d'Othman 27/93-4).
Dis: J'ai seulement reçu ordre d'adorer le seigneur de cette ville qu'il a déclarée sacrée.
A lui appartient toute chose!
J'ai reçu ordre d'être parmi les soumis à lui 140 et de communiquer la prédication.
Quiconque est dans la bonne direction l'est pour soi-même et quiconque est égaré, dis-lui:
-Je ne suis qu'un avertisseur141.

(Bukhari, Sahih 4/ 171).142
L’apôtre d’Allâh a dit:
-Celui qui m’obéit obéit à Allâh, et celui qui me désobéit, désobéit à Allâh et celui qui obéit au chef que j’ai nommé, m’obéit, et celui qui lui désobéit, me désobéit.

(Bukhari, Sahih 93/1,1).
Abu Hurayra a rapporté que l'envoyé d'Allah a dit:
-Quiconque m'obéira, obéira à Allah ; quiconque me sera rebelle, sera rebelle à Allah143 ; celui qui obéira à mon délégué m'obéira ; quiconque sera rebelle à mon délégué me sera rebelle.


§ 365. — Prophète et chef de son peuple.

Comme prophète et chef de son peuple, Muhammad découvre un modèle idéal en la figure dominante de Moïse144 , quand il libère son peuple de la captivité égyptienne,et surtout quand il lui donne la Loi. L'Hégire elle-même se figure comme une nouvelle Exode145 .
L’oeuvre législatrice de Muhammad se construit justement dans l’ombre des célèbres Tables146 . Un petit dossier comparatif peut le démontrer, sans difficulté.
La sharia s’inspire sans doute de cet archétype, mais en l’adaptant aux moeurs et à la culture arabes.



1. — L’exclusivisme religieux.

Les deux systèmes interdisent la concurrence envers leurs dieu national ou tribal, ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils sont tenants d'une forme de monothéisme, comme on l'écrit trop souvent. Cete prescription apparaît tardivement dans l'élaboration du Corpus coranique.


(Moïse, Exode 20).147
Tu n'auras pas d'autres dieux en face de moi.

(Corpus coranique d'Othman 6/151).
N'associez rien à Allah.


2. — L’aniconisme.

La question de la représentation divine et de l'aniconisme 148 est peut-être la plus importante, et celle qui oppose ces deux systèmes aux autres qui les environnent. Elle concerne directement le culte, la vénération, l'apparence: n'importe qui, sans être théologien, ressent la distinction.

(Moïse, Exode 20).

Tu ne feras pas d'idole, ni aucune image de ce qui est dans les cieux en haut, ou de ce qui est sur la terre en bas, ou de ce qui est dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant eux et tu ne les serviras pas. Car moi, Yahvé ton Dieu, je suis un Dieu jaloux.


(Corpus coranique d'Othman 2/83).
. Vous n'adorerez que Allah...

(Corpus coranique d'Othman 5, 90).
Ô vous qui croyez (...) Les pierres dressées (...) sont l’oeuvre du démon.


3. — L’interdiction du parjure.

Nous sommes dans des sociétés anciennes où la parole, le mot sont des puissances, et l'on ne veut pas leur associer un discours profane, pour le sanctifier: cela pourrait s'assimiler à de la magie et souiller la puissance elle-même. Si le parjure est puni, le mensonge pur et simple est autorisé, et même encouragé, envers les infidèles.149

(Moïse, Exode 20).
Tu ne prononceras pas en vain le nom de Yahvé ton Dieu...

(Corpus coranique d'Othman 2, 224)
Ne faites pas de Allah l'objet de vos serments ... .


4. — L’instauration du repos hebdomadaire.

Muhammad réitère ici directement les injonctions bibliques, pour généralement reprocher aux juifs de ne pas respecter leurs propres règles. Mais la doctrine musulmane instaure une journée de repos rituel le jour précédent, et la justification biblique du dit repos est dans le Corpus coranique fondé sur des versets au sens contradictoire . 150

(Moïse, Exode 20).
Souviens-toi du jour du Sabbat pour
le sanctifier...

(Corpus coranique d'Othman 4/154).
Allah dit aux fils d'Israël - Ne transgressez pas le sabbat.


5. — Le respect des parents.

La structure familiale au Proche-Orient est essentiellement patrilinéaire: la femme quitte son foyer pour celle de son époux, et leur doit un respect total: ce transfert fondamental affaiblit grandement le statut de la femme. Le respect dû aux parents institutionnalise la domination des vieux sur les jeunes, une des caractéristiques des sociétés archaïques.


(Moïse, Exode 20).
Honore ton père et ta mère...

(Corpus coranique d'Othman 2, 83)
Soyez bons à l'égard de vos parents. de vos proches... Usez envers les hommes de paroles de bonté.


6. —La prohibition du meurtre.

Ce célèbre avis n'a pas le sens humaniste qu'on se plait souvent à lui trouver. Il est banal de rappeler que les sociétés humaines construisent leurs fondations sur la prohibition du meurtre. Leur survie est en jeu, et non celles des individus, qui ne comptent pas dans ce type d'organisation. Le but de cette loi fondatrice est d'empêcher la désorganisation du groupe par les vengeances, et d'imposer un ordre supérieur à celui des familles.
Le Corpus coranique n'évoque pas directement cette question: il contient au contraire de claires appels au meurtre. La Tradition islamique comble la lacune, mais dans ce cas, l'interdiction est assortie de cas d'exception, et ne concerne que les musulmans (et les Arabes) entre eux: aucune portée universelle ne s'y trouve.
On traitera ensuite de la conception coranique du meurtre d'Abel par Caïn.


(Moïse, Exode 20).
Tu ne tueras pas...

(Bukhari, Sahih 83/17).
L’envoyé d'Allah a dit:
-Le sang d’un musulman qui confesse que personne n’a le droit d’être vénéré sinon Allah, et que je suis son envoyé, ne peut être versé, sauf en trois cas: la punition du meurtre151 , si c’est quelqu’un de marié qui commet un acte sexuel illégal, et celui qui quitte l’islam en apostat152 , et abandonne les musulmans.


(Corpus coranique d'Othman 17/35)
Sinon en droit, ne tuez point votre semblable qu’Allah a déclaré sacré!
Quiconque est tué injustement, nous donnons à son proche, pouvoir de le venger.
Que celui-ci n’exagère pas dans le meurtre: il sera secouru.

(Corpus coranique d'Othman 6/151)
Sinon en droit, ne tuez pas votre semblable qu’Allah a déclaré sacré!153

(Corpus coranique d'Othman 5/35-7).

C’est à cause de ce crime154 que nous décrétâmes, pour les fils d’Israël, que quiconque tuerait une personne sans que celle-ci ait tué ou semé le scandale sur la terre, serait jugé comme s’il avait tué les hommes155 en totalité .
En revanche, nous décrétames que quiconque ferait revivre une personne serait jugé comme s’il avait fait revivre les hommes en totalité.

Nos apôtres sont ensuite venus à eux avec les preuves mais, en vérité, beaucoup parmi eux après cette venue furent certes des impies156 sur la terre.
La récompense157 de ceux qui font la guerre à Allah et à son envoyé et qui s’évertuent158 à semer le scandale sur terre sera seulement d’être tués ou d’être crucifiés159 , ou d’avoir les mains et les pieds opposés tranchés, ou d’être bannis de leur pays.
Cela sera pour eux opprobre en la vie immédiate et en la vie dernière, ils auront un tourment immense.

La référence talmudique du verset coranique.
(Talmud de Jérusalem, Sanhedrin 4/5) .160

Sachez qu'il y a une grande différence entre un procès d'argent et une affaire capitale ; dans le premier on peut réparer la faute par une compensation pécuniaire ; dans la dernière, on est responsable du sang de l'accusé et de ses descendants. Ainsi de Cain, assassin d'Abel, il est dit : la voix des sangs de ton frère crie vers toi de la terre ; le terme “des sangs” vise ses descendants. C'est pourquoi Dieu créa Adam seul (dont les descendants remplissent le monde entier), pour vous faire voir que celui qui sauve un seul être humain sauve un monde entier, et que celui qui perd un homme doit être assimilé à celui qui perd tout un monde. Ce fait que Dieu créa un seul homme eut pour but aussi de montrer que tous les hommes sont frères, et d'empêcher que personne ne peut se croire supérieur à un individu d'une autre nation, qui aurait été les descendants d'un autre père Adam.


(Tabari, Tafsir 5/32).

Conclusion de Tabari.
A propos du début de ce passage, le plus pertinent des différents avis qui viennent d'être exposés est le suivant : celui qui tuera "une âme croyante"161 sans que celle-ci ait commis un meurtre qui lui ferait mériter de subir le talion162 par application de la peine compensatoire, et qui n'aurait pas non plus perpétré quelque corruption sur terre en guerroyant contre Allah, son envoyé et les croyants, celui qui aura donc tué une âme innocente de ces délits sera considéré, pour ce qui est de l'immense châtiment de Allah qu'il se sera ainsi immanquablement attiré, comme ayant tué tout le genre humain, conformément à la menace que Allah adresse à celui qui commet un tel acte:
Celui qui tue un croyant en agissant délibérément, sa sanction sera la Géhenne où il demeurera immortel, Allah sera irrité contre lui, l'exécrera et lui préparera un chatiment immense 163
Pour ce qui est de la suite de ce passage, le commentaire le plus pertinent est le suivant : celui qui s'interdit à lui-même de tuer un être que Allah a interdit de tuer et qu’alors qu'il s'apprêtait à le faire s'abstient de commettre le meurtre, celui-là aura agi comme s'il avait laissé tous les hommes sains et saufs.



7. — Le rejet de l’adultère.

La législation sur l'adultère 164 vise aussi à protéger la société et les familles, et non à protéger de quelconques sentiments; la femme est une propriété, un bien transmissible et productif. Il faut protéger le patrimoine génétique qu'elle représente dans le groupe. Tout ceci est avant tout diriger contre la femme, vecteur de méfaits et d'impureté.

(Moïse, Exode 20).
Tu ne commettras pas d'adultère...

(Corpus coranique d'Othman 6/151).
Eloignez-vous des péchés abominables, apparents ou cachés.


8. — L’interdiction du vol.

Les vols de bétail sont monnaie courante en ces temps reculés, et dans un contexte économique de subsistance, le vol peut devenir un meurtre par soustraction de subsistance. On peut alors comprendre qu'il soit puni férocement, parce qu'ils concernent la survie du groupe. C'est aussi une législation de type économique et commerciale. On sait que le Corpus coranique accumule les allusions au commerce. Enfin, le vol, dans le système muhammadien, peut être celui du butin, et la législation est impitoyable, comme la Tradition islamique pour ceux qui volent les voleurs sacralisés du jihad.

(Moïse, Exode 20).

Tu ne voleras pas...

(Corpus coranique d'Othman 5/38)

Au voleur et de la voleuse165, tranchez les mains en récompense de ce qu’ils se seront acquis et en châtiment d’Allah.


(Corpus coranique d'Othman 6/152)
... Donnez le poids et la mesure exacts.


9. — L’interdiction du faux témoignage.166


(Moïse, Exode 20).
Tu ne déposeras pas de faux témoignage contre ton prochain...

(Corpus coranique d'Othman 104/1).167
Malheur au calomniateur !

10. — Le rejet de la cupidité.


(Moïse, Exode 20).
Tu ne convoiteras... (rien de) tout ce qui est à ton prochain...

(Corpus coranique d'Othman 2/84).
Ne vous expulsez pas les uns les autres de vos maisons... .

(Corpus coranique d'Othman 2/83).
Acquittez-vous de la prière
Faites l'aumône ... .


11. — L’alliance.


(Moïse, Exode 24/ 7-8).
Moïse prit le Livre de l'Alliance et le lut aux oreilles du peuple. Ils dirent :
-Tout ce qu'a dit Yahvé nous le ferons et nous l'écouterons ! Alors Moïse prit le sang (des taurillons) et en aspergea le peuple. Il dit :
-Voici le sang de l'Alliance que Yahvé a conclue avec vous d'après toutes ces paroles.

(Corpus coranique d'Othman 6/152)
Soyez fidèles au pacte de Allah: voilà ce qu'il vous ordonne... .

La remise des Tables au peuple.
(Moïse, Exode 24/12-18).
Yahvé dit à Moïse:
-Monte vers moi à la montagne et sois là! Je te donnerai les tables de pierre, la Loi et la Règle que j'ai écrites pour les instruire.
Moïse se leva, avec Josué son ministre, et Moïse monta à la montagne d'Elohim168 . Il dit aux anciens:
-Restez pour nous ici jusqu'à ce que nous revenions vers vous ; voici que vous avez avec vous Aaron et Hur: quiconque aura une affaire se présentera à eux.
Alors Moïse monta sur la montagne et la nuée couvrit la montagne. La Gloire de Yahvé se posa sur le mont Sinaï et la nuée le couvrit durant six jours. Au septième jour Il appela Moïse du milieu de la nuée. Or l'aspect de la Gloire de Yahvé était comme un feu dévorant au sommet de la montagne, aux yeux des fils d'Israël. Moïse entra donc au milieu de la nuée et monta à la montagne. Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits.

(Moïse, Exode 30/18).
Puis Yahvé donna à Moïse quand il eut fini de parler avec lui, au mont Sinaï, les deux Tables du Témoignage, tables de pierre écrites du doigt de Dieu.

(Corpus coranique d'Othman 7/138-145).
Nous fîmes pacte avec Moïse durant trente jours que nous complétâmes par dix autres, en sorte que le temps de rencontre169 de son seigneur fut de quarante jours. avant de se présenter au Seigneur, Moïse dit à son frère Aaron:
-Remplace-moi parmi mon peuple! Réforme-le170 et ne suis point le chemin des semeurs de scandale !
Quand Moïse fut venu à notre temps de rencontre et que son seigneur lui eut parlé, Moïse dit :
-Seigneur !, donne-moi possibilité de te regarder!
-Tu ne me verras point , répondit le seigneur, mais regarde vers la montagne !
Si elle s'immobilise en sa place, tu me verras .
Mais quand son seigneur se manifesta à la montagne, Il la mit en miettes et Moïse tomba foudroyé.
Quand il revint à lui, il s'écria :
-Gloire à toi, seigneur je reviens à toi et suis le premier des croyants !
- Moïse! , dit le Seigneur, je t'ai choisi, sur tous les hommes, pour te charger de mon message et de mon verbe171.
Prends ce que je te donne et sois parmi les reconnaissants !
Pour lui, nous écrivîmes, sur les tables172, pour toute chose, une exhortation et, sur toute chose, un exposé intelligible.
Prends ces tables, avec force, et ordonne à ton peuple de prendre le meilleur d'elles ! je vous ferai voir le séjour des pervers.
De mes signes, je détournerai ceux qui, sur la terre, seront superbes grâce à la non-vérité.
S'ils voient quelque signe, ils ne croient point à lui.
S'ils voient le chemin de la rectitude, ils ne le prennent point.
S'ils voient le chemin de l'aberration, ils le prennent.
Tout ceci viendra de ce qu'ils auront traité nos signes de mensonges et auront été insoucieux de ces signes.
Vaines seront les œuvres de ceux qui auront traité de mensonges nos signes et la venue de la vie dernière.
Seront-ils récompensés d'autre chose que de ce qu'ils faisaient ?


§ 366. — Le “code” de la Vache.

Plutôt que de présenter une étude complète et détaillée du sujet, il a semblé plus judicieux de présenter intégralement d’abord les dispositions juridiques de la deuxième sourate 173, “La Vache”174: s’y trouve le résultat des efforts de Muhammad pour organiser la nouvelle société175 .

Le peuple de la sourate.
(Baladuri, Livre des conquêtes 89).176

Allah causa la défaite des polythéistes, et Musaylima fut tué177. Le mot de passe était alors:
“Ô peuple de la sourate de la vache!”.


1. — Les interdits alimentaires.

L’interdit alimentaire 178 a pour fonction essentiel de structurer le groupe autour de pratiques obligatoires179 qui le distinguent quotidiennement des autres. La contrainte, appliquée à un élément vital de l’existence, la nourriture180 , forme à l’obéissance, contraint le corps et apprend la gratitude à l’individu. La réglementation est présente dans le Coran181 et prend une importance considérable dans la Tradition, construite pour répondre aux interrogations pratiques des fidèles, au coup par coup.
Muhammad reprend l’essentiel des pratiques juives182, qu’il assouplit pour des raisons pratiques183, mais s’inspire aussi de certaines pratiques païennes. L’interdit perd totalement son importance dans le christianisme.
C'est surtout la question du porc184 qui a retenu les attentions, jusqu'à devenir un véritable symbole identitaire et une obsession individuelle.
.

(Corpus coranique d'Othman 2/163-171).
Hommes, mangez ce qui est licite et bon parmi ce qui est sur la terre!
Ne suivez point les pas du démon !
C'est pour vous un ennemi déclaré ; il vous ordonne seulement le mal, la turpitude et de dire, contre Allah, ce que vous ne savez pas.
Quand on dit aux infidèles :
-Suivez ce qu'Allah a fait descendre!, ils répondent:
-Non! nous suivrons la coutume que nous avons trouvé être celle de nos pères.
Eh quoi! et si leurs pères n'avaient en rien raisonné et s'ils n'avaient pas été dans la bonne direction ?
Ceux qui sont infidèles sont à l'image du bétail contre lequel on hurle et qui entend seulement cri et invective confus: sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point.
Ô vous qui croyez!, mangez ces excellentes nourritures185 que nous vous avons attribuées! Soyez reconnaissants envers Allah, si c'es lui que vous adorez!
Allah a seulement déclaré illicites pour vous la chair d'une bête morte186 , le sang, la chair du porc187 et ce qui a été consacré à un autre qu'Allah188.
Mais quiconque est contraint à en manger189 sans intention d'être rebelle ou transgresseur, nul péché ne sera sur lui190.
Allah est absoluteur et miséricordieux.
Ceux qui cèlent ce qu'Allah a fait descendre d'Écriture et le troquent à faible prix, ceux-là n'ingéreront que du feu, en leurs entrailles, et Allah ne leur parlera point, au jour de la résurrection ; il ne les purifiera pas et ils auront un tourment cruel. Ceux qui auront, contre la direction et le pardon, troqué l'égarement et le tourment, qu'est-ce qui leur donnera constance contre le feu ?
C’est qu’en effet, Allah a fait descendre l’Ecriture avec la vérité. Ceux, en vérité, qui s’opposent, au sujet de l’Ecriture, sont certes dans une profonde divergence.

Assimilation de tradition juive.191
(Corpus coranique d'Othman 3/87).
Tout aliment était licite pour les Fils d'Israël, sauf ce qu'Israël s'est déclaré illicite à lui-même avant qu'on fît descendre la Torah. Dis : apportez la Torah et lisez192 -la! Si vous êtes véridiques.

Une interdiction de détail: la dégustation des foetus animaux.
Il s'agit d'un mets de choix pour les bédouins, interdit aux femmes pour des raisons symboliques évidentes: on craint que cette consommation n'ait une conséquence sur leur fertilité.
(Corpus coranique d'Othman 6/139).
Les impies ont dit: ce qui est dans le ventre de ces bêtes de troupeaux est pur pour nos mâles et illicite pour nos épouses. Si c'est une bête morte, ils se la partagent.

(Ibn Hanbal , Musnad 4/89).

L’envoyé d'Allah a interdit la viande de chevaux, de mules et d’ânes.

La réduction des interdits pour les chrétiens.

(Actes 15/28-29).
L’Esprit sain et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d’autre charge que celles-ci, qui sont indispensables: vous abstenir de viandes immolées aux idoles, de sang, de chairs étouffées et de fornication.

(Matthieu 15/111, 18-19).

Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur,mais ce qui sort de sa bouche... ce qui sort de la bouche vient du coeur, et c’est cela qui rend l’homme impur.

Le licite et l’illicite alimentaire pour un juriste du XIème siècle.
(Al Ghazali, Le Livre du Licite et de l’Illicite I).193

Pour ce qui est illicite par qualité intrinsèque, reportons-nous au vin, au porc, etc...
Détaillons : les denrées comestibles sur la surface de la terre se répartissent en trois catégories seulement : les minéraux (le sel, l'argile, etc.), les végétaux et les animaux.

1. Les minéraux
Il s'agit d'éléments de la terre. De ce qui est extrait de la terre, on ne déclare la consommation illicite que dans le cas où ce serait nuisible pour celui qui en mange ; entre autres, ce qui agit comme poison : si le pain était nuisible, il serait illicite d'en manger. La terre qu'il peut nous arriver d'avaler n'est pas illicite, sauf dans la mesure où ce serait nuisible ; il est bon de dire que ce n'est pas illicite bien que ce ne soit pas mangeable, car s'il en tombait un fragment dans une soupe ou une nourriture liquide, elles n'en deviendraient pas illicites pour autant.

2. Les végétaux
Dans les végétaux, ne sont illicites que ceux qui font perdre la raison, la vie, ou la santé.
Font perdre la raison : la jusquiame, le vin et les autres liqueurs enivrantes ; font perdre la vie : les poisons ; font perdre la santé : les médicaments pris en dehors des temps prescrits.
Ils sont tous quelque peu dangereux, mis à part le vin et les liqueurs enivrantes, car même dans le cas où l'une de celles-ci n'enivre pas en raison de sa faible quantité, elle reste illicite dans son essence même à cause de sa qualité intrinsèque : son caractère capiteux. Quant au poison, s'il perd son danger en raison de sa faible quantité ou de son mélange avec autre chose, il n'est plus illicite.

3. Les animaux
Ils se divisent en deux catégories - ceux qui sont mangeables et ceux qui ne le sont pas. On trouve tout cela en détail aux Livres de la nourriture, où l'on considère longuement notamment la question des oiseaux étranges, celle des animaux de la terre ferme et de la mer et de ceux d'entre eux qu'il est licite de manger : ils sont licites dans la mesure où ils sont égorgés selon les prescriptions de la Loi révélée, en prenant en considération les conditions qu'elle fixe pour celui qui égorge, pour l'instrument utilisé et pour le lieu où l'on égorge. Il est fait mention de tout cela au Livre de la chasse et des bêtes égorgées. L'animal qui n'est pas égorgé selon les prescriptions de la Loi ou qui a crevé est illicite ; ne sont licites que deux bêtes crevées : le poisson et la sauterelle.194
a) Les animaux qui ne sont pas mangeables.
Nous rattachons au même genre que le poisson et la sauterelle tout ce qùi ne peut constituer une nourriture, comme un ver dans une pomme, dans de la marchandise moisie ou du fromage : il n'est pas possible de l'éviter. Au cas où on le trouverait isolé et où on le mangerait, on aurait à porter à ce sujet le même jugement qu'à propos des mouches, des cafards et des scorpions : tout ce qui n'a pas de sang qui puisse couler" n'a d'autre raison d'être interdit que la répugnance qu'il inspire. Si ce n'était pas le cas, il ne serait pas blâmable de le manger. Même si quelque individu ne le trouve pas répugnant, on ne prend pas garde à la particularité de sa nature, il rentre en contact avec ce qui est abject ; certaines choses, en effet, sont universellement considérées comme répugnantes, il est blâmable de les absorber: par exemple, il est blâmable de ramasser du crachat pour l'avaler.
Le caractère blâmable attaché à ce genre d'animaux ne vient pas de leur caractère d'impureté, car nous pouvons dire que ce n'est pas la façon dont ils sont morts qui les fait déclarer impurs : le prophète a en effet ordonné de plonger dans le bouillon la mouche qui y était tombée, car il est possible que le bouillon soit suffisamment chaud pour provoquer la mort de la mouche ; et si une fourmi ou une mouche était bouillie dans une marmite au point d'y être dissoute, il ne serait pas d'obligation de renverser la marmite, car la bestiole n'est répu- gnante que dans la mesure où il lui reste un corps, et ce n'est pas impur au point que l'on ait à la déclarer illicite par impureté. Tout cela indique que c'est l'aspect répugnant qui la fait interdire ; par contre, nous disons que si un fragment de cadavre humain, même minuscule, tombait dans une marmite, tout le contenu serait illicite : ce n'est pas une question d'impureté en soi, car nous pouvons dire que le corps humain n'est pas rendu impur par la mort, mais c'est le respect qui le fait déclarer illicite, non la répugnance.
b) Ce qui est mangeable
Venons-en aux animaux que l'on peut manger dans la mesure où ils ont été égorgés selon les prescriptions de la Loi : toutes leurs parties ne sont pas licites ; sont illicites le sang et les entrailles et également toutes leurs parties qui sont jugées impures. Disons plus encore : ce qui est réceptacle de l'impureté au sens absolu du terme est illicite. Cependant parmi les êtres substantiels concrets, les animaux sont les seuls à contenir des parties déclarées illicites.
Pour le cas des végétaux, il n'y a que les plantes enivrantes qui soient déclarées impures au sens absolu ; on n'y inclut pas celles qui font perdre la raison sans enivrer, comme lajusquiame ; si les plantes enivrantes ont été déclarées impures, c'est afin de donner de la gravité à l'exhortation d'avoir à s'en détourner du fait qu'elles sont occasions de péchés.
Quoiqu'il en soit, lorsqu'une goutte ou un fragment solide d'impureté tombe dans du bouillon, de la nourriture ou de l'huile, il est illicite de la consommer, mais il n'est pas illicite de l'utiliser pour un usage autre que la nourriture : il est possible de faire brûler l'huile dans une lampe, ou d'en enduire des bateaux ou des animaux.
Voilà ce qui est illicite pour une raison intrinsèque.


2. — Le talion.

Le talion195 est un des aspects les plus primitifs des législations humaines, encore proches de notion de vengeance qui permet l’application d’une peine correspondant exactement à l’acte commis et à transférer la responsabilité de l'acte au plus proche parent196 .
Le Coran reprend les coutumes anciennes et introduit un léger assouplissement, pour éviter la poursuite des vengeances, destructrices pour la société entière. Mais le talion consacre aussi une conception fondamentalement inégale de l’humanité197 et il interdit toute ébauche de réflexion juridique. Il se transforme ensuite en "prix du sang", autre méthode primitive.198

Les références bibliques.
(Exode 21/23-5).

Âme pour âme, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, plaie pour plaie.

(Lévitique 24/17-20).

L’homme qui frappe à mort un homme quelconque sera mis à mort..
Qui frappe à mort une bête en restituera une: âme pour âme.
L’homme qui cause une lésion à son prochain, il lui sera fait comme il a fait.
Fracture pour fracture, oeil pour oeil, dent pour dent.
Celui qui cause une lésion à l’homme, on la lui causera.


(Corpus coranique d'Othman 2/173-175).199
Ô vous qui croyez!, la loi du talion vous est prescrite à l'égard des tués: l'homme libre contre l'homme libre, l'esclave contre l'esclave, la femme contre la femme200.
Toutefois le talion ne jouera pas contre celui en faveur de qui quelque chose sera remise par son frère: poursuite aura lieu de la manière reconnue convenable et paiement envers ce frère aura lieu de bonne grâce201 :
ceci est allègement et grâce de votre seigneur.
Quiconque après cela sera transgresseur aura un châtiment cruel.
Dans le talion est pour vous une vie, ô vous doués d'esprit!
Peut-être serez-vous pieux.


L’attitude chrétienne face au talion.
(Matthieu 5/38-42).

Vous avez appris qu’il a été dit: Oeil pour oeil et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue, tends lui l’autre...

Le “prix du sang” et le talion dans le rite malikite (Extraits).
(al Qayarawani, Risala malikite 37).202
Chapitre des prescriptions relatives aux délits de sang 203 et aux peines légales 204 .
Nul n'est mis à mort à titre de talion si l'homicide n'est attesté par une preuve testimoniale régulière ou par l'aveu ou, s'il y a lieu, par la qasâma 205 . En ce cas, les ayants cause de la victime prononcent cinquante serments et acquièrent ainsi le droit au talion. Quand il y a eu homicide intentionnel 206, le serment devra être porté par deux hommes au moins. A la suite du serment cinquantenaire, le talion ne peut s'exercer que sur un seul homme. Il n'y a li eu à serment cinquantenaire que quand la victime a dit, avant de mourir : « Mon sang est à la charge d'un Tel » ou quand il y a eu un témoin du meurtre ou deux témoins de la blessure, si la victime a sui-vécu un certain temps à celle-ci dans un état de santé lui permettant de manger et de boire. Si les parents qui revendiquent le talion refusent de jurer, ce sont ceux dont on exige le talion qui jureront cinquante serments. S'il ne se trouve personne, parmi les ayants cause de l'accusé pour jurer avec lui, il prêtera seul les cinquante serments. Quand l'accusation de meurtre porte sur un groupe de gens, chacun des accusés prêtera cinquante serments [pour se disculper, si les parents de la victime ne veulent pas jurer]. Les ayants cause de la victime réclamant le talion prêteront, s'ils sont au nombre de cinquante hommes, cinquante serments . S'ils sont moins de cinquante, les serments seront répartis entre eux . La femme ne jure pas quand l'homicide a été intentionnel. En cas d'homicide non, intentionnel, les héritiers des deux sexes prêtent un nombre de serments correspondant à leurs parts respectives dans le montant de la diya 207 . Si les divisions ainsi faites donnent des quotients fractionnaires, le serment fractionné sera prêté par ceux des ayants cause qui ont la fraction la plus forte. Si une partie seulement des héritiers du prix du sang pour homicide non i.itentionnel sont présents, ils seront obligatoirement tenus de prêter tous les serments. Ceux qui se présenteront par la suite prêteront un nombre de serments correspondant à leur part d'héritage dans la diya.

Dans le serment cinquantenaire, les co-jurants jurent debout. Les gens des territoires de La Mecque, de Médine et de Jérusalem sont convoqués dans ces villes saintes pour le prêter. On ne convoque les co-jurants aux autres sanctuaires que quand ils n'en sont pas éloignés de plus de quelques milles.
Point de serment cinquantenaire pour les blessures, ni pour un esclave, ni entre gens du Livre208 (juifs ou chrétiens) [et musulmans], ni entre deux soffss [de musulmans qui se combattent], ni quand la victime a été trouvée dans un lieu liabité et publiquement fréquenté.
L'assassinat ayant le vol pour mobile n'est pas susceptible de pardon. Mais la victime d'un homicide intentionnel n’ayant pas le vol pour mobile peut pardonner à son meurtrier. S'agissant d'un homicide non intentionnel, la victime ne peut pardonner que pour la partie de la diya qui n'excède pas le tiers disponible de son patrimoine. Quand le pardon est accordé par l'un des fils de la victime, le meurtrier n'est pas mis à mort. Les autres ayants cause ont droit à leur part du prix du sang. Quand les filles viennent en concurrence avec les fils, leur pardon est non avenu. En cas d'homicide intentionnel, si le coupable a bénéficié du pardon, il n'en est pas moins condamné à cent coups de bâton et à un an de prison.
Le prix du sang ou diya, quand les débiteurs sont des gens dont la fortune consiste généralement en chameaux, est de cent chameaux. Pour les gens dont la fortune consiste géné- i-alement en or monnayé, elle est de mille dînâr, et de douze mille dirham pour les gens dont la fortune consiste généralement en argent monnayé. La diya pour homicide volontaire, quand elle est acceptée. est de 25 hiqqa (chamelles dans leur 4ème année) et 25 jadha'a (chamelles dans leur 5ème année), 25 bint labûn (chamelles dans leur 3ème année) et 25 bint makhâd (chamelles dans leur 2ème année). Pour l'homicide non intentionnel, la diya est de cinq catégories soit vingt animaux de chacune des quatre catégories ci-dessus, plus vingt banû labûn mâles. La diya n'est aggravée que quand c'est un père qui a tué son fils en lui lançant un instrument en fer, sans pourtant qu'il ait eu l'intention homicide, en sorte que le cou- pable ne peut être mis à mort à titre de talion. En ce cas, le père devra 30 jadha, 30 hiqqa et 40 khalifa ou chamelles pleines. Selon une opinion,, ce sont les contribules solidaires du coupable qui doivent payer cette diya et, selon une autre opinion, elle ne peut être prélevée que sur le patrimoine propre du père.
Le taux de la diya, quand la victime est une femme [libre et musulmane] est calculé sur la base de la moitié de celle de l'homme libre et niusulman]. Le même principie du demi- tarif s'applique quand la victime est un juif ou un chrétien. Si c'est une juive ou une chrétienne, la diya sera encore réduite de moitié Si la victime est un mage, la diya sera de 800 dirham et si c'est une femme de cette religion, de la moitié soit 400 dirham. De même, la diya pour blessures faites aux femmes des mages sera de la moitié de celles des blessures faites aux hornmes de cette religion.
Pour l'amputation des membres supérieurs, la totalité de la diya est due ; il enest de même pour les membres inférieurs et pour les deux yeux. Pour un seul membre ou pour un seul œil, le tarif est de la moitié de la diya totale. Pour l'amputation de toute la partie cartilagineuse du nez, pour la destruction de l'ouïe ou de la raison, pour la fracture des reins, pour l'ablation des testicules ou du gland, ou de la langue, ou d’une partie de celle-.ci, telle que la victime en perde l'usage de la parole, pour l'ablation des deux seins de la femme et, de l'œil du borgne, la diya entière est due. Pour la blessure dite mud'ih'a (mettant à nu les os du crâne ou de la face), la diya est de cinq chameaux, ainsi que pour une dent. Pour chaque doigt ou orteil, elle est de dix chameaux. Pour chaque phalange [sauf celle du pouce], elle est de trois chameaux plus un tiers de chameau, et de cinq chameaux pour chaque phalange de pouce. La blessure mûd'ih'a est celle qui met l'os à nu ; la blessure munaqqila est celle qui fait sauter des morceaux d'os sans toutefois parvenir au cerveau.



3. — Les testaments.

Les combats et les expéditions organisées par Muhammad ont pour effet la disparition brutale d’un certain nombre de ses fidèles les plus zélés209: il est alors contraint d’édicter des règles stricts de succession210 . C’est surtout après la défaite d’Ohod qu’il doit se préoccuper de cette affaire. La dislocation du régime tribal accroît encore la confusion.

(Corpus coranique d'Othman 2/ 176-8).
Quand la mort se présente à l'un de vous, s'il laisse un bien à lui de tester en faveur de ses père et mère et des plus proches, de la manière reconnue convenable.
Obligation en est aux pieux.
Quiconque changera ce testament après l'avoir entendu sera châtié.
Le péché de ce changement ne retombera que sur ceux qui changent le testament.
Allah est audient et omniscient.
Celui qui, de la part d'un testateur, craint partialité et péché et rétablit la concorde entre les héritiers après la mort du testateur, sur celui-là nul péché!
Allah est absoluteur et miséricordieux.



4. — L’aumône.

Dans une société archaïque211, l’argent n’est pas une fin en soi. Il est fait autant pour être gagné que pour être dépensé, c’est-à-dire, distribué. Le but ultime est la gloire, et la place de chacun dans la société212.
A la période précédente213, la générosité est une qualité essentielle à l’aristocrate. Muhammad entend intégrer cette vertu individuelle dans un cadre religieux214 , celui de l’aumône215 , un substitut sous forme de purification pécuniaire. Il est important d'ajouter un point souvent omis, qui atténue grandement sa valeur humanitaire: l'aumône n'est valide qu'à la condition d'être dispensée à d'autres musulmans, à l'exclusion de tous les autres humains.
Le nouvel ordre change la donne: un être domine la communauté de façon vertigineuse et la place des autres hommes n’est ordonnée que par le service de sa cause, et non par leur générosité tapageuse et ostentatoire.
Ici, l’aumône est de plus intégré dans le processus de guerre contre les infidèles, de Jihad: donner ses ressources équivaut à donner son sang pour la cause, et la répartition correspond à celle du butin après un combat216.

(Corpus coranique d'Othman 2/211).

Les croyants t’interrogent, prophète! sur ce dont ils doivent faire dépense.
Réponds-leur:
-Ce dont vous faites dépense en bien, doit l’être pour vos père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le voyageur217 .
Quelque bien que vous fassiez, Allah le connait.

(Corpus coranique d'Othman 2/273-5).

Quelque dépense en aumône218 que vous fassiez, quelque objet voué que vous vouliez, Allah le connaît. Les injustes n'ont point d'auxiliaires.
Si vous donnez ouvertement vos aumônes, combien elles sont bonnes!
Mais si vous les cachez en les donnant aux besogneux, c'est mieux pour vous et efface pour vous une partie de vos mauvaises actions.
Allah, de ce que vous faites, est bien informé.
Diriger ces infidèles ne t'incombe pas, prophète!
Mais Allah dirige qui il veut.
Ce que vous dépensez en bonnes œuvres est pour vous-mêmes, et vous ne dépensez que pour rechercher la face d'Allah.
Ce que vous dépensez en bonnes œuvres vous sera exactement rendu et vous ne serez point lésés.
Aux besogneux qui ont été réduits à, la misère par leur œuvre dans le chemin d'Allah219 , qui ne peuvent se déplacer sur la terre, que le sans-loi juge riches à cause de leur abstinence, que tu reconnais à leur aspect, qui ne demandent point l'aumône aux gens, avec importunité, à ces besogneux revient ce que vous dépensez en bonnes œuvres, car Allah les connaît bien.
Ceux qui, en aumône, dépensent leurs biens, la nuit et le jour, en secret et en public, auront leur rétribution auprès de leur seigneur.
Nulle crainte sur eux, et ils ne seront point attristés.


5. — Les boissons et les jeux.

La législation sur les boissons et les loisirs220 reste fluctuante et ambigüe. Dans la boisson et le loisir, l’individu peut s’exprimer plus librement: c’est cette part que le système totalitaire entend étouffer.

(Corpus coranique d'Othman 2/216).

Les croyants t'interrogent sur les boissons fermentées et le jeu de maysir221 .
Réponds-leur: Dans les deux, ce sont pour les hommes un grand péché et des utilités, mais le péché qui est en eux est plus grand que leur utilité.

(ibn Kathir, Tafsir 5).

Allah a interdit à ses serviteurs de consommer le khamr222 et commettre le maysir223 , qui est le jeu...
Ali, commandeur des croyants, a dit que les échecs était un jeu.
chaque type de jeu est considéré comme maysir, y compris le jeu des enfants avec des noix.
...
Ils ajoutent que le jeu était commun dans la période de la jahiliyya, avant que l’islam n’interdise de genre de mauvais comportement.


6. — Le mariage.


La législation sur le mariage224 consacre une fois de plus l’inégalité des conditions humaines, qui sont considérées de trois manières différentes: sexuelle, religieuse et sociale225. L’encadrement juridique du mariage226 est particulièrement indispensable puisque Muhammad promeut la polygamie227 , permet la répudiation unilatérale228 et suscite par les combats qu’il mène un nombre considérable de veuvages, d’où des situations vite inextricables dont sa vie privée est une fidèle reproduction. Il laisse subsister l’institution du “mariage temporaire”229, selon la formule pudibonde répandue au XXème siècle.
Le tabou de la menstruation230 est présent dans toutes les religions archaïques et consacre l'infériorité de la femme.231
On remarquera enfin que le texte sacré ne s’adresse qu’aux hommes et que la femme est alors considérée qu’en tant qu’objet, isolé dans sa passivité, manipulé, soumis et transporté ; sa fonction essentielle est la reproduction, comme “champ de labour”232 par des femmes qui doivent absolument se retrouver dans le foyer d’un musulman quel qu’il soit233.

(Corpus coranique d'Othman 2/220-223).
N'épousez point les associatrices avant qu'elles ne croient!
Certes, une esclave croyante234 est meilleure qu'une associatrice235, même si celle-ci vous plaît. Ne donnez point vos filles en mariage aux associateurs avant qu'ils ne croient!
Certes, un esclave croyant est meilleur qu'un associateur, même si celui-ci vous plaît.
Ces gens-là appellent au tourment du feu, tandis qu'Allah appelle au jardin et au pardon, avec sa permission, et explique ses signes aux hommes, espérant quel peut-être ils réfléchiront.
Les croyants t'interrogent sur la menstruation.
Réponds-leur: C'est un mal236.
Tenez-vous à l'écart des femmes, durant la menstruation, et ne vous approchez point d'elles avant qu'elles ne soient pures.
Quand elles se seront purifiées, venez à elles comme Allah vous 1'a ordonné!
Allah aime ceux qui viennent à résipiscence et ceux qui se purifient.

Vos femmes sont un champ de labour pour vous.
Venez à votre champ de labour, comme vous voulez, et œuvrez pour vous-mêmes à l'avance!
Soyez pieux envers Allah et sachez que vous le rencontrerez! prophète!, fais gracieuse annonce aux croyants.

(ibn Sa’d, Tabaqat I 437).
En vérité, celui qui est le meilleur de ma communauté237 est celui qui a plusieurs femmes.


Arabie : arrêté parce qu'il a six épouses
(AFP 31/07/2008).

La police saoudienne a arrêté un homme de 56 ans accusé d'avoir six épouses, soit deux de plus que ce qu'autorise la loi islamique (charia).

Il est accusé d'avoir trois épouses saoudiennes et trois autres yéménites.

Cet homme de nationalité saoudienne, arrêté dans la province de Jazan (sud-ouest), frontalière du Yémen, est un membre de la "Commission de la promotion de la vertu et de la prévention du vice" (Moutawa), la police religieuse chargée de veiller au respect de l'application de la charia, selon le journal Al-Watan.


La polygamie au Nigéria au XXIème siècle.
(Agence AFP - 31 août 2008).

Un Nigérian, âgé de 84 ans, a accepté, sous la menace d'un bannissement, de divorcer de 82 de ses 86 femmes pour se mettre en règle avec la loi islamique qui n'autorise que quatre épouses, a rapporté dimanche l'agence locale NAN.
Mohammadu Bello Masaba, habitant de Nupeland dans l'Etat central du Niger, "a accepté samedi soir de ne garder que quatre épouses pour se conformer avec le saint coran", écrit l'agence.
L'un des plus importants conseils islamiques du pays, le Jamatu Nasr il Islam (JNI), avait lancé le 21 août un arrêt de mort contre le polygame. Mais les autorités locales avaient décidé de lui accorder un délai de deux jours pour se mettre en conformité avec la loi ou, à défaut, de quitter le territoire de l'Etat.
Selon NAN, Mohammadu Bello Masaba a fini par donner son accord au cours d'une réunion avec des hommes de religion samedi dans la soirée, alors que le matin même, il avait promis de tenir tête à ses critiques estimant qu'il n'avait commis aucun crime.
"Je n'ai enfreint aucune loi établie qui me forcerait à être banni de ma terre (...) Il n'existe aucune loi qui impose qu'on n'épouse que quatre femmes. Toutes mes femmes ont des enfants et certaines, je les ai épousées il y a plus de 30 ans. Comment peut-on me demander de les quitter en deux jours ?" avait-il déclaré à plusieurs médias.
Les procédures de divorce devaient commencer dimanche, a précisé l'agence.


7. — La répudiation.

La répudiation est permise aux hommes238 ; elle permet entre autres d’assurer l’autorité du mâle sur la femelle239 au sein du ménage musulman, mais elle permet aussi de multiplier les possibilités de procréation. Les dispositions protégeant les femmmes dans ces cas leur permet de survivre en espérant une union ultérieure: l’optique est toujours nataliste. L’attention est aussi portée sur le délai de “retraite” avant remariage, comme une forme de virginité de substitution240, dans une culture qui reste obsédiée par cette question.

(Corpus coranique d'Othman 65/1).241
Ô prophète! Quand vous répudiez vos femmes, répudiez-les à l'issue d eleur période d'attente! Dénombrez donc les jours de cette période!

(Corpus coranique d'Othman 2/226-232).242
Pour ceux qui jurent à l'égard de leurs femmes, une attente de quatre mois.
Si, avant l'expiration de ces quatre mois, ils reviennent sur leur serment, celui-ci est annulé, car Allah est absoluteur et miséricordieux.
Si au contraire ils maintiennent la répudiation, celle-ci devient exécutoire, car Allah est audient et onmiscient.
Les femmes sous le coup d'une répudiation attendront elles-mêmes trois flux menstruels avant remariage ; il ne leur sera point licite de céler ce qu'Allah a créé dans leur sein, si elles se trouvent croire en Allah et au dernier jour.
Leurs époux ont plein droit de les reprendre, en ce temps, s'ils désirent établir la concorde.
Les épouses243 ont pour elles des droits semblables à ce qui leur incombe envers leurs époux, en ce qui est reconnu convenable ; les hommes ont cependant sur elles une prééminence244 .
Allah est puissant et sage.
La répudiation a lieu deux fois: donc, reprendre l'épouse d'une manière reconnue convenable ou lui donner la liberté de bonne grâce.
Il ne vous est pas licite de prendre quelque chose sur ce que vous avez donné comme douaire à vos épouses.
A moins que tous deux craignent de ne pas appliquer les lois d'Allah.
Si vous craignez que tous deux n'appliquent point les lois d'Allah, nul grief à leur faire à tous deux si l'époux se rachète.
Voilà les lois d'Allah.
Ne les transgressez point!
Ceux qui transgressent les lois d'Allah, ceux-là sont les injustes.
Si L'époux répudie son épouse, elle n'est plus licite ensuite pour lui avant qu'elle ne se soit mariée à un époux autre que lui.
Si celui-ci la répudie, nul grief à leur faire à tous deux s'ils reviennent ensemble, s'ils pensent appliquer les lois d'Allah245.
Voilà les lois d'Allah.
Il les explique à un peuple qui sait.
Quand vous répudiez246 vos femmes et qu'elles ont atteint leur terme, ou bien reprenez-les d'une manière reconnue convenable ou bien donnez-leur leur liberté d'une manière reconnue convenable, mais ne les retenez point par contrainte afin de transgresser les lois d'Allah.
Qui fait cela se lèse lui-même par le châtiment qu'il encourra d'Allah.
Ne prenez point les signes d'Allah en raillerie!
Rappelez-vous le bienfait d'Allah envers vous et ce qu'il a fait descendre sur vous d'Écriture et de sagesse par quoi il vous exhorte!
Soyez pieux envers Allah et sachez qu'Allah, de toute chose, est omniscient247.
Quand vous répudiez vos femmes et qu'elles ont atteint leur terme, ne les mettez point en difficulté de se marier avec leur nouvel époux, quand ils se sont donné mutuel agrément, de la manière reconnue convenable.
C'est ce à quoi est exhorté celui qui, parmi vous, croit en Allah et au dernier jour.
Cela est plus pur et plus net pour vous.
Allah sait, alors que vous ne savez point.

(Tafsir al Jalalayn 65).
Ô prophète! Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les conformément à leur période d'attente prescrite; et comptez la période...”: Révélée tout entière à Médine à la suite de la sourate de l'Homme Allah ordonne à son prophète de dire aux hommes de sa communauté: Lorsque vous voulez répudier les femmes, ne le faites qu'en respectant le délai de viduité. En d'autres termes: attendez qu'elles soient pures de leur menstruation sans qu'il y ait de rapport conjugal. Observez bien ce délai qui est fixé à trois cycles menstruels successifs pour les femmes qui engendrent et calculez-le soigneusement afin que vous puissiez connaître ce qui vous incombe. Craignez votre seigneur en obtempérant à Ses ordres. Ne chassez pas les femmes répudiées de vos demeures avant l'écoulement de cette période, à moins qu'elles ne commettent l'adultère prouvé. Car dans ce cas, on applique aux femmes la peine prescrite. Telles sont les lois d'Allah, ne les transgressez pas. Celui qui le fait, se sera fait tort à lui-même. Tu ne peux savoir, peut-être Allah suscitera une chose imprévue, comme par exemple: la reprise de la femme après une répudiation ou deux. D'après Anas, le messager d'Allah avait répudié Hafsa, et celle-ci retourna chez ses parents.
(...)
Puis quand elles atteignent le terme prescrit, retenez-les de façon convenable, ou séparez-vous d'elles de façon convenable...: Une fois qu'elles approchent du terme de leur viduité, retenez-les si vous voulez les reprendre mais d'une manière convenable sans leur causer aucun tort, ou bien, répudiez-les en les laissant jusqu'à ce que leur terme de viduité échût sans leur nuire en pensant à leur reprise. Prenez pour témoins, de la reprise ou de la séparation, deux hommes équitables pris parmi vous. Que leur témoignage soit honnête avec Allah et non avec les deux conjoints. Ce qui vous est ordonné est une exhortation à celui qui croit en Allah et au Jour dernier. Quiconque craint Allah, Il trouvera pour lui une issue favorable de toute affliction dans ce monde
(...)
Si vous avez des doutes à propos (de la période d'attente) de vos femmes qui n'espèrent plus avoir de règles, leur délai est de trois mois... : Les femmes répudiées en viduité, qui n'espèrent plus la menstruation en ménopause à cause de leur âge, leur période d'attente sera de trois mois si vous avez quelque doute à ce sujet. Cette période s'applique à celles qui n'ont pas encore leurs menstrues étant des impubères. Notons à cet égard que cette loi s'applique aux femmes dont leurs maris sont encore en vie. Quant aux veuves, leur période s'étend à quatre mois et dix jours. Le délai de viduité des femmes enceintes se prolonge jusqu'à l'accouchement qu'elles soient veuves ou non. Celui qui craint Allah, Il lui facilite les choses dans les deux mondes.
Et faites que ces femmes habitent où vous habitez, et suivant vos moyens.... : Faites habiter les femmes répudiées [en leur viduité] dans une partie de votre logement et suivant vos moyens et non pas ailleurs, ne leur causez aucune peine ou du tort en les contraignant à occuper une place qui n'est pas assez suffisante, ou en cessant de dépenser pour elles les frais d'entretien, autrement elles seraient obligées à racheter leur liberté [en vous laissant une partie de ce que vous leur devez, la dot248 par exemple]. Si elles sont enceintes, entretenez-les jusqu'à leur accouchement. Si elles allaitent vos enfants, nés de vous, donnez-leur pleinement leur salaire. Au cas où vous êtes en désaccord sur ce point: l'homme ne paye pas et la femme n'allaite pas, qu'une autre nourrice allaite l'enfant pour le père, sans contraindre la mère à le faire.

Répudiation avant consommation.
(Corpus coranique d'Othman 2/237-238).

Nul grief à vous faire si vous répudiez vos femmes alors que vous ne les avez point encore touchées ou alors que vous ne vous êtes point obligés envers elle à un douaire.
Toutefois, donnez-leur jouissance d'une part d'avoir - l'homme aisé selon ses moyens et l'indigent selon ses moyens -, de la manière reconnue convenable.
Devoir pour les bienfaisants!
Si vous les répudiez avant de les avoir touchées et alors que vous vous êtes engagés envers elles à un douaire249 , abandonnez-leur la moitié de ce à quoi vous vous êtes engagés, à moins qu'elles ne se désistent ou que ne se désiste celui en la main de qui est la conclusion du mariage.
Toutefois, vous désister est plus proche de la piété.
N'oubliez point votre faveur mutuelle!
Allah, sur ce que vous faites, est clairvoyant.


8.— L’allaitement.

Ici, la règlementation est fonctionnelle, presque raisonnable. La durée de l'allaitement semble toutefois un peu longue.

(Corpus coranique d'Othman 2/233).

Les mères allaitent leurs enfants deux années entières, ceci pour quiconque veut donner un complet allaitement.250
Au père de l'enfant incombe la subsistance et la vêture des mères, de la manière reconnue convenable: chaque personne n'est imposée qu'à sa capacité.
Nulle mère ne subira contrainte en son enfant et nul père, en l'enfant qui lui est né.
A l'héritier incombe pareille charge qu'au père.
Si d'un commun agrément, le père et la mère désirent sevrer l'enfant, nul grief à leur faire.
Si vous désirez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire, à condition de verser ce que vous donnez en rétribution de la manière reconnue convenable.
Soyez pieux envers Allah et sachez qu’Allah est clairvoyant sur ce que vous faites!

Le mariage temporaire.
(Ibn Hanbal , Musnad , v. 3 p.405).
Sabrah al Juhani a dit: le prophète nous a permis de contracter le mariage temporaire. Par conséquent, j’ai épousé une femme appartenant à la tribu des Banu Amir. Je suis resté avec elle trois jours. Alors le prophète a dit que quiconque avait une femme de cette sorte avec lui devait la faire partir.

(Ibn Hanbal , Musnad , v. 3, p. 405).
Jabir et Salmah ibn Akwa a dit:
-Il a été annoncé publiquement que le prophète nous a permis de contracter un mariage temporaire.251


9. — Remariage des veuves.

La polygamie et le jihad incessant laissent dans la communauté de Muhammad un grand nombre de veuves252, qui sont autant de jachères à labourer de nouveau: un mari mort, et jusqu'à quatre veuves qui reviennent sur le marché génétique.
Il faut traiter de leur cas, pour qu'elles puissent à nouveau contribuer à l'essor démographique.


(Corpus coranique d'Othman 2/234-236).

Pour ce qui est de ceux qui sont rappelés à nous253, laissant des épouses, celles-ci devront attendre personnellement quatre mois et dix jours avant de se remarier254 .
Quand elles auront atteint leur terme, nul grief à vous faire en ce qu'elles font touchant leur personne, de la manière reconnue convenable.
Allah, de ce que vous faites, est très informé.
Nul grief à vous faire dans l'allusion que vous faites à la demande en mariage de vos femmes, non plus que dans le secret projet que vous formez de la faire.
Allah sait que vous songez à ces femmes.
Toutefois, ne leur promettez rien secrètement sauf à leur dire des paroles reconnues convenables.
Ne décidez pas la conclusion d'un mariage avec une veuve, avant l'expiration de la prescription!
Sachez qu'Allah sait ce qui est en vos âmes!
Prenez garde à lui et sachez qu'Allah est absoluteur et longanime!

Rentes pour les veuves et répudiées.
(Corpus coranique d'Othman 2/241-243).

Pour ce qui est de ceux d'entre vous qui sont rappelés à nous, laissant des épouses, qu'ils fassent un testament pour leurs épouses, leur assurant jouissance pour l'année255 , sans expulsion.
Toutefois si elles sortent de leur demeure, nul grief à vous faire en ce qu'elles font, touchant leur personne, selon une manière reconnue convenable.
Allah est puissant et sage.
Aux femmes sous le coup d'une répudiation appartient une jouissance, de la manière reconnue convenable.
Devoir pour les pieux!
Ainsi Allah vous explique ses signes.
Peut-être raisonnerez-vous.


10. — L’usure.

Les décisions concernant l’usure256 sont le fruit des circonstances: les musulmans sont confrontés à Médine à cette technique financière maîtrisée par les Juifs, et qui, étant donné leur mauvaise situation de départ, peut les conduire à la ruine. Pourvu à ce moment d’un puissant préjugé contre le procédé, Muhammad interdit donc cette pratique, en référence aux Juifs médinois, et sans doute aussi sous l’influence chrétienne. Le prêt à intérêt est pourtant un moteur de progrès économique. Mais Muhammad peut s’en passer puisqu’il engage sa communauté dans une politique de prédation à grande échelle257. L’usure est dès lors inutile aux musulmans, et la technique primitive du troc est encouragée258. Les musulmans tentent par toutes les ressources de l'hypocrisie de dépasser cette prescription aberrante259.

(Corpus coranique d'Othman 2/276-281).
Ceux qui se nourrissent de l'usure ne se dresseront au jugement dernier, que comme se dressera celui que le démon aura roué de son toucher.
Ils disent en effet: Un troc260 est comme l'usure.
Non! Allah a déclaré licite le troc et déclaré illicite l'usure.
Celui à qui une exhortation est venue de son seigneur et qui cesse de pratiquer l'usure, à celui-ci restent ses profits et son cas relève d'Allah.
Ceux qui au contraire récidiveront, ceux-là seront les hôtes du feu où ils seront immortels.
Allah ,au jugement dernier, annulera les profits de l'usure alors qu'il fera fructifier le mérite des aumônes.
Allah n'aime pas le pécheur impie.
Ceux qui auront cru, accompli des oeuvres pies, accompli la prière et donné l'aumône , ceux-là auront rétribution auprès de leur seigneur.
Nulle crainte sur eux, et ils ne seront point attristés.
Ô vous qui croyez!, soyez pieux envers Allah!
Faites abandon de ce qui vous reste à toucher provenant de l'usure, si vous êtes croyants!
Si vous ne le faites point, attendez-vous à une guerre de la part d'Allah et de son envoyé!
Si vous revenez au contraire, de votre erreur, il vous restera vos capitaux, ne lésant ainsi personne et n'étant point lésés.
Si votre débiteur, est dans la gêne, qu’un sursis intervienne jusqu'à ce qu'il soit à l'aise. Toutefois, faire aumône de cette dette est mieux pour vous, si vous vous trouvez savoir.
Soyez pieux, redoutant un jour où vous serez ramenés à Allah, où chaque ame recevra juste prix de ce qu'elle se sera acquis, où les hommes ne seront point lésés261.

(at Tirmidhi, Hadith 2828).
L’envoyé d'Allah a dit:
-La nuit où j’ai été emmené vers le ciel, je suis passé par des gens dont les ventres étaient comme des maisons qui contenaient des serpents qu’on pouvait voir sortir de leurs ventres. J’ai demandé à Gabriel qui ils étaient, et il m’a dit que c’étaient les gens qui pratiquaient l’usure.

L’usure dans la doctrine nestorienne.262

(Synodicon Orientale, Syn. 585, canon 15 ).263
Nous enseignons et nous décidons qu’aucun croyant ne doit faire de l’usure. Si quelqu’un en fait, détournant ses regards de la perfection, qu’il puisse un jour se voir débiteur.


11. — Les dettes.


Recours remarquable à l’écrit, au détriment de l’ancienne procédure du serment (mentionnant les divinités), courant parmi les polythéistes. 264

(Corpus coranique d'Othman 2/282)

Ô vous qui croyez!, quand vous êtes en situation de créancier à débiteur, pour une dette à terme fixé, écrivez-le!
Qu'un scribe l'écrive entre vous, avec honnêteté!
Que nul scribe ne refuse d'écrire, selon ce qu'Allah lui a enseigné!
Qu'il écrive!
Que le débiteur dicte!
Qu’il redoute son seigneur! Qu'il ne diminue rien de la dette! Si le débiteur est fol ou faible ou incapable de dicter personnellement, que son représentant dicte avec honnêteté!
Requérez témoignage de deux témoins pris parmi vos hommes!
S'il ne se trouve point deux hommes, prenez un homme et deux femmes parmi ceux que vous agréerez comme témoins - si l'une de celles-ci est dans l'erreur, l'autre la fera se rappeler265 . Que les témoins ne refusent point s'ils sont appelés!
Ne répugnez point à écrire cette créance, qu'elle soit petite ou grande, jusqu'à son terme!
Cela est plus équitable auprès d'Allah, plus droit pour le témoignage et plus à même de supprimer le doute. A moins qu'il ne s'agisse d'un marché de la main à la main, passé entre vous.
Alors, nul grief à vous faire si vous ne l'écrivez point.


12. — Les témoignages.


Il y a ici de nombreuses allusions juridiques aux témoignages: la société créée par Muhammad est fondée sur l'échange de richesses et de prédation, et elle est basée sur le commerce. Il faut donc poser des règles à tous ces mouvements. Auparavant, les dieux tribaux avaient pour fonction de surveiller la parole jurée. Maintenant, le besoin de trouver d'autres garanties apparait.

(Corpus coranique d'Othman 2/282-4).

Requérez témoignage quand vous faites une transaction, mais que nulle contrainte ne soit faite ni au scribe ni au témoin! Si vous le faites, ce sera perversité266 en vous.
Soyez pieux envers Allah!
Il vous enseigne et, de toute chose, il est onmiscient.
Si vous êtes en voyage et que vous ne trouvez point de scribe, que des cautions soient remises!
Si certains donnent dépôt à d'autres, que celui qui a reçu des dépôts restitue ceux-ci!
Qu'il soit pieux envers Allah, son seigneur!
Ne célez267 point le témoignage! Quiconque le cèle est pécheur en son cœur.
Allah, de ce que vous faites, est omniscient.
A Allah ce qui est dans les cieux et sur la terre.
Soit que vous manifestiez ce qui est en vos âmes, soit que vous le cachiez, Allah vous en demandera compte.
Il pardonnera à qui il voudra et tourmentera qui il voudra.
Allah, sur toute chose, est omnipotent.


Commentaire d’un chrétien sur la sourate II.
(Jean de Damas, Hérésie 100).268

Il dit encore l’écrit de la Vache et d’autres paroles risibles, que je crois devoir apsser sous silence, à cause de leur nombre.
Il leur a prescrit, ainsi qu’à leurs femmes, de se faire circoncire. Il a ordonné de ne pas observer le sabbat et de ne pas se faire baptiser, concédant de manger certaines nourritures interdites par la loi, mais de s’abstenir des autres. Il a aussi interdit absolument de boire du vin.








Chapitre 63

Le totalitarisme en action

"Le chef a toujours raison"
269




§ 367. Présentation.


La nouvelle communauté musulmane s’organise en un Etat inédit, de type totalitaire, dont les méthodes sont détaillées dans des milliers de textes. Il existe dans le système une confusion voulue entre toutes les institutions, la politique, la religion, l’économie, la justice, les forces armées, et la confusion ainsi établie a pour but d’assurer la soumission des sujets à l’ordre instauré, et un peu plus tard, la soumission des autres groupes humains à l’égard de celui-ci.
Le plus fascinant et le plus effrayant dans la société ainsi créé est le fait qu’elle soit considérée comme idéale et parfaite: une utopie, qui, soyons franc, n’a dû exister que sur le papier, mais qui malgré tout prend les allures d’un modèle.


L'islam et le bolchevisme en 1921.
(B. Russel).
270
“Le bolchevisme combine les caractéristiques de la révolution française avec celles de l'essor de l'islam. Marx a enseigné que le communisme était fatalement prédestiné à prendre le pouvoir ; cela engendre un état d'esprit peu différent de celui des premiers successeurs de Muhammad. Parmi les religions, le bolchevisme doit être comparé à l'islam plutôt qu'au christianisme ou au bouddhisme. Le christianisme et le bouddhisme sont avant tout des religions personnelles, avec des doctrines mystiques et un amour de la contemplation. L’islam et le bolchevisme ont une finalité pratique, sociale, matérielle dont le seul but est d'étendre leur domination sur le monde.”



§ 368. — Crimes et châtiments.
La suite de l’exposé est faite de longues séries de hadiths, récits des actions et paroles de Muhammad, constituant une sorte de jurisprudence: une référence à côté de la source principale, le Coran.271 Le parti-pris a été de sélectionner les récits les plus représentatifs et aussi les plus excentriques. Mais ils sont tous tirés des recueils les plus reconnus par les juristes musulmans, dont la sottise n'a d'égale que la longueur de la barbe, et ne font l’objet d’aucune contestation. Le droit pénal est est largement représenté, dans toute sa rigueur et son caractère absolu et divin272. Là encore, il est indispensable de distinguer le superficialité du récit et le sens profond qui en a été dégagé, pour ensuite s’appliquer rigoureusement. Mais certaines affaires pittoresques à Médine ont de répercutions dramatiques jusqu’à nos jours273 .

L'avantage de la justice islamique selon l'imam Khomeyni.
(Extraits du "Petit Livre Vert").274
Si on appliquait pendant une année seulement les lois punitives de l'Islam, on déracinerait toutes les injustices et les immoralités dévastatrices. Il faut châtier les fautes par la loi du talion : couper la main du voleur, tuer l'assassin et non pas le mettre en prison, flageller la femme ou l'homme adultère. Vos égards, vos scrupules a humanitaires » sont plus enfantins que raisonnables. Au terme de la loi coranique, n'importe quel juge réunissant sept conditions : être pubère, croyant, connaître parfaitement les lois coraniques, être juste, ne pas être atteint d'amnésie, ne pas être bâtard ou de sexe féminin, est habilité à rendre la justice dans n'importe quel cas. Il peut ainsi juger et régler en un seul jour vingt procès différents, quand la justice occidentale met plusieurs années à les aborder.
(...)
La justice islamique est basée sur la simplicité et la facilité. Elle résout tous les différends d'ordre pénal ou civil de la façon la plus commode, la plus élémentaire et la plus rapide qui soit. Il suffit d'un seul juge islamique se rendant dans une ville, accompagné de deux ou trois exécuteurs, d'une plume et d'un encrier, pour rendre son jugement sur n'importe quel cas et le faire mettre immédiatement à exécution. Voyez ce qu'il en coûte actuellement comme temps et comme argent à la société occidentale avec toutes ces procédures judiciaires qui entourent un jugement, au nom de principes étrangers à l'Islam!


1.— Règle générale.


Même si le “droit” musulman originel, établi par la sharia, n’est en aucun cas marqué par un esprit véritablement codificateur, quelques décisions semblent avoir une portée plus générale que les autres. L’essentiel concerne la justification ou non du meurtre, comme une clause sans cesse énoncée.


(Muslim, Sahih 1/171).275

Le messager d’Allah a dit: Gabriel est venu et m’a dit:
-Celui qui meurt dans la communauté sans associer rien à Allah entrera au paradis...
Le messager d’Allah ajoute:
-...même s’il commet l’adultère et le vol.276

(Dawud, Hadith 39/4487).277
Il n'est pas légal de tuer un homme musulman sauf pour trois raisons : incroyance après avoir accepté l'islam, fornication après mariage, meurtre à tort. 

(Bukhari, Sahih 83/ 17).278
L’envoyé d’Allah a dit: le sang d’un musulman qui confesse que personne ne peut être honoré sinon Allah et que je suis son prophète ne peut pas être versé, sauf dans trois cas: pour meurtre, pour un rapport sexuel illicite et pour celui qui se détourne de l’islam et des musulmans.

(Dawud, Hadith 38/ 4339).279
L'envoyé d'Allah a dit :
- Le sang d'un musulman qui atteste qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah et que Muhammad est son prophète ne peut pas être versé légalement sauf pour trois raisons: un homme qui commet la fornication280 après le mariage, auquel cas il sera lapidé ; celui qui combat Allah et son prophète, auquel cas il sera tué, crucifié ou exilé ; celui qui a commis un meurtre, auquel cas il sera tué. 

(Dawud, Hadith 38/4339).281
L’envoyé d’Allah a dit: le sang d’un musulman qui atteste qu’il n’y a pas de Allah sinon Allah et que Muhammad est son prophète ne devra pas être versé sauf pour trois raisons: un homme qui commet la fornication282 après le mariage, auquel cas il sera lapidé ; celui qui ira affronter Allah et son prophète, auquel cas il sera tué, ou crucifié ou exilé ; celui qui a commis un meurtre, auquel cas il sera tué.

(Abu Dawud, Hadith 38/4341).
Récit de Muadh ibn Jabal:
Abu Musa a dit: Muadh est venu vers moi alors que j’étais au Yémen. Un homme qui était juif s’est soumis à l’islam et ensuite il est sorti de l’islam. Quand Muadh est venu, il a dit:
-Je ne descendrai pas de ma monture avant que cet homme ne soit tué.
Il a ensuite été tué.
L’un d’entre eux a dit:
-On lui a demandé de se rétracter avant cela.


(Bukhari, Sahih 83/17).283
L'envoyé d'Allah a dit :
- Le sang d'un musulman qui reconnaît que personne ne peut être vénéré à part Allah et que je suis son prophète ne peut pas être versé, sauf dans trois cas : pour meurtre, pour un rapport sexuel illicite dans le cas d'une personne mariée et pour celui qui se détourne de l'islam et quitte les musulmans284

(Muslim, Sahih 16/ 4152).285
Le messager d'Allah a dit :
- Il n'est pas permis de prendre la vie d'un musulman qui témoigne qu'il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah et que je suis le messager d'Allah sauf dans ces trois cas : l'adultère marié, l'homicide, et celui qui quitte l'islam, abandonnant la communauté286

(ibn Sa’d, Tabaqat I 443).
L’apôtre d'Allah était le plus tolérant des hommes pour les crimes des gens de son peuple.


2. — Chirurgie judiciaire.


La loi est avant une loi criminelle et pénale, qui punit sans appel. La mutilation287 en est l’aspect le plus spectaculaire, et la preuve absolue de son archaïsme288 , de son refus total de la rédemption, de son lien insécable avec la vengeance. Là encore, les documents qui l’évoquent sont innombrables. 289
La peine de mort290 et les mutilations sont prévues dans de nombreux cas, et certains sont saugrenus. Les atteintes multiples au corps, dans la guerre et dans la paix, dans la vie réelle ou dans l’enfer imaginaire, sont un indice de l’irrespect profond du système à l’égard de l’être humain et de son intégrité corporelle. Les mutilations de la circoncision et de l'excision en sont les prodromes.

(Dawud, Hadith 38/ 4359).291

Le verset
la punition de ceux qui déclarent la guerre à Allah et à son envoyé et qui les affrontent avec méchanceté à travers la terre sera la décapitation292 ou la crucifixion293 , ou la mutilation d’une main et d’un pied sur des côtés opposés, ou l’exil de cette terre...
a été révélé concernant les polythéistes. Si l’un d’entre eux se repend après sa capture, cela n’empêche pas d’appliquer les peines prescrites qu’il mérite.

(Abu Dawud, Hadith 38/4367).
Un voleur qui avait avoué avait été amené de le prophète mais rien n’avait été trouvé sur lui. L’apôtre d'Allah lui dit:
-Je ne pense pas que tu as volé.
Il a dit:
-Oui, j’ai volé.
Il le répéta deux ou trois fois. Alors il donna des ordres. Sa main fut coupée et il fut ensuite ramené devant lui.
-Demande le pardon d’Allah et adresse lui ta repentance.
Le prophète dit ensuite:
-Ô Allah, accepte sa repentance.


(Abu Dawud, Hadith 38/4373).
Le prophète a coupé les mains d’un homme qui avait volé un bouclier dont le prix était de 3 dirham, qui était à un endroit réservé aux femmes.

(Abu Dawud, Hadith 38/4378).
Le prophète a dit:
-Couper les mains n’est pas une peine qui sera infligé à celui qui pille mais celui qui pille de façon pulsionnelle ne fait pas partie de nous.

(Abu Dawud, Hadith 38/4382).
Une femme emprunta des bijoux à des personnes connues alors qu’elle même était inconnue. Ensuite elle les a vendus. Elle a été attrapée puis amenée devant le prophète. Il donna des ordres pour que ses mains soient coupées...


(Abu Dawud, Hadith 38/4397).
Un voleur a été amené à l’apôtre d'Allah et sa main a été tranchée. Ensuite, il ordonna qu’on l’accroche au cou.


(Dawud, Hadith 38/ 4357).294
Quand l'envoyé d'Allah eut coupé les pieds et les mains de ceux qui avaient volé ses chameaux295 et qu'il leur eut enlevé les yeux avec des clous chauffés au feu, Allah le gronda296 et il révéla : la punition de ceux qui font la guerre à Allah et à son envoyé et qui les affrontent avec toutes leurs forces pour semer la discorde sur la terre sera l'exécution297 ou la crucifixion298

Brigandage.
(Tabari, Tafsir 5/33-5).

al Walil dit avoir interrogé al Layth ibn Sad et ibn Luhaya au sujet de la muharaba299 c'est-à-dire de l'acte d'hostilité dont il est question dans ce verset.
al Walid leur demanda :
-Y a-t-il muharaba dans les maisons des grandes villes, des bourgades et des villages ?
Ils répondirent tous deux que oui, si les gens en cause entraient chez les particuliers, de jour ou de nuit, le sabre à la main.
-Et qu'en est-il, demanda al Walid, s'ils commettent des meurtres ou s'ils prennent seulement des biens sans tuer personne ?
- Oui, répondirent-ils, dans tous les cas ce sont des gens qui guerroient contre Allah et son envoyé et sèment la corruption. S'ils commettent un meurtre, ils seront mis à mort ; s'ils ne tuent point, mais ne font que ravir des biens, on leur tranchera les membres par opposite, s'ils sont effectivement sortis des maisons avec les biens qu'ils avaient pris. Parmi ceux qui guerroient contre les musulmans sur les routes ou dans les lieux retirés il n'y a pas plus grave que celui qui commet des actes d'hostilité contre eux dans leur propre maison et les lieux où ils mènent leur vie privée .
al Walid rapporte également que Malik ibn Anas lui fit savoir que le meurtre commis par ruse était de la même nature que la muharaba. Comme al Walid demandait à Malik ce qu'était pour lui le meurtre commis par ruse 300, celui-ci lui répondit :
- C'est le cas de celui qui trompe un homme ou un jeûne homme, qui le fait entrer dans une maison ou qui l'attire à l'écart, qui l'assassine et s'empare de ses biens. Dans ce cas, c'est 1'imam qui est en droit de faire payer ce crime et l'ayant-droit 301 de la victime n'aura ni talion 302 ni aucune peine compensatoire303 à infliger au meurtrier pour le sang que celui-ci aura fait couler et les blessures qu'il aura causées.

(Corpus coranique d'Othman 5/37-44).
La récompense304 de ceux qui font la guerre à Allah et à son apôtre et qui s'évertuent à semer le scandale305 sur la terre sera seulement d'être tués ou d'être crucifiés, ou d'avoir les mains et pieds opposés tranchés, ou d'être bannis de leur pays.
Cela sera pour eux opprobre en la vie immédiate et, en la vie dernière, ils auront un tourment immense306 .
Exception faite pour ceux qui seront revenus de leur faute avant que vous ayez pouvoir sur eux.
Sachez en effet qu'Allah est absoluteur et miséricordieux!
Ô vous qui croyez!, soyez pieux envers Allah et recherchez le moyen d'aller jusqu'à lui!
Menez combat dans son chemin!
Peut-être serez-vous des bienheureux.
Si ceux qui sont infidèles avaient en totalité ce qui est dans la terre et, avec cela, autant encore pour se racheter du tourment du jour de la résurrection, cela ne serait point accepté d'eux.
A eux un tourment cruel.
Ils voudront sortir du feu, mais ils n'en sortiront point.
A eux tourment permanent.
Au voleur et à la voleuse307 , tranchez les mains en récompense de ce qu'ils se seront acquis et en châtiment d'Allah.
Allah est puissant et sage.
Quiconque reviendra toutefois sur sa faute et se réformera308 après avoir été injuste, Allah reviendra de sa rigueur contre lui.
Allah est absoluteur et miséricordieux.
Ne sais-tu point qu'Allah possède la royauté des cieux et de la terre ?
Il tourmente qui il veut et pardonne à qui il veut.
Allah, sur toute chose, est omnipotent.

(Tabari, Tafsir 5/33).
Dans ce passage, Allah explicite son décret en ce qui concerne la corruption sur terre qu'Il a évoquée dans le verset précédent en disant:
Celui qui tuera un être sans qu'il y ait eu un être tué par celui-ci ou sans qu'il y ait eu une corruption perpétrée par lui ,
corruption qui est le fait de ces gens qui passent outre 309 aux ordres divins et travaillent à semer la corruption sur terre en commettant des meurtres injustifiés et en guerroyant contre Allah et son envoyé ; Allah fait donc savoir à présent à Ses serviteurs quels doivent être la sanction et le châtiment 310 de ces êtres: la mise à mort, la crucifixion311 , le retranchement de la main droite et du pied gauche ou encore le bannissement, cela en guise d'opprobre pour eux dans ce bas-monde, et, au cas où ils ne se repentent pas ici-bas, un châtiment immense dans l'autre monde ; c'est là les seuls châtiments qu'il est permis d'infliger en pareil cas et nul autre. Allah fit en effet descendre ce verset sur son prophète pour lui faire connaître son décret en la matière et cela après qu'aux gens de Urayna qui avaient commis les exactions que nous allons voir, l'envoyé eut infligé, en sus des châtiments mentionnés ici, celui de la crevaison des yeux.

(Dawud, Hadith 38/ 4359).312

Le verset
la punition de ceux qui déclarent la guerre à Allah et à son envoyé et qui les affrontent de toutes leurs forces pour semer la discorde sur la terre est l'exécution, la crucifixion, la mutilation d'une main et d'un pied de côtés opposés ou l'exil de cette terre, la punition la plus clémente
a été révélé au sujet des polythéistes. Si l'un d'entre eux se repent avant sa capture, cela n'empêche pas d'appliquer les peines prescrites qu'il mérite. 


(Dawud, Hadith 38/ 4356).313
Des gens avaient pris les chameaux du prophète, les avaient montés et avaient apostasié314 . Ils ont tué le berger de l'envoyé d'Allah qui était un croyant. Il a envoyé des gens à leur poursuite et ils ont été pris. Il leur a fait couper les mains et les pieds et enlever les yeux. C'est à ce moment que le verset concernant le combat contre Allah et le prophète a été révélé.
 
(Bukhari, Sahih, 76/5).
Anas rapporte que des gens qui étaient malades dirent :
-Ô envoyé d'Allah, donne-nous un asile et donne-nous à manger.
Lorsqu'ils eurent repris des forces, ces gens ayant déclaré que Médine était une ville malsaine, le prophète les envoya camper dans la Harra315 où il avait un troupeau de chameaux et leur dit de boire du lait des chamelles de ce troupeau. Aussitôt qu'ils furent rétablis, ils tuèrent le ber ger du prophète et emmenèrent son troupeau. Le prophète envoya à leur poursuite, puis il leur fit couper les mains et les pieds et crever les yeux au fer rouge. J'ai vu l'un de ces hommes qui léchait la terre avec sa langue et mourut ainsi.
Sallam a dit: on m’a rapporté que al Hajjaj ayant demandé à Anas de lui raconter quel était le plus terrible châtiment que le prophète eut infigé, Anas lui rapporta ce hadith. En apprenant cela, al Hassan s’écria:
-J’aurai vivement désiré qu’il ne le lui eut pas raconté!316

Infériorité juridique.
(Bukhari, Sahih 52/ 283).317

(Abu Juhayfa) a demandé318 :
- Qu'y a-t-il d'écrit sur ce papier 319 ?
Il répondit :
- Les règles du prix du sang, de la libération de prisonniers et le jugement selon lequel aucun musulman ne devra être tué pour avoir tué un infidèle320

(Bukhari, Sahih 74/ 259).321

Un homme regardait dans la chambre du prophète. Le prophète se leva, tenant une pointe de flèche. C'est comme si je le regardais, essayant de poignarder l'homme. 

(Bukhari, Sahih 83/ 26).322

Il a entendu l'envoyé d'Allah dire : (...)
- Si quelqu'un regarde secrètement dans votre maison sans votre permission, que vous lui jetez une pierre et que ses yeux sont crevés, il n'y a aucune condamnation de cela. 

(Muslim, Sahih 25/ 5366).323

Sahl ibn Sad as Sayd rapporte que quelqu'un était en train de regarder à travers le trou de la serrure de la porte du messager d'Allah alors que le messager d'Allah avait avec lui un grattoir avec lequel il se grattait la tête324. Quand le messager d'Allah le vit, il lui dit :
- Si j'avais vu que tu regardais à travers la porte, j'aurais enfoncé ça dans ton oeil.
Et le messager d'Allah ajouta :
- La permission est nécessaire pour se protéger des regards indiscrets. 

(Bukhari, Sahih 87/1-3).

Obaydallah ibn Abu Bakr ibn Anas rapporte, d’après Anas, qu'un homme ayant plongé ses regards par une fenêtre dans une des chambres du prophète, celui-ci se dressait avec un ou plusieurs fers de lance et essaya d'en transpercer l'indiscret.

Sahl ibn Sad as Saydi raconte qu'un homme plongea ses regards dans une chambre par laporte de l'envoyé d'Allah. A ce moment l'envoyé d'Allah tenait un peigne de fer avec lequel il se grattait la tête. Dès qu'il aperçut l'indiscret, il s'écria :
-Si je savais que c'est pour me guetter je te transpercerais les yeux avec ce fer. L'envoyé d'Allah a dit:
-La demande d'autorisation d'entrer chez quelqu'un a été prescrite uniquement à cause des indiscrétions possibles.

D'après Abu Hurayra, Abul Qasim325 a dit :
-Si, sans en avoir demandé l'autorisation, un homme regarde chez toi, que tu lui lances un caillou et que tu lui crèves un œil, tu n'auras pas de faute à te reprocher.

(Bukhari, Sahih 83/ 26). 326
... Il a entendu l’envoyé d’Allah dire:.... si quelqu’un regarde secrètement dans votre maison, sans votre permission, et que vous lui jetez une pierre et que ses yeux sont détruits, il n’y a pas de honte à cela.

(Muslim, Sahih 25/ 5370).327
Le messager d'Allah a dit :
- Celui qui regarde dans la maison des gens sans leur consentement, il est permis de l'énucléer328

(Muslim, Sahih 17/ 4190).329
... une femme de la tribu de Makhzum avait volé. Elle fut amenée devant l’envoyé d’Allah... et sa main fut coupée.

Muhammad exige la main d’une femme.
(ibn Taimiya, Traité de droit public 29-30).

Aïsha rapporte, dans les deux sahih, que les Quraysh étaient fort préoccupés par le sort d'une femme qui appartenait à la tribu des Banu Mahzum. et avait commis un vol.
-Qui, se demandaient-ils, ira parler au rophète en faveur de cette femme ?
Ils convinrent que seul Usama ibn Zayd aurait l'audace de le faire.
-Comment, Usama, lui dit le prophète, oses-tu intercéder pour qu'une peine édictée par Allah ne soit pas appliquée ? Les Banu Israïl ont péri parce qu'ils appliquaient la peine prévue pour le vol uniquement aux humbles et en exemptaient les puissants. Par Celui qui a l'âme de Muhammad en sa main, si Fâtima, ma fille, venait à commettre un vol, je lui couperais la main.
Ce récit est riche d'enseignements. Les Bana Mahzum constituaient, avec les Banu Abd Manaf, l'une des deux familles quraysh les plus puissantes. Cette femme, qui avait volé, devait donc, conformément à la loi, avoir la main coupée. Selon certains docteurs, elle avait nié avoir reçu un prêt qui lui avait été fait ; d’autres docteurs lui attribuent un autre genre de vol. Elle appartenait à la tribu la plus puissante et à la famille la plus noble ; en sa faveur pouvait aussi jouer 1’affection du prophète pour Usama. Le prophète cependant, nous 1'avons vu, se fâcha, reprocha vivement - à Usâma d'intervenir dans ce que Allah avait interdit, c’est-à-dire,d'intercéder pour, arrêter-l'application d'une peine légale.
Le prophète alla même, jusqu’à citer en- exemple la plus noble des femmes, que Allah avait préservée de, toute faute, disant:
-Si Fatima, ma fille, venait à commettre un vol, je lui couperais la main.
Cette femme des Bana Mahzum, dit-on, après avoir eu la main coupée, fit acte de contrition. Quand elle venait trouver le prophète, celui-ci accédait à ses demandes. La main du voleur qui se repentit, dit-on, le précède au paradis ; celle du voleur qui n'en fait rien le devance en enfer.


(Bukhari, Sahih 81/ 774).330
Le prophète a dit :
- Allah maudit l'homme qui vole un oeuf, il aura la main tranchée, et celui qui vole une corde, il aura la main tranchée. 

(Bukhari, Sahih 81/ 775).331
Le prophète a dit: Allah maudit l’homme qui vole un oeuf, et il aura la main tranchée et s’il vole une corde, il aura la main tranchée.

(Dawud, Hadith 38/ 4374).332
L’envoyé d’Allah a coupé les mains d’un homme qui avait volé un bouclier dont le prix était d’un dinar333 ou de trois dihrams334.

(Dawud, Hadith 38/ 4374).335

L'envoyé d'Allah a fait couper les mains d'un homme qui avait volé un bouclier dont le prix était d'un dinar ou dix dihrams336

(Muslim, Sahih 17/4190).337

Une femme de la tribu de Makhzum338 avait volé. Elle fut amenée devant l'envoyé d'Allah et elle chercha l'intercession de Umm Salam, l'épouse du prophète. Alors l'envoyé d'Allah dit :
- Par Allah, même si elle avait été Fatima339, je lui aurait fait couper sa main.
Et sa main fut coupée. 

(Muslim, Sahih 17/ 4185).340
Le messager d'Allah a dit :
- Que la malédiction d'Allah soit sur le voleur qui a volé un oeuf et que sa main soit coupée, ainsi que sur celui qui vole une corde et que sa main soit coupée. 

Franchise.
(Bukhari 81/ 780-791).341

Le prophète a dit :
- La main doit être tranchée pour un vol342 au-dessus du quart d'un dinar. 

(Muslim, Sahih 17/ 4185). 343
...le messager d’Allah disant: que la malédiction d’Allah soit sur le voleur qui a volé un oeuf et que sa main soit coupée, et pour celui qui vole une corde, que sa main soit coupée.

(Muslim, Sahih 16/4145-6).
... quelqu’un avait mordu le bras d’une autre personne ; il a tiré et sa dent de devant est tombée. L’affaire fut amenée devant l’envoyé d'Allah, qui a dit:
-As-tu avalé un morceau de sa chair?
(...)
-Avais-tu l’intention de lui mordre sa main, comme fait le chameau?

(Muslim, Sahih 16/ 4138).344

... un juif345 avait tué une fille pour prendre ses bijoux d’argent. Elle fut apportée devant le messager d’Allah alors qu’elle était en vie. Il lui demanda:
-Qui t’as tuée?
Elle indiqua d’un signe de tête
... et le le messager d’Allah ordonna qu’on lui écrase la tête entre deux pierres.

(Muslim, Sahih 16/ 4138).346

Un juif avait tué une fille pour prendre ses bijoux en argent. Elle fut amenée au messager d'Allah alors qu'elle était encore en vie. Il lui demanda :
- Est-ce que untel t'a tuée ?
Elle indiqua d'un signe de la tête:
- Non.
Il lui demanda pour la seconde fois et elle répondit de nouveau par un signe de la tête :
- Non.
Il demanda une troisième fois et elle dit "Oui" par un signe de la tête et le messager d'Allah ordonna qu'on lui écrase la tête entre deux pierres347

(Bukhari, Sahih 46/ 734).348
L’envoyé d’Allah a dit: si quelqu’un bat quelqu’un d’autre, il devra éviter le visage349 .

(Muslim, Sahih 16/ 4152).350
Il n’est pas permis de prendre la vie d’un musulman qui témoigne que je suis le messager d’Allah sauf dans ces trois cas: l’adultère marié, l’homicide, et celui qui déserte l’islam, abandonnant la communauté.

(Muslim, Sahih 37/ 6676).351

... quelqu’un avait été accusé de fornication avec une jeune esclave du messager d’Allah352 ; alors le messager d’Allah a dit à Ali:
-Va lui trancher le cou.
Ali le trouva en train de se rafraîchir dans un puit. Il lui dit de sortir, lui attrapa la main et le sortit et il vit que son sexe avait été tranché. Alors Ali ne lui trancha pas le cou. Il vint voir le messager d’Allah et dit:
-Messager d’Allah, il n’avait même plus son sexe avec lui.

Mutilation.
(Muslim, Sahih 37/6676).353

Une personne avait été accusé de fornication avec une jeûne esclave du messager d'Allah. Alors le messager d'Allah a dit à Ali :
- Va lui briser le cou.
Ali y alla et le trouva en train de se rafraîchir dans un puit. Ali lui dit "sors" puis en prenant sa main et en le sortant, il vit que son sexe avait été tranché. Ali ne lui a pas tranché le cou. Il vint voir le messager d'Allah et dit :
- Messager d'Allah, il n'avait même plus son sexe avec lui.354  

(Muslim, Sahih 29- 3189).
Aïsha a dit : "L'envoyé d'Allah ordonnait de couper la main du voleur quand il s'agit de la valeur d'un quart de dinar ou davantage".

(Muslim, Sahih 29-3193).
Aïsha a dit : "Du temps de l'envoyé d'Allah, on ne coupait pas la main du voleur pour une valeur inférieure au prix d'un bouclier ou d'une cuirasse. Et chacun d'eux était de valeur".

(Muslim, Sahih 29-3194).
ibn Omar a dit : "L'envoyé d'Allah fit couper la main d'un voleur pour avoir volé un bouclier au prix de trois dirhams.

(Muslim, Sahih 29-3195).

D'après Abu Hurayra, l'envoyé d'Allah a dit :
-"Qu'Allah maudisse le voleur! On lui coupera la main pour avoir volé un œuf; et on lui coupera la main pour avoir volé un câble".

(Muslim, Sahih 29-3196).
D'après Aïsha, les Quraysh, attristés de la situation faite à la femme des Banû Makhzûm, qui avait volé, se demandèrent qui irait intercéder en sa faveur auprès de l'envoyé d'Allah .
- "Personne, se dirent-ils, n'osera tenter cette démarche, sinon Usâma ibn Zayd, le chéri de l'envoyé d'Allah ".355
'Usâma ayant entretenu l'envoyé d'Allah de cette affaire, reçut cette réponse : l'envoyé d'Allah lui dit :
-"Comment oses-tu intercéder quand il s'agit d'une des pénalités criminelles édictées par Allah!".
Puis, se levant, le prophète prononça le discours suivant :
-"Ô gens! Ce qu'a causé la perdition de ceux qui étaient avant vous, c'est quand un personnage éminent parmi eux volait, ils le laissaient tranquille, et quand un faible parmi eux volait, ils lui appliquaient la pénalité édictée par Allah. J'en jure par Allah, s'il advenait que Fâtima, la fille de l'envoyé d'Allah, commît un vol, je lui couperais la main!".

Le vol d’un manteau.
(ibn Taimiya, Traité de droit public 30).
Safwan ibn Umaiya dormait sur son manteau dans la inosquée du prophète. Survint un voleur qui s'enfuit avec le manteau. Safwan l'arrêta et le mena au prophète qui ordonna de lui couper la main.
-Est-ce pour mon manteau, lui demanda Safwan, que tu lui coupes la main ? Je le lui donne.
-Que ne l'as-tu fait, répondit le prophète, avant de me l'amener ?
Et Muhammad lui fit couper la main. On trouve cette tradition dans les Sunan. Le prophète voulait dire:
-Il fallait lui pardonner avant de me l'amener. Mais une fois que tu me l'eus amené, il ne m'était plus possible d'arrèter l'application de la peine ; ni le pardon, ni l'intercession, ni le don de l'objet volé, plus rien ne pouvait alors suspendre l'application de cette peine.

Les mutilations légales.
(ibn Taimiya, Traité de droit public 37-8).

Si, par contre, le repentir de ces malfaiteurs est feint, Allah ne se laissera pas tromper. Allah a dit :
Voici le châtiment de ceux qui combattent Allah et son envoyé et mettent du désordre sur cette terre356 ; ils seront tués, mis au gibet, auront une main et un pied coupés en diagonale, ou seront exilés. Telle sera leur infamie en ce monde, et un châtiment cruel les attend dans 1’autre - à l'exception cependant de ceux qui se seront repentis (...). Quand des brigands se contentent de voler, mais ne tuent point - comme font parfois les Bédouins - la plupart des docteurs, comme Abu Hanifa, Safii, Ahmad ibn Hanbal, enseignent que l'on coupera à chacun d'eux la main droite et le pied gauche. C'est en ce sens qu'ils cette parole d’Allah: Ils auront une main et comprennent un pied coupés en diagonale.
On leur coupera la main qui leur sert à frapper et le pied dont ils se servent pour marcher. On cautérisera les deux blessures avec de l'huile bouillante, ou par un procédé analogue, afin d'arrêter une hémorragie qui pourrait être mortelle, On cautérise de la même manière la main du voleur.

Un tel châtiment inspire plus d'effroi que la mort. Les Bédouins et les déserteurs, vovant continuellement un des leurs avec la main et le pied coupés, sont sans cesse rappelés au souvenir de la peine qui les menace. Une peine de mort, par contre, tombe souvent dans l'oubli. Certaines âmes fières, au surplus, préfèrent la mort à la mutilation, jugée infâmante.
(...)
La mise à mort, telle que la loi la préconise, consiste à décapiter le coupable à l'aide d'un sabre ou d'un instrument analogue. Cette forme d'exécution est en effet la plus expéditive. C'est de cette façon qu’Allah a ordonné de tuer les hommes et les animaux dont il rend licite la mise à mort, si toutefois il est possible de le faire.
Le prophète a dit: Allah vous ordonne toujours la charité. Si vous devez tuer, employez le moyen le plus expéditif. Si vous devez égorger un animal, prenez le procédé le plus sûr et le plus rapide. Aiguisez soigneusement votre lame et ne torturez pas votre victime .
Cette tradition est rapportée par Muslim. Le prophète a dit aussi:
-Les gens qui tuent avec le plus de douceur, ce sont les croyants.
La mise au gibet 357 dont nous avons parlé à plusieurs reprises consiste à exposer les corps en un lieu élevé d'ou chacun puisse les voir, afin de donner une large publicité au châtiment. Les jurisconsultes enseignent communément que la mise au gibet doit avoir lieu après l'exécution. Certains jurisconsultes pensent que l'on doit d'abord exposer les malfaiteurs sur le gibet, puis les mettre à mort sans les en descendre. D'autres enseignent enfin qu'on peut les mettre à mort sans se servir d'un sabre, c'est à dire qu'on peut les laisser exposés jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Les mutilations358 sont interdites, sauf en cas de représailles. Imran ibn Husayn rapporte : « Le prophète ne nous a jamais adressé un discours sans nous ordonner la charité et sans nous interdire de mutiler même les infidèles, une fois que nous les avons tués.
Nous devrons donc nous abstenir de mutiler les corps des infidèles que nous avons tués, de leur couper les oreilles ou le nez, de leur ouvrir le ventre, à moins qu'eux-mêmes n'aient mutilé certains des nôtres.
Bien qu'il soit permis de procéder à des mutilations en cas de représailles, il est cependant préférable de s'en abstenir. Allah a dit:
Quand vous tirez vengeance, que la peine que vous infligez soit semblable,à l'offense que vous avez subie. Mais il vaut mieux endurer l'offense avec patience. Sache donc être patient, mais la patience n'est possible qu'avec l'aide de Allah359 .
Ce verset, dit-on, fut révélé au prophète après que les infidèles eurent mutilé Hamza et quelques autres martyrs. à la bataille d'Ohod. Le prophète s'était écrié:
-Si je réussis à m'emparer d'eux, je les mutilerai an double de ce qu’ils ont fait.

(ibn Taimiya, Traité de droit public 101).
La main, une fois coupée, est cautérisée. Il est recommandé de la suspendre au cou du criminel.
Quand un voleur vole une deuxième fois, on lui coupera le pied gauche.
S’il vole une troisième et quatrième fois, les Compagnons et les jurisconsultes qui les ont suivi se partagent entre deux doctrines. Les uns soutiennent que l’on devra couper au voleur la main, puis le pied qui lui restent ; cette doctrine est celle d’Abu Bakr, Shafi et l’une des deux versions attribuées à Ahmad ibn Hanbal. Les autres, Ali, les docteurs de Kufa, et Ahmad ibn Hanbal dans la seconde opinion, estiment qu’il faut emprisonner le voleur.

§ 369. — La police des moeurs.

Les moeurs sont particulièrement surveillées à Médine. Les femmes sont les premières suspectes d’adultère360, car elles sont -ne l’oublions pas- des vecteurs d’impureté, et elles sont les premières victimes de cette surveillance. Les guerriers musulmans ont plus de latitude à cet égard: il leur est par exemple tout à fait licite de violer les captives361.
Tout est fait pour qu’ils puissent partir en expédition de pillage pour le compte de Muhammad en toute tranquillité d’esprit quant à ce qui se passe dans leur foyer. Le développement de la polygamie entraîne une sérieuse décrue du nombre de femmes disponibles, et accentue les tensions parmi les jeunes hommes, qui n’ont pas d’autres ressources que de participer eux-aussi aux expéditions de pillage, pour y trouver leur satisfaction.
Cette institution, qui fonde le rapport inégalitaire entre les hommes et les femmes, n’a laissé presque aucune trace parmi les Arabes pré-islamiques. Il faut pour que le phénomène se développe une brusque arrivée de femmes disponibles et asservies, telle que les attaques musulmanes en fourniront. Les études manquent étrangement sur ce sujet: on pourrait pourtant déceler ici une des clés essentielles du succès de l’impérialisme musulman. Cf. le jugement de l’historien F. Nau362:

Il n’y a pas de célibat dans l’islam, disait Mahomet (...) Ce hadith demande d'ailleurs quelques explications. Ce n'est qu'à la faveur des guerres dites saintes qu'il peut être vérifié, parce qu'elles produisente assez de veuves et de captives pour que tout musulman puisse avoir son harem. C’est ainsi que Mahomet a pu collectionner une vierge, une dizaine de veuves et peut-être autant d'esclaves ou parts de butin ; mais en temps de paix, vu la quasi-égalité du nombre des individus de chaque sexe, à tout musulman qui prend les qfuatre épouses permises par le Qoran correspondent trois musulmans qui n'en auront pas et seront donc livrés à tous les vices.Si la polygamie n'aboutit pis à la guerre (et dans ce cas elle est très dangereuse pour les voisins), elle ne peut être qu'une cause d'immoralité.
A la fin, l’auteur songe bien entendu à l'expansion de l’homosexualité, dont on reparlera plus loin.

Dans le domaine des moeurs, le comportement Muhammad est la norme (même s’il se permet de nombreuses privautés363 ) et c’est lui qui dicte la distinction binaire entre le moral et l’immoral, entre le pudique et l’impudique.

Enfin, l'insittution de la polygamie a des effets remarquables en matière militaire: elle constitue un attrait majeur pour des guerriers qui se languissent. Cela provoque un affaiblissement des tribus voisines et surtout, cela provoque un phénomène évident d'explosion démographique, qui explique en partie que les Arabes submergent en très peu de temps de vastes régions.

La police des moeurs saoudienne.
(Agence de presse AFP, 23.02.08, 17h53).

 
Cinquante-sept jeunes "dragueurs" arrêtés en Arabie Saoudite
La puissante police religieuse d'Arabie saoudite a arrêté 57 jeunes hommes qui auraient cherché à séduire des jeunes filles dans plusieurs centres commerciaux de la Mecque, rapporte, samedi 23 février, le journal anglophone Saudi Gazette. Les jeunes hommes ont été arrêtés jeudi soir par la police, sur ordre de la Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, communément appelée Moutawa.
Ils sont accusés d'avoir "porté des habits indécents, mis la musique à fond et dansé" dans des centres commerciaux de la ville sainte pour attirer l'attention des jeunes filles, ajoute le Saudi Gazette.

La police religieuse, qui veille à l'application stricte de la loi islamique, patrouille dans les lieux publics et s'assure qu'aucun contact n'a lieu entre les deux sexes. Elle a interdit, dans un édit religieux, la vente de roses rouges pour la Saint-Valentin, déclarée "fête païenne chrétienne".


1. — Répression de l'adultère.

On entend par là des rapports sexuels hors union reconnue, entre personnes d'un statut équivalent, et qui doivent servir théoriquement à la reproduction du groupe364 . cela signifie qu'en fait dans ce système, les premiers visés sont les femmes, les minorités et les jeunes qui "attendent leur tour". Les unions inégalitaire sont pourtant tolérées, au bénéfice d'une seule catégorie de la population. Le musulman viril par excellence, barbu et guerrier,a déjà de son côté son harem de quatre femmes et autant de concubines qu'il le souhaite, enlevées partout où il le peut.

(Jurjani, Livre des Définitions 808).365
al zina.
L’adultère, la fornication.
C’est avoir des relations sexuelles366 avec quelqu’un du sexe opposé, en dehors du mariage ou d’un cas d’esclave légal367 et sans pourvoir invoquer la présomption d’erreur368.


Législation sur l’adultère.
(ibn Taimiya, Traité de droit public 32).
On trouve, dans les deux sahih, le récit suivant:
Deux hommes en procès allèrent trouver le prophète. L'un d'eux dit:
-Ô prophète, juge-nous selon le Livre d’ Allah.
Son adversaire, qui était plus savant, dit:
-Oui, ô prophète de Allah, juge-nous selon le Livre d’Allah et donne-moi la parole.
-Parle, répondit le prophète.
-Mon fils, commença-t-il, était au service de cet homme et coucha avec sa femme. J'ai donné, à cet homme, en dédommagement, cent brebis et un domestique. Des gens de science que j'ai interrogés m'ont dit que mon fils méritait cent coups de fouet, qu'il devait être exilé pendant un an et que la femme devait être lapidée.
-Par celui qui a mon âme en sa main, répondit le prophète, je vous jugerai selon le Livre de Allah. Les cent brebis et le domestique te seront rendus, ton fils recevra, cent coups de fouet et sera banni pendant un an. Toi, Unays, va trouver la femme, interroge-la. Si elle avoue, fais-la lapider. Unays l'interrogea ; comme elle avoua, il la fit lapider.
On peut voir, dans ce hadith, que des biens avaient été offerts pour éviter an coupable l'application de la peine prévue. Le prophète exigea que ces biens fussent rendus à leur propriétaire et que le coupable subît le châtiment légal ; il se refusa à dépenser ces biens au profit de musulmans qui combattaient pour Allah ou se trouvaient dans la misère.

Punition juridique de la fornication.

(ibn Qudama, Précis de Droit 264).369
Quiconque commet, dans des conditions normales ou contre, nature, avec une femme qui n'est ni son esclave ni son épouse, ou avec un jeune garçon, un acte honteux370, ou le subit,
est passible de la peine de lapidation s'il est muhsan; s'il ne l'est point, il est passible d'une peine de cent coups de fouet et d'un «exil»371 d'un an. Le prophète a dit:
-«Imitez-moi. Et voici ce que Allah a décrété pour ces femmes : pour une vierge avec une vierge, cent coups de fouet et un exil d'un an; pour une femme déflorée avec une femme déflorée, la lapidation».
On entend, par muhsan, l'homme libre et pubère, qui a consommé, dans des conditions naturelles, avec une épouse également libre et pubère, un mariage valable.
La fornication ne peut être établie que par deux modes de preuves: un aveu fait quatre fois et d'une manière explicite, ou le témoignage de quatre hommes libres et honorables, capables de faire la description du délit et de témoigner, dans une même séance, sur un même cas de fornication.


(Muslim, Sahih 46/4801).

D'après Abu Hurayra, le prophète a dit : "Allah a inscrit au fils d' Adam sa part d'adultère qu'il commettra inéluctablement d'une des façons suivantes : l'adultère des yeux est le regard lascif et celle de la langue est la prononciation des paroles licencieuses. L'âme cœur aime et désire, mais ce sont les parties génitales qui mettent cela à exécution ou non".

(En Nisay, Hadith Qudsi 226).

Rapporté par Ennisây dans ses Sunen, chapitre sur celui qui trompe un combattant dans la voie d'Allah avec sa femme.
D'après Sulayman ibn Burayda, d'après son père, le prophète a dit: Les épouses de ceux qui combattent dans la voie d'Allah sont sacrées pour ceux qui ne combattent pas, comme le sont leurs propres mères. Lorsque quelqu'un remplace un combattant dans la voie d'Allah au sein de sa famille (pour subvenir à ses besoins), et le trompe avec sa femme, on lui dira (au combattant) au Jour de la résurrection: “Celui-ci t'a trompé avec ta femme ; prends ce que tu voudras de ses bonnes actions!”
Qu'en pensez-vous ?

Commentaire372 .
Ce hadith montre le châtiment réservé par Allah à celui qui trompe un combattant dans la voie d'Allah avec sa femme. C'eft pour cela que le prophète à a préparé le terrain en ce sens en disant: “Les épouses de ce qui combattent dans la voie d'Allah sont sacrées pour ceux qui ne combattent pas, comme le sont leurs propres mères”.
C'est là une incitation voire une obligation à préserver l'honneur des épouses des combattants dans la voie d'Allah et à prendre soin d'elles, en défendant leur honneur, tout comme l'homme défend son honneur à lui, voire l'honneur qui eft le plus important pour lui, à savoir celui de sa mère. Par conséquent, dans la mesure où les épouses des combattants dans la voie d'Allah, sont aussi sacrées pour ceux qui ne combattent pas, que le sont leurs propres mères, celui qui trompe un combattant, avec son épouse, aura commis un grand péché. Le Jour de la résurreâion, Allah lui fera un affront devant toutes les créatures, et il permettra au martyr de lui demander des comptes, en lui disant: “Celui-ci t'a trompé avec ton épouse! Prends de ses bonnes œuvres ce que tu voudras!” Le prophète m a dit ensuite: “Qu’en pensez-vous ?” Ceci pour mettre en exergue la répugnance de la tromperie et le châtiment rigoureux quelle implique. C'est-à-dire: “Que pensez-vous que fera le combattant dans la voie d'Allah, à ce moment-là, en voulant se venger de celui qui l'a trompé avec son épouse? Va-t-il lui laisser une bonne œuvre? Et que pensez-vous de la réaction du traître, à ce moment-là, alors que l'avilissement l’entoure de toutes parts, et qu'il voit ses bonnes œuvres disparaître l'une après l'autre, au point d en être dépouillé totalement, et de mériter, par conséquent, l'enfer? Qu’Allah nous préserve de la trahison et qu'il couvre nos défauts en ce bas monde et dans l'autre, amen.

(Tirmidhi, Hadith Qudsi 233).373

J’ai entendu l’apôtre d'Allah dire:
-Allah a dit: Je suis Allah et je suis le très miséricordieux374 ! J’ai créé le lien de parenté375 , et je lui ai donné un nom qui dérive de mon propre nom ; celui qui le préserve, je le préserverai, celui qui le brise, je le briserai.

(Jurjani, Livre des Définitions 532).
al jald.
La flagellation.376
C’est frapper avec le fouet. C’est la punition377 appliquée à celui qui n’est pas marié378 et s’adonne à la fornication.
...Pour celui qui est marié379 et adultère, le châtiment légal est la lapidation380.


(Muslim, Sahih 29- 3214).

D'après Abdullah ibn 'Abu 'Awfâ, Shaybânî a dit : Comme j'interrogeais Abdullah ibn 'Abu 'Awfâ pour savoir si l'envoyé d'Allah avait fait exécuter la lapidation, il me répondit :
-"Oui".
-"Etait-ce, repris-je, avant la révélation de la sourate An-Nûr ou après?".
- "Je ne sais pas", me répondit-il.

(Abu Dawud, Hadith 38/4426).
Une femme appartenant les tribus de Juhaynah est venu auprès du prophète et a dit qu’elle avait commis un acte de fornication et qu’elle était maintenant enceinte. L’apôtre d'Allah appela son tuteur.
L’apôtre d'Allah lui a dit:
-Sois bon avec elle, et quand elle donnera naissance, fais la venir auprès de moi.
Le prophète donna des ordres la concernant et ses vêtements furent attachés à elle. Il ordonna à son propos qu’elle soit lapidée. Il ordonna aussi aux gens de prier et ils ont prié sur son corps.

(Abu Dawud, Hadith 38/4429).
Le prophète a lapidé une femme et un puits a été creusé jusqu’au niveau de sa poitrine.

(Abu Dawud, Hadith 38/4433).
Des gens passèrent devant l’apôtre d'Allah avec un juif qui avait été noirci avec du charbon et qui allait être fouetté.
Il les appela et leur dit:
-Est-ce la peine prévue pour le fornicateur?
-Oui.
(...)
Et il fut lapidé.

(Tafsir al Jalalayn 24).
La femme fornicatrice et l'homme fornicateur qui ne sont pas mariés — car dans ce cas ils seront lapidés s'ils forniquent, et ce conformément à la sunna —, infligez à chacun deux cent coups de fouet. On ajoute à cette punition un an d'exil, et à l' esclave (mâle et femelle) on applique la moitié de cette peine. N'ayez aucune pitié pour eux dans l'application de la loi d'Allah si vous croyez en Allah et au Jour Dernier. Et qu'un groupe de croyants (deux, suivant un avis. Mais un autre avis, se basant sur le nombre des témoins exigés en cas de fornication, opte pour quatre.) assiste à la punition.
(...)
Le fornicateur n'épouse qu'une fornicatrice ou une idolâtre, la fornicatrice n'épouse qu'un fornicateur ou un idolâtre, car chacun convient à l'autre, et leur mariage d'avec les croyants est interdit. Ce verset fut révélé après l'arrivée des émigrants pauvres à Médine, lesquels voulurent se marier avec des prostituées idolâtres et aisées pour que celles-ci dépensent à leur profit. Certains exégètes ont avancé que cette interdiction concerne seulement ces Mouhajirines; mais les autres ont répondu qu'elle a une portée générale et que cela fut abrogé par le verset suivant: Mariez les célibataires d'entre vous381. D'après Abdullah ibn 'Amr, une femme appelée Umm Mahzul pratiquait la prostitution.

La lapidation pour adultère en Iran.
(A gence AFP-10.07.07).

Un Iranien condamné pour adultère a été exécuté par lapidation
Le porte-parole du pouvoir judiciaire en Iran, Alireza Jamshidi, a reconnu, mardi 10 juillet, qu'un Iranien condamné pour adultère a été tué par lapidation, la semaine dernière, dans le nord-ouest du pays. C'est la première exécution officielle de ce type depuis celle, appliquée et reconnue officiellement par les autorités en juillet 2001, d'une femme condamnée pour meurtre et adultère.

Le verdict a été exécuté à Aghche Kand, à environ 200 km à l'ouest de Téhéran, a ajouté le porte-parole sans préciser la date exacte de l'exécution. Elle aurait eu lieu jeudi, selon des sources non officielles. M. Jamshidi a expliqué que le "jugement a été appliqué car il était définitif", car confirmé par la Cour suprême. En revanche, la condamnation à la lapidation pour adultère de la concubine de l'homme exécuté "n'a pas été appliquée", car elle est "encore suspendue" au jugement de la Cour suprême.

Le code pénal de la République Islamique d'Iran sur les conditions de la lapidation.

§ 102 La femme et les sanctions : La lapidation jusqu’à ce que mort s’ensuive est le châtiment pour les adultères. L’homme et la femme adultères sont enterrés dans un trou rempli de sable, le premier jusqu’à la taille, la seconde jusqu’au-dessus des seins, et ils sont lapidés.

§ 104 Les pierres utilisées ne devront pas être trop grosses afin d’infliger la mort d’un coup, elles ne doivent pas être si petites qu’on ne puisse leur donner le nom de pierre. La taille moyenne est choisie généralement afin de faire expier la faute par la souffrance.

Lapidation en Somalie au début du XXIème siècle.
(Agence Associated Press octobre 2008).

MOGADISHU, Somalie: Une fillette de 13 ans qui avait dit avoir été violée a été lapidée en Somalie après avoir été accusé d’adultère par des militants islamiques, selon une organisation de défense des Droits de l’Homme.
Des dizaines d’hommes ont lapidé à mort Aisha Ibrahim Duhulow le 27 Octobre dans un stade devant un millier de spectateurs, dans la ville portuaire de Kismayo, selon Amnesty International et des médias somaliens citant des témoins. La milice islamique qui contrôle la ville de Kismayo l’avait accusée d’adultère après qu’elle eut déclaré avoir été violée par trois hommes.
Les premières informations des médias locaux annonçaient que Duhulow avait 23 ans, mais son père a déclaré à Amnesty International qu’elle n’en avait que 13. Certains des journalistes somaliens qui avaient les premiers relaté la mise à mort ont depuis déclaré à Amnesty International qu’ils avaient dit qu’elle avait 23 ans en se fiant à son apparence physique.
Les appels au gouvernement somalien et à l’administration locale de Kismayo sont restés sans réponse ce samedi.
« Cette fillette a subi une mort horrible à la demande des groupes d’opposition armés qui contrôlent actuellement Kismayo » a déclaré dans un communiqué David Copeman, d’Amnesty International Somalie.
La Somalie fait partie des pays les plus violents et les plus pauvres. Cet Etat de près de 8 millions d’habitants n’a plus eu de gouvernement opérationnel depuis 1991 lorsque des seigneurs de guerre l’ont renversé avant de se combattre les uns les autres.


2. — Débats juridiques sur la lapidation.

La lapidation382 est la peine emblématique: elle est issue de la tradition biblique383 . Elle possède le triple avantage de faire participer l’ensemble de la communauté en annulant les responsabilités individuelles, et d’éviter un contact physique avec les couples, considérés comme impurs, et de fournir une distraction à la foule.
Le sujet, pourtant scabreux et indigne, a donné lieu à une abondante littérature, qui prend des accents de jubilation.


La référence biblique.
(Muslim, Sahih 17/4211).384

Abdullah ibn Omar rapporte qu'un juif et une juive ont été amenés devant le messager d'Allah pour avoir commis l'adultère. Le messager d'Allah vint voir les Juifs et leur dit :
- Que trouve-t-on dans la Torah385 pour celui qui commet l'adultère ?
Ils dirent :
- On noircit leur visages et on les fait monter ensemble sur un âne avec leurs visages tournés dans des directions opposées, et ensuite on les promène dans la ville.
Il dit :
- Amenez la Torah pour vérifier si vous avez raison.
Ils l'ont amenée et l'ont récitée jusqu'au verset qui concerne la lapidation ; la personne qui lisait a mis sa main sur ce verset et a lu ce qui n'était pas masqué par sa main. Abdullah ibn Salim qui était avec le messager d'Allah dit :
- Ordonne lui d'enlever sa main.
Il l'enleva et il y avait à la place le verset relatif à la lapidation. Alors l'envoyé d'Allah prononça son jugement et ordonna que les deux personnes soient lapidées à mort.
Abdullah ibn Omar dit :
- J'étais un de ceux qui les ont lapidés et j'ai vu l'homme protéger la femme avec son corps. 

Le libéralisme chrétien.

(Evangile de Jean 7/53-8/11).386

Et ils s'en retournèrent chacun chez soi. Jésus, lui, s'en alla au mont des Oliviers. Mais, dès l'aurore, il parut à nouveau dans le Temple et tout le peuple venait à lui. Il s'assit donc et se mit à les enseigner. Les scribes et les Pharisiens lui amènent alors une femme surprise en adultère et la plaçant bien en vue, ils disent à Jésus :
-Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Moïse nous a prescrit dans la Loi de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu?
Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l'accuser.
Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. Comme ils insistaient, il se redressa et leur dit :
-Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre!
Et se baissant à nouveau, il se remit à écrire sur le sol. A ces mots, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et Jésus resta seul avec la femme, qui était toujours là.
Alors, se redressant, il lui dit :
-Femme, où sont-ils? Personne ne t'a condamnée?
-Personne, Seigneur, répondit-elle.
-Moi non plus, lui dit Jésus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus.

(Bukhari, Sahih 78/629).387
Deux hommes se disputaient en présence de l'envoyé d'Allah. L'un d'eux dit :
- Mon fils est un ouvrier au service de cette personne et il a commis un acte sexuel illicite avec sa femme. Les gens ont dit qu'il devait être lapidé mais je l'ai racheté avec cent moutons et une jeûne esclave.
L'envoyé d'Allah dit :
-Je vais rendre mon jugement selon les lois d'Allah: les cent moutons et la jeûne esclave doivent t'être rendus.
Il infligea à l'homme cent coups de fouet et l'exila pour un an. Unays al Aslami reçu l'ordre d'aller voir la femme du deuxième homme ; elle confessa le crime et fut lapidée à mort388

(Muslim, Sahih 17/ 4194).389
La lapidation est un devoir envoyé par le livre d'Allah390 pour les hommes et les femmes mariés qui ont commis l'adultère si la preuve est établie, s'il y a grossesse ou aveu. 


(Muslim, Sahih 17/ 4191).391

L’envoyé d’Allah a dit quand un homme célibataire fornique avec une femme célibataire, ils recevront cent coups de fouet et seront bannis un an ; dans le cas où ils sont mariés, il recevront cent coups de fouet et seront lapidés à mort.

(Muslim, Sahih 17/ 4196).392
...J’ai été un de ceux qui l’ont lapidé. Nous l’avons lapidé sur l’endroit de la prière. Quand les pierres l’ont frappé, il s’est enfui. Nous l’avons rattrapé dans le Harra393 et nous l’avons lapidé.


3. — L’aveu et les témoignages.



(Bukhari, Sahih 63/ 195).394

Un homme des Banu Aslam vint voir le prophète alors qu'il était dans la mosquée et dit :
- J'ai commis un acte sexuel illicite.
Le prophète détourna sa tête. L'homme se tourna vers son visage et donna quatre témoignages contre lui-même. Le prophète l'appela et lui dit :
- Es-tu fou ?
- Es-tu marié ?
L'homme dit :
- Oui.
Alors le prophète ordonna qu'il soit lapidé à mort sur la place de prière. Quand les pierres l'ont frappé de leurs bords pointus, il s'est enfuit, mais il a été repris à al Harra et tué. 

(Dawud, Hadith 38/ 4412).395
Mayz ibn Malik vint voir le prophète et avoua deux fois avoir commis la fornication. Mais il l'éloigna. Il revint et avoua deux fois avoir commis la fornication. Mais il l'éloigna. Il revint et avoua deux fois avoir commis la fornication. Le prophète dit :
- Tu as avoué quatre fois, prenez-le et lapidez-le à mort. 

(Dawud, Hadith 38/ 4364).396
Mayz vient voir le prophète et avoua avoir été adultère quatre fois, alors il ordonna qu’il doit lapidé à mort...

(Muslim, Sahih 29-3201).
Omar ibn Al Khattâb a dit : Allah envoya Muhammad avec la vérité; il lui révéla le Livre et parmi les versets qui lui furent révélés, il y avait le verset relatif à la lapidation. Nous l'avons lu, compris et retenu. C'est pour cela que l'envoyé d'Allah fait lapider et que nous avons, après lui, fait aussi lapider. Je crains que dans la suite des temps quelqu'un ne vienne dire :
-"Par Allah, nous ne trouvons pas de verset relatif à la lapidation dans le Livre d'Allah"; on tomberait alors dans l'erreur d'abandonner une prescription révélée par Allah. La lapidation, dans le Livre d'Allah, est de droit contre quiconque, homme ou femme, commet l'adultère alors qu'il est marié, quand la preuve est faite par le témoignage, par la grossesse ou l'aveu.

(Muslim, Sahih 29-3202).
Abu Hurayra a dit : Pendant que l'envoyé d'Allah était à la mosquée, un des fidèles arriva et lui dit :
- "Ô envoyé d'Allah, j'ai forniqué".
Le prophète ayant détourné sa tête, l'homme alla se placer du côté vers lequel le prophète avait le visage tourné et lui répéta :
-"Ô envoyé d'Allah, j'ai forniqué".
Le prophète détourna de nouveau la tête et l'homme alla se placer du côté vers lequel le prophète avait le visage tourné. Quand l'homme eut ainsi témoigné quatre fois contre lui-même, l'envoyé d'Allah l'appela et lui dit :
-"Es-tu fou?".
- "Non, ô envoyé d'Allah".
- "Es-tu marié?".
- "Oui, ô envoyé d'Allah".
- "Qu'on emmène cet homme et qu'on le lapide!", s'écria alors le prophète .

(Muslim, Sahih 29-3205).
ibn Abbâs a dit : Quand Mayz ibn Mâlik vint trouver le prophète, celui-ci lui dit :
-"Est-il vrai ce qu'est parvenu à ma connaissance à ton sujet?".
Mayz répondit :
-"Et qu'est-ce que c'est?".
Le prophète répliqua :
-"Il m'est parvenu que tu avais forniqué avec l'esclave des Banû untel".
Mayz répondit :
-"Oui" et témoigna quatre fois contre lui-même.
Alors, le prophète ordonna de lui appliquer la peine de la lapidation.

(Muslim, Sahih 29-3210).
D'après Abu Hurayra et Zayd ibn Khâlid al Juhanî, Un homme des Arabes vint trouver l'envoyé d'Allah et lui dit :
-"Ô envoyé d'Allah, je te le demande au nom du Seigneur, ne décide pour moi que d'après le Livre d'Allah".
- "Oui, dit son adversaire qui était plus instruit que lui, décide entre nous d'après le Livre d'Allah et donne-moi la parole".
- "Parle", lui dit l'envoyé d'Allah .
- "Mon fils, dit l'homme, était employé chez cet homme et il a abusé de sa femme. Comme on m'avait raconté que mon fils méritait d'être lapidé, je l'ai racheté de ce châtiment en donnant cent brebis et une esclave. Des gens illuminés que j'ai consultés ensuite m'ont appris que mon fils ne méritait que cent coups de fouet et un an d'exil et que c'était la femme qui devait être lapidée".
- "Par celui qui tient mon âme entre ses mains, s'écria l'envoyé d'Allah, je vais décider entre vous d'après le Livre d'Allah : on va te rendre tes cent brebis et ton esclave, et ton fils doit recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an. Ô 'Unays, va trouver la femme de cet homme et si elle avoue sa faute, lapide-la".
Unays se rendit auprès de la femme qui fit des aveux et l'envoyé d'Allah donna l'ordre de la lapider. Ce qui fut fait.



4. — Concours de lapidations.

Une foule de textes insistent sur le caractère spectaculaire de la cérémonie: spectaculaire car c'est un spectacle. Il implique les victimes et la masse des bourreaux. Il vaut mieux pratiquer les exécutions le jour de la prière générale, quand l’audience est la plus grande. C’est mieux: on se dérange pas pour rien.

(Muslim, Sahih 17/ 4216).397

L'envoyé d'Allah a lapidé à mort une personne de la tribu des Banu Aslam, un juif et sa femme. 

(ibn Hanbal, Musnad 2/ 279-80).398
Le prophète a lapidé un juif et une juive.

(Bukhari, Sahih 82/ 803).399
Quand Ali lapida une femme le vendredi400 , il dit :
- Je l'ai lapidée selon la tradition de l'envoyé d'Allah. 

(Muslim, Sahih 17/ 4207).401
... alors l’envoyé d’Allah prononça son jugement et ses vêtements furent attachés autour d’elle402 et il ordonna qu’elle soit lapidée.
Il pria ensuite sur son cadavre...

(Bukhari, Sahih 38/ 508).403
L’envoyé d’Allah a dit:
-Ô Unays! Va voir la femme de cet homme et si elle confesse l’adultère, alors lapide-la à mort.

(Dawud, Hadith 38/ 4429).404
Le prophète a fait lapider une femme et une fosse a été creusée pour elle jusqu'aux seins405.

5-Un cas spécial : la lapidation de guenon.406
(Bukhari, Sahih 58/ 188).407

Au temps de la période d’ignorance408 , j’ai vu une guenon entourée par un grand nombre de singes. Ils étaient en train de la lapider, parce qu’elle avait commis un acte sexuel illégal. Moi aussi, je l’ai lapidée.

6. — Un cas difficile : l’adultère enceinte.

(Muslim, Sahih 17/ 4207).409

Une femme de Juhayna vint voir le prophète car elle était devenue enceinte à cause d'un adultère. Elle dit :
- J'ai fait quelque chose qui mérite un châtiment, donc inflige-le moi.
L'envoyé d'Allah appela son maître et dit :
- Traite-la bien et amène-la moi quand elle aura accouché.
C'est ce qu'il fit. L'envoyé d'Allah prononça ensuite son jugement, ses vêtements furent attachés autour d'elle et il ordonna qu'elle soit lapidée.
Il pria ensuite sur son cadavre. 

(Muslim, Sahih 17/ 4205).410

... Elle dit qu’elle était tombée enceinte après la fornication.
Il lui demanda:
-est-ce toi qui as fait cela?
-Oui.
... Elle fut ensuite lapidée411 .


7. — Divorce et mariage.

Il est presque exclusivement donné à l’époux la capacité à divorcer412 . Le divorce est permis mais non pas encouragé. L’essentiel est de créer un système qui assure la domination masculine et favorise la natalité.

(Dawud, Hadith 12/ 2172).413

Le prophète a dit: Allah n’a jamais fait quelque chose de licite qui soit plus abominable pour lui que le divorce.

(Dawud, Hadith 11/ 2078).414
L’envoyé d’Allah a dit: le mariage d’une femme qui se marie sans le consentement de ses tuteurs est nul. (Il a dit ces mots) trois fois...

(Dawud, Hadith 11/ 2073).415
Le prophète a dit: si un esclave se marie sans la permission de ses maîtres, il est un fornicateur416 .

(Muslim, Sahih 17/ 4191).417
L'envoyé d'Allah a dit :
- Quand un homme célibataire commet l'adultère avec une femme célibataire, ils recevront cent coups de fouet et seront bannis un an. Dans le cas où ils sont mariés, il recevront cent coups de fouet et seront lapidés à mort. 


8. — La sodomie.

Et l'homme marié? serait-on tenté de dire. Quand on sait à quel point la pratique a été répandue à toutes époques dans le monde musulman, on se met à sourire.418

(Dawud, Hadith 38/ 4448).419

Si un homme non-marié est pris pendant un acte de sodomie, il sera lapidé à mort.


9. —Adultère familial.

Ici l'on voit que la justice prophétique peut être terriblement rapide.

(Dawud, Hadith 38/ 4442).420

J'ai rencontré mon oncle qui portait un étendard. Je lui ai demandé :
- Où vas-tu ?
Il a dit :
-L'envoyé d'Allah m'envoie chez un homme qui a épousé la femme de son père. Il m'a ordonné de lui trancher la tête et de prendre ses biens. 

10. — Jurisprudence.

(ibn Taimiya, Traité de droit public 104).
Tout homme dit muhsan qui fornique doit être tué à coups de pierres. C’est ainsi que le prophète lapida Mayz ibn Malik, la femme appelée al Jamidiya, les deux juifs et quelques autres coupables.
Doit-on administrer au fornicateur cent coups de fouet avant de le lapider? Les jurisconsultes ne sont pas d’accord sur ce point. Les deux doctrines sont soutenues.

(ibn Taimiya, Traité de droit public 105).
La qualité de muhsan s’applique également aux protégés minoritaires, selon la plupart des jurisconsultes, comme Shafi ou Hanbal421 . Le prophète lapida en effet deux juifs à la porte de sa mosquée, et cette lapidation fut la première qui eut lieu dans l’islam.


§ 370. — La législation de l’intimité.

Dans ce domaine même, Muhammad estime avoir à dire: il croit posséder des connaissances d’hygiène et de médecine, voire de gynécologie. Ces avis ont force de loi, en dépit des apparences. On reste interdit devant la crudité de certaines réflexions, provenant d’un autre age, où le trivial le dispute à l’ignorance, où la pudibonderie voisine avec la luxure. Les anciens Arabes avaient certes un comportement souvent déconcertant, mais aucun d’entre eux n’avait osé avant Muhammad tenter de l’ imposer comme norme absolue. Du moins connait-on bien, grâce à ces obsédantes réglementations, la sexualité de ces gens.
Régir les activités sexuelles jusque dans les détails les plus scabreux est un moyen de dominer totalement l’existence des individus. Peu de régime politique ont tenté d’imposer un tel contrôle sur leurs populations.422



1. — L’impureté des femmes.

Que la femme soit un être inférieur dans l’islam ne fait plus de doute: elle ne parle pas, n’a pas d’avis, et quand elle en a, il compte moins que celui d’un homme. Le Coran s’adresse essentiellement aux hommes, qui sont chargés ensuite d’en appliquer les prescriptions sur les femmes.
Cette infériorité n’est hélas pas l’exclusivité de l’islam423 , mais ici, elle est légitimée, justifiée, codifiée. Parmi les raisons les plus couramment admises et les plus imbéciles figure l’impureté féminine, née du préjugé envers le sang menstruel: la femme qui connait périodiquement ce phénomène424 est alors relégué en dehors de ses occupations habituelles, déjà bien en retrait de la société. Cela essaie aussi de justifier sa bassesse de son statut.


(Bukhari, Sahih 6/3).

Aïsha a dit: Le prophète s'appuyait sur mon giron, bien que j'eusse mes menstrues et ensuite il récitait le Coran. Je démêlais les cheveux de l'envoyé de Allah, bien que j’eusse mes menstrues.

(Muslim, Sahih 2-440).

Aïsha a dit : Quand l'une des nous avait ses règles et que l'envoyé d'Allah désirait entretenir des rapports sexuels avec elle, il lui ordonnait de s'envelopper d'un izâr425.

(Muslim, Sahih 2-442).
D'après Maymûna, "Chaque fois que le prophète désirait entretenir des rapports sexuels avec une de ses femmes, ayant ses règles, il l'enjoignait de s'envelopper d'un izâr".

(Muslim, Sahih 2-499).
D'après Aïsha, une femme interrogea le prophète sur la façon dont elle devait se laver de ses règles. Il lui donna donc des instructions sur la manière de se laver et ajouta :
-"Prends ensuite un chiffon parfumé de musc au moyen duquel purifie-toi".
- "Comment me purifie-je au moyen de ce chiffon?", ajouta-t-elle.
- "Gloire à Allah! riposta le prophète, purifie-toi".
A ce moment, le prophète détourna le visage; Sufyân ibn 'Uyayna nous montra alors du doigt son visage (grimaçant pour simuler l'attitude du prophète à ce moment-là).
Aïsha ajouta : J'attirai cette femme vers moi et, ayant compris ce que l'envoyé d'Allah voulait dire, je lui dis :
-"Suivez au moyen de ce chiffon les traces de sang".

(Muslim, Sahih 2-501).
D'après Aïsha, Fâtima bint Abu Hubaysh vint dire au prophète :
-"Ô envoyé d'Allah! Je souffre d'écoulements de sang en dehors de mes règles et je n'arrive pas à me purifier, dois-je renoncer à la prière?".
- "Non, répondit le prophète, ce sang provient d'une veine, il ne s'agit pas des règles. Quand tu es indisposée, cesse de faire la prière et une fois cette période terminée, lave-toi et fais la prière.

(Muslim, Sahih 2-444).
Umm Salama a dit : "Pendant que nous étions couchés, moi et le prophète, sous une couverture de laine, j'eus mes règles. je m'enfuis aussitôt et allai revêtir mon costume de règles"426 .
-"As-tu tes règles?", me demanda le prophète.
- "Oui", répondis-je.
Alors, il m'appela et je me remis avec lui sous la couverture. Elle ajouta qu'elle se lavait avec le prophète dans un même bassin des impuretés du coït.

(Muslim, Sahih 2-454).
Aïsha a dit : "Le prophète s'appuyait sur mon giron alors que j'avais mes règles; et il récitait le Coran".

(Bukhari, Sahih 63/ 178).427

Il avait divorcé de sa femme alors qu'elle avait ses règles, du temps de l'envoyé d'Allah. Omar ibn al Khattab a interrogé l'envoyé d'Allah à ce sujet.
L'envoyé d'Allah a dit :
- Ordonne à ton fils de la reprendre, de la garder jusqu'à ce qu'elle soit propre, d'attendre ses nouvelles règles et qu'elle soit propre de nouveau, et à ce moment, s'il veut, il pourra soit la garder, soit divorcer avant d'avoir eu des rapports sexuels avec elle ; c'est le délai fixé par Allah pour divorcer d'une femme.428  

(Muslim, Sahih 9/ 3479).429
ibn Omar rapporte qu’il avait divorcé de sa femme alors qu’elle avait ses règles430. Omar demanda au messager d’Allah ce qu’il en pensait, et il dit:
-Reprends-là, puis divorce quand elle sera pure ou enceinte.

"De la femme et de ses règles".
(Extrait du "Petit Livre Vert" de l'imam Khomeyni).431

1. La femme est pseudo-menstruée quand le sang s'écoule de son vagin en dehors de la période de ses règles. Ce sang peut être de couleur jaunâtre, froid, fluide, et s'écouler sans sensation de brûlure; il peut aussi être noirâtre ou jaune, chaud, épais et jaillir en provoquant une brûlure.
2. Les pseudo-menstrues sont de trois catégories : faibles, moyennes ou abondantes. Si le sang n'imprègne pas complètement le morceau de coton introduit dans le vagin, ce sont des pseudo-menstrues faibles; s'il imprègne tout le coton sans souiller l'étoffe placée sur la vulve, ce sont  des pseudo-menstrues  moyennes;  si enfin le sang traverse à la fois le coton et l'étoffe, ce sont des pseudo-menstrues abondantes.
3. Dans le cas de pseudo-menstrues faibles, la femme doit se laver selon le rituel religieux avant la prière, changer le coton ou le laver, laver également la vulve si le sang l'a souillée.
4. La période menstruelle proprement dite est la période de quelques jours par mois durant laquelle le sang s'écoule du vagin des femmes. Ce sang est le plus souvent épais, chaud, rouge noirâtre ou rouge vif, et jaillit avec sensation de brûlure.
5. Les femmes de la lignée du prophète de l'Islam sont ménopausées à l'âge de soixante ans. Les autres à cinquante ans révolus.
6. Le sang qui s'écoule du vagin de la fille de moins de neuf ans et de la femme de plus de soixante ans, ne peut pas être considéré comme le sang menstruel.
7. La femme enceinte et la femme qui allaite sont susceptibles d'avoir leurs règles.
8. Il est indispensable que durant les trois premiers jours des menstrues le sang ne cesse pas de s'écouler; donc, s'il cesse après les deux premiers jours pour reprendre un jour plus tard, ce n'est pas le sang menstruel.
9. Il n'est pas indispensable que le sang s'écoule hors du vagin pendant les trois jours; il suffit qu'il y en ait à l'intérieur du vagin.
10. Si la femme voit le sang s'écouler de son vagin pendant plus de trois jours et moins de dix jours, et qu'elle n'a pas la certitude qu'il s'agit du sang menstruel ou de celui d'un abcès, elle doit si possible introduire un morceau de coton dans son vagin et l'en ressortir; si le sang s'écoule du côté gauche c'est celui des menstrues; s'il s'écoule du côté droit, c'est le sang d'un abcès.
11. Si la femme voit le sang s'écouler de son vagin et qu'elle doute s'il s'agit du sang menstruel ou celui de sa virginité, elle doit introduire un morceau de coton dans son vagin et le retirer après un certain temps. Si le sang a taché seulement le pourtour du coton, il provient de la virginité ; si tout le morceau de coton est imbibé de sang, c'est celui des menstrues.
12. Si la femme voit son sang s'écouler du vagin pendant moins de trois jours, s'arrêter puis  reprendre pendant trois jours,  c'est ce deuxième flux qui doit être considéré comme celui des menstrues, même si le premier coïncide mieux avec son cycle menstruel.
13. Pendant les menstrues de la femme, il vaut mieux que l'homme évite le coït, même
s'il   ne   pénètre   qu'incomplètement   —   c'est-à-dire jusqu'à l'anneau de circoncision —,  et
même s'il n'éjacule pas. Il est également hautement déconseillé de la sodomiser.
14. Si on divise le nombre de jours de menstrues de la femme par trois, le mari qui fait le coït pendant les deux premiers jours doit payer l'équivalent de 18 « nokhod » 432 d'or aux pauvres; s'il le fait pendant les troisième et quatrième jours, l'équivalent de 9 « nokhod » ; et s'il le fait les deux derniers jours, l'équivalent de 4 1/2 « nokhod ».
15. Sodomiser   une   femme   menstruée ne nécessite pas ce paiement.433
16. Si l'homme fait le coït avec sa femme au cours des trois périodes, il doit payer l'équivalent en or de 3 1 1/2 « nokhod ». Si le prix de l'or a changé entre le moment du coït et celui du paiement, c'est le prix au jour du paiement qui doit être choisi.
17. Si l'homme s'aperçoit pendant le coït que la femme vient d'avoir ses règles, il doit se retirer; s'il ne le fait pas il doit faire la charité aux pauvres.
18. Si cet homme n'est pas en mesure de faire la charité aux pauvres il doit faire un don à un mendiant. Si cela non plus ne lui est pas possible, il doit demander pardon à Allah.
19. Après la période menstruelle de la femme, son mari peut la répudier, même si elle n'a pas encore fait ses ablutions. Il peut également avoir un rapport avec elle, mais il vaut mieux qu'il attende que la femme ait fait ses ablutions. La femme n'est pas autorisée entre-temps à accomplir des actes qui lui sont interdits pendant ses règles : aller à la mosquée ou toucher l'écriture du Coran, tant qu'elle n'a pas fait ses ablutions.



2.— La pudibonderie.

Muhammad réussit à lier deux extrêmes: la débauche et la pudibonderie. Débauche pour lui et ses guerriers, qui ont toute latitude pour forniquer à leur aise, et pudibonderie pour tous les autres (les femmes au premier chef434 ), peur et mépris pour son corps et le corps des autres, et tout ceci sans aucune justification. Le mélange des deux aboutit à une situation des plus malsaines, où la frustration, endurcie par la jalousie, dérive immanquablement vers la violence.
C’est une occasion de plus d’observer qu’un totalitarisme est un système qui a pour but de soumettre l’individu par l’irruption constante dans les parties les plus intimes de sa vie.
Le corps prophétique, celui de l'individu Muhammad, est aussi concerné par cette pudeur extrême et malsaine: ce corps finalement désiré se rapproche de la féminité: sa couleur blanche l'atteste.


(Corpus coranique d'Othman 24/31).
Dis aux croyantes de baisser leur regards, d'être chastes, de ne montrer leurs atours que ce qui en parait. Qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs gorges! Qu'elles montrent seulement leurs atours à leurs époux, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs époux ou à leurs fils, ou à leurs frères,etc...435

(Dawud, Hadith 31/ 4003).436

L’envoyé de Allah s’est assis avec nous et ma cuisse était découverte. Il dit:
-Ne sais tu pas que la cuisse est un partie intime?

(ibn Sa’d, Tabaqat I 451).
Aïsha a dit:
-Je n’ai jamais vu les parties intimes du prophète437.

(ibn Sad, Tabaqat 8/46).
...l’envoyé d'Allah a dit:
-La fornication par les yeux consiste en un regard.

(Tafsir al Jalalayn 33).
Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes avant l'islam...”: Restez dans vos demeures. ne montrez pas vos charmes et vos parures en imitant les femmes, au temps de l'ère préislamique -de la première ignorance-, qui se montraient coquettes. A savoir qu'après l'avènement de l'Islam il fut permis à toutes les femmes de ne montrer que l'extérieur de leurs atours.

Fleurette.
(Bukhari, Sahih 60/ 209).438

Un homme a embrassé une femme puis alla le dire à l'envoyé d'Allah et l'inspiration divine lui a été révélée :
et offrez des prières parfaites aux deux extrémités du jour et pendant de la nuit. En vérité, les bonnes actions suppriment les mauvaises actions. C'est un rappel pour celui qui est attentif. L'homme dit :
- Est-ce une instruction pour moi seulement ?
Le prophète dit :
-C'est valable pour tous mes disciples qui se trouvent dans la même situation. 

(ibn Sa’d, Tabaqat I 497-8).
Quand le prophète était prosterné dans sa prière, la blancheur de ses aisselles était visible.
(...)
Je voyais la blancheur des parties au dessus des hanches du prophète quand il est prosterné dans sa prière.

(Bukhari, Sahih 82/9).
ibn Abbas a dit: je n’ai rien vu qui ressemblat plus à des fautes légères que celles que rappote Abu Horayra d’après ce que le prophète a dit:
-Allah a inscrit pour chaque fils d’Adam une part d’adultère qu’il commettra infailliblement: l’adultère des yeux, le regard et l’adultère de la langue, la parole ; car l’âme souhaite et désire ce que les organes génitaux réalisent ou non ce désir.


(Bukhari, Sahih 79/2,1).

Abdallah ibn Abbas a dit: Le jour du sacrifice, l’envoyé d'Allah avait pris en croupe sur le troussequin439 de la selle de sa monture al Fadl ibn Abbas qui était un bel homme séduisant. Comme le prophète s'était arrêté pour donner des instructions aux fidèles, une jolie femme des Banu Khatham s'avança vers l'envoyé d'Allah pour le consulter440 . al Fadl, séduit par la beauté de cette femme, s'étant mis à la fixer du regard, le prophète passa sa main en arrière et saisit al Fadl par le menton afin de détourner son visage, et de l'empêcher de continuer à regarder cette femme.
-Ô envoyé d'Allah, dit la femme, envoyé d'Allah a fait du pèlerinage un devoir pour ses adorateurs. Or mon père est un vieillard âgé, incapable de se tenir en selle. Puis-je, moi, accomplir le pèlerinage en son nom?
- Oui , répondit le prophète.


Le voile parfait...
(BBC news octobre 2008).

Le Cheikh Muhammad al-Habadan a déclaré que la possibilité de montrer leur deux yeux incitaient les femmes à utiliser du maquillage pour se faire séduisantes.
La question de savoir quelle superficie du visage une femme doit couvrir est un sujet à controverse dans plusieurs sociétés musulmanes.
Le niqab est plus répandu en Arabie Saoudite et dans le Golfe, la plupart des femmes dans le reste du Moyen-Orient portant quant à elle un foulard qui ne couvre que leurs cheveux.
Le Cheikh al-Habadan, un ouléma ultra-conservateur qui serait très influent chez les Saoudiens pratiquants, répondait à des questions sur la chaîne musulmane par satellite al-Majd.



3. — La contraception.

L’islam est absolument nataliste441 , et il interdit complètement la contraception ou l’avortement442 . Concernant les esclaves ou les captives, la législation est très claire: leur viol est permis, s’il n’est pas interrompu. La femme est méprisée par ces conceptions, mais ce sont aussi les hommes qui sont abaissés, eux que la Sunna considère comme des être animés de pulsions irréfléchies, incontinents, et finalement comme des êtres indignes et faibles.

(Dawud, Hadith 11/ 2166).443

Un homme dit:
-Envoyé d’Allah, j’ai une petite esclave444 et je retire mon pénis d’elle, parce que je ne veux pas qu’elle soit enceinte... Les Juifs disent que retirer son pénis est presque comme enterrer des filles vivantes.
Le prophète dit:
-Les Juifs t’ont menti. Si Allah a l’intention de créer, tu ne peux pas y échapper.

Prohibition de la contraception
(Bukhari, Sahih 62/ 136).445

Nous pratiquions le coït interrompu du temps du prophète quand le Coran a été révélé.446


4. — Sécrétions diverses.

On mentionne souvent le sperme, et d’autres sécrétions, dans le Coran, les hadiths, et d’autres documents, y compris pré-islamique. Le sperme est considéré comme un produit noble et une souillure447 à la fois, et même Muhammad, selon des hadiths bien attestés, en déposait un peu partout, de cette semence prophétique.

Lessive.
(Muslim, Sahih 2/ 568).448

Qutaiba ibn Sayd, Ishaq ibn Ibrahim, ibn Abu Aruba, Abu Mashar, Abu Bakr ibn Abu Shaiba, Mansur et Mughira ont tous transmis d'après Ibrahim, qui l'a lui-même transmis sous l'autorité d'Aïsha, le récit relatif à l'enlèvement des traces de sperme449 sur les vêtements de l'envoyé d'Allah comme le disait aussi le hadith de Khalid se référant à Abu Mashar450.

Géographie.
(Dawud, Hadith 1/ 236 et Malik, Muwatta 2/ 87).451

On interrogea le prophète à propos d'une personne qui avait trouvé une substance humide452 (sur son corps ou sur ses vêtements) et qui ne se souviendrait pas de son rêve érotique. Il répondit :
- Il devra prendre un bain.
On l'interrogea à propos de quelqu'un qui avait le souvenir du rêve érotique, mais qui n'avait pas retrouvé de substance humide. Il répondit :
- Le bain n'est pas nécessaire pour lui.
Umm Salamah demanda :
- Une femme qui voit cela (dans ses rêves) doit-elle se laver ?
Il répondit :
- Oui, les femmes sont la contrepartie des hommes.

(Muslim, Sahih 2-469).
D'après Umm Sulaym, J'interrogeai l'envoyé d'Allah de ce que la femme doit faire si elle voit un songe érotique, tout comme l'homme.
- "Si elle éjacule, répondit le prophète, elle devra se laver".
Eprouvant un peu de honte, je demandai au prophète :
-"Est-ce que la femme éjacule?"453
- "Oui, répliqua le prophète, sinon grâce à quoi son enfant lui ressemblerait-il. Le liquide émis par l'homme (le sperme) est épais et blanchâtre, tandis que celui de la femme est fluide et jaunâtre. La ressemblance (de l'enfant à l'un de ses parents) dépend alors de celui des deux liquides qui atteint l'utérus le premier".

(Muslim, Sahih 2-471).

D'après Umm Salama, Je vins trouver l'envoyé d'Allah et lui demandai : "Ô envoyé d'Allah! Certes, Allah ne se gêne pas de la vérité. Eh bien! La femme doit-elle se laver si elle voit un songe érotique?".
- "Oui, répondit le prophète, à condition qu'elle s'aperçoive de l'éjaculation".
- "Ô envoyé d'Allah! La femme éjacule-t-elle?".
- "Oui, répliqua le prophète, sinon, grâce à quoi son enfant lui ressemblerait-il?".

(Muslim, Sahih 2-456).
Ali a dit : J'étais souvent sujet au suintement sexuel454, mais comme j'avais honte d'interroger le prophète à ce sujet, car j'étais son beau-fils, je chargeai Al Miqdâd ibn Al 'Aswad de lui poser la question. Le prophète lui répondit alors :
-"Qu'il lave sa verge et fasse ses ablutions".


5. — Autorisation du viol.

C’est un des points les plus scabreux de cette législation, on l’a déjà dit. La règle s’adresse aux hommes, et à leurs pires pulsions, au-delà de la virilité455 et du machisme. Il faudrait faire une enquête de par le monde pour trouver ailleurs une codification de ce qui est considéré dans les sociétés modernes comme un crime.
Ces paroles autorisent le viol des femmes capturées par les combattants musulmans au cours des raids de pillage. Le viol, dans ces cas-là, est une façon de faire la guerre, pas d’autres moyens, en horrifiant les adversaires, en semant le trouble et l’angoisse chez eux, en satisfaisant les instincts de ses propres troupes. Au niveau théorique, le viol d’une infidèle n’est pas un viol et seul compte le point de vue du violeur.
Les allusions contemporaines à ces incitations criminelles, pourtant pieusement attestées, sont rarissimes.


(Bukhari, Sahih 60/ 139).456

Nous participions aux guerres saintes dirigées par le prophète et nous n'avions pas de femmes457 avec nous. Alors nous avons dit au prophète :
- Devons-nous nous castrer ?
Alors le prophète nous a interdit de le faire et nous a permis d'épouser (temporairement) une femme en lui donnant un vêtement puis il dit :
- Ô vous qui croyez ! Ne rendez pas illicite ce qu'Allah a fait licite pour vous. 

(Bukhari, Sahih 62/11).458
L'envoyé d'Allah a interdit à Othman ibn Mazun de s'abstenir de se marier (et d'autres plaisirs)459 , et s'il avait autorisé cet abstinence460 , nous nous serions castrés. 

(Bukhari, Sahih 62/ 9).461

Nous combattions dans les guerres saintes avec le prophète et nous n'avions pas de femmes avec nous. Alors nous avons demandé :
- Ô envoyé d'Allah ! Devons-nous nous castrer ?
Le prophète nous l'a interdit . 


6. — De la reproduction.

La reproduction humaine est encouragée, dans des buts nataliste et militaire. Muhammad donne l’exemple, même s’il ne sera pas capable de produire des fils. D’autres personnes sont invoqués, comme le roi Salomon. La divinité est aussi invoquée au moment de l’orgasme, pour favoriser la procréation (ce qui doit demander une certaine maîtrise de soi, ou une piété à toute épreuve).

(Bukhari, Sahih 78/ 634).462

L'envoyé d'Allah a dit :
Salomon463 a dit :
- Cette nuit, je coucherai avec quatre-vingt dix femmes qui me donneront autant de cavaliers combattant pour la cause d'Allah.
Puis son compagnon lui dit :
- Dis : si Allah le veut !
Mais il ne le dit pas. Salomon coucha avec toutes les femmes, mais aucune ne devint enceinte, sauf une, qui donna naissance à une moitié d'homme. Par celui entre les mains duquel est l'âme de Muhammad, si Salomon avait dit "Si Allah le veut”, toutes ces femmes seraient devenues enceintes et les fils auraient combattu pour la cause d'Allah en tant que cavaliers464

Procréation assistée.
(Bukhari, Sahih 4/143).465

L'envoyé d'Allah a dit :
- Si quelqu'un a des relations sexuelles avec sa femme et qu'il a dit au début “Au nom d'Allah ! protège-nous de Satan466 et protège aussi de Satan ce que tu nous as accordé, et s'ils prévoient de faire un enfant, Satan ne pourra jamais faire de mal à cette progéniture.”


7. — Les conseils du bon Docteur Muhammad.

Muhammad se pose en gynécologue et sexologue avisé: voici quelques-uns de ses diagnostics.467

(Muslim, Sahih 3/ 607).468

- Messager d'Allah, au cas où une femme voit ce que voit un homme en rêve et qu'elle ressente en rêve ce que ressent un homme469 ?
Aïsha répondit :
-Ô Umm Sulaym, tu humilies les femmes, puisse ta main droite être recouverte de poussière470 .
Le saint prophète dit à Aïsha :
- Laisse ta main recouverte de poussière et (à Umm Sulaym)
-Ô Umm Sulaym, elle doit prendre un bain si elle voit ça. 

Précepte de sexologie.
(ibn Kathir, Tafsir 2).
Le sexe anal471 est prohibé.
A propos du vagin472 , comme ibn Abbas, Mujahid et d’autres savants l’ont affirmé. Donc, le sexe anal est interdit, comme nous le développerons plus loin, si Allah le veut.
...
ceux qui se purifient de leur impureté et des obscénités comme avoir des relations sexuelles avec sa femme pendant ses règles, et la sodomie.

Précocité.
(Bukhari, Sahih 5/269).473

J'avais souvent des éjaculations émotionnelles. Étant le gendre du prophète, j'ai demandé à quelqu'un de lui en parler. Alors l'homme est allé voir le prophète. Le prophète a répondu :
- Pratique l'ablution474 après avoir lavé ton pénis. 

(Abu Dawud, Hadith 38/4450).
Il n’y a pas de punition pour celui qui commet un acte sexuel illégal avec un animal.


Erotisme féminin.
(Bukhari, Sahih 5/280).475

Umm Sulaym, femme d'Abu Talha est venue voir l'envoyé d'Allah et a dit :
-Envoyé d'Allah ! En vérité Allah n'est pas honteux de te dire la vérité. Est-il nécessaire pour une femme de prendre un bain après qu'elle ait eu un rêve humide?
L'envoyé d'Allah répondit :
- Oui, si elle a remarqué un afflux de sécrétion476.

(Bukhari, Sahih 55/546).477

Le prophète a dit :
-Si l'homme a des rapports sexuels avec sa femme et qu'il éjacule en premier, l'enfant ressemblera au père, et si c'est la mère qui a l'orgasme en premier c'est à elle que l'enfant ressemblera478.

(ibn Maja, Hadith Qudsi 295).
L’apôtre d'Allah nous a rapporté ceci: chacun de vous est créé en entier dans l’utérus de sa mère pendant 40 jours. Il devient ensuite un être identique à une sangsue pour la même période, puis un morceau de chair pour une période identique. Allah lui envoie ensuite un ange avec l'ordre d'écrire quatre mots: on lui ordonne d'écrire son œuvre, le délai de sa vie, les moyens de subsistance, et son sort ultime (s'il sera parmi les bienheureux ou parmi les heureux). Par celui qui tient mon âme en sa main, l’un d’entre vous agit sel les œuvres des élus du paradis, jusqu'à ce qu'il ne reste entre lui et le Paradis que la distance d'une coudée, lorsque ce qui lui a été prédestiné l’emportera, agira selon les œuvres des réprouvés du feu, et il y entrera. De même, l'un d'entre vous agit selon les œuvres des réprouvés du feu, jusqu’à ce qu'il ne reste en lui et le feu, que la distance d'une coudée, lorsque ce qui lui a été prédestiné 1’emportera, a agira selon les œuvres des élus du Paradis, et y entrera .

(Dawud, Hadith 1/264).479
Le prophète a dit à propos de quelqu'un qui a des relations sexuelles avec sa femme alors qu'elle a ses règles :
- Il devra payer un dinar ou la moitié d'un dinar en aumône480

(Dawud, Hadith 11/ 2157).481

Le prophète a dit :
- Celui qui a des relations sexuelles avec sa femme par l'anus est maudit. 


8. — De la frustration sexuelle.


La frustration sexuelle, à une échelle massive, est une des causes essentielles du malaise perceptible dans la Médine mohammédienne, comme dans d’autres sociétés musulmanes, heureusement moins idéales. Le système instauré par le guide favorise outrageusement les hommes les plus puissants politiquement, lui au premier rang, ceux qui ont les ressources, les commandements militaires, et l’avantage de l’âge. Sur ce point, le partage des captives sélectionnées est l’occasion de constituer une aristocratie, mais par la voie sexuelle (phénomène qui se constate dans nombre de sociétés de mammifères).
La masse des autres membres de la communauté, malgré l’afflux de captives, n’ont que leurs frustrations pour compagnes, et les pulsions de mort qu’ils engendrent inévitablement. Jusqu'à nos jours, cette monumentale frustration sexuelle est le terreau sur lequel s'épanouit le jihad des jeunes hommes.482


La solution diététique.
(Bukhari, Sahih 62/ 3).483

Le prophète nous a dit une fois :
- Ô jeunes gens! Que ceux qui peuvent se marier se marient, et celui qui n'est pas capable, qu'il jeûne, parce que le jeûne diminue sa puissance sexuelle. 

Onanisme.484
(Bukhari, Sahih 4/ 163).485

L'envoyé d'Allah a dit :
- Celui qui se réveille de son sommeil doit laver ses mains avant de les mettre dans l'eau pour les ablutions, parce que personne ne sait ce que ses mains ont fait pendant le sommeil. 

En échange de la chasteté.
(Bukhari, Sahih 76/ 481).486

L'envoyé d'Allah a dit :
- Celui qui garantit (la chasteté de) ce qui est entre ses mâchoires et entre ses jambes, je lui garantis le paradis487

Devoir conjugual.
(Bukhari, Sahih 54 460).488

L'envoyé d'Allah a dit :
- Si un époux appelle sa femme dans son lit et qu'elle refuse et l'oblige à dormir en colère, les anges la maudiront jusqu'au matin. 

(Ibn Hanbal , Musnad 2294, 2591).
L’envoyé d'Allah a dit:
-Si quelqu’un a des relations sexuelles avec un animal, tuez le et tuez aussi l’animal qui est avec lui.
J’ai489 demandé à ibn Abbas:
-Pourquoi l’animal?
-Je pense que le prophète refuse que sa viande soit mangée parce qu’une telle chose lui est arrivée.


9. — L’ambiguité sexuelle et l'homosexualité.

Même si l'homosexualité et les comportements homosexuels sont des phénomènes courants dans le monde musulman490 (comme dans toute communauté pratiquant la ségrégation sexuelle), ils sont en même temps fermement réprimés dans la doctrine, suivant en cela la teneur de l'Ancien Testament. Ce monde est masculin, viril et machiste et ne souhaite pas tolérer des pratiques réputées odieuses, tout en y succombant massivement.491
Un verset coranique fait directement allusion aux moeurs de Sodome et Gomorrhe, en s'inspirant clairement de la Bible: il suffit comme référence pour justifier la répression contre ces personnes dans les pays musulmans.
La pratique massive de la castration des esclaves a été une autre manifestation de cette ambiguité sexuelle pourtant condamnée, et qui suscitait une sourde fascination.492
Bon, quiconque a déjà vécu dans un pays musulman sait à quel point l'ambiance y est lourde et "gay-friendly", mais tout ceci en pleine hypocrisie, par les biais les plus tortueux et les plus malsains.493



(Corpus coranique d'Othman 7/81).

Rappelle Loth quand il dit à son peuple: vous livrez-vous à cette turpitude? Nul de ce monde ne l'a commise avant vous. En vérité, par concupiscence, vous commettez l'acte de chair avec des hommes et non avec des femmes. Vraiment vous êtes un peuple impie.494

(Corpus coranique d'Othman 21/74).
A Loth nous avons donné l'illumination495 et science et nous l'avons sauvé de la cité qui perpétrait les turpitudes et dont les habitants furent un peuple mauvais et pervers.

(Bukhari, Sahih 82/ 820).496
Le prophète a maudit les hommes efféminés et les femmes qui prennent les allures des hommes. Il a aussi dit :
- Jetez-les hors de vos maisons. 

(Bukhari, Sahih 72/ 774).497
Le prophète a maudit les hommes efféminés et les femmes qui prennent les allures des hommes. Il a aussi dit :
- Expulsez-les de chez vous.
Il expulsa untel et untel ; et Omar498 expulsa untel et untel.499

(Bukhari, Sahih 67/113).
Umm Salama rapporte que le prophète étant chez elle, alors qu’un effeminé s’y trouvait également, l’efféminé dit au frère de Abu Salama, Abdallah ibn Abu Omayya:
-Si Allah vous accorde la prise de Ta’if, je te mènerai chez Bint Ghaylan ; quand elle se montre de face, elle montre quatre plis de graisse, et vue de derrière, elle en montre huit.
-Ne laissez pas entrer chez vous des individus comme cet homme! s’écria le prophète.

(Abu Dawud, Hadith 38/4448).
Si un homme célibataire est capturé pour avoir commis la sodomie500 , il sera lapidé à mort.


Punition des homosexuels.
(ibn Taimiya, Traité de droit 106-7).
Les sunan rapportent, d'après ibn Abbas, que le prophète a dit:
-Ceux que vous trouvez en train de commettre le crime de Loth, tuez-les tous deux.
Abu Dawud rapporte, selon ibn Abbas, que l'on doit lapider le jeune homme surpris en train de se livrer à la sodomie. On atttribue à Ali ibn Abu Talib la même opinion.
Les Compagnons sont donc tous d'accord pour soutenir que le pédéraste doit être mis à mort. Ils divergent sur le mode de l'exécution. Abu Bakr avait donné l'ordre de le brûler vif, d'autres de le tuer, d'autres de renverser sur lui un mur et de le laisser mourir sous les décombres ; d'autres estiment que l'on doit enfermer les deux coupables dans un lieu immonde jusqu'à ce que mort s'ensuive ; d'autres que l'on doit les jeter dui haut du mur le plus élevé de la ville, puis les achever à coups de pierres, puisque Allah a infligé ce châtiment aux gens de Loth501 , et conformément à une tradition qui remonte à ibn Abbas.
Dans la première tradition attribuée à ibn Abbas, nous avons vu que le pédéraste devait être lapidé. Cette doctrine est celle des Anciens502. Allah a lapidé les gens de Loth, et c'est précisément par analogie qu'il a ordonné qu'on lapidât l'adultère. Les pédérastes seront donc lapidés, qu'ils soient tous deux de condition libre ou servile, ou que l'un d'eux soit l'esclave de l'autre, à la condition qu'ils soient majeurs. Si l'un d'eux est mineur, il subira une peine inférieure à la peine de mort ; celui qui est majeur sera seul lapidé.
Quant à la sodomie, certains docteurs lui infligent la même peine qu'à la fornication. D'autres estiment qu'elle doit être punie moins sévèrement. La véritable doctrine, fondée sur l'accord unanime des Compagnons, est que l'on doit mettre les deux complices à mort, qu'ils soient muhsan ou non.


(Agence AFP septembre 2008).
SARAJEVO. Des dizaines de voyous homophobes ont attaqué les participants du premier festival gay à Sarajevo mercredi, faisant au moins huit blessés selon la police.
La bagarre a éclaté en face de l’académie des Beaux-Arts du centre de Sarajevo à la fin de la cérémonie d’ouverture de ce festival prévu pour durer quatre jours.
« Alors que je sortais de l’académie, j’ai soudainement été frappé dans le dos » raconte Pedja Kojovic, journaliste local. « Trois autres personnes sont arrivées en courant, et m’ont tabassé. »
Emir Imamovic, un journaliste qui a essayé d’aider Kojovic, a été sérieusement blessé selon la police. Un autre journaliste a également été blessé.
Un fort déploiement policier a empêché que davantage de violence ne vienne gâcher l’événement, un cordon de sécurité tenant à l’écart les opposants qui criaient « tuez les homosexuels » et « Allahu Akbar » (une expression musulmane qui signifie : Dieu est grand).
Un officier de police présent sur les lieux a déclaré que des groupes d’opposants anti-gay s’étaient répandus dans les rues adjacentes et s’étaient mis à attaquer les gens. Un officier de police a été frappé à la tête au cours des affrontements.
Quelque 50 personnes participaient à l’ouverture du festival, dont on craignait qu’il suscite de la violence, l’homophobie l’emportant sur les divisions habituelles qui séparent les communautés historiquement ennemies du pays : musulmans, serbes et croates.
La majorité musulmane du pays est particulièrement remontée contre ce festival, car il a lieu durant le mois musulman sacré du ramadan.
De nombreuses personnes, y compris des membres des différents partis politiques éthiques du pays, ont déclaré que l’homosexualité était une maladie, et classifié le comportement comme étant déviant.




§ 371. — La prohibition de l’alcool.

Le texte coranique est hésitant, tremblotant quant à l’alcool503: élément bienfaisant d’abord, puis source de perturbation publique, et enfin, emblème du mal, tout en faisant partie des attractions paradisiaques504 . En revanche, la tradition est unanime pour traiter les buveurs avec férocité, en prenant exemple sur Muhammad et ses compagnons. La prohibition505 a sans doute des origines variées, et elle est déjà présente dans quelques cultes arabes païens506 . Comme toujours, elle se pose aussi en contradiction avec les autres systèmes: usage licite pour les juifs507 , usage liturgique chez les chrétiens508 et les mazdéens509 , symbole de richesse et de noblesse chez les Arabes païens, et prélude à des distractions profanes pour tous, et au désordre quelques fois510 .
On devine que pour Muhammad les motivations liées la discipline dans les contextes rituels et guerriers sont primordiales.
Plus tard, dans le monde musulman même, la consommation d’alcool est devenue une affirmation de la liberté individuelle , ou de suprême hypocrisie511 .


La liberté de boire et de croire.
(I. Goldziher, Muslim Studies I, Londres, 1967-71, p. 34).

“Les récits des premiers temps de l'islam nous montrent que parmi les vrais Arabes, il y avait des individus qui tenaient à la liberté et pour qui le nouveau système était si rédhibitoire, qu'ils préféraient quitter définitivement la société plutôt que de perdre leur liberté, lorsque l'islam se proposait de leur imposer rigoureusement le din et de punir les plaisirs. Rabia ibn Umayya ibn Khalaf était un tel homme, un homme profondément respecté, renommé pour sa générosité. Il ne voulait pas abandonner le vin parce que l'islam le lui imposait et il buvait même pendant le mois de ramadan. Pour cela, Omar le bannit de Médine, ce qui le rendit si vindicatif contre l'islam qu'il ne voulut point retourner à la capitale, même après qu'Omar fut mort et bien qu'il eût de bonnes raisons de croire qu'Uthman serait plus indulgent. Il préféra émigrer et se convertir au christianisme.”


1. — De l’autorisation de boire...

A la Mecque, Muhammad commence par louer la consommation d'alcool, pour se concilier des partisans, et pour s'intégrer au culte chrétien. Son oncle Hamza est son partisan et un dévôt de la dive bouteille.

L’éloge des boissons fermentées dans le texte coranique.
(Corpus coranique d'Othman 16/69).

Des fruits du palmier et des vignes, vous tirez une boisson enivrante et un aliment excellent. En vérité, en cela, est certes un signe pour un peuple qui raisonne512.

L’interdiction de l’ivresse513 dans la prière.514
(Corpus coranique d'Othman 4/46).

O vous qui croyez! n’approchez point de la prière, alors que vous êtes ivre, avant de savoir ce que vous dites...


(Bukhari, Sahih 69/ 481).515
L’envoyé d’Allah a dit: celui qui boit de l’alcool dans ce monde et ne se repent pas en sera privé dans l’au-delà.

(Bukhari, Sahih 74/10, 1).
Abu Jawayriya a dit:
-Interrogé par moi sur le vin cuit, ibn Abbas me répondit: l’usage du vin cuit est postérieur à Muhammad. Tout ce qui enivre est prohibé.
Je dis alors:
-Le jus de raisin est une boisson licite et bonne.
-Oui, répliqua t-il ; mais après avoir été licite et bon, le jus de raisin (fermenté) devient illicite et mauvais.


2. — ...à l’interdiction.

Elle doit discipliner la société, lui inculquer l'obéissance, et le refuge exclusif dans la religion et le combat. Elle permet aussi de se distinguer fortement des païens et des chrétiens, même si ces derniers ont parfois tenté de recourir à ce moyen.516

(Bukhari, Sahih 69/ 506).

Le prophète a interdit de boire des boissons alcoolisées faites à partir de raisins, de dattes, fraîches ou séchées.517

(Dawud, Hadith 26/ 3666). 518
Le prophète a dit :
- Allah a maudit le vin, celui qui le boit, le sert, le vend, l'achète, le presse et celui pour qui il est pressé, celui qui le transporte et celui pour qui il est transporté. 

Digestion
(Bukhari, Sahih 43/ 644).519

J’ai été le chambellan de la maison des Abu Talha, et à cette époque, les boissons étaient faites avec des dattes. L’envoyé d’Allah ordonna à quelqu’un d’annoncer que les boissons alcoolisées étaient maintenant interdites. Abu Talha m’ordonna de sortir et de répandre le vin. Je l’ai fait, et il coulait dans les rues de Médine. Des gens dirent alors:
-Certains ont été tués520 et il y avait encore du vin dans leur ventre.
De là vient la révélation divine:
il n’ y a pas de honte sur celui qui croit et qui agit bien, pour ce qu’il a ingurgité dans le passé.

(Tabari, Tafsir 2/219).
Awf rapporte que Abu Qamus Zayd ibn Ali a dit :
Allah fit descendre à trois reprises une révélation au sujet du vin.
Dans le premier verset qu'il fit descendre, Allah dit:
Ils t’interrogent sur les boissons enivrantes et les jeux de hasard.
Réponds-leur : Parmi les musulmans, ceux pour qui la volonté d'Allah était qu'ils agissent de la sorte, continuèrent alors à boire du vin.
C'est ainsi que deux hommes entrèrent en prières et se mirent à dire des choses aberrantes - Awf, qui rapporte ce propos, ne sait pas de quoi il s'agissait -.
C'est à propos de ces deux hommes qu'Allah... fit descendre le verset suivant :
... ne vous approchez pas de la prière alors que vous êtes en état d'ébriété, et ce, afin que vous sachiez ce que vous dites ...
... A partir de ce moment-là, ceux qui continuaient d'en boire s'en abstinrent au moment des prières.
D'après Abu Qamus, il en fut ainsi jusqu'au moment où un homme se mit à se lamenter sur les victimes de la Bataille de Badr après avoir bu du vin.
Ces lamentations parvinrent aux oreilles de l'envoyé ; celui-ci, arriva en toute hâte, son manteau étroitement serré contre lui, tant la frayeur que lui inspirait de tels propos était intense. Lorsqu'il regarda l'homme en question il fut sur le point de le frapper avec quelque chose qu'il tenait en main.
- Je me réfugie en Allah, dit celui-ci, contre la colère d'Allah et de son envoyé. Par Allah, plus jamais je n’en boirai !
C'est alors qu'Allah fit descendre l'interdiction définitive du khamr521 :
... les boissons enivrantes, les jeux de hasard... ne sont qu'une souillure
procédant de l'œuvre du Shaytan. Évitez-les !..."


Mythologie éthylique.
(Bukhari, Sahih 55/ 607).522
L'envoyé d'Allah a dit :
- La nuit de mon ascension vers le ciel523, j'ai vu Moïse, un être maigre aux cheveux raides, ressemblant à quelqu'un de la tribu de Shanua ; et j'ai vu Jésus, qui était de taille moyenne avec un visage rouge comme s'il sortait d'une salle de bain. Et je ressemble au prophète Abraham plus que tout le reste de sa descendance. On m'a ensuite donné deux coupes, une avec du lait, l'autre avec du vin. Gabriel a dit :
-Bois celle que tu veux.
J'ai pris le lait et je l'ai bu. Gabriel a dit:
-Tu as pris ce qui est naturel et si tu avais pris le vin, tes disciples se seraient égarés.


4. — La répression.

Encore quelques manifestations de jouissance dans les tableaux qui sont faits de la répression anti-alcoolique. Comme la peine n'est pas capitale immédiatement, le châtiment doit comporter un pouvoir d'exemplarité et doit faire honte publiquement.

(Muslim, Sahih 17/ 4230).524

L'envoyé d'Allah frappait les buveurs de vin quarante fois avec des chaussures et des branches de palmiers. 

(Bukhari, Sahih 81/ 770).525
Nous avions l'habitude de frapper les ivrognes avec nos mains, chaussures, vêtements durant la vie du prophète. 

(Bukhari, Sahih 81/ 765).526

Uqba ibn Al Harith a dit :
- An Numan ou son fils a été amené devant le prophète accusé d'ivrognerie. Alors le prophète ordonna à tous les hommes présents dans la maison de le battre. Ils l'ont tous battu et j'ai été un de ceux qui l'ont battu à coups de chaussures. 

(Dawud, Hadith 38/ 4467).527
Le prophète a dit :
- Si des gens boivent du vin, fouettez-les, s'ils boivent encore, fouettez-les. S'ils boivent encore une fois, tuez-les. 

(Muslim, Sahih 17/ 4228).528

Le prophète a battu un ivrogne avec des palmes de dattier et des chaussures et Abu Bakr529 lui a donné quarante coups de fouet. 

(Bukhari, Sahih 38/ 509).530
Quand An Numan ou son fils fut amené en état d'ébriété, l'envoyé d'Allah ordonna à tous ceux qui étaient présents dans la maison de les battre. J'ai été un de ceux qui les ont battus. Nous l'avons battu avec des chaussures et des tiges de palmier. 

Le délit d'ivresse.
(ibn Taimiya, Traité de droit 107-110).
La consommation de produits fermentés est passible d'une peine qui a été établie par la Sunna et l'igma531 des musulmans. Les sunan rapportent, par des voies différentes, que le prophète a dit:
-Quand un homme boit du, vin, donnez-lui le fouet. S'il recommence, donnez-lui le fouet. S’il boit encore, donnez-lui le fouet. S'il boit une quatrième fois, mettez-le à mort.
Il est établi que le prophète, ses califes et les musulmans qui vinrent après lui infligèrent la peine de flagellation à des personnes qui avaient bu. La plupart des docteurs considèrent la peine de mort comme abrogée. D'autres estiment qu'elle a été maintenue ; d'autres enfin soutiennent qu'elle est laissée à la discrétion du chef de l'Etat et que celui-ci peut l'appliquer s'il le juge opportun.
Il est établi que le prophète faisait donner quarante coups de branches de palmier ou de sandales à ceux qui avaient bu. Abn Bakr maintint ce chiffre. Omar, pendant son califat, le porta à quatre-vingts. Ali faisait donner tantôt quarante coups, tantôt quatre-vingts.
(...)
On buvait alors au Hedjaz du nabid doux. Ce breuvage consistait à faire macérer des dattes ou des raisins secs dans de l'eau (nabada signifie taraba jeter, mettre), de manière à ce que cette eau prît un goût sucré ; les eaux du Hedjaz sont en effet saumâtres. Cette boisson, de l'avis de tous les jurisconsultes, est permise, car elle n'est pas fermentée. Le jus de raisin, avant sa fermentation, est aussi permis.

Le prophète avait d'abord interdit que l'on préparât le nabid dans des récipients en bois, des jarres en terre, des gourdes, ou dans des outres passées au goudron532 . Il voulait que l'on préparât ce breuvage dans des outres qui avaient été fermées par une courroie. La fermentation commence insidieusement dans le nabid, sans que l'on s'en rende compte, et l'on peut être ainsi amené à boire une boisson qui a déjà commencé à fermenter. Une outre, dont l'orifice a été fermée par une courroie, s'entr'ouvre quand le liquide monte, et l'on peut ainsi éviter de commettre une action interdite. Dans les récipients dont nous avons parlé plus haut, un semblable phénomène ne saurait se produire.
(...)
On rapporte que le prophète permit ensuite l'usage de récipients pour la confection du nabid:
-Je vous avais d'abord interdit, dit-il, l'usage de récipients pour fabriquer votre nabid. Servez-vous en, mais ne buvez pas de boissons fermentées.

L'usage des boissons fermentées.
(ibn Qudama, Précis de Droit 265).533
Quiconque boit d'une boisson fermentée534, en petite ou en grande quantité, est passible d'une peine de quarante coups de fouet, s'il agit librement et en sachant que cette boisson enivre à partir d'une certaine dose. Ali a dit: «Le prophète appliquait une peine de quarante coups de fouet; Abu Bakr en donnait aussi quarante; Omar donnait quatre-vingts coups de fouet. Chacune de ces décisions constitue une sunna; pour ma part, je préfère celle d’Omar.»
La boisson fermentée peut provenir de jus de raisin ou de tout autre produit.


Extraits des quatrains d’Omar Khayyam, ivrogne et fier de l'être.535

(38) Je bois du vin, et l'on me dit, à droite et à gauche :
"Ne bois pas de vin, c'est l'ennemi de la religion !"
Quand j'ai su que le vin était l'ennemi de la religion,
J'ai dit : "Par Allah ! laissez-moi boire son sang, c'est un acte de piété."

(57) Ceux dont les croyances sont basées sur l'hypocrisie
Veulent faire une distinction entre l'âme et le corps.
Moi, je sais que le vin seul a le mot de l'énigme
Et qu'il donne conscience d'une parfaite unité

(94) Nous sommes retournés à notre débauche d'habitude,
Nous avons renoncé aux cinq prières.
Partout où se trouve une coupe, tu nous verras
Allonger le cou comme le cou de la bouteille.

(115) Bien que je sois venu, très humble, à la mosquée
Par Dieu ! je n'y suis pas venu pour la prière ;
J'y suis venu pour y voler un tapis de prière
Que le péché use... et j'y suis retourné plusieurs fois.



5. — In vino veritas: le cas d’Hamza.

Des documents indiquent que l’alcoolisme sévit pourtant dans la société médinoise, et les contrevenants sont épargnés, pour peu qu’ils soient puissants. Hamza oncle et compagnon du prophète, était un fieffé ivrogne avant sa conversion, et un fieffé ivrogne après. Comme il est un des héros les plus célèbres de l’islam, le fait est occulté dans la tradition ultérieure. Il est donc utile de présenter ce dossier concernant un personnage particulièrement intéressant, et à qui finalement le monde musulman doit sans doute l’interdiction de consommer de l’alcool!

(Bukhari, Sahih 53/324).
...le prophète a vu mon visage que je souffrais, alors il demanda:
-Que t’arrive t-il de mal?
-Ô envoyé d’Allah! Je n’ai jamais vu un jour pareil! Hamza a agressé mes deux chamelles, il a tailladé leurs bosses, lacéré leurs flancs, et là, il est assis dans une maison avec des ivrognes.
Le prophète demanda qu’on lui remette son manteau, et il partit, suivi de Zaid ibn Haritha et de moi-même, jusqu’à la maison où était Hamza. Il demanda la permission de rentrer, et on la lui accorda. Et ils étaient ivres.
L’envoyé d’Allah commença par réprimander Hamza pour ce qu’il avait fait, mais Hamza était ivre et ses yeux étaient rouges. Hamza regarda l’envoyé d’Allah, leva ses yeux, regarda ses genoux, leva les yeux, regarda son nombril, et leva ses yeux, et regarda son visage.
Hamza dit alors:
-N’êtes vous rien d’autre que les esclaves de mon père536 ?
L’envoyé d’Allah vit qu’il était ivre, alors il se retira, et nous sommes sortis avec lui.

(Bukhari, Sahih 64/12, 8).
Ali ibn Husayn a raconté que son père Huseyn ibn Ali lui avait dit que son père Ali vait tenu le discours suivant:une vieille chamelle qui provenait de ma part dans le butin fait le jour de Badr ; c'était le prophète qui me l'avait donnée pour ma part du quint dont Allah l'avait gratifié alors. Quand je voulus célébrer mon mariage avec Fatima, la fille du rophète, je fis un arrangement avec un bijoutier des Banu Qaynuqa ; il devait venir avec moi chercher de l'idzkhir537 que je voulais vendre aux bijoutiers afin de subvenir aux frais de mon repas de noces. Pendant que j'étais occupé à rassembler les bats, les sacs et les cordes pour mes deux vieilles chamelles, celles-ci étaient agenouillées à côté d'une cabane appartenant à un homme des Ansar. A peine avais-je fini de rassembler ces objets, que je m'aperçus qu’on avait coupé la bosse de mes deux chamelles et qu'on les avait éventrées pour en retirer le foie. Je ne pas contenir mes larmes à la vue d'un pareil spectacle et je demandai qui avait fait cela.
-C'est, me répondit-on, Hamza ibn Abd al Muttalib qui en est l'auteur, et il était dans cette maison à une ripaille de boisson que font les ansari avec une chanteuse et ses amis538 . Cette femme chantait :
-Ô Hamza, allons, va aux chamelles grasses.
En entendant ces paroles, Hamza a bondi sur son sabre, tranché les bosses des deux chamelles, les a éventrées et en a pris les foies539.
-Aussitôt, reprit Ali, je me rendis chez le prophète et entrai chez lui, où il se trouvait avec Zayd ibn Haritha. Le prophète savait ce qui m'était arrivé.
-Qu'as-tu? me dit-il.
-Ô envoyé d'Allah, lui répondis-je, je n'ai jamais vu chose pareille à celle qui m'arrive a jourd'hui. Hamza a mis la main sur mes deux chamelles et il leur a coupé la bosse et les a éventrées, et maintenant il est dans une maison avec un groupe de buveurs.
Le prophète demanda aussitôt son manteau ; il s'en revêtit et se mit en marche, suivi par moi et Zayd ibn Haritha. Arrivé dans la maison où était Hamza, il demanda la permission d'entrer ; on le fit entrer et alors il commença à adresser des reproches à Hamza sur ce qu'il avait fait. Hamza était ivre, les yeux rouges ; il se mit à toiser le prophète, descendant son regard jusqu'au genou de celui-ci, puis le remontant jusqu'à son visage, et s'écria
- Qu'êtes-vous donc, vous autres, sinon les esclaves de mon père?
En le voyant dans cet état d’ivresse, l’envoyé d'Allah revint sur ses pas à reculons et sortit. Nous sortîmes en même temps que lui.

(Bukhari, Sahih 42/3).
D'après Huseyn ibn Ali540 , Ali ibn Abu Talib a dit:
-J'avais eu ainsi que l'envoyé d’Allah une chamelle âgée pour ma part dans le butin de la bataille de Badr, et l'envoyé d'Allah m'avait aussi donné une autre vieille chamelle. Un jour j'avais fait agenouiller mes deux chamelles à la porte d'un homme des Ansàr parce que je voulais me servir de ces animaux pour aller chercher de l'idzkhir et le vendre afin d'en utiliser le prix pour le repas de noces de Fatima. J'avais avec moi un bijoutier des Banu Qaynuqa541.
Hamza ibn Abd al Muttalib était en train de se livrer à la boisson dans cette maison avec une chanteuse. Celle-ci se mit à dire:
-Hé! Hamz’542, sus aux vieilles chamelles grasses! Hamza bondit aussitôt avec son sabre, leur coupa les bosses et, leur ouvrant la poitrine, il en retira les foies. (...)
Reprenant son récit, Ali dit: En voyant ce spectacle effrayant j'allai trouver l'envoyé d'Allah, qui, à ce moment, avait auprès de lui Zayd ibn Haritha, et l'informai de l'aventure. Alors le prophète sortit accompagné de Zayd et je fis route avec eux. Arrivé auprès de Hamza, le prophète entra dans une violente colère, mais Hamza levant les yeux s’écria:
-Qu’êtes-vous donc, vous autres, sinon les esclaves de mes ancêtres?
En entendant ces paroles, l’envoyé d'Allah s’éloigna et sortit en marchant à reculons. Ceci se passait avant que le vin n’eut été prohibé.

§ 372. — Règlementation sans bornes.

Le personnage de Muhammad a un avis sur tout, et c’est bien la marque du totalitarisme que la volonté de régler sans exception la vie de ses contemporains. Les sentences naissent d’obsessions, de caprices, et rarement de véritables intuitions.
Le parti-pris a été de rassembler ici la contribution gnomique de Muhammad dans ce qu’elle a de plus abscon et pittoresque, dans le but de divertir le lecteur. Mais le sourire, devant l’aberrant , le grotesque et le pitoyable ne doit pas faire oublier que la gamme prodigieuse des domaines où Muhammad se sent une forme de compétence absolue témoigne véritablement d’une ambition totalitaire à l’encontre des habitants de Médine, à qui peu de choses sont laissés à portée de leur libre-arbitre.
Le chef de la communauté prodigue aussi nombre de conseils médicaux étonnants, aux conséquences pathétiques. Il s’y révèle aussi incompétent qu’irresponsable.



1. — Il est permis d’interdire.

Une courte liste suffit à se rendre compte de l’étendue du degré d’intervention de Muhammad dans les domaines les plus variés, et les plus étranges, où il réussit à imposer des interdits incohérents et saugrenus.543 Cet amas d'avis a donné naissance à un véritable genre littéraire, au contenu involontairement comique.544


(Jurjani, Livre des Définitions 655).
al hallal.
Le licite, le permis.
1-C’est toute chose dont l’accomplissement n’entraine pas de sanction.
2-C’est tout acte que la loi rend libre d’accomplir. Cette dernière acception vient du terme hall, l’acte de dénouer.

(Bukhari, Sahih 55/23).
D’après Abu Horayra, le prophète a dit:
-Evitez sept périls!
-Et quels sont ces périls, ô envoyé d'Allah?
-Ce sont, répondit-il, le polythéisme, la magie, le meurtre, à moins qu’il ne soit légitime et non interdit par Allah, le fait de vivre de l’usure, de manger le bien de l’orphelin, de fuir au jour du combat, et de calomnier les croyantes vertueuses qui ne songent point à mal545.

Echec et mat.
(Muslim, Sahih 28/ 5612).546

L'envoyé d'Allah a dit :
- Celui qui joue aux échecs est comme celui qui teint sa main avec de la viande et du sang de porc547

Tric-trac.
(Dawud, Hadith 46/ 4920).548

L'envoyé d'Allah a dit :
- Celui qui joue au tavla désobéit à Allah et à son prophète. 

Interdits variés.
(Bukhari, Sahih 68/51, 2).549

Le prophète a maudit celle qui tatoue et celle qui se fait tatouer ; il a maudit également celui qui profite de l’usure et celui qui en fait profiter. Il a interdit le prix du chien, et celui de l’adultère. Il a maudit les peintres550.

(Bukhari, Sahih 74/28).
El Bara ibn Azib a dit: L'envoyé d’Allah nous a ordonné sept choses et nous en a interdit sept autres. Il nous a ordonné de visiter le malade, de suivre les convois funèbres, de dire: "Allah vous bénisse" à qui éternue551, de répondre favorablement à qui vous invite, de saluer publiquement les gens, de venir en aide à l'opprimé, et de bien s'acquitter de son serment552. Il nous a interdit: de porter un anneau à cacheter en or, de boire dans un vase d'argent, de se servir de couvertures pour rembourrer les selles, et de l'étoffe 553, de revêtir des habits de soie554, de brocart et de satin555.

(Tafsir al Jalalayn 62).
Quand ils entrevoient quelque commerce ou quelque divertissement, ils s'y dispersent et te laissent debout. Dis: “Ce qui est auprès d'Allah est bien meilleur que le divertissement et le commerce, et Allah est le Meilleur des pourvoyeurs” : Un jour de vendredi, alors que le prophète faisait son prône 556 une caravane arriva. Comme il était de coutume, on a battu le tambour et les hommes sont sortis de la mosquée à l'exception de douze fidèles. C'est à cette occasion qu'Allah révéla: Lorsqu'ils voient un objet de négoce ou un amusement, à savoir qu'ils préféraient le premier, ils te laissent debout continuer ton prône. Dis-leur: "La récompense qui se trouve auprès d'Allah est meilleure pour les croyants que l'amusement et le négoce. Allah est, certes, le meilleur dispensateur des biens. Jabir rapporte: En célébrant un mariage, les gens parcouraient les sentiers en battant du tambour et jouant à la flûte. Ils laissaient le prophète, debout sur la chaire, pour assister à la cérémonie. Ibn al Munazir, quant à lui, a avancé qu'il s'agissait de ces deux choses: la noce et le négoce quand une caravane rentrait.

Politesse.
(Bukhari, Sahih 73/ 245).557

Le prophète a dit :
- Allah aime l'éternuement, mais déteste le baillement ; donc, si quelqu'un d'entre vous éternue et ensuite glorifie Allah, chaque musulman qui l'entend doit lui dire tashmit558 . Mais quant au baillement, il vient de Satan, donc si l'un d'entre vous baille, il doit faire de son mieux pour s'arrêter parce que si quelqu'un baille, Satan se moquera de lui. 

(Bukhari, Sahih 54/ 509).559
Le prophète a dit :
- Bailler560 vient de Satan et si quelqu'un baille, il doit contrôler le plus possible son baillement parce que s'il fait "ha!" alors Satan se moquera de lui. 

(Ibn Hanbal, Musnad, 1/239). 
L’envoyé d'Allah disait : " Si l’un d’entre vous se met en colère, faites le taire.”

(Ibn Majah, Hadith 4193).
Le prophète disait : " Ne riez pas trop, car le rire excessif tue le cœur”.


2. — La médecine prophétique et ses limites.

Quelques exemples de prescriptions pseudo-médicales appelées, “médecine prophétique”561 ; la panacée la plus employée reste la bave ou le crachat de prophète (ou de l'eau miraculeuse de Zamzam)562 ; c’est ce que l’on appelle du charlatanisme, de nos jours, et c’est une infraction punie par la loi.
En vérité, Muhammad suit les pratiques des sorciers arabes contemporains, et y met un peu du sien. On remarquera qu’il ne guérit pas vraiment, et constate plutôt son propre échec thérapeutique. La distance est grande avec la médecine arabe héritée des Grecs, oeuvre surtout des Arabes chrétiens, et tant vantée en Occident.


Le miel en panacée.
(Corpus coranique d'Othman 16/70-72).

Ton seigneur a révélé aux abeilles563 :
-Prenez des demeures dans les montagnes, les arbres et ce qu'élèvent les hommes.
Mangez en outre de tous les fruits et dociles, empruntez les chemins du seigneur!
Du ventre des abeilles564 sort une liqueur de différents aspects où se trouve une guérison pour les hommes.

Les limites de la médecine.
(Bukhari, Sahih 93/ 562).565

L'envoyé d'Allah entra chez un bédouin malade et lui dit :
- Ne t'inquiète pas, Tahur, ta maladie est une purification de tes péchés, si Allah le veut.
Le bédouin dit :
- Une purification ? Non, c'est la fièvre qui brûle dans le corps d'un vieil homme et qui va le conduire à la tombe.
Le prophète dit :
- Alors, c'est ainsi. 

Le miracle de l’aveugle.
(Hanbal, Musnad 4/138).

Un aveugle est venu auprès de l’apôtre d'Allah et lui a demandé de prier Allah pour recouvrer la vue. L’apôtre d'Allah a dit:
-Si tu désires, soit je ne prierai pas -la cécité sera mieux pour toi dans l’au-delà- soit je prierai.
L’homme choisit d’être soulagé de la cécité et l’apôtre d'Allah lui dit:
-Va et fais une ablution.
Ensuite il pria deux rakat et dit:
-Ô Allah! Sûrement mon appel est à toi et je me tourne vers toi à travers le prophète Muhammad pour recouvrer la vue. Ô Allah, fais de lui ton intercesseur!
L’homme fit ce que l’apôtre d'Allah lui dit de faire et la vue lui revint.

(ibn Sad, Tabaqat II 262).
Quand l’apôtre d'Allah rendait visite à un malade, il avait coutume de frotter son visage et son torse avec ses mains en récitant:
-Ô seigneur des hommes! Enlève le mal, et guéris le, car tu es celui qui donne la santé.

(ibn Sa’d, Tabaqat I 411).
Mikhwas avec ses hommes attendait de voir le prophète, en délégation. Quand ils le laissèrent, Mikhwas a subi une attaque de paralysie faciale. Des membres de la tribu revinrent alors et dirent:
-Ô apôtre d'Allah! Le chef des Arabes a subi une attaque de paralysie faciale! Donne-nous un remède!
L’apôtre d'Allah a dit:
-Prenez une aiguille, chauffez-la au feu, puis tordez ses cils, là réside le remède et il recouvrera la santé.566

(Bukhari, Sahih 71/635).567
Um Salama raconte que le prophète a vu dans sa maison une fille avec un bouton noir sur la figure. Il dit :
- Elle est sous l'emprise de l'oeil du malin ; traitez-la avec une ruqya568 .

Limites de la pharmacie
(Bukhari, Sahih 71/ 591).569
Le prophète a dit :
- Ce cumin noir guérit toutes les maladies, sauf As Sam.
Aïsha a demandé :
- Qu'est-ce que As Sam ?
Il a répondu :
- C'est la mort. 

Rhume.
(Malik, Muwatta 54/4).570

Le messager d'Allah a dit :
-Si un homme éternue, invoquez une bénédiction sur lui. Si un homme éternue, invoquez une bénédiction sur lui. Si un homme éternue, invoquez une bénédiction sur lui. S'il éternue encore, dites :
"Tu es enrhumé".
Abdullah ibn Abu Bakr a dit :
- Je ne sais plus si c'était au bout de la troisième ou quatrième fois. 

Conseil de dentiste.
(Dawud, Hadith 1/ 50).571

L'envoyé d'Allah utilisait un cure-dent quand deux hommes, l'un plus vieux que l'autre, étaient avec lui. Une révélation vint à lui à propos du mérite qu'il y a à utiliser un cure-dent572. Il lui a été demandé de faire preuve de respect et de le donner au plus vieux d'entre eux. 

(ibn Sa’d, Tabaqat I 477).
Aucune nourriture n’était mélangée dans l’estomac du prophète. S’il mangeait de la viande, il n’ajoutait rien à cela...
Il souffrait de maladies chroniques et il se soignait lui-même par un traitement que les Arabes appréciaient et un traitement que les Perses appréciaient.

La dysenterie.
Bukhari, Sahih 76/24).

Abu Sayd a dit: un homme vint trouver le prophète et lui dit:
-Mon frère a un relâchement du ventre.
-Donne lui à boire du miel, répondit le prophète.
Il lui en fit boire, puis revint et dit:
-Je lui en ai fait boire, mais cela n’a fait qu’augmenter sa diarrhée.
-Allah, reprit le prophète a dit vrai, c’est le ventre de ton frère qui ment.

Magie blanche.
(Bukhari, Sahih 65/ 356).573

L'envoyé d'Allah a dit :
- Celui qui mange sept dattes ajwa574 chaque matin sera hors d'atteinte du poison ou de la magie le jour où il en mange.
 
(ibn Sa’d, Tabaqat I 525-6).
L’apôtre d'Allah se faisait des saignées. Abu Tayba, un client des ansar, le saignait. (...) Il a dit:
-La saignée est meilleure que votre médecine.575
(...)
L’apôtre d'Allah s’est fait saigner, alors qu’il jeûnait. Il s’est alors évanoui et ensuite, il a désapprouvé la saignée pendant le jeûne.
(...)
L’apôtre d'Allah se faisait saigner à partir de deux veines du cou, et de la nuque, et a exigé que les incisions soient en nombre impair.
(...)
L’apôtre d'Allah se faisait saigner à partir du milieu de la tête.
(...)
En vérité, cela soulage du mal de tête, de la rage de dents, de l’insomnie, et des maladies.
(...)
La saignée, faite le mardi, septième jour du mois, est un remède pour toute l’année qui suit.
Extrait de la médecine prophtiqIbn al Qayyim Al-Qayyim (—ÕÂÁ «‰‰Á)
(ibn al Qayyim, La médecine prophétique, sv.).576
AIL
Il est proche de l'oignon.
Dans ce Hadith : "Qui en mange doit les cuire bien jusqu'à la mortrissure".
On lui offrit un plat contenant de l'ail ; il l'envoya à Abu Ayyub Al Ansari, celui-ci lui dit : Ô envoyé d'Allah; Tu le déteste, et tu me l'envoies ?! Il lui répondit : " Je me fais des confidences à ce à qui tu ne lui parles ? ".
De plus, l'ail est chaud et sec de quatrième degré, il réchauffe fortement, et déssèche de grande proportion et très utile à ceux qui ont froid, à ceux dont le tempérament est flégmatique, et celui qui est au point d'être paralytique; il déssèche le sperme, ouvre l'obstruction, décompose les gros flatuosités, digère la nourriture, désaltère, relâche le ventre, et il est diurétique.
Il pique tous les vermines et toutes les tumeurs froides, tout en remplaçant la thériaque.
Si l'on pile et on en fait un pansement contre la morsure des serpents et contre la piqure des scorpions, on aura l'établissement de l'état en extrayant le venin; il rechauffe le corps et augmente sa chaleur; il arrête les flegmes, décompose l'enflure du ventre, purifie la gorge et garde la santé de la plupart des corps, il est aussi utile contre le mal produit du changement de l'eau, et de la toux chronique.
On le mange cru, cuit ou grillé; il est utile contre le mal à la poitrine produit par le froid; il fait sortir la sangesue de la gorge. Si l'on le pile avec le vinaigre, le sel et le miel, et si l'on met la combinaison sur la dent qui s'est cariée, il l'émiette; et apaise la douleur de la dent douloureuse.
Si l'on pile deux douzièmes de l'once de l'ail, et on le prend avec l'eau du miel, c'est utile à chasser le flegme et les vers; et quand enduit le vitiligo avec le miel, ce sera utile aussi.
Ses inconvénients : nous devons mentionner qu'il cause le mal à la tête et au yeux, il affaiblit la vue et le coït, il altère et irrite la bile jaune et rend l'haleine de la bouche pareille à l'odeur de la charogne577 . On élimine son odeur quand on mastique les feuilles des sadthab.

ALOÈS
... l'envoyé d'Allah (le Très-Haut) dit : "Quelle guérison y-a-t-il dans les deux choses les plus amères ? l'aloès578 et les grains du Cresson (ou la moutarde)".
Dans les Sunans d'Abu Dawud, on lit : d'après un récit de Umm Salamah qui dit : "Au moment de la mort de Abu Salamah, l'envoyé d’Allah est entré chez moi -alors que je portais sur moi l'aloès... Il me dit : Quoi ? Umm Salamah !.
- Je répondit : C'est de l'aloès, Ô envoyé d'Allah ! il n'y a plus de parfum.
Et l'envoyé d'Allah me dit :
-Il brûle le visage, ne le mets que pendant la nuit; et il l'a interdit pendant la journée".
L'aloès a beaucoup d'avantages :
Tout particulièrement l'indien, car il épure les excédents biliaires de la tête et des nerfs de la vision; si on en enduit le front, la tempe avec l'huile de roses il sera utile contre la migraine. Il est aussi utile pour soigner les ulcères nasales et buccales, et il relâche la bile noire et la mélancolie.

Quant à l'aloès perse : il épanouit la raison, raffermit le coeur, épure les excédents biliaires et flegmatiques de l'estomac : si on en boit deux cuillerée avec l'eau.

Il rétablit l'appétit corrompu. Si on en boit au temps froid, il pourrait aboutir à la diarrhée sanguine.

AMBRE579
Dans les deux Sahih on l'a mentionné, d'après Jabir, dans l'histoire d'Abu 'Ubayda qui mange avec ses compagnons de l'ambre un demi mois durant; et qu'ils se sont approvisonnés de sa viande découpée et asséchée dont ils ont envoyé au prophète .
Cela désigne que l'autorisation à manger ce qui vit au fond de la mer ne concerne pas les poissons strictement, et la mort de l'animal marin est une mort licite; une conteste : La mer le jette vivant mais après le reflux il devient mort; on dit que cette mort est licite, car la mort fut à cause de sa séparation de l'eau. Cette conteste n'est pas juste, Car on le trouve mort sur la côte, sans le voir sortir vivant, et l'eau de s'en séparer.
- On dit aussi : s'il était vivant, la mer ne le jette pas à la côte, car il est bien connu que la mer jette ses animaux morts à la côte, et n'en jette jamais les vivants.
Mais si cela est possible, il ne sera pas la condition nécessaire et suffisante à l'autorisation, parce qu'on n'autorise pas une chose dont l'autorisation est douteuse; c'est pourquoi le prophète interdit de manger le gibier, si le chasseur le trouve noyé dans l'eau, sa mort est donc douteuse, s'est-elle passée à l'eau, ou au moyen de l'outil a chasser ?
Mais l'ambre qui est une sorte des parfums, est un des plus superbes après le musc; et il a tort celui qui le devance au musc et le considère le maître de tous les parfums. Il est bien confirmé que le prophète dit à propos du musc :
"Il est le plus agréable de la parfumerie" et s'il plaît à Allah, nous mentionnerons les caractéristiques et les avantages propres au musc, au point de le considérer comme le parfum Paradisiaque; et les dunes qui sont les sièges des droits là- bas sont du musc et pas d'ambre.
L'illusion aveugle celui qui dit que l'ambre ne change pas, comme l'or, avec le temps; et cette qualité ne désigne pas qu'il est meilleur du musc, car cette qualité unique ne peut pas résister les caractéstiques propres au musc. Après tout, l'ambre a beaucoup de sortes et de couleurs diverses. Il y en a le blanc, le grison, le rouge, le jaune, le vert, le bleu, le noir et le multicolore. Le meilleur est le grison, puis le bleu, ensuite le jaune, et enfin le pire est le noir.
Les gens ne sont pas d'accord à propos de son origine; certains dirent que c'est une plante du fond de la mer dont certaines de ses bêtes l'engloutissent, quand elles s'en grisent elles le renvoient et la mer le rejette vers ses côtes.
- On dit aussi que c'est de la brune qui descend du ciel sur les îles maritimes, où les flots la jettent à la côte.
- On dit également : Qu'il est la fiente d'une bête marine, pareille à la vache.
- Et d'autres disent : Que c'est une sorte dure de l'écume marine.
L'auteur du Qanun dit :
"On croit qu'il se rejaillit d'une source dans la mer; et ce qu'on dit qu'il est de la fiente d'une bête ou de l'écume marine est bien loin de cela ».
Son tempérament, est chaud et sec : il fortifie le coeur, le cerveau, les sens et les organes du corps; il est avantageux contre la paralysie et la paralysie faciale, les maladies flegmatiques, les douleurs de l'estomac froid, les grosses flatuosités, et l'obstruction; si l'on en boit ou si l'on en enduit extérieurement, et si l'on en s'évaporise, aura l'avantage contre le rhume, la migraine froide et le mal à la tête.

AUBERGINE
Dans ce Hadith posé et monté sur la langue de l'envoyé d'Allah :
"L'aubergine est mangée pour la maladie propre à elle ".
Ces paroles sont vicieux quand on les attribue aux hommes communs de bon sens, et à priori aux prophètes. Après tout, elle est de deux sortes : blanche et noire.
Les opinions sont divergentes si elle est froide ou chaude.
Ce qui est vrai est qu'elle est chaude, et engendre la bile noire, les hémorroïdes, l'obstruction, la lèpre; elle gâte la teinte et la rend noire et il nuit l'infection buccale.
La blanche qui est oblongue est exempte de cela.

BANANE
Allah (le Très-Haut) dit : "Et les bananiers chargés de fruits du sommet jusqu'en bas».580
La majorité des interprètes que " le talh est la banane; et l'adjectif mandud se traduit par disposé en couche; comme le peigne".
On dit aussi que le talh c'est l'arbre à épines, où un fruit est posé à la place de chaque épine; leurs fruits sont donc disposés les uns sur les autres; à l'instar du bananier».
Ces derniers paroles sont les plus justes. Et ceux qui ont mentionné les bananes- de nos anciens- donneraient des exemples approximatifs sans spécification; et Allah est l'omniscient!.
La banane est chaude et humide, la meilleure est la mûre et douce; elle est favorable contre la rudesse de la poitrine, du poumon de la toux, et contre les lésions des reins et de la vessie; elle est diurétique et augmente la quantité du sperme, et excite au coït; elle relâche le ventre.
On en mange avant le repas, elle nuit à l'estomac et augmente la bile et le flegme.
Son antidote : le sucre ou le miel.

BEURRE
Abu Dâwûd dans ses Sunan raconte d'après les deux Banu Busr Sulam qui dirent : "L'envoyé d'Allah fut entré chez nous, nous lui avons offert du beurre et des dattes. Il les aimait».
Le beurre est chaud et humide; il a beaucoup d'avantages la coction et la décomposition; il guérit les tumeurs qui paraissent près des oreilles et des urètres, ainsi que les tumeurs de la bouche et toutes les tumeurs qui paraissent dans les corps des femmes et des jeunes garçons, s'il est employé tout seul. Si l'on en lape, il sera utile contre l'expectoration sanguine des poumons, et mûrira les tumeurs qui y paraissent.
Il est amollissant à la nature et aux nerfs, aux tumeurs dures qui proviennent de la bile noire et du flegme; il est utile contre la rigidité qui se trouve dans le corps accidentellement.
Si l'on en enduit les origines des dents du petit enfant, il aide à les faire pousser et surgir.
Il est aussi utile contre la toux causée par le froid et la sécheresse. Il élimine la dartre et la rudesse du corps; il amollit la nature, mais il rend l'appétit faible, et chasse ce qui est insalubre des friandises : le miel et les dattes, par exemple.
Quand le prophète rassemble le beurre avec les dattes, il montre la sagesse, car chacun d'eux aide l'autre à s'améliorer.

BEURRE DE CUISINE
Muhammad ibn Jarir At Tabari, dans son isnad a raconté d'après Suhayb un Hadith élevé qui dit :"Vous avez à boire le lait de vache; car il est guérissant; son beurre est un remède; et sa viande est une maladie !»...
Le beurre de cuisine est de nature chaude et humide du premier degré. Il facilité l'évacuation et guérit les tumeurs qui paraissent sur les corps tendres; il est plus fort que le beurre pour la coction et l'amollissement.
Galien a mentionné : "Qu'il guérit les tumeurs qui paraissent sur l'oreille et sur le bout du nez". Si l'on en enduit les origines des dents, celles-ci poussent rapidement.
Si l'on mêle le beurre de cuisine avec le miel et les amandes amères, il expectore ce qui est dans la poitrine et les poumons, il chasse les chymes visqueux; mais il nuit à l'estomac surtout si le tempérament de l'homme est flegmatique.
Quant aux beurre de vache ou de chèvre, si l'on en boit avec le miel, il est utile contre le poison, les morsures des serpents, les piqûres des scorpions; et dans l'oeuvre d'ibn As-Sunni, d'après 'Ali ben Abi Taleb qui dit : "Les gens n'ont point de remède à se soigner mieux que le beurre de cuisine !".

BLETTE
Tirmidhi et Abu Dâwûd racontèrent, d'après Umm Al Mundthir qui dit :
-"L'envoyé d'Allah fut entré accompagné par 'Ali chez nous il y avait des treilles suspendues. L'envoyé d'Allah et 'Ali se sont mis à en manger, dit-elle :
-Ô, 'Ali ! tu es convalescent; dit L'envoyé d'Allah
- Je leur ai offert de la blette et de l'orge, dit- elle.
- Ô, 'Ali! prends de cela, c'est plus convenable à toi, dit le Prophète "; At- Tirmizi dit que ce Hadith est bon et étrange.
La blette est chaude et sèche du premier degré, et humide du premier degré, dit-on; on dit également qu'elle est composée des deux natures. Il y en a une froideur apaisante, et une décomposition avec auverture.
La blette noire est constipante, et utile contre les maladies : impétigo (tha'alab), les tâches de rousseur, les verrues et les pellicules, quand on enduit le lieu atteint de la maladie par l'eau de blette, elle tue les poux.
On enduit, par l'eau de la blette mélangée au miel, la dartre; elle ouvre aussi, l'obstruction du foie et de la rate. La blette noire est un remède astringent, surtout quand elle est accompagnée des lentilles, et toutes sont mauvaises.
La blette blanche relâche le ventre, si elle est accompagnée des lentilles; et on en donne un lavement pour faciliter l'évacuation des matières fécales; c'est aussi utile contre les coliques si elle est mêlée avec les épices; elle est peu nutritive, son chyme est mauvais, elle brûle le sang. Le vinaigre avec la moutarde l'améliorent, si l'on en prendre d'abondance elle engendre la constipation et la flatuence.

BOUE
Elle est mentionnée dans quelques Hadiths posés, aucun d'eux n'est plus justifié tel que : "Celui qui mange de boue, il aide soi-même à se suicider», et "Ô, rougeaude! ne mange pas de boue, car elle constipe le ventre, jaunit la teinte et fait perdre l'éclat du visage».

Tout Hadith qui se rapporte à la boue n'est plus justifié, et n'a aucun appui qu'il est transmis d'une source authentique, rapporté de l'envoyé d'Allah excepté, qu'elle est mauvaise et nuisible, elle obstrue les vaisseaux et les veines; elle est froide et sèche, et dessèche fortement et empêche le relâchement du ventre, et Aboutit à l'expectoration sanguine et aux lésions buccales.


3. — Recueil de proverbes mohammédiens et musulmans.

L’encyclopédiste baghdadi a rassemblé quelques dizaines de proverbes, dont certains sont issus du fond de la sagesse populaire arabe, et d’autres qui sont attribués à Muhammad en personne. La plupart sont innocents, d’autres banals, certains ridicules.

(Masudi, Prairies d’Or 1502-1509).
Temporiser581, pour un débiteur riche, est une iniquité ; celui à qui l’on cède une créance sur un homme aisé, qu’il l’accepte.

Les âmes sont comme des troupes armées : celles qui se connaissent font alliance ; celles qui ne se connaissent pas sont en désaccord.

Le principe de la sagesse est la connaissance d’Allah.

Allons, cavaliers d’Allah, à cheval, le paradis est devant vous!
582

Maintenant la fournaise est ardente
583.

Deux chèvres ne se battront pas pour elle à coups de cornes
584.

Le vrai croyant n'est pas mordu deux fois par un serpent sortant du même trou
585.

Seules ses mains sont responsables du crime de l'homme.

Entendre et voir sont deux.

L'homme fort est celui qui remporte la victoire sur lui-même.

Béni soit mon peuple si matinal.

Celui qui verse à boire boit le dernier.

La loyauté est la base des assemblées.

Si une montagne veut en opprimer une autre, la coupable sera écrasée.

Commence par ceux qui sont à ta charge.

Il est mort “ de la mort de son nez”, c'est-à-dire à l'improviste et non à la suite d'une maladie ou par une des causes qui entraînent la fin de l'existence.

Mon peuple sera heureux tant qu'il » ne considérera pas un dépôt confié comme un butin, ni l'aumône comme une dette “onéreuse”.

Fixez la science
586 par l'écriture.

L'œil qui veille sur l'œil qui dort est le plus précieux des biens.

Le musulman est le miroir du musulman
587 .

Qu'Allah pardonne à celui qui fait un profit en disant un bien, ou qui sauve sa vie en se taisant .

L'homme est puissant par son frère.

La main la plus haute
588 vaut mieux que la main la plus basse.

Renoncer au mal, c'est faire l'aumône.

Le mérite de la science589 est supérieur à celui de la dévotion.

La véritable richesse est celle de l'âme.

Les actions ne valent que par les intentions
590 .

Y a-t-il une maladie plus grave que 1'avarice ?

Tout est bon dans la réserve.

Les chevaux ont le bien attaché à leur houppe
591.

L'heureux est celui qui profite de l'exemple d'autrui.

Quand le croyant promet une chose, c'est comme si on la tenait.

Il y a de la sagesse dans la poésie et de la magie dans l'éloquence
592 .

La clémence du roi assure la durée du royaume.

Pardonne à ceux qui vivent sur la terre, afin qu'il te soit pardonné par celui qui est dans le ciel.
593

La fourberie et la ruse sont condamnées au feu éternel.

L'homme va avec qui lui plaît et possède ce qu'il a gagné.

Celui qui n'a pas pitié des faibles et ne respecte pas les droits des puissants parmi nous, celui-là n'est pas des nôtres.

Personne consultée jouit de l'immunité.

Qui se fait tuer pour protéger sa fortune est un martyr.

Le fidèle ne peut abandonner son frère plus de trois fois.

Montrer le bien, c'est encore le faire.

Le regret est un retour à Allah.

L'enfant appartient au lit conjugal et la réclamation de l'adultère doit être rejetée.

Toute bonne action est une aumône .

L'homme ingrat envers son semblable l'est envers Allah.

Il faut être un égaré pour garder chez soi une bête égarée .

L'homme devient sourd et aveugle à l'égard de l'objet qu'il aime.

Le voyage est une partie des tourments de l'enfer.

Vous autres, disait-il aux ansar, vous êtes peu nombreux au profit
594 , mais vous accourez quand on invoque votre aide .

Les musulmans doivent tenir leurs engagements, excepté ceux qui permettent l'illicite ou prohibent le licite.

L'homme est maître dans sa demeure et sur sa monture.

Les hommes sont comme des mines d'or.

L'injustice deviendra ténèbres au jugement dernier.

Le salut complet consiste en une poignée de main.

Le cœur de l'homme est naturellement enclin à aimer son bienfaiteur.

Qui aime bien châtie bien.

Une aumône n'a jamais diminué une fortune.

Qui se repent est comme qui n'a pas péché.

Le témoin voit ce que ne voit pas l'absent.

Use de ton droit avec modération, qu'il soit ou non échu.

Donnez son salaire à l'homme de peine avant que sa sueur sèche.

Les gens bienfaisants en ce monde seront comblés de bienfaits dans l'autre .

Le paradis est à l'ombre des sabres
595.

Celui-là n'est pas un vrai croyant, dont le voisin redoute les violences.

Craignez le feu de l'enfer même pour une moitié de datte.

Honorez les femmes qui ne quittent pas leur voile.

Une bonne parole est une aumône.

Il n'y a nul bien dans la société de qui n'agit pas envers toi comme il agirait pour lui-même .

Ce monde est la prison du croyant et le paradis de l'infidèle
596.

Ne fait pas faillite le commerçant honnête.

La prière est l'arme du croyant.

En toutes choses, le juste milieu est ce qu'il y a de meilleur.

Quand un hôte vous rend visite, honorez-le.

Intercédez, vous serez loués ou récompensés dans l'autre monde.

Patience et clémence, voilà la foi.

Le meilleur d'entre vous est le plus savant
597 .

On ne meurt pas pour avoir demandé un conseil.

On ne s'appauvrit pas quand on est économe.

Qui connaît ses limites ne périt point.

Le plus funeste aveuglement est celui du cœur.

Le mensonge écarte de la foi.

Modeste aisance vaut mieux que nuisible abondance.

Louer, c'est récompenser.

L'impudeur est de l'infidélité.

Les vrais croyants sont doux et faciles.

Le pire des repentirs est celui du jour du jugement
598 .

La pire excuse est celle qui se produit à l’heure de la mort.

Pardonnez leurs erreurs aux hommes généreux.

Recherchez le bien parmi ceux qui sont beaux .

Le monde est un fruit savoureux et frais que Dieu vous a prêté pour voir comment vous en jouirez.

L'attente de la délivrance est le propre de la piété.

Pauvreté n'est pas loin d'être infidélité
599.

Il ne reste en ce monde que malheur et séduction.

Chaque année vous perdez de votre valeur.

Espace tes visites on t'en aimera davantage
600 .

Santé et loisir sont deux biens qui ont trompé une foule de gens ou, selon une autre version “tous les hommes”
601 .

On ne se présente devant Allah que le remords dans le cœur ; ceux qui ont fait le bien disent :
-Ah! si j'avais pu en faire davantage, et ceux qui ont agi autrement disent :
-Ah ! si j'avais pu en faire moins !, ce qui se rapproche de cette autre parole:
-Gardez-vous de la temporisation et d'un espoir trop durable, car cette confiance a perdu bien des nations.

Celui qui nous trompe n'est pas des nôtres ; cette sentence comporte plusieurs explications : ou elle veut dire que le prophète fait savoir à ceux qui ont trompé les musulmans selon les conditions du moment, que certains Gens du Livre et hypocrites ont dénoncé leurs agissements ; ou bien elle défend toute espèce de tromperie ; il y a encore d'autres explications à cet égard, mais Allah sait mieux la vérité.

Il en est de même de cette parole de Muhammad rapportée par Abu Masud al Badri:
-Dans cent ans, il ne restera plus ici-bas un seul être vivant
602.

Lorsque cette prédiction émanée du prophète se répandit sur l'autorité d'Abu Masud, elle excita une terreur générale ; Ali en fut informé et dit :
- Abu Masud a fidèlement rapporté les paroles, mais il n'en a pas compris le sens, car le prophète voulait dire seulement que, dans cent ans, aucun de ceux qui l'avaient connu ne serait encore sur cette terre.

(Bukhari , Sahih 76/ 505).603
J'ai entendu l'envoyé d'Allah dire :
- Les gens sont comme les chameaux: sur plus de cent, difficile d'en trouver un que l'on puisse monter. 

Le licite et l’illicite604 pour un juriste du XIème siècle.
(Al Ghazali, Le Livre du Licite et de l’Illicite I).605

1. Caractère méritoire du licite, caractère répréhensible de l'illicite.
Citations coraniques: Allah a dit:
« Mangez de ces nourritures bonnes, et faites le bien. » Allah a ordonné de manger des nourritures bonnes avant d'agir ; il s'agit là, dit-on, du licite606.
« Ne dévorez pas à tort vos biens entre vous » 607 .
« Ceux qui dévorent injustement le bien des orphelins avalent du feu dans leurs entrailles : ils tomberont bientôt dans le Brasier » 608 .
« Ô vous qui croyez, craignez Allah, renoncez, si vous êtes croyants, à ce qui vous reste des profits de l'usure » ; puis Allah ajoute : « Si vous ne le faites pas, attendez-vous à la guerre de la part de Allah et de son prophète » ; et ensuite : « Si vous vous repentez, votre capital vous restera » ; et encore : « Mais ceux qui retournent à l'usure seront les hôtes du Feu où ils demeureront immortels » 609 . Celui qui vit de l'usure se trouve donc tout d'abord exposé à une guerre de la part de Allah, et, à la fin, menacé de l'enfer.
Les versets concernant le licite et l'illicite sont innombrables.

Traditions du prophète
Selon ibn Maud, le prophète a dit : « La recherche du licite est un devoir de stricte obligation pour tout musulman ». Il a dit aussi : « La recherche de la science est un devoir de stricte obligation pour tout musulman. » Selon certains théologiens-juristes, il voulait signifier par là la recherche de la science du licite et de l'illicite, ce qui, de ces deux hadiths, n'en fait qu'un.
Le prophète a dit : « Celui qui, pour subvenir aux besoins de sa famille, ne dépense que ce qu'il a acquis de façon licite, est semblable à celui qui combat dans la voie de Allah ; celui qui recherche les biens de ce bas-monde de façon licite avec sobriété, se trouve au même degré que les martyrs de la foi. »
Le prophète a dit : « Celui qui prend une nourriture licite pendant quarante jours, Allah illumine son cœur et fait monter des torrents de sagesse de son cœur jusqu'à sa langue. » Dans une autre recension
« Allah le rend capable de mépriser ce bas-monde. »
On rapporte que Sad sollicita le prophète de demander à Allah d'exaucer sa prière. Le prophète lui répondit : « Que ta nourriture devienne licite 610 , ta prière sera exaucée. »
Lorsque le prophète fit allusion à l'homme avide de ce bas-monde, il dit: « Imaginons un homme aux cheveux en désordre, poussiéreux, qui prolonge ses voyages pieux, qui a une nourriture illicite, des vêtements illicites, alimenté jadis de choses illicites : il élève les mains en disant : Seigneur, Seigneur ; comment serait-il exaucé? »
On lit, dans un hadith rapporté par ibn Abbas : un ange d’ Allah placé sur le sanctuaire sacré, proclame chaque nuit : « Lorsque quelqu'un se nourrit de façon illicite, on n'accepte de sa part ni prodigalité, ni règlement équitable. » La prodigalité, disent certains, correspond a l'œuvre surérogatoire, et le règlement équitable au devoir de stricte obligation.
Le prophète a dit : « Lorsque quelqu'un achète un habit pour dix dirhams et que, dans le prix versé, se trouve un dirham illicite, Allah n'accepte pas sa prière tant qu'il garde cet habit. »
Le prophète a dit : « Lorsqu'une chair s'est nourrie d'illicite, elle ne mérite que le Feu. »
Il a dit aussi : « Lorsque quelqu'un ne se préoccupe pas de savoir par quel moyen il acquiert son bien, Allah ne se préoccupe pas de savoir par quel endroit il le fera entrer dans la Fournaise. »
Et encore : « Les actes de culte comprennent dix parties, neuf d'entre elles concernent la recherche de ce qui est licite. » On rapporte que cette tradition remonte au prophète et aussi à certains Compagnons.
Et encore : « Celui qui se trouve, le soir, fatigué d'avoir cherché ce qui est licite passe la nuit pardonné, et, au matin, Allah est satisfait de lui. »
Et encore : « Lorsque quelqu'un a acquis du bien dans une situation de péché puis le répand en bienfaisance, en aumônes ou en dépenses sur la voie de Allah, Allah prend le tout en bloc pour le jeter dans la Fournaise. »
Et encore : « La meilleure part de votre pratique religieuse est la probité délicate. »
Et encore : « Celui qui arrive devant Allah après avoir pratiqué la probité délicate, Allah lui donne l'entière récompense de l'Islam. »
On rapporte que Allah a dit dans l'un de ses livres : « A ceux qui pratiquent la probité délicate, je n'ose demander des comptes. »
Le prophète a dit : « Un dirham provenant de l'usure est plus grave aux yeux de Allah que trente adultères commis chez les musulmans. »
On lit, dans les hadiths rapportés par Abu Hurayra : « L'estomac, dans le ventre, est l'abreuvoir . les veines y viennent boire. Si l'estomac est sain, les veines en retirent la santé ; s'il est corrompu, elles en retirent la corruption. Entre nourriture et pratique religieuse le rapport est le même qu'entre fondation et construction : si les fondations sont fermes et fortes, le bâtiment s'élève bien droit, si les fondations sont faibles et déviantes, le bâtiment se désagrège et tombe ; Allah, le Fort et le Splendide a dit : « Est-ce que celui qui a fondé son édifice sur la crainte révérentielle de Allah et pour lui plaire n'est pas meilleur que celui qui a fondé son édifice sur le bord d'une berge croulante rongée par une eau qui fait crouler la bâtisse et son bâtisseur dans le feu de la Géhenne? » 611 .
On lit dans le hadith : « Lorsque quelqu'un a acquis un bien de façon illicite puis le distribue en aumône, Allah ne l'accepte pas de lui, et s'il le laisse à d'autres après sa mort, tout cela constitue sa provision de route pour la Fournaise. »
Nous avons déjà mentionné un ensemble de traditions dans le Livre des bonnes manières en matière de gain : elles montrent le caractère méritoire du gain licite.


4. — A des fins de comparaisons.

Nous avons vu de multiples aspects de la législation mohammédienne. Voici maintenant des extraits d'un code de lois qui est à la base de l'organisation juridique de l'Europe, antérieur d'un siècle à la mort de Muhammad. On découvre dans les introductions de ce travail immense que l'esprit qui préside à son élaboration est celui du bien public, de l'Etat et de la population. Le fait même qu'il y ait un effort évident de présentation et d'explication du code montre à quel distance nous sommes de la législation musulmane.612


Présentation du Code Justinien.
(Deux préfaces de confirmation de 529 apr. J.-C. ).613

  La défense et la prospérité de l'État ont leur source dans les armes et les lois. C'est par elles que l'heureux peuple des Romains a toujours été supérieur aux autres peuples, et les a toujours dominés, comme c'est par elles qu'il conservera toujours ce haut rang, si Dieu lui est propice. Les armes ont besoin des lois, de même que celles-ci ont besoin des armes ; car si les armes ont besoin d'être réglées par les lois, l'observation de celles-ci a besoin du secours des armes. Nous avons d'abord dirigé notre attention, nos desseins et nos travaux vers les premiers besoins de l'État, en corrigeant, par divers moyens, ce qui concerne les armées ; et, à cet égard, nous avons tout prévu. Nous avons mis les anciens corps d'armée en un meilleur état en peu de temps ; nous en avons établi de nouveaux, soit par notre sollicitude, soit par de nouvelles dépenses.
1. Considérant qu'il était nécessaire de diminuer le grand nombre de constitutions renfermées dans les trois Codes, et celles qui ont été publiées après ; de les éclaircir par de justes définitions, et de faire disparaître tout ce qu'on pourrait y trouver d'obscur, nous nous sommes occupés, avec l'aide de Dieu, et en cédant au penchant de notre cœur, de ce travail qui est d'une utilité générale. Nous l'avons terminé par le moyen des personnes que nous avons choisies à cet effet, tous célèbres par leur science dans les lois, leur expérience, et par leur zèle infatigable pour l'État, lesquels nous avions chargés de recueillir avec les constitutions contenues dans les trois anciens Codes, Grégorien, Hermogénien et Théodosien, celles qui ont été publiées après par Théodose, de divine mémoire, par plusieurs autres princes nos prédécesseurs et par nous-même. Nous leur avons ordonné de les renfermer en un seul Code qui sera appelé de notre nom, et duquel on doit exclure celles qui sont inutiles, celles qui se contredisent, ou celles qui ont été annulées par d'autres qui sont postérieures. Nous leur avons permis aussi de faire beaucoup d'autres changements relatifs à la bonne composition de ce Code. Le Dieu tout puissant a favorisé notre zèle pour le bien de l'État.
2
. Nous avions élu pour ce travail, et la confection d'un si grand ouvrage, l'ex-questeur de notre palais, Jean, homme illustre, consulaire et patricien ; Léonce, ex-préfet du prétoire ; Phocas, officier de soldats ; Basyle, ex-préfet d'Orient, et maintenant préfet de l'Illyrie ; Thomas, questeur de notre palais, et ex-consul ; Tribonien, chef de la magistrature ; Constantin, premier intendant de nos largesses, maître des requêtes et conseiller d'État ; Théophile, ex-conseiller d'État, docteur en droit de cette ville ; Dioscore et Présentinus, savants avocats du tribunal prétorien. Nous leur avons fait connaître nos intentions ; et enfin, après de mûres réflexions, beaucoup de veilles et de soins, ils ont terminé cet ouvrage, et nous ont présenté ce nouveau Code Justinien, composé de manière qu'il doit régler toutes les affaires qui sont à décider, et convenir à notre empire.
3
. Nous avons jugé à propos de vous envoyer ce Code, qui doit régler toutes les affaires portées à votre tribunal, afin que les plaideurs et les avocats sachent qu'il ne leur est permis, en aucune manière, de s'appuyer sur les constitutions renfermées dans les trois anciens Codes dont nous avons fait mention, ou sur celles que, jusqu'à présent, on avait appelées nouvelles constitutions, et qu'ils ne peuvent s'étayer que de celles qui sont insérées dans notre Code. On doit regarder comme coupables du crime de faux ceux qui oseront contrevenir à la présente défense, parce que les constitutions contenues dans notre Code, en y ajoutant les commentaires des anciens jurisconsultes, suffisent pour décider tous les procès. Il ne doit s'élever aucun doute sur leur force, de ce que quelques-unes sont sans date et sans désignation de consulats, de ce que d'autres sont adressées à des individus, parce qu'il n'est aucun doute qu'elles n'aient la force des constitutions générales ; et quoiqu'on trouve dans ce Code des constitutions auxquelles on a retranché ou ajouté, ou fait des changements dans les expressions, ce que nous avons permis aux rédacteurs, nous ne permettons à personne de les citer faussement telles qu'elles sont rapportées dans les livres des anciens interprètes, mais de citer seulement le sentiment des anciens jurisconsultes ; de sorte qu'il ait force de loi lorsqu'il ne sera pas contraire aux constitutions contenues dans notre Code.
4
. Les pragmatiques sanctions qui ont été accordées à des villes, des corps, des collèges, ou à des individus, lesquelles n'ont pas été insérées dans notre Code, sont valables, si elles ont pour objet un privilège spécial ; mais si elles se rapportent à quelque point du droit commun, elles ne seront valables qu'autant que notre Code ne contiendra aucune constitution qui y soit contraire. Il en est de même des règlements faits pour votre tribunal ou autres tribunaux militaires, sur les dépenses et sur d'autres objets d'utilité publique. Nous avons cru devoir confirmer ces règlements, pour le plus grand bien de l'État.
5
. Que votre autorité et votre zèle naturel pour l'État et pour nous, fassent connaître le Code à tous les peuples, par la voie de l'édit, et en envoyant dans chaque province une copie revêtue de notre signature, afin que, de cette manière, les constitutions de notre Code soient observées et parviennent à la connaissance de tous, et que, pendant les fêtes, c'est-à-dire, depuis le 16 des calendes de mai de la septième indiction courante, sous le consulat du très illustre Décius, il se fasse des lectures des constitutions de notre Code.

Fait à Constantinople, le sixième des ides d'avril, sous le consulat de Décius
.



 Notre cœur, pères conscrits, nous porte à ne rien négliger de ce qui est utile à l'État, et à ne point laisser imparfait ce que nous avons commencé. Dans le commencement de notre règne, nous avons fait recueillir les constitutions qui étaient dispersées en divers volumes, dont la plupart formaient des répétitions ou étaient opposées ; et nous avons ordonné qu'elles fussent épurées de toutes sortes de vices. Ce travail a été fait par des hommes élevés et savants ; nous l'avons ensuite confirmé, comme le prouvent les deux constitutions qu'on vient de lire.
1. Mais après que nous eûmes arrêté que l'ancien droit devait être observé, nous rendîmes cinquante décisions, et nous promulguâmes plusieurs constitutions faites au sujet de l'ouvrage proposé, et par lesquelles la plus grande partie des lois anciennes fut corrigée et restreinte, et le droit ancien purgé de toutes superfluités, et renfermé dans nos Institutes et nos Pandectes.
2. Mais comme ces nouvelles décisions et constitutions portées après que notre Code a été achevé, ne pouvaient en faire partie, et semblaient demander que nous les y insérassions, et que, par la suite, l'expérience a fait connaître que quelques-unes de celles qui y étaient insérées devaient être changées ou corrigées, il nous a paru nécessaire de retoucher nos constitutions, de les diviser selon les divers objets dont elles traitent, de les ranger sous les titres convenables, et de les réunir aux premières constitutions. Nous avons nommé, à cet effet, Tribonien, ex-questeur, ex-consul, chef de la magistrature ; Dorothée, questeur et docteur en droit de Berythe ; et enfin Constantin et Jean, hommes très éloquents et avocats.
3
. Nous leur avons permis de faire toutes ces choses, ainsi que toutes les corrections que l'ouvrage exigera ; de supprimer les constitutions inutiles, celles qui sont devenues superflues, par d'autres qui leur sont postérieures ; de faire disparaître les répétitions et les contradictions s'il s'en trouve, et de les exclure de la collection de notre Code ; et, dans ce nouvel examen, de perfectionner celles qui sont imparfaites, et d'éclaircir celles qui sont obscures, pour que les constitutions renfermées dans notre Code, aient la force entière des lois, et soient observées partout comme les Institutes et le Digeste, après en avoir rejeté toutes celles qui étaient semblables, contraires ou inutiles. Personne ne doute que ce que la seconde édition porte, ne soit valable et respectable. Nous voyons, par les anciens livres, que non seulement les premières éditions étaient suivies par d'autres, mais encore les secondes que les anciens appelaient repetitae praelectiones ; ce qu'on voit facilement par les écrits qu'Ulpien a adressés à Sabinus.
4. Toutes ces choses ayant été faites selon nos intentions, et le Code Justinien ayant été corrigé, purifié, d'après notre ordre, par les hommes que nous avions chargés de ce travail, il nous a été présenté avec les additions et les changements qu'on a jugé convenable d'y faire. Nous avons ordonné qu'il fût copié en entier, non d'après la première édition, mais d'après la seconde ; et, confirmé par notre autorité, nous ordonnons qu'il soit lu dans les tribunaux, comme on a coutume de le faire à l'égard des constitutions, à compter du quatrième des calendes de janvier, notre 4ème consulat, et celui de Paulinus. Nous défendons qu'on y lise d'autres constitutions que celles qui sont insérées dans notre Code, à moins que, dans la suite, à cause de la vicissitude des choses, nous ne donnions notre sanction à d'autres lois nouvelles ; car personne ne doute que, si, à l'avenir, il se présente quelques additions ou changements à faire à notre Code, nous ne devions les faire, et recueillir ensuite les nouvelles lois ensemble, sous le nom de nouvelles constitutions.
5
. Nous réitérons nos défenses de citer à l'avenir celles de nos décisions ou de nos constitutions que nous avons portées avant cette deuxième édition de notre Code, de même que de celles qui sont renfermées dans notre premier code, et qui ne le seraient pas dans la seconde édition. On ne doit citer et observer dans tous les tribunaux, et sur toutes les matières, que celles qui font partie du présent Code, revu et corrigé, que nous avons ordonné être écrit d'un style clair, à l'exemple de nos Institutes et de notre Digeste, afin que tout ce que nous avons composé soit clair par son style, et dans les matières qu'il contient, et que par-là notre Code en soit plus parfait.
6
. Nous vous adressons donc, très illustres pères, la présente loi, afin que nos travaux soient connus de vous, et qu'ils soient respectés dans tous les temps.
 
   Fait à Constantinople, le 16 des calendes de septembre, sous le consulat de l'empereur Justinien, pour la quatrième fois consul, et de Paul
.



Chapitre 64

Le petit peuple de Médine.


Marginaux, réprouvés et subordonnés





Les totalitarisme développent tous un nouveau modèle humain. Ici, l’individu-type614 est un homme barbu et dans la force de l’âge, admirateur obéissant de son chef, ou feignant de l’être, époux de plusieurs femmes, ou rêvant de l’être, guerrier émérite, ou se préparant à le devenir, et qui enfin de se fait pas remarquer par des qualités qui pourraient indisposer le prestige du chef: en un mot, c’est Zayd ibn Haritha615.
Mais il existe aussi des catégories annexes616 dans cette population, que les sources (surtout juridiques617 ) permettent d’entrevoir, comme sujettes, auxiliaires et indispensables: ils contredisent par leur existence de dogme de l’égalité des musulmans entre eux. Ce ne sera ici qu’un bref exposé de documents montrant quelques aspects de la diversité sociale à Médine. Le sujet n’a jamais donné lieu à des travaux de synthèse.
On notera enfin l'absence totale d'enfants618 dans ce tableau.



§ 373. — Les femmes.

“Ô hommes!”: c’est ainsi que commence la sourate du Coran619 intitulée “Les Femmes”620 . Tout est dit de la phallocratie théocratique élaborée par Muhammad, lui et ses acolytes tous masculins.
Sujet immense que celui-ci: soyons brefs, si c’est encore possible. Dans l’Histoire, la condition féminine a toujours inférieure à celle des hommes. Mais l’instauration de l’islam a encore abaissé cette position, par rapport au passé621 . Les causes en sont nombreuses, certaines caractéristiques des sociétés pré-industrielles, d’autres propres à l’islam ; on en distinguera cinq principales:
-La structure familiale est patrilinéaire: la femme est destinée à changer de foyer au moment du mariage, et l’investissement sur la personne (l’éducation, par exemple) n’est pas une priorité.
-Les femmes sont considérées comme impures622 dans tous les systèmes religieux primitifs: l’islam, comme le judaïsme, institutionnalise cette condition, en prenant pour prétexte la relation particulière des femmes avec le sang menstruel.
-La législation sur les femmes, sujet favori de nombreux régimes politiques, s’appuie ici sur les précédents juifs mais aussi chrétiens (Epître de Pierre) ; s’y ajoutent les solutions tirées de l’expérience personnelle de Muhammad, encombré par son harem vitupérant.
-La société musulmane ayant pour vocation le combat contre les non-musulmans, elle dénigre dès le départ le rôle des non-combattants, dont les femmes.
-La polygamie623 (mais on devrait dire "polygynie) provoque un afflux de femmes dans la société musulmane du temps de Muhammad. Un simple phénomène économique s’applique alors à ce qu’elles sont: des biens meubles pourvus d’une capacité de travail et de procréation: plus nombreuses, elles perdent autant de leur valeur.
-La doctrine musulmane étant nataliste624, elle confine les femmes dans le rôle de mères, accaparée par les grossesses et la gestion de la descendance, et décimées par les accouchements625.


Dès qu’un sujet touche les femmes, les sources musulmanes sont prises de frénésie que rien n’apaise: on ne manque guère d’information.626

Eve.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 27).

Allah a créé Eve627 d’une petite côte d’Adam, alors qu’il dormait. Puis il se réveilla et répéta “Iththa”, ce qui signifie “femme” en nabatéen.
(...)
Elle a été appelée Eve et est devenue la mère du genre humain.



1. — Le “champ de labour”.

La métaphore a pu choquer. Elle est pourtant limpide en attribuant à l’homme le pouvoir, l’action, la production. La femme reste passive, calme et à disposition, puisqu’elle est à sa place dans ce monde comme objet de loisir et instrument de reproduction.

(Corpus coranique d'Othman 2/220-223).

Les croyants t'interrogent sur la menstruation. Réponds-leur :
-C'est un mal. Tenez-vous à l'écart des femmes, durant la menstruation, et ne vous approchez point d'elles avant qu'elles ne soient pures.
Quand elles se seront purifiées, venez à elles comme Allah vous 1'a ordonné!
Allah aime ceux qui viennent à résipiscence et ceux qui se purifient.
Vos femmes sont un champ de labour pour vous.
Venez à votre champ de labour, comme vous voulez, et œuvrez pour vous-mêmes à l'avance!
Soyez pieux envers Allah et sachez que vous le rencontrerez! prophète!, fais gracieuse annonce aux croyants.


(ibn Sa’d, Tabaqat I 468-9).
Le prophète a dit:
-Parmi les objets de ce monde, les femmes, les parfums ont été créés pour me faire plaisir, ainsi que la prière.
(...)
L’apôtre d'Allah n’a jamais reçu de bien luxueux, sauf des parfums et des femmes.
(...)
Rien n’était plus précieux pour le prophète que les chevaux.
Si, les femmes étaient plus précieuses!


(Tabari, Tafsir 2/222).

Ce passage signifie : vos épouses sont comme un champ que vous ensemencez pour avoir vos enfants:
allez vers votre "champ" comme vous voulez .
C'est-à-dire : allez vers le "champ" qui produira vos enfants, selon la manière qu'il vous plaira de l'aborder.
Les commentaires divergent sur le sens des termes : comme vous voulez.
D'après certains, ce passage signifie : comme vous voulez...
ibn Abbas commente ainsi : c'est-à-dire que l'homme abordera sa femme comme il le veut à condition qu'il n'ait pas de relations avec elle par son fondement ni pendant ses menstrues.
D'autres précisent que ce passage signifie qu'il peut aborder sa femme de la manière qui lui plaît, par l'avant ou par l'arrière, mais à condition de ne pas s'introduire en son fondement. Ceux qui partagent cet avis citent un propos de Rabi ibn Anas selon lequel les Juifs prétendaient que les Arabes avaient pour habitude d'aborder leur femme par le dos et que l'enfant issu de tels rapports louchait. Allah réfute ici de telles fables 628 ( ... ). Certains commentateurs mentionnent que cette habitude était propre aux Mecquois mais inconnue à Médine. Lorsque les muhajirun, arrivés à Médine, s'unirent à des Médinoises, celles-ci furent scandalisées au point que la chose fut évoquée devant le prophète. C'est dans ces circonstances que ce verset fut révélé ( ... ).
Tabari ajoute: ce passage ne signifie en aucun cas que l'homme peut avoir des relations avec sa femme par son fondement. La particule anna indique seulement que l’homme est libre de s’unir normalement à sa femme selon la manière qui lui plaît. Mais il est bien précisé qu’en allant vers elle il va comme vers un champ qu’il ensemence ce qui ne laisse aucun doute quant à la nature de ses relations avec elle.


(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 281).
Selon Abu Hurayra, le messager d'Allah a dit :
-"Quand l'homme appelle sa femme à son lit et quand elle n'y répond pas et qu'il passe sa nuit plein de colère contre elle, les anges ne cessent de la maudire jusqu'au matin".
Dans une autre version :
-"Quand la femme passe sa nuit fuyant le lit de son mari, les anges la maudissent jusqu'au matin".
Dans une troisième version : "Le messager d'Allah a dit :
-"Par celui qui tient mon âme dans sa main, chaque fois qu'un homme appelle sa femme à son lit et quelle s'y refuse, tous les habitants du ciel se remplissent de colère contre elle jusqu'à ce que son mari soit satisfait d'elle"".

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 284).
Selon Talq ibn 'Ali, le messager d'Allah a dit :
-"Quand l'homme appelle son épouse pour satisfaire son désir, elle doit y répondre même si elle est en train de cuire son pain".629


(Dawud, Hadith 11/2045).630
Un homme est venu voir le prophète et dit :
- J'ai trouvé une femme belle et de haut rang, mais elle ne donne pas naissance à des enfants. Dois-je me marier avec elle ?
Il dit :
- Non.
Il revint le voir mais il le lui interdit à nouveau. Il vint une troisième fois et le prophète dit :
-Épouse des femmes qui sont aimantes et prolifiques, que je puisse submerger les autres peuples grâce à vous.631


(Bukhari, Sahih 65/39, 2).
Les Juifs assuraient que celui qui usait de sa femme en se tenant derrière elle avait un enfant louche. C’est à cause de cela que fut révélé le verset:
Allez à votre champ comme vous voudrez632 .


(Tafsir al Jalalayn 2).633
...par toutes les façons que vous le voulez... debout, assis, allongé, de côté, par devant, par derrière.


2. — Les droits de l’Homme, les Droits sur la Femme.

Ici sont réunis à la fois le texte de référence, coranique, et le commentaire du plus prestigieux commentateur du Coran, Tabari. C’est avec grand intérêt que l’on assiste aux gloses substiles et interminables de ce savant sur la violence faites aux femmes.

(Corpus coranique d'Othman 4/38).

Les hommes ont autorité sur les femmes634 du fait qu’Allah a préféré certains d’entre vous à certains autres, et du fait que les hommes font dépense sur leurs biens en faveur de leurs femmes.

Les femmes vertueuses635 font oraison636 et protègent ce qui doit l’être637, du fait de ce qu’Allah consigne638.

Celles dont vous craignez l’indocilité, admonestez-les!

Reléguez-les dans les lieux où elles couchent!
Frappez-les!639
Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie de contrainte!
Allah est auguste et grand.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 651).
Traitez gentiment les femmes! Elles sont des prisonnières640, qui n'ont pas du tout le contrôle sur elles-mêmes!

(Tabari, Tafsir 4/34).

Les hommes sont ceux qui s’occupent des femmes: ils s’occupent de leur éducation et ils peuvent les sanctionner pour ce qui concerne leurs devoirs envers Allah et envers eux.
(...)
...les hommes ont autorité pour s’occuper des femmes, d’une part, en vertu du fait que ce sont eux qui ont amené, lors du mariage, le douaire nuptial641 qu’ils ont remis à ce moment-là, et c’est là ce par quoi Allah leur a conféré un ascendant sur elles (...)
...c’est ainsi qu’Allah a donné un ascendant642 aux hommes sur les femmes, et c’est à cause de cela qu’ils s’occupent d’elles et qu’ils peuvent leur donner des ordres pour ce qui touche aux affaires qu’Allah leur a confiées.

Circonstances de la révélation
On rapporte que ce passage fut révélé à propos de l'un des ansar643 qui avait eu une dispute avec sa femme et qui la gifla ; celle alla se plaindre auprès du prophète qui décida spontanément en sa faveur l'application de la peine compensatoire 644 : ...
al Hasan rapporte : Une femme qui avait été giflée par son mari se rendit auprès du prophète qui voulut appliquer, en sa faveur et contre son mari, la peine compensatoire.
C'est alors qu'Allah révéla :
les hommes ont autorité sur les femmes en vertu de ce par quoi Allah a confé aux uns un ascendant sur les autres.
Le prophète rappela l'homme en question et lui récita le verset, puis il lui dit
-J'ai voulu une chose mais Allah en a décidé autrement.
al Hasan rapporte aussi que lorsque le prophète eut décidé de
propre initiative d'appliquer entre eux la peine compensatoire, Allah révéla d'abord le verset :
Ne te hâte pas d'appliquer le Qur'an avant que sa révélation ne soit entièrement achevée pour toi ! 645 .
Tabari précise: Ce passage comporte un élément sous-entendu qui est omis du fait que le texte obvie est suffisamment explicite à cet égard. Le sens de ce passage est donc le suivant:
les femmes vertueuses sont les femmes obéissantes qui gardent intacts les droits de leur mari en cas d'absence de ceux-ci, grâce au fait qu'Allah les préserve ; soyez donc bons envers elles et agissez au mieux .
... On rapporte que ibn Masud lisait ce verset ainsi :
-Les femmes vertueuses sont les femmes obéissantes qui gardent intacts Des droits de leur mari en cas d'absence de ceux-ci, grâce au fait qu'Allah les préserve ; agissez donc au mieux envers elles!
...D'après ibn Abbas ce passage signifie: si donc elles sont comme il est dit ici, alors agissez au mieux à leur égard !

Cas des femmes rebelles.
D'après certains commentateurs, les termes “dont vous "redoutez" la rébellion646 sont à prendre ici dans le sens de : dont vous savez la rébellion . Ces commentateurs considèrent que khawf 647 est à prendre ici dans le sens de ilm 648 de même que zann 649 peut parfois lui aussi être employé dans sens de ilm.
D'après d'autres, tout ce passage a le sens suivant: lorsque vous constatez de leur part ce que vous craignez comme rébellion contre vous: qu'elles regardent ce qu’elles ne doivent pas regarder, qu'elles entrent et sortent contre votre gré et que vous en arriviez à avoir des doutes à leur sujet, dans ce cas, dans un premier temps, commencez par les exhorter ; ensuite, si elles persistent, reléguez-les dans leur chambre. si elles persistent encore, frappez-les et si, en dépit de cela, elles persistent toujours, tentez une conciliation, sinon séparez-vous !
Tabari précise: le terme nushuz 650 désigne le fait le de dresser contre quelqu'un. Il s'agit ici de la femme qui se dresse contre son mari, cherche à le dominer, délaisse le lit conjugal et lui désobéit en tout ce en quoi elle est tenue de lui obéir.
exhortez-les” en leur évoquant Allah, en leur faisant craindre sa menace qui pèse sur elles du fait qu’elles font ce qu’Allah leur a interdit.
D’après Mujahid, il dira par exemple:
-Crains Allah et reviens à la bonne conduite! Si elle revient, il ne fera rien contre elle.
(...)
Le plus exact est de considérer qu'il convient d'envisager ici le verbe hajara ans son acception de "lier" 651 ; ce verbe est en effet employé par les Arabes pour dire : lier un chameau avec une corde de type hijar. Si c'est donc là le sens qu’il convient de retenir, l'interprétation de ce passage sera la suivante: quant aux femmes dont vous redoutez le rébellion652, exhortez-les pour les mettre en garde contre les conséquences de leur rébellion! Si elles tiennent compte de votre exhortation, vous n'avez plus aucune raison d'agir contre elles: mais si elles refusent de s’amender et continuent d'agir à leur guise, alors assurez-vous de leur personne en s reléguant dans leur madaji c'est-à-dire dans leur chambre à coucher !
Tabari citera ensuite divers propos qui ne confirment l'avis précédent qu'à condition d'en solliciter le sens ou d'extrapoler. Il cite notamment une parole du prophète précisant les droits de la femme à l'égard de son mari :
Hakim ibn Muawiya rapporte de la part de son père que celui-ci vint trouver le prophète et qu'il lui demanda :
- Quel est le droit de l'épouse de l'un d'entre nous sur son mari ?
Le prophète lui répondit:
-Que le mari la nourrisse, qu'il l'habille, qu'il ne la frappe jamais au visage, qu'il n'ait pas un comportement vilain à son égard et que dans le cas échéant, il ne lui inflige le hajr que là où elle passe la nuit.
D'après le sens que Tabari donne ici au verbe hajara, et par conséquent à son nom verbal hajr, il faudrait donc comprendre que le hadîth veut dire ceci: qu'il ne la relègue que là où elle passe la nuit.

et frappez-les.
Allah veut donc dire ceci : exhortez les femmes qui se rebellent contre vous, à leur rébellion! Si elles refusent de revenir à de meilleurs sentiments, reléguez fermement dans leur appartement ! Enfin, si elles persistent, frappez-les afin ...qu’elles reviennent à leur devoir d'obéissance à Allah en ce qui concerne vos droits qu’elles doivent obligatoirement respecter! Les commentateurs précisent tous que les coups que le mari est en droit de donner dans ce cas à sa femme ne doivent pas violents 653.

ibn Abbas a dit : Le passage
reléguez-les dans leur chambre et frappez-les !
signifie : tu la relègues dans sa chambre et, si elle revient à de bons sentiments, tu t'en tiens là, sinon Allah t'as permis de la frapper de coups non-violents et tu ne lui casseras jamais quelque chose. Si elle revient, tu t'en tiens là, sinon il t'est permis d'accepter quelque chose de sa part en contrepartie de sa liberté. ...Ata rapporte qu'il demanda à ibn Abbas ce qu'était un coup non-violent.
Celui-ci lui répondit : Un coup de siwak654 de quelque chose d'autre de semblable.
...Ata rapporte aussi une parole du prophète ayant dit pratiquement la même chose dans l'un de ses sermons. ( ... )

En cas de retour à l'obéissance.
Si elles vous obéissent, ne cherchez plus de moyens655 contre elles !
Allah veut dire ceci : si, après avoir frappé ces femmes qui se rebellaient encore contre vous lorsque vous les teniez claustrées dans leur chambre, elles vous obéissent à nouveau, il ne vous est plus permis d'employer le moindre moyen de leur être désagréable de leur faire subir un préjudice dans leurs corps ou leurs biens en arguant des préte tes quelconques, par exemple en leur disant : "à vrai dire, tu ne m'aimes pas et me hais" et en trouvant là motif à les frapper ou à leur nuire.


(Bukhari, Sahih 62/132). 656
Aucun d'entre vous ne devra fouetter sa femme comme il fouette un esclave et ensuite avoir des rapports sexuels avec elle dans le reste de la journée.657


Hadiths alides. 658
Toute la femme est maléfique et le pire, c'est que c'est un mal nécessaire.

Vous ne devez jamais demander conseil aux femmes parce que leurs avis ne valent rien. Cachez-les pour qu'elles ne puissent pas voir d'autres hommes. Ne passez pas trop de temps en leur compagnie car elles vous conduiraient à votre perte!

Hommes, n'obéissez jamais à vos femmes.
Ne les laissez jamais vous donner un conseil sur un quelconque problème de la vie quotidienne.
Si vous les laissez faire, elles dilapideront tous vos biens et elles désobéiront à tous vos ordres et à tous vos désirs.
Quand elles sont livrées à elles-mêmes, elles oublient la religion et ne pensent qu'à elles. Dès qu'il s'agit de leurs désirs charnels, elles sont sans pitié ni vertu.
Il est facile de prendre plaisir en leur compagnie, mais elles vous le feront chèrement payer. Même la plus vertueuse a la vertu facile, et les plus corrompues659 sont des putains.
L'âge ne leur épargne aucun vice. Elles ont trois qualités qui sont dignes d'un incroyant: elles se plaignent d'être opprimées quand en fait ce sont elles qui oppriment ; elles jurent solennellement et mentent en même temps ; elles s'offusquent des avances que leur font les hommes tout en les désirant avec ardeur.
Implorons Allah qu'il nous délivre de leur sorcellerie.


(Muslim, Sahih 17- 2636).
D'après Aïsha, Sahla bint Suhayl vint dire au prophète : "Ô envoyé d'Allah! Je remarque les signes du mécontentement sur la figure de Abu Hudhayfa660 de la présence fréquente de Sâlim, son allié, chez nous". Le prophète lui dit :
"Allaite-le 661 ".
- "Et comment allaiterai-je un adulte pareil?"
Le prophète sourit (suivant la version rapportée par ibn 'Abu 'Umar : Le prophète rit) et dit :
- "Je sais bien que c'est un homme adulte!" (ajoute dans sa version) : "et qu'il avait pris part à la bataille de Badr".

(Muslim, Sahih 17- 2642).

Aïsha a dit : le prophète vint me trouver alors que je recevais la visite d'un homme, ce qui entraîna sa gêne. Comme je lis la colère sur son visage, je lui dis :
-"Ô envoyé d'Allah! C'est mon frère de lait".
- "Ne considérez personne comme votre frère de lait que s'il a partagé le même sein que vous jusqu'à satiété.



3. — Tenue correcte exigée.

Muhammad a une vision très particulière (mais héritée d'une tradition proche-orientale bien établie662 ) de la femme, une conception érotique, si l’on peut dire: en effet, elle est objet de désir jamais assouvi, un désir qu’il faut soit annuler par une satisfaction pure et simple, soit contrôler de la manière la plus stricte. La femme-objet est emballée, cachée, pour être imaginée et dépouillée, toujours soumise, jusque dans son apparence quotidienne.663
Entre des pulsions sauvages rendues licites pour les uns et un carcan tyrannique et barbare imposés aux autres, il subsiste peu de place pour l’Humanité et la civilisation.


(Corpus coranique d'Othman 24/31).

Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d'être chastes, de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît.
Qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs gorges!
Qu'elles montrent seulement leurs atours à leurs époux, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs époux, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs époux, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou à leurs femmes, ou à leurs esclaves, ou à leurs serviteurs mâles que n'habite pas le désir charnel664, ou aux garçons qui ne sont pas encore au fait de la conformation des femmes.
Que les croyantes ne frappent point le sol de leurs pieds pour montrer les atours qu'elles cachent!
Revenez tous à Allah, ô croyants!
Peut-être serez-vous bienheureux.


Complément concernant les vieilles.
(Corpus coranique d'Othman 24/59).

Nul grief aux femmes atteintes par la ménopause665 et n’espérant plus mariage si elles déposent leurs voiles, sauf à se montrer sans atours.
S’abstenir est toutefois un bien pour elles.
Allah est audient et omniscient.


(Bukhari, Sahih 67/ 167).666

Le prophète a dit :
- Une femme ne doit pas regarder ou toucher une autre femme pour la décrire à son époux comme s'il la regardait réellement667

(ibn Kathir, Tafsir 24).
Les règles du hijab668 .
C’est un ordre d’Allah aux femmes croyantes et une preuve de sa jalousie à propos des femmes de ses serviteurs croyants. C’est aussi une façon de les distinguer des femmes de la jahiliyya et des actions des femmes païennes.
....
Elle peut aussi porter ses ornements devant les autres femmes musulmanes, mais pas devant les femmes des peuples “protégés”669 , parce qu’elles pourraient les décrire à leurs propres maris. C’est interdit pour toutes les femmes, mais encore plus pour les femmes des peuples “protégés”, parce qu’il n’y a rien qui puisse les empêcher de le faire, alors que les femmes musulmanes savent bien que c’est interdit, et sont découragées de le faire...

( Bukhari, Sahih 60 2).670
Aïsha disait :
- Quand le verset "Elles tireront leurs voiles sur leurs cous et leurs poitrines" a été révélé, elles ont coupé leurs vêtements et ont couvert leurs visages avec les morceaux découpés.

(Malik, Muwatta 54/37).671
Le messager d'Allah a dit :
- Il n'est pas licite pour une femme qui croit en Allah et dans le dernier jour de voyager plus d'un jour et une nuit sans un homme qui soit son tuteur. 

(Dawud, Hadith 41/ 5253).672
Le prophète a interdit qu'un homme marche entre deux femmes. 

(Bukhari, Sahih 72/ 817).673
Une fille des compagnons674 s'était mariée, elle était devenue malade, ses cheveux étaient tombés et elle avait l'intention de se mettre des faux cheveux. Ils ont demandé au prophète, qui a dit :
- Allah a maudit la femme qui allonge artificiellement les cheveux et celle dont les cheveux sont allongés675

(Muslim, Sahih 24/ 5295).676
Le messager d'Allah a dit :
- Allah a maudit la femme qui met des faux cheveux et la femme qui demande à en avoir. 

(Bukhari, Sahih 62/ 72).677
Une femme vint voir le prophète et se présenta à lui (pour se marier). Il dit :
- Je ne suis pas en manque de femmes ces temps-ci.
Alors un homme dit :
- Marie-la avec moi.
Le prophète lui demanda :
- Que possèdes-tu ?
Il répondit :
- Je n'ai rien.
Le prophète dit :
- Donne-lui quelque chose, même une bague en fer.
Il dit :
- Je n'ai rien.
Le prophète lui demanda :
- Quelle proportion du Coran connais-tu ?
Il dit :
- Beaucoup.
Le prophète dit :
- Je la marie avec toi à cause de ce que tu connais du Coran. 

Confirmation juridique de la condition féminine.
(al Ghazali678 , La Renaissance des Sciences religieuses).679

Elle doit rester au foyer et filer la laine. Elle ne doit pas sortir trop souvent. Elle doit être ignorante, ne doit pas être sociable avec ses voisins et ne doit leur rendre visite que si c'est absolument nécessaire. Elle doit prendre soin de son mari et doit lui témoigner du respect, en sa présence comme en son absence. Elle doit chercher à le satisfaire en toutes choses. Elle ne doit pas chercher à le tromper, ni à lui extorquer de l'argent. Elle ne doit pas quitter sa maison sans la permission de son mari et s'il la lui accorde, elle doit le faire subrepticement. Elle devra revêtir de vieux vêtements et emprunter des rues désertes. Elle devra éviter les marchés publics et s'assurer que nul ne puisse identifier sa voix et la reconnaître. Elle ne doit pas adresser la parole à un ami de son mari, même si elle a besoin de son assistance. Sa seule préoccupation sera de préserver sa vertu, son domicile, tout autant que ses prières et le jeûne. Si un ami de son mari lui rend visite pendant qu'il est absent, elle ne doit pas ouvrir la porte ni lui répondre afin de sauvegarder son honneur et celui de son mari. En toute occasion, elle se contentera de la satisfaction sexuelle que lui procure son mari. Elle aura toujours souci de pouvoir satisfaire à tout moment les besoins sexuels de son époux.


4. — L’excision.

Cette mutilation féminine680, que souvent l’on tente de s’amalgamer avec malhonnêteté à la circoncision masculine, a été pratiqué avant et après l’islam. Elle apparaît d’origine africaine, et si elle n’est pas spécifiquement arabe ou musulmane, c’est dans ces zones qu’elle continue à être pratiquée massivement681. On suit toujours servilement quelques avis imbéciles et inhumains et pourtant sans ambiguités, datant de plus de 1300 ans, qui soutiennent ces mutilations barbares.
La pratique de l’excision est donc parfois attestée par les sources musulmanes, comme contre-partie de la circoncision. Muhammad ne l’interdit pas à Médine: il conseille de “ne pas exagérer” la coupe, afin de ne pas amoindrir le plaisir de l'époux: les intérêts féminins ne sont guère pris en compte.

(Dawud, Hadith 51/ 5251).682

Une exciseuse travaillait à Médine. Le prophète lui dit:
-Ne coupe pas trop sévérement parce que c’est mieux pour la femme et plus désirable pour l’époux 683.

(ibn Rusteh, Les Atours précieux 197).
La première femme circoncise684 fut Agar685. Lorsque Sara, folle de jalousie, fit le serment de couper les extrémités du corps d’Agar, Abraham craignit de graves mutilations et lui dit:
-Circoncis-la et perce-lui les oreilles.
C’est ce qu’elle fit, et cette pratique est devenue habituelle pour les femmes
686 .
Suivant un hadith, la circoncision est de précepte chez les hommes et elle est recommandée chez les femmes.

L’origine mythologique de l’excision.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois I 83).
Or Abraham acquit de grandes richesses et il désira avoir de Sara un enfant: mais il n'en eut aucun. Sara dit alors à Abraham:
-Tu n'auras point d'enfants de moi: si tu veux, je te donnerai Agar, peut-être auras-tu d'elle un enfant.
Abraham répondit:
-J'y consens.
Sara lui donna ensuite Agar et, peu de temps après, il eut d'elle un fils qu'il nomma Ismaël. Lorsque Agar accoucha d'Ismaël, Abraham fut rempli de joie, mais Sara éprouva de la colère et une violente jalousie. N'étant plus maîtresse d'elle-même, elle eut des querelles et des disputes avec Abraham et elle lui dit des injures. Ensuite elle dit avec serment:
-Je couperai une partie quelconque du corps d'Agar, ou une main, ou un pied, ou une oreille, ou le nez.
Mais, après avoir réfléchi, elle dit:
-C'est moi qui ai commis cette faute, car j'ai donné Agar à Abraham. Il ne serait pas juste de couper à cette jeune fille une partie de son corps, ni de la tuer, mais j'ai juré, et il faut absolument que je lui coupe quelque chose.
Après y avoir pensé, elle dit:
-Je la circoncirai pour l'empêcher de rechercher les hommes.
Lorsque Sara eut excisé687 Agar, Allah imposa la excision à la famille d'Abraham, et à toutes les personnes qui suivraient la religion d'Abraham, de sorte que Sara elle-même fut obligée de s’exciser, et Abraham également. Or on dit que, lorsque Sara subit cette opération, elle avait soixante-dix ans, et Abraham était plus âgé qu'elle de dix ans.
On rapporte les paroles suivantes du prophète. Il y avait de son temps une femme nommée Umm Atiya: elle passa près du prophète qui lui dit:
-Ô Umm Atiya, où vas-tu?
Elle répondit:
-Ô apôtre de Allah, je vais exciser.
Le prophète dit alors à Umm Atiya des paroles dont le sens était:
-Lorsque tu excises une femme, ne lui coupe pas trop de chair, afin qu'elle conserve la beauté de son visage, car, lorsqu'on coupe trop de chair à une femme, la beauté de son visage disparait, elle n'est plus désirable aux yeux des hommes.688

(Muslim, Sahih 43/4368).
D'après Abu Hurayra, L'envoyé d'Allah a dit :
-Abraham s'est circoncis soi-même à l'âge de quatre-vingts ans à l'aide d'une hache.

(Le Livre des Ruses 136).689
Abraham usa de ruse avec Sarah et Hagar. En effet, Sarah ressentit de la jalousie à l’égard de Hagar, enceinte d’Ismaël et fit le serment suivant:
-Je jure de lui couper un membre, par Allah, à cette femme.
Puis lorsque Abraham vint la trouver, elle lui fit part de ce qu’elle avait dit:
-En quels termes, demanda celui-ci, as-tu prononcé ton serment?
-J’ai dit : “Je jure par Allah de lui couper un membre à cette femme”.
-Tupratiqueras sur elle l’excision et ainsi tu seras quitte de ton serment.
Hagar fut donc la première femme à être circoncise.


(al Qayarawani, Risala malikite 16).690
La circoncision 691 est une pratique d'obligation pour les enfants mâles et, pour les filles, l'excision 692 est recommandable.


La tolérance d’un théologien français et “moderne” pour l’excision.
(S. H. Boubakeur, Traité moderne de théologie islamique, Paris 2003 (troisième édition), p. 267).
Quant à l’excision des femmes, elle peut être dangereuse pour leur équilibre et mettre leur santé en péril. Aussi elle est facultative pour elles.

L’avis d’un juriste contemporain sur l’excision.693
Dans son ouvrage al-Moughni, Ibn Qudama (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit : « La circoncision est une obligation pour les hommes. Quant à l’excision, elle est un honneur pour les femmes, mais elle n’est pas obligatoire pour elles. Voilà l’avis de bon nombre des ulémas. L’imam Ahmad dit : « Ce qui revient à l’homme est plus dur et ce qui est laissé à la femme l’est moins. » Voir al-Moughni, 1/70.

L’excision consiste à amputer la partie supérieure du clitoris au-dessus du passage de l’urine. La sunna veut que le clitoris ne soit amputé que partiellement. Voir l’Encyclopédie de Jurisprudence, 19/28.

La sagesse veut que la pratique tienne compte de l’intérêt. Si le volume de la partie à amputer est important, on peut exécuter l’amputation. Autrement, mieux vaut ne pas la faire. Peut être la question varie selon le physique des intéressées et selon qu’on est dans une région chaude ou froide.

L’excision fait l’objet d’un hadith directement attribué au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) : « La circoncision est une sunna pour les hommes et l’excision est un honneur pour les femmes ». Mais il y a une divergence de vues quant à l’authenticité de ce hadith. Voir Silsilat al-ahadith adh-dhaifa par al-Albani n° 1935.

Pour ce qui est de la modalité de l’excision, il a été rapporté un hadith d’Oum Atiyya (P.A.a) selon lequel le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) aurait dit une exciseuse de Médine : « N’exagérez pas (dans l’amputation) car c’est mieux pour la femme et préférable pour le mari. » (rapporté par Abou Dawoud dans le chapitre de ses Sunan intitulé: al-adab et déclaré faible par lui-même)

Nous espérons que les propos des ulémas que nous avons cités suffisent à cet égard.

Allah le Très Haut le sait mieux.


Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid




5. — L’incontestable infériorité de la femme.

Quel commentaire ajouter à des propos aussi affligeants? Qu’ils ont l’excuse de l’archaïsme? Certes oui, il est heureux que dans le monde musulman ces préjugés infâmes ne subsistent plus chez personne... C'est du moins ce que beaucoup d'intellectuels musulmans tentent de faire croire, profitant de l'ignorance générale des occidentaux sur le sujet, et même des féministes les plus hargneuses, qui ici ont perdu tout leur mordant. Il faudra un jour les interroger à ce propos.

(Bukhari, Sahih 52/12)
Le prophète a dit:
-Le témoignage d’une femme n’est-il pas la moitié du témoignage d’un homme?
-Certes oui, répondirent-elles.
-Cela, reprit-il, tient à l’infériorité de leur intelligence.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 957).

Une femme est arrivée et lui a demandé:
-Ô compagnon de l’apôtre d'Allah, quels sont les droits d’un homme sur sa femme?
Il dit:
-Honte à toi! une femme ne remplit jamais les obligations qu’elle a envers son époux, alors essaye d’abord de remplir tes obligations!
Elle dit:
-Par Allah, si tu es compagnon de l’apôtre d'Allah, tu dois savoir quels sont les droits de l’époux sur la femme.
Il dit:
- Si tu rentres chez toi, et que tu trouves avec ses narines pleines de pus et de sang, et que tu les suces jusqu’à les faire disparaître, là tu auras vraiment rempli tes obligations!694

(Bukhari, Sahih 6/301).695
Un jour, l'envoyé d'Allah est allé à Musalla pour la prière d'Al Fitr696. Il est passé devant des femmes et a dit :
- Femmes! Faites l'aumône parce que j'ai vu que la majorité des occupants du feu de l'enfer sont des femmes.
Elles demandèrent :
- Pourquoi en est-il ainsi, ô envoyé d'Allah ?
Il répondit :
- Vous jurez fréquemment et vous êtes injustes envers vos maris. Je n'ai jamais rien vu de plus déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensible et sensé pourrait être égaré par quelques-unes d'entre vous.
Les femmes demandèrent :
- Ô envoyé d'Allah ! Qu'y a t-il de déficient dans notre intelligence et notre religion ?
Il dit :
- La preuve apportée par deux femmes n'est-elle pas équivalente à celle d'un seul homme ?
Elles répondirent par l'affirmative.
Il dit :
- C'est là qu'est le manque d' intelligence. N'est-il pas vrai qu'une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles ?
Les femmes répondirent par l'affirmative. Il dit :
- Ceci est l'insuffisance en matière de religion.

(Bukhari, Sahih 26/595).697

Aïsha dit :
- Ô envoyé d'Allah ! Nous considérons le jihad comme la meilleure action698 .
Le prophète dit :
- Le meilleur jihad pour les femmes est le pèlerinage699

(Bukhari, Sahih 9/490).700
Les choses qui annulent les prières ont été mentionnées devant moi. Ils disent :
- La prière est annulée par les chiens701 , l'âne et la femme (s'ils passent devant les personnes en prière).
Je dis :
- Vous nous considérez comme des chiens.
J'ai vu le prophète prier alors que je me trouvais dans mon lit entre lui et la qibla. Chaque fois que j'avais besoin de quelque chose, je m'esquivais, parce que je ne voulais pas lui faire face. 

(Bukhari, Sahih 88/ 219).702
Le prophète a dit :
- Une nation qui se donne comme chef une femme ne connaîtra jamais la réussite703.

(Bukhari, Sahih 78/95, 3).
Anas ibn Malik a dit:
-comme l’envoyé d'Allah était en expédition, ayant avec lui un domestique noir nommé Anjasha, qui chantait une chanson de marche, il lui cria:
-Malheureux Anjasha! doucement, tu as un chargement de poteries704.

(Bukhari, Sahih 55/ 623 et 643).705
L'envoyé d'Allah a dit706 :
- Nombreux sont les hommes à avoir atteint la perfection mais aucune femme n'a atteint ce degré à part Asia, femme de Pharaon707, et Miriam708 bint Imran709 . Et sans aucun doute, la supériorité d'Aïsha sur les autres femmes est comparable à celle du tharid710 sur les autres plats cuisinés711


6. — Femmes impures.

L’infériorité féminine est due, selon Muhammad et son islam à l’impureté foncière et physiologique de la femme, dont elle ne se départira jamais : une affaire de sang menstruel qui l'exclue de toute activité notable712 .

(Muslim, Sahih 9/3479).713
ibn Omar rapporte qu'il avait divorcé de sa femme alors qu'elle avait ses règles714 . Omar en parla à l'envoyé d'Allah et il dit :
- Reprends-là puis divorce quand elle sera pure ou enceinte715

(Dawud, Hadith 1/82).716
Le prophète a interdit que l'homme fasse ses ablutions avec l'eau laissée par une femme.717

(Bukhari, Sahih 78/68).
D'après Umm Salama, Umm Sulaym a dit:
-Ô envoyé d'Allah, Allah ne rougit pas d'entendre la vérité. Une femme doit-elle se laver quand elle a éjaculé?
-Oui, lorsqu'elle trouve de l'eau.
Alors Umm Salama se mit à rire en disant:
-La femme éjacule donc ?
-Eh bien alors, s’écria le prophète, comment l'enfant pourrait-il ressembler à sa mère?718

(Malik, Muwatta 55/ 2).719
Le messager d'Allah a dit :
- Je ne serre pas la main des femmes. Ma parole vaut pour cent femmes comme pour une femme.720  

Le droit de la menstruation.
(ibn Qudama, Précis de Droit 46).721
Les menstrues722 entraînent dix interdictions: l'accomplissement et l'obligation de la prière; l'accomplissement du jeûne et du tawàf; la lecture du Coran; l'attouchement d'un exemplaire du Coran; le séjour dans une mosquée; les rapports sexuels; la répudiation conforme à la tradition 723 ; le décompte par mois de la retraite de continence.
Les menstrues entraînent l'obligation des grandes ablutions, la qualité de pubère et la nécessité de compter, par menstrues, la durée de la retraite de continence.
Quand cesse l'écoulement du sang menstruel, la femme a l'autorisation dejeûner et elle peut être répudiée. Mais elle doit procéder à des ablutions majeures pour que tombent les autres interdictions.
Il est permis de jouir d'une femme qui a ses menstrues, à la condition de ne pas avoir avec elle de rapports sexuels. Le prophète a dit: «Vous pouvez tout faire, sauf forniquer.»
La durée minima des menstrues est d'un jour et une nuit leur durée maxima est de quinze jours. La durée minima de l'état de pureté qui sépare deux menstrues est de treize jours; sa durée maxima n'a pas de limites précises.
L'âge minimum de l'apparition des menstrues est de neuf ans724 ; l'âge maximum de soixante ans.
La femme doit rester chez elle dès qu'elle commence à avoir une évacuation sanguine, à un moment qui est présumé être celui de ses menstrues.
On considère qu'il n'y a pas de menstrues si l'écoulement sanguin cesse avant vingt-quatre heures. Quand l'écoulement sanguin dépasse ce délai, on considère qu'il fait partie des menstrues, même si la plus grande partie de cet écoulement ne s'est pas encore produite.
Quand cet écoulement sanguin se répète pendant trois mois, on le considère comme une règle 725 ; toute évacuation sanguine supplémentaire sera considérée comme un sang menstruiforme 726 .
La femme qui se trouve en état menstruel doit, dès la cessation de ses menstrues, se purifier par lavage727 ; elle procèdera au lavage des parties sexuelles et les entourera d'un bandage. Elle doit faire ses ablutions pour chaque prière.
Tout homme qui a un écoulement d'urine ou un écoulement similaire est astreint aux mêmes obligations.
Quand l'écoulement sanguin continue pendant le mois qui suit, la femme qui est réglée n'est en état menstruel que pendant la durée habituelle de ses règles.
Si la femme n'est pas réglée et si elle dispose de moyens de discrimination, par exemple si une partie de son évacuation sanguine est constituée par un sang noir et épais et l'autre par un sang fluide et rouge, elle sera en état menstruel pendant toute la durée de l'écoulement du sang noir et épais.
La femme qui a des menstrues pour la première fois, ou qui a oublié le régime de ses menstrues, sera en état menstruel pendant six ou septiours par mois; cette durée est, en effet, la durée moyenne d'un écoulement menstruel.
La femme enceinte n'a pas de menstrues. Si elle voit apparaître, un jour ou deux avant son accouchement, un écoulement sanguin, cet écoulement fait partie des lochies728.



7. — Le mariage.

Il est longuement évoqué: le mariage est l’événement central et normal de la vie d’une femme, qui n’existera que par lui et par sa production. Le mariage est aussi l’occasion de fonder un groupe foncièrement inégalitaire, à l’image de la société.
Les hadits rappotent quelques paroles machistes et scabreuses, qui ont dû combler d’aise le public masculin.729


Le silence est la parure des femmes.
(Bukhari, Sahih 85/ 79).730

J'ai demandé au prophète :
- Ô envoyé d'Allah, est-ce qu'on doit demander à la femme son consentement pour son mariage ?
Il a dit :
- Oui.
J'ai dit :
- Une vierge, si on le lui demande, reste timide et garde le silence.
Il a dit :
- Son silence marque son consentement731

(Dawud, Hadith 11/2078).732
L'envoyé d'Allah a dit :
- Le mariage d'une femme qui se marie sans le consentement de ses tuteurs733 est nul.

(Bukhari, Sahih 62/ 27). 734
Le prophète a dit :
- Une femme doit se marier pour quatre raisons : sa santé, le rang de sa famille, sa beauté et sa religion. Donc épousez une femme pieuse, sinon, vous serez perdant. 

Complicité virile.735
(Bukhari, Sahih 62/ 17).736

Quand je me suis marié, l'envoyé d'Allah est venu me voir et m'a dit :
- Avec quelle genre de femme t'es-tu marié ?
J'ai répondu :
- Avec une matrone (une femme déjà un peu âgée et non vierge).
Il a dit :
- Pourquoi ? Tu n'as pas de goût pour les vierges et pour les caresses ?
(...)
- Pourquoi ne t'es-tu pas marié avec une jeûne fille pour que tu puisses jouer avec elle et elle avec toi ?

(Dawud, Hadith 11/ 2045)737

Un homme est venu voir le prophète et dit:
-J’ai trouvé une femme belle et de haut rang, mais elle ne donne pas naissance à des enfants. Dois-je me marier avec elle?
Il dit:
-non.
Il revint le voir, et il lui interdit à nouveau. Il vint une troisième fois et le prophète dit:
-Epouse des femmes qui sont aimantes et prolifiques, que je puisse submerger les autres peuples grâce à vous738.

(Bukhari, Sahih 67/ 67).739
Le prophète a dit : (...)
- Une vierge ne doit pas être donnée en mariage sans sa permission.
Les gens ont demandé :
- Ô envoyé d'Allah ! Comment peut-on savoir si elle a donné sa permission ?
Il dit :
- Par son silence. 

La sourate de la répudiation.740
(Corpus coranique d'Othman 65/1-7).
Ô prophète! quand vous répudiez vos femmes, répudiez-les à l’issu de leur période d’attente!
Dénombrez donc les jours de cette période!
Soyez pieux envers Allah, votre seigneur!
Ne les expulsez point de leurs demeures et qu'elles n'en sortent point, sauf à elles d'avoir commis une turpitude avérée.
Voilà les lois741 d'Allah. Or quiconque transgresse les lois d'Allah se lèse soi-même.
Tu ne peux savoir.
Peut-être Allah, après cela, suscitera-t-il quelque affaire!
Quand les femmes en instance de divorce atteignent le terme de leur période d'attente, retenez-les d'une manière reconnue convenable ou séparez-vous d'elles d'une manière reconnue convenable!
Requérez alors témoignage de gens intègres, pris parmi vous, et établissez le témoignage à la face d’Allah!
Voilà ce dont il est fait exhortation à celui qui se trouve croire en Allah et au dernier jour.
A quiconque est pieux envers Allah, celui-ci donne une issue
et lui accorde une attribution, par des voies sur lesquelles il ne comptait pas.
Quiconque s'appuie sur Allah trouve en lui son suffisant.
Allah est réalisateur de ce qu'il ordonne.
Allah a donné à chaque chose une mesure.
Pour celles de vos femmes qui désespèrent d'être menstruées, si vous avez des doutes, leur période d'attente sera de trois mois.
Pour celles qui n'ont pas eu leurs menstrues, même délai.
Pour celles qui sont enceintes, le terme de leur période d'attente sera leur accouchement.
A quiconque est pieux envers Allah, celui-ci procure allègement à son sort.
Voilà l'ordre d'Allah, qu'il a fait descendre vers vous.
Pour quiconque est pieux envers Allah, celui-ci efface ses mauvaises actions et grossit sa rétribution.
Installez vos femmes en instance de réfutation en rapport avec vos moyens, à l'écart d'où vous habitez!
N'exercez pas de contrainte contre elles, pour les mettre à la gêne!
Si elles sont enceintes, pourvoyez à leur subsistance jusqu'à ce qu'elles accouchent!
Si elles allaitent l'enfant né de vous, donnez-leur leurs salaires et conférez ensemble, à ce propos, d'une manière reconnue convenable!
Si vous êtes, à ce sujet, en mutuelle difficulté, prenez pour l'enfant une autre nourrice!
Que celui qui est dans l'aisance dépense pour l’allaitement selon son aisance!
Que celui à qui son attribution a été mesurée dépense selon ce qu’Allah lui a accordé!
Allah n’impose à nulle âme que ce qu’il lui a accordé.
Allah, après adversité, donnera félicité.

(Jurjani, Livre des Définitions 997).
al talaq.
La répudiation, le divorce.
1-dans l’usage courant, c’est ôter le lien ou l’entrave.
2-dans la loi, c’est faire cesser la tutelle du mariage légal.


(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 341).
Abu Saïd Khudari a dit que l’envoyé d'Allah était plus timide qu’une fille vierge dans son voile742 . Quand l’envoyé d'Allah n’aimait pas quelque chose, cela pouvait se voir sur son visage.


8. — Maudite engeance.

La femme n’est pas seulement inférieure en condition: des hadiths ajoutent encore à la charge, en insistant sur le sort qui lui est faite aux enfers, et à des sortes de malédictions, très largement développées et répétées, car elles répondent à une soif ardente du public masculin743 . C’est en quelque sorte à une sublimation de la misogynie que Muhammad se livre là. Le mépris ne suffisant pas, il faut y ajouter de la haîne, et une haîne qui provient de la peur viscérale et animale de l'élément féminin.

(Muslim, Sahih 36/ 6596).744

Le messager d'Allah a dit :
- Je me suis installé devant la porte du feu de l'enfer et la majorité de ceux qui entraient étaient des femmes. 

(Ibn Hanbal , Musnad 21275, 21318).
Récit d’Usama.
Le prophète a dit:
-Je me suis placé à l’entrée du paradis et j’ai vu que la majorité des gens qui entraient étaient des pauvres, alors que les riches étaient arrêtés à la porte. Mais les compagnons du feu ont été forcés d’aller au feu. Puis je me suis placé à la porte du feu, et j’ai vu que la majorité de ceux qui entraient étaient des femmes.

(Muslim, Sahih 80/885, 907, 2737 et 2738).
Muhammad a dit:
-On m’a montré le feu de l’enfer et la majorité de ses occupants étaient des femmes.

(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 230).
Hasan Basri a dit qu’une vieille femme était allé voir l’envoyé d'Allah et lui avait fait une demande:
-ô envoyé d'Allah, fais une supplique745 pour qu’Allah m’accorde une entrée dans le paradis746.
L’envoyé d'Allah répondit:
-Ô mère, une vieille femme n’entre pas au paradis.
La vieille commença à pleurer et s’apprêtait à partir.
L’envoyé d'Allah dit alors:
-Dites à cette femme qu’on ne rentre pas au paradis en étant vieux, mais Allah fait de toutes les femmes du paradis de jeunes vierges. Allah a dit:
Nous avons les créées comme une nouvelle création et nous les avons faites vierges, égales en âge.

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 285).
Selon Abu Hurayra, le prophète a dit :
-"Si je devais ordonner à quelqu'un de se prosterner devant son semblable, j'ordonnerais sûrement à la femme de se prosterner devant son mari".

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 286).
Selon Umm Salama, le messager d'Allah a dit :
-"Toute femme qui meurt jouissant de la satisfaction de son mari entre au paradis."

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 287).
Selon Muàdh ibn Jabal, le prophète a dit :
-"Toutes les fois qu'une femme fait du tort à son mari dans ce monde, la houri747 qui sera son épouse dans l'autre dit : "Ne lui fais pas du tort, qu'Allah te combatte! Il n'est chez toi qu'à titre de passager et il ne va pas tarder à te quitter pour nous".748

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 288).
Selon Usâma ibn Zayd, le prophète a dit :
-"Je n’ai pas laissé après moi de tentation plus néfaste pour les hommes que les femmes".

(Le Livre des Ruses 170).749
Une autre ruse a été employée par le prophète en matière de plaisanterie. Il vit, un jour, dans un lieux où il faisait halte, un vieille femme et lui dit:
-Les vieilles femmes n’entreront pas au paradis.
Celle-ci se mit à pleurer. Le prophète rit si gaiement qu’on vit apparaître les dents molaires dans sa bouche, avant de dire:
-Mais elles y entreront sous l’aspect de femmes ayant atteint la quarantaine.

(Bukhari, Sahih 52/ 111).750
L'envoyé d'Allah a dit :
- S'il y a un signe maléfique quelque part, c'est dans la femme, le cheval ou la maison. 

(Bukhari, Sahih 54/464).751
Le prophète a dit :
- J'ai regardé le paradis et j'ai trouvé que les pauvres gens formaient la majorité des habitants ; j'ai regardé en enfer et j'ai vu que la majorité des habitants étaient des femmes. 

(Bukhari, Sahih 63/ 259)752
Le prophète a maudit la femme qui fait des tatouages et qui est tatouée. 

(Malik, Muwatta 1/4).
Aïsha, la femme du prophète a rapporté que: « alors que l'envoyé d'Allah faisait la prière de l'aurore, les femmes quittaient la mosquée, calfeutrées de leurs manteaux, à tel point qu'on ne les reconnaissait pas dans l'obscurité ».

(Malik, Muwatta 12/ 2).753
Le prophète a dit :
- Alors j'ai vu le feu (de l'enfer), je n'ai jamais rien vu de plus laid que ce que j'ai vu aujourd'hui, et j'ai vu que la plupart de ses habitants étaient des femmes.
Ils dirent :
- Mais pourquoi, ô Messager d'Allah ?
Il dit :
- À cause de leur ingratitude.
Quelqu'un dit :
- Sont-elles ingrates envers Allah ?
Il dit :
- Elles sont ingrates envers leurs époux et elles sont ingrates en ne montrant pas de bons comportements. Même si vous vous comportez bien avec l'une d'entre elles pendant toute votre vie et qu'à un moment elle vous voit faire quelque chose qui lui déplaît, elle dira qu'elle n'a jamais rien vu de bon chez vous. 

(Muslim, Sahih 36/ 6600).754
Le messager d'Allah a dit :
- Parmi les habitants du paradis, les femmes formeront une minorité. 

(Bukhari, Sahih 62/ 33).755
Le prophète a dit :
- Après moi, je n'ai pas laissé de calamité plus douloureuse pour les hommes que les femmes. 


9. — La revanche des femmes.


Quelques hadiths malencontreux permettent tout de même de reconstituer les discours des femmes sur les hommes ; ils ne manquent pas d’ironie. On y retrouve en fait la verve arabe, débarrassée de la censure musulmane. De tels documents sont particulièrement précieux pour comprendre la réalité de la vie quotidienne et des relations sociales. Ils témoignent aussi de ce que la tradition populaire a pu ajouter au corpus canonique comme récits répondant plus directement aux attentes du public, un public féminin entre autres, très délaissé par cette culture.
Goûtons ces savoureux récits, d’une légèreté peu habituelle en milieu musulman, quasiment spirituels, qui tranche avec des propos lourds et bêtes auxquels nous sommes habitués jusqu’ici.


Commérages.
Urwa756 rapporte que Aïcha a dit : Onze femmes se réunirent et convinrent de s'imposer l'obligation de ne se rien cacher les unes aux autres des faits et gestes de leurs maris. La première prit la parole en ces termes :
-Mon mari est de la chair de chameau maigre placée sur le sommet d'une montagne. Il n'a pas de plaine qu'on puisse gravir, ni de graisse qu'on puisse emporter.
-Je ne divulguerai rien de mon mari, dit la seconde, car je craindrais de ne pas arriver jusqu'au bout, si j'en parlais, je ne dirais rien que des défauts.
-Mon grand diable de mari, dit la troisième, si je parle, me répudiera, et si je me tais, il me délaissera.
-Mon mari, dit la quatrième, est comme la nuit du Tihama757, ni chaud, ni froid. Il ne m'inspire ni crainte, ni ennui.
- Quand, dit la cinquième, mon mari entre à la maison, il est comme un guépard, mais lorsqu'il sort, c'est un lion, il ne s'inquiète pas de ce qui manque (à la maison).
-Mon mari, dit la sixième, s'empiffre quand il mange, et lappe jusqu'à la dernière goutte quand il boit. S'il se couche, il s'emmitoufle et n'introduit pas la main pour connaître mes soucis.
-Mon mari, dit la septième, est dans les nuages - ou suivant une variante - un impuissant ; C'est un abruti, il a tous les vices possibles, il vous fend le crane ou vous blesse, ou même vous fait l'une et l'autre de ces deux choses.
-Les attouchements de mon mari, dit la huitième, sont doux comme ceux du lièvre et son parfum est celui du zernel.
-Mon mari, dit la neuvième, est de grande tente758 ; il porte haut sa bandoulière ; sa générosité est grande ; sa maison est pour ainsi dire le forum759 de son peuple.
-Mon mari, dit la dixième, est un prince, et quel prince! vous n'en trouveriez pas de mieux que lui. Il a des chameaux nombreux que l'on fait souvent agenouiller760 , mais qu'on n'envoie qu'en petit nombre au paturage761 . Quand ces chameaux entendent le bruit des cithares, ils sont certains qu'ils n'ont plus longtemps à vivre.
-Mon mari, dit la onzième, c'est Abu Zer! Ah! quel homme que Abu Zer!762
Il a comblé mes oreilles de bijoux et donné de l'embonpoint à mes biceps763. Il me cause de la joie et je suis heureuse auprès de lui. Il m'a trouvée chez des gens n'ayant que quelques moutons, dans un hameau, et m'a emmenée chez des gens ayant chevaux, chameaux dépiquant des grains et épluchant leurs légumes. Quand je parle auprès de lui, il ne blâme pas ce que je dis. Je me couche et dors jusqu’au matin. Je bois à ma soif.
La mère de Abu Zer!
Ah! quelle mère ,que celle de Abu Zer ! Ses approvisionnements sont lourds et sa maison est vaste.
Et le fils de Abu Zer! Ah! quel fils que celui de Abu Zer! Sa couche est pareille à une lame dégainée, une épaule de chevreau suffit à le rassasier.
Et la fille de Abu Zer! Ah! quelle fille que celle de Abu Zer! Elle obéit à son père ; elle obéit à sa mère ; elle remplit bien ses vêtements et elle excite l'envie de ses voisines.
Et la servante de Abu Zer! Ah! quelle servante que celle de Abu Zer! Elle ne répand pas au dehors les propos que nous tenons entre nous ; elle ne gaspille pas nos provisions ; elle ne remplit pas notre maison d'ordures.
Abu Zer, mon mari, étant sorti pendant que les outres étaient agitées pour faire le beurre, rencontra une femme ayant avec elle deux enfants pareils à deux guépards qui jouaient avec deux grenades764 qu'ils faisaient passer sous sa taille (alors qu'elle était couchée). Il me répudia et épousa cette femme. Alors j'épousai un homme de bonne naissance. Il monta sur un cheval agile, prit une lance de Khat, et le soir il revint vers moi avec un nombreux troupeau. Il me donna une paire de chacun des animaux qu'il avait ramenés en me disant :
-Mange, ô Umm Zer, et approvisionne ta famille. Eh bien! j'aurais réuni tout ce qu'il m'avait donné, que cela n'eut pas suffi à remplir le plus petit des chaudrons de Abu Zer.

Et, ajouta Aïsha, l’envoyé d'Allah me dit:
-J’ai été pourr toi un Abu Zer et tu as été pour moi une Umm Zer765 .

La verge comme un fil.
(Bukhari, Sahih 67/4, 2).

La femme de Rifaa al Qurazi vint trouver l’envoyé d'Allah et lui dit:
-Ô envoyé d'Allah, Rifaa m’a répudiée et ma répudiation est définitive. J’ai ensuite épousé Abder Rahman ibn az Zobayr al Qurazi, mais il a une verge pareille à un fil.
-Alors, répondit l’envoyé d'Allah, tu veux sans doute retourner avec Rifaa ; cela ne se peut tant qu’Abder Rahman n’aura pas gouté à ton petit miel et que tu n’auras pas goûté au sien.

...et comme un bout de frange.
(Bukhari, Sahih 68/7).

Aïsha a dit : Un homme avait répudié sa femme et celle-ci prit un nouvel époux qui la répudia. Cet homme, qui avait une verge pareille à un bout de frange, n'arrivait pas à lui procurer le moindre des effets qu'elle désirait, aussi ne tarda-t-elle pas à être répudiée. Elle alla alors trouver le prophète et lui dit :
-Ô envoyé d'Allah, mon mari m'a répudiée (par trois fois), et j'ai épousé un autre homme. Il est entré chez moi pour consommer le mariage et il avait une verge pareille à un bout de frange. Il ne m'a approchée qu'une seule fois sans que cela m'ait produit le moindre effet.
Suis-je licite pour mon premier mari ?
-Tu ne seras licite pour ton premier mari, me répondit-il, qu'autant que le second t'aura fait gouter, son petit miel et que tu lui auras fait gouter le tien.

Les femmes et le jihad.

(Epître IV du “Manuel d’al Qaïda).766
É pître aux femmes
Le rôle des femmes dans le combat des ennemis
Par Abu Muhammad Yûsuf Ben Sâlih Al-'Ayayiî.

Au nom de Allah, Clément et Miséricordieux,
Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur Son Messager, sa Famille et ses Com- pagnons.

Introduction
Honorable sœur,
Tu as un rôle important et crucial à assumer. Il faut te lever pour accomplir ton devoir dans la guerre que nous menons aujourd'hui contre la nouvelle croisade déclarée par le monde entier contre l'Islam et les musulmans. C'est à toi que je m'adresse dans ces pages et je vais être un peu long en raison de l'importance de ce sujet qui nécessite en réalité bien plus de pages. C'est pourquoi je te prie de m'écouter attentivement, qu'Allah te garde et te préserve de tout malheur.
La Nation musulmane souffre aujourd'hui d'un nombre incalculable d'humiliations et d'avanies qu'elle n'a pas connues durant les siècles passés et surtout avec l'intensité actuelle. Ces humiliations et ces avanies ne proviennent pas de la diminution des membres de la Nation musulmane ni de sa pauvreté. Bien au contraire, elle est aujourd'hui la Nation la plus peuplée sur terre et elle est la seule Nation à posséder des ressources et des richesses sans commune mesure avec les ressources de ses ennemis. Du coup, la question qui se pose est de savoir pourquoi de telles avanies et humiliations subies par la Nation aujourd'hui si elle ne manque pas de richesses ni d'hommes ?
À cette question, nous répondons que la raison a été indi- quée par notre Prophète qui dit, comme le rapportent
Ibn Hanbal et Ibn Dawud concernant une vision du Messager d'Allah: « Je vois les autres nations sur le point de vous attaquer de toutes parts comme les affamés attaquent un plat consistant. Nous lui demandions alors: Ô Messager d'Allah, et pourquoi donc nous attaqueraient-ils ? Est-ce parce que nous ne serions pas assez nombreux ? Non, dit-il, vous serez nombreux mais dispersés comme les gouttes d'une pluie intermittente, ce qui enlèvera la crainte du cœur de vos ennemis et installera la faiblesse dans vos cœurs. Nous lui demandions alors: Mais qu'est-ce que la faiblesse dans ce cas ? Il répondit: C'est l'amour de la vie et la haine de la mort. Et dans un autre récit rapporté par Ahmad, il aurait répondu: L'amour de la vie et la haine du combat. »
Voici donc la réponse à cette question étonnante, réponse que nous donne notre Prophète mille quatre cents ans environ avant que cela ne se produise. Le mal qui a dévasté la Nation musulmane réside dans l'amour de la vie et la haine de la mort. Lorsque la Nation a atteint ce stade, la description d'Allah concernant les juifs s'applique à elle: « Certes, tu les trouveras les plus attachés à une vie d'ici-bas » [« La Génisse », 96]. Notez bien que le mot « vie » est indéfini dans ce verset, c'est-à-dire qu'il réfere à toute forme de vie: celle de l'humiliation et de l'avanie ou encore celle des bêtes ou celle des insectes, peu importe comment pourvu qu'ils demeu- rent en vie. Ainsi, la Nation s'est agrippée à une sorte de vie vile qui ne sied pas ni à sa religion ni à ses hommes. Tout cela parce qu'elle a aimé la vie et détesté la mort.
Le résultat prévisible de notre amour de la vie et de notre haîne de la mort et du combat a été de se détourner du Jihad, dont beaucoup des enfants de la Nation et surtout des femmes pensent qu'il est le chemin certain qui mène à la mort et à l'abandon de la vie. Mais lorsque la Nation musulmane s'est détournée du Jihad, ses ennemis ont pris le pouvoir sur elle et l'ont humiliée. Ainsi, on a vu se réaliser la parole du Messager d'Allah qui aurait dit dans un récit d'Ibn 'Umar rapporté par Ibn Dawud: « Si vous prêtez allégeance pour des choses matérielles, que vous vous satisfaisez des bêtes et des plantations et que vous vous détournez du Jihad, alors Allah vous éprouvera par une avanie jusqu'à ce que vous retrouviez votre religion. » Dans le même récit rapporté par Ahmad, il aurait dit ceci: « Si vous recherchez les biens maté- riels, que vous prêtez allégeance par intérêt et que vous vous détournez du Jihad dans le sentier d'Allah, Il fera peser sur vous l'humiliation jusqu'à ce que vous retrouviez votre état d'avant et que vous vous repentiez à Allah. »
Des paroles prophétiques citées précédemment, il s'avère que la maladie diagnostiquée par le Messager d'Allah est bien la résignation et que ses effets secondaires sont l'avanie subie par nous, de la part de toutes les nations de la terre parmi les adorateurs des vaches et des pierres, sans parler des adorateurs de la croix et du sépulcre.
En se référant à ces paroles, nous savons aussi que la seule issue pour échapper à cette humiliation et à cette avanie consiste à s'en remettre au Jihad dans le sentier d'Allah, à se détourner de la vie ici-bas et à délaisser ses plaisirs pour rejoindre l'au-delà.

La femme peut être un obstacle ou un catalyseur du Jihad
Une fois convaincus que le Jihad est le seul remède prescrit par le Messager d'Allah pour sauver la Nation de cette perdition, nous nous trouvons incapables jusqu'à présent de mettre en application cette conviction.
Pour mettre en œuvre cette conviction, nous devons d'abord rechercher les obstacles et les entraves au Jihad au niveau de l'individu. Allah le Très-Haut a énoncé tous ces obstacles et ces entraves dans un seul et même verset du Coran, en disant: « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous possédez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables vous sont plus chers qu'Allah, son Messager et la lutte dans le sentier d'Allah, alors attendez-vous qu'Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers » [« Le Repentir », 24].
Ce sont là les empêchements de base du Jihad, dont les ramifications en termes d'obstacles et d'entraves sont innombrables. C'est pourquoi la voie du salut commence par recher- cher le moyen de vaincre ces choses qui deviennent plus agréables à l'humain que l'amour d'Allah, de son Messager et du Jihad dans son sentier. Car nous allons parvenir, à ce moment-là, à la conviction que l'amour d'Allah, de son Messager et du Jihad dans son sentier, est bien plus important et plus impérieux que toutes ces choses agréables.
Une fois parvenu à ce résultat, il est indispensable de traduire cette conviction par des actes en prouvant que l'amour d'Allah, de son Messager et du Jihad dans son sentier est bien au-dessus de ces vanités périssables. C'est le seul moyen de faire en sorte que les enfants de la Nation offrent leurs âmes pour la gloire de l'Islam et des musulmans. Nous ferons alors disparaître la faiblesse qui nous paralysait et aucune nation mécréante ne pourra dominer notre Nation parce qu'elle saura que nous avons des hommes qui aiment la mort au même degré que les siens aiment la vie, parce qu'ils sauront que nous avons des commerçants prêts à donner toute leur fortune pour soutenir la religion, comme l'avait fait Abu Bakr Al-Siddîq, mais aussi parce qu'ils sauront que nous avons des mères qui ne peuvent vivre sereinement tant que leurs enfants n'auront pas rejoint le Jihad. Toutes ces manifestations de la foi, si elles ont lieu, feront à coup sûr réfléchir les ennemis d'Allah avant de provoquer la Nation ou de l'attaquer.
Nous n'allons pas, dans ces pages, aborder dans le détail tous les obstacles et entraves au Jihad. Nous allons nous limiter à un seul de ces obstacles parce que nous pensons que la Nation doit commencer par le supprimer dans les plus brefs délais. Cet obstacle c'est la femme, qu'elle soit une mère, une épouse, une fille ou une sœur, car toutes sont concernées par le verset coranique concernant les obstacles au Jihad.
Notre étude de l'obstacle féminin dans ces pages ne sera pas théorique. Bien au contraire, nous allons nous adresser directement à la femme pour lui dire qu'elle est l'un des obstacles majeurs devant la victoire de l'Islam et sa domination.
Mais lorsque nous disons que la femme est l'un des obstacles majeurs devant la victoire de l'Islam, nous devons également expliquer le contraire, à savoir que la femme constitue également l'un des facteurs essentiels qui peuvent aider à la victoire de l'Islam, à condition qu'elle accomplisse son rôle avec courage et sacrifice, à l'instar des femmes exemplaires dont nous allons lui rapporter ici les biographies, afin qu'elle participe à la victoire de l'Islam en suivant leur exemple.
Si nous nous adressons directement aux femmes dans ces pages, c'est que nous avons constaté que, si la femme est convaincue d'une chose, cela motive extraordinairement les hommes à l'accomplir. Et si elle s'oppose à quelque chose, cela constitue un obstacle majeur. Cela est vrai en particulier lorsque cette femme est une grand-mère ou une mère, à laquelle on doit respect et obéissance.
Comme la femme veille sur le berceau des hommes et qu'elle protège les plantes jusqu'à ce qu'elles grandissent, il était logique que nous lui adressions ce discours pour l'inciter àjouer son rôle efficacement dans le conflit qui oppose l'Islam à toutes les ethnies mécréantes sans exception. Si la femme ne prodigue pas ses encouragements pour s'engager dans le conflit ou bien si elle reste à l'écart ou encore si elle décourage carrément les autres de s'y investir, alors ce sera le début de la défaite et le cheminement vers l'échec. C'est ce qui arrive à notre Nation aujourd'hui.
Par le passé, l'Islam n'a pu vaincre les États mécréants les plus puissants que lorsque la femme était à la hauteur de ses responsabilités. C'est elle qui éduquait ses enfants à l'amour du Jihad. C'est elle qui protégeait l'honneur de l'homme et ses biens lorsqu'il partait au Jihad. C'est elle enfin qui résistait et qui apprenait la patience à ses enfants et à son époux pour qu'ils persistent dans cette voie. Tout cela fait que le dicton « Derrière chaque grand homme se cache une femme » s'applique parfaitement aux femmes musulmanes de l'époque et l'on peut même dire: « Derrière chaque grand Mujahid se cache une femme. »
Chaque femme connaissait son rôle et était à l'image de la description qu'en a faite le Messager d'Allah qui a dit en réponse à 'Umar selon un récit rapporté par Ahmad et Tirmidhi: « Ô Messager d'Allah, que doit-on rechercher comme bien ? Et le Prophète de lui répondre: Ayez un cœur qui remercie Allah, une langue qui prie sans cesse et une épouse qui vous aide à gagner le salut dans l'au-delà. »
Quant aux femmes de notre temps, que dire d'elles ? Comment les décrire ? Et quelles sont leurs préoccupations ? Sont- elles une aide à leurs époux pour gagner le salut dans l'au- delà ? Sont-elles conscientes de la lutte entre l'Islam et les mécréants aujourd'hui ? Pis, connaissent-elles les pays des mécréants ? Savent-elles ce qu'endurent les musulmans partout dans le monde et ailleurs qu'en Palestine ?
Elles sont totalement absentes et quelle absence! Une absence à cause de la mode. Une absence à cause des vogues. Une absence à cause des parures et des choses licencieuses. Pis, certaines sont absentes parce qu'elles baignent dans les choses illicites. Elles sont de ce fait devenues la pioche de destruction qu'emploient les ennemis de l'Islam contre la Nation en sa propre demeure. Alors que nous espérons d'elles qu'elles participent à bâtir l'édifice de la Nation, nous voici occupés totalement à retenir leurs mains de saper les fondements de l'Islam. Les ennemis de la Nation ne veillent tant à la libération de la femme que parce qu'ils savent qu'elle est le pilier de la Nation et que, s'ils parviennent à la corrompre, sa progéniture et son entourage seront également corrompus. Ainsi, ils ont abusé d'elle de la pire manière, alors qu'elle baignait dans l'illusion en croyant à toutes leurs balivernes. Allah seul possède le pouvoir de changer les gens.
Ô Créature d'Allah! Si seulement tu étais la seule absente du conflit aujourd'hui, cela aurait été moins grave, car nous aurions trouvé parmi les hommes des remplaçants! Mais de nos jours, si tu t'absentes du combat ou que tu ne lui prépares pas les autres, toute la Nation sera absente à ton image: Qui éduquera les jeunes au conflit ? Qui soutiendra les hommes pour s'engager dans la bataille ? Qui préparera les mères des générations futures à poursuivre le chemin après toi ? Les réponses à ces questions et à des dizaines d'autres qui sont analogues et aussi impérieuses montrent une seule chose: que la femme est un élément important dans les conflits de nos jours. Elle doit être présente, d'une présence forte, avec toutes ses aptitudes et ses émotions. Sa présence ne doit pas être un simple complément dans le conflit; bien au contraire, cette présence doit être un pilier de la victoire pour la poursuite du chemin.

Ma sœur dans l'Islam,
Tu dois être consciente que ta mission est plus importante que tout ce que tu peux imaginer. Tu portes aujourd'hui une grande part de responsabilité dans la défaite de l'Islam. Si tu avais rempli ton rôle comme il se doit, la Nation n'aurait pas connu cette avanie. Peut-être te demandes-tu: Pourquoi me fait-on porter le poids de toutes ces conséquences ? Nous répondons que cela est dû au fait que ta responsabilité est la première des responsabilités: si elle n'est pas assumée correctement, ce qui s'ensuit est généralement vain. L'enfant est d'abord éduqué par tes mains et en grandissant, il suit tes recommandations par amour pour toi. Si tu ne sèmes pas en lui, dès sa plus tendre enfance, l’amour d’Allah, de son prophète et du jihad dans son sentier, personne ne pourra le lui inculquer plus tard avec la même facilité, car la tige est tendre seulement entre tes mains. Alors remplis ton rôle et tu verras le résultat dans deux décennies, si Allah le veut.





§ 374. — Les “corbeaux” abyssins.

L’Afrique est très proche de l’Arabie et les circuits commerciaux amènent dans la région une grande quantité d’esclaves767 et de mercenaires africains768 noirs769 , souvent qualifiés de “corbeaux”770. Ils sont présents à la Mecque, comme à Médine, dans l’entourage de Muhammad. Ils sont affranchis au moment de leur conversion, mais restent dans leur subordination. Bilal est souvent cité en exemple: mais il reste un serviteur, et il est cantonné dans le rôle de muezzin771 , c’est-à-dire un instrument d’appel à la prière772 . Il est significatif que le métis Usama ibn Zayd, petit-fils de Muhammad et fils d’une esclave noire, a eu de nombreuses difficultés pour s’imposer à la tête de ses troupes. La raison de ce rejet est raciale, quand bien même le personnage en lui-même est irresponsable et violent.773


(Dawud, Hadith, 41,4905)
Quand l’envoyé d'Allah est venu à Médine, les Abyssins ont joué pour le réjouir: ils ont jouaient avec des lances.


(Dawud, Hadith, 4/1941)
Je me souviens que l’envoyé d'Allah se tenait debout sur la porte de ma maison, obstruant ma vue avec son manteau, pour m’empêcher de voir le sport des Abyssins, alors qu’ils jouaient avec leurs dagues dans la mosquée d’envoyé d'Allah.

(Bukhari, Sahih, 52/155).
C’était le jour de l’Id774 , le moment où les Nègres jouaient avec leurs boucliers et leurs lances. J’ai demandé, ou il m’a demandé si je pouvais voir la scène. J’ai dit oui. Alors il s’est mis derrière moi, et ma joue a touché sa joue. Alors il s’est écrié:
-Allez-y, Nègres!

Le remplaçant de la cloche
(Muslim, Sahih 4/735).

Quand les musulmans sont arrivés à Médine, ils se rassemblèrent et cherchèrent à savoir le moment de la prière, et personne ne les appelait. Un jour, ils se mirent à discuter du sujet et l’un d’entre eux dit:
-Employons quelque chose comme la cloche des chrétiens.
Un autre dit:
-Employons une corne, comme les Juifs.
Le messager d’Allah dit:
-Bilal, lève-toi et appelle les gens à la prière.

Un serviteur maladroit .775
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 763).

Quand l’envoyé a conquis al Qamus, le fort des Banu Abul Huqayq, Safiya bint Huyayy ibn Akhtab fut amenée devant lui avec une autre femme. Bilal776 qui les amenait les fit passer par l’endroit où les Juifs avaient été massacrés ; et quand la femme qui était avec Safiya les découvrit, elle hurla, se gifla la figure et jeta de la poussière sur son visage777 . L’envoyé vit cela et il dit:
-Eloigne cette diablesse de moi!

(Bukhari, Sahih 86/41).

D’après Abu Hurayra, un bédouin vint trouver le prophète et dit:
-Ô envoyé d'Allah, ma femme vient de mettre au monde un enfant nègre.
-As-tu des chameaux? demanda le prophète.
-Oui.
-De quelle couleur sont-ils?
-Roux.
-Il y en a bien de gris cendrés?
-Oui.
-Comment cela se fait-il?
-C’est quelque ancêtre qui lui aura enlevé sa couleur.
-Eh bien, dit le prophète, c’est un ancêtre qui lui a enlevé la couleur de ton fils.

(Bukhari, Sahih 91/41)
Abdallah ibn Omar a dit, d’après son père, que le prophète a dit:
-Je vis en songe une femme noire, les cheveux ébouriffés, qui sortait de la ville de Médine, et s’arrêta à Mahya, c’est-à-dire al Johfa. J’inférai de ce songe que la peste de Médine778 allait gagner cette autre ville.

Portrait des Africains.
(Ibn Khaldun , Prolégomènes, Livre I, 1).779

Comme les Nègres habitent un climat chaud, que la chaleur pré-domine sur leur tempérament, et que, d’après le principe de leur être, la chaleur de leurs esprits doit être en rapport direct avec celle de leurs corps et de leur climat, il en résulte que ces esprits, comparés à ceux des peuples du quatrième climat, sont extrêmement échauffés, se dilatent bien plus aisément, éprouvent un sentiment plus ra-pide de joie et de plaisir, et un degré d’expansion plus considérable : ce qui a pour résultat l’étourderie.


§ 375. — Les esclaves.


L’islam n’interdit surtout pas l’esclavage780, pas plus que le Coran781 : il est massivement pratiqué, institutionnalisé et réglementé, et les allusions aux esclaves sont très nombreuses. Muhamad leur recommande l’obéisssance, permet leur viol par leurs maîtres et autorise leur châtiment. Lui-même en possède personnellement, et ceux qu’ils affranchit782 en échange d’une conversion restent ses serviteurs.
Il recommande aussi leur affranchissement s’il peut encourager à la conversion. Mais il existe aussi des esclaves musulmanes.
Les expéditions de pillage amènent à Médine une grande quantité d’esclaves, surtout des femmes et des enfants: cela constitue un marché très lucratif.
Muhammad lui-même possède lui aussi une certain nombre d’esclaves, mâles et femelles, qui l’assistent dans toutes ses activités.
Les documents qui suivent auront une portée funeste: l’esclavage dans le monde musulman sera pratiqué du VIIème siècle au XXème siècle et au-delà, sans interruption, contre tous types de populations (Africains de l’est et Européens principalement)783 . Il vise surtout des enfants et des femmes, apports indispensables aux sociétés polygames et impérialistes. L’esclavage est une constante, presque une structure, dans des sociétés fondées sur l’inégalité et la domination des uns sur les autres. Un monde musulman aussi pourvu en une engeance aussi inutile que celle des théologiens ne pouvait se passer de personnel qui s'abaisse à travailler. On a vu ailleurs que les textes doctrinaux eux-mêmes n'évoquaient pas le travail, ou la production économique.784
Théoriquement, c’est dans les années 1940-3 que le trafic a cessé en Arabie, sous pression de la marine britannique. Mais il y avait encore des marchés aux esclaves dans les villes de la région785 . De nos jours, le phénomène persiste dans différents pays, et prend parfois des allures médiévales, comme au Soudan. Souvent, le trafic de femmes et de servantes, et l’exploitation des enfants s’apparente clairement à l’esclavage traditionnel.

Il reste un point à évoquer brièvement: l'esclave, ABD est à l'origine un type social, courant de l'époque, incontournable, une réalité tangible. Cela devient par la suite un type théologique, par la soumission à la divinité, en un processus de soumission dont les modalités étaient très évocatrices, et très peu abstraites ou symboliques: Abd vient un préfixe banal de l'anthroponymie musulmane, et il s'agit d'une soumission dure et féroce, quoique psychologique et parfaitement artificielle. Le contraste, sur ce point avec le christianisme, est total, en dépit des quelques ambiguités pauliniennes sur ce point.


1. — Muhammad, le maître et despote.

Le chef de la communauté a acheté des esclaves, en a capturé, et vit entouré par eux.786; Ils copule aussi avec ses esclaves féminines, en plus de ses femmes légales, ce qui est licite pour lui, et pour tous les autres maîtres.

(Muslim, Sahih 17/4224).

(Ali a dit:)
-Ô peuple, imposez le châtiment prescrit sur vos esclaves, sur ceux qui sont mariés ou non, puisque l’esclave de l’envoyé d'Allah avait commis un adultère, et il m’avait ordonné de la fouetter. Mais elle avait donné naissance récemment à un enfant, et j’avais peur de la tuer en la fouettant.
Je l’ai dit à l’envoyé d'Allah, et il a répondu:
-Tu as bien fait787.

(Bukhari, Sahih 79/ 707).788

Jabir a dit :
- Un homme ansari avait fait de son esclave un mudabbar789 et il n'avait aucun autre bien à part lui. Quand le prophète l'apprit, il dit :
- Qui veut l'acheter pour moi ?
Nuaym ibn an Nahham l'acheta pour huit cent dirhams.
J'ai entendu Jabir dire :
- C'était un esclave copte qui est mort la même année. 

Savoir s’arrêter.790
(Corpus coranique d'Othman 33/52).

Il n’est point licite, prophète, de prendre encore d’autres femmes791, en dehors de tes esclaves792, ni de les changer contre d’autres épouses, fusses-tu ravi par leur beauté.
Allah de toute chose est observateur.

La liste du petit personnel servile.
(ibn Kathir, Sira 895-913).
1-Il avait deux esclaves (femmes), dont l'une était Maria bint Shamûn la copte que lui avait offert le maître d'Alexandrie, Juraydj ibn Minâ, en compagnie de sa sœur Shirîn.
Il lui avait offert aussi avec elle un esclave castré du nom de Mabûr. Le prophète accepta ces cadeaux et prit Maria comme concubine. Elle était originaire d'un village d'Egypte du nom de Hufn dans la région d'Ansina.
Sous son règne, Moâwiyya ibn Abu Sufyan exempta les habitants de ce village des impôts pour les honorer du fait de Maria ait mis au monde un garçon du prophète, à savoir Ibrahîm.
On rapporte que Maria était belle et avait la peau blanche. Le prophète l'aima et lui montra beaucoup d'égards, surtout après qu'elle eut mis au monde son fils, Ibrahîm.
Quant à sa sœur Shirîn, le prophète l'a donnée à Hassân ibn Thâbit qui l'épousa et à qui elle donna son fils, Abd ar Rahmân.
Pour ce qui est de l'esclave castré, en l'occurrence Mabûr, on rapporte qu'il entrait et sortait chez Maria et Shirin sans permission, comme c'était l'habitude chez les anciens égyptiens. Certaines personnes se mirent à spéculer sur cela, sans savoir que Mabûr était castré, jusqu'à ce que cela fut découvert.
Quant à la mule, on rapporte que le prophète, l'avait utilisée pour ses déplacements. Il l'avait montée vraisemblablement lors du jour de Honayn. Cette mule a vécu longtemps jusqu'au califat de l'imam Ali. Après sa mort, elle échut à Abdallah ibn Jafar

2-Il y a avait aussi Rayhana bint Zayd des banu Nadhir ou des Banu Qurayza.
...Rayhana bint zayd faisait partie des banu Nadhir. Elle fut prise comme captive. Le prophète lui proposa d'embrasser l'islam mais elle préféra rester dans le judaïsme. Il se détourna alors d'elle et la laissa. Il appela Saya et lui parla. Celle-ci lui dit:
-Ô toi pour qui je rachèterai mon père et ma mère, elle finira par embrasser l'islam.
Il alla ensuite la voir et lui dit:
-Ne suis pas ton peuple! Tu vois ce que leur a apporté Huyay ibn Akhtab? Embrasse l'islam et le prophète te prendra comme épouse.

Parmi ses esclaves hommes, citons :
1. Ussama ibn Zayd ibn Hâritha.
On l'appelle aussi Abu Yazîd et Abu Mohammed, l'esclave affranchi et le fils de l'esclave affranchi du prophète, son bien-aimé et le fils de son bien-aimé. Sa mère s'appelait Umm Aymen Baraka. Elle était la nourrice du prophète dans son enfance et parmi ceux qui avaient cru en lui après la révélation.
Le prophète a confié à Ussama le commandement de l'armée musulmane, alors qu'il avait dix huit ou dix neuf ans. Dans cette armée se trouvait Omar ibn El Khattâb ainsi qu'Abu Bakr, selon une autre version.
Le prophète l'aimait beaucoup et disait selon Aïsha : Celui qui aime Allah et son messager, qu'il aime Ussama ibn Zayd.
Il est mort en l'an cinquante quatre de l'Hégire ou en l'an cinquante huit selon une autre version. Les auteurs des recueils authentiques ont rapporté des hadiths qu'il avait transmis.

2. Aslim ou Hurmuz Abu Râfi, le copte
Il avait embrassé l'islam avant la bataille de Badr, mais il n'y avait pas pris part, car il était à la Mecque chez ses maîtres de la famille d'al Abbâs. Il fabriquait des coupes à la Mecque, et on a vu son récit, plus haut, avec Abu Lahab et sa conversion à l'Islam après la victoire de Badr.
Il a émigré, ensuite, et a participé à la bataille d'Ohod et aux autres expéditions. Il était lettré et avait exercé comme scribe chez Alî ibn Abu Tâlib. Il avait participé à la conquête de l'Egypte sous le règne de Omar.

3. Ansa ibn Ziyyâd Abu Mishrah :
Il était appelé Abu Misrah. Ayant émigré à la Mecque, parmi les premiers musulmans, il avait participé à Badr, d'après ce qu'a rapporté Arwa, Ezzuhrî, Mussa ibn Oqba, Mohammed ibn lshâq et autres. Al Wâqidi rapporte qu'il est mort sous le règne d'Abu Bakr.

4. Ayman ibn Obayd ibn Zayd :
Il est le fils d'Umm Ayman et le frère d'Ussama par sa mère.
...Il était de ceux qui sont restés fermes le jour de Honayn. On rapporte que c'est à son sujet et au sujet de ses compagnons qu'est descendue la parole du Très-Haut: Que celui qui espère la rencontre de son Seigneur, doit accomplir de bonnes actions et n'associer personne dans l'adoration de son Seigneur . 793
Eshâfii a rapporté qu'il était mort en martyr le jour de Honayn.

5. Tahmân, appelé aussi Dhakwân ou Badhâm:
Il a rapporté le hadith suivant du prophète: L'aumône ne m'est pas permise ainsi qu'aux membres de ma famille l'esclave d'un peuple fait partie d'eux.
Ce hadith a été rapporté par al Baghwi d'après Umm Kalthûm, la fille de l'imam Ali qui a dit: Un des esclaves du prophète du nom de Tahmân m'a rapporté ceci....
Et elle mentionna ce hadith.

6. Thawbân ibn Budjud :
Il est originaire d'Esserra, un endroit situé entre la Mecque et le Yémen. Capturé au temps de la jâhiliyya, il fut acheté par le prophète, qui le fit affranchir et lui laissa le choix entre revenir parmi son peuple ou demeurer avec lui et être considéré comme un membre de sa famille. Il choisit de rester avec le prophète, et ne le quitta plus jusqu'à sa mort. Il est mort, lui, à Homs en l'an quarante ou cinquante de l'Hégire.

7. Hanîn le domestique du prophète.
Il était le grand-père d'Ibrahîm ibn Abdallah ibn Hanîn. Il était au service du prophète, et lui faisait ses ablutions. Il prenait l'eau des ablutions, qui restait, et l'apportait à ses compagnons qui la buvaient ou s'en lavaient les membres. Un jour, il prit l'eau restante et la mit dans un flacon qu'il garda pour lui. Ses compagnons s'en plaignirent auprès du prophète, qui lui demanda:
-Que fais- tu ?
Je le garde pour le boire, ô Messager d'Allah ! Lui répondit-il.
Le prophète dit alors à ses compagnons :
-Avez-vous vu un jeune homme qui ait recensé ce qu'a recensé celui-ci ?
Le prophète l'a offert à son oncle al Abbâs qui l'a affranchi.

8. Abu Râfi:
Abu Bakr ibn Abu Khaytham a dit: Il était l'esclave d'Abu Uhayha Sayd ibn El As l'aîné. Ses fils en héritèrent. Trois d'entre eux l'affranchirent et il participa avec eux à Badr. Ils furent tués tous les trois. Abu Râfi acheta ensuite le reste des parts des fils de Sayd son maître, sauf la part de Khâlid ibn Sayd. Ce dernier offrit sa part au prophète, qui l'accepta et affranchit Abu Râfi.
Il disait alors:
-Je suis l'esclave du prophète.
Ses enfants disaient la même chose.

9. Rabbâh al-Aswad.
Il faisait entrer les gens chez le prophète. C'est lui qui avait donné la permission à Omar d'entrer chez le prophète lorsque ce dernier avait pris l'engagement de s'isoler un mois de ses épouses.
10. Ruwayfi:
Mussab ibn Abdallah az Zubaytî et Abu Bakr ibn Khaytham l'ont mentionné parmi les esclaves, en disant :
-Son fils est venu chez Omar ibn Abd El Azîz, sous son règne, et celui-ci lui prescrivit une pension. On rapporte, en effet, que Omar ibn Abd El Azîz prenait grand soin des esclaves du prophète, et les honorait.

11. Zayd ibn Hâritha al Kalbi.
Nous avons parlé de lui, lors de sa mort à Muta, et ce au mois de jumâda de l'an huit, quelques mois avant la conquête de la Mecque. Il était le premier émir de l'expédition, suivi de Jafar puis de Abdallah ibn Rawâha.
Aïcha a dit à ce sujet: A chaque fois que le prophète envoyait Zayd ibn Hâritha en expédition, il lui donnait le commandement. Et s'il avait vécu après lui, il l'aurait choisi comme calife794 .

12. Zayd Abu Yassâr :
El Baghwi a dit dans son "lexique des compagnons" (...) Mon père m'a rapporté d'après mon grand-père qui a dit : "J'ai entendu le prophète dire : Celui qui dit : "Je demande pardon à Allah795 en dehors duquel il n'y a aucun dieu, le Vivant et le Subsistant par Lui-même et je me repens à Lui", il lui sera pardonné ses péchés même s'il tourne les talons lors de la rencontre de l'ennemi".

13. Safina Abu Abd ar Rahmân :
Il s'appelait Mahrân ou Rumân, et le prophète l'a surnommé Safina. Il sera connu sous ce nom.
Il était l'esclave d'Um Salama qui l'affranchit à la condition qu'il soit au service du prophète, jusqu'à sa mort. Il accepta en lui répondant: Même si tu n'avais pas exigé cela de moi, je ne l'aurais pas quitté
On rapporte qu'il faisait partie des Perses.
(...) Le prophète a dit: Le califat durera dans ma communauté trente ans, puis il y aura une royauté après cela.
Safina m'a dit ensuite : Compte les années du califat d'Abu Bakr, puis celles de Omar, puis celles de Uthmân, puis celles de Alî. Nous les avons comptées et nous avons trouvé qu'elles se montaient à trente ans.
J'ai dit à Sad : Où as-tu trouvé Safina ?
Il m'a répondu : je l'ai trouvé à l'intérieur d'un palmier à l'époque d'al Hajjâj. Je suis resté avec lui pendant trois nuits à l'interroger sur les hadiths du prophète.
Je lui ai dit:
-Comment t'appelles-tu ?.
Il m'a répondu :
-Le prophète m'a surnommé Safina.
-Pourquoi t'a-t-il surnommé Safina ? lui ai-je demandé.
Il a répondu:
-Le prophète est parti en voyage avec ses compagnons lorsque leurs bagages les ayant alourdis, il m'a dit: "Etends ton manteau". Je l'ai étendu. Ils ont déposé alors leurs bagages dans mon manteau puis me l'ont mis sur mes épaules. Le prophète m'a dit : "Porte cela car tu es Safina (un bateau). Or, si j'avais porté, ce jour-là, la charge d'un chameau, de deux, trois, quatre, cinq, six ou sept chameaux, cela ne m'aurait pas alourdi.
(...)
El-Baghoui a rapporté aussi d'après Harûn ibn Abdallah, d'après Ali ibn Asim, d'après Abu Rayhâna, d'après Safina le domestique du prophète qui a dit: J'ai rencontré un jour un lion dans le désert et je lui ai dit:
-Je suis Safina le domestique du prophète Il frappa alors le sol de sa queue et s'accroupit par terre.

14. Salmân al Fârsi Abu Abdallah.
Il est d'origine perse. Les circonstances l'ont mené à devenir l'esclave d'un juif de Médine. Lorsque le prophète émigra à Médine, Salmân embrassa l'Islam et le prophète e l'aida à s'affranchir de son meltre juif. Il fut attribué dès lors au prophète Celui-ci a dit: "Selmâne fait partie de nous, les membres de la famille".
Nous avons montré, plus haut, la manière dont il est venu à l'islam et comment il est arrivé jusqu'à Médine. Il est mort en l'an trente cinq, à la fin du règne de Uthmân ou au début de l'année trente six.

15. Shuqrân, l'abyssin.
Son nom est Sâlih ibn 'Adiy. Le prophète l'a hérité de son père. Mussab az Zubayri a dit qu'il appartenait à Abd ar Rahmân ibn Awf qui l'a offert au prophète. Il a participé à Badr et à d'autres expéditions.
C'est lui qui avait mis la cape en velours dans la tombe du prophète avant qu'on y mette son corps.
On a vu, en effet, plus haut, qu'il avait participé au lavage mortuaire du prophète et avait mis la cape en velours dans sa tombe en disant:
-Par Allah, personne ne la portera après toi

16. Dhumayra ibn Abu Dhamira El Himayri
Il fut capturé à l'époque de la jâhiliyya et fut acheté par le prophète qui l'affranchit. Mussab az Zubayrî a dit: Il avait une maison à al Baqi et des enfants.
Abdallah ibn Wahb a rapporté d'après ibn Abu Dûb, d'après Hussein ibn Abdallah ibn Dhumayra, d'après son père, d'après son grand-père Dhamira qui a dit: Le prophète est passé devant Umm Dhamira qui pleurait. Il lui a dit:
-Pourquoi pleures-tu ? As-tu faim ? As-tu froid ?
Elle lui a répondu:
-On m'a séparé de mon fils, ô Messager d'Allah!
Il s'est exclamé alors :
-On ne sépare pas entre une femme et son enfant.
Il envoya chercher ensuite celui qui avait pris Dhamira et l'acheta de lui. Ensuite, il l'affranchit avec sa mère et leur laissa le choix de demeurer avec lui ou de revenir chez eux. Ils restèrent avec lui.

17. Ubayd le domestique du prophète.
Abu Dâwud at Tayâlisi a rapporté d'après Shuba, d'après Sulaymân at Timi, d'après Sheikh qui a dit: Ubayd le domestique du prophète, a été interrogé en ces termes: Le prophète ordonnait-il une prière en dehors des prières prescrites?
Il m'a répondu:
-Une prière surérogatoire796 entre la prière du coucher du soleil et celle de la nuit.
ibn Asâkir a rapporté (...): Le prophète a appelé deux femmes qui étaient en état de jeûne et qui médisaient des gens et leur a dit: "Vomissez !". Elles ont vomi alors du pus, du sang et de la viande fraîche. Il a dit ensuite :
-Ces deux femmes ont jeûné sur ce qui est licite et ont rompu le jeûne avec ce qui est illicite.

18. Fudhâla.
Omar ibn Abd el Azîz a envoyé un message à Abu Bakr Mohammed ibn Amir ibn Hazin en lui demandant de lui chercher les femmes et les hommes qui ont servi le prophète. Il lui répondit en ces termes: il y a Fudhâla le yéménite qui vit depuis en Syrie.

19. Qafiz.
...Le prophète avait un esclave qui s'appelait Qafiz.

20. Kirkara.
...Le prophète avait avec lui un domestique du nom de Kirkara. Lorsqu'il mourut, il dit à son sujet:
-Il sera au feu.
On fouilla ses bagages et on trouva une cape qu'il avait prise du butin.

21. Kaysân.
...Un domestique du prophète du nom de Kaysân m'a rapporté que le prophète a dit:
-Il nous a été interdit à nous, les membres de la maison de manger ce qui provient de l'aumône. Et comme nos esclaves font partie de nous, tu ne dois pas manger de ce qui provient de l'aumône.

22. Mabûr, le copte castré.
Il fut offert au prophète par le maître d'Alexandrie avec Maria, Shirin et la mule. Nous avons parlé de lui plus haut.

23. Midam.
C'était un noir originaire de Hismâ que Rifâ' ibn Zayd El Judhâmi avait offert au prophète. Il est mort du vivant du prophète et ce après le retour des musulmans de Khaybar. Lorsqu'ils arrivèrent à Wadî al Qurâ, Midam qui faisait descendre les bagages de la chamelle du prophète reçut une flèche perdue qui le tua. Les gens dirent :
-Félicitations pour lui pour le martyr.
Mais le prophète leur dit:
-Non, par Celui qui tient mon âme dans sa main, la tunique qu'il a prise du butin de Khaybar le brûlera !
En entendant cela, un homme arriva avec un lacet ou deux lacets. Le prophète dit alors :
-Un lacet en feu ou deux lacets en feu".

24. Nâfa:
...d'après Nâfa, l'esclave du prophète qui a dit: J'ai entendu le prophète dire : Ne peuvent entrer au paradis un vieillard fornicateur, un pauvre orgueilleux et un homme qui reproche ses faveurs.

25. Nufay.
Il est appelé aussi Masrûh. Le plus exact est Nâfa ibn El Hârith ibn Kalda.
Il est descendu, avec un groupe d'esclaves, de la forteresse de Ta’if, et le prophète les a affranchis.
Abu Nuaym a dit qu'il était un homme vertueux et que le prophète a fraternisé entre lui et Abu Barza El Aslami.
Il est mort en l'an cinquante et un ou cinquante deux de l'Hégire.

26. Wâqid ou Abu Wâqid.
...d'après Wâqid qui a dit: Le prophète a dit : Celui qui obéit à Allah aura évoqué Allah, même si sa prière, son jeûne et sa récitation du Coran ne sont pas considérables. Et celui qui désobéit à Allah, ne l'aura pas évoqué, même si sa prière, son jeûne et sa récitation du Coran sont considérables.

27. Hishâm.
... d'après Hichâm, l'esclave du prophète qui a dit : Un homme est venu voir le prophète, et lui a dit :
-Ô Messager d'Allah ! Ma femme ne repousse aucune main qui la touche".
Il lui a répondu :
-Divorce d'elle !
L’homme a dit :
-Elle me plait.
Il lui a répondu:
-Jouis alors avec elle.

28. Yassâr :
Al Wâqidi a rapporté d'après Yàqûb ibn Utba que le prophète l'a pris le jour de Karkara al Kudr797 et l'a affranchi, car il a vu qu'il faisait la prière avec dévotion.

29. Abu al Hamrâ, l'esclave et le domestique du prophète.
Il fut pris comme captif à l'époque de la jâhiliyya.
...Je suis resté à Médine pendant sept mois, et j'ai vu le prophète venir devant la porte de Ali et de Fâtima, chaque matin, en disant :
-La prière, la prière ! Allah veut éloigner de vous la souillure gens de la maison et vous purifier.

30. Abu Salama, le berger du prophète.
On l'appelle aussi Abu Sallâm et Hurayth.
...d'après Abu Salama le berger du prophète qui a dit: J'ai entendu le prophète dire: "Celui qui rencontre Allah en témoignant qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Mohammed est le Messager d'Allah, qui croit en la résurrection et en le jugement dernier, entrera au paradis".

31. Abu Safiyya.
Abu Safiyya s'asseyait sur une natte puis apportait un panier en roseau dans lequel se trouvaient de petits cailloux. Il louait alors Allah avec ces petits cailloux jusqu'au milieu de la journée. Après avoir fait la première prière, il continuait à louer jusqu'au soir.

32. Abu Dhamira
Il est le père de Dhaelra cité plus haut et l'époux d'Um Dhamira. Le prophète lui a laissé le choix ainsi qu'à sa famille de rester avec lui et de faire partie des membres de sa maison ou de rejoindre leur peuple, mais ils ont préféré rester avec lui. Il leur a écrit alors un document en recommandant aux musulmans de les traiter avec bienveillance où qu'ils soient.

33. Abu Ubayd :
...d'après Abu Ubayd qui rapporte avoir préparé au prophète une marmite dans laquelle se trouvait de la viande de mouton. Le prophète e m'a dit:
-Donne-moi son épaule.
Je la lui ai donnée. Il m'a dit de nouveau :
-Donne-moi son épaule".
Je la lui ai donnée. Il m'a dit de nouveau:
-Donne-moi son épaule.
Je lui ai dit alors :
-"Ô Messager d'Allah, combien d'épaules un mouton a-t-il ?
Il a répondu :
-Par celui qui tient mon âme dans sa main, si tu t'étais tu, tu m'aurais donné autant d'épaules que je t'en aurais données.

34. Abu Asîb ou Abu Asîm
...J'ai entendu Abu Asîb, l'esclave du prophète dire : Le prophète a dit : Gabriel est venu à moi avec la fièvre et la peste. J'ai gardé la fièvre avec moi à Médine et j'ai envoyé la peste en Syrie. La peste est un témoignage en faveur de ma communauté et une miséricorde pour eux et elle est une infamie pour l'incroyant.
...

35. Abu Kebcha El Anmâri.
On a divergé au sujet de son nom. Certains ont dit qu'il s'appelait Sulaym, et d'autres Amir ibn Sa'd. Il est originaire de Dûs. Il a participé à la bataille de Badr.
Il est mort le jour où Omar a été investi comme calife, au mois de jumada et thâni, de l'an treize de l'Hégire.
(...)

36. Abu Muwayhiba :
Il est originaire de Muzayna. Le prophète l'a acheté et affranchi.
(...) Abu Muwayhiba a assisté à l'expédition d'El Muraysi. C'était lui qui guidait le chameau portant le palanquin de Aïsha.798
On a rapporté, plus haut, comment il est parti avec le prophète au cimetière d'al Baqi quelques jours avant sa mort


Ses esclaves femmes

1. Amatallah bint Ruzayna
A vrai dire, l'honneur du compagnonnage avec le prophète revient à sa mère Ruzayna comme nous le verrons plus loin.
...d'après Amatallah, l'esclave du prophète qui a dit: "Lorsque Safiyya est tombée captive entre les mains des musulmans, le jour de Quraydha et de Nadhîr, le prophète l'a affranchie et lui a donné Ruzayna la mère d'Amatallah comme esclave.

2. Umayma :
ibn El Athir a dit qu'elle était l'esclave du prophète.
Jubayr ibn Nufayr a rapporté qu'elle était en train de faire ses ablutions au prophète, lorsqu'un homme est entré chez celui-ci et lui a dit: "Fais-moi une recommandation ?
Il lui a répondu:
-N'associe jamais rien à Allah, même si tu es découpé en morceaux ou que tu es brûlé. Ne délaisse jamais une prière volontairement, car celui qui la laisse volontairement, Allah ne lui donnera aucune garantie, ni Son Messager. Ne bois rien qui enivre, car c'est l'origine de tout péché. Ne désobéis pas à tes parents, même s'ils t'ordonnent d'abandonner ton épouse et tes biens.

3. Barqa umm Aymen, la mère d’Ussama ibn Zayd ibn Hâritha:
Elle s'appelle Barka bint Thalaba ibn Amir ibn Numân, l'éthiopienne. Elle est plus connue sous le nom d'Umm Ayman, son fils de son premier époux Ubayd ibn Zayd l'éthiopien. Elle fut épôusée, ensuite, par Zayd ibn Hâritha à qui elle donna Ussama ibn Zayd.
Elle a fait les deux émigrations. Elle était la nourrice du prophète avec sa mère Amina bint Wahb. Le prophète a hérité d'elle de son père, comme l'a rapporté al Wâqidi.
On rapporte qu'elle est morte cinq ou six mois après le prophète.
(...)

4. Burayra
Elle était l'esclave de la famille d'Abu Ahmed ibn Jahsh avant d'être rachetée par Aïsha qui l'affranchit.

5. Khadhra :
ibn Mundah l'a mentionnée en ces termes : Fâyd, le domestique de Ubaydellah nous a rapporté d'après Ubaydellah ibn Alî ibn Abu Râfi, d'après sa grand-mère Selma qui a dit: J'étais la servante du prophète, ainsi que Khadhra, Radhwa et Maymûna bint Sad. Le prophète nous a toutes affranchies.

6. Khulaysa, la servante de Hafsa bint Omar.
... d'après Khoulaysa, la servante de Hafsa, au sujet du récit de Hafsa et de Aïsha avec Sawda bint Zuma et de leur plaisanterie avec elle, en lui disant que l'Antéchrist venait d'apparaître. Sawda se réfugia alors dans une pièce où elles allumaient le feu. Hafsa et Aïsha se mirent à rire ensuite du comportement de Sawda.
(...)

7. Khawla :
Elle était l'esclave du prophète, comme l'a rapporté ibn El-Athîr.
(...)

8. Ruzayna :
ibn Asâkir a dit: "A vrai dire, elle appartenait à Safiyya bint Huyey et elle était au service du prophète. On a vu, dans la biographie de sa fille Amatallah que le prophète avait donné Ruzayna à S afiyya bint Huyey comme dot. A partir de là, on déduit qu'elle lui appartenait à l'origine.


9. Radhwa :
ibn El Athîr a dit: Sayd ibn Bashir a rapporté d'après Qatâda, d'après Radhwa bint Kab, selon laquelle elle avait interrogé le prophète sur la femme en état de menstrues qui se teint au henné, et il lui a répondu: "Il n'y a aucun inconvénient à cela".

10. Rayhâna bint Shamûn El Qurdhiyya ou Nadhriyya
Nous avons parlé d'elle après la mention de ses épouses.

11. Sâyba :
Elle a rapporté de la part du prophète un hadith sur les objets trouvés, comme l'a rapporté ibn El-Athîr dans "El-Ghâba".

12. Sadisa El Ansâriyya :
On rapporte qu'elle fut l'esclave de Hafsa bint Omar. Elle a rapporté de la part du prophète le hadith suivant:
Depuis que Omar a embrassé l'islam, à chaque fois que le diable le voyait, il tombait face contre terre.

13. Sallâma, la nourrice d'Ibrahîm, le fils du prophète.
Elle a rapporté un hadith sur les mérites de la grossesse, de l'allaitement et des veillées. Le hadith fut transmis par Abu Nu'aym d'après Anas.

14. Salma Um Râri.
Al Wâqidi rapporte qu'elle a dit: J'étais la servante du prophète ainsi que Khadhra, Radhwa et Maymûna bint Sa'd. Le prophète nous a toutes affranchies.
(...)
Mussab az Zubayri rapporte qu'elle a participé à la bataille de Hunayn.
Elle a vécu après le prophète et a assisté à la mort de Fâtima, dont elle a procédé au lavage du corps avec son époux Ali et Asma bint Umays.

15. Shirine ou Sirine :
Elle est la sœur de Maria, la copte et la tante maternelle d'Ibrahîm, le fils du prophète. Le prophète l'offrit à Hassân ibn Thâbit qui l'épousa et à qui elle donna son fils, Abd Ar Rahmân.

16.Unqûda Um Marih, l'éthiopienne:
Elle est l'esclave de Aïsha. Elle s'appelait Anba et le prophète lui donna le nom de Unqûda. On rapporte aussi qu'elle s'appelait Ghafira.

17. Farwa, la nourrice du prophète.
Elle a rapporté que le prophète lui a dit : Lorsque tu te mets dans ta couche, récite: "Dis: ô les incroyants..." car elle est une immunité contre l'associationnisme.

18. Fiddha, la nubienne:
ibn al Athir a dit dans "El-Ghâba" qu'elle était l'esclave de Fâtima, la fille du prophète.

19. Layla, l'esclave de Aïsha.
On rapporte qu'elle avait dit au prophète "Ô Messager d'Allah, lorsque tu sors des latrines, et que j'y entre, je n'y vois rien, mais je sens l'odeur du musc ?
Il lui a répondu ainsi :
-Nous, les prophètes, nos corps poussent comme les âmes des habitants du paradis. Ce qui en sort comme mauvaise odeur est engloutie par la terre.

20. Maria, la copte, la mère d'Ibrahîm.
Nous avons vu sa biographie avec les autres mères des croyants. Cependant, ibn al Athîr a distingué entre elle et entre Maria Um er Ribâb qui était, dit-il, une esclave du prophète.

21. Maria, la servante du prophète.
Abu Bakr a rapporté d'après ibn Abbâs d'après El Muthanna ibn Sâleh, d'après sa grand-mère Maria, la servante du prophète qui a dit:Je n'ai jamais touché de main aussi douce que celle du prophète.
...Je ne sais pas s'il s'agit de la précédente ou pas.

22. Maymûna bint Sad.
...Maymoûna l'esclave du prophète a interrogé le prophète en ces termes : "Ô Messager d'Allah, parle-nous d'El-Qods ?
(...)

23. Maymûna bint Abu Unaysa :
...d'après Maymûna bint Abu 'Unaysa qui a dit: Une femme de Hurayh est venue chez Aïsha et lui a crié : Ô Aïcha, viens à mon secours avec une invocation du prophète qui me redonnera sérénité et quiétude !
(...)

24. Umm Dhumayra, l'épouse d'Abu Dhumayra.
Nous avons parlé d'eux plus haut.

25. Umm Iyyâsh.
Le prophète l'a envoyée chez sa fille pour l'aider lorsqu'elle s'est mariée avec Othmân ibn Affân.
...d'après sa grand-mère Iyyâsh - elle était la servante du prophète, qui a dit que le prophète l'avait envoyée avec sa fille chez Othmân.
Elle ajoute : Je faisais fondre de la datte à Othmân, le matin, et il buvait son eau l'après-midi, et je lui faisais du jus, le soir, qu'il buvait le matin.
Un jour, il m'a dit :
-Est-ce que tu y mélanges quelque chose ?
-Oui, lui ai- je répondu.
-Ne le fais plus" m'a-t-il dit.

Ce sont là ses esclaves.



2. — Biens meubles.

L’esclave est un bien meuble, une chose de valeur, un instrument d’échange. Ce n’est pas en tant qu’être humain qu’il convient de bien le traiter, mais toujours en objet qu’il ne faut pas gâter.

L’esclave en compensation.
(Muslim, Sahih 16/4166).

...parmi les femmes de la tribu de Hudhayl, l’une avait jeté une pierre sur une autre, ce qui a causé une fausse couche. L’envoyé d'Allah a déclaré que pour elle, une ou un esclave de bonne qualité serait donné en compensation.

Humanité.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah, notes).799
Zayd était accompagné par Dumayra, un client d’Ali, et un de ses frères. Ils firent plusieurs prisonniers dans le peuple de Mina, qui est sur le rivage, un lot assez mélangé. Ils furent vendus comme esclaves et les familles furent séparées. L’apôtre arriva à cause des pleurs et demanda leur cause. Quand on lui dit, il ordonna:
-Vendez-les seulement par lots!
Cela voulait dire: les mères avec les enfants800 .

(Bukhari, Sahih 34/ 363).801
On demanda à l'envoyé d'Allah son avis sur le cas d'une jeûne esclave, si elle était vierge et si elle avait commis un acte sexuel illicite.
Le prophète dit :
- Si elle a commis un acte sexuel illégal, fouette-la, et si elle l'a refait, refouette-la, et si elle l'a refait une troisième fois, alors revends-la même en échange d'une corde802

L’esclave en fuite.803
(Bukhari, Sahih, 56/187, 2).

Nafi a raconté qu’un esclave d’ibn Omar s’étant enfui rejoignit les Grecs804 ; Khalid ibn Walid s’en étant réemparé, le fit rendre à ibn Omar.

Fidélité.
(Muslim, Sahih 1/ 129).805

Le messager d'Allah a dit :
- L'esclave qui fuit de chez son maître commet un acte d'infidélité aussi longtemps qu'il ne rentre pas chez lui. 

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 1768).
Selon Jarir , le messager d'Allah a dit :
-"Tout esclave qui quitte son maître sans sa permission devient renié par ma communauté".

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 1769).
Selon lui encore, le prophète a dit :
-"Quand l'esclave quitte son maître sans sa permission, Allah ne lui agréé plus sa prière".
Dans une autre version : "Il devient mécréant".

(Bukhari, Sahih 41/ 598).806
Un homme avait affranchi son esclave et il ne possédait rien d'autre. Alors le prophète annula l'affranchissement. Noaym ibn al Nahham lui acheta l'esclave. 

( Bukhari, Sahih 56/144).
D’après Abu Horayra, le prophète a dit:
-Allah est émerveillé des gens qui entrent au paradis avec leurs chaînes807.


3. — Les esclaves musulmans.


On connait pourtant des esclaves qui conservent leur statut tout en étant musulmans et ceux-ci connaissent un sort plus favorable808 .
D'ailleurs, une des pénitences les plus communes est l’affranchissement d’esclaves ; mais ceux-ci doivent impérativement se soumettre à l’islam, s'ils ne sont pas déjà musulmans. L’affranchi reste un serviteur, client809 de la famille.


(Bukhari, Sahih 84/6).

Abu Horayra rapporte que le prophète a dit:
-A celui qui affranchit un esclave musulman, Allah affranchira de l’enfer chaque membre correspondant à celui de l’affranchi, même les parties honteuses810.

Obéissance.
(Bukhari, Sahih 55/ 655).811

L'envoyé d'Allah a dit :
- Si un homme croit en Jésus puis croit en moi, il aura une double récompense. Et si un esclave craint son seigneur et obéit à ses maîtres, il aura aussi une double récompense. 

(Corpus coranique d'Othman 2/220).

N’épousez point les associatrices avant qu’elles ne croient!
Certes, une esclave croyante est meilleure qu’une associatrice, même si celle-ci vous plaît.
(...)
Certes un esclave croyant est meilleur qu’un associateur, même si celui-ci vous plaît.


4. — Esclaves et femmes: le scandale de la double peine.

L’esclavage des femmes est une spécificité musulmane pour plusieurs siècles. Ces femmes sont "celles que la main droite possède", captives dont le maître peut abuser légalement812 .
Il doit satisfaire les pulsions des mâles, compenser le déséquilibre démographique causé par la polygamie/polygynie, et affaiblir les contrées d’où ses femmes sont tirées.


Amour ancillaire.
(Dawud, Hadith
11/ 2166).813
Un homme dit:
- envoyé d'Allah, j'ai une jeune esclave814 et je retire mon pénis d'elle parce que je ne veux pas qu'elle soit enceinte. Les Juifs disent que retirer son pénis est comme enterrer des filles vivantes.
Le prophète dit :
- Les Juifs ont dit un mensonge. Si Allah a l'intention de créer, tu ne peux pas y échapper. 

(ibn Sa’d, Tabaqat I 449).
L’apôtre d'Allah avait envoyé sa petite esclave pour un certain travail. Elle avait pris du retard, alors il dit:
-S’il n’y avait pas représailles, je t’aurai frappé avec mon “nettoie-dent”.

(Dawud, Hadith 38/ 4348).815
Un aveugle avait pour femme une esclave, enceinte, qui insultait et dénigrait le prophète. Il le lui avait interdit mais elle ne cessait pas. Il la réprimandait mais elle n'abandonnait pas cette habitude. Une nuit, elle commença à calomnier et injurier le prophète. Alors il prit un poignard, le plaça sur son ventre, appuya et la tua. Un enfant qui sortit d'entre ses jambes fut sali par le sang qui était là.
Quand vint le matin, le prophète apprit cela. (...) Le prophète dit :
- Ô Allah, sois mon témoin, il n'y aura pas de représailles pour le sang de cette femme.816

(Musli