Partie XVI



DES CHAMEAUX
ET
DES FEMMES


A Qudayd, Muhammad a été interrogé ainsi:
-As-tu vraiment envie de prendre des femmes blanches
et des chameaux marrons?
(Waqidi, Livre des expéditions 64)1



Safiyah2 ajouta:
-De tous les hommes,
le prophète est celui que je déteste le plus,
parce qu’il a tué mon époux, mon père, mon frère.
(Baladuri, Livre des conquêtes 24)





§ 493. Présentation.

L’impérialisme est un comportement politique qui vise à l’établissement d’un empire, un pouvoir dominant, de manière le plus souvent violente: l’expansion se nourrit elle-même en prélevant des ressources sur les populations soumises, et l’agressivité est alors obligatoire, sans quoi, l’empire ainsi créé commence à ressentir les effets de son déclin. C’est un système, par essence dynamique, de nature aussi économique que politique, et qui en théorie n’a pas de limite, sinon celle de ses capacités propres et celle de l’agressivité de ses dirigeants.
Le système que bâtissent les Arabes au VIIème siècle est effectivement impérial, et c’est un empire que se construit ensuite une religion impériale: la prédation sur les biens et les personnes donne suite à l’appropriation des autres doctrines.3








Chapitre 85


Les premiers musulmans
au coeur des
guerres tribales





L’attaque répétée des Bédouins est un phénomène relativement tardif: ils sont les cibles des musulmans en tant qu’alliés potentiels des Mecquois, en tant que possesseurs de troupeaux, et réservoirs démographiques . On décèle aussi derrière ces affrontements des phénomènes traditionnels: vols de bétail, lutte pour les points d’eau, rapt et viols de femmes et vengeances interminables. Mais le poids de Médine, et la direction politique de Muhammad changent le rapport de force.



§ 494. — Expédition contre Al Abwa/Waddan.

Muhammad prend la tête d'une expédition de pillage contre la tribu de Dhamra, sans grand résultat. Ce n'est qu'un début. Les musulmans ne désespèrent pas de trouver proie plus propice et favorable 4.

(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 128).

Au mois de safar de la seconde année de l'hégire, le prophète partit de sa personne, à la tête d'une troupe de muhajir et d'ansar, après avoir établi comme son lieutenant à Médine Sad, ibn Obada. L'étendard blanc était porté par Hamza5. Le prophète arriva à Abwa, bourg considérable, renfermant un grand nombre d'habitants, et situé entre la Mecque et Médine. Près de là est un autre bourg, nommé Waddan. C'est pour cela que cette expédition porte ces deux noms. Le chef des Arabes de la tribu de Dhamra, Makhshi ibn Amir, se présenta devant le prophète et conclut la paix avec lui. Après cela le prophète resta à Abwa quinze jours, et s'en retourna sans avoir combattu.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 415-6).6
... jusqu’à ce qu’il atteigne Waddan, ce qui constitue l’expédition d’al Abwa.... Les Banu Damra étaient en paix avec lui grâce à leur chef Makhshi ibn Amir al Damri. Puis il rentra à Médine sans combat, et resta là tout le reste du mois de safar, et le début de rabi ul awwal.

(Bukhari, Sahih 56/146).
Le prophète passa une fois avec moi à côté d’al Abwa ou de Waddan ; on lui demanda ce qu’il en était quand, dans une attaque nocturne contre des ennemis polythéistes, des femmes et des enfants sont frappés:
-Ces femmes et ces enfants, répondit-il, font partie des ennemis7 .
Sab a encore dit: il n’appartient à personne de territoire réservé, sauf à Allah et à son envoyé8.


§ 495. — Expédition contre Qarqarat al Kudr.

Muhammad prend la tête d'une expédition de pillage contre l'importante tribu des Banu Sulaym, sans combattre: le butin est abandonné par les ennemis. Ali est son lieutenant dans l'entreprise 9.


(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 540).
Le raid contre les Banu Sulaym10 à al Kudr.
L’apôtre d’Allah resta seulement sept nuits à Médine avant de faire lui-même un expédition contre les Banu Sulaym. Il alla aussi loin que leur point d’eau appelé al Kudr et resta trois nuits, retournant à Médine sans combattre. Il resta là pour le reste de shawwal et dhul qada et pendant ce temps, il accepta la rançon de la plupart des prisonniers quraysh.

(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 177).
Le dernier jour du mois de ramadan, quatre jours, d'autres disent sept jours après son retour de Badr, le prophète fut averti que les Arabes des tribus de Sulaym et de Ghatafan s'étaient réunis dans le désert, au bord d'un puits nommé Kodr, pour venir surprendre Médine, afin de venger les Quraysh. Le prophète, après avoir rompu le jeune, partit de sa personne, le premier jour du mois de shawwal, pour aller attaquer ces Arabes. Il laissa comme son lieutenant11 à Médine un vieillard aveugle, nommé ibn Umm Maktum, lecteur du Coran12, Ali portait l'étendard du prophète. Il y a, entre Médine et le puits de Kodr, trois journées de marche. Le prophète fit le chemin en deux jours. Les Arabes13 , avertis de son approche, s'enfuirent, abandonnant leur bétail et leurs bagages. Après avoir passé trois jours à cet endroit, ne voyant venir personne, le prophète fit enlever le bétail et tous les bergers, et s'en retourna à Médine, où il arriva le cinquième ou le sixième jour du mois de shawwal. Deux jours après, il partit pour aller attaquer les Banu Qaynuqa14 .

(Waqidi, Livre des expéditions 14).

Au milieu du mois de muharram, Muhammad partit pour les paturages de al Kodr et resta 15 jours.

Le butin d’al Kudr.
(ibn Sad, Tabaqat II 35).15
Ils distribuèrent le butin à al Sirar, à trois milles de Médine. Le troupeau était composé de 500 chameaux. Le quint fut séparé et le reste donné aux musulmans, chacun recevant deux chameaux ; il y avait en tout 200 personnes. Yasar échut dans la part du prophète, qui le libéra parce qu’il l’avait vu faire ses prières. L’apôtre d'Allah a été absent pendant 15 jours.


§ 496. — Expédition contre Dhu Amarr.


Muhammad prend la tête d'une expédition préventive contre la grande tribu des Banu Sulaym et des Banu Ghatafan, sans grand résultat16.

(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 181).

Le prophète fut informé qu'une troupe d'Arabes des Banu Sulaym et des Banu Ghatafan s'était réunie dans un lieu nommé Dhu Amarr. Il craignit qu'ils ne voulussent faire une incursion sur le territoire de Médine, dont ils étaient éloignés de cinq journées de marche. Il se remit en campagne, le premier jour du mois de safar, pour les prévenir. Mais ceux-ci, avertis de la marche du prophète, s'enfuirent. Arrivé à ce lieu, le prophète ne rencontra personne, il rentra à Médine le dernier jour du mois.
Le prophète passa le mois de rabia I à Médine. C'est dans ce mois qu'il maria sa fille Umm Kulthum à Othman ibn Affan, qui déjà avait été son gendre par sa fille Ruqayya, qui était morte.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1364).17
Il envoya Ghalib ibn Abdalah al Laythi, le dimanche du 10 du mois de shawwal, come chef d’une attaque contre les Banu Sulaym et les Ghatafan. Les musulmans ont tué quelques ennemis ont pris leurs troupeaux et sont rentrés à Médine avec leur butin. Trois musulmans furent martyrisés.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 544).
Lorsque l’envoyé d’Allah revint de la razzia d’al Sawiq, il séjourna à Médine le reste du mois de dhul hijja ou presque. Puis, il se dirigea vers le Najd, visant les Ghatafan. (...) Il séjourna dans le Najd tout le mois de safar ou presque. Puis il retourna à Médine sans engager le combat.

(Waqidi, Livre des expéditions 16).18
Muhammad est parti vers Dhu Amar et resta 11 jours...
Les bédouins, qui auparavant avaient mis leur bétail et leurs familles à l’abri dans les hauteurs, s’enfuirent maintenant dans les montagnes à leur tour.


Banu Sulaym.
(ibn Sad, Tabaqat II 41).
L’expédition de l’apôtre d'Allah contre les Banu Sulaym à Buhran, le 6 de jumada à al Ula... Buhran se trouve sur le territoire d’al Furu, et la distance entre al Furu et Médine était de huit burd. La cause était que le prophète apprit qu’un grand groupe des Banu Sulaym était mobilisé. Il mit sur pied un groupe de 300 hommes de ses compagnons. Il nomma ibn al Maktum comme régent à Médine. Il marcha rapidement jusqu’à al Buhran. Il vit qu’ils s’étaient dispersés et étaient retournés vers les points d’eau. Le prophète revint et il n’y eut pas de combat. Son absence de Médine dura 10 nuits.



§ 497. — Expédition contre Qatan.

Muhammad envoie une expédition de pillage surprise contre la tribu des Banu Assad 19.

(Waqidi, Livre des expéditions 21).
Au mois de muharram, Muhammad donna le commandement sur un groupe de 150 hommes avec le quel il devait attaquer les Banu Asad... Les Arabes s’enfuirent et se dispersèrent.

(ibn Sad, Tabaqat II 59).
L’expédition d’Abu Salamah ibn Abd al Asad al Makhzumi se dirigea contre Qatan, une montagne des environs de Fayd, où il y avait une source des Banu Asad ibn Khuzayma.
(...)
Il envoya 150 muhajirun et ansar avec lui et dit:
-Marchez jusqu’à atteindre le territoire des Banu Asad, et attaquez les avant qu’ils ne vous attaquent.
Alors Abu Salamah partit et marcha rapidement, en évitant le chemin habituel. Il passa par al Akhbar, atteignit le territoire de Qatan et s’empara d’un endroit laissé vide. Il captura trois bergers et les autres s’enfuirent et allèrent prévenir les autres en les effrayant. Ils se dispersèrent donc dans toutes les directions. Ensuite, Abu Salamah divisa ses hommes en trois groupes pour aller à la recherche du bétail et des chèvres. Ils revinrent sains et saufs. Ils apportaient des chameaux et des chèvres mais ne rencontrèrent personne d’autre. Alors Abu
Salamah revint avec eux à Médine.


§ 498. — Expédition d’al Raji.

Muhammad envoie une petite expédition aux buts incertains, sans doute d'espionnage; la tentative échoue totalement . C’est l’occasion d’ajoute quelques noms au martyrologue.20


(Bukhari, Sahih 64/28, 1).
Le prophète avait envoyé un détachement en reconnaissance et avait mis à sa tête Asim ibn Thabit, le grand-père de Asim (...). Ils étaient arrivés à une localité entre Osfan et La Mecque, lorsqu'on leur signala une tribu des Hudhayl21 , appelée Banu Lihyan22 . Environ cent archers les suivirent à la trace, et, arrivés à un des campements qu'ils avaient occupés, ils trouvèrent des noyaux de dattes dont ils s'étaient approvisionnés à Médine.
-Ces noyaux, dirent-ils, proviennent de dattes de Yathrib.
Continuant leur poursuite, ils les atteignirent. Asim et ses compagnons se retranchèrent alors sur la colline de Fadfad où ils furent cernés par les Banu Lihyan.
-Si vous descendez vers nous, dirent les Banu Lihyan, nous prenons l'engagement formel de ne mettre à mort aucun d'entre vous.
-Pour moi, répondit Asim, je ne descendrai pas me mettre sous la sauvégarde d'un infidèle. Ô Allah , instruis ton prophète de notre situation.
Le combat s'engagea aussitôt. Asim fut tué à coups de flèches ainsi que six de ses compagnons, en sorte qu'il ne resta plus que Khobayb et Zayd et un autre individu, à qui on donna la sauvegarde et qui, dès qu'ils l'eurent obtenue, descendirent de leur refuge. Les Banu Lihyàn saisirent ces trois hommes et, détachant les cordes de leurs arcs, ils les garrottèrent.
-C'est là une première trahison, s'écria le troisième individu, qui refusa de les suivre. On le traîna d'abord, puis on essaya de le faire monter et, comme il n'en faisait rien, on le tua. On emmena ensuite Khobayb et Zayd et on les vendit à La Mecque. Les Banu Harith ibn Amir ibn Nawfal achetèrent Khobayb qui avait tué al Harith, le jour de Badr. Ils le gardèrent un certain temps comme prisonnier et résolurent de le mettre à mort.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 209).

Après ces événements, le prophète demeura à Médine le mois de shawwal, le mois de dhul qada et le mois de dhul hijja. Les Quraysh étaient rentrés à la Mecque. Entre la Mecque et Médine habitaient deux tribus nommées Adhl et Al Qara, qui étaient dans les intérêts d'Abu Sufyan. Celui-ci leur avait recommandé de se saisir, par un stratagème, de quelques gens de Muhammad, de les amener à la Mecque ou de les tuer. Deux hommes appartenant à ces tribus vinrent trouver le prophète et lui dirent :
-Plusieurs personnes de nos tribus se sont converties à l'islam et ont cru en toi. Envoie-leur quelques hommes qui puissent leur enseigner le Coran, la religion et le culte.
Le prophète désigna six de ses compagnons pour partir à cet effet avec les deux députés. C'étaient : Marthad ibn Abu Marthad, le chef de la mission ; Khalid ibn Bohayr ; Asim ibn Thabit, ibn Abul Aqlah ; Zayd ibn Dathinna ; Khobayb ibn Adi, et Abdallah ibn Tariq. Ces six hommes partirent ; ils arrivèrent aux tentes de ces tribus et firent halte près d'un puits nommé Raji, appartenant aux Banu Hudhayl, qui, avertis par les deux députés, vinrent attaquer les six musulmans. Ils leur dirent :
-Nous ne voulons pas vous tuer, nous vous en donnons l'assurance ; mais nous voulons vous faire prisonniers et vous conduire vers les Quraysh et vous vendre à eux pour une certaine somme. Ne faites pas de résistance.
Trois d'entre les musulmans, Marthad, Khalid et Asim, périrent en combattant contre les Arabes de ces tribus ; les trois autres, Khobayd, Zayd et Abdallah ibn Tariq, se rendirent et se laissèrent lier les mains, et on les emmena. Cependant Abdallah se délivra de ses liens et s'enfuit. On le poursuivit, il fut atteint et tué. Zayd et Khobayb furent conduits à la Mecque et vendus. Celui-ci fut acheté par Hujayr ibn Abu Ahab, et Zayd par Safwan ibn Omayya, qui voulurent les faire mourir en expiation de la mort de leurs pères, tués à Badr. On les fit sortir de l'enceinte sacrée de la Mecque, et on les tua à la porte de la ville, à un endroit nommé Tawim. Khobayb fut attaché à un poteau et on y laissa son corps pendant longtemps ; quant à Zayd, on jeta son corps près du même endroit.
Il y avait à la Mecque une femme nommée Sulafa bint Sad, dont les fils avaient été tués à Ohod par Asim, et qui s'était engagée par un vœu à faire du crâne d’Asim sa coupe à boire. En apprenant la mort d’Asim, elle envoya quelqu'un vers les Banu Hudhayl, au lieu où les trois musulmans avaient été tués, pour lui rapporter le crâne d’Asim. Lorsqu'on alla pour le prendre, Allah fit venir une grande quantité d'abeilles qui entourèrent la tête, de sorte que personne n'osa en approcher. Les hommes qui voulaient accomplir ce dessein se dirent entre eux:
-Attendons jusqu'au soir, les abeilles s'envoleront, et nous le prendrons alors.
Mais à la tombée de la nuit, Allah fit venir un torrent qui emporta le corps d’Asim. Quant au corps de Khobayb, il resta attaché au poteau, jusqu'au moment où le prophète envoya Amir ibn Omayya, le Dhamrite, à la Mecque, pour tuer Abu Sofyan. Amir détacha, pendant la nuit, le corps de Khobayb, qui était devenu tout à fait raide et voulut l'enterrer le lendemain. Mais au matin on ne le trouva plus, et personne ne sut ce qu'il était devenu.
Ce fait est célèbre.

(Waqidi, Livre des expéditions 23).
Les compagnons de l’expédition d’al Raji furent envoyés par Muhammad pour chercher des informations sur les Quraysh ; donc ils sont partis sur la route du Najd, jusqu’à tomber sur dans les mains des Banu Lihyan à al Raji.


§ 499. — Le retour de la Mecque.

Il s'agit d'un coup d'éclat individuel: un musulman ramène des prisonniers de la Mecque et assassine un berger, après une tentative d'assassinat contre la personne d'Abu Sufyan.23


(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1440).24

Je25 suis entré dans un grotte avec mon arc et mes flèches. Un borgne26 de grande taille, de la tribu des Banu al Dil Banu Bakr est entré plus tard avec ses moutons. Il demanda:
-Qui est là?
J’ai dit:
-Quelqu’un de la tribu des Banu Bakr.
Il dit:
-Je suis aussi des Banu Bakr, un des Banu al Dil.
Il s’allongea près de moi, et se mit à chanter:
Je ne sera pas musulman autant que je vivrai,
et je ne croirai pas en la foi des musulmans.

J’ai dit alors:
-C’est ce que l’on va voir!
Le bédouin s’endormit et se mit à ronfler. Je suis allé vers lui, et je l’ai tué de la façon la plus atroce d’une façon dont personne n’a tué personne. Je me suis allongé sur lui, j’ai mis le bout de mon arc dans son oeil valide et j’ai appuyé si fort qu’il est allé jusqu’à la base du cou.
Ensuite, je suis sorti dehors comme une bête sauvage, j’ai repris la route comme un aigle, fuyant pour ma vie.

Retour d’un musulman avec des prisonniers bédouins.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1441).27

Quand je suis revenu à Médine, je suis devant quelques sheikhs28 des ansar.
-Par Allah, dirent-ils, c’est Amir ibn Ummayah!
Des enfants entendant cela se ruèrent chez le messager d’Allah pour lui dire mon arrivée.
J’ai lié les pouces des prisonniers avec la corde de mon arc, et le message d’Allah, en voyant cela, a ri si fort que l’on a pu voir ses dents du fond. Puis il m’interrogea et je lui ai dit ce qui s’était passé:
-Bien joué, dit-il.
il alla prier pour ma bénédiction.


§ 500. — Expédition contre Bir Mawna.

Muhammad envoie une expédition qui échoue totalement et s'achève par le massacre de ses participants. Le chef en conçoit une haîne et une volonté de vengeance toutes remarquables.29

Accueil du chef de tribu.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1442).30
Abu Bara (...) “le joueur de pointes de lances”, chef des Banu Amir Banu Sasah est venu à Médine auprès du messager d’Allah, et lui offrit un cadeau.
Le messager d’Allah lui dit alors, en refusant l’offre:
-Abu Bara, je n’accepte pas les cadeaux des polythéistes, alors deviens musulman si tu veux que je l’accepte.

Malédiction après le combat.
(Bukhari, Sahih 52/ 69).
Pendant trente jours, l’apôtre d’Allah invoqua Allah pour maudire ceux qui avaient tué ses compagnons à Bir Mawna ; il maudit les tribus de Ral, Dhakwan, et Usayya qui avaient désobéi à Allah et à son apôtre. Il fut révélé au sujet de ceux qui ont été tués à Bir Mawna un verset coranique, que nous avons récité, mais qui a été annulé ensuite. Le verset était:
-Avertis notre peuple que nous avons rencontré notre seigneur. Il est heureux avec nous et il nous a rendu heureux.

(Bukhari, Sahih 56, 19).
Anas ibn Malik a dit:
-L'envoyé d'Allah prononça pendant trente matins des malédictions contre les meurtriers des gens du puits de Mawna, contre Ril, Dhakwan, Usayya, qui s'étaient montrés rebelles à Allah et à son envoyé.
Anas ajoute: un morceau du Coran fut révélé relativement aux gens du puits de Mawna ; nous le récitâmes puis il fut abrogé. C’était:
Apprenez aux nôtres que nous avons rencontré notre seigneur ; il a été content de nous et nous a rendus content de lui.

(Bukhari, Sahih 64/28, 3).
Le prophète avait envoyé pour une affaire, 70 hommes qu’on appelait al Qorra31. Ces hommes rencontrèrent sur leur route des gens de deux tribus des Banu Sulaym, les Ril et les Zakwan, près d’un puit appelé Bir32 Mawna.
-Par Allah, s’écrièrent ces gens-là, ce n’est pas à vous que nous en voulons, nous voulons seulement empêcher le prophète d’obtenir ce qu’il cherche. Là-desus, ils les mirent à mort. Pendant un mois, le prophète fit des voeurs à la prière du matin, et ce fut ainsi que commença le qunut33 que nous n’avions jamais fait auparavant.

(Bukhari, Sahih 64/28,7).
Lorsque Haram ibn Milhan, qui était mon oncle maternel, fut transpercé par la lance le jour34 de Bir Mawna, il prit du sang de la plaie, s’en aspergea le visage en disant:
-J’ai gagné le martyre, j’en jure par le maître de la Ka’ba.

(Waqidi, Livre des expéditions 22).
Le prophète les a envoyé ; ils étaient 70 avec Abu Sayd, ou plutôt seulement 40.

Bir Mawna vu par T. Ramadan.35
(T. Ramadan, Muhammad, vie du Prophète, p.196-7).36
Nombreux furent les musulmans qui furent faits prisonniers, suppliciés ou tués pendant ces années. Tombés dans des embuscades ou simplement vaincus par le nombre de leurs ennemis, ils étaient souvent torturés et mis à mort de façon atroce, et la tradition rapporte leur courage, leur patience et leur dignité devant la mort. Le plus souvent, ils demandaient, à l'exemple de Khubayb ou de Zayd, à pouvoir faire deux cycles de prière avant leur exécution, et ils les prolongeaient par des invocations adressées à Dieu, l’Unique, pour Lequel ils avaient donné leurs biens et leur vie.
Un jour, un dénommé Abû Barâ, de la tribu des Banû Amir, vint à la rencontre du Prophète et lui demanda d'envoyer avec lui une quarantaine de musulmans pour enseigner l'islam à l'ensemble de sa tribu. Muhammad, au fait des alliances locales, exprima sa crainte que ceux-ci ne fussent la cible des autres tribus qui étaient hostiles à l'islam ou avaient établi divers pactes avec les Quraysh. Il reçut l'assurance que ses hommes seraient protégés par les Banû Amir, qui jouissaient d'un prestige sans faille et pouvaient de leur côté s'appuyer sur de nombreuses alliances. C'était néanmoins compter sans les rivalités internes du clan des Banû Amir. Le propre neveu d’Abû Barâ' fit mettre à mort l'éclaireur du convoi des musulmans (qui portait une lettre de la part du Prophète). Puis, lorsqu'il vit que son clan tenait à rester fidèle au pacte de protection offert par son oncle, il mandata deux autres clans qui tuèrent l'ensemble des musulmans, vers Bir al-Maûna, à l'exception de deux hommes qui purent en échapper parce qu'ils étaient allés s'approvisionner en eau. L'un d'eux préféra mourir en combattant l'ennenù et l'autre, 'Amir ibn Umayya, se rendit à Médine pour informer le Prophète du massacre de ses hommes. Sur sa route, il rencontra deux membres des Banû Amir qu'il croyait responsables du guet-apens et les tua en guise de vengeance.



§ 501. — Expédition contre Dhat al Riqa.

Un raid qui est plus circonstancié que les autres: au cours d’une action, Muhammad invente une technique militaire qui concilie la prière et le combat, la religion et la guerre tout ensemble. Le Coran en porte la trace37.

(Bukhari, Sahih 14/ 2735)38

L’apôtre d’Allah nous envoya avec une armée dans le Nadj, et il envoya une partie de cette armée contre l’ennemi.

(Waqidi, Livre des expéditions 27).
Ensuite Muhammad partit avec 400 (ou 700 ou 800) hommes vers le Wadil Shuqra 39.

(Muslim, Sahih 32-3387).

Abu Mûsa a dit : "Nous partîmes en expédition avec le prophète . Nous étions six et nous n'avions qu'un chameau, que nous montions à tour de rôle. Nous avions les pieds déchirés et, pour ma part, j'eus les pieds si abîmés que mes ongles tombèrent. Nous enveloppions nos pieds alors avec des chiffons, c'est pourquoi cette expédition fut dénommée Dhât Ar-Riqâ`40 ".


1. — La “prière de la peur”.


La prière de la peur 41 est une synthèse entre tactique et liturgie, qui montre que la doctrine islamique peut se révéler brillante en matière de questions techniques. Ce type de disposition a dû être très utile dans les premiers temps des invasions musulmanes, quand le nombre élevé de prières et leur caractère quasi-obligatoire se sont avérés de gros défauts tactiques face à des adversaires moins pieux!

(al Qayarawani, Risala malikite 16).42

Pour la prière du danger 43, en voyage, quand les fidèles craignent [les attaques de l']ennemi, l'Imâm se pirtera en avant avec un groupe et laissera un autre groupe faire face à l'ennemi. L'Imâm fera une raka avec un [premier groupe] puis, il restera immobile et debout et les fidèles de ce premier groupe feront personnellement une [autre] raka, puis diront le salut fin~al et iront relever leurs camarades [de l'autre groupe]. Puis, ceux-ci viendront, commenceront la prière en disant : Allâh akbar, derrière l'imâm qui fera avec eux la deuxième raka, dira le takhahhud44 et le salut final; puis ils feront à titre rpparatoire la raka qu'ils ont manauée et ils s'éloigneront. C'est ainsi qu'on procède dans toutes les prières d'obligation divine, sauf pour celle du maghrib45 . Pour celle-ci, l'imâm fait deux rakas avec le premier groupe et une avec le second.
Si l'on n'est pas en voyage, mais en stationnement et que l'imâm préside à la prière en cas de grand péril, il fera pour le dhuhr, le asr et le icha, deux rakas avec chaque groupe. Avant chaque prière, il y aura appel et réappel. S'il y a trop de danger pour procéder ainsi, les fidèles prieront individuellement, comme ils pourront, à pied ou à cheval, en marchant ou en courant, tournés ou non vers la qibla.


(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1453-4).46

Il partit ensuite dans le Najd, contre les Banu Muharib et les Banu Thalabah, un groupe des Ghatafan, et il atteignit Nakh. Ce fut l’expédition de Dhat al Riqa. Ils rencontrèrent un certain nombre de Ghatafan ; les troupes se rapprochèrent, mais aucun combat n’eut lieu, parce qu’ils se craignent les uns les autres. Le messager d’Allah dirigea avec les musulmans la “prière de la peur47 ”, et il partit.

(Corpus coranique d'Othman 4/130).
Quand vous parcourez la terre, il n'y a pas de grief à vous faire d'abréger la prière, si vous craignez que les infidèles ne vous tourmentent.
Les infidèles sont pour vous un ennemi déclaré.
Prophète !, quand tu te trouves à la tête des croyants et que tu diriges pour eux la prière, qu'un parti d'entre eux se tienne
debout, à ton côté, et que ceux qui le composent prennent leurs armes!
Quand les croyants se prosternent, qu'ils soient derrière vous qui veillez sur eux!
Que l'autre parti vienne qui n'a pas encore prié et que ceux qui le composent prient avec toi, tandis que les premiers orants48 prendront la garde!
Que ceux-ci prennent garde et prennent leurs armes!
Ceux qui sont infidèles voudraient que vous soyez inattentifs à vos armes et à vos bagages afin de fondre brusquement sur vous.
Il n'est toutefois nul grief à vous faire de poser vos armes, si vous êtes gênés par la pluie ou êtes malades.
Cependant, prenez garde!
Allah a préparé, pour les infidèles, un tourment avilissant quand vous accomplissez la prière, implorez Allah debout, accroupis ou couchés!
Quand vous êtes en sécurité, acquittez-vous de la prière selon le rite normal!
La prière est, pour les croyants, une prescription à temps déterminé.

(ibn Sad, Tabaqat II 74).
Quelqu’un est venu à Médine pour commercer et informa les compagnons de l’apôtre d'Allah que les Anmar et les Thalaba mobilisaient leurs forces contre lui. L’apôtre d'Allah en fut averti. Il nomma Othman ibn Affan49 comme régent à Médine et partit la nuit du dix muharram avec 400 de ses compagnons. On dit aussi qu’ils étaient 700. Il avança jusqu’à atteindre leur territoire à Dhat al Riqa, une montagne... Là, il ne rencontra personne, si ce n’est des femmes, qu’il captura. Parmi elles se trouvait une très belle fille. Les Arabes50 s’étaient réfugiés au sommet des montagnes. Quand vint l’heure de la prière, les musulmans ont craint d’être attaqués, alors l’apôtre d'Allah a accompli les prières de la peur, pour la première fois. L’apôtre d'Allah rentra à Médine.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 219).
Le prophète, après en avoir fini avec les Banu Nadir51, demeura en repos les mois de rabia I, rabia II, et la première moitié du mois de jumada I. Ensuite il fut informé qu'un grand nombre d'Arabes, des Banu Ghatafan, des Banu Muharib et des Banu Thalaba se rassemblaient dans le dessein d'attaquer Médine. Après avoir établi Othman son lieutenant à Médine, il partit avec l'armée, s'enfonça dans le désert et, après huit jours de marche, s'arrêta à un endroit nommé Dhat ar Riqa. Quelques-uns disent que c'est le nom d'une montagne dans le Najd, qui offre l'aspect de lambeaux d'étoffes noires, jaunes, bleues et de toute espèce de couleurs. D'autres disent qu'il y avait là un grand nombre de dattiers et d'autres arbres offrant le même aspect. Les troupes des Arabes étaient réunies en cet endroit et campées non loin de l'armée du prophète. Alors Allah remplit leurs coeurs de crainte, et elles n'osèrent pas quitter leur camp, redoutant le combat. Les deux armées, ayant peur l'une de l'autre, restèrent trois jours en présence. Ensuite les Arabes s'enfuirent, sans avoir combattu. Pendant ces trois jours, le prophète accomplit la prière du danger, et le verset suivant fut révélé :
Lorsque tu fus au milieu de tes soldats et que tu leur fis accomplir la prière, une partie d'entre eux faisaient la prière avec toi sous les armes, etc. 52
Le prophète divisa l'armée en deux corps, dont l'un se rangea en ordre de bataille en face de l'ennemi, et l'autre, placé derrière lui, accomplit avec lui la prière et une seule prosternation. Ensuite il se leva, et le corps qui était en face de l'ennemi vint se mettre derrière le prophète et accomplit avec lui la seconde prosternation. Après avoir prononcé la formule du tekbir53, et après avoir prié, ce deuxième corps s'assit avec lui pour réciter la profession de foi, et puis se leva en prononçant le salut. De cette manière, chaque corps avait accompli une prosternation avec le prophète, et la deuxième en particulier.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 661-2).
Après l’attaque contre les Banu Nadir, l’apôtre resta à Médine pendant le mois de rabi ul akhir54 et une partie de jumada. Il fit une expédition de pillage dans le Najd, en prenant pour cible les Banu Muharib, les Banu Thalaba des Ghatafan, et s’arrêta à Nakhl. C’était l’ expédition de Dhat al Riqa. Il rencontra une grande troupe des Ghatafan. Les deux forces s’approchèrent, mais il n’y eu pas de combat, parce que chacun craignait l’autre. L’apôtre conduit la “prière de la peur” et il rentra ensuite avec ses hommes.

(Dawud, Hadith 14/ 2737).55
L’apôtre d’Allah envoya un détachement dans le Nadj. J’étais parmi eux et j’ai obtenu de grandes richesses. Notre chef donna à chacun un chameau en récompense. Nous sommes revenus devant l’apôtre d’Allah qui a réparti le butin parmi nous. Chacun a reçu douze chameaux après qu’il ait pris un cinquième...56

(Bukhari, Sahih 64/31, 2)
Salih ibn Khawwat rapporte, d'après ceux qui assistèrent avec l'envoyé d'Allah à la journée de Dhat ar Riqa, que le prophète fit la prière du danger. Une partie des fidèles se mirent en rangs avec lui, tandis que les autres faisaient face à l'ennemi. Le prophète pria avec le premier groupe une raka, puis il s'arrêta et resta debout, et les fidèles de ce groupe achevèrent seuls la seconde raka, puis ils s'en allèrent se mettre en rangs face à l'ennemi. Le second groupe vint alors prendre leur place. Le prophète pria avec eux la raka qui restait à faire de sa prière, puis il s'arrèta et s'assit, pendant que le second groupe achevait une seconde raka. Cela fait, il prononça la salutation finale pour tout le monde.


2. — Vengeance après le meurtre d’une femme.

Parfois, les textes se laissent aller à des moment d’atrocité, toujours proches des rites, jamais loin de la religion. Les mêmes actes considérés sous un angle profane auraient le caractère d’abominations.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 664-5).

... Nous étions avec l’apôtre dans le raid contre Dhatul Riqa de Nakhl et un homme a tué une femme de l’un des polythéistes. Alors que l’apôtre était sur le chemin du retour, son mari, qui était parti, revint, et apprit la nouvelle de sa mort. Il jura de n’avoir pas de repos avant d’avoir eu sa vengeance sur les compagnons de Muhammad. Il parti sur les traces de l’apôtre, alors que celui-ci avait fait halte. Il demande alors si quelqu’un pouvait assurer la garde de nuit. Un mujahir et un ansar se portèrent volontaires et il leur dit de s’installer au niveau du passage du col, l’apôtre et ses compagnons s’étant installés un peu en contrebas.
Quand les deux partirent sur leurs positions, l’ansar demanda au muhajir quelle partie de la nuit il voulait veiller. Il répondit qu’il préférait être relevé pour la première partie pour aller dormir. Et l’ansar se leva pour prier. L’homme qui les suivait vit la silhouette de l’homme de garde et le reconnaissant, il le frappa d’une flèche. Il l’arracha, la posa et resta debout. Il le frappa alors une deuxième et troisième fois, et chaque fois, il l’arrachait. Puis il se pencha et se prosterna. Seulement après, il réveilla son compagnon (...).
Quand le muhajir vit l’ansar couvert de sang, il lui demanda:
-Par la grâce d’Allah, pourquoi ne m’as tu pas réveillé la première fois que tu as été frappé?
-Je récitais une sourate et je ne voulais pas arrêter avant de l’avoir finie57.


3. — Maux de pieds.


Des détails qui rendent les premiers musulmans si proches, si touchants, si humains. Ce qui s’écrit là, c’est une Histoire qui sent la sueur et les pieds.

(Muslim, Sahih 19/4471).

... nous avons participé à une expédition de pillage avec le messager d’Allah. Nous étions six et nous n’avions qu’un seul chameau que nous montions tour à tour. Nos pieds étaient blessés. Mon pied était si atteint que les ongles étaient partis. Nous avons couverts nos pieds avec des chiffons. C’est ce qu’on a appelé l’expédition des chiffons.

(Bukhari, Sahih 64/31,1).
Abu Musa a dit:
-Nous partîmes en expédition avec le prophète. Nous étions six et nous n'avions qu'un chameau, que nous montions à tour de rôle. Nous avions les pieds déchirés et, pour ma part, j'eus les pieds si abîmés que mes ongles tombèrent. Nous enveloppions nos pieds avec des chiffons. L'expédition recut le nom de Dhat ar Riqa, parce que nous bandions nos pieds avec des chiffons.
Après avoir rapporté ce hadith, Abu Musa regretta de l'avoir dit, en ajoutant:
-Ce que j'en ai fait n'est pas pour parler de moi.
Il semblait offusqué qu'un de ses actes fut divulgué.


§ 502. — Expédition d’al Qurta.

Muhammad envoie une expédition mineure contre les Bakr ibn Kilab.58

(Waqidi, Livre des expéditions 56).

Muhammad envoya 30 hommes sous le commandement de Muhammad ibn Maslama contre les Bakr ibn Kilab ; le butin était constitué de 150 chameaux et 3000 moutons.


§ 503. — Expédition contre les Khatam: la geste sanglante d’Ali.

Un des plus anciens textes musulmans converse la trace d’un affrontement dont on a du mal à fixer la date. Ce n’est peut-être qu’un combat-type, sorte d’abstraction, mettant surtout en scène Ali, dans une suite de duels à l’allure tribale, arabe et archaïque. Le ton est assez différent de la littérature de combat habituelle.

(Wahb b. Munabbih, Sira et Maghazi de l’Envoyé d’Allah PB 17).59

Et les Khatam se sont encore opposés au prophète, et ils se disaient:
-L’affaire de cet homme s’est répandue, a gagné de l’importance et a pourri les Arabes. Autour de lui, des gens se sont rassembles, avec lesquels il en a attaqué d’autres. Comme ils les attaque, il nous attaquera aussi.
Ils se réunirent et ils donnèrent le commandement à un homme appelé al Harith. Celui-ci s’élança avec les gens de sa maison, sa descendance et 500 hommes des Khatam pour combattre.
Cela vint aux oreilles du prophète et il alla vers les Muhajirun et les Ansar et leur fit savoir cela.
Ils dirent:
-Envoyé d’Allah, permet nous de sortir les affronter avant que al Harith ne nous attaque.
Il répondit:
-Contre eux un homme va partir, qui a pris Allah comme garant de la victoire. Il attaque et ne fuit pas, il aime Allah et son envoye et Allah et son prophète l’aiment bien.
Aussitot il se tourna vers Ali, et dit:
-Ô Abu Hasan, veux tu soritr attaquer ces gens?
-Oui, Ô envoyé d'Allah.
Alors il choisit pour lui 150 hommes de ses compagnons.
Ensuite, Al Abbas arriva qui dit:
-Tu envoies Ali avec 150 hommes de tes compagnons contre 500 hommes des Khatam ... les plus courageux .Et avec eux, il y a les héros des tribus des Arabes, et les chevaux les plus puissants.
Le prophète répondit:
-Allah sait ce que tu as voulu dire, et il a entendu ton discours... va se battre pour ton neveu et lui donner la victoire, à eux un jeune homme... qui s’il voulait detruire Gog et Magog, il devrait pouvoir les détruire, et Allah est de son côté.
Ali se mit en route, et a la fin, il poussa ses hommes en avant. Quand ils s arretèrent au niveau du champ de bataille, ils se mirent en ligne et les soldats se placèrent dans leurs unités...
Alors al Harith arriva entre les deux lignes et dit:
-Ô hommes, Muhammad est il avec vous.
Ils répondirent:
-Il y a ici le frère de Muhammad!
Il dit:
-Qu’il se présente contre moi, et ne mette personne entre nous deux.
Ali s’avanca et aussi le neveu de Harith, qui s appelait Nim, qui se présenta.
-Ô Ali, tu recontres un chef aux belles actions, un chef genereux, qui dans la bataille n’a peur de rien, un chef de Khatam, qui attend un loup bien connu. Qui me rencontre rencontre un jeune tyran, qui attaque ses adversaires. Sauve-toi, ainsi tu seras sauf.
Ali alors répondit:
- Toi qui as fait un discours dans lequel tu as fais un serment, tu rencontres un adversaire qui es comme un âne sauvage et comme un lion, qui chasse le chagrin de ses hommes et qui est un sabre qui inflige de nombreuses plaies. Je suis Ali et je vais contre les Khatam. Je vais apporter de l’aide à la religion d Allah jusqu’à ce que j ‘inflige le coup mortel.
Ils s affrontèrent ; ils se touchèrent deux fois et Ali lui donna un coup... qui ... de son sang.
Et ensuite il cria:
-Il y a un autre combattant?
... et Ali commenca à parler.. et Ali commenca à parler après l’avoir tué.
-Ô Nim, comment as tu trouve mon coup. Il etait pour moi une guérison et a mis une fin à mon chagrin. J ai contente tous mes parents. Je suis Ali, racontez partout mon assaut. Il y a un autre combattant?
Un frere du jeune homme l’affronta alors et il commenca à déclarer:
-Je jure par Allat et al Uzza que moi... aussi longtemps?... attaque, je ne dormirai pas. Je fais faire plaisir a une soeur chez laquelle... avec ça il le regrettera.
Ali lui répondit:
-Adresse-toi a moi par mon surnom, ainsi je jure par mon seigneur...vous allez vous rendre à Allah. Ô vengeur, le lion arrive contre eux.
Ils s’afrontèrent. Deux coups suivirent. Ali lui donna un coup qui le tua. Et il déclara alors:
-Allah l’a abandonné. Venez donc pour le briser, parce que Allah ne déshonore pas celui qui lui est reconnaissant. Il y a quelqu’un qui grogne de rage?
Il ajouta:
-ll y a un autre combattant?
Alors survint un gendre du jeune homme, qui était le fils d’al Harith, le chef de l’armée. Il comptait pour 100 cavaliers à lui seul et se mit à dire:
-Je vais donner à Allat une vraie victoire sur ceux qui vont venir, comme un héros guerrier, qui donne les coups avec un sabre brillant qui tranche ô combien!
Ali lui répondit:
-Ici tu as une boisson mortel, un vase dont le contenu tue tout de suite, dont le mélange est amer et imbuvable. Si l’adversaire est digne de moi, je lui fracasse le crâne et je lui tranche la jambe.
Ils s’attaquèrent l’un l’autre. Deux coups se suivirent et Ali lui donna un coup qui lui ouvrit le côté droit. Et il lui donna avec son sabre un second coup qui le tua et il se mit a dire:
-Allah ne nous abandonne pas et il nous donne la victoire. Louange à toi, dieu fort et puissant.


§ 504. — L’expédition des Banu Sulaym.

Muhammad lance encore ses troupes dans une attaque contre les puissants Banu Sulaym, qui se débarrassent rapidement des assaillants.60

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 265).

D'abord, le prophète envoya Abdallah ibn Abul Awja, des Banu Sulaym, à la tête de cinquante hommes, pour attaquer les Banu Sulaym61. Ceux-ci prirent les devants, tombèrent à l'improviste sur ces cinquante musulmans, et les massacrèrent. Quelques-uns disent qu’Abdallah ibn Abul Awja, échappa à la mort.

(ibn Sad, Tabaqat II 153).
L’apôtre d'Allah envoya ibn Abu al Awja al Sulami avec 50 hommes contre les Banu Sulaym. Il s’en alla dans leur direction. Mais un de leurs espions, qui était avec lui, alla de l’avant pour les avertir. Ils se rassemblèrent et quand ibn Abu al Awja les rejoignit, ils étaient prêts à le recevoir. Il les invita à se soumettre à l’islam. Ils dirent alors:
-Nous n’avons pas besoin de ce que tu nous parles.
Alors ils lui lançèrent des flèches pendant une heure entière. Leurs alliés commencèrent à s’infiltrer et finalement, ils les encerclèrent. Les gens combattirent bravement jusqu’à ce que la plupart fut hors de combat. ibn Abu al Awja fut blessé tandis que les autres étaient massacrés. Alors il s’efforça de rejoindre l’apôtre d'Allah...

(Bukhari, Sahih 56/9, 1).
Anas a dit: Le prophète envoya des gens des Banu Sulaym au nombre de soixante-dix, vers les Banu Amir. Lorsqu'ils furent arrivés, mon oncle maternel dit aux autres:
-Je vais prendre les devants vers eux ; s'ils me promettent la sécurité, en sorte que je puisse leur faire parvenir les enseignements du prophète, tout va bien sinon, vous vous tiendrez près de moi. Il s'avança donc vers les infidèles, et ils lui promirent la sécurité. Puis, pendant qu'ils les entretenait du prophète, à un signal, l'un d'eux lui transperça le corps de sa lance. Il poussa un cri:
-Allah est le plus grand! à moi le triomphe, par le maître de la Ka’ba.
Puis les infidèles se jetèrent sur ses compagnons et les massacrèrent. Un seul échappa, un boîteux qui grimpa dans la montagne.
-Je crois bien, dit un des rawis62 , qu'il y en eut un autre encore avec lui.
Alors Gabriel informa le prophète que ces braves avaient rencontré Allah, qu'il avait été content d'eux, les avait rendus contents de lui ; et nous récitions alors ce passage du Coran, abrogé par la suite :
Apprenez aux nôtres que nous avons rencontré notre Seigneur ; il a été content de nous, et nous a rendus contents de lui.
Et, quarante matins, le prophète prononça des malédictions contre les infidèles, Ril, Dhakwan, les Banu Lihyan, les Banu Usayya qui s'étaient montrés rebelles à Allah et à son envoyé.


§ 505. — Expédition contre Dhul Qassa.

Muhammad envoie un commando attaquer les Banu Thalaba et Uwal, mais ceux-ci ripostent avec efficacité contre les assaillants.63

(Waqidi, Livre des Expéditions 37).

Dix guerriers musulmans sous le commandement de Muhammad ibn Maslama se rendirent au point d’eau des Banu Thalaba et Uwal pour les attaquer. Mais ils se virent encerclés, dans leur sommeil par une centaine d’hommes. Ils furent tués et dénudés. Muhammad resta comme mort sur le champ de bataille.

(ibn Sad, Tabaqat II 105).
L’apôtre d'Allah envoya Muhammad ibn Maslama avec dix hommes contre les Banu Thalaba et les Banu Uwal, une partie des Banu Thalaba qui habitaient à Dhul al Qassa, à une distance de 24 milles de Médine, sur la route de al Rabadha. Ils arrivèrent de nuit. L’ennemi avait 100 hommes. Ils les ont cerné. Les deux groupes échangèrent quelques flèches pendant une heure, et les Arabes64 attaquèrent avec leurs lances et les tuèrent. Muhammad ibn Maslama reçut une blessure. Son coude ne pouvait plus bouger. Ils lui enlevèrent ses vêtements. Plus tard, un musulman passa près de Muhammad ibn Maslama. Il l’emporta à Médine. L’apôtre d'Allah envoya Abu Ubayda65 ibn al Jarrra avec 40 hommes à l’emplacement du combat. Là, ils ne trouvèrent personne d’autre que des chameaux et des chèvres dont ils s’emparèrent, et rentrèrent.


§ 506. — Deuxième expédition de Dhul Qassa.

C’est une petite expédition de pillage66 , très banale, qui n’apporte presque rien pour le communauté musulmane. Le site de Dhul Qassa avait juste avant été l’objet d’une attaque qui avait échouée: Muhammad ne pouvait se permettre de perdre la face.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1554).67
Le messager d’Allah envoya une expédition de pillage sous la direction de Abu Ubaydah, à Dhu al Qassah, avec 40 hommes. Ils ont marché de nuit et atteint Dhul Qassah juste à l’aube. Ils ont pillé les habitants, qui se sont enfuis dans les montagnes, ont pris du bétail, des vêtements, et un seul homme. Il est devenu musulman et le messager d’Allah l’a donc libéré.

(Waqidi, Livre des expéditions 38).
Dans la région des Banu Muharib et Thalaba, Ammar, il y avait une sécheresse mais il arriva une pluie de al Mawas jusqu’à Taghlamayn ; ils suivirent cette pluie.
Contre eux, Muhammad envoya Abu Hubayda avec 40 hommes. Ils partirent après le coucher du soleil et avancèrent pendant la nuit et arrivèrent à l’aube à Dhul Qassa, chez leurs ennemis. Mais ceux-ci s’enfuirent dans les montagnes. Un seul a été capturé. Plus tard, il a été libéré car il accepta l’islam. Du bétail et quelques objets ont été emportés.

(ibn Sad, Tabaqat II 106).
L’apôtre d'Allah envoya Abu Ubayda avec 40 musulmans. Ils accomplirent la prière du couchant68 et marchèrent contre eux69. Ils ont atteint Dhu al Qassah, alors qu’il faisait encore nuit, avant le matin. Ils les attaquèrent et les forcèrent à se réfugier dans les montagnes. Il captura un homme qui se soumit à l’islam, et qu’il libéra donc. Il captura aussi certains de leurs chameaux et leurs biens, et les amena jusqu’à Médine. L’apôtre d'Allah, après s’être réservé sa part, fit le partage entre eux.


§ 507. — Expédition d’al Ghamr.

C’est une expédition de pillage mineure 70, qui n’apporte qu’un grand troupeau de chameaux aux brigands de Médine.

(Waqidi, Livre des expéditions 36).

Muhammad a envoyé 40 hommes sous le commandement de Ukkasha ibn Mikhsam contre les Banu Asad Banu Khuzayma. Pourtant ceux-ci étaient déjà en alerte et s’étaient réfugiés dans les hauteurs. Il apprit par celui-ci que les Banu Asad s’étaient enfuis mais qu’il y avait certains de leurs parents qui gardaient des chameaux à proximité.
Ukkasha trouva leur camp près d’une vallée sèche... Les musulmans se précipitèrent sur eux, prirent les 200 chameaux ; les nomades s’enfuirent et on ne les poursuivit pas71.

(ibn Sad, Tabaqat II 105).
L’apôtre d'Allah envoya Ukkasha ibn Mishan à al Ghamr avec 40 musulmans. Il se prépara et se mit en mouvement rapidement. L’ennemi flaira le danger, s’enfuit et s’installa dans les hautes terres, pensant que leurs maisons n’étaient plus en sûreté. Il envoya Shuja ibn Wahb en avant-garde. Il vit les empreintes de pas des chameaux. Ses hommes s’emparèrent d’un espion à qui ils accordèrent la grâce. Il les conduisit vers les chameaux de ses cousins. Ils les attaquèrent et s’emparèrent de 200 chameaux. Ils libérèrent l’espion et conduisit les chameaux à Médine. Ils allèrent voir l’apôtre d'Allah. Il n’y a pas eu de combat.


§ 508. — Expédition contre les Banu Lihyan.

L’expédition est d’envergure, cette fois-ci: il s’agit de laver un affront précédent.72 Les cibles sont une antique tribu du nord de l’Arabie, en contact avec la Syrie73 . L’affaire n’apporte pas de résultat tangible, mais la démonstration stratégique a surtout pour but d’impressionner les autres tribus et les Mecquois.


(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 718).
... six mois après la conquête des Qurayza74, il partit à l’attaque contre les Banu Lihyan, pour venger ses hommes tués à al Raji, Khubayb ibn Adiy et ses compagnons. Il fit comme s’il allait en Syrie75 pour prendre les gens par surprise. Il dépassa Ghurab, une montagne près de Médine, sur la route de Syrie, puis Mahis, al Batra ; il tourna à gauhe et passa Bin, Sukhayratul Yaman puis les traces de la grande route de la Mecque. Il accéléra la cadence jusqu’à arriver à Ghuran, les terres des Banu Lihyan (...). Il vit que les gens avaient été avertis et s’étaient réfugiés sur de fortes positions dans la montagne. Quand l’apôtre se rendit compte qu’il avait échoué à les prendre par surprise, comme il l’escomptait, il dit:
-Si nous allons vers Usfan, les Mecquois vont croire que nous voulons aller à la Mecque.
Alors il partit avec 200 cavaliers jusqu’à Usfan, et là, il envoya deux cavaliers de ses compagnons jusqu’à Kura ul Ghamin. Alors, il rebroussa chemin.

(Waqidi, Livre des expéditions 34).
Muhammad ressentit une douleur profonde à cause du sort des martyrs de Bir Mawna et il préparait sa vengeance. Il partit avec 200 hommes et 20 chevaux...
Les Banu Lihyan avaient eu vent de son approche et s’étaient enfuis dans les montagnes.

(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 1309).
Selon Abu Sa'îd Al Khudri, le messager d'Allah envoya une expédition militaire contre les Banu Lihyan. Il dit :
-"Qu'un homme sur deux prenne part à cette expédition et le salaire en sera partagé entre les deux".
Dans une autre version de Muslim : "Qu'un homme sur deux sorte".
Puis il dit à celui qui est resté à l'arrière :
-"Celui d'entre vous qui remplace en bien dans sa famille et ses biens celui qui sort, aura la moitié du salaire de celui qui sort".

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1501).76
...Sa route lui conduisit directement psur la route principale de la Mecque. Il passa vite et fit halte à Ghuran, où se trouvent les tentes des Banu Lihyan. Ghuran est une vallée entre Amaj et Usfan, s’étendant vers un village appelé Sayah. Il vit qu’ils étaient en alerte, et qu’ils avaient pris de solides positions dans les montagnes.. Alors l’apôtre d’Allah fit halte à cet endroit et manqua de les prendre par surprise.

(ibn Sad, Tabaqat II 97).
Alors il proclama qu’il fallait aller vers la Syrie, et la nuit du croissant du mois de rabi al awwal, alors que personne ne s’y attendait77 , il mobilisa une force de 220 chevaux. Il laissa derrière lui à Médine Abdallah ibn Umm Maktum comme régent. Il marcha rapidement jusqu’à la vallée de Ghuran, près de Usfan, le lieu où ses compagnons avaient souffert78, à 5 milles. Il demanda la grâce divine pour eux, et pria pour eux. Les Banu Lihyan le surent et s’enfuyèrent sur les sommets de leurs montagnes. Donc il ne trouva aucun d’entre eux. Il s’arrêta un ou deux jours et envoya des raids dans toutes les directions. Mais ils ne découvrirent personne. Il alla à Usfan et envoya Abu Bakr avec 10 cavaliers pour que les Quraysh s’en rendent compte et soient terrorisés.


§ 509. — L’attaque de Dhu Qarad.

Pour une fois, la tribu des musulmans ne sont pas à l’origine du combat: des bédouins ont razzié un troupeau médinois, propriété personnelle de leur chef.79 La réplique doit être spectaculaire, et Muhammad envoie une troupe importante à la poursuite des voleurs . La suite est l’occasion de beaux combats, décrits avec précision et passion.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 720-22).
L’apôtre passa seulement quelques jours à Médine quand Uyayna ibn Hisn (...) avec de la cavalerie des Ghatafan fit une razzia dans le troupeau des chamelles de l’apôtre, à al Ghaba. Un homme des Banu Ghifar, qui avait sa femme avec lui, était en charge des chamelles. Ils le tuèrent et emportèrent sa femme avec les chameaux. (...)
L’appel à l’aide d’ibn ul Akwa atteint l’apôtre et il ordonna de proclamer l’alarme à Médine et la cavalerie se rallia à lui. Le premier cavalier à arriver fut al Miqdad ibn Amir. (...)
Quand ils furent assemblés, autoru de l’apôtre, il mit à leur tête Sad ibn Zayd, selon mes informations, et leur dit de partir à la poursuite de cette bande avant que lui-même ne les attrape avec toute l’armée.
(...)
Ukasha rattrapa Awbar et son fils Amir qui montaient le même chameau, les transperça du même coup de lance, les tuant d’un seul coup. Ils récupérèrent une partie des chamelles. L’apôtre alla plus en avant et ils s’arrêtèrent à la montagne de Dhul Qarad, et les hommes le rejoinrent là-bas, et il fit halte pour un jour et une nuit. Salama ibn al Akwa demanda s’il pouvait partir avec cent hommes et récupérer le reste du troupeau, et trancher les têtes de ces hommes. J’ai entendu ce que l’apôtre a dit:
-En ce moment, ils sont servis pour le banquet du soir parmi les Ghatafan.
L’apôtre distribua un chameau à manger parmi chaque centaine d’hommes et après quelque temps, il retourna à Médine.

(Waqidi, Livre des expéditions 35).

... les 20 chamelles de Muhammad se trouvaient à al Baysa (...)
Quand le bétail, le soir, fut rassemblé, abreuvé, et trait, nous nous sommes endormis ; soudain, Ujaina se précipita sur nous avec 40 cavaliers.

Je 80 courrai à pied comme un animal sauvage derrière les ennemis et je tirai des flèches sur eux, et quand ils se sont tournés pour m’attaquer, je me suis enfuis vers un endroit inaccessible, et je leur tirai encore dessus dès que je pouvais en disant:
-Attendes un peu jusqu’à ce que nos cavaliers vous capturent.
Je répétais ce jeu sans cesse, jusqu’à ce que j’arrive avec eux à Dhu Qarad.
Là, tard le soir, le prophète et sa cavalerie m’a rejoint ; je lui ai fait remarquer que les ennemis avaient soifs et qu’ils ne trouveraient pas d’eau à proximité. Avec 100 hommes je pourrai le enlever le butin et les faire prisonniers.
Au début, il était enclin à accepter puis il dit:
-Il sont déjà en sécurité chez les Ghatafan.
(...)
Entretemps, les appels au secours étaient arrivés chez les Amir ibn Awf ; il arriva sans cesse de nouvelles troupes à cheval, à pied, à chameaux, sur des ânes, qui toutes rejoignaient Muhammad à Dhu Qarad. Dix chameaux ont été enlevés aux ennemis.
(...)
Les musulmans se rassemblèrent et Muhammad fit la prière du matin.
(...)
Muhammad resta un jour et une nuit à Dhu Qarad, pour obtenir des informations. Il y avait 500 et 600 hommes et pour chaque centaine, il donna un chameau à manger.
(...)
Sans terminer l’ablution, je 81 partis à cheval habillé avec une burda82. Le prophète cria:
- Au secours! au secours!
Je rattrapais al Miqdad, et quand j’ai appris de lui que Mikraz avait été tué par Masada, et je jurai que j’allais le venger ou mourir.
Nous avons chevauché ensemble, et ensuite, je pris de l’avance parce que mon cheval était meilleur, je rattrapais Masada, je lui brisai les vertèbres d’un coup de lance et il tombe mort à terre.
Ensuite, je le couvrai de ma cape, je prenais son cheval par la bride et je continuai la poursuite. Quand les autres arrivèrent, et virent ma cape sur le mort, ils ont eu peur mais Muhammad les calma en disant que ce n’était pas moi mais un ennemi que j’avais frappé.
Je recevais le butin et le cheval de Masada ; le butin devait m’être rendu par Sad ibn Zayd, qui se l’était approprié.
Quand Muhammad me vit, il dit:
-Allah te bénisse, tes cheveux et ta chair!
Une flèche m’avait atteint au visage ; il cracha sur la blessure et elle guérit sans s’infecter.

(Bukhari, Sahih 64/37).
Yazid ibn Abu Obayd a entendu Salama ibn El Akwa dire:
J'étais sorti83 avant l'appel à la première prière. Les chamelles laitières de l'envoyé d'Allah étaient au pâturage de Dhut Qarad. Un esclave de Abderrahman ibn Awf me rencontra alors et me dit :
-On a pris les chamelles laitières de l'envoyé d'Allah.
-Et qui les a prises? demandai-je.
-Les Ghatafan, me répondit-il. Je poussai aussitôt par trois fois le cri de :
-Ya sebahah!
et me fis entendre dans tout l'espace qui est entre les deux laba84 de Médine. Ensuite je me précipitai droit devant moi et réussis à atteindre les ravisseurs qui se mettaient à puiser de l'eau pour boire. Je me mis à leur décocher des flèches, car j'étais un habile archer, et je leur dis :
-Je suis ibn al Akwa ; aujourd'hui c'est le jour des pillards ; puis je continuai à faire des rajaz85 , jusqu'à ce que je leur eus pris toutes les chamelles laitières et enlevé trente manteaux. A ce moment arriva le prophète avec ses troupes.
-prophète d’Allah, lui dis-je, j'ai empêché ces gens-là de boire ; ils ont altérés, envoie donc à leur poursuite immédiatement.
-Ô ibn al Akwa, me répondit-il, tu as été vainqueur ; sois indulgent.
Nous revinmes alors, l’envoyé d'Allah m’ayant pris en croupe sur sa chamelle, et nous rentrâmes à Médine.

(Bukhari, Sahih 56/166).
Salama a dit: étant sorti de Médine, je me dirigeai vers al Ghaba. Arrivé au col d’al Ghaba, je rencontrai un jeune serviteur d’Abd er Rahman ibn Awf :
-Eh là! qu'as-tu? lui dis-je.
-On vient de voler les chamelles du prophète, me répondit-il.
-Et qui sont les ravisseurs?
-Ce sont des gens de Ghatafan et de Fazara.
Alors, à trois reprises, je me mis à pousser le cri:
-A l'incursion! à l'incursion!, de façon que l'on m'entendit d'une plaine rocheuse à l'autre.
Puis je hâtai ma marche pour rejoindre les incurseurs, qui avaient déjà enlevé les chamelles. Je me mis à leur décocher des flèches, en criant :
-C'est moi, ibn al Akwa , et c'est le dernier jour de la canaille!
J'arrivai à reprendre les bêtes de leurs mains, avant qu'ils eussent pu boire ; et je m'en revins, poussant le troupeau devant moi. Le prophète me rencontra eu chemin. Je lui dis:
-envoyé d'Allah! l'ennemi était altéré ; mais je les ai trop pressés pour qu'ils pussent boire à leur soif! Envoie à leur poursuite!
-ibn al Akwa, me répondit-il, tu t’es comporté en maître ; maintenant, montre-toi pitoyable ; l’ennemi est déjà à l’abri parmi les siens.

(ibn Sad, Tabaqat II 99-100).
Les chamelles laitières de l’apôtre d'Allah, au nombre de 20, paissaient à al Ghabah. Abu Dharr était avec elles. Uyaynah ibn Hisn mena une attaque surprise de nuit avec 40 cavaliers et emporta les chamelles, en tuant aussi le fils d’Abu Dharr. Il y eut alors des cris, des hurlements:
- Al faza al faza!86.
On proclama ensuite:
-Ô armée d’Allah! A cheval!
C’est la première fois que ces mots furent prononcés.
L’apôtre d'Allah monta sur son cheval, surgit au matin, portant un casque de fer et il attendit. Le premier à apparaître fut al Miqdad ibn Amir qui avait une cotte de maille, un casque et son sabre tiré. L’apôtre d'Allah accrocha une bannière à sa lance et dit:
-Avancez jusqu’à ce que vous trouviez les armées. et je vous suivrai juste derrière.
L’apôtre d'Allah laissa derrière lui Abdallah ibn Umm Maktum en charge de Médine. Il laissa aussi Sad ibn Ubada à la tête de 300 cavaliers pour garder Médine.
(...)
J’ai marché87 et atteint l’arrière-garde de l’ennemi. Abu Qatada a tué Masadah et l’apôtre d'Allah lui a donné le cheval de Masadah et ses armes. Ukkasha ibn Mihsan a tué Athar ibn Amir ; Al Miqdad ibn Amir a tué Habib ibn Uyayna et Qirfah ibn Malik. Parmi les musulmans, Muhriz ibn Nadlah a été tué ; c’est Masadah qui l’a tué.

(Muslim, Sahih 32-3371).
Salama ibn Al 'Akwa a dit : Je partis avant qu'on appelât à la prière de fajr 88, les chamelles laitières de l'envoyé d'Allah étaient au pâturage de "Dhû Qarad". Un serviteur de Abdurrahmân ibn 'Awf me rencontra et me dit :
-"On a pris les chamelles laitières de l'envoyé d'Allah !".
- "Qui les a prises?", lui demandai-je.
- "Des gens de Ghatafân".
Alors, à trois reprises, je me mis à pousser ce cri :
-"Au secours!" au point que je fis entendre les habitants des deux côtés couvertes de pierres noires89 de Médine, puis, je hâtai ma marche pour les rejoindre les gens de Ghatafân à Dhû Qarad où ils abreuvaient les animaux. Etant archer, je pris mon arc et je leur décrochai des flèches en m'écriant :
- "C'est moi le fils d'Al 'Akwa`. Et c'est le dernier jour de la canaille".
Je réussis à leur reprendre les chamelles, et en plus je leur pris trente manteaux! A ce moment, le prophète arriva, accompagné d'une foule de gens et je lui dis :
-"Ô envoyé d'Allah, je les ai empêchés de boire et ils sont assoiffés. Envoie maintenant des hommes à leur poursuite".
- "Ô Ibn Al 'Akwa`, répondit le prophète, tu t'es comporté en maître, montre-toi donc pitoyable!".
Puis nous revînmes et l'envoyé d'Allah me prit en croupe sur sa chamelle jusqu'à notre entrée à Médine.


§ 510. — Expédition d’al Is.

Une caravane des Mecquois, venant de Syrie, est interceptée sans difficulté par une bande de musulmans, conduite par Zayd, l’affranchi et factotum de Muhammad.90

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1555).91
Un groupe de pilleurs conduit par Sayd ibn Haritha est allé à al Is. Pendant cette attaque, les biens d’Abu al Ash ibn al Rabi ont été raflés. Il demanda à la fille du prophète Zeyneb de lui accorder sa protection, et elle le fit.

(ibn Sad, Tabaqat II 107).
L’apôtre d'Allah apprit qu’une caravane des Quraysh venait de Syrie. Donc, l’apôtre d'Allah envoya Zayd ibn Haritha avec 170 cavaliers pour l’intercepter. Ils s’en emparèrent avec tout ce qui était dedans, comme une grande quantité d’argent appartenant à Safwan ibn Umayya et capturèrent tous ceux qui étaient dans la caravane, dont Abu al As ibn al Rafi.


§ 511. — Expédition contre al Tharaf.

Très modeste expédition, aux résultats infimes, qui n’est mentionnée par les sources qu’à cause des scrupules des historiens musulmans: rien ne doit manquer de toutes les activités mohammédiennes, y compris les plus futiles ou méprisables92. Zayd est à nouveau désigné pour diriger cette action de “commando”.


(Waqidi, Livre des expéditions 40).
Zayd attaqua avec 15 hommes les Banu Thalaba à al Tharaf et captura 20 chameaux et moutons, avec lesquels ils revinrent contents après une absence de 4 jours.
Arabes s’étaient enfuis en croyant qu’ils avaient été attaqués par Muhammad lui-même ; ensuite, ils poursuivirent Zayd, mais sans le rattraper.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1555).93
Cette année, un groupe de 15 hommes partit en expédition, conduit par Zayd ibn Haritah, pour Tharaf, contre les Banu Thalaba. Les bédouins s’enfuirent, craignant que le messager d’Allah ne soit contre eux. Zayd prit 20 chameaux de leurs troupeaux. Il était parti pour 4 nuits.

(ibn Sad, Tabaqat II 108).
L’apôtre d'Allah envoya Zayd ibn Haritha à al Taraf, qui est une source près de al Mirad, avant al Nukhayl (...). Il partit avec 15 hommes à la rencontre des Banu Thalaba. Il trouva des chameaux et des chèvres mais les al Arab avaient déjà fui.. Zayd revint à Médine le matin, avec 20 chameaux. Il n’a pas eu à combattre, et resta absent pour 4 nuits.

§ 512. — Expédition contre Hisma.

Cette fois-ci, l’appât du gain n’est pas le moteur de l’expédition : Muhammad obéit à des mécanismes archaïques et viscéraux, ceux de la vengeance. Mais l’initiative rapporte finalement un fort butin94.

(Waqidi, Livre des expéditions 41).
Le début de l’incident fut le moment où Dihyah al Kalbi revint de la cour du César, qui avait présenté à Dihyah des présents, marchandises et vêtements. Quand Dihyah atteignit Hisma, des hommes des Judham l’interceptèrent et lui volèrent tout, ne le laissant avec rien.
(...) Puis quelques hommes des Banu Subayb leur ont ensuite enlevé leur butin, et l’ont rendu à Dihyah, qui ainsi arrive à Médine sans perte.
Il vint voir le messager d’Allah avant de rentrer chez lui, et l’en informa. Le messager d’Allah envoya ensuite Zayd à Hisma.

(ibn Sad, Tabaqat II 108).
Il envoya Zayd ibn Haritha avec 500 hommes et renvoya Dihyah avec eux. Zayd voyagea de nuit et resta caché le jour. Il avait comme guide un homme des Banu Udhrah qui les conduisit jusqu’à les mener à bon port le matin. Les hommes de Zayd les pillèrent et en tuèrent quelques uns, leur apportant la panique, et tuant aussi al Hunayd et son fils. Ils ont capturé leurs troupeaux et les chameaux, et leurs femmes ; 1000 chameaux, 5000 chèvres, et 100 femmes et enfants comme prisonniers95 .


§ 513- Expédition contre les Banu Mustaliq.
C’est une belle expédition que celle-ci tenue pour exemplaire dans l’historiographie musulmane: elle est couronnée de succès et se solde par un abondant butin en femmes : leur sort est peu enviable, mais elles restent, comme on le verra, l’objet de toutes les attentions. C’est l’occasion de rappeler que le viol est une tactique guerrière classique, dont les armes seules changent , et un crime de guerre de nos jours.96

(Muslim, Sahih 32-3260).97

Abdullah ibn 'Omar a dit : "D'après Nâfi, le prophète fit une expédition contre les Banû Al Mustaliq et les surprit au moment où ils abreuvaient leurs troupeaux; il tua un certain nombre de combattants et emmena quelques captifs; ce fut ce jour-là que le prophète captura Juwayriya. C'est Abdullah ibn 'Omar qui faisait partie de cette expédition, qui m'a transmis ce hadîth".


1. — L’attaque surprise.


C’est le premier point remarquable de l’expédition: Muhammad s’est senti délivré de toute règle. Il attaque sans prévenir, dans le but de s’emparer du butin le plus considérable. Ce qui ailleurs serait considéré comme odieux est ici vanté et tenu comme exemple.

(Bukhari, Sahih 49/13,2).
ibn Awn a dit: j’avais écrit à Nafi ; il me répondit également par écrit que le prophète avait fait une expédition contre les Banu Mustaliq et les avait surpris au moment où ils s’abreuvaient leurs troupeaux, qu’il avait tué un certain nombre de combattants et emmené leurs enfants en captivité ; ce fut ce jour-là que le prophète prit Juwayra.
-C’est Abdallah ibn Omar, ajouta t-il, qui m’a raconté ce fait et il faisait partie de l’expédition.

L’absence d’ultimatum.
(Muslim, Sahih 19, 4292).

... j’ai écrit à Nafi pour lui demander s’il était nécessaire de proposer aux infidèles une invitation à accepter l’islam avant de les combattre. Il m’a écrit dans sa réponse que c’était nécessaire (seulement) dans les premiers temps de l’islam. Le messager d’Allah a fait une attaque contre les Banu Mustaliq alors qu’ils n’étaient pas prévenus et que leur bétail s’abreuvait. Il a tué ceux qui combattaient et a capturé les autres.... Nafi a dit que cette tradition a été racontée par Abdullah ibn Umar qui faisait lui-même partie des troupes qui ont pillé.

(Muslim, Sahih 19/ 4292).98
L’envoyé d’Allah fit une expédition sur le Banu Mustaliq alors qu’ils ne s’y attendaient pas, et que leur bétail buvait ; il tua ceux qui avaient combattu, et captura les autres.

(Bukhari, Sahih 46/ 717).99
... le prophète avait brusquement attaqué les Banu Mustaliq sans avertissement alors qu’ils étaient sans crainte et que leur bétail s’abreuvait aux points d’eau. Les hommes combattants ont été tués et les femmes et enfants pris comme captifs...

Le combat.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 725-6).

L’apôtre resta à Médine pendant la fin de jumadal akhira et rajab ; puis il attaqua les Banu al Mustaliq au mois de shaban, dans la sixième année de l’hégire.
L’apôtre reçut des informations selon lesquelles les Banu Mustaliq se rassemblaient pour aller contre lui, leur chef étant al Harith ibn Abu Dirar (...).
Quand l’apôtre apprit cela à leur sujet, il partit les rencontrer à un de leurs points d’eau appelé al Muraysi en direction de Qudayd, vers le rivage. Il y eut un combat, et Allah mit les Banu Mustaliq en fuite, tua une partie d’entre eux, donna à l’apôtre leurs femmes, leurs enfants, et leurs biens comme butin. Un musulman (...) Hisham ibn Subaba fut tué par un homme des auxiliaires, qui pensait que c’était un ennemi et qui le tua par erreur.

Le butin.
(Waqidi, Livre des expéditions 29).

... les hommes prisonniers, on les ligota et on les mit sous la surveillance de Burayd ibn al Khusayb, leurs ustensiles, leurs biens, et les armes, on les recueillit, le bétail, on le rassembla et on le mit sous la surveillance de l’affranchi de Muhammad Shuqran, les femmes et les enfants formèrent un troisième ensemble...
Le butin, les bénéfices sur la revente et les objets, ont été distribués... il s’agissait de 2000 chameaux, 5000 moutons et 200 femmes.

(ibn Sad, Tabaqat II 78).

... pendant un moment, des flèches furent échangées, et l’apôtre d'Allah ordonna alors à des compagnons de charger comme un seul homme. Aucun de leurs adversaires ne put alors s’échapper. Dix d’entre eux furent massacrés et les autres furent capturés. L’apôtre d'Allah captura hommes, femmes, enfants et les asservit, et prit aussi chèvres et moutons. Parmi les musulmans, personne ne fut tué, sauf un seul. (...) Le prophète les attaqua alors qu’ils n’étaient pas préparés, et que leurs animaux s’abreuvaient à la source. Alors leurs combattants furent tués et les enfants asservis. (...) Il ordonna que les mains des prisonniers soient attachées derrière leurs dos. Burayda ibn al Husayb fut chargé d’eux. Il ordonna de rassembler le butin et en donna la responsabilité à son affranchi100 Shuqran. Les enfants furent mis d’un côté et Mahmiyah ibn Jaz fut chargé du quint101 et de la distribution des parts pour les musulmans. Les esclaves furent séparés puis dispersés et pris par les gens. Les moutons et chèvres furent aussi divisés, et un chameau était alors considéré comme équivalent à 10 chèvres. Les biens domestiques furent vendus aux enchères. Deux parts furent allouées pour un cheval, une pour un cavalier et pour un fantassin. Il y eut au total 2000 chameaux, 5000 moutons, et 200 prisonniers.


2. — Les manigances des munafiqun.


L’expédition est l’occasion pour les Hypocrites de Médine de renforcer leur résistance au pouvoir de Muhammad . Occupé sur deux fronts, Muhammad développe dans le Coran une rhétorique particulièrement haîneuse et violente contre ses opposants.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 234).

Le prophète fut informé que des Arabes en grand nombre, commandés par Harith ibn Dhibar, s'étaient rassemblés près d'un certain puits, où demeuraient les Banu Mustaliq, et qu'ils en attendaient encore d'autres, pour aller attaquer Médine. Le prophète, avant qu'ils fussent trop nombreux, vint au devant d'eux, leur livra un combat qui dura trois jours et les mit en fuite, après leur avoir tué beaucoup de monde. On leur prit une grande quantité de butin et l'on emmena leurs femmes et leurs enfants. Après avoir campé pendant sept jours près du puits, le prophète rentra à Médine.
Or, dans ce campement, il s'éleva un jour une dispute entre l'un des muhajirun et l'un des ansar ; ils eurent recours à leurs sabres. Abdallah ibn Obayy, vint à l'aide de l'ansar102 et dit:
-Nous sommes bien punis d'avoir engraissé les muhajirun et de les avoir protégés ; voilà comme ils nous récompensent! Il en est comme d'un chien qui a été élevé par quelqu'un et qui, devenu grand, dévore celui qui l'a nourri.
Allah avertit le prophète, en lui révélant le verset suivant :
Les munafiqun disent : Quand nous retournerons à Médine, le plus fort chassera le plus faible103.
Ils voulaient dire par ces paroles :
-Si nous ne les faisons pas sortir de la ville, au moins ne subviendrons-nous pas à leur entretien, et ils mourront de faim.
Allah, pour leur répondre, révéla cet autre verset :
Ils disent: Ne secourez pas les compagnons du prophète d'Allah, afin qu'ils l'abandonnent. Mais c'est à Allah qu'appartiennent les trésors du ciel et de la terre.104

(ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 726).

-Ils entrent en compétition avec nous105, ils cherchent à nous dépasser en nombre dans notre propre pays! Par Allah, nous et ces torchons de Quraysh, c’est, je crois, comme a dit l’autre “Engraisse ton chien et il te mangera”. Mais par Allah! quand nous rentrerons à la ville, le plus fort106 expulsera le plus faible107 !108
(...)
Voilà ce que vous vous êtes fait à vous-mêmes. Vous leur avez ouvert votre pays, vous leur avez partagé vos possessions. Si vous aviez gardé votre bien, par Allah! ils seraient allés ailleurs que chez vous!

Les tensions internes à Médine: la sourate des munafiqun.109
(Corpus coranique d'Othman 63/1-8).

Quand les munafiqun viennent à toi , prophète !, ils disent :
Nous attestons, en vérité, que tu es certes l'apôtre d'Allah et qu'Allah sait, en vérité, que tu es certes son apôtre.
Allah atteste, en vérité, que les munafiqun sont certes des menteurs.
Ils ont pris leurs serments comme sauvegarde et se sont écartés du Chemin d'Allah.
Combien mauvais est ce qu'ils se sont trouvé faire!
Ils ont cru en effet puis ont été infidèles et un sceau a été placé sur leur cœur, en sorte qu'ils ne savent plus.
Quand tu les vois, leurs personnes te plaisent et tu prêtes l'oreille à leurs dires,
comme s'ils étaient des monts on dirait des poutres appuyées solidement appuyés110 .
Ils pensent que tout cri est dirigé contre eux.
Ils sont l'ennemi.
Prends donc garde à eux!
Qu'Allah les tue !
Combien ils sont écartés de la voie!
Quand on leur dit:
-Venez! l'apôtre d'Allah demandera pour vous pardon au seigneur !, ils détournent la tête et tu les vois se détourner, enflés de superbe.
Égal est, pour ce qui les touche, que tu demandes pardon pour eux ou que tu ne demandes point pardon pour eux.
Allah ne leur pardonnera point.
Allah ne saurait guider le peuple des pervers.
Ce sont eux qui disent : Ne faites point dépense en faveur de ceux qui sont auprès de l'apôtre d'Allah, afin qu'ils fassent sécession !
A Allah sont les trésors des cieux et de la terre.
Mais les munafiqun ne comprennent pas.
Ils disent également: Certes, si nous revenons à Médine, le plus puissant en expulsera, certes, le plus faible...111


3. — La distribution des captives.

Voici sans doute ce qui a fait la renommée du raid: le butin est constitué avant tout de femmes réduites en captivité, dont une toute particulière par l’effet qu’elle produisait chez ces rudes guerriers. Après quelques tractations, c’est Muhammad lui-même qui finit par s’en emparer pour la mettre à son service.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 729).
Quand l’apôtre distribua les captives des Banu al Mustaliq, Juwayriya fit partie du lot de Thabit ibn Qays (...), ou d’un de ses cousins, et elle donna une rançon pour sa liberté. Elle était la plus belle des femmes. Elle captivait tout homme qui la regardait. Elle vint voir l’apôtre pour demander son aide dans ces affaires. Aussitôt que je l’ai vue sur le pas de la porte de ma chambre, je l’ai détestée, parce que je savais qu’il la verrait comme je la vois. Elle entra et lui dit qui elle était: fille d’al Harith ibn Abu Dirar, le chef de son peuple:
-Vois-tu dans quel état je suis amenée. Je suis tombée dans le lot de Thabit ou de son cousin et je lui ai donné une somme pour ma rançon, et je viens te demander de l’aide dans cette affaire.
Il dit:
-Veux-tu quelque chose de mieux que cela, Je te décharge de cette dette et je t’épouse.
Et elle accepta.

(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 235).
La fille de l'un des principaux des Banu Mustaliq, nommée Juwayriya bint Harith, avait été faite prisonnière par Thabit ibn Qays. La femme de celui-ci la maltraitait, et Juwayriya, issue d'une famille noble, ne voulait pas endurer ce traitement. Elle dit à Thabit :
-Il faut que tu consentes à me laisser partir ; je te payerai le prix de ma liberté.
Thabit consentit. Elle s'adressa alors aux musulmans, et leur demanda de l'aider à se racheter. Le prophète paya la somme lui-même, lui donna la liberté et l'épousa. Jamais une femme esclave n'a porté bonheur à ses compatriotes comme Juwayriya. Car toutes les femmes et tous les prisonniers furent rendus à la liberté.

(ibn Sa’d, Tabaqat 8/83).112
Elle était mariée à Musafi ibn Safwan, qui a été tué à la bataille de al Muraysi.
Le messager d’Allah a capturé quelques femmes des Banu Mustaliq et il a prit le quint113 , puis a divisé le reste parmi ses hommes. Il a donné à un cavalier deux parts, et une part à un fantassin.
Juwayriyya bint al Harith ibn Dirar tomba dans la part donnée à Thabit ibn Qyas al Ansari. Elle était mariée à un de ses cousins appelé Safwan ibn Malik ibn Judhayma, qui avait été tué. Thabit ibn Qyas établit un contrat écrit à son sujet pour neuf uqiyas114 . C’était une femme charmante et presque aucun homme qui la voyait ne pouvait lui résister. Quand le prophète fut avec moi115, Juwayriyya vint lui demander le document écrit. Par Allah, dès que je l’ai vue, j’ai détesté le fait qu’elle soit présente là où se trouvait le prophète. Je savais qu’il verrait en elle la même chose que moi. Elle dit:
-Messager d’Allah, je suis Juwayriyya bint al Harith, le chef de son peuple, et tu sais ce qui est arrivée. Je suis tombée dans le lot de Thabit ibn Qays et il a produit pour moi un contrat écrit pour neuf uqiyas. Aide moi pour que je paye ma rançon.
Il dit:
-Ou bien mieux que cela.
Quoi donc? dit-elle.
Il dit:
-Je la paie et je t’épouse.
-Oui, messager d’Allah, dit-elle.
Le messager d’Allah dit:
-C’est conclu.
Les nouvelles se répandirent dans le peuple. Ils dirent:
-Les affiliés au messager d’Allah considérés comme esclaves!
Alors ils libérèrent leurs prisonniers des Banu Mustaliq. Le nombre de ceux qu’ils libérèrent se monte à 100 d’un seul clan, parce qu’il l’avait épousée. Je ne connais pas de femme qui a fait plus de bien à son peuple. C’est ainsi que finit l’expédition de al Mursayi.

4. — Le coït interrompu.

L’affaire116 est bien connue 117 car elle est le cadre d’un débat qui a du animer fiévreusement les débats entre les guerriers musulmans au retour des expéditions de pillages. Il ne s’agissait pas de savoir s’ils avaient le droit ou non de violer leurs prisonnières, car de cela, le principe était acquis. Mais ils s’interrogeaient plutôt sur la pertinence de la pratique du coït interrompu118, petit désagrément pour ces mâles rudes et virils, et peu habitués à la retenue, en toutes circonstances. De multiples hadiths ont été développé sur le sujet: ils autorisent le guerrier musulman à aller au bout de ses ardeurs119. L’islam se veut absoluteur dans le domaine des crimes sexuels envers les infidèles et nataliste.
L’épisode est longuement répété: il a fait jurisprudence et l’on n’ose pas imaginer les conséquences de cette “législation” sur le comportement des conquérants musulmans durant des siècles.

(Jurjani, Livre des Définitions 389).120
al tasarri.
Le commerce charnel sans retrait, avec une concubine légale.
C’est préparer une esclave121 pour l’acte sexuel sans retrait122 .

(Waqidi, Livre des expéditions 29).123

Abu Sayd raconte124 : nous avions grand désir de femmes et la chasteté nous était devenue pénible. nous aurions bien aimé néanmoins recevoir une rançon125. Aussi nous nous décidâmes à pratiquer le coït interrompu...
Nous interrogeâmes l’envoyé d’Allah. Il nous répondit:
-Vous n’avez pas d’obligation de vous en abstenir126.

(Muslim, Sahih 8/ 3371)127 .
Abu Sayd a dit: nous sommes allés avec l’apôtre d’Allah au Expédition contre les Banu Al Mustaliq, et nous avons pris des captives parmi les captives des Arabes, nous avons désirés ces femmes parce que l’abstinence devenait difficile à supporter et nous voulions pratiquer le coït interrompu... nous disions:
-Comment pratiquer le coït interrompu sans le demander à l’apôtre d’Allah qui était parmi nous?
Nous lui avons demandé, et il a dit:
-C’est mieux de ne pas faire ainsi, parce que comme chaque âme est destinée à exister, elle doit exister.

(Bukhari, Sahih 34/109).
...étant assis auprès du prophète, un homme dit:
-Ô envoyé d'Allah, nous avons eu des rapports avec nos captives et nous voudrions ne pas en perdre de la valeur. Que penses tu du retrait de la verge au moment de l’éjaculation?
-Pratiquez vous donc ce procédé? s’écria le prophète, Eh bien, il n’y a aucun mal à ce que vous agissiez ainsi, car il n’est pas une seule ame pour laquelle Allah a décidé qu’elle sortirait du néant qui n’en sorte effecivement.

(Bukhari, Sahih 64/32, 1-2)
J’entrai dans la mosquée et y vis Abu Sayd. Je m’assis à côté de lui et je l’interrogeai au sujet du retrait de la verge avant l’éjaculation. Il me répondit en ce termes:
-Nous étions partis avec l’envoyé d'Allah pour l’expédition des Banu Mustaliq et avions pris des captives arabes. Nous désirions jouir des femmes, car le célibat nous pesait beaucoup128 .
Mais nous voulions nous retirer avant l'éjaculation. Toutefois l'envoyé d'Allah étant avec nous, nous nous dîmes qu'il fallait le consulter avant d'agir ainsi. Nous le consultâmes donc et il nous répondit:
-Il n'y a aucun mal pour vous à agir ainsi, car, jusqu'au jour de la Résurrection, aucun être n'existera sans que Allah ait décidé son existence.



§ 514. — Expédition contre Jamum.

C’est un raid banal, encore dirigé par Zayd, qui fait sa spécialité des attaques à but strictement économique (pourquoi ne pas parler de vols?).La tribu des Banu Sulaym est puissante et le raid s’est limité à un seul de leurs établissements.129

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1555).130

En cette année, une expédition conduite par Zayd ibn Haritah partit pour al Jamum. Ils capturèrent une femme de la tribu des Muzaynah appelée Halimah, qui les guida vers un campement des Banu Sulyam, où ils prirent du bétail, des moutons, des prisonniers. Parmi eux, l’époux de Halimah. Quand Zayd ramena tout ce qu’il avait pris, le messager d’Allah rendit à la femme des Muzyanah son époux et sa liberté.

(ibn Sad, Tabaqat II 106-7).
L’apôtre d'Allah envoya Zayd ibn Haritha contre les Banu Sulaym. Il marcha vers al Jamum, qu’il atteignit dans les environs de Batn Nakhla, à sa droite. (...) Ils capturèrent une femme des Muzayna qui s’appelait Halima. Elle les conduisit dans un des bourgs des Banu Sulaym. Là, ils s’emparèrent de chameaux, de chèvres et prirent des captifs, dont l’époux de Halima. Puis Zayd rentra avec ce qu’il avait. L’apôtre d'Allah libéra la femme et lui donna son époux en cadeau.


§ 515. — Expédition contre Madian.

On a peu d’informations sur ce raid contre Madian131 , qui ressort des autres grâce à des prescriptions mohammédiennes concernant les ventes d’esclaves 132.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah, notes).
133

Zayd était accompagné par Dumayra, un client134 d’Ali, et un de ses frères. Ils firent plusieurs prisonniers dans le peuple de Mina, qui est sur le rivage, un lot assez mélangé. Ils furent vendus comme esclaves et les familles furent séparées. L’apôtre arriva à cause des pleurs et demanda leur cause. Quand on lui dit, il ordonna:
-Vendez-les seulement par lots!
Cela voulait dire: les mères avec les enfants.



§ 516. — Expédition contre les Banu Fazara.

Les Banu Fazara sont des bédouins réputés pour leur esprit d’indépendance. Le fait saillant ici est le fait que par une forme d’accident, leur chef soit en fait une vieille femme.135 Celle-ci est torturée à mort par Zayd, d’une façon délibérément atroce : de par son âge, elle ne peut être considérée comme utile économiquement ou sexuellement. Sa fille, en revanche, est épargnée et passe de mains en mains en revenant à Médine, des mains que l’on devine caleuses.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1557).136

Cette année, une expédition conduite par Zayd ibn Harithah fu mise sur pied contre Umm Qirfah, au mois de ramadan. Pendant cette attaque, Umm Qirfah (de son vrai nom Fatimah bint Rabiah ibn Badr)137 subit une mort cruelle. Il attacha ses jambes avec deux cordes, et ensuite à deux chameaux, et ils la déchirèrent en deux morceaux. C’était une très vieille femme.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 980).
Il les affronta au Wadi l Qura et en tua quelques-uns. (...) Umm Qirfa bint Rabia ibn Badr fut faite prisonnière. C’était une vieille femme, épouse de Malik138 . Sa fille139 et Abdullah ibn Masada furent également capturés.

(ibn Sad, Tabaqat II 111-2).
Zayd ibn Haritha partit pour faire du commerce avec la Syrie. Il avait avec lui des biens appartenant aux compagnons du prophète. Alors qu’il était près de Wadi al Qura, des hommes des Fazara, un groupe des Banu Badr, les affronta, les maltraita et leur vola leurs biens. Zayd se remit de ses blessures, puis revint auprès de l’apôtre d'Allah et l’informa à ce propos. L’apôtre d'Allah le renvoya contre eux. Ils se cachaient le jour et se déplaçaient la nuit. Les Banu Badr se sont rendus compte de leurs mouvements. Un matin, Zayd et ses compagnons firent leur takbir, les cernèrent et capturèrent Umm Qirfah, dont le nom était Fatima bint Rabia ibn Badr, et sa fille al Jariya bint Malik ibn Hudahyada ibn Badr. Celui qui a capturé al Jariyah était Maslama ibn al Akwa. Il l’offrit à l’apôtre d'Allah. Ensuite, l’apôtre d'Allah l’offrit à Hazn ibn Abu Wahb. Qays ibn al Muhassir s’occupa alors d’Umm Qirfa. Il l’exécuta sans pitié. Il lui attacha les jambes avec une corde et les attacha à deux chameaux. Il les fit avancer et ainsi, ils la tuèrent. Il tua aussi al Numan et Ubaydallah les fils de Masadah ibn Hakama. Zayd ibn Haritha rentra auprès du prophète et frappa à sa porte. Il se précipita vers lui, le tenant par ses vêtements ; il le serra et l’embrassa, lui demandant de l’informer140 . Zayd l’informa de la victoire qu’Allah lui avait offert.


§ 517. — Le meurtre d'Usayr.

Un assassinat ciblée du chef de tribu juive. L’épisode est très peu connu et relaté, et les autres de ce type ont déjà été évoqués dans une autre partie de ce travail.

(ibn Sad, Tabaqat II 113).
Quand Abu Rafi Salam ibn Abu al Huqayq a été assassiné, les Juifs choisirent de faire d’Usayr ibn Razim leur chef141. Il se rendit chez les Ghatafan et les autres tribus pour les mobiliser en vue d’une guerre contre l’apôtre d'Allah. L’apôtre d'Allah l’apprit et il envoya Abdallah ibn Rawahah avec trois autres au mois de ramadan. Il fit une enquête sur l’étendue de ses informations, et ses faiblesses. Puis il revint vers l’apôtre d'Allah, convoqua la population et 30 hommes se portèrent volontaires. Il les envoya sous la direction d’Abdallah ibn Rawahah. Ils arrivèrent devant Usayr et dirent:
-Accorde nous l’amnistie parce que nous sommes venus à toi en mission.
Il répondit:
-Oui, et la même chose de votre part.
-Oui.
Nous avons dit alors:
-L’apôtre d'Allah nous a envoyés pour que tu viennes le rencontrer et qu’il te nomme amil à Khaybar et qu’il te confère les honneurs.
Tenté par cette offre, il partit avec 30 Juifs; chacun chevauchait avec un musulman à ses côtés. Quand ils eurent atteint Qarqara Thibar, Usayr fut pris de remords.
Abdallah ibn Unays, qui était un participant à l’expédition, a dit:
-Il a approché sa main de mon sabre. J’ai compris son intention, et j’ai attrapé son chameau en disant:
-Ô ennemi d’Allah! Tu es un traître!
Il le dit deux fois.


§ 518. — Expédition contre les Banu Sulaym.

Quand Muhammad met sur pied une expédition contre plus fort que lui, les résultats sont piteux. C’est le cas avec les Banu Sulaym 142. Pourtant, il avait mis à la tête de la troupe, un traître à sa tribu d’origine.

(Waqidi, Livre des expéditions 56).

Muhammad envoya après son retour du pèlerinage le sulaymite ibn Abu Awga avec 50 hommes contre les Banu Sulaym.
Mais il y avait un éclaireur des Banu Sulaym à Médine qui les a prévenus. Les musulmans les rencontrèrent tout armés, prêts à les recevoir ; encerclés, les musulman predirent tous les vie, en martyr. Leur chef ibn Abu Awga était gravement blessé, et il est resté comme mort ; il a pourtant réussi à se redresser et rentra en clopinant.


§ 519. — Expédition contre les Banu Urayna.

Le point de départ en est une affaire de vengeance, particulièrement atroce, celle-là 143. Ce sont des bédouins qui ont trahi, apostasié et volé: la colère de Muhammad est à son comble et il exige contre eux un traîtement inédit par sa cruauté. C’est grâce à lui que l’on connait si bien l’épisode, car la Tradition islamique a voulu rendre dans tous ces détails la punition de “ceux qui provoquent le trouble sur terre”.144

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1559).145

Cette année, un groupe de pilleurs conduits par Kurz ibn Jabir se mit en route pour attaquer les Banu Uraynah, qui avaient tué les bergers du messager d’Allah. Le messager d’Allah l’a envoyé avec 20 hommes.

(Tabari, Tafsir 5/33).
Dans ce passage, Allah explicite son décret en ce qui concerne la corruption sur terre qu'Il a évoquée dans le verset précédent en disant:
Celui qui tuera un être sans qu'il y ait eu un être tué par celui-ci ou sans qu'il y ait eu sur terre une corruption perpétrée par lui ,
corruption qui est le fait de ces gens qui passent outre 146 aux ordres divins et travaillent à semer la corruption sur terre en commettant des meurtres injustifiés et en guerroyant contre Allah et son envoyé ; Allah fait donc savoir à présent à Ses serviteurs quels doivent être la sanction et le châtiment 147 de ces êtres: la mise à mort, la crucifixion148 , le retranchement de la main droite et du pied gauche ou encore le bannissement, cela en guise d'opprobre pour eux dans ce bas- monde, et, au cas où ils ne se repentent pas ici-bas, un châtiment immense dans l'autre monde ; c'est là les seuls châtiments qu'il est permis d'infliger en pareil cas et nul autre. Allah fit en effet descendre ce verset sur son prophète pour lui faire connaître son décret en la matière et cela après qu'aux gens de Urayna qui avaient commis les exactions que nous allons voir, l'envoyé eut infligé, en sus des châtiments mentionnés ici, celui de la crevaison des yeux.

(ibn Sad, Tabaqat 2/114-5).149
Le raid de Kurz ibn Jabir al Fihri eut lieu contre les Banu Urayna dans le mois de shawwal à la sixième année de l'Hégire de l'apôtre d'Allah.
On a dit qu'un groupe des Urayna au nombre de huit est venu voir l'apôtre d'Allah et a accepté l'islam, mis le climat de Médine de leur convenait pas. Alors l'apôtre d'Allah leur ordona de vivre avec ses chamelles qui paissaient à Dhu al Jadr près de Quba et d'Ayr, à une distance de six milles de Médine. Ils restèrent là jusqu'à ce qu'ils récupèrent et reprirent du gras.
Un matin, ils firent un raid sur les chamelles et les enlevèrent. Yasar l'affranchi de l'apôtre d'Allah les affronta avec un petit groupe. Il les combattit. Ils lui coupèrent les mains et les pieds, mirent des épines dans sa langue et ses yeux. Par la suite, il mourut. Les nouvelles de l'incident furent portées à l'apôtre d'Allah. Il envoya aussitôt vingt cavaliers à leur poursuite et il nomma à leur tête Kurz ibn al Fihri, leur chef. Ils les atteignirent et les entourèrent, les capturèrent, les entravèrent et les firent asseoir sur leurs chevaux, pour les emmener à Médine. L'apôtre d'Allah était à al Ghabah. Ils se mirent en route vers lui et il les rencontra à al Zaghabah, l'endroit où les cours d'eaux se rejoignent de partout. Il donna des ordres pour que leurs pieds et leurs mains soient tranchées, et leurs yeux enlevés. Ils furent ensuite crucifiés. Puis le verset suivant fut révélé à l'apôtre d'Allah.
La seule récompense pour ceux qui font la guerre à Allah et à son messager et qui propagent la corruption sur la terre...
Après cela, il n'arracha plus les yeux de personne.
Les chamelles étaient quinze et elles fournissaient beaucoup de lait. Ils les ramenèrent à Médine. L'apôtre d'Allah vit qu'une chamelle appelée al Hinna manquait. Il demanda où elle était passé, et on lui dit qu'ils l'avaient tuée150 .


§ 520. — Expédition contre Turba.

Il faut laisser aussi les comparses mener quelques raids, pour les entrainer au combat. A ce moment, Muhammad se réserve la stratégie d’ensemble. 151


(Waqidi, Livre des expéditions 50).
Au mois de shaban, Omar a été envoyé à Turba contre un groupe des Hawazin, mais ils ont trouvé leur camp abandonné. Quand il rentra par la route du Najd, son guide, un Hilalite, lui proposa de l’emmener contre une tribu Khatam, qui était éparpillée, et qu’il pouvait attaquer en remplacement ; mais Omar dit qu’il n’avait pas d’ordre à ce sujet.


§ 521. — Expédition du Najd.

Expédition mineure menée par Abu Bakr.152

(Waqidi, Livre des expéditions 51).
Au mois de shaban, le messager d’Allah a ordonné à Abu Bakr de nous commander et nous avons attaqué les Hawazin.

(Bukhari, Sahih 64/57).

Le prophète envoya une petite expédition du côté du Najd, et j’en fis partis. Notre butin s’éleva à douze chameaux chacun, et on y ajouta par surcroît un chameau pour chacun de nous. Nous revînmes donc avec treize chameaux.


§ 522. — Seconde Expédition du Najd.

Peu d’information subsiste sur ce raid sans doute mineur : il est en fait une sorte de contexte à la mise en scène d’ une sorte de miracle qui sauve la vie de Muhammad.153

(Dawud, Hadith 14/2717).154

L’apôtre d’Allah avait envoyé Abu Sayd ibn al As dans une expédition de Médine vers le Nadj. Aban ibn Sayd et ses compagnons étaient venus avec l’apôtre d’Allah à Khaybar après sa prise....
Aban demanda:
-Donne-nous une part du butin, apôtre d’Allah...
Le prophète dit:
-assieds-toi, Aban.
L’apôtre d’Allah n’a donné à aucun de part du butin.

(Muslim, Sahih 3295).155
D’après Ibn `Umar , l'Envoyé d'Allah envoya dans la direction du Nadj un détachement dont je fis partie. Cette troupe ayant capturé de nombreux chameaux, la part de chaque homme s'éleva à onze ou douze chameaux; et, (à titre de gratification) hors part, chacun reçut encore un chameau.

(Bukhari, Sahih 64/32, 1-2)
J’entrai dans la mosquée et y vis Abu Sayd. (...)
Jabir ibn Abdallah a dit:
-Nous fîmes avec l'envoyé d'Allah l'expédition du Najd. Le moment de la grosse chaleur de midi arriva pendant que nous étions dans une vallée abondant en acacias. Le prophète s'installa sous un arbre pour jouir de son ombre et suspendit son sabre à cet arbre156 . Le reste des fidèles se dispersa également sous les arbres pour s'abriter du soleil. Pendant que nous étions ainsi, l'envoyé d'Allah nous appela subitement. Nous accourûmes et vîmes un bédouin assis devant lui.
-Ce bédouin, nous dit-il, est venu à moi pendant que je dormais, il a dégaîné mon sabre et à mon réveil je l'ai vu, debout à mon chevet le sabre nu à la main.
-Qui te défendra contre moi, me dit-il.
-Allah, lui répondis-je.
Alors, ajouta le prophète, il remit le sabre dans son fourreau et s'assit. Le voici.
L'envoyé d'Allah n'infligea aucun châtiment à cet homme.

§ 523. — Expédition contre les Banu Murra.

C’est une double attaque157: la première, qui échoue, et la revanche réclamée par Muhammad, sans grand résultat. Le récit de l’aventure reprend certains traits d’autres expéditions, ce qui ne plaide pas en faveur de l’authenticité de l’épisode.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1592).158

Cette année, un groupe de trente pilleurs conduits par Bashir ibn Sad est parti contre les Banu Murra à Fadak, au mois de shaban. Ses compagnons furent tués, et lui fut emporté blessé avec les morts. Ensuite, il rentra à Médine.

(Waqidi, Livre des Expéditions 52).
Ils prient du bétail et voulurent retourer à Médine. Mais la nuit, ils furent surpris par les hommes de la tribu de Murra. Ses hommes furent tués par eux ou s’enfuirent. Lui-même blessé à la cheville, resta comme mort sur le champ de bataille. Le soir, il se redressa et se mit à ramper jusqu’à Fadak où il fut recueilli par un juif et dès qu’il fut guéri il rentra à Médine. Muhammad apprit la nouvelle de la défaite et par Ulba al Harith, qui s’était enfui.
Il prépara aussitôt sa vengeance, avec 200 hommes et avait déjà donné l’ordre à Zubayr de partir alors que Garip ibn Abdallah était en train de rentrer d’une expédition de pillage. Garip prit donc la tête de la nouvelle expédition. (...)
Je demandais à Muhammad:
-Si un infidèle, dans la bataille me coupe le bras et se cache dans des fourrés, et dit à la fin, “J’accepte l’islam”, ai-je le droit de le tuer?
-Non!
-Si je le fais quand même?
-Dans ce cas, tu prends sa place159 et lui, il prend ta place.


§ 524. — Expédition contre Turabah.

Une opération mineure 160, dirigée , et c’est rare, par Omar. Le plus important est que les Hawazin sont des cibles nouvelles: une puissante tribu bédouine qui va affronter les musulmans peu après, à la bataille d’Honayn161 .


(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1592).162
Le messager d’Allah a envoyé Omar ibn Khattab avec 30 hommes contre une arrière-garde des Hawazin, à Turabah. Il partit avec un guide des Banu Hilal. Ils ont voyagé de nuit et se sont cachés le jour. Omar rentra sans avoir combattu.

(ibn Sad, Tabaqat II 146).
L’apôtre d'Allah a envoyé Omar avec 30 hommes contre une branche des Hawazin, à Turabah, qui se trouve sur le territoire d’al Abla, à 4 journées de la Mecque, sur la route de Sanaa et Najran. Il se mit en route avec un guide des Banu Hilal. Il marchait de nuit et restait caché la journée. La nouvelle arriva chez les Hawazin, et ils s’enfuirent. Omar arriva chez eux. Il n’y avait plus personne et il rentra à Médine.


§ 525. — Second raid contre les Banu Faraza.

L’opération guerrière n’a en soi aucun intérêt 163 : la suite est plus croustillante, qui nous montre les émois sexuels incontrolés du chef Muhammad, qui décide de s’emparer de la plus belle partie du butin, sous la forme d’une superbe inconnue, qui a pour destin immédiat la couche prophétique, avec le statut de concubine


(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1558).164
Le messager d’Allah a nommé Abu Bakr comme chef et nous sommes partis piller quelques Banu Fazara165. Quand nous sommes arrivés près du point d’eau, Abu Bakr nous a ordonné de stopper pour le repos. Nous avons prié et Abu Bakr nous a ordonné de les attaquer. Nous sommes descendus vers le puit, et nous en avons tu quelques uns. J’ai vu un groupe de gens, femmes et enfants, qui grimpaient sur la montagne pour nous échapper. Alors j’ai lancé une flèche entre le sommet et eux, et ils se sont arrêtés. Je les ai ramenés à Abu Bakr.

La technique de séduction du prophète.
(Muslim, Sahih 19/ 4345).166

Nous combattions contre les Fazara et Abu Bakr était notre chef167. Il avait été choisi par le messager d’Allah... Abu Bakr nous ordonna d’attaquer... et nous avons attaqué leur point d’eau... Quelques ennemis furent tués et d’autres faits prisonniers. J’ai vu un groupe de personnes composé de femmes et d’enfants... Je les ai emmenés. Parmi eux, il y avait une femme des Banu Fazara.... Avec elle était sa fille qui était une des plus belles filles d’Arabie. Je les ai conduits jusqu’à Abu Bakr qui me donna la fille comme récompense.... C’est alors que nous sommes rentrés à Médine. Je ne l’avais pas encore déshabillée quand le messager d’Allah me rencontra dans la rue et dit:
-Ô Salama, donne-moi cette fille! Elle me plaît.
Je dis:
-Messager d’Allah, elle me plaît aussi. Je ne l’ai pas encore deshabillée!
Le lendamain, le messager d’Allah me vit dans la rue:
-Ô Salama, donne moi cette fillle! Allah bénisse ton père.
J’ai dit:
-Elle est pour toi, je ne l’ai pas encore déshabillée...


§ 526. — Expédition contre Mayfaa.

L’opération est limitée. Elle est connue surtout par un excès de zèle d’Usama, le fils de Zayd : ce personnage, qui aura son importance par la suite168 , a tué un ennemi qui s’était déjà soumis à l’islam.169

(Waqidi, Livre des expéditions 53).
Au mois de ramadan, la colonne de Khaleb ibn Abdallah est partie contre les Banu abd Thalaba. Peu de temps après la bataille de Kodr, Jasar dit à Muhammad qu’il savait comment les vaincre.
Muhammad ordonna ensuite d’envoyer 130 hommes sous la direction de Khaleb, avec Jasar comme guide à travers une région difficile d’accès et aride, au point qu’ils commençaient à soupçonner celui-ci. Une nuit, ils arrrivèrent à un endroit ouvert, puis un pic en basalte, et enfin, ils se trouvèrent tout près de leurs ennemis, qui campaient au bord de l’eau, à al Mayfaa. Ils les attaquèrent et capturèrent les chameaux. On ne sait s’ils ont aussi fait des prisonniers.

(ibn Sad, Tabaqat II 148).
L’apôtre d'Allah envoya Ghalib170 ibn Abdallah contre les Banu Uwal et les Banu Abd ibn Thalabah qui habitaient vers al Mayfahh, qui se trouve avant Batn Nakhl vers al Naqrah, sur le territoire du Najd. (...) Il envoya avec lui 130 hommes. Leur guide était Yasar le mawla171 de l’apôtre d'Allah. Ils firent une attaque surprise et s’installèrent sur leur territoire. Ils tuèrent tous ceux qu’ils rencontraient, et emportèrent leurs chameaux et leurs chèvres, et ils retournèrent à Médine, sans faire de prisonniers. Dans ce raid, Usama ibn Zayd tua un homme qui avait prononcé “La ilah illa Allah!172 ”. A ce propos, le prophet dit:
-N’as tu pas ouvert son coeur pour savoir si c’était sincère ou non?
Usama dit:
-Je ne combattrai plus jamais quelqu’un qui confesse qu’il n’y a de dieu qu’Allah.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1592).173
Cette année, un groupe de pilleurs est parti sous la direction de Khaleb ibn Abdallah vers al Mayfaa.


§ 527. —Raid sur al Jinab.

Une petite opération préventive174, délicate à dater, pour écarter la menace d’une attaque de bédouins.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1593).175
Ce qui décida d’envoyer cette expédition, c’est que Husayl ibn Nuwayrah, guide du messager d’Allah à Khaybar, est venu devant le prophète. le prophète lui a demandé:
-Quelles nouvelles?
-J’ai vu un grand rassemblement de Ghatafan à al Jinab. Uyayna ibn Hisn leur a demandé de marcher contre toi.
Alors le messager d’Allah a ordonné à Bashir ibn Sad de partir, et au guide Husayl d’aller avec lui. Ils capturèrent les chameaux et des moutons. Un esclave appartenant à la troupe d’Uyayna est arrivé, et ils l’ont tué. Ils rencontrèrent ensuite la troupe d’Uyayna et la mirent en fuite...

(ibn Sad, Tabaqat II 149).
On rapporta à l’apôtre d'Allah que Uyaynah ibn Hisn avait promis à un groupe des Ghafatan, à al Jinab, de les conduire pour combattre l’apôtre d'Allah. L’apôtre d'Allah appela Bashir ibn Sad, lui donna un étendard et envoya 300 hommes avec lui. Ils marchèrent de nuit, et se cachaient de jour, jusqu’à ce qu’ils arrivent à Yaman et Jamar, qui sont des lieux près d’al Jinab, à l’opposé de Salah, Khaybar et Wadi al Qura. Ils firent halte à Salah; ils s’approchèrent de ces gens, et s’emparèrent d’un grand nombre de chameaux, en dispersant les bergers. Ils menacèrent les gens qui se regroupaient, et ceux-ci s’éparpillèrent, et partirent se cacher dans les hauteurs de leur pays. Bashir s’y rendit avec ses compagnons, mais il ne trouva personne dans leurs habitations. Il rentra avec les chameaux, et rencontra sur le retour deux hommes qu’ils capturèrent et apportèrent devant l’apôtre d'Allah. Ils rejoignirent le sentier de l’islam, et il les renvoya.

§ 528. — Expédition contre al Kadid.

L’épisode n’est pas intéressant en lui-même . Il permet du moins de donner un cadre juridique aux musulmans dans la façon de traiter les prisonniers dont la conversion ne semble pas sincère. 176 On goûtera aussi la rudesse du cri de guerre des musulmans, attaquant de nuit.

(ibn Sad, Tabaqat II 154).

L’apôtre d'Allah a envoyé Ghalib ibn Abdallah dans une attaque contre les Banu al Layth.

(Tabari,Histoire des prophètes et des rois III 266).
Harith ibn Malik, leur chef, venant, vers le coucher du soleil, de l'autre côté de la montagne, tomba entre les mains de Ghalib, qui lui fit mettre des liens, pour l'empêcher de regagner sa tribu. Harith dit :
-Je suis musulman.
Ghalib répliqua :
-Si tu es musulman, tu peux rester ici un peu de temps.
Après le coucher du soleil, il appela un des fantassins de sa troupe et lui dit:
-Va t'asseoir au haut de la montagne et observe les ennemis, pour savoir où ils mènent leurs troupeaux. Cet homme alla et regarda, puis il revint informer Ghalib. Celui-ci quitta le camp et enleva les troupeaux ; puis il revint, détacha Harith, et l'emmena avec lui à Médine. Vers la pointe du jour, les Arabes, voyant que leurs troupeaux avaient été enlevés, se mirent à la poursuite de Ghalib. Ils étaient près de l'atteindre, lorsque Allah envoya un nuage ; la pluie tomba ; il se forma un torrent qui se précipitait de la montagne, et qui les séparait des musulmans ; ils les voyaient emmener leur chef et leurs troupeaux, mais ils n'osèrent pas traverser le torrent. Ghalib revint ainsi à Médine avec son butin.

(Waqidi, Livre des Expéditions 57).
Muhammad a envoyé sous le commandement de Khalid ibn Abdallah contre les Banu Mullawih à Kadid, un clan des Banu Layth.
Sur notre chemin, à Qudayd, nous avons rencontré al Harith ibn Malik qui nous dit qu’il était en train de se convertir à l’islam, mais nous, nous l’avons ligoté, de toute manière et nous l’avons laissé sous la garde de Suwayd avec l’ordre de le tuer s’il n’obéissait pas.

(Tabari, Livre des prophètes et des rois VIII 1600).177
Le cri de guerre des compagnons du messager d’Allah, cette nuit, fut: “tuez! tuez!”
Le groupe de pillards conduit par Ghalib ibn Abdallah comptait entre 13 et 19 hommes.

(Dawud, Hadith 14/2672).
L’envoyé d'Allah a envoyé Abdullah ibn Ghalib al Laythi avec un petit groupe et j’étais parmi eux. Il leur ordonna d’attaquer les Banu al Mulawwih, de toutes parts, à al Kadid. Quand nous sommes arrivés à al Kadid, nous avons rencontrés al Harith al Barsa, et nous l’avons capturé.
Il dit:
-Je suis venu avec l’intention de devenir musulman et je viens voir l’envoyé d'Allah.
Nous avons dit:
- Si tu es musulman, tu ne verras pas de mal à ce que nous te ligotions pour un jour et une nuit ; et si tu ne l’es pas, nous mettrons des chaînes. Alors ils l’ont attaché avec des chaînes.


§ 529. — Expédition d'al Siyyi.

Un raid comme tant d’autres, sans prétention, qui a pour but de réaffirmer la puissance médinoise face aux bédouins. L’essentiel est de capturer quelques chameaux, à défaut de ramener des femmes.178

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1601).179
Dans la même année, le prophète fut averti qu'une troupe de Banu Amir se rassemblait près d'un certain puits. Il envoya contre eux Shudja ibn Wahb, à la tête de vingt-quatre hommes. Les ennemis s'enfuirent, et les musulmans enlevèrent leurs troupeaux. Chaque homme eut pour sa part quinze chameaux.

(ibn Sad, Tabaqat II 157).
L’apôtre d'Allah a envoyé Shuja ibn Wahb avec 24 personnes contre un regroupementdes Hawazin, à al Siyyi sur le territoire de Rukbah, près de Médine. Cela se trouvait une journée de Médine. Il leur ordonna de les attaquer. Ils marchèrent la nuit et se cachaient la journée; c’est au matin qu’ils les ont attaqués. Ils trouvèrent un grand nombre de chameaux et de chèvres et les emportèrent jusqu’à Médine. Ils divisèrent le butin entre eux, et la part de chacun se montait à 15 chameaux, dix chèvres étant équivalentes à un chameau. Les guerriers sont restés absents pour 15 nuits.


§ 530. — Expédition contre Dhat Atlah.

L’exemple d’une agression qui tourne mal : Muhammad est assurément un chef de guerre, mais pas toujours le plus efficace de l’Histoire. Là, l’opération est à l’échelle du commando.180

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1601).181
Un groupe de pillards conduit par Amir ibn Kab est parti pour Dhat Atlah182. Il était composé de 15 hommes. Ils ont atteint Dhat Atlah et ont rencontré un grand groupe d’hommes qu’ils ont appelés à se soumettre à l’islam. Ils refusèrent de répondre, et tuèrent tous les compagnons d’Amir. Il réussit à s’enfuir et rentra à Médine.
Dhat Athlat est en direction de la Syrie. Ses gens appartiennent à la tribu de Quzhaa. Leur chef s’appelle Sadus.

(Baladhuri, Ansab I, p. 380).183
Et l’incursion de Kab ibn Umayr vers Dhat Atlah, en rabi I de l’an 8. Une troupe très forte l’y attaqua ; ceux qui étaient avec lui furent tués, et lui dut se traîner pour revenir à Médine.


§ 531. — Expédition contre Khadira.


Ici, les opérations militaires ne comptent pas vraiment : l’attention se concentre autour des émois et tribulations d’un guerrier romantique ou libidineux, comme on voudra. Le résultat est un récit où la sensiblerie digne d’une jeune vierge le dispute au cynisme le plus noir.184

(Waqidi, Livre des Expéditions 63).
J’étais 185 avec la fille du Nagarite Surraqa ibn Haritha qui était mort à Badr. Je l’aimais à la folie. Mais je ne pouvais pas réunir la dot de 200 dirhams que j’avais promis. Finalement, je présentais ma situation devant le messager d’Allah. Il répondit que la somme était très élevée, et qu’il ne pouvait pas m’aider.
Mais il me conseilla de participer à une expédition pour laquelle il était en train d’envoyer Abu Qatada, et ainsi Allah me donnera la dot.
Je fis ce qu’il dit.
On partit avec 16 hommes dans le Najd contre les Ghatafan et on réussit à surprendre un grand groupe, une nuit, près d’un point d’eau. (...)
Au cours de l’attaque, un homme très grand se mit à danser avec le sabre tiré, devant moi, par bravade. Il maudit le messager d’Allah et me criait:
-Viens, musulman, dans le paradis!
Je ne pus m’empêcher de suivre cet homme, en lui lançant des flèches jusqu’à la mort. Je lui ai ensuite pris son sabre.
(...)
Nous avons réunis le résultat des prises du pillage, nous l’avons réparti, et je me suis retrouvé avec une belle femme. Sur le chameau, elle se tournait sans cesse. Je lui ai demandé ce qu’elle cherchait. Elle me répondit:
-Je cherche des yeux un homme qui va certainement, s’il est encore en vie.
Là, me vint l’idée que c’était celui-ci que j’avais tué. Elle reconnut alors le fourreau qui était suspendu à ma selle, et elle me demanda de mettre le sabre dedans. Comme le sabre rentrait parfaitement dedans, elle se mit à pleurer de désespoir.
(...)
Après le retour, j’avais de quoi faire mon mariage: il y avait pour chacun 12 chameaux, et selon une autre source, 200 chameaux, 1000 moutons, et beaucoup de prisonniers. Après le prélèvement du quint du au prophète, 12 chameaux par hommes. L’expédition a duré 15 jours.
Nous avons aussi pris 4 femmes, avec leurs enfants, et parmi elles une très belle, qu’Abu Qatada, notre chef, a pris pour lui. Mais il dut la donner à Makhmija ibn Gaz, qui était allé réclamer auprès du prophète.


§ 532. — Expédition contre al Khabat.

L’expédition “de la baleine”186 est restée célèbre à cause de la rencontre inopinée, sur une plage, d’un gros poisson187 , qui pourrait être une baleine.Le point considérable n’est pas la curiosité naturaliste des pilleurs musulmans, mais plutôt leur appétit : ils rompent avec les lois alimentaires et d’hygiène les plus élémentaires, mais dévorant durant deux semaines (!) les restes d’un animal difficile à classer, et mort auparavant, en état de charogne, et non-sacrifié donc totalement impur. C’est pour cette raison que la Tradition musulmane a tenu à conserver les détails de l’aventure.

(Waqidi, Livre des expéditions 62).
Le messager d’Allah a envoyé Abu Ubaydah ibn Jarrah à al Khabat. avec 300 émigrés et auxiliaires, contre les Banu Juhaynah. Pendant l’expédition, ils ont subi une disette terrible et ont été si désemparé qu’ils ont même partagé les dattes entre eux, une par une. (...)
Pendant trois mois, nous avons mangé les feuilles qui tombaient des arbres. Puis une créature marine est apparue, qui s’appelait une baleine, et nous l’avons mangée pendant 15 jours. Un des auxiliaires tua des chameaux et d’autres le lendemain.

(Bukhari, Sahih 64/65).
Jabir ibn Abdallah a dit:
-L'envoyé d'Allah dirigea une expédition vers le bord de la mer et lui donna pour chef Abu Obayda ibn al Jarrah. L'expédition comprenait trois cents hommes. Nous étions partis, quand en route les vivres manquèrent. Abu Obayda ordonna de réunir toutes les outres à vivres des troupes. La mienne contenait des dattes. Nous nous en nourrissions en en mangeant de moins en moins chaque jour, jusqu'à ce qu'elles furent épuisées et que nous n'eumes plus qu'une seule datte comme ration.
-A quoi pouvait vous servir une seule datte? demanda le rawi188 à Jabir.
-Quand il n'y en avait plus du tout, répondit-il, nous nous aperçûmes de cette privation.
Ensuite nous arrivâmes au bord de la mer et y trouvames un poisson gros comme un monticule. Durant dix-huit jours les troupes se nourrirent de ce poisson. Abu Ubayda ordonna de ficher en terre deux des côtes de ce poisson et, quand cela fut fait, il fit approcher son chameau qui passa dessous sans toucher les deux côtes.

Jabir ibn Abdallah a dit :
-L'envoyé d'Allah nous expédia au nombre de trois cents hommes montés, commandés par Abu Obayda ibn al Jarrah, pour guetter un convoi de vivres destinés aux Quraysh. Nous demeurames un demi-mois sur le bord de la mer, souffrant tellement de la faim que nous mangions des feuilles de salam189 , si bien qu'on nous surnomma l'expédition des feuilles de salam. La mer ayant rejeté un poisson de ceux qu'on appelle anbar, nous en mangeâmes durant un demi-mois et nous nous oignîmes de sa graisse, en sorte que nos corps reprirent leur vigueur.
Abu Obayda prit une des côtes du poisson et la ficha en terre, puis il appela l'homme le plus grand qu'il avait parmi sa troupe. Suivant une variante, il ficha en terre cette côte, prit un bât et un chameau, et l'homme monté passa dessous.
Jabir ajouta :
-Il y eut un homme qui égorgea d'abord trois chameaux, puis trois chameaux et encore trois chameaux. Abu Obayda lui enjoignit alors de ne pas continuer.
Qays ibn Sad a dit à son père : Je faisais partie de cette expédition et souffris de la faim.
-Il fallait égorger un chameau, me répondit-il.
-C'est ce que je, fis, mais on souffrit encore de la faim.
- Il fallait en égorger un autre.
C'est ce que je fis, mais on souffrit encore de la faim.
-Il fallait en égorger un autre.
C'est ce que je fis, mais on souffrit encore de la faim.
- Il fallait en égorger un autre.
-On me le défendit , répliqua Qays.

Jabir a dit: Nous fîmes l'expédition des feuilles de salam avec Abu Obayda pour chef. Nous souffrimes cruellement de la faim. La mer avait rejeté un poisson mort de l'espèce appelée anbar190 et tel que nous n'avions jamais vu le pareil. Nous en mangeâmes durant un demi mois. Abu Obayda prit un des os de ce poisson sous lequel passa un homme monté sur un chameau. Selon un autre isnad, Abu Obayda dit aux siens de manger de ce poisson. De retour à Médine, quand nous lui racontâmes le fait, le prophète dit:
-Mangez des choses qu’Allah vous envoie, et s’il vous en reste donnez m’en à manger.
On lui en apporta un morceau et il le mangea.

(ibn Sad, Tabaqat II 163).
L’apôtre d'Allah envoya Abu Ubaydah ibn al Jarrah avec 300 muhajirun et ansar, parmi lesquels Omar ibn al Khattab, contre une branche des Juhaynah, à al Qabaliyyah, qui est proche de la côte, à une distance de Médine de 5 nuits. Sur le chemin, ils ont souffert de la faim, et ils ont dévoré les feuilles des arbres, alors que Qays ibn Sad a apporté des chameaux et les a sacrifiés.
La mer rejeta un gros poisson qu’ils mangèrent et ils s’en retournèrent sans avoir combattu.

(Dawud, Hadith 14/2533).
Nous avons attaqué une tribu de Juhaynah. Un homme parmi les musulmans poursuivait un de leurs hommes, et il l’a frappa mais sans effet. Il se blessa lui-même avec le sabre.
L’envoyé d'Allah s’exclama:
-Votre frère! ô groupe de musulmans!
Les gens se hâtèrent autour de lui et le trouvèrent mort.
L’envoyé d'Allah s’enveloppa avec ses vêtements et son sang191 , et lui donna une prière funéraire, et l’enterra. Ils demandèrent:
-envoyé d'Allah, est-il un martyr?
Il dit:
-Oui, j’en porte témoignage pour lui.192


§ 533. — Raid contre Dhat al Salasil.

Ce qui intéresse ici le public n’est pas le raid en tant que tel, qui n’a rien d’original. Le chef de l’expédition, en revanche, attire déjà l’attention : c’est un des futurs grands conquérants musulmans, celui notamment qui s’emparera de l’Egypte et d’Alexandrie. On voit ici qu’il a fait ses premières sous le règne de Muhammad.193

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 267).
Ce fut encore dans cette même année que le prophète fut informé qu'une troupe de Banu Khuzaa s'était rassemblée près d'un puits nommé Dhat as Salasil194. Amir ibn Al As, dont la mère était de la tribu des Banu Khuzaa, avait été envoyé comme ambassadeur auprès du prince de 1’Oman. Après avoir été éconduit par ce prince, Amir était revenu à Médine. Le prophète le chargea de se rendre, avec trois cents hommes, auprès des Banu Khuzaa, pour les convertir à l'islam. Il espérait qu'ils se laisseraient persuader par Amir, à cause de sa parenté avec eux. Après s'être avancé, Amir craignit des hostilités de la part des Banu Khuzaa et écrivit au prophète pour lui demander du secours. Le prophète fit partir Abu Obayda avec deux cents musulmans, muhajir et ansar, parmi lesquels se trouvaient Abu Bakr et Omar. Lorsque ceux-ci eurent rejoint Amir, il leur dit:
-Venez-vous pour me prêter aide, ou pour prendre le commandement?
-Nous venons comme auxiliaires, répondirent-ils.
-C'est que, reprit Amir, pour le commandement, je ne vous le remettrais pas. Puis, quand il était temps de prier, Amir remplissait la fonction d'imam, et Abu Bakr, Omar et Abu Ubayda priaient après lui. Les Banu Khuzaa, invités à embrasser l'islam, refusèrent. Amir n'eut pas recours aux armes ; il s'en retourna, disant que le prophète ne lui avait pas donné l'ordre de combattre.

(Bukhari, Sahih 64/63).
C’est l’expédition contre les Lakhm et les Judham, suivant l’opinion de Ismayl ibn Abu Khalid ; mais, suivant Urwa, Dhat es Salasil est le pays des Bayyi, des Udhra et des Banul Qayn.
D'après Abu Othman, l'envoyé d'Allah expédia à Dhat as Salasil des troupes commandées par Amir ibn al As. Au retour, dit Amir, j'allai trouver le prophète et lui dis:
-Quel est de tous les humains celui que tu préfères?
- Aïsha, répondit-il. .
- Comme homme? repris-je.
-Son père195 , répliqua-t-il.
- Et ensuite?
-Omar.196
Il énuméra encore quelques hommes197, puis je me tus, dans la crainte qu'il ne me nommât le dernier.

(Baladhuri, Ansab I, p. 381).198
L'incursion de Amir ibn al As en jumada II de l'an 8, vers Dhat as Salasil à dix jours de trajet de Médine. Puis l'envoyé d'Allah l’y envoya encore et le fit rejoindre par Abu Bakr, Omar, Abu Ubayda ibn al Jarrah, et des hommes éminents des muhajirun et des ansar... L'étendard de Amir était noir. Il rencontra les ennemis, les Khuzaa alliés aux Amila, aux Lakhm et aux Judham. Il les écrasa, en fit un massacre et prit du butin...

Le choix d’al As.
(ibn Taimiya, Traité de droit 8).

Lors de l'expédition de Dhat as Salasil, le prophète plaça sous les ordres de Amir ibn al As des hommes cependant plus aptes: il voulait rallier à sa cause les parents d’Amir ibn al As, contre lesquels il envoyait ce dernier.


§ 534. — Expédition contre Idam.


Le raid se résume à un simple meurtre, d’ailleurs plutôt illégal en considération des lois imposées par Muhammad . Il s’agit d’une basse vengeance. L’opération se déroute dans les cadre des manoeuvres d’approche de la Mecque, peu avant sa prise. 199

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1610-1).200

Le messager nous envoya à Idam. J’ai constitué un groupe de musulmans avec Abu Qatadah et Muhallim. Nous sommes partis vers le bas-pays d’Idam. C’était avant la conquête de la Mecque. Amir ibn Abdat est passé devant nous avec un jeune chameau. Il avait un peu de nourriture et du lait aigre. Il est passé en nous faisant le salut de l’islam201 . Mais Muhallim l’a attaqué à cause d’une vieille querelle entre eux, l’a tué et a pris son chameau et sa nourriture...

(ibn Sad, Tabaqat II 164).
Quand l’apôtre d'Allah a décidé de lancer une attaque contre la Mecque, il a envoyé Abu Qatada avec huit hommes pour prendre Batn Idam (...). L’objectif de l’apôtre d'Allah était de faire penser aux gens que son but était dans cette direction et que la nouvelle se répande.
Parmi les membres du commando se trouvait Muhallim ibn Jaththama. Amir, un homme de al Abdat passa près d’eux, et les salua à la façon des musulmans. Ils s’en emparèrent, Muhallim l’aggressa et le tua, prit son chameau et ses biens comme butin202.


§ 535. — Expédition contre les Hawazin.

Une petite attaque est tentée contre la très puissante fédération bédouine des Hawazin, qui seront battus après la prise de la Mecque.203


(Waqidi, Livre des Expéditions 51).
Au mois de shaban, le messager d’Allah nous a envoyé contre les Hawazin sous la direction d’Abu Bakr et nous les avons attaqués.


§ 536. — Expédition contre al Sij.

Une expédition banale mais pleinement réussie, puisque chameaux et femmes figurent parmi les prises. On notera que la prise d’otages fait partie de la liste des moyens employés pour s’assurer de la soumission des tribus à l’islam, ce que les textes n’osent guère affirmer.204

(Waqidi, Livre des Expéditions 59).
Au mois de rabi I de l’année 8, Muhammad envoya 24 hommes sous le commandement de Shuga ibn Wabh contre une troupe des Hawazin, à al Sij, dans le pays des Banu Amir. Le pillage fut une réussite, et ils firent beaucoup de prises, de telle façon que pour chaque homme, il y eut 15 chameaux ou 150 moutons. (...)
Des femmes furent aussi capturées mais elles ont été rendues à leurs tribus quand leur envoyé négocia à Médine et finit par leur annoncer leur conversion à l’islam.
Seule une jolie fille préféra rester, avec Shuga, comme ibn Abu Sabra a su d’un vieillard de Médine, car elle en était devenue la propriété. Elle resta sa femme jusqu’à sa mort le jour de la bataille d’al Jamama, sans lui donner d’enfant.


§ 537. — Expédition de Bishah.

L’affaire est mineure, et semble confuse. On notera que les bédouins usent de ruses contre les musulmans et les musulmans de même en retour . Ce ne sont pas des combats très glorieux, et celui-ci, semble t-il se déroule durant la nuit, pendant le sommeil de l’ennemi. La Tradition développe ce point pour juger des meurtres involontaires commis la nuit. La décision de Muhammad a ce sujet est ambigüe.205

(ibn Sad, Tabaqat II 200-1).

L’apôtre d'Allah a envoyé Qutbah ibn Amir à la tête de 20 hommes contre la tribu de Khatam, dans la région de Thabala. Il leur ordonna de faire une attaque surprise. Ils étaient pourvus de 10 chameaux, qu’ils montaient alternativement. Ils ont capturé un homme et l’ont interrogé. Il prétendait être sourd mais juste après, il cria à la tribu pour l’avertir. Ils ont frappé son cou. Ils ont patienté jusqu’à ce que les hommes de la tribu partent se coucher, et alors, ils lancèrent

leur attaque et se battirent durement, et beaucoup d’hommes tombèrent de leurs blessures, des deux côtés. Qutbah tua qui il pouvait. Ils emportèrent les chameaux, les chèvres et les femmes vers Médine.


(Dawud, Hadith 14/2639).
L’envoyé d'Allah a envoyé une expédition contre les Khatam. Des gens ont cherché à se protéger en ayant recours à l’état de prostration206, mais ils furent tués malgré tout.
L’envoyé d'Allah ordonna que l’on paye la moitié du prix du sang pour eux, en disant:
-Je ne suis pas responsable d’un musulman qui reste parmi les païens207.
Ils demandèrent:
-Mais pourquoi, envoyé d'Allah?
Il dit:
-Leurs feux ne sont pas visibles les uns par rapport aux autres.


§ 538. — Le meurtre de Sufyan ibn Khalid à Uranah.

Ici, le raid est une opération de commando contre un important chef de tribu. On a vu que Muhammad n’hésitait pas à envoyer des assassins pour éliminer ses opposants, autour de Médine. Dans le cas présent, l’opération concerne une cible plus lointaine et puissante et elle se déroule de manière à souligner et à louer l’habilité, la ruse, la dissimulation du meurtrier. L’affaire s’achève par la présentation de la tête tranchée de la victime à Muhammad, très heureux d’un tel présent.

(ibn Sad, Tabaqat II 60).
Il y eut ensuite l’expédition de Abdallah ibn Unays contre Sufyan ibn Khalid, à Uranah. Il partit de Médine le 5 de muharram. Tout commença par un renseignement dont l’apôtre d'Allah eut connaissance, à propos de Sufyan ibn Khalid, des Banu Lihyan, qui s’était arrêté à Uranah et dans d’autres endroits, pour mobiliser les hommes de sa tribu. Alors l’apôtre d'Allah envoya Abdallah pour le tuer. Celui-ci dit:
-Ô apôtre d'Allah! décris moi le!
-Quand tu le verras, tu seras horrifié et terrorisé et il te rappelera Satan.
-Je n’ai pas peur des hommes, mais je te demande la permission d’utiliser une ruse.
Le prophète l’autorisa à le faire.
... Alors j’ai pris mon sabre, je suis sorti, en prétendant être membre des Khuzaa, et je suis entré à Uranah. Là, je l’ai rencontré avec ses alliés de tribus différentes, et ceux qui s’étaient adjoints à lui. Je l’ai reconnu par la description donnée par l’apôtre d'Allah. J’ai eu peur de lui et je sentais que je transpirais. Alors, je me suis dit:
-Allah et son apôtre ont raison.
Il demanda:
-Qui est cet homme?
Je dis alors:
-Un homme des Khuzaa, j’ai entendu que tu mobilisais des hommes contre Muhammad, alors je suis venu me joindre à vous.
Il dit:
-Oui, je mobilise des troupes contre lui.
Alors, j’ai marché avec lui, et discuté avec lui, et il a apprécié ma conversation, jusque sous sa tente. Ses compagnons se sont dispersés, se sont éloignés et sont allés dormir. Ensuite, je l’ai tué par surprise. J’ai pris sa tête, et je suis entré dans une grotte, où une araignée avait tissé sa toile208 . Les gens à sa recherche sont venus mais n’ont rien trouvé et sont repartis. Je suis alors sorti, j’ai voyagé de nuit, me cachant la journée, jusqu’à Médine. J’ai trouvé l’apôtre d'Allah dans la mosquée. Il me vit et dit:
-Que ton visage soit favorisé!
Je dis alors:
-Ô apôtre d'Allah! Que ton visage soit favorisé!
J’ai mis la tête devant lui, et je lui ai raconté mon action. Il me confia un bâton et dit:
-Marche avec ceci jusqu’au paradis.


§ 539. — Expédition d'al Bakarat.

Sans doute une des dernières expéditions, alors que toute l’attention de Muhammad se porte sur la prise de la Mecque. Elle semble être motivée uniquement par l’instinct de prédation d’un simple sicaire du chef de Médine.

(ibn Sad, Tabaqat II 96).
Le prophète l’ envoya209 contre al Qurata, une sous-tribu210 des Banu Bakr, faisant partie des Kilab. Ils avaient l’habitude de s’arrêter à al Bakarat, un endroit près de Dariyyah. (...) Il lui ordonna de l’encercler sur tous les côtés. Il marcha de nuit et restait caché dans la journée. Il les attaqua, tua quelques uns d’entre eux, et les autres s’enfuirent. Il s’empara de leurs chameaux, chèvres, et comme il n’y avait plus rien à prendre, il est revenu à Médine. L’apôtre d'Allah a séparé le quint dans ce qu’il avait apporté, et distribua le reste parmi ses compagnons. Un chameau était considéré comme équivalent à 10 chèvres. Il y avait 150 chameaux et 3000 chèvres. Il était resté absent 19 jours...






Chapitre 86


Protohistoire
des
guerres de religion








Après la bataille du fossé211, le rapport de force avec la Mecque commence à être en faveur des musulmans, ce que confirme encore la trêve d’Hodaibiyya. Muhammad se lance alors en direction de proies plus grosses que les tribus des environs: d’autres oasis, équivalentes à Médine. Les populations sont aussi différentes, par le niveau de richesse et par la religion. La prise de Khaybar est particulièrement mise en valeur par les documents: elle est l’exemple, ou le prototype du traitement des ennemis vaincus par l’islam. Peu avant la conquête de la Mecque, alors qu’il n'est que le chef de Médine, Muhammad ose envoyer une grosse expédition contre les territoires byzantins. L’échec est complet, mais ce n’est qu’un prélude, qui a valeur de test. Pour la première fois, le monde occidental entre en contact avec la puissance musulmane.


§ 540. — Premier raid contre Dumat al Jandal.

La riche oasis212 de Dumat al Jandal213, peuplée de chrétiens et proche de la Syrie, ce qui est un cas exceptionnel en Arabie centrale, est une belle cible pour les musulmans de Médine. Waqidi précise qu’il y a déjà derrière l’attaque des motivations plus stratégiques, contre Byzance, ce dont on peut douter, parce qu’elle se déroule à un moment où la puissance musulmane n’est pas capable de se mesurer aux Byzantins : l’anachronisme du chroniqueur est alors patent.
La première tentative se solde par un échec total, puisque Muhammad n’arrive pas à trouver l’endroit. Il change complètement de méthode pour s’emparer de ce lieu.


(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 668).
L’apôtre retourna à Médine et resta quelques mois jusqu’à la fin de dhul hijja. C’était la quatrième année de son séjour à Médine et les polythéistes étaient toujours en charge du pélerinage. Alors, il partit piller Dumat al Jandal.
Il rentra ensuite, n’ayant pas pu atteindre cet endroit, et sans combattre. Il resta à Médine le reste de l’année.

(Waqidi, Livre des expéditions 28).
Muhammad désirait la propriété de Dumat, parce qu’elle faisait partie des voies d’accès à la Syrie, pour faire peur à l’empereur.
Il avait entendu que là, beaucoup de gens s’étaient rassemblés, et que beaucoup d’Arabes s’étaient ralliés à eux214.
Donc, il quitta Médine secrètement et avec hâte, avec 100 hommes pour les attaquer...


§ 541. — Expédition contre Wadi al Qura.

Wadil Qura215, “la vallée des cités”, est une zone du nord de Médine, occupée par plusieurs oasis juives. Il est possible que le Coran fasse une timide allusion à son pillage.
Zayd, le plus fidèle adjoint de Muhammad, est chargé de cette petite affaire.


(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1556).216

Dans cette année, un groupe de pillage conduit par Zayd ibn Haritha partit pour Wadi al Qura, au mois de rajab217 .

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1557).218
Le messager d’Allah avait envoyé Zayd ibn Harithah à Wadi ul Qura, où il rencontra les Bana Fazara. Certains de ses compagnons furent tués à ce moment, et Zayd fut emmené, blessé parmi les tués. (...) Quand Zayd en est revenu, il a fait le serment qu’une ablution ne lui purifierait la tête avant qu’il n’ait pu piller les Banu Fazara 219.

(Corpus coranique d'Othman 59/7).
Ce qu'Allah a octroyé comme prise, à son apôtre, sur la population des cités, appartient à Allah, à l'apôtre, au proche de celui-ci, aux orphelins, aux pauvres, au voyageur, afin que cela ne soit point quelque chose de dévolu aux riches, parmi vous.
Ce que l'apôtre vous a donné, prenez-le!
Ce qu'il vous a interdit, interdisez-le-vous!
Soyez pieux envers Allah!
Allah est redoutable en son châtiment.
Ce butin appartient aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs habitats et de leurs biens, étant en quête d'une faveur et d'un agrément d'Allah et portant secours à Allah ainsi qu'à son apôtre.
Ceux-là sont les véridiques.
Ceux qui sont installés à Médine et en la foi, avant la venue des émigrés, aimeront ceux qui ont émigré vers eux.
Ils ne trouveront en leurs cœurs nulle envie pour ce qui a été donné à ces émigrés.
A eux-mêmes, ils les préféreront, même si pénurie existe chez eux.
Ceux qui se préservent de la lâdrerie220 de leur âme, ceux-là seront les bienheureux.


§ 542. — Expédition contre Fadak.

L’agression a lieu au cours des opérations menées contre Khaybar: dans le cadre des manoeuvres, on rafle intégralement le bien de quelques bédouins, sans combattre, par la simple terreur que l’on inspire. Ce n’est qu’un peu plus tard que Fadak est capturée en entier. 221

(Tabari, Histoire des prophètes VIII 1556).222
Ali (...) parti pour Fadak avec cent hommes, contre un clan des Banu Sad Banu Bakr. La cause était que le messager d’Allah avait appris que leurs forces étaient sur le point d’aider les juifs de Khaybar. Ali parcourut le territoire de nuit, et attendit la journée. Il captura un espion, qui avoua qu’il avait été envoyé à Khaybar, pour offrir de l’aide à son peuple, en échange de la récolte annuelle de dattes.

(Waqidi, Livre des Expéditions 44).
Muhammad envoya Ali avec 100 hommes contre les Banu Sad à Fadak.
(...)
Les musulmans firent du butin: 500 chameaux et 2000 moutons.

(ibn Sad, Tabaqat II 111).
L’apôtre d'Allah apprit que les Banu Sad ibn Bakr se rassemblaient et avaient l’intention d’aider les juifs de Khaybar. L’apôtre d'Allah envoya alors Ali avec 100 hommes. Il voyagea de nuit et resta dissimulé le jour ; il atteignit al Hamaj, une source entre Khaybar et Fadak. (...) Les musulmans attaquèrent et s’emparèrent de 500 chameaux et 2000 chèvres. Les Banu Sad s’enfuirent avec leurs bêtes de somme. Leur chef était Wabr ibn Ulaym. Ali réserva une chamelle laitière nommée al Hafdha comme part spéciale pour le prophète. Il sépara le quint du total, et divisa le reste du butin entre les compagnons. Il revint à Médine. Il n’y eut pas de combat.


§ 543. — Seconde expédition contre Dumat al Jandal.


L’expédition 223 est , pour changer, une mission pacifique224 . Muhammad tente d’utiliser la diplomatie et les relations matrimoniales pour convaincre les chrétiens de se soumettre à l’islam. Les sources sont incohérentes quant au résultat de la manoeuvre.225

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VIII 1556).226
Une expédition de pillage est partie sous la direction d’Abd al Rahman ibn Awf vers Dumat al Jandal. Le messager d’Allah lui a dit:
-S’ils obéissent, épouse la fille de leur roi.
La population devint musulmane et donc Abd al Rahman épousa Thumadir bint al Ashbagh.

(ibn Sad, Tabaqat II 110).
L’apôtre d'Allah appela Abd al Rahman ibn Awf, le fit asseoir devant lui, mit un turban sur sa tête et dit:
-Au nom d’Allah et sur le chemin d’Allah, combats celui qui ne croit pas en Allah, ne commets pas de fraude, ne trompe pas, et ne tue pas Walid.
Il l’envoya à la rencontre des Banu Kalb à Dumat al Jandal. Il dit aussi:
-S’ils répondent à ton appel, alors épouse la fille de leur roi227.
Abd al Rahman se mit en route et arriva à Dumat al Jandal. Il resta là trois jours à les exhorter à se soumettre à l’islam. Leur chef, al Asbagh ibn Amir al Kalbi, qui était chrétien, rejoignit alors l’islam. Celui qui promettait de payer la jizya pouvait rester dans son ancienne foi. Abd al Rahman épousa Thumadir bint al Asbagh et l’emporta à Médine228 .

(Waqidi, Livre des expéditions 43).
Muhammad ordonna à Abdal Rhaman ibn Awf de se préparer pour l’envoyer le jour même ou le jour suivant. Celui-ci était toujours présent, même son armée - 700 hommes- était déjà partie au crépuscule vers Gurf.
... Muhammad le fit asseoir et lui dit:
-Va au nom d’Allah, combats les infidèles, ne commets de trahison ni de mensonges, et ne tue pas les femmes et les enfants.
A Dumat al Jandal, Abdal Rahman exigea des habitants qu’ils se convertissent à l’islam, et trois jours après, leur chef, al Asba ibn Amar, qui était chrétien, se convertit.
ibn Awf l’annonça au prophète par une lettre et expliqua en même temps qu’il avait l’intention de prendre une femme parmi les Banu Kalb. Muhammad répondit qu’il devait épouser Thumadir bint Al Asba, et c’est ce qu’il fit.


§ 544. — Le siège de Khaybar.

Cette riche oasis au nord de Médine 229, peuplée de juifs, est brutalement conquise par Muhammad, qui s’empare méthodiquement de toutes leurs forteresses230. La cause de cette brusque offensive est assez claire: les troupes musulmanes sont déçues par la trêve d’Hodaybiyya, qui les frustrent de la joie de conquérir la Mecque. Muhammad, en bon chef de guerre, soucieux de conserver le moral de ses troupes, les dirigent vers une proie de substitution, renommée pour son opulence. Le traité lui assure aussi qu’il ne sera pas pris à revers par les Mecquois qui, eux, respectent les trêves.
Les juifs, soumis à une constante pression, acceptent de se rendre, selon des termes précis qui serviront ensuite de base juridique pour la domination des infidèles231. En 642, Omar décide de rompre l’accord et expulse définitivement les juifs de Khaybar232.
Le siège de Khaybar est un grand moment et une référence d’anti-judaïsme dans l’Histoire musulmane233. Pour le droit musulman, un événement faisant jurisprudence en matière de répartition du butin234 . Son nom se retrouve un peu partout dans le monde musulman, jusqu’en Himalaya ou en Iran235 .



1 — La réputation de Khaybar.

Les sources s’accordent pour souligner l’opulence de l’endroit, et l’attrait que les musulmans ressentent face à tant de richesses : le Coran lui fait fait une discrète mention au futur butin, pour attiser les motivations.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 770).

Quand je suis allé à la Mecque, j’ai vu à la passe d'al Bayda des gens des Quraysh essayant de récolter des nouvelles et demandant quel était la situation de l’apôtre parce qu’ils avaient su qu’il était parti pour Khaybar. Ils savaient que c’était la principale ville du Hedjaz, en fertilité, par ses fortifications, et sa population(...), Khaybar, qui était la ville des juifs et le jardin du Hedjaz.

Le butin promis.
(Corpus coranique d'Othman 48/18-20).

Allah a été satisfait des Croyants quand ils te prêtaient serment d’allégeance, sous l'arbre de Hodaybiyya.
Il a reconnu ce qui est en leurs cœurs.
Il a fait descendre sur eux la présence divine236 et les a gratifiés d'un proche succès et d'abondantes masses de butin qu'ils prendront.
Allah est puissant et sage.
Allah vous a promis des masses abondantes de butin que vous prendrez.
Il a hâté pour vous cette prise et il a détourné de vous les mains de ces gens237 .

Localisation de Khaybar.
(Abulfeda, Géographie 88).238

Khaybar est sur les limites du Hedjaz, dans le deuxième climat. C’est un lieu abondant en palmiers ; il est occupé par la tribu des Banu Anze. Khaybar dans le langage des juifs signifie “château”. Le lieu est situé au nord-est, par rapport à Médine, à la distance d’environ six marches.


(ibn Hauqal, Configuration de la Terre 32).239
Khaybar est une forteresse possédant beaucoup de palmeraies et de champs cultivés.


2. — L’attaque sur Khaybar.

L’opération est connue dans ses moindres détails. Comme Khaybar est un site difficile à prendre du fait de ses multiples fortifications, Muhammad tente d’enlever la place par surprise, groupant ses forces de nuit, et attaquant le matin, sans annonce préalable.240

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 755-7).
Après son retour de al Hudaybiyya, l’apôtre resta à Médine durant le mois de dhul Hijja et un partie de al muharram, les polythéistes supervisant le pèlerinage. Puis il marcha contre Khaybar. (...)
Quand l’apôtre allait piller un autre peuple, il attendait le matin. S‘il entendait une prière, il se retenait ; s’il ne l’entendait pas, il attaquait. Nous241 sommes allés à Khaybar de nuit, et l’apôtre passa la nuit là-bas ; et quand vint le matin, nous n’avons pas entendu l’appel à la prière, alors il chevaucha et nous avons chevauché avec lui et j’ai chevauché derrière Abu Talha et mon pied touchait le pied de l’apôtre. Nous avons rencontré les travailleurs de Khaybar qui sortaient de leurs maisons avec leurs pelles et leurs paniers. Quand ils virent l’apôtre et l’armée, ils s’écrièrent:
-Muhammad avec sa puissance!
Et ils se retournèrent et fuirent.
L’apôtre dit:
-Allah Akbar! Khaybar est détruite. Quand nous arrivons sur la place des gens, c’est un mauvais matin pour ceux qui ont été avertis! (...)
Quand l’apôtre marcha de Médine à Khaybar, il passa par le chemin de Isr, et une mosquée fut construite pour lui à cet endroit ; puis le chemin de al Sahba. Il avança ensuite avec l’armée jusq’à une vallée appelée al Raji, s’arrêtant entre les gens de Khaybar et les Ghatafan pour empêcher que ces derniers n’aident Khaybar, parce qu’ils étaient à leurs côtés contre l’apôtre.

(Bukhari, Sahih 52/ 193). 242
Quand l’apôtre d’Allah attaquait un peuple, il ne l’attaquait pas avant qu’il n’y ait l’aube... Nous avons atteint Khaybar le nuit.

(Muslim, Sahih 19/4437-4438)243 .
... le messager d’Allah a attaqué Khaybar... Quand il est entré dans la ville, il a dit:
-Allah est grand. Khaybar va subir la destruction!
Quand nous sommes descendus sur la place, (il a dit):
-C’est un mauvais jour pour ceux qui ont été avertis.
Les habitants sortaient justement de chez eux pour travailler. Ils dirent:
-Muhammad est arrivé!
Nous avons pris Khaybar par la force.
Nous avons rencontré les habitants au lever du soleil alors qu’ils sortaient avec leurs outils et guidaient leur bétail. Ils crièrent:
-Muhammad est arrivé avec sa troupe!
Le messager d’Allah a dit:
-Khaybar va subir la destruction... Allah, le glorieux et le majestueux, inflige-leur la défaite!

(Muslim, Sahih 32-3363).
Salama ibn Al Akwa a dit : Nous partîmes avec l'envoyé d'Allah pour Khaybar et nous voyageâmes de nuit. Un des nôtres, s'adressant à Amir ibn Al Akwa, lui dit :
- "Ne vas-tu pas nous faire entendre quelques-uns de tes vers?".
Celui qui était poète, se mit aussitôt à entonner les vers suivant (pour divertir ses compagnons et pousser les chameaux à poursuivre leur démarche) :
Seigneur, sans toi nous n'aurions pas été dirigés dans la bonne voie.
Nous n'aurions fait ni l'aumône ni la salâ 244 .
Pardonne-nous nos péchés, nous sommes prêts à sacrifier nos vies dans ton sentier.
Affermis nos pas à la rencontre de l'ennemi.
Fais naître en nous la sérénité.
Nous qui, quand on nous appelle dans ta voie,
nous accourons, pour te satisfaire ô Allah.

L'envoyé d'Allah demanda alors quel était le nom de l'improvisateur et comme on lui répondit que c'était il dit :
-"Qu'Allah lui fasse miséricorde!".
Un des nôtres dit alors :
-"Ô prophète, il sera donc martyr; si seulement vous ne deviez pas dire ces mots maintenant et qu'il aurait destiné à une vie plus longue!".
Le transmetteur ajoute : "Nous gagnâmes Khaybar que nous assiégeâmes si longtemps que nous souffrîmes de la famine. Puis, Allah nous rendit maîtres de l'endroit. Le soir du jour où nous entrâmes dans la ville, nous avions allumé de nombreux feux.
- "Pourquoi ces feux et pourquoi les avez-vous allumés?", demanda le prophète .
- "Pour faire rôtir de la viande", répondit-on.
- "Quelle viande?", demanda le prophète.
- "De la viande d'ânes domestiques".
- "Renversez les marmites et cassez-les", dit l'envoyé d'Allah .
- "Ô envoyé d'Allah, dit un homme, si nous renversions les marmites seulement et les rincions sans les casser?".
- "Eh bien, soit", dit le prophète.
Quand les troupes furent rangées en bataille, avait un sabre court; comme il s'en servait pour frapper un juif, la pointe de la lame du sabre revint en arrière et atteignit le genou de qui mourut de cette blessure.
- "Comme nous revenions de Khaybar, dit Salama, l'envoyé d'Allah, me voyant silencieux et chagriné, me demanda ce que j'avais".
- "Ô toi, pour qui je suis prêt à sacrifier la vie de mon père et celle de ma mère, est-il vrai, comme on le prétend, que perdra le fruit de son acte?".
- "Et qui a dit cela?", demanda le prophète.
Je lui répondis :
-"Untel, untel et 'Usayd ibn Hudayr Al Ansâri". - "Ceux qui ont dit cela, ont menti", répliqua l'envoyé d'Allah.
- "Il aura, ajouta-t-il en réunissant deux de ses doigts, une double récompense, car il a regroupé deux qualités : celle de quelqu'un qui a fait un grand effort pour satisfaire Allah et lui obéir et celle de celui qui combat dans la voie d'Allah, peu d'Arabes en auraient fait autant".


Résumé de la prise de Khaybar.
(Baladuri, Livre des conquêtes 23).
Le prophète envahit Khaybar dans l’année 7. Son peuple le contestait, l’agaçait et résistait aux musulmans. Alors le prophète les assiégea environ un mois. Ils capitulèrent en ces termes: que leur sang soit épargné, leurs enfants saufs, qu’ils évacuent leurs terres, que les musulmans prennent l’or245 , l’argent, les armes, sauf, ce qu’ils portaient sur eux, et qu’ils ne cachent rien au prophète.


3. — Le siège des forts de Khaybar.


Khaybar est un site complexe, réunissant plusieurs forteresses autonomes, ce qui rend sa prise difficile. Les musulmans de Muhammad font donc preuve d’énergie, de brutalité, mais aussi de patience et de méthode.

(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 253).

Khaybar était en la possession des juifs ; c'était la plus solide de leurs forteresses. Elle se composait de sept forts, de différentes grandeurs, entourés de plantations de dattiers. A deux parasanges de là demeuraient les Banu Ghatafan, alliés des juifs. Le prophète, ayant laissé comme son lieutenant à Médine Siba ibn Urfuta, vint mettre le siège devant Khaybar.
Les noms des sept forts étaient : Naym, Qamus ou fort des Abul Hoqayq, Katiba, appelé le fort de la Victoire, et ayant pour chef Sab ibn Moladh ; Shiqq, Natat, Watih et Solalim. Le prophète assiégea la forteresse pendant quinze jours. Les Banu Ghatafan, après avoir quitté leur campement pour venir au secours de Khaybar, craignant que le prophète n'envoyat une troupe contre leur tribu et ne fit enlever leurs femmes et leurs enfants, revinrent sur leurs pas.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 758).
L’apôtre s’empara de leurs biens morceaux par morceaux et conquis les forts un par un à mesure qu’il s’en approchait. Le premier à tomber fut le fort de Naym ; là, Mahmud246 ibn Maslama fut tué par une pierre de meule jetée sur lui ; puis al Qamus, le fort des Banu Abul Huqayq. L’apôtre prit des captives parmi lesquellles se trouvait Safiyya bint Huyayy ibn Akhtab, et qui avait été la femme de Kinana (...) et deux cousines. Il choisit Safiyya pour lui. Dihya ibn Khalifa al Kalbi avait demandé Safiyya à l’apôtre, et quand celui-ci la prit pour lui, il lui donna ses deux cousines en échange. Les femmes de Khaybar furent distribuées parmi les musulmans. Les musulmans mangeaient de la viande d’âne et l’apôtre se dressa et interdit aux gens un certain nombre de choses qu’il énuméra. (...)
... l’apôtre interdit quatre choses ce jour: les rapports sexuels avec des captives enceintes247 ; la viande d’ânes domestiques ; la viande d’animaux carnivores ; vendre le butin avant de l’avoir réparti.

Les forts de Khaybar.
(ibn Sad, Tabaqat II 132).
Il captura les forts un par un. Il y avait de nombreux forts bien défendus. L’un d’eux était al Natah, et les autres étaient le fort d’al Sab ibn Muadh, le fort de Naym, et le fort de Qalat al Zubayr. Dans une autre direction, il y avait d’autres forts. Parmi ceux-ci, le fort d’al Ubayy, le fort de al Nizar et il y avait les forts garnis de troupes, comme al Qumus, al Watih et Sulalim, qui était le fort des Banu Abu al Huqayq.

Chant de victoire sur la prise du fort de Natat.
(Ode de Jabal ibn Jawwal).248

Natat a été renversé par l'envoyé d’Allah,
il avait une armée brillante aux épaules et au dorse robustes.
L'Awsite devait bien s'attendre à être humilié
lorsqu'ils étaient une troupe où se trouvaient Aslam et Ghifaz.
Ils se rendirent dès l'aube auprès des fils de Amir ibn Zura,
et les habitants de Al Schikk furent, en plein jour, enveloppés de ténèbres.
Ils emportent les coqs et ne laissent dans le pays que les poules qui cessent de crier.
Chacun des châteaux-forts est assiégé par les cavaliers de Abd Aschbal et de Banu1 Najjar,
ou par les émigrés de la Mecque qui ne tournent jamais le dos à l'ennemi.
Je savais bien que Muhammad remporterait la victoire
et qu'il ne quitterait pas la région avant d'avoir abattu complètement ses ennemis.
En ce jour les Juifs s’enfuirent du champ de bataille
au milieu des nuages de poussière que soulevèrent les alliés.


Capture de moutons.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 762).

Nous étions avec l’apôtre un soir, à Khaybar, quand s’approchèrnt quelques moutons appartenant à un juif, allant vers le fort que nous assiégions. L’apôtre demanda que l’on aille prendre cette nouritture pour nous, et Abu Yasar fut volontaire. Il dit:
-Je vais courir comme une autruche, et quand l’apôtre que verra revenir, il dira: ô Allah, puissions-nous profiter encore longtemps de sa présence!
J’ai atteint le troupeau alors que le premier mouton entrait dans le fort, et j’ai pris les deux derniers, je les ai emportés sous les bras, les ramenant vite, comme si je ne portais rien, e tje les ai déposés devant l’apôtre. Ils furent tués et mangés.

Les cris d’une femme de Khaybar.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 763).

Quand l’apôtre a conquis al Qamus, le fort des Banu Abul Huqayq bint Huyayy ibn Akhtab fut amenée devant lui avec une autre femme. Bilal qui les amenait les fit passer par l’endroit où les juifs avaient été massacrés ; et quand la femme qui était avec Safiya les découvrit, elle hurla, se gifla la figure et jeta de la poussière sur son visage. L’apôtre vit cela et il dit:
-Eloigne cette diablesse de moi!


4. — Désagréments pour les musulmans.

Les opérations militaires se passent mal pour les musulmans. Les juifs se défendent bien et la géographie complexe de l’oasis perturbe les assaillants. Plutôt que de détailler les échecs successifs, les textes tentent d’attirer l’attention sur les malaises psychosomatiques des chefs : Muhammad souffre d’une migraine, et Ali d’une ophtalmie, qui expliqueraient à elles seules la lenteur du siège.

La migraine de Muhammad.
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 253).

Le prophète souffrait d'une migraine. Chaque fois qu'il était pris de ce mal, il restait trois ou quatre jours sans sortir. Ali, de son côté, souffrant d'un mal d'yeux, était aussi retenu dans sa tente. Le prophète fit appeler Abu Bakr, lui remit le drapeau du commandement et lui ordonna de conduire les musulmans au combat. Abu Bakr partit et tenta un assaut contre le fort extérieur. Une pierre de meule, qui fut jetée du haut du mur, tua le frère de Muhammad ibn Maslama. Abu Bakr revint à la fin du jour, sans avoir obtenu aucun avantage. Le lendemain, le prophète remit l'étendard à Omar ibn Khattab, qui combattit également sans succès, toute la journée. Le prophète dit :
- Je remettrai l'étendard à un homme qui aime Allah et son prophète et qui en est aimé ; il le tiendra vaillamment249 .
Alors tous les Quraysh et les principaux d'entre les musulmans désiraient vivement obtenir l'étendard. Le prophète dit:
-Où est Ali ibn Abu Talib? On lui répondit qu'il était dans sa tente, et qu'il avait mal aux yeux.
Le prophète l'envoya chercher, lui ouvrit les yeux et soufra dedans ; Ali fut guéri et put ouvrir les yeux. Le prophète lui remit l'étendard et le fit partir pour attaquer Khaybar.

L’ophthalmie d’Ali.
(Bukhari, Sahih 56/113).

Le prophète a dit, le jour de Khaybar:
-Demain, je confierai le drapeau à un homme par la main duquel nous sera donnée la victoire ; celui-là, il aime Allah et son envoyé ; il est aimé d'eux250. Les musulmans passèrent la nuit se demandant lequel d'entre eux recevrait le drapeau ; et, au matin suivant, chacun espéra pour lui l'accomplissement de la promesse du prophète. Celui-ci demanda alors où était Ali :
- Il souffre des yeux, lui répondit-on.
Alors le prophète lui cracha sur les yeux, en invoquant pour lui la grâce divine251 ; et Ali fut guéri complètement, comme s'il n'eut jamais été malade. Après quoi, le prophète lui remit le drapeau :
-Je combattrai l'ennemi, s'écria alors Ali, jusqu'à ce qu'il prenne la même religion que nous!
-Va-t'en tranquillement, lui répondit le prophète, jusqu’au-devant de leurs demeures ; et là appelle-les à l'islam, et informe-les des obligations qui leur incombent. Par Allah! qu’Allah te fasse le guide d'un seul homme dans la bonne voie, cela vaut mieux pour toi que les troupeaux de chamelles brunes!

Guérison par la salive.
(ibn Sad, Tabaqat II 139).
Je252 l’ai amené auprès de lui parce qu’il souffrait d’ophtalmie. L’apôtre d'Allah mit de sa salive sur ses yeux et il lui tendit l’étendard. Alors, Marhab sortit en brandissant son sabre et dit:
Khaybar sait que je suis Marhab,
connu pour son habilité aux armes et guerrier expérimenté,
Quand il est face à face au combat, il devient la flamme d’un feu.



5. — Les combats.


Ils sont complexes, sans doute, et peu glorieux, certainement . On insiste alors sur un duel héroïque où Ali, pour une fois, est en première ligne dans le spectacle guerrier, dans la grande tradition du grand guerrier musulman, à l’image d’Hamza.
La liste des victimes est impressionnante, dans les deux camps.


Duel à Khaybar.253
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 254).

Le premier qui se présenta à Ali fut l'un des chefs de Khaybar, nornmé Marhab. Il sortit de la forteresse et défia Ali, en chantant:
Je suis connu dans Khaybar : je suis Mar'hab, armé d'armes
tranchantes, héros éprouvé.


Ali répliqua:
Je suis celui que sa mère a nommé lion254 . Je vais vous mesurer
avec la grande mesure.


Marlhab attaqua le premier, et d'un coup de sabre il fendit en deux le bouclier d’Ali, sans que celui-ci fut atteint. Ensuite Ali frappa son adversaire et lui coupa une jambe ; d'un second coup il le tua. Muhammad ibn Jarir, dans cet ouvrage, rapporte que Marlhab fut tué par Muhammad ibn Maslama, après que Zubayr ibn Awwam, lui eut coupé la jambe ; car, dit-il, Ali, souffrant des yeux, n'était pas venu au combat. Mais cette version est inexacte ; la vérité est que Marhab fut tué par Ali. Dans un autre récit, il est dit que ce fort extérieur était muni d'une porte de fer d'une seule pièce, qui ne pouvait être ouverte qu'à l'aide de quatre hommes. Ali, saisissant l'anneau, ébranla la porte, et, assisté par Gabriel, il parvint à l'arracher. (...) ; l'histoire de la porte y est rapportée ainsi:
Lorsque Marhab eut tendu en deux morceaux le bouclier d’Ali, celui-ci, voyant à l'entrée du fort une porte jetée par terre, s'en empara, la prit dans sa main gauche et s'en servit, en combattant, en guise de bouclier ; et le soir, en cessant la lutte, il la rejeta et s'en retourna. Les compagnons, au nombre de sept, qui étaient avec Ali dirent:
-Nous nous étions approchés tous ensemble pour prendre cette porte ; nous ne pouvions pas la remuer.

Le souvenir d’un combat de Khaybar.
(C. M. Doughty, Voyages dans l’Arabie Déserte, p. 858).255
Nous traversâmes un cimetière au sol de terreau volcanique, meuble et noir, couvert de dépôts de sel. Les sordides tombes sont signalées par des stèles, de basalte brut. Cette terre funéraire est crevassée et spectrale, faisant des bosses sur les cadavres enfouis dans son, sein, comme au printemps le sol d'un jardin que soulève la montée de la végétation nouvelle. Tout est horreur à Kheybar. Il n'y a rien qui ne remplisse de malaise les yeux de l'étranger.
-Regarde, dit~il, c’est la source de notre Seigneur Ali !
Je vis une fontaine d'eau tiède d'où sortait un ruisseau.
-C'est ici que notre Seigneur Ali [l'époux de Fatima] a tué Marhab, en lui coupant la tête, la lame de son épée a pourfendu jusqu'en terre le rocher que tu vois là. Puis nous passâmes par derrière.
-Et ici, dit-il, c'est la mesjid256 d'Ali. [déjà mentionnée]. C'est un modeste édifice en assises de blocs de basalte brut ; il est certainement ancien. C'est ici aussi que dans la journée le cheikh de la religion enseigne leurs lettres aux enfants du village.


Accident, suicide257 ?
(Muslim, Sahih 19/ 4441).

Le jour de la bataille de Khaybar, mon frère combattit avec force du côté du prophète. Son propre sabre a rebondi et l’a tué. Les compagnons du messager d’Allah ont parlé de sa mort et doutaient qu’il soit considéré comme martyr. Ils disaient:
-C’est un homme tué par sa propre arme...
(...)
Le messager d’Allah a dit258 :
-Il est mort comme un dévôt d’Allah et comme un guerrier.

(Bukhari, Sahih 64/38, 8).
D'après Sahl ibn Sad as Saydi, l'envoyé d'Allah eut une rencontre avec les polythéistes, et le combat s'engagea. Quand (le combat terminé) le prophète se retira avec ses troupes, tandis que l'ennemi se retirait également de son côté, un homme d'entre les compagnons de l'envoyé d'Allah ne voulut pas laisser aux Juifs ni trêve ni repos, et continua à les frapper de son sabre. On dit alors:
-Pas un de nous aujourd'hui n'a mérité la récompense qu'a méritée un tel.
-Pourtant, dit le prophète, cet homme ira en enfer.
- Moi, s'écria un des fidèles, je veux faire comme cet homme.
Et il l'accompagna, s'arrétant quand l'autre s'arrêtait, courant quand l’autre courait. Le premier, ayant reçu une grave blessure, hâta sa mort en placant la poignée de son sabre sur le sol et en mettant la pointe entre ses deux seins, et en s’enferrant lui-même en sorte que sa mort s'ensuivit. L'autre homme revint alors vers l’ envoyé d'Allah et lui dit:
-Je témoigne que tu es l’envoyé d'Allah.
-Pourquoi cette déclaration? demanda le prophète.
-Parce que, répondit l'homme, tu avais dit auparavant que cet homme irait en enfer.
Or ces paroles avaient fait impression sur les fidèles, et alors je me suis dit que j'irais m'assurer en leur nom de ce qui arriverait.
-Je suis donc sorti à la suite de cet homme et j'ai constaté qu'il avait recu une grave blessure, qu'il avait hâté sa mort en plaçant la poignée de son sabre sur le sol, en mettant la pointe entre ses deux seins et en s'enferrant lui-même en sorte que sa mort s'ensuivit. En entendant cela, l'envoyé d'Allah dit:
-Il y a des gens qui, aux yeux de la foule, font des actes qui méritent le paradis, alors qu'en réalité ils iront en enfer, de même qu'il y a des gens qui font des actes qui méritent l'enfer, alors, qu'en réalité ils iront dans le paradis.

(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 257).
On avait combattu pendant trois jours sans résultat. Alors les habitants des deux forts demandèrent à capituler. Ils voulaient que le prophète leur accordât la vie sauve et se contentat de prendre leurs biens, et qu'il les laissat demeurer dans le pays, et conserver la religion juive, sans leur demander de capitation ; ils abandonneraient au prophète leurs plantations de dattiers, qu'ils continueraient de cultiver ; et, chaque année, au moment de la récolte, il viendrait prendre la moitié des fruits, en leur laissant l'autre moitié. Le prophète fit part de ces propositions à ses compagnons. Tous, Muhajirun et Ansar, les trouvèrent acceptables ; ils dirent :
-Nous aurons ainsi leurs biens et nous posséderons leurs plantations, et ils seront nos fermiers. Ces arbres, s'ils restaient sans propriétaires, se dessâcheraient, comme il est arrivé de ceux des Banu Nadir. Ne leur imposons pas de tribut, puisqu’ils sont nos fermiers.
Le prophète consentit, et accorda aux juifs ces conditions, en leur disant :
-Je veux, quand je le jugerai à propos, ou si j'aperçois de votre part quelque acte de trahison, pouvoir vous expulser.
Les juifs y consentirent. Ensuite il fit écrire par Ali le traité, et le leur remit. En conséquence, ils cultivaient chaque année les plantations de dattiers. Lorsque les arbres étaient en fleur, le prophète envoyait une personne, pour évaluer le rendement et pour en prendre note ; et, au moment de la récolte, il recevait la moitié des fruits, qu'il distribuait entre les musulmans, et il laissait l'autre moitié aux juifs. Cette manière de procéder est l'origine de la coutume adoptée par les souverains de faire évaluer le rendement du froment.
Le prophète partagea entre les musulmans les biens de Khaybar, et ne se réserva à lui-même que Safiya, à laquelle il donna la liberté et qu'il épousa, après qu'elle eut embrassé l'islamisme. En voyant son visage, il aperçut sur le côté gauche, au-dessous de l'oeil,une tache noire, et il lui demanda ce que c'était. Safiya lui dit :
-Le jour où votre armée vint assiéger Khaybar, je fis un rêve. Il me sembla que la lune se détachait du ciel et venait tomber dans mon sein. Je racontai ce rêve à mon mari Kinana, qui me dit :
-Toi aussi, tu désires ce Muhammad, ce roi du Hedjaz? et il me donna un soufflet, qui a laissé cette trace.
Le prophète renvoya l'armée à Médine ; lui-même n'y retourna pas ; il partit pour la forteresse de Fadak.

Les victimes de Muhammad à Khaybar.
(ibn Sad, Tabaqat II 132-3).
Il s’empara du trésor de la famille d’Abu al Huqayq, qu’ils avaient caché dans une peau de chameau et mit dans un endroit désert.
Il a tué 93 juifs parmi lesquels Abu Zaynab al Harith, Marhab, Usayr, Yasir, Amir, Kinana ibn Abu al Huqayq et son frère. Nous les avons mentionnés seulement du fait de leurs hautes situations.

Les musulmans tués à Khaybar.
(ibn Sad, Tabaqat II 133).
Parmi les compagnons du prophète qui furent tués à Khaybar, il y avait: Rabiah ibn Aktham, Thaqf ibn Amir, Rifaa ibn Masruh, un allié des Banu Asad ibn Abd al Uzza, Mahmud ibn Maslama, Abu Dayyah ibn al Numan, un participant à Badr, al Harith ibn Hatib, un participant à Badr, Adi ibn Murrah, Aws ibn Habib, Unayf ibn Wayl, Masud ibn Sad, Bishr ibn al Bara, qui est mort en mangeant une chèvre empoisonnée, Fudayl ibn al Numan, Amir ibn al Akwa, qui commit un suicide259 et fut enterré avec Mahmud ibn Maslama dans le même trou, à al Raji de Khaybar, Umarah ibn Abbad ibn Mulayl, Yasar, un esclave noir, et quelqu’un de la tribu Ashja.
Ils étaient quinze en tout.


6. — Crimes de guerre.

La reddition de Khaybar est l’occasion de quelques crimes : Muhammad règle ses comptes et surtout ordonne la torture d’un des chefs de clan juif, pour lui prendre sa fortune. L’épisode, trop peu glorieux, est oublié de la littérature contemporaine.

La torture du juif Kinana.
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 256).

Ali prit d'assaut le premier fort, tua le commandant, et fit prisonnier Kinana ibn al Hoqayq. Kinana était le chef des Banu Nadir260. Après la prise de la forteresse de sa tribu, il était venu à Khaybar. Il avait pour femme Safiyya bint Hoyayy ibnAkhtab, ce chef des Nadir qui, en quittant sa ville, était venu dans la forteresse des Qurayza, qui avait été l'instigateur du grand rassemblement de troupes des Qurayza, des Ghatafan et des autres Arabes pour la guerre du Fossé, et qui, après la dispersion de cette armée, était allé se renfermer avec les Banu Qurayza dans leur forteresse, où le prophète alla les attaquer. Kinana et sa femme Saliya, qui, en quittant le territoire des Banu Nadir, étaient venus à Khaybar, tombèrent entre les mains d’Ali, qui les envoya, sous l'escorte de Bilal, auprès du prophète. Celui-ci, en voyant Safiyya, fut frappé de sa beauté ; il la couvrit de son manteau et la fit asseoir derrière lui. Ses compagnons reconnurent ainsi qu'il la choisissait pour lui-même. Quant à Kinana, il le fit garder avec les autres prisonniers.
Quand les trois premiers forts furent tombés sous les efforts d’Ali, les garnisons du quatrième et du cinquième demandèrent à capituler aux mêmes conditions qu'on avait accordées aux Banu Nadir, à savoir qu'ils pourraient quitter leur territoire en abandonnant leurs biens, et se rendre en Syrie. Le prophète y consentit, et ils partirent. Il restait à prendre le sixième et le septième fort, qui étaient plus solides que les autres et renfermaient des biens considérables. Mais la nuit approchait, et Ali retourna au camp. Le lendemain, toute l'armée vint assaillir les portes de ces forts sans réussir à les ouvrir.
Or un homme vint dénoncer Kinana ibn Huqayq, comme sachant où étaient déposés les trésors des Banu Nadir. Le prophète fit venir Kinana, qui refusa d'avouer, résistant à toute persuasion. On le fit jurer sur l'âme de son père, mais il n'avoua pas. Alors un autre d'entre les prisonniers juifs vint faire la déclaration suivante :
-A tel endroit, près de la porte du fort, il y a un lieu isolé, autour duquel j'ai vu rôder Kinana, chaque matin.
Le prophète, ayant fait appeler Kinana et l'ayant interrogé en vain, lui dit:
-Si je fais fouiller en cet endroit et que je trouve les trésors, je te ferai mettre à mort.
-C'est bien, répliqua Kinana.
On fit des fouilles et l'on découvrit une partie des trésors. Kinana refusant de dire où était le reste, le prophète fit venir Zubayr ibn al Awwam, et lui dit :
-Mets-le à la question, jusqu'à ce qu'il avoue ou qu'il meure.
Zubayr lui lia les mains et les pieds, l'étendit par terre, et lui mit sur le visage et sur la barbe de l'amidon enflammé, qui lui brûla la peau. Kinana n'avouait pas, Zubayr, voyant que Kinana était près de mourir, vint avertir le prophète. Celui-ci lui dit de le livrer à Muhammad ibn Maslama, pour qu'il le fit mourir, en revanche de la mort de son frère Mahmud261, qui avait été tué à la porte du premier fort.
Muhammad ibn Maslama saisit Kinana et le tua.

La torture du juif Kinana.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 764-5).

Kinana ibn al Rabi262, qui était le gardien du trésor des Banu al Nadir, fut amené devant l’apôtre qui l’interrogea à ce sujet. Il nia savoir où il était. Un juif arriva devant l’apôtre et dit qu’il avait vu Kinana autour d’une ruine chaque matin très tôt. L’apôtre demanda à Kinana:
-Sais-tu que si nous découvrons que tu l’as caché, nous te tuerons?
Il répondit que oui.
L’apôtre donna des ordres pour que la ruine fut fouillée et le trésor fut trouvé.
On l’interrogea alors sur le reste du trésor mais il refusa de le livrer, alors l’apôtre ordonna à al Zubayr ibn al Awwan:
-Torture-le jusqu’à ce qu’il livre ce qu’il a.
Alors il alluma un feu avec un silex et lui brûla la poitrine jusqu’à ce qu’il soit presque mort. Alors l’apôtre le livra à Muhammad ibn Maslama qui lui trancha la tête, pour venger son frère Mahmud.

(ibn Sad, Tabaqat II 139-40).
Kinana et al Rabi furent amenés devant lui. Kinana était l’époux de Safiyyah et al Rabi son cousin et le fils de son oncle.
L’apôtre d'Allah leur dit:
-Où sont les objets que vous prêtiez aux Mecquois?
Ils dirent:
-Nous avons dû fuir d’ici à là, nous installant puis quittant ses endroits, de telle façon qu’il ne nous est rien resté.
Il leur dit:
-Si vous m’avez caché quelque chose et que je viens à l’apprendre, il sera permis pour moi de verser votre sang et d’asservir vos enfants.
Ils dirent leur accord.
Alors il appela quelqu’un des ansar et dit:
-Va là et là, dirige toi vers un bois de palmier, regarde les palmiers à ta gauche et à ta droite, puis le plus grand palmier et rapporte ce qui est dedans.
Il est parti et a ramené les objets précieux auprès de lui.
Donc, il ordonna que leurs têtes soient tranchées et qu’on asservisse leurs enfants.
Il envoya un homme pour chercher Saffiya qui passa par l’endroit où ils avaient été exécutés.
-Pourquoi as tu fait cela? demanda l’apôtre d'Allah.
Il répondit:
-Je voulais la rendre furieuse.
Alors il en confia la garde à Bilal263 et à un homme des ansar.

Législation sur la recherche des richesses.
(ibn Taimiya, Traité de droit 20).

Bukhari rapporte dans son sahih, d'après ibn Umar, que le prophète, après avoir conclu, avec les juifs de Khaybar une convention aux termes de laquelle ils s'eiigagaient à verser leur argent, leur or et leurs armes, demanda à un Juif nommé Saya, qui était l'oncle de Huyaiy ibn Abtah, des renseignements sur le trésor de son neveu:
-Ce trésor, répondit Saya, a disparu dans diverses dépenses et dans les guerres.
-En si peu de temps! fit remarquer le prophète.
C'était cependant un bien gros trésor.
Muhammad confia alors Saya à Zubayr ; soumis par celui-ci à quelques tortures, Saya finit par avouer:
-J'ai vu Huyaiy rôder dans telle ruine, qui se trouve en tel endroit.
On s'y rendit et, après quelques recherches, ou découvrit des cachettes creusées dans cette ruine.
-Cet homme, en tant que juif, était un de nos protégés, et l'on sait qu'il n'est pas permis de traiter injustement un protégé ; mais un homme qui cache ce qu'il est tenu de déclarer doit être puni pour avoir failli à son devoir.

L’exécution des fils de Kinana.
(Baladuri, Livre des conquêtes 27).

A eux, le prophète dit:
-Je suis conscient de la haîne que vous avez contre Allah et son prophète, mais cela ne m’empêche pas de vous accorder ce que j’ai accordé à vos compagnons. Cependant, vous avez promis que si vous me cachiez quelque chose, verser votre sang me sera permis. Qu’est devenue votre vaisselle?
Ils répondirent:
-Elle a été perdue pendant le combat.
Le prophète donna des ordres à ses compagnons d’aller où était enterrée la vaisselle. La vaisselle fut déterrée, et le prophète leur trancha la tête.

Muhammad et la famille de Safiya.264
(Baladuri, Livre des conquêtes 24).
La recherche fut faite dans l’endroit désert, et le fut fut découvert. Le prophète, ensuite, mit les deux fils d’Abul Hukayk à mort, et l’un était l’époux de Safiyahh bint Huyay ibn Akhtab. De plus, il captura leurs enfants et leurs femmes, et divisa leurs biens, à cause de leur malhonnêteté. (...)
Safiyah ajouta:
-De tous les hommes, le prophète est celui que je déteste le plus, parce qu’il a tué mon époux, mon père, mon frère.

Autres exécutions.
(Baladuri, Livre des conquêtes 27).

...dans un fort de Khaybar, il y avait une famille fortement opposée au prophète... Le prophète leur trancha la tête.



8. — La thèse de l’attentat juif.

Cette invention permet de rejeter une faute imaginaire sur les populations juives, déjà déicides aux yeux de nombreux chrétiens, et prophéticides éternels si l’on suit le Coran et ici la Tradition Islamique. Cela assure aussi à Muhammad le prestige ultime du martyre et à des générations de musulmans d’accabler de reproches imaginaires les juifs qu’ils rencontrent.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 764-5).

L’apôtre se reposa et Zeynep bint al Arith, femme de Sallam ibn Mishkam lui prépara un rôti d’agneau, ayant demandé auparavant quelle partie il préférait. Quand elle sut que c’était l’épaule ; elle y mit une grande quantité de poison et empoisonna aussi l’agneau entier. Elle l’apporta et le plaça devant lui. Il prit l’épaule et en mâcha un morceau, mais ne l’avala pas. Bishr ibn al Bara (...) qui était avec lui en prit aussi, mais il l’avala, tandis que l’apôtre le recrachait, en disant:
-Cet os me dit que c’est empoisonné.
Il fit appeler la femme, qui avoua et quand on lui demanda pourquoi elle l’avait fait, elle dit:
-Tu sais ce que tu as fait à mon peuple.
Je me suis dit:
-S’il est un roi, je m’en sortira, mais s’il est un prophète, il en sera averti.
Alors l’apôtre la laissa partir. Bishr est mort de ce qu’il avait mangé.
(...) L’apôtre a dit durant la maladie dont il devait mourir, quand Umm Bisr bint al Bara est venue lui rendre visite:
-Ô Umm Bishr, c’est à ce moment que je ressens une souffrance mortelle à cause de ce que j’ai mangé à Khaybar avec ton frère.
Les musulmans considèrent que l’apôtre est mort en martyr en plus de sa fonction prophétique dont Allah l’a honoré.265

Le poison de Khaybar.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 197).
Une juive lui apporta un agneau grillé. L’apôtre d'Allah et ses compagnons le mangèrent. L’agneau dit:
-Il y a du poison en moi.
Il dit alors à ses compagnons:
-Repoussez vos mains, il m’a informé qu’il avait du poison en lui!
(...)
Bishr ibn al Bara mourut. L’apôtre d'Allah fit venir la juive et lui dit:
-Qui t’a donné l’idée de faire cela?
Elle dit:
-Je voulais savoir si tu étais un vrai prophète parce que dans ce cas, cela ne t’aurait pas touché. Et si tu avais été un roi, j’aurai soulagé ton peuple.
(...)
Il donna un ordre et elle fut exécutée.266

Muhammad martyr des juifs.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 258).

Voilà le récit de cet événement, tel qu'il est donné par Muhammad fils de Djarir. Dans le livre des guerres sacrées, il est rapporté différemment. La version exacte est celle-ci : Lorsque le prophète eut porté le morceau à sa bouche, Allah donna à la brebis rôtie la parole, et elle dit:
- Ne mange pas ma chair, car je suis empoisonnée.
Ce fut là un des grands miracles de la mission prophétique de Muhammad. Gabriel vint et lui dit :
-Rejette ce morceau de ta bouche.
Suivant une autre tradition, il aurait dit:
-Ô Muhammad, avale ce morceau en prononçant ces paroles: “Au nom d'Allah, par la vertu duquel rien, ni sur la terre, ni dans le ciel, ne devient nuisible. Il est celui qui entend et sait. Tes ennemis sauront alors qu'ils ne, peuvent pas t'atteindre.”
Le prophète mangea le morceau ; le poison fut absorbé par son corps et il n'en éprouva aucun mal. Mais, dans la suite, chaque année à la même époque, le poison se faisait sentir dans son corps, et à la fin il en mourut et fut ainsi martyr (car ceux qui meurent par le poison sont aussi martyr) ; Allah avait voulu lui accorder de cette façon la gloire du martyre.267
Le prophète a dit :
-Le morceau que j'ai mangé à Khaybar se fait sentir dans mon corps, chaque année, à la même époque.
Lorsque sa mort approchait, il dit :
- Maintenant il va me rompre la grande artère et il me fera mourir.
Le prophète dit ces paroles dans l'année où il mourut. Il avait pris ce poison aux portes de Fadak ; il dit “morceau de Khaybar” parce que le traité de Fadak avait été conclu non loin de Khaybar, et qu'il n'était pas encore revenu de Khaybar à Médine.
Allah seul connait la vérité.

9. — Les repas de Khaybar.

D’une manière plutôt anecdotique, le siège de Khaybar est l’occasion de raffiner encore la législation alimentaire imposée par Muhammad.

(Bukhari, Sahih 4/ 51,1).
Sowayd ibn an Numan rapporte qu'il partit avec l'envoyé de Allah, l'année de Khaybar268 .
-Arrivés à as Sahba, ajoute-il, la localité la plus proche de Khaybar, le prophète fit la prière de l'après-midi ; puis demanda des vivres ; or comme on n'avait apporté que du sawiq269 , il donna l'ordre de le mouiller d'eau, et cela fait, il en mangea. Nous mangeâmes nous-mêmes ensuite, puis l'envoyé d'Allah fit la prière du coucher du soleil. Il s'était contenté de se rincer la bouche sans faire ses ablutions et nous fîmes comme lui.

(Dawud, Hadith 14, 2698).

Avez-vous mis de côté le cinquième de la nourriture du temps de l’apôtre d’Allah?
Il répondit:
-Le jour de Khaybar, nous avons mis la main sur toute la nourriture, et un homme pouvait emporter autant de nourriture qu’il voulait et pouvait partir.

(Bukhari, Sahih 12/ 812)270 .
Le jour de la sainte bataille de Khaybar, l’apôtre d’Allah a dit:
-Celui qui mange de cette plante (l’ail) ne doit pas entrer dans notre mosquée.

(Bukhari, Sahih 59/ 526)271 .
Le jour de Khaybar, l’apôtre d’Allah a interdit la consommation d’ail et d’ânes272.

(Bukhari, Sahih 59/ 535)273 .
Durant l’expédition de Khaybar, le prophète nous a ordonné de jeter la viande d’âne qu’elle soit crue ou cuite. Il ne nous a pas permis d’en manger plus tard.


10. — Le butin de Khaybar.


Il est connu de façon extraordinairement détaillé, notamment par une longue liste qui répertorie tous les bénéfiaires des prises, un très beau document historique. Il consiste en bien et en captifs, et surtout captives, que les musulmans entendent bien se partager. Il y a bien peu de charité dans tout cela.274

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 772).

...Muhammad a conquis Khaybar et a épousé la fille de leur roi. Il s’est emparé de tout ce qu’ils possédaient et c’est maintenant la propriété de lui et de ses compagnons.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 773-4).

Le butin de Khaybar fut divisé, al Shaqq et Nata tombèrent entre les mains des musulmans, et al Katiba275 fut divisé en cinq part: le quint d’Allah, la part du prophète, la part des familles, des enfants et des pauvres, la part pour le train de vie des femmes du prophète, et la part des hommes yant été intermédiaires dans les négociations avec Fadak. A Muhayyisa, qui avait été un de ces hommes, l’apôtre donna trente chargements de blé et trente de dattes. Khaybar fut distribuée aux hommes d’al Hudaybiyya qu’ils aient été ou non à Khaybar. Seulk Jabir ibn Abdallah (..) était absent, et l’apôtre lui donna la même part que pour les autres.Ses deux vallées, al Surayr et Khass, constituent le territoire de khaybar qui fut divisé. Nata et al Shaqq formèrent 18 parts, 5 pour Nata et 13 pour al Shaqq. Les deux endroits furent divisés en 1800 parts.

Disputes autour du butin.
(Bukhari, Sahih 4/52, 80).

Je suis allé voir l’apôtre d’Allah quand il était à Khaybar après sa prise par les musulmans. J’ai dit:
-Ô apôtre d’Allah! Donne moi une part de la terre de Khaybar!
Un des fils de Sayd ibn Al As a dit:
-Ô apôtre d’Allah, ne lui donne pas de part!

Le décompte des parts.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 775-6).276

Le décompte total des parts des compagnons parmi lesquels fut divisé Khaybar est de 1800 avec partage entre fantassins et cavaliers: 1400 hommes et 200 chevaux ; chaque cheval recevant deux parts, le cavalier une ; chaque fantassin une. Il y avait un chef pour chaque groupe de répartition de 100 hommes, soit 18 groupes.

Les chefs étaient Ali ; al Zubayr ibn al Awwam ; Talha ibn Ubaydullah ; Omar ; Abdul Rahman ; Asim ibn Adiy ; Usayd ibn Haudayr. Puis la part de Harith ibn al Khazraj ; puis la part de Na'im ; puis la part des Banu Bayada, des Banu Ubayd, des Banu Haram des Banu Salima, et Ubayd “des portions” pour les Sayda, Ghifar et Aslam, al Najjar, Haritha, et Aws.
Le premier lot à Nata alla à al Zubayr, de son nom al Khaw, et al Surayr le suivit ; le second lot aux Banu Bayada ; le troisième aux Usayd ; le quatrième aux Banu al Harith ; le cinquième à Naym aux Banu Awf ibn al Khazraj et aux Muzayna et à leurs associés. C’est là que Mahmud ibn Maslama fut tué.
C’est ainsi pour Nata.

Ils sont ensuite allés à al Shaqq: Le premier lot échut à Asim ibn Adiy frère des Banu al Ajlan et avec eux, la part de l’apôtre ; puis les parts de Abdul Rahman, Sayda, al Najjar, Ali, Talha, Ghifar et Aslam, Umar, Salama ibn Ubayd et les Banu Haram, Haritha, Ubayd “des portions” ; puis la part des Aws qui était la part de al Lafif à laquelle celle de Juhayna et des autres Arabes qui avaient été à Khaybar étaient jointes ; de l’autre côté, il y avait la part de l’apôtre, qu’il mit avec la part de Ashim.

Ensuite, l’apôtre distribua al Katiba qui est dans le Wadi Khass entre ses parents et ses femmes et l’autre aux hommes et aux femmes. Il donna à sa fille Fatima 200 unités ; Ali 100 ; Usama ibn Zayd 200 and 50 unités de dates ; Aïsha 200 ; Abu Bakr 100 ; Aqil ibn Abu Talib 140 ; les Banu Jafar 50 ; Rabia ibn al Harith 100 ; al Salt ibn Makrama et ses deux fils 100, 40 dont pour al Salt ; Abu Nabiqa 50 ; Rukana ibn Abdu Yazid 50 ; Qays ibn Makhrama 30 ; son frère Abul Qasim 40 ; les filles de Ubayda ibn al Harith et la fille de al Husayn ibn al Harith 100 ; les Banu Ubayd ibn Abdu Yazid 60 ; ibn Aus ibn Makhrama 30 ; Mistah ibn Uthatha et ibn Ilyas 50 ; Umm Rumaytha 40 ; Nuaym ibn Hind 30 ; Buhayna bint al Harith 30 ; Ujayr ibn Abdu Yazid 30 ; Umm Hakim bint al Zubayr ibn Abdul Muttalib 30 ; Jumana bint Abu Talib 30 ; al Arqam 50 ; Abdul Rahman ibn Abu Bakr 40 ; Hamna bint Jahsh 30 ; Ummul Zubayr 40 ; Dubaa bint al Zubayr 40 ; Abu Khunaysh 30 ; Umm Talib 40 ; Abu Basra 20 ; Numayla al Kalbi 5o ; Abdullah ibn Wahb et ses deux filles 90 dont 4o pour ses deux fils. Umm Habib bint Jahsh 30 ; Malku ibn Abda 30 ; et à ses propres femmes277, 700.

L’esclave malhonnête.278
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 465).

Nous avons quitté Khaybar pour aller à Wadil Qura avec l’apôtre et nous nous sommes arrêtés dans la soirée quand le soleil se couchait. L’apôtre avait un esclave que Rifaa ibn Zayd (...) lui avait donné. Il se trouvait en bas de la selle de l’apôtre quand une flèche perdue le frappa. Nous lui avons souhaité l’entrée au paradis, mais l’apôtre dit:
-Certainement pas! Son manteau brûle sur lui en enfer, en ce moment: il a volé en cachette des choses dans le butin des musulmans à Khaybar.

(Baladuri, Livre des conquêtes 34).
-Cet esclave (...) a subi le martyre.
Ce à quoi le prophète est exclamé:
-Non! Il est plutôt tiré vers le feu dans le manteau qu’il a illégalement pris dans le butin.

(Malik, Muwatta 21/13, 25).279
Rifaa ibn Zayd présentat un enfant esclave noir au messager d’Allah, dont le nom était Midam. Le messager d’Allah partit pour Wadil Qura, et quand il arriva, Midam défit la selle du chameau du messager d’Allah quand une flèche le frappa et le tua. Les gens dirent:
-Bonne chance à lui! Le jardin!280
-Le messager d’Allah dit:
-Non! Par celui qui me tient dans sa main! La vêtement qu’il a dérobé du butin de Khaybar que nous avons distribué brûlera avec lui en enfer...

La part des femmes de Muhammad: un document officiel.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 776).

Au nom d’Allah le clément, le miséricordieux,
Mémoire dans lequel Muhammad l’apôtre d’Allah a donné à ses femmes du blé de Khaybar. il leur a distribué 180 parts. Il a donné à sa fille Fatima 85, Usama ibn Zayd281 40, al Miqdad ibn al Aswad 15, Umm Rumaytha 5.
Othman ibn Affan était témoin et Abbas a écrit le document.

La récompense des femmes musulmanes.
(Dawud, Hadith 14/ 2723).

... d’après le témoignage de sa grand-mère, qui est partie avec l’apôtre d’Allah à la bataille de Khaybar. Elles étaient six, elle incluse.
(...)
il dit:
-Avec qui êtes-vous sortie? Qui vous a donné la permission de sortir?
Nous avons dit:
-Apôtre d’Allah, nous devons sortir pour nous filer la laine, par laquelle nous fournissons de l’aide dans la cause d’Allah. Nous avons des médicaments pour les blessés, nous donnons des flèches aux combattants, nous leurs donnons à des boissons faites avec de l’orge et du blé.
Il dit:
-Levez-vous.
Quand Allah offrit la victoire à Khaybar, il nous alloua des parts dans le butin qu’il avait alloué à ses hommes.
(J’ai demandé)
-En quoi consistait ces parts, grand-mère?
-C’étaient des dattes.

(ibn Sa’d, Tabaqat I 483).
Quand Allah lui accorda la victoire à Khaybar, les gens obtinrent la prospérité, après une période difficile, parce qu’ils habitaient un pays rocheux, sans agriculture. La nourriture de ses habitants était constituée de dattes.

La part de l’ esclave des musulmans à Khaybar.
(Dawud, Hadith 14/ 2724).

J’étais présent à Khaybar avec mes maîtres qui parlèrent de moi à l’apôtre. Il donna un ordre à mon sujet et on me ceignit d’une épée et je me suis entrainé avec. Ensuite, on lui dit que j’étais esclave. Il ordonna alors qu’il me soit donné des biens de qualité inférieure282 .

(Bukhari, Sahih 59/ 547).283
Quand Khaybar a été conquis, nous avons dit:
-Nous mangerons tout ce que nous voulons comme dattes!

(Bukhari, Sahih 57/15).
Le butin de Khaybar ne nous donna ni or ni argent, mais des moutons, des chameaux, des objets mobiliers et des jardins-palmeraies.

(Bukhari, Sahih 59/548).284
Nous manquions de dattes jusqu’à la conquête de Khaybar.

(Bukhari, Sahih 72/22).
Abdallah ibn Moghaffal a dit:
-Nous étions en train d’assiéger le château de Khaybar quand quelqu’un nous jeta une outre pleine de graisse. J’allais me précipiter sur cette outre pour la prendre quand en me tournant j’aperçus le prophète et alors je fus tout confus.

(Muslim, Sahih 32/3320).
D'après `Abdullah ibn Mughaffal, le jour de Khaybar, je trouvai une outre pleine de graisse, je me dis alors :
-"Aujourd'hui, je n'en donnerai à personne".
A ce moment, je vis l'envoyé d'Allah près de moi souriant.

Le retour tardif.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 240).
L’Apôtre d'Allah écrivit une lettre pour qu’il285 renvoie les compagnons qui étaient toujours là-bas. Il le fit avec obéissance et les embarqua à Bawla, connu aussi sous le nom de al Jar. Ensuite, ils louèrent des bêtes et atteignirent Médine. Ils apprirent là-bas que l’Apôtre d'Allah était à Khaybar. Ils s’y rendirent et trouvèrent Khaybar conquise. L’Apôtre d'Allah dit aux musulmans de les inclure dans le partage du butin.


11. — Le partage des femmes.


C’est aussi le butin, sous une autre forme, qui impose une gestion différente des richesses, un autre partage286. La figure lumineuse de la belle Safiyya intervient à ce moment, et elle est aussitôt confisquée par Muhammad qui lui impose sa couche, après avoir fait exécuter son époux.

(Bukhari, Sahih 7/12, 1).

D'après Anas ibn Malik, lorsque l'envoyé d'Allah fit l'expédition de Khaybar, nous fîmes la prière du matin devant cette ville avant qu'il fit grand jour. Le prophète monta ensuite sur sa monture ; Abu Talha et moi, qui étais en croupe de ce dernier, nous eu fîmes autant. Le prophète lanca sa monture dans la rue de Khaybar et mon genou touchait la cuisse de l'envoyé d'Allah. Comme il relevait le voile qui couvrait sa cuisse, je pus apercevoir la blancheur de sa cuisse287 .
Une fois entré dans le bourg, l'envoyé d'Allah s'écria :
-Allah est grand288 ! Khaybar sera détruite! Chaque fois que nous descendrons sur le territoire d'un peuple, sinistre sera le matin de ceux qui ont été avertis de nos menaces!
Par trois. fois il répéta ces paroles. A ce moment les habitants de Khaybar, qui sortaient pour se livrer à leurs occupations habituelles, s'écrièrent:
-C'est Muhammad!
Abdelaziz fait remarquer que quelques-uns de nos compagnons assurent que les habitants ajoutèrent:
- Avec la khemis, c'est-à-dire l'armée.
La ville ayant été prise de force, ajoute Anas, on rassembla les captifs. Dihya se présenta alors et dit:
-Ô prophète d'Allah, donne-moi une des femmes captives.
- Va prendre une femme, lui répondit le prophète. Et Dihya prit Safiyya ibn Hoyayy. Alors un homme vint trouver le prophète et lui dit :
-Tu viens de donner à Dihya Safiyya bint Hoyayy, la princesse des Qurayza et des Banu Nadir ; or cette femme ne convient qu'à toi seul.
-Qu'on les amène tous deux, répliqua le prophète. Quand on les eut fait venir tous deux et que le prophète eut vu Safiyya, il dit à Dihya:
-reprends une autre femme parmi les captives. Le prophète, ayant alors affranchi Safiyya de sa captivité, la prit pour femme.
Thabit dit à Anas:
-Ô Abu Hamza, quelle dot le prophète lui assigna-t-il?
-Sa propre personne, répondit-il, puisqu'il lui donna la liberté et l'épousa ensuite. Ce fut en cours de route que Umm Sulaym para Safiyya et la conduisit au prophète pendant la nuit, en sorte que le lendemain matin il se trouva être un nouveau marié. Alors le prophète dit :
-Que quiconque a par devers lui quelque victuaille l'apporte ici.
Aussitôt on étendit une natte et chacun apporta ce qu'il avait, l'un de la graisse, l'autre des dattes.
Et, ajoute Abdelaziz, je crois que Anas a parlé de sawiq (qu'on apporta également). On fit du tout le mélange appelé bays et tel fut le festin de noces de l'envoyé d'Allah.

(Bukhari, Sahih 64/38, 18).

Le prophète resta trois jours entre Khaybar et Médine pour célébrer son mariage avec Safiya. Comme on n’avait ni pain ni viande, le prophète se contenta de dire à Bilal d’apporter des nappes289 . On les étendit, on mit dessus des dattes, du fromage et du beurre. Les musulmans ayant demandé si Safiya était une des mères des croyants ou une esclave concubine, on leur répondit:
-Si elle porte le voile, c’est qu’elle est mère des croyants290 ; si elle n’en porte pas, c’est qu’elle est une esclave concubine.
Lorsqu’il se remit en marche, le prophète l’installa chez lui et étendit un voile.

(ibn Sad, Tabaqat 2/145).
Alors qu’il faisait nuit, il pénétra sous la tente et elle entra avec lui. Abu Ayyub vint là et passa la nuit dans la tente, gardant la tente avec son sabre, sur sa tête. Quand ce fut le matin, et que l’apôtre d’Allah s’aperçut qu’un corps bougeait , il demanda:
-Qui es tu?
-Je suis Abu Ayyub.
-Que fais tu ici?
-Ô apôtre d’Allah! Il y a ici une jeune femme qui s’accouple récemment avec toi, et tu as fait à son mari ce que tu lui as fait... Je ne suis pas sûr de ta sécurité, alors j’ai demandé à être près de toi.
Par conséquent, l’apôtre d’Allah dit par deux fois:
-Ô Abu Ayyub, qu’Allah te montre sa miséricorde!


12. — L’expulsion des Juifs par Omar.

Muhammad et les juifs de Khaybar étaient arrivés à un accord de soumission. Celui-ci est révoqué par Omar, en vertu d’un hadith célèbre de la fin du règne.

(Musa ibn Oqba 13).291

Après la prise de Khaybar, les juifs ont demandé à l’apôtre d’Allah de les laisser là à condition qu’ils travaillent la terre contre la moitié de leur récolte de dattes.
Il dit:
-Je vous autorise à le faire autant que nous le voudrons.
ils restèrent jusqu’à ce que Omar ne les expulse.
(...)
Les dernières paroles de l’apôtre d’Allah furent:
... et que deux religions différentes ne seraient pas autorisées à subsister sur la péninsule arabique.

(Bukhari, Sahih 54/14).
ibn Omar a dit: Lorsque les gens de Khaybar maltraitèrent Abdallah ibn Omar, Omar292 monta en chaire et prononça le sermon suivant:
-L'envoyé d'Allah avait conclu avec les Juifs de Khaybar un arrangement au sujet de leurs terres en leur disant : "Nous vous maintiendrons sur vos terres tant que Allah doit vous y maintenir. Or Abdallah ibn Omar, étant allé voir la propriété qu'il avait là-bas, a été assailli pendant la nuit et il a eu les mains et les jambes foulées. Nous n'avons là d'autre ennemi qu’eux ; nos soupçons tombent donc sur eux qui sont nos ennemis et je suis d'avis de les expulser (de Khaybar)."
Omar avait pris cette résolution quand un des Banu Abul Hoqayq arriva vers lui et dit :
-Ô prince des croyants293 , veux-tu donc nous expulser alors que Muhammad nous a maintenus à Khaybar, qu'il a conclu avec nous un arrangement au sujet de nos termes en en fixant les conditions?
-Comment peux-tu supposer, répondit Omar, que j'aie oublié les paroles de l'envoyé d'Allah? Qu'adviendra-t-il de toi, lorsque, chassé de Khaybar, ta chamelle t'emportera en s'éloignant de jour en jour?
-Alors, répondit-il, tout cela n'était qu'une plaisanterie de la part d'Abul Qasim294 ?
-Tu blasphèmes295 , ô ennemi d’Allah, s'écria Omar.
Omar expulsa ensuite les Juifs et leur donna la valeur de ce qui leur revenait de dattes, en argent, chameaux, ustensiles tels que bâts et cordes, etc296.

La réputation des habitants de Khaybar.
(C. M. Doughty, Voyages dans l’Arabie Déserte, p. 198-9).297
Un thème commun aux récits qui se racontent dans le hajj syrien est celui des Yahûd (Juifs de) Kheybar, nom ancien en vérité et terrifiant aux oreilles des pèlerins les plus crédules. Kheybar, un pauvre village aujourd'hui (que je visitai plus tard, au prix d'infinis tourments) est une localité fameuse dans les chroniques musulmanes, pour avoir été la première conquise dans les débuts de la faction religieuse de Mahomet. De Kheybar, ils s'imaginent fabuleusement que c'est encore une place forte, (alors que de toute évidence cela n'a jamais été autre chose qu'un village avec ses banlieues), sur le côté le plus éloigné du désert, et dont les habitants sont une épouvantable engeance, des Musulmans en apparence, mais en secret des Juifs cruels, qui ne souffriront pas qu'aucun étranger vienne chez eux. Ils disent qu'au cœur de la ville, se dresse une gigantesque forteresse, d'une hauteur telle que même les rayons du soleil estival qui tombent sur elle ne touchent pas terre. Le commerce de ce peuple maudit consiste, à ce qu'on raconte, à écumer la campagne et à tendre des embuscades au hajj. On dit aussi qu'ils sont capables de distancer à la course les chevaux les plus rapides. Leur vélocité est attribuée au fait qu'on leur excîse les rotules lorsqu'ils sont enfants. En naissant, ils n'ont pas de mollets sous les jarrets.

La prise de Khaybar vue par un prédicateur musulman contemporain.
(T. Ramadan, Muhammad, vie du Prophète, p. 245-7).

Un dernier bastion menaçait néanmoins de façon tangible la sécurité de la communauté musulmane après la signature du pacte d'al-Hudaybiyya: il s'agissait de la ville de Khaybar, qui avait accueilli un grand nombre de réfugiés issus des différentes conquêtes préalables des musulmans. Khaybar était une puissance régionale redoutée de tous, et il paraissait inima- ginable de s'en prendre à elle, tant ses forteresses, son armement et ses richesses dépassaient de loin ce que leurs ennemis - et à plus forte raison les Médinois - pouvaient espérer combattre et vaincre. Les chefs de Khaybar, conseillés par d'anciens habitants des Banû Qaynuqa, des Banû Nadîr ou des Banû Qurayza, étaient hostiles à la présence de Muhammad dans la région, et ne manquaient ni de le faire savoir ni de s'en prendre aux intérêts de sa communauté ou à des individus isolés chaque fois qu'ils en avaient l'occasion.
Le Prophète décida d'organiser une expédition contre Khaybar, mais il tint jusqu'au bout à la garder secrète et à tromper son rival. Alors que la puissance de l'adversaire aurait dû mobiliser la quasi-totalité des combattants musulmans (Khaybar pouvait compter, avec ses alliés, sur près de quatorze mille soldats), Muhammad décida de s'y rendre avec un contingent de mille quatre cents hommes. Il arriva à proximité des forteresses et, en s'appuyant sur les services d'un guide, bon connaisseur de la région, il vint installer son campement, pendant la nuit, entre deux des forteresses de Khaybar: cela lui permettait de couper de fait la communication entre les gens de Khaybar et leur alliés des Ghatafân. Lorsque le jour se leva, les habitants des deux forts furent surpris et impressionnés, et la peur s'installa immédiatement dans leurs rangs. Le siège dura plusieurs jours, durant lesquels Muhammad et les siens glanèrent les informations qui leur permettraient d'user de la meilleure stratégie pour faire plier leurs adversaires. Ils décidèrent de s'attaquer aux citadelles, une à une, en commençant par les plus exposées et les plus vulnérables. Cette méthode fonctionna à merveille, et les premières forteresses cédèrent assez rapidement. Les conditions de reddition étaient discutées au cas par cas, mais, dans la majorité des situations, il était exigé que les vaincus délaissent leurs biens et s'exilent avec leurs femmes et leurs enfants.
La dernière forteresse importante, Qamûs, résista quatorze jours, et elle céda finalement, tant le siège des musulmans l'étouffait et ne lui laissait plus espérer de victoire. Puis les deux derniers forts se rendirent également, et ils négocièrent à leur tour les termes de leur capitulation: le Prophète accepta que les habitants demeurent sur place, exercent leurs compétences dans la gestion des fermes et des vergers, et versent régulièrement aux musulmans un impôt sur léurs productions. La totalité des forteresses étaient désormais tombées, et le Prophète venait de neutraliser son dernier ennemi d'envergure dans la région.
Parmi les captives de guerre se trouvait la fille de Huyay (lequel avait été responsable de la trahison des Banû Qurayza). Safiyya ne ressemblait en rien à son père et, depuis longtemps, elle avait cherché à connaître la teneur du message du nouveau Prophète. Elle était pieuse et ne partageait guère l'animosité des siens à l'égard de ce dernier. Safiyya fut présentée au Prophète comme captive lors de la répartition du butin de guerre. Il avait entendu parler de cette femme, de sa spiritualité, et elle n'hésita pas à lui raconter un de ses rêves qui associait son destin à la ville de Médine. Muhammad l'écouta et lui offrit le choix: rester juive et retourner chez les siens, ou entrer en islam et devenir son épouse. Elle s'exclama:
-Je choisis Dieu et Son Envoyé! », et le mariage fut célébré quelque temps plus tard.
Une nouvelle étape venait donc d'être franchie en cette septième année de l'Hégire (en 628). La paix régnait désormais dans la région, et les musulmans n'avaient plus à craindre d'attaques venant du nord. Des pactes avaient été scellés, et des accords régulant les relations de tribus, de clans, ou plus largement du commerce, permettaient à la communauté musulmane de s'établir de façon durable et avec un maximum de sécurité. Les mariages du Prophète n'étaient pas non plus étrangers à cet état de fait : certaines de ses épouses provenaient de clans qui, de facto, étaient désormais en relation de famille avec Muhammad et se considéraient comme ses alliés naturels. C'était la communauté musulmane qui, dès lors, semblait être devenue inébranlable et inattaquable: en l'espace de huit ans, elle s'était non seulement installée dans une nouvelle cité, Médine, mais elle s'était assuré un statut et un prestige régional à nul autre pareil.


§ 545. —Fadak.

Du fait des conditions particulières de sa capture, le sort de Fadak298 est spécial: il provoque une nouveauté juridique, abondamment commentée.
En effet, soumise par la simple terreur, et non par la violence, l’oasis juive échoît directement au chef des musulmans, qui n’a pas à la partager avec ses compères. Nul doute que le bel exemple a été mis en exergue par nombres de chefs de pilleurs dans les siècles qui suivent. C’est ainsi que l’oasis de Fadak est devenue célèbre.


La terreur à Fadak.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 776).
Quand l’apôtre en eut fini avec Khaybar, Allah frappa de terreur les coeurs des hommes de Fadak, dès qu’ils surent ce que l’apôtre avait fait aux hommes de Khaybar. Ils envoyèrent une offre de paix à condition qu’ils puissent garder la moitié de leur production. Leur messagers vinrent auprès de lui à Khaybar, ou sur la route, ou à Médine, et il accepta leurs conditions. Ainsi, Fadak devint sa propriété privée, parce qu’elle n’avait pas été prise par cheval ou chameau.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 258).

Dans la même semaine, le prophète conclut un traité avec les habitants de Fadak, qui était une forteresse habitée par des juifs, et entourée de plantations de dattiers. Elle était située non loin de Khaybar, mais elle était plus petite ; car il n'y avait pas de forteresse qui fut aussi grande et aussi forte que Khaybar, et qui renfermat tant d'habitants et tant de richesses. Les habitants de Fadak, voyant ce qui venait d'arriver à Khaybar, se hâtèrent d'envoyer au prophète un message ; ils demandèrent à être traités de la même façon que les habitants de Khaybar, et à conserver leurs plantations de dattiers. Ils choisirent pour intermédiaire un homme des Banu Haritha, nommé Mohayyisa ibn Massud. Le prophète accepta leurs propositions ; il partit, sans emmener l'armée, pour Fadak, en face de Khaybar, et conclut le traité avec les habitants. Il déclara Fadak sa propriété personnelle, et n'en attribua rien à personne. Tandis que le produit des plantations de Khaybar appartenait aux musulmans, celui de Fadak appartenait en propre au prophète, et servait à sa subsistance personnelle et à celle de sa famille ; il en disposait à son gré, en aumônes aux pauvres et.en présents. Il n'y eut point de partage, parce que l'armée n'avait pas été employée, ni cavaliers ni fantassins ; et Allah révéla le verset suivant:
Ce qu'Allah vient d'accorder à son apôtre, en vous excluant du partage, vous ne l'avez disputé ni avec vos chevaux ni avec vos chameaux. etc299 .

(ibn Sad, Tabaqat 2/392).300
En vérité, Fatima, la fille de l'apôtre d'Allah envoya un message à Abu Bakr lui demandant sa part de l'héritage de l'apôtre d'Allah, parce qu'Allah avait donné (Fadak) à son apôtre comme butin. A cette époque, elle réclamait une part du prophète, à Médine, Fadak et ce qui restait du quint de Khaybar.
A ce propos, Abu Bakr dit:
-En vérité, l'apôtre d'Allah a dit: nous ne laissons pas d'héritage, tout ce qui reste ira dans l'aumône. Vraiment, les membres de la famille de Muhammad prendront de quoi vivre de cet argent. Par Allah, je ne changerai rien de la distribution de l'aumône de l'apôtre d'Allah de ce qu'elle était du temps de l'apôtre d'Allah. Je continuerai à la dépenser vers les mêmes têtes comme l'apôtre d'Allah les dépensait.
Alors Abu Bakr refusa de donner quoi que ce soit à Fatima. Par conséquent, Fatima fut fâchée contre Abu Bakr et le quitta. Elle ne lui parla plus jusqu'à sa mort. Elle vécut encore six mois après la mort de l'apôtre d'Allah.

L’accord avec Fadak.
(Baladhuri, Livre des conquêtes 27).

Le prophète partit de Khaybar et il envoya au peuple de Fadak Muhalyisah (...) pour les appeler à l’islam. Leur chef d’appelait Yusha ibn Nun301 le juif.
Ils firent un accord avec le prophète, acceptant de donner la moitié de leur sol avec ses fruits. Le prophète accepta. Cette moitié fut donné en entier au prophète parce que les musulmans ne l’avait pas prise par le cheval ou le chameau302 .

(Dawud, Hadith 19/3010).303
(Les gens de Khaybar) demandèrent à l’apôtre d’Allah de protéger leur vie et de les laisser partir. Il le fit. Le peuple de Fadak l’ayant entendu, ils adoptèrent la même méthode. Fadak fut par conséquennt exclusivement réservée à l’apôtre d' Allah, parce qu’il n’avait pas été pris par une expédition de cavaliers et de chameliers.

Le partage dans le Coran
(Corpus coranique d'Othman 59/7).

Ce qu’Allah a octroyé comme prise, à son apôtre, sur la population des cités304, appartient à Allah, à l’apôtre, au proche de celui-ci, aux orphelins, aux pauvres, au voyageur, afin que ce ne soit point quelque chose de dévolu aux riches, parmi vous.
Ce que l’apôtre a donné, prenez-le!
Ce qu’il vous interdit, interdisez-le vous!
Soyez pieux envers Allah!
Allah est redoutable en son châtiment.

(Kalbi, Tafsir 226b).305
Fadak et Khaybar furent transformés en waqf306 par le prophète au bénéfice des pauvres, donc ils restèrent entre ses mains durant sa vie. Après la mort du prophète, ils restèrent entre les mains d’Abu Bakr, puis d’Omar, d’Othman et Ali ibn Abu Talib, toujours dans la même condition, jusqu’au jourd’hui.


§ 546. — Soumission de Wadil Qura.

C’est une opération annexe aux sièges de Khaybar et Fadak : Muhammad poursuit lentement sa politique d’expansion, en s’emparant de la “Vallée des Cités”.307

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 260).
Wadil Qora308 était une forteresse des juifs, non loin de Khaybar. Quelques-uns disent que le prophète, de retour à Médine, partit pour Wadil Qura avec l'armée ; d'autres disent que, après avoir terminé l'affaire de Fadak, il appela l'armée de Médine et se rendit à Wadil Qura, qu'il investit. Après un siège d'une semaine, sans qu'il y eut eu de combat, les habitants demandèrent à capituler. Ils sortirent de la forteresse, et le prophète s'empara de leurs biens, qu'il distribua à ses compagnons ; ensuite il retourna à Médine.

(Baladuri, Livre des conquêtes 34).309

Le prophète partit de Khaybar et alla à Wadil Qura pour appeler son peuple à l’islam. Ils refusèrent et les hostilités commencèrent. Le prophète réduisit la place par la force ; et Allah lui donna en butin les biens des habitants.

(Baladuri, Livre des conquêtes 35).
Le combat entre le prophète et le peuple de Wadil Qura eut lieu en jumada II, an 7.


§ 547. — Une tentative contre les Abyssins.


Quelques sources310 indiquent que la puissance musulmane naissante a pris l’initiative d’agresser le voisin abyssin, au-delà des mers . Ce n’est qu’un essai, qui échoue piteusement.

(ibn Sad, Tabaqat II 201-2).

L’attaque d’alqamah ibn Mujazziz al Mudliji contre les Abyssins311 eut lieu le mois de rabi al akhar de la 9ème année de l’Hégire.
L’apôtre d'Allah avait appris que les gens de Juddah avaient vu les Abyssins. Alors, il envoya Alqamah ibn Mujazziz à la tête de 300 hommes. Il alla vers une île, mais quand la marée s’approcha d’eux, ils s’enfuirent...


§ 548. — Tayma.

Les circonstances de la prise de l’oasis de Tayma ne sont pas bien connues. Mais elle a donné lieu à un document, une sorte de charte fixant la condition de la ville sous domination musulmane. L’accord semble presque avantageux pour les victimes , qui pourtant devront être expulsées selon les dernières volontés mohammédiennes. 312

(Baladuri, Livre des conquêtes 34).

Quand le peuple de Tayma apprit comment le prophète avait soumis le peuple de Wadil Qura, ils firent un accord avec lui, acceptant la capitation et ils restèrent sur leurs terres. Le prophète désigna Amir ibn Sayd (...) comme gouverneur de Wadil Qura313 .

Charte de Muhammad aux habitants de Tayma.
(ibn Sad).314

Charte délivrée par l’envoyé d’Allah aux Banu Ghadiya.
eux, la protection315 et sur eux la jizya. Ni violation, ni déportation. Puisse la nuit prolonger l’effet des présentes et le jour le raffermir.
Ecrit par Khalid ibn Sayd.


§ 549. — La gifle de Muta.

Rempli de confiance, Muhammad tente un raid vers le nord, pour tester les défenses de l’empire byzantin.
Mais l’attaque de Muta
316 est un échec: des Arabes, chrétiens et vassaux de Byzance, ont facilement repoussé le raid des Arabes du désert. Les documents préfèrent masquer la dure réalité par le récit de scènes trop héroïques, de la mort pathétique du petit-fils de Muhammad, Zayd, et d’une retraite bien ordonnée par Khalid.
C’est la première attaque hors de l’Arabie proprement dire, dans ce qui sera plus tard considéré comme le “pays de la guerre”317, celui des infidèles318 .
En fait, cet échec a le mérite d’indiquer aux successeurs de Muhammad la direction essentielle des futures conquêtes. C’est ainsi que finalement l’épisode est célébré par la suite.



1. — La décision de l’offensive et le début des inquiétudes.


Dès le début, on sent, par les récits, que l’affaire se finira mal. L’exposé des motifs de l’attaque est le plus intéressant : il préfigure les idées des musulmans qui, moins de dix ans plus tard, partiront à la conquête définitive de la Syrie, premier territoire occupé par l’islam hors d’Arabie.

(Dawud, Hadith 14/2477).

Nous finirons par envoyer des troupes armées, une en Syrie, une au Yémen, et une en Iraq. ibn Hawalah a dit:
-Choisis pour moi, envoyé d'Allah si tu atteins ce moment.
Il dit:
-Va en Syrie, parce que c’est la terre préférée d’Allah319 , et c’est là que ses meilleurs serviteurs se rassembleront320 , mais si tu ne veux pas, va au Yémen, et sors de l’eau de tes réservoirs, parce qu’Allah a un intérêt particulier pour la Syrie et sa population321 .

Une attaque préventive?
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 269).
La bataille de Muta eut lieu entre les musulmans et les Romains. En effet, ces derniers étaient en possession de la Syrie, dont les habitants étaient tous chrétiens322. Or le prophète fut informé qu'une armée se rassemblait en Syrie, et que des troupes auxiliaires devaient venir de Rum ; en conséquence, il désigna trois mille hommes, qu'il fit partir de Médine sous le commandement de Zayd ibn Haritha...

(ibn Sad, Tabaqat II 158-9).
Quand nous sommes partis de Médine, les ennemis eurent vent de notre départ. Ils se mobilisèrent pour nous affronter. Shurahbil ibn Abd avait rassemblé plus de 100 000 hommes et envoya son avant-garde au devant. Les musulmans s’arrêtèrent à Muan, qui était en Syrie. Les gens apprirent aussi qu’Héraclius campait à Maab, dans la région d’al Balqa, avec 100 000 hommes des tribus Bahra, Wayl, Bakr, Lakhm et Judham. Les musulmans s’arrêtèrent pendant deux nuits, pour consolider leur avance. Certains parmi eux disaient:
- Ecrivons à l’apôtre d'Allah et donnons lui des informations.
Abdallah ibn Rawahah les encouragea à marcher de l’avant, et ils s’avancèrent jusqu’à Mutah.
Les polythéistes les rencontrèrent et ils avaient apporté avec eux un énorme équipement militaire, des animaux, des vêtements de soie323 et de l’or. Les musulmans et les polythéistes s’affrontèrent alors.

L’angoisse du départ.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 791).
L’apôtre envoya son expédition à Muta en jumadal ula dans la huitième année et mit Zayd ibn Haritha à sa tête ; si Zayd était tué, alors Jafar ibn Abu Talib prendrait le commandement ; et s’il était tué, Abdullah ibn Rawaha324. L’expédition réunit 3000 hommes et se prépara au départ. Une fois prêts, ils allèrent saluer les adjoints de l’apôtre. Quand Abdullah ibn Rawaha quitta ces chefs, il se mit à pleurer et quand ils demandèrent la raison, il dit:
-Par Allah, ce n’est pas parce que j’aime ce monde et que je suis attaché à vous, mais j’ai entedu l’apôtre lire un verset du livre d’Allah où il mentionne l’enfer: il n’est, parmi vous, personne qui n’arrive point à elle325 ! C’est, pour ton seigneur, un arrêt décidé. Je ne sais pas comment je peux revenir après y être allé.
Les musulmans ont dit:
-Allah soit avec toi, et qu’il te protège et te ramène à nous sain et sauf.

Le flottement dans le commandement.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 792-3).

Ils allèrent aussi loin que Maan en Syrie, où ils avaient entendu qu’Héraclius était descendu à Maab dans la région de Balqa, avec 100 000 Grecs rejoints par 100 000 hommes des Lakhm326 , des Judham, al Qayn, Bahra et Bali, commandés par un homme de Bali d’Irasha, appelé Malik ibn Zafila.
Les musulmans entendirent cette nouvelle et ils passèrent deux nuits à Maan à se demander quoi faire. Ils pensaient écrire une lettre à l’apôtre pour lui dire les effectifs de l’ennemi: s’il leur envoyait des renforts, ou sinon, pour attendre ses ordres. Abdullah ibn Rawaha encouragea ses hommes en disant:
-Ô hommes, ce que vous n’aimez pas, c’est ce que vous avez entrepris de rechercher ici, c’est-à-dire le martyre. Nous ne combattons pas l’ennemi avec le nombre ou la force, ou la multitude, mais nous nous confrontons à eux avec cette religion dont Allah nous honore. Alors, allons! Les deux issues sont bonnes: la victoire ou le martyre327 .
Les hommes dirent:
-Par Allah, ibn Rawaha a raison.

Les renforts.
(Muslim, Sahih 19/ 4343).
... J’ai328 rejoint l’expédition qui marchait sur Muta sous le commandement de Zayd ibn Haritha, et j’ai reçu des renforts du Yémen. ...On dit que Awf a dit à Khalid:
-Khalid, ne sais tu pas que le messager d’Allah a décidé de donner le butin de l’ennemi à celui qui le tuera?
Khalid répondit:
-Oui, mais j’ai pensé que c’était trop.

3. — La bataille.


On se figure mal le déroulement des combats: toute l’attention est concentrée autour des trois chefs qui tombent en martyr.

La rencontre avec l’ennemi.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 794).
Les hommes avancèrent jusqu’aux limites de la région de Balqa où les forces grecques et arabes d’Héraclius les rencontrèrent, au niveau d’un village appelé Masharif. Voyant l’approche de l’ennemi, les musulmans se retirèrent dans le village de Muta. Là, leurs forces se rencontrèrent et les musulmans s’organisèrent, mettant à leur droite Qutba ibn Qatada des Banu Udhra329 et à leur gauche un ansar appelé Ubaya ibn Malik.
Au début du combat, Zayd ibn Haritha se battit en tenant l’étendard du prophète, jusqu’à sa mort, vidé de son sang330 , à cause des lances de l’ennemi. Alors Jafar le reprit et se battit avec, et quand le combat le submergea, il descendit de sa monture et l’abattit, et il fut tué à la fin. Jafar fut le premier homme dans l’islam à abattre son cheval331.

Télé-vision de la bataille par Muhammad.
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 270).
Le jour où ce combat eut lieu, Gabriel vint trouver le prophète et lui dit:
-L'armée est à Muta et livre un combat.
Le prophète en informa ses compagnons, qui se réunirent à la mosquée de Médine. Gabriel ôta, entre la ville de Médine et le pays de Rum, tout ce qui faisait obstacle à la vue, et le prophète put voir la bataille ; et tout ce qu'il voyait, il l'annonçait à ses compagnons. Ce fut un des signes de sa mission prophétique332 . Lorsque Zayd tomba, le prophète dit :
-Zayd a été tué333.
Il annonça de même que Jafar avait les mains coupées, et qu’ Aldallah ibn Rewaha, venait d'être tué. Ses compagnons pleurèrent et poussèrent des cris. Lorsque Khalid ibn al Walid, prit le drapeau, le prophète dit:
-Le sabre d'Allah334 (c'est-à-dire Khalid, qu'il avait autrefois ainsi surnommé) a pris le drapeau.
Ce jour-là, il appela Jafar ibn Abu Talib, “l'homme aux deux ailes”335, disant :
-Allah lui donnera, à la place de ses deux mains, deux ailes, et il volera avec les anges. Les musulmans notèrent le jour et le mois où le prophète leur avait parlé ainsi, et lorsque l'armée revint et qu'ils demandèrent les détails du combat, tout se trouva conforme aux paroles du prophète.


Déclaration de guerre contre les chrétiens.
Cet extrait convient assez bien aux circonstances.

(Corpus coranique d'Othman 9/36).

Combattez toutefois les associateurs336 totalement, comme ils vous combattent totalement, et sachez qu’Allah est avec les pieux.

4. — La défaite.


Comme au temps d’Ohod, la défaite est un moment exceptionnel qui permet de recourir à nouveau à la thématique du martyre au combat, et de relancer l’inspiration rhétorique de Muhammad, toujours à l’aise dans les évocations morbides et mortifères. Deux figures ressortent du drame : Zayd, le pieux et servile adjoint, qui disparait, et Jafar qui obtient deux ailes remplaçant ses deux mains tranchées pour s’envoler vers le paradis337 . L’image, tout à la fois naïve, habile et atroce, rappelle les figures angéliques du christianisme, visibles sur les fresques contemporaines.

La réaction de Muhammad.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 796).
... quand l’armée fut écrasée, l’apôtre dit:
-Zayd a pris l’étendard et a combattu jusqu’à ce qu’il tombe en martyr ; ensuite Jafar l’a repris et a combattu jusqu’à la mort en martyr.
Il resta silencieux devant les visages tristes des auxiliaires, qui pensaient qu’il était arrivé quelque chose de terrible à Abdulllah ibn Rawaha. Il dit ensuite:
-Abdullah l’a repris et a combattu, puis est mort en martyr. J’ai eu une vision qui les montrait emportés au paradis sur des lits en or. J’ai vu le lit d’Abdullah s’écarter des deux autres, et j’ai demandé pourquoi, et on m’a dit qu’ils étaient déjà partis mais qu’il hésitait lui à aller plus en avant.

(Bukhari, Sahih 56/7, 2).
Anas ibn Malik a dit: le prophète dit dans un prèche:
-Zayd a pris le drapeau et a été tué ; alors Jafar l'a pris et a été frappé à son tour ; puis Abdallah ibn Rawaha, et lui aussi a été tué. Alors Khalid ibn al Walid l'a pris sans en avoir reçu l'ordre, et la victoire lui a été donnée338.
Et il ajouta :
-Mais je ne serais pas réjoui de les voir au milieu de nous! (ou) mais ils ne seraient pas réjouis d'être au milieu de nous! et ses yeux laissèrent couler des larmes.

Le cheval de Jafar.
(Dawud, Hadith 14, 2567).
Mon beau-père m’a dit - il faisait partie des Banu Murrah ibn Awf- et il était présent à la bataille, la bataille de Mutah:
-Par Allah, j’ai vu Jafar qui est descendu de son cheval roux et qui lui a tranché les jarrets ; il a alors combattu avec les autres jusqu’à sa mort.

Les pertes principales à Muta.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 801-2).
Les noms de ceux qui sont morts de la mort des martyrs à Muta:
Des Quraysh339 : du clan des Banu Hashim, Jafar and Zayd.
Des Banu Adiy ibn Kab: Masud ibn al Aswad ibn Haritha ibn Nadla.
Des Banu Malik ibn Hisl: Wahb ibn Sad ibn Abu Sarh.
Des ansar340 : du clan des Banu al Harith ibn al Khazraj, Abdullah ibn Rawaha et Abbad ibn Qays.
Des Banu Ghanam ibn Malik ibn al Najjar, al Harith ibn Numan ibn Usaf ibn Nadla ibn Abd ibn Awf ibn Ghanam.
Des Banu Mazin ibn al Najjar, Suraqa ibn Amir ibn Atiya ibn Khansa.

(Baladuri, Ansab I p. 381).341
L’incursion de Zayd ibn Haritha, de Jafar ibn Abu Talib et de Abdallah ibn Rawaha vers Muta, en jumada I de l’an 8. Le premier d:entre eux à trouver la mort au combat fut Zayd ibn Haritha ; Jafar prit la relève et fut tué: on trouva sur lui soixante-douze blessures, coups de sabre ou de lance, et il eut les mains tranchées ; l'envoyé d'Allah dira:
-Allah lui a donné deux ailes à la place pour qu'il s'envole au Paradis.
Puis ce fut Abdallah ibn Rawaha qui prit le commandement à sa place, et il fut tué. Alors ce fut Khalid ibn al Walid qui prit l'étendard et il battit en retraite avec les hommes...

Une possible allusion coranique à la défaite.342
(Corpus coranique d'Othman 30/1-4).

Les Romains ont vaincu aux confins de notre terre.
Mais eux, après leur victoire, seront vaincus, dans quelques années.
A Allah appartient le sort dans le passé comme dans le futur.
Alors les croyants se réjouiront du secours d’Allah.
Il secourt qui il veut.
Il est le puissant, le miséricordieux.

Les funérailles des chefs morts à Muta.
(Bukhari, Sahih 23/46,1).

Quand le prophète apprit que Zayd ibn Haritha, Jafar et Abdallah ibn Rawaha avaient été tués, il s’assit pour marquer son chagrin. Comme je regardais par la fente de la porte, un homme vint trouver le prophète et lui dit:
-Ah! les femmes de Jafar! ô envoyé d’Allah!
Et il raconta leurs lamentations.
Le prophète lui donna l’ordre d’aller les faire taire343. L’homme partit, puis revint et dit:
-Je leur ai défendu de pleurer, mais elles n’ont pas obéi.
Pour la deuxième fois, le prophète lui enjoignit d’aller les faire taire. L’homme partit et revint en disant:
-Par Allah, elles sont plus fortes que moi -ou que nous.

La revanche à Tabuk.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois III 306-11).
La ville de Tabuk était située aux confins de la Syrie ; les habitants étaient Grecs et chrétiens344 . Le prophète voulut les attaquer, pour prendre une revanche de la défaite de son armée à Muta et de la mort de Zayd345 et de Jafar.

La prophétie coranique
(Corpus coranique d'Othman 30/1-3b).346

Les Romains ont vaincu aux confins de notre terre.
Mais eux, après leur victoire, seront vaincus dans quelques années.
A Allah appartient le sort dans le passé comme dans le futur.

5. — La retraite de Khalid.


C’est le premier acte de gloire militaire de ce personnage fraîchement converti et survivant de cette aventure ; cela suffira à le distinguer aux yeux de Muhammad. Khalid avait été le chef de la cavalerie de la Mecque et à ce titre, il avait vigoureusement attaqué les musulmans. Après sa conversion, il devient alors l’instrument privilégié des conquêtes, menées avec une brutalité telle qu 'elle finit même par indisposer Muhammad. Après 632, le “Sabre de l’Islam” est pour encore dix ans le général en chef des conquêtes musulmanes. Mais la tradition musulmane lui est globalement hostile: on ne lui reproche pas son caractère de sabreur impénitent, mais plutôt sa conversion tardive, son origines claniques347 et sa participation à la bataille d’Ohod348 .

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 271).
Khalid ibn al Walid, continua le combat pendant trois jours. Voyant que le petit nombre des musulmans ne pourrait pas résister, il se retira, disant :
-Je ramènerai ces musulmans auprès du prophète ; cela vaudra mieux que de les laisser tous périr.
Lorsque le prophète apprit que Khalid avait opéré sa retraite, il l'approuva et lui donna des éloges. Quand les troupes revinrent à Médine, il alla, accompagné des autres musulmans, à leur rencontre. Il était à cheval, ayant devant lui le fils de Jafar, âgé de cinq ans.

Les sabres de Khalid.
(Bukhari, Sahih 64/44, 6-7)
Le jour de Muta, neuf sabres se brisèrent dans ma main, et il ne me resta à la main qu’un large sabre yéménite.
Le jour de Muta, neuf sabres se rompirent dans ma main, et seul, un sabre yéménite à moi, résista349.


6. — Les témoignages byzantins.


Il est possible, mais pas certain que les textes byzantins aient fait allusion à ce combat. Les doutes s’appuient sur la disproportion entre les deux forces: dans la vaste politique byzantine, un accrochage avec des bédouins du désert n’est pas un événement notable et de plus il met en jeu des puissances vassales dans la défense de l’empire. Il est donc possible que la rédaction des documents a eu lieu a posteriori, pour expliquer au public occidental l’ancienneté des agressions venues d’Arabie. Reste à savoir à quelles sources les Byzantins se réfèrent sur ce point.

(Théophanès, Chronographie, 335-6).350
Année 6123.351
Muhammad était déjà mort352, mais il avait nommé quatre émirs pour porter la guerre contre les Arabes chrétiens353. Les musulmans marchèrent contre une ville appelée Mukhéon354 , dans laquelle se trouvait le vicaire355 Théodoros, et ils souhaitaient attaquer les Arabes le jour où ils allaient adorer leurs idoles356 ; quand ils apprirent par un membre de la tribu des Quraysh357, un certain Quraysh appelé Kutabas358 qui était à sa solde. Théodoros rassembla les soldats des garnisons du désert, et quand il connut le jour où les forces musulmanes allaient attaquer, il anticipa leur assaut à un endroit appelé Muthous359 , où ses forces tuèrent trois des émirs et la grande partie de ses forces ; un des émirs, Khalid360, qu’ils appelaient “le Sabre d’Allah”, a réussi à s’échapper.

(Nicéphore, Opuscula Historica 23).361
...Il362 poussa Héraclius à ne pas envoyer aux Sarasins leur commission habituel de trente livres d’or, dues pour des facilités de commerce (ce qui d’ailleurs valait bien trente livres d’or), de la part de l’Etat des Romains. Par conséquent, ils commencèrent à infliger des outrages au territoire des Romains.







Chapitre 87


Catalogues des expéditions





Cette intense activité mohammédienne a donné lieu à de pieux décomptes, et donné naissance à un véritable genre littétaire, celui des “Expéditions du prophète”363. Ici, on ne trouvera que des extraits, des bilans souvent contradictoires, formant des listes qui sans doute au été apprises par coeur dans les “écoles”, du type d’école où, par coeur, on ne récite qu’un seul livre.
Il n’y a aucun classement selon les catégories d’adversaires, comme on aurait pu l’attendre d’un travail scientifique. De fait, les ennemis sont confondus dans la même masse à soumettre, sans qu’on s’intéresse à leurs spécificités.


Ce qui suit est une tentative de reconstitution chronologique des expéditions de pillages ayant frappé les tribus arabes et juives (sans lien avec la Mecque). Ces expéditions ont fait l’objet d’études et de recensements, de la part d’érudits musulmans364. Mais il règne dans le domaine une grande confusion. La précision extrême elle-même de ces informations est sujette à caution365 et pousse au doute sur la véracité des documents.



§ 550. — Les principaux combats de Muhammad.


Certains auteurs veulent présenter une liste claire et compacte des actions militaires du chef 366, en éliminant les activités secondaires, ce qui ne rend pas compte de l’activité débordante du personnage, et de l’avidité de ses troupes. D’autres font le pari de l’exhaustivité, et se perdent dans les méandres des attaques de caravanes, meurtres politiques, pseudo-pèlerinage, actes terroristes.
Les sources distinguent en réalité, et systématiquement, les expéditions menées en personne par Muhammad, et celles menées par ses adjoints. Les premières sont bien sûr plus réputées et l’objet d’une grande vénération.

(ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 972-3).

L’apôtre a participé personnellement à vingt-sept attaques.
Waddan qui est aussi le raid d’ al Abwa.
Buwat dans la direction de Radwa.
Ushayra dans la vallée de Yanbu.
Le premier combat à Badr à la poursuite de Kurz ibn Jabir.
La grande bataille de Badr dans laquelle Allah a massacré les chefs des Quraysh367 .
Banu Sulaym jusqu’à al Kudr.
Al Sawiq à la poursuite d’Abu Sufyan (...).
Ghatafan, qui est aussi le raid de Dhu Amarr.
Bahran, une mine dans le Hedjaz .
Uhud.
Hamra ul Asad.
Banu Nadir.
Dhatul Riqa de Nakhl.
La dernière bataille de Badr.
Dumat al Jandal.
Al Khandaq.
Banu Qurayza368 .
Banu Lihyan de Hudhayl.
Dhu Qarad.
Banul Mustaliq de Khuzaa.
Al Hudaybiya sans l’intention de combattre, mais où les polythéistes se sont opposés à son passage369.
Khaybar.
Puis il a accompli le pèlerinage intégral370.
L’occupation de la Mecque.
Honayn.
Al Ta’if.
Tabuk.

Il a effectivement combattu dans neuf engagements:
Badr.
Uhud.
al Khandaq.
Qurayza.
al Mustaliq.
Khaybar.
L’occupation371.
Honayn.
al Ta’if.

(ibn Sad, Tabaqat II 2).
Le nombre des raids de l’apôtre d'Allah, qu’il a dirigés personnellement, est de 27, et les raids qu’il a envoyés de 47. Dans neuf expéditions, il a combattu en personne: al Badr al Qital, Ohod, al Muraysi, al Khandaq, Qurayza, Khaybar, la conquête de la Mecque, Honayn,Ta’if.
D’après certains récits, il a combattu aussi contre les Banu Nadir (...). En retournant de Khaybar, il a aussi combattu dans le raid de Wadi al Qura et quelques compagnons furent tués. Il aurait aussi combattu à al Ghaba.

(ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 973-83).

Ils sont au nombre de trente huit:
Ubayda ibn al Harith a été envoyé dans la partie basse de Thaniyat ul Mara ;
Hamza ibn Abdul Muttalib sur la côte en direction de al Is.
Sad ibn Abu Waqqas à al Kharrar.
Abdullah ibn Jahsh à Nakhla.
Zayd ibn Haritha à al Qarda.
L’attentat de Muhammad ibn Maslama contre Kab ibn al Ashraf.
Marthad ibn Abu Marthad al Ghanawi à al Raji.
al Mundhir ibn Amir à Bir Mauna ;
Abu Ubayda ibn al Jarrah à Dhul Qassa sur la route de l’Irak372
Omar ibn al Khattab à Turba dans le pays des Banu Amir
Ali ibn Abu Talib au Yémen.
Ghalib ibn Abdullah al Kalbi, le Kalb de Layth, à al Kadid où il élimna les Banu al Mulawwah.
(...)
Pour en revenir aux expéditions:
le raid de Zayd ibn Haritha, Jafar ibn Abu Talib et Abdullah ibn Rawaha à Muta en Syrie, dan slequel ils furent tués.
Le raid de Kab ibn Umayr al Ghifari à Dhatu Atlah en Syrie dans lequel lui et ses compagnons furent tués.
Le raid d’Uyayna ibn Hisn sur les Banu al Nabar des Banu Tamin373.

Le résumé par Tabari.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 325).

On dit généralement que le prophète a entrepris vingt-sept374 expéditions ; mais quelques-uns en comptent vingt-neuf. En effet, la campagne de Fadak, de Khaybar et de Wadil Qura n'est qu'une seule et même expédition, parce que le prophète se rendit directement, et sans revenir à Médine, de Khaybar à Fadak et de là à Wadil Qura. Mais si l'on compte chacune de ses trois expéditions séparément, on arrive au nombre de vingt-neuf. Nous avons raconté ces expéditions dans cet ouvrage, chacune à sa place ; nous allons les énumérer de nouveau toutes ensemble, afin que leurs noms puissent plus facilement être appris par cœur. Voici les noms des expéditions du prophète:
Expédition d'al Abwa.
Expédition contre Bowat.
Expédition d’Uschayra.
Première expédition de Badr.
Grande expédition de Bedr.
Expédition contre Kodr.
Expédition contre les Qaynuqa.
Expédition contre Sawiq.
Expédition contre Dhu Amarr.
Expédition contre Bahran.
Expédition d'Ohod.
Expédition contre les Banu Nadir.
Expédition contre Dhat ar Riqa.
Expédition du Rendez-vous de Bedr.
Expédition contre Dumat Jandal.
Expédition contre les Banu Qurayza.
Expédition du Fossé.
Expédition contre les Banu Lihyan.
Expédition contre Dhu Qorod.
Expédition contre les Banu Mustaliq.
Expédition contre Hodaybiya.
Expédition contre Khaybar, Fadak et Wadil Qura375 .
Visite de l'accomplissement.
Prise de la Mecque.
Expédition contre Honayn ;
Expédition contre Ta’if.
Expédition contre Tabuk376 .

Dans neuf de ces campagnes il y avait eu combat377, à savoir:
à Badr,
A Ohod,
Au Fossé,
Dans l'expédition contre les Qurayza,
Dans l'expédition contre les Mustaliq,
A la prise de la Mecque,
A Khaybar,
A Honayn
A Ta’if.
Les campagnes exécutées par des détachements de troupes, sans que le prophète y prit part, sont au nombre de trente-cinq, d'autres disent de quarante-huit.
Allah seul connait la vérité.

La liste des expéditions militaires dans les Tabaqat d’ibn Sad.
(ibn Sad, Tabaqat II, V-IX).

1-Sariyyah378 d’Ubayda al Harith.
2-Sariyyah de Sad ibn Abu Waqqas.
3-Ghazwah de l'apôtre d'Allah379 d’al Abwa.
4-Ghazwah de l'apôtre d'Allah de Buwat.
5-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre Kurz ibn Jabir al Fihri.
6-Ghazwah de l'apôtre d'Allah de Dhul Ushayra.
7-Sariyyah d’Abdallah ibn Jahsh.
8-Ghazwah de l'apôtre d'Allah de Badr.
9-Sariyyah d’Umayr ibn Adi.
10-Sariyyah de Salim ibn Umayr.
11-Ghazwah de l'apôtre d'Allah des Banu Qaynuqa.
12-Ghazwah de l'apôtre d'Allah d’al Sawiq.
13-Ghazwah de l'apôtre d'Allah d’al Qararat al Kudr.
14-Sariyyah de l’assassinat de Kab ibn Ashraf.
15-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre les Ghatafan.
16-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre les Banu Sulaym.
17-Sariyyah de Zayd ibn Haritha.
18-Ghazwah de l'apôtre d'Allah d’Ohod.
19-Ghazwah de l'apôtre d'Allah de Hamra l Asad.
20-Sariyyah d’Abu Salamah ibn Abd al Asad
21-Sariyyah d’Abdallah ibn Unays.
22-Sariyyah d’al Mundhir ibn Amir.
23-Sariyyah de Marthad ibn Abu Marthad.
24-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre les Banu Nadir.
25-Ghazwah de l'apôtre d'Allah de Badr al Mawid.
26-Ghazwah de l'apôtre d'Allah de Dhat al Riqa.
27-Ghazwah de l'apôtre d'Allah de Dumat al Jandal.
28-Ghazwah de l'apôtre d'Allah d’al Muraysi.
29-Ghazwah de l'apôtre d'Allah d’al Khandaq.
30-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre les Banu Qurayza.
31-Sariyyah vers al Qurata.
32-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre les Banu Lihyan.
33-Ghazwah de l'apôtre d'Allah à al Ghaba.
34-Sariyyah d’Ukkasha ibn Mihsan à al Ghamr.
35-Sariyyah de Muhammad ibn Maslama à Dhu al Qassah.
36-Sariyyah d’Abu Ubayda ibn al Jarra Dhu al Qassah.
37-Sariyyah de Zayd ibn Haritha contre les Banu Sulaym à al Jamum.
38-Sariyyah de Zayd ibn Haritha à al Is.
39-Sariyyah de Zayd ibn Haritha à al Taraf.
40-Sariyyah de Zayd ibn Haritha à Hisma.
41-Sariyyah de Zayd ibn Haritha à Wadi al Qura.
42-Sariyyah d’Abd al Rahman à Dumat al Jandal.
43-Sariyyah d’Ali contre les Banu Sad de Fadak.
44-Sariyyah de Zayd ibn Haritha contre Umm Qirfah à Wadi al Qura.
45-Sariyyah d’Abdallah ibn Atik contre Abu Rafi.
46-Sariyyah d’Abdallah ibn Rawaha contre Usayr ibn Razim.
47-Sariyyah de Kurz ibn Jabir al Fihri contre al Uraynis.
48-Sariyyah d’Amir ibn Umayyah al Damri.
49-Ghazwah de l'apôtre d'Allah à Hudaybiyya.
50-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre Khaybar.
51-Sariyyah d’Omar ibn al Khattab contre Turaba.
52-Sariyyah d’Abu Bakr contre les Banu Kilab dans le Najd.
53-Sariyyah de Bashir ibn Sad contre Fadak.
54-Sariyyah de Ghalib ibn Abdallah al Laythi contre al Mayfah.
55-Sariyyah de Bashir ibn Sad al Ansari contre Yaman et Jamar.
56-L’umra accomplie par l’AA.
57-Sariyyah d’ibn Abu al Awja al Sulami contre les Banu Sulaym.
58-Sariyyah de Ghalib ibn Abdallah al Laythi contre les Banu al Mulawwih à al Kadid.
59-Deuxième Sariyyah de Ghalib ibn Abdallah al Laythi à Fadak.
60-Sariyyah de Shuja ibn Wahb al Asadi contre les Banu Amir à al Siyyi.
61-Sariyyah de Kab ibn Umayr al Ghifari vers Dhat Atlah.
62-Sariyyah de Muta.
63-Sariyyah de Amir ibn Al As ves Dhat al Salasil.
64-Sariyyah d’Abu Ubayda à al Khabt.
65-Sariyyah d’Abu Qatada ibn Ribi al Ansari vers Batn Idam.
66-Ghazwah de l'apôtre d'Allah vers la Mecque.
67-Sariyyah de Khalid contre al Uzza.
68-Sariyyah de Amir ibn al As contre Suwa.
69-Sariyyah de Sad ibn Zayd al Ashhali contre Manat.
70-Sariyyah de Khalid contre les Banu Jadhima, des Banu Kinana.
71-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre les Hawazin à Honayn.
72-Sariyyah de Tufayl ibn Amir al Dawsi contre al Kaffayn.
73-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre Ta’if.
74-Sariyyah de Uyayna ibn Hisn al Fazari contre les Banu Tamim.
76-Sariyyah de Qutba ibn Amir ibn Hadida contre Khatham.
77-Sariyyah d’al Dahhak ib nSufyan al Kilabi contre les Banu Kilab.
78-Sariyyah d’Alqama ibn Mujazziz al Mudliji contre al Habasha.
79-Sariyyah d’Ali pour détruire al Fuls, idole des Banu Tayyi.
80-Sariyyah d’Ukkasha ibn Mihsan al Asadi contre al Jinab.
81-Ghazwah de l'apôtre d'Allah contre Tabuk.
82-Pèlerinage sous la conduite d’Abu Bakr.
83-Sariyyah de Khalid contre les Banu Abd al Madan à Najran.
84-La double Sariyyah d’Ali contre al Yaman.
85-Pèlerinage de l’Adieu.380
86-Sariyyah d’Ussama ibn Zayd en Palestine.


§ 551. — Listes particulières.

Il existe des listes qui servent de prétextes aux auteurs: Masudi rédige une nomenclature sérieuse et scientifique dans son encyclopédie. Hassan ibn Thabit tente de rendre toute la poésie à partir de l’addition des actions guerrières qui se succèdent.

(Masudi, Les Prairies d'Or 1472-3).

Les expéditions commandées par le prophète en personne381 sont au nom de 26, selon les uns, de 27 selon les autres. Ce désaccord provient de ce que les premiers considèrent sa marche de Khaybar sur Wadil Qura comme une seule et même campagne, tandis que les seconds comptent séparément la campagne de Khaybar et celle de Wadil Qura. Cette différence d'évaluation s'explique par ce fait qu le prophète, après avoir triomphé à Khaybar avec l'aide de Allah, se dirigea immédiatement sur Wadil Qura, sans passer par Médine. La première expédition commandée par le prophète, quand il sortit de Médine pour aller à Waddan, est nommée ghazwat akbwa. Puis viennent l'expédition de Buwat, où il s'avança jusque vers Radwa ; l'expédition d'al-Ushayra, dans la vallée de Yanbu ; la première campagne de Badr à la poursuite de Kurz ibn Jabir ; la grande expédition de Badr, ou seconde bataille de Badr dans laquelle périrent les plus vaillants champions de Quraysh et furent faits prisonniers plusieurs de leurs chefs ; l'expédition des Banu Sulaym, où le prophète aviva au point d'eau nommé al Kadid que possédait cette tribu ; l'expédition du sawiq à la poursuite d'Abu Sufyan ibn Harb, au cours de laquelle Muhammad parvint au lieu-dit Qarqarat al Kudr ; l'expédition de Ghatafan dans le Nadjd, nommée aussi ghazwat dhu Amar ; l'expédition de Bahran, nom d'une mine située dans le Hejaz, au-dessus d'al Furu ; celle de Uhud ; la guerre de Hamra al Asad ; des Banu Nadir ; de Dhat ar Riqa en passant par Nakhl382 ; le dernier combat de Badr ; l'expédition de Dùmat al Jandal383 ; la guerre du Fossé ; celle des Banu Qurayza ; celle des Banu Lihyan ibn Hudhayl ibn Mudrika ; la guerre de Dhu Qarad ; celle des Banu Mustaliq ; des Khuzaa ; celle d'al Hudaybiya où, quoique Muhammad fut animé d'intentions pacifiques, les polythéistes l'empêchèrent de parvenir à La Mekke ; l'expédition de Khaybar ; l'accomplissement par le prophète de la umra dite la umrat al-qada ; la prise de La Mekke ; l'expédition de Hunayn ; celle d'at Ta'if et celle de Tabuk.
Il combattit dans neuf de ces expéditions: à Badr, à Uhud, au Fossé, contre les Banu Qurayza, à Khaybar, à la prise de La Mekke, à Hunayn, à at Ta'if et à Tabuk ; telle est l'opinion de Muhammad ibn Ishaq
384. Quant à al Waqidi, tout en admettant avec ibn Ishaq que le prophète a combattu en personne dans ces neuf batailles, il en ajoute deux autres: l'affaire de Wadi1 Qura où son esclave nommé Midam fut atteint d'une flèche et tué, et celle d'al Ghaba385 où six idolâtres trouvèrent la mort ; dans cette même journée périt Muhriz ibn Nadla. Ainsi al Waqidi compte onze expéditions et ibn Ishaq neuf seulement au cours desquelles le prophète a combattu ; l'un et l'autre sont d'accord sur les neuf premières, et les deux autres sont ajoutées par al Waqidi, comme nous venons de le dire. Quelques auteurs disent que la première campagne du prophète fut celle d'al Ushayra.

(ibn Kathir, Sira 501-2).).
La première expédition du prophète, fut celle d'El Abwâ, puis celle de Buwât puis celle d'al Ushayra.
...Combien d'expéditions le prophète en a t-il fait?
Il a répondu:
-Dix neuf. Il a assisté à dix sept d'entre elles, dont la première fut celle d'El-Ussayra ou El Ushayra".
...Le prophète a fait 16 expéditions. Dans une autre version à lui, il y est dit que le prophète avait dix neuf expéditions, et qu'il avait combattu dans huit d'entre elles.
... le prophète avait fait dix sept expéditions et avait combattu dans huit d'entre elles: celle de Badr, d'Ohod, des Coalisés, d'al Muraysi, de Qudayd, de Khaybar, de la Mecque et de Hunayn. Il a envoyé vingt quatre expéditions.
...les expéditions du prophète, et ses raids étaient au nombre de quarante trois, vingt quatre raids et dix neuf expéditions. Il a combattu dans huit d'entre elles, à savoir Badr, Ohod, les coalisés, al Muraysi, Khaybar, la conquête de la Mecque, Hunayn et Ta’if.
Mussa ibn Oqba a rapporté, pour sa part, d'après az Zuhrî, que les expéditions dans lesquelles le prophète, avait combattu, sont celles de Badr, durant le mois de ramadhân de l'année II, puis celle d'Ohod, durant le mois de shawwâl, de l'année III, puis celle des Coalisés ou du Fossé, au mois de shawwâl de l'année IV, puis celle des Banu Mustaliq et des Banu Lihyân, au mois de shabân, de l'année V, puis celle de Khaybar, en l'an VI, puis celle de la conquête de la Mecque, au mois de ramadân, en l'an VIII, puis celle de Hunayn au mois de shawwâl de l'an VIII. Ensuite, Abu Bakr dirigea le pèlerinage en l'an IX, puis le prophète dirigea le pèlerinage de l'adieu en l'an X. Il avait participé aussi à douze expéditions sans qu'il n'y ait de combat. La première de ces expéditions fut celle d'al Abwâ.


(ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 929).

Hassan ibn Thabit386 , énumérant les batailles et campagnes dans lesquelles les auxiliaires ont combattu en présence de l’apôtre, a dit:
Ne suis-je pas le meilleur des hommes quant à la famille et à la tribu,
si toutes celles-ci sont bien reconnues et décomptées?
Un peuple dont tous ont vu Badr avec l’apôtre sans tomber ou déserter.
Ils lui ont donné leur allégeance, aucun n’a trahi,
et il n’y a eu aucun mensonge dans leurs paroles désespérées.
Le jour quand dans la vallée d’Ohod les traits
bien dirigés, brillants comme un feu brûlant les ont atteints
Et le jour de Dhu Qarad quand la poussière s’est levée
au dessus d’eux comme ils chevauchaient
ils n’ont pas affaibli, ils n’ont pas eu peur.
A Dhul Ushayra, ils les ont distancés avec l’apôtre
armés de lances et de sabres.
A Waddan, ils ont expulsé son peuple
galopant jusqu’à ce que les collines et les montagnes nous arrêtent.
Et la nuit quand ils cherchaient leur ennemi pour la gloire d’Allah
(et Allah les récompensera pour ce qu’ils ont fait)
Et l’expédition de Najd, où avec l’apôtre
ils se sont emparés de tant de prises et de butin.
la nuit d’Honayn quand ils ont combattu ave lui
ils lui donnent un second gout de combat.
Et l’expédition d’al Qada quand ils ont éparpillé l’ennemi
comme des chameaux sont éparpillés avant d’aller au puit.
Ils étaient le peuple qui lui a rendu hommage
au moment de la guerre, ils l’ont secouru et ne l’ont pas laissé.
Dans le raid contre la Mecque, ils étaient sur leurs gardes parmi les troupes
ni étourdis ni hatifs.
Khaybar, ils étaient dans son escadron
chaque homme marchant comme un héros en face de la mort
avec leurs sabres frémissant dans leurs mains
parfois abaissées pour frapper, parfois droites.
Le jour où l’apôtre est allé à Tabuk cherchant la récompense d’Allah
ils furent ses premiers porte-étendards.
Ils menaient la conduite de la guerre s’il leur semblait bon
d’avancer ou de reculer.
Ce peuple, ce sont les compagnons du prophète,
et c’est mon peuple, c’est à eux que j’appartiens
si mon origine est recherchée.
Ils meurent avec honneur, la foi intacte
Et quand ils sont tués, c’est pour la gloire d’Allah.


§ 552. — Un décompte musulman contemporain.

Voici un superbe document pour l’historiographie de l’islam. Le parti-pris, la foi et l’aveuglement sont manifestes. Quelle est la part de l’ignorance et celle de la tromperie?

(M. Hamidullah).
387

A défaut d'autres données chez les auteurs classiques ou nos autres devanciers, nous pouvons essayer de retracer l'évolution de la superficie du territoire de cet Etat, en étudiant les pactes de rattachement et les expéditions militaires qui aboutirent à l'occupation définitive :

1re année H.
388 : Fondation de la cité-état à Médine ; sphère d'influence (ou d'amitié389 ) dans la région entre Médine et la côte de la Mer Rouge, rapports avec la tribu Juhainah surtout.

2 H.: Renforcement de ces rapports vers le Sud et le Sud- Ouest de Médine, par des alliances défensives avec les Banu Dainrah. Le prophète ne distribuait le butin que dans le territoire islamique. Signalons que le butin de Badr fut distribué à Sayar près de la vallé Safra. La même année, le prophète conduisit lui-même une expédition punitive à Qarqarat al-Kudr, à l'Est de Médine, sur le territoire des Sulaim et des Ghatafan.

3 H. : On signale plusieurs expéditions dans le Najd, à l'Est de Médine: à Dhat ar-Riqa, à Qaradah, etc.

4 H. Des expéditions plus à l'Est, jusqu'à Faid en Najd.

5 H. Une expédition va dans l'extrême Nord de l'Arabie, jusqu'à Dumat al-Jandal, une autre dans le Sud à Muraigi, (pas loin de la Mecque), contre les Mustaliq. L'islamisation de ces derniers étend le territoire islamique jusqu'aux confins de la Mecque.

6 H. : Des expéditions contre Najd, à l'Est de Médine ; une contre Usfan, et même Kura al Ghamim, dans la banlieue de la Mecque.

7 H. : Annexion de Khaibar, de Wadil Qurà et de Fadak au Nord de Médine. D'autres expéditions toujours dans le Najd.
Rattachement de Bahrain (Ahsa moderne) et de Uman, dans l'Est et le Sud-Est de la Péninsule.

8 H. : Occupation de la Mecque et du territoire plus au Sud, dans la région côtière de Tihamah. Plusieurs expéditions en Palestine (Mu'tah, Dhat Atlah).

9 H. : Rattachement des régions méridionales : Yémen, etc., et des régions septentrionales depuis Dumat al-Jandal jusqu'en Palestine) Maqna, Ailah, Jarba, Adhruh, etc.). Cette année est connue sous l'épithète
390 d'« année des ambassades », et en effet le prophète reçoit cette année-là des délégations de toutes les régions de l'Arabie. L'occupation et la soumission de la Péninsule, et de quelques régions du Sud de l'Iraq et de la Palestine, est complétée.

10 H. : Certaines régions montagneuses du Yémen jusqu'à Aden se soumettent définitivement. Lors du Pèlerinage du prophète à la Mecque il put s'adresser à plus de cent mille fidèles, venant de toutes les régions de l'Arabie.

11 H. : Mort du prophète Muhammad au troisième mois de cette année.

La Péninsule Arabique a une superficie de 3 millions de kilomètres carrés. Son occupation en 10 ans signifie quelque 845 km par jour en moyenne pendant toute cette période. Quelques 140.000 Musulmans étaient venus à la Mecque en l'an 10
391 ; combien d'autres étaient restés chez eux, nous n'en savons pas le chiffre392 . Quel autre fondateur de religion eut un pareil succès, de son vivant dans son porsélytisme393 ?


§ 553. — Un décompte occidental et scientifique.

J.M. B. Jones a eu accès à un manuscrit original du British Museum qui contient une édition complète des “Expéditions” de Waqidi
394 . Il a pu dresser une liste chronologique de ces raids, expéditions, opérations punitives et assassinats. Malheureusement, elle ne correspond pas exactement aux données des autres sources395 . Il s’agit néanmoins de la meilleure vision d’ensemble que l’on puisse avoir de ces activités musulmanes396 .
Rappelons que tout ceci s’est déroulé en moins de dix années.

(J.M.B. Jones, The Chronology of the Maghazi- A textual survey Chronology of the Maghazi- A textual survey).
397

1-Raid d’Hamza sur la côte.
2-Rabigh.
3-al Kharrar.
4-al Abwa.
5-Buwat.
6-Badr al Ula I.
7-al Ushayra.
8-Nakhla.
9-Badr II.
10-Meurtre d’Asma bint Marwan
398 .
11-Meurtre d’Abu Afak.
12-Expulsion des Banu Qaynuqa.
13-Al Sawiq.
14-Qarqarat al Kudr.
15-Meurtre de Kab al Ashraf.
16-Dhu Amarr.
17-Buhran.
18-al Qarada.
19-Uhud.
20-Hamra al Asad.
21-Qatan.
22-Bir Mauna.
23-al Raji.
24-Expulsion ds Banu Nadir.
25-Badr al Mawid.
26-Meurtre d’Abu Rafi.
27-Dhat al Riqa.
28-Dumat al Jandal.
29-al Muraysi I.
30-al Musayri II.
31-al Khandaq.
32-Extermination des Banu Qurayza.
33-Meurtre de Sofyan ibn Khalid ibn Nubayh.
34-al Qurta.
35-Banu Lihyan I.
36-Banu Lihyan II.
37-al Ghaba.
38-al Ghamr.
39-Dhul Qassa I.
40-Dhul Qassa II.
41-Banu Sulaym.
42-al Is.
43-al Taraf.
44-Hisma.
45-Wadil Qura.
46-Dumat al Jandal I.
47-Fadak.
48-Meurtre d’Umm Qirfa.
49-Meurtre d’Usayr ibn Razim.
50-Banu Urayna.
51-al Udaybiyya.
52-Khaybar.
53-Turba.
54-Najd.
55-Fadak.
56-al Mayfa.
57-al Jinab.
58-Umrat al Qadiya.
59-Banu Sulaym.
60-al Kadid.
61-Dhat Atlah.
62-al Sij.
63-Muta.
64-Dhat al Salasil.
65-al Khabat I.
66-al Khabat II.
67-al Kadhira.
68-Idam.
69-La Mecque.
70-Banu Jadhima.
71-Hunayn.
72-al Ta’if.
73-al Jirana.
74-Banu Tamim.
75-Khatam.
76-al Qurta.
77-Raid contre les Abyssins
399 .
78-Destruction du sanctuaire d’al Fals.
79-Tabuk.
80-Dumat al Jandal II
400 .
81-Hijjat Abu Bakr.
82-Najran.
83-Ali au Yémen.
84-Hijjat al Wada.
85-Usama ibn Zayd en Syrie.


§ 554. — Témoignages épars.

Les listes sont confirmées par de multiples témoignages de participants aux opérations, qui se disputent entre eux leur nombre total.


(Muslim, Sahih 21/4801).401

Nous sommes allés dans sept expéditions avec le messager d’Allah et nous avons mangé des sauterelles.

(Muslim, Sahih 19/ 4466).402
J’ai combattu en compagnie du messager d’Allah dans dix-neuf batailles.

(Bukhari, Sahih 59/ 749).403
J’ai combattu avec le prophète dans seize expéditions.

(Muslim, Sahih 32-3384).
D'après Burayda, l'envoyé d'Allah fit dix-neuf batailles et prit part au combat dans huit d'entre elles.

(Muslim, Sahih 32-3386).
Salama a dit : "J'ai participé à sept batailles avec le prophète et j'ai en plus fait partie de neuf expéditions envoyées par lui et qui tantôt furent commandées par Abu Bakr tantôt par 'Usâma ibn Zayd".


(Bukhari, Sahih 59/ 748).404
J’ai combattu avec le prophète dans quinze expéditions.

(Muslim, Sahih 19/ 4462).405
J’ai pris part à sept batailles avec le messager d’Allah...

(Muslim, Sahih 19/ 4465).406
Le prophète a combattu dans quatorze batailles mais après l’Hégire, n’a fait qu’un seul pélerinage.

(Muslim, Sahih 19/ 4467).
... le messager d’Allah a conduit dix-neuf campagnes militaires et a combattu dans huit d’entre elles.

(Hadith: Muslim 19/ 4464).
Il demanda: comment d’expéditions le prophète a t-il entrepris?
-Dix-neuf ; et ils demandèrent (à Zayd ibn Al Arqam): et dans combien l’as tu accompagné?
-Dix-sept ; et laquelle a été la première:
-“Al Ashira ou Al Ashiru.”

(Muslim, Sahih 7/ 2881).
A combien d’expéditions militaires as tu participé avec le messager d’Allah?
Il dit:
-A dix-sept.
Il ajouta:
-Zayd ibn Arqam m’a rapporté que le messager d’Allah avait conduit dix-neuf expéditions.

Un avis d’historien
( Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 325)

Les expéditions qu’il avait dirigées personnellement s’élèvent au nombre de vingt-sept ; dans neuf des campagnes, il y avait eu combat. Il avait en outre fait exécuter, par des corps de troupes, trente-cinq expéditions, sans y prendre part personnellement.

Vieux souvenir d’expéditions
(Bukhari, Sahih 59/ 571).

Salama ibn al-Akwa a dit: j’ai combattu dans sept expéditions avec le prophète.
Il mentionna Khaybar, al Hudaybiyya, le jour d’Honayn et celui d’al Qurad. J’ai oublié les autres noms d’expéditions.

(Bukhari, Sahih 72/13).
Nous avons fait avec le prophète sept expéditions -ou six seulement, suivant une variante - au cours desquelles nous avons mangé des sauterelles, lui et nous.

Les attaques sans Muhammad
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 326).

Les campagnes exécutées par des détachements de troupes, sans que le prophète y prit part, sont au nombre de trente-cinq, d’autres disent quarante-huit.
Allah seul connait la vérité.


Une courte liste d’un jihadiste contemporain.
(Abdallah Azzam, Rejoins la caravane).407
Le jihad était la vie même pour les pieux ancêtres, le Prophète (que la prière et la bénédiction d'Allah soient sur lui !) était le maître des combattants du jihad et un chef pour les jeunes inexpérimentés. Lorsque le combat faisait rage, ils se protégeaient auprès du Prophète d'Allah (que la prière et la bénédiction d'Allah soient sur lui!) qui les amenait jusqu'à l'ennemi. Il participa à vingt-sept expéditions, et combattit dans neuf d'entre elles: Badr,Ohod, al-Murayssi, a-Khandaq, Qurayzah, Khaybar, la conquête de La Mecque, Honayn et Ta’if. D'après ce qui a été dit : « La Mecque fut prise par la force, il envoya quarante escouades, et combattit lui-même les Banu al-Nadhir» (Le but du chercheur, 8/16).
Cela signifie que le prophète d’Allah menait une expédition où envoyait une escouade tous les deux mois au moins.

§ 555. — Les armes de l’Apôtre.

Une autre méthode pour observer la carrière militaire de celui-ci consiste à comptabiliser l’ensemble des armes408 qu’il utilise tout au long de sa vie, la plupart étant volées à ses ennemis, et en première place, les sabres409 . Ces objets -pieuses reliques parfaitement fausses et dépareillées par leur style- sont encore vénérés dans le monde musulman, comme ceux qui sont présentés au Musée de Topkapi à Istanbul.410
La sacralisation des armes est une vieille habitude aux origines animistes, et la Tradition Islamique y succombe sans hésiter.
Rappelons que le Christ des chrétiens recommande à ses apôtres de ne posséder aucune arme lors de leurs missions.


(ibn Sa’d, Tabaqat I 576).
L’apôtre d'Allah a émigré à Médine avec un sabre qui appartenait à Abu Mathur.
(...)
L’apôtre d'Allah a pris son sabre dhul Faqar du butin de la bataille de Badr.
(...)
Ali ibn Husayn a apporté le sabre de l’apôtre d'Allah dont la poignée était en argent, comme l’anneau et la chaîne de suspension, aussi en argent.
(...)
L’apôtre d'Allah avait trois sabres provenant des Banu Qaynuqa, un sabre Qalay411 , un deuxième Battar412 , une troisième al Hatf413 . Ensuite, deux sabres al Mikhdham et Rasub, venant de al Fals.
(...)
Le sabre de l’apôtre d'Allah s’appelait Khifi414 , avec un bout pointu.

(ibn Sa’d, Tabaqat I 578).
L’apôtre d'Allah a reçu deux cottes de maille, une appelée al Sadiyya, et une autre Fidda, venant du butin des Banu Qaynuqa.

(ibn Sa’d, Tabaqat I 580).
L’apôtre d'Allah avait un bouclier avec l’image d’un bélier. Le prophète ne l’aimait pas, alors Allah l’a effacé le matin.

(ibn Sa’d, Tabaqat I 580).
L’apôtre d'Allah a pris parmi les armes des Banu Qaynuqa trois lances et trois arcs. Le nom d’un des arcs est al Rawha, l’autre, en bois de shawat, était al Bayda, l’arc jaune s’appelait al Safra, parce qu’il était en bois de nada.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 340).
Le prophète avait sept sabres : l'un, qu'il avait apporté de la Mecque, et qui, le jour de son entrée à Médine, était attaché à son chameau, était désigné par le nom d’Adhbâ; c'est le sabre qu'il portait à la journée de Badr. Un autre, qui avait appartenu à Munabbih ibn Haddjâdj, et qui était fameux parmi les Arabes, était appelé Dhu l Faqâr; le prophète l'avait trouvé dans le butin de Badr. Trois autres, qui lui venaient du butin des Banu Qaynuqa, étaient nommés: Khayf, Battâr et Qalay. Deux autres lui avaient été apportés par Ali, qui les avait trouvés dans le temple des Banu Tayy; leurs noms étaient : Mikhdham et Rosub. Il avait trois arcs : Rawhâ, Baydhâ et Safrâ; trois lances, dont les noms ne sont pas mentionnés dans cet ouvrage; trois cuirasses, dont deux, Fiddha et Zhafar, lui venaient du butin des Banu Qaynuqa; la troisième, une cuirasse longue nommée Fâdhila ou, d'après d'autres, Dhât al Fudhul415, provenait de Khaybar. Enfin il avait un bouclier, sur lequel était représentée une tête humaine. Le prophète donna l'ordre d'en enlever cette image; elle disparut du bouclier sans que personne y touchât.

(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 99).
Anas rapporte que la poignée du sabre de l’envoyé d'Allah était faite en argent.

(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 100).
... quand le prophète d’Allah est entré à la Mecque, le jour de la conquête, son sabre était couvert d’or et d’argent.
-Sur quelle partie se trouvait l’argent?
-La protection de la poignée était en argent.

(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 102).
... Il a fabriqué son sabre de la même manière que celui du prophète d’Allah. Le sabre était du genre de ceux utilisés par la tribu des Banu Hunayfa.

(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 103).
... le prophète d’Allah portait deux cuirasses sur son corps auguste à la bataille d’Ohod. Le prophète a voulu monter en haut d’une colline, mais il n’ a pas pu le faire à cause du poids de ces cuirasses. Alors il a demandé à Talha de s’asseoir et avec son aide, il a monté la colline.
Zubayr a dit:
-J’ai entendu le prophète dire “C’est devenu wajib416 pour Talha.

(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 104).
A la bataille d’Ohod, le prophète portait deux cuirasses, l’une sur l’autre.




1 La question provient de guerriers anxieux, qui ne savent pas encore qu’ils partent à la conquête de la Mecque, plutôt que vers une cible dévolue à leurs pillages.

2 Au siège de Khaybar.

3 P. Crone, From Arabian tribes to Islamic empire, army, state and society in the Near East c.600-850, Aldershot, 2008

4 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 4 ; safar 2 (mars 623?) ; A cet endroit la tombe de la mère de Muhammad, Amina.

5 C’est Muhammad qui donne officiellement le drapeau et qui donne ainsi un caractère religieux à l’entreprise de pillage. Chaque fois, le geste de sanctification est précisé.

6 ibn Hisham, Sira (Conduite de l'envoyé d'Allah), ed. A. Guillaume, Oxford 1967. Réédité plusieurs fois depuis, notamment au Pakistan.

7 Le hadith autorise le meurtre des enfants et des femmes dans les attaques nocturnes ; ceux-ci sont théoriquement épargnés pour grossier le rang des esclaves, mais l’obscurité provoque des erreurs regrettables. Le hadith permet de soulager des consciences maladroites et les sabres hasardeux.

8 Ce hadith est pourvu de deux variantes ; l’un parle de “jeunes” et non d’”enfants ; l’autre ajoute: “Ces enfants sont enfants de leurs pères”.

9 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 4 ; safar II (mars 624)

10 Cf. M. Lecker, People, Tribes and society in Arabia around the time of Muhammed, Aldershot 2005, XI, p. 30 ; id. The Banu Sulaym, a contribution to the study of early islam, Jerusalem 1989.

11 L’initiative marque le naissance de l’Etat à Médine: momentanément, il y a rupture entre l’organisation et la personne du chef; Fred M. Donner, “Centralized Authority and Military Autonomy in the Early Muslim Conquests”, LAEI 3, 1995; Muhammad Y.M. Siddiqui, Organisation of Government Under the Prophet, Delhi 1987.

12 La contradiction est patente, mais ce n’est rien quand on se rappelle que le livre n’existe pas encore à cette époque. Dès lors, les aberrations s’annulent entre elles.

13 C’est-à-dire les bédouins.

14 Cf. partie XI.

15 ibn Sa'd, Tabaqat I-II, ed. Moinul Haq, New Delhi (sans date).

16 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 16 ; rabi al awwal 3 (avril 624).

17 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

18 Waqidi, Maghazi, in J. Wellhausen, Muhammad in Medina, Berlin 1878.

19 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 21 (février 625).

20 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 22 (juillet-aout 625) ; Cf. Gaudefroy-Demombynes, p. 145 (juin 625) ; Watt 1960, p. 48. Difficile de trouver une unité dans le récit.

21 Une grande tribu du Hedjaz, au sud de Médine.

22 Cf. les Lihyanites de l’antiquité (partie I).

23 Datation possible: juillet 62 ; Ce n’est pas à proprement parler un expédition: plutôt des actions fortuites contre des bédouins, après la tentative d’assassinat contre Abu Sufyan (cf. partie XIV).

24 Ed. State of New Yor University.

25 Amir ibn Ummayah.

26 Les borgnes sont diabolisés dans les sociétés primitives, au contraire des aveugles qui sont presque vénérés.

27 Ed. State of New Yor University.

28 Indice de structure tribale qui perdure.

29 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 47 (juillet 625) ; Watt 1960, p. 46-7. M.J. Kister, “The expedition of Bir Mauna”, Arabic and Islamic Studies in Honour of Hamilton A. R. Gibb, Leiden,1965, p. 337-357 ; Cf. Gaudefroy-Demombynes, p.45.

30 Ed. State of New Yor University.

31 Les récitateurs du Coran.

32 Le puits.

33 Invocation intégrée à la prière, et dans ce cas, une malédiction.

34 C’est-à-dire “le combat”.

35 Le fameux prédicateur islamiste utilise un des rares récits de massacres dont les musulmans sont les victimes plutôt que les acteurs. Il s’agit pour lui de justifier l’élimination de la tribu juive des Banu Nadir, qui advient peu après. Les méthodes intellectuellement crapuleuses de ce personnage médiatique doivent être dénoncées partout où elles se signalent.

36 T. Ramadan, Muhammad, vie du Prophète, Les enseignements spirituels et contemporains, Paris, 2006.

37 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 26 (septembre 625?) ; Cf. Gaudefroy-Demombynes, p. 45 (juin 626).

38 Récit de Abdullah ibn Umar.

39 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°33 ;

40 Chiffons.

41 Méthode déjà mentionné dans la Mishna (Berakot); cf. Th: Noldeke, Geschichte des Qoran I,p: 202.

42 Risala malikite, ed. L. Berchet, Alger 1975.

43 SALÂT AL-KHAWI.

44 La formule de l’attestation.

45 Le soir.

46 Ed. State of New Yor University.

47 SALAT AL KHAWF.

48 Personne priant.

49 Le futur calife, qui apparait déjà comme un administrateur.

50 C’est à dire les Bédouins.

51 La tribu juive, cf. partie XI.

52 Corpus coranique 4/103.

53 Prononciation de la doxologie “Allah Akbar” (TEKBIR).

54 RABI II.

55 Récit de Andullah ibn Umar.

56 id. (Muslim, Sahih XIX 4330).

57 Un exemple de fanatisme à méditer.

58 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°33 ; datation incertaine (février 627?).

59 R. G. Khoury, Wahb b. Munabbih. Teil 1: Der Heidelberger Papyrus PSR Heid Arab 23; Leben und Werk des Dichters. Teil 1: Faksimiletafeln, Wiesbaden, 1972 ; id. "Un écrit inédité attribué à Wahb b. Munabbih," Al-Machariq, 64 (1970); N. Abbot, "Wahb b. Munabbih--A Review Article," Journal of Near Eastern Studies, 36, 1977; Alfred-Louis de Prémare , “Wahb b. Munabbih, une figure singulière du premier islam”, Annales. Histoire, Sciences Sociales 60, 2005 .

60 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°38 ; datation incertaine (mai 627) ou n°56?

61 Le chef de l’expédition est donc un traître à sa propre tribu.

62 Chaîne de transmission d'information.

63 Juillet 627?

64 Les Bédouins.

65 Cette kunya est très populaire chez les islamistes.

66 Aout 627.

67 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

68 MAGHRIB.

69 Des hommes des Banu Muharib, Thalabah et Anmar, qui avaient projeté de razzier les troupeaux de Médine.

70 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 35 (aout 627).

71 L’arrêt des poursuites s’explique par le fait qu’il faut d’urgence partager le butin: personne ne veut être privé de cette étape lucrative. L’instinct de la meute passe avant les préceptes religieux.

72 Septembre 627.

73 Cf. partie I.

74 Cf. partie XI sur le massacre des juifs.

75 SHAM.

76 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

77 Un des exemples de ruse de Muhammad, fondée sur le mensonge (cf. les principes de tactique).

78 Le combat d’al Raji.

79 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 34 (septembre 627).

80 Récit de Salama ibn al Akwa.

81 Abu Qatada.

82 Long manteau.

83 De Médine.

84 Les bornes du territoire sacré?

85 Des vers chantés.

86 “Une menace, une menace!”.

87 Al Miqdad.

88 L'aurore.

89 Les HARRA.

90 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°59 (septembre 627).

91 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

92 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 40 (octobre 627).

93 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

94 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 41(octobre 627); D. F. Graf, “The Nabataeans and the Hisma: In the Steps of Glueck and Beyond”, The Word of the Lord Shall Go Forth, Essays in Honor of David Noel Freedman. Winona Lake 1983 .

95 Après quelques péripéties, leurs biens leur sont rendus.

96 Lara Scarsella , Dovere di stupro: la cultura della violenza sessuale nella storia, Rome, 1992; Coll, Die sexuelle Gewalt in der Geschichte, Ed. Alain Corbin. Berlin, 1992; Edward Shorter , "On writing the history of rape." Signs 3, 1977; Susan Brooks Thistlethwaite, ""You may enjoy the spoil of your enemies": rape as a biblical metaphor for war." Semeia 61, 1993; Ilse Müllner ,"Sexuelle Gewalt im Alten Testament." Sexuelle Gewalt gegen Mädchen und Frauen als Thema der feministischen Theologie, ed. Ulrike Eichler Gütersloh, 1999; Renita J. Weems , Battered love: marriage, sex, and violence in the Hebrew Prophets, Minneapolis, 1995.

97 www.al-idlam.com (Le Royaume d’Arabie Saoudite . Ministère des Affaires Islamiques, des Waqfs, de l’Appel et de l’Orientation).

98 Récit d’ibn Awn.

99 Récit d’ibn Awn.

100 MAWLA.

101 KHUMS.

102 Il obéit à la solidarité tribale.

103 Corpus coranique 63/8.

104 Corpus coranique 63/7.

105 C’est Abdallah ibn Ubayy qui s’exprime.

106 AL AAZZ.

107 AL ADHALL.

108 Corpus coranique 63/8.

109 Hypocrites, selon la mauvaise traduction habituelle ; cf ; partie XI.

110 Traduction incertaine des deux dernières expressions.

111 ibn Ubayy serait l’auteur de cette formule.

112 Ed. Bewley.

113 La part de 20%.

114 Mesure de métal précieux.

115 Aïsha.

116 Décembre 627.

117 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 28 ; cf. Gaudefroy-Demonbynes 1957, p.156-7 et 192, et les versets coraniques de référence ; la question de la calomnie contre Aysha ne sera pas traitée ici ; la vie privée de Muhammad fera l’objet d’une étude complète par la suite (cf. partie XII) ; Watt 1960, p. 60 (juin 627 pour lui).

118 G.H. Bousquet, Encyclopédie de l'Islam2 I, p. 849.

119 Une prisonnière enceinte n’a pas forcément la même valeur marchande ; comme le Coran ne mentionne pas précisément ce cas, les hadiths complètent amplement cette lacune.

120 Al Jurjani, Livre des Définitions, ed. M. Gloton, Beyrouth 2005.

121 AMA.

122 AZL.

123 Cf. Rodinson, p. 230-1.

124 A propos des prisonnières.

125 Ici s’exprime clairement le lien entre le respect de la femme et sa valeur marchande.

126 Le contentement, donc la fidélité de ses troupes, importe beaucoup à Muhammad leur chef. Et la mesure ne lui coûte rien: à ce moment, les captives sont très nombreuses.

127 Récit d’Abu Sirma.

128 Le sujet de la tension sexuelle des combattants et de sa satisfaction n'est jamais étudié. Il s’agit sans conteste d’un ressort puissant de la pulsion guerrière de ce temps.

129 L’expédition ne figure pas chez Jones (627?).

130 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

131 Sur ce peuple en partie mythique , cf. partie I.

132 627.

133 ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah, n. 914, p. 791.

134 MAWLA.

135 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°46 (septembre 628), sous l’intitulé “meurtre de Umm Qirfa”.

136 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

137 La “chef” de la tribu possède donc une kunya, comme les hommes nobles.

138 “Epouse du roi”.

139 La fille capturée passe de “main en main” à Médine ; cf. ibn Sa’d, Tabaqat II 1, 65 et Gaudefroy-Demondynes 1957, p. 156.

140 Rare manifestation de convivialité, indice du statut très particulier de Zayd auprès de Muhammad. Le fait même qu’il y ait contact physique est remarquable. On tente sans doute de faire passer ce personnage pour un véritable fils du chef. Mais son origine servile et chrétienne l’empêche d’avoir une importance véritable dans la nouvelle communauté musulmane.

141 AMIR.

142 En 629.

143 En février 628.

144 Joel L. Kraemer,''Apostates, Rebels and Brigands.'' Israel Oriental Studies 10, 1980

145 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

146 MUSRIFUN.

147 IQAB.

148 Coutume d’origine perse et mésopotamienne, en vigueur dans le Proche-Orient. et reprise par Rome, dans les cas que l’on sait.

149 Ed. Bewley.

150 Muhammad aime à se présenter comme prophète de l’humanité et guide de son peuple, mais il reste très attaché aux biens matériels et à l’intégrité de sa propriété.

151 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°50 (septembre 628).

152 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 51(décembre 628).

153 Seulement connu par une allusion au moment de Khayabr ; le chef est al As.

154 Récit de Sa’id ibn al As.

155 www.al-idlam.com (Le Royaume d’Arabie Saoudite . Ministère des Affaires Islamiques, des Waqfs, de l’Appel et de l’Orientation).

156 Le geste veut passer pour une consécration païenne, un forme de culte de l’arbre ; cf. partie III.

157 Décembre 628.

158 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

159 Comme infidèle, en enfer.

160 En 628.

161 Cf. partie XVII.

162 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

163 En 628?

164 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

165 W.M. Watt, Encyclopédie de l'Islam2 II, p. 893-4.

166 Récit de Salama.

167 Il se distingue du précédet par la direction d’Abu Bakr et la référence aux victimes.

168 Dans la dernière expédition organisée par Muhammad ; cf. partie XVIII.

169 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 53 (janvier 629).

170 Ou Khaleb.

171 L’affranchi, dans ce cas.

172 “Il n’y a de dieu qu’Allah!”, la première partie de la profession de foi.

173 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

174 Ou Jina ; J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 54 (mars 629).

175 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

176 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 57 (mai 629?).

177 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

178 Juin 629.

179 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

180 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°58(juillet 629).

181 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

182 La localité n’est pas identifiée: dans le “Shams”: la Syrie.

183 Cité par Prémare 2002.

184 J.M. B. Jones “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 63 (septembre 629).

185 Récit de Muhammad ibn Sahl.

186 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°65 ; rajab 8 (avril 629).

187 SAMAK. La baleine est un mammifère marin et non un poisson.

188 Celui qui transmet le récit.

189 Sorte de choux.

190 “Grenier” ? L’animal est consommé sans avoir été sacrifié, ce qui constitue une faute. La référence a peut-être inventée pour excuser un manquement ultérieur.

191 Les morts au combat sont inhumés dans des conditions différentes de celles des humains ordinaires. Ils sont d’une catégorie supérieure et leur sang, par exemple, n’est pas considéré comme impur, bien au contraire.

192 Normalement, le raid ne s’est pas soldé par des combats ; mais un hadith mentionne tout de même une victime dans un combat contre ce clan . Dans le doute, on ajoute donc l’anecdote dans cet épisode.

193 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 64 ; jumada al Akhira 8 (septembre-octobre 629) .

194 Yaqut, Buldan III 233: “Point d’eau sur le territoire des Judham”, sans plus de précision.

195 Abu Bakr.

196 Le hadith, très favorable, a dû être composé au temps du califat d’Omar. Le personnage lui-même n’est pas particulièrement apprécié, à cause de sa dureté et de son inhumanité. Il est aussi franchement haï par les shiites.

197 On remarquera l’absence d’Ali dans ce type de hadiths.

198 Cité par Prémare 2002.

199 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 68 ; ramadan 8 (octobre 629).

200 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

201 Le point de droit est de savoir si le salut musulman équivaut à un signe de conversion.

202 Cette bévue aurait eu comme conséquence la révélation du verset 94 de la sourate 4.

203 629.

204 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 62 ; rabi al awwal 8 (629).

205 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 76 ; safar 9.

206 Un état qui fait croire qu’ils accomplissent la prière des musulmans, alors qu’en fait, ils obéissent aux rituels pré-islamiques.

207 Dans le massacre, les musulmans ont pu tuer l’un des leurs, dans leur frénésie.

208 C’est un ré-emploi manifeste de l’épisode hégirien du refuge dans la grotte (cf. partie IX). Le meurtrier, fier de son acte, se prend pour une sorte de second Muhammad.

209 Muhammad ibn Maslama.

210 Pour les divisions tribales,cf. partie II.

211 Cf. partie IX.

212 A.L. de Prémare, Fondations 2002, p. 135 ; L. Veccia-Vaglieri, Encyclopédie de l'Islam2 II, p. 640-1.

213 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°28 ; rabi al awwal 5 (juillet 626).

214 Le danger constitué par Muhammad commence à susciter des réactions, y compris entre Juifs et Arabes.

215 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 45 ; jumada al ula 6 (aout 628).

216 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

217 Même s’il rencontre des bédouins en chemin, le but ultime de Zayd est sans doute de piller la riche oasis des Juifs.

218 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

219 L’épisode est racontée en deux versions, et en deux parties.

220 Malhonnêteté.

221 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 47 ; shaban 6 (septembre 628) ; à distinguer de l’attaque générale par Muhammad peu après Khaybar.

222 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

223 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n°46 ; shaban 6 (septembre 628) ; L. Veccia-Vaglieri, Encyclopédie de l'Islam2 II, p. 743-5.

224 Mais elle reste intégrée aux opérations militaires, dans les listes canoniques. Contrairement aux conceptions usuelles, dans ce cas, la diplomatie est la continuation de la guerre par d’autres moyens.

225 Décembre 627.

226 Version arabe du texte-Ed. State of New York University.

227 MALIK.

228 La capture des femmes peut se dérouler par une simple opération matrimoniale.

229 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 52 ; dhul qada 6 (juin 628).

230 M. Lecker, “The Huddaybiyya treaty and the expedition of Khaybar”, Jerusalem Studies in Arabic and Islam 5, 1984.

231 La notion de DAR AL SULH.

232 Cette décision a suscité justement une grande quantité de documents qui la justifiait ; c’est pour cela que l’événement lui-même est si bien connu.

233 C’est de cet épisode que dateraient des hadiths tels que ceux qui font intervenir arbres et rochers dans la chasse aux juifs ; cf ; Bukhari, Sahih 56/94 et Gaudefroy-Demonbynes 1957, p. 171 (sans compter les allusions dans la littérature du HAMAS.

234 A. Noth, “Minderheiten als Vertragspartner in Disput mit dem islamischen Gesetz : die Nachkommen der Juden von Khaibar und die Gizya”, in Studien zur Geschichte und Kultur des Vorderen Orients, Festschrift Spuler, Leiden 1981.

235 Cf. la Khaybar Pass au Pakistan ; en Iran, Khaybar est par exemple le nom d’un fusil-mitrailleur.

236 SAKINA.

237 Par la trêve d’Hodaybiyya.

238 Ed . Reinaud II, Paris, 1848.

239 ibn Hauqal, KITAP SURAT AL ARD, ed. Kramers/Wiet, Beyrouth 1964.

240 Normalement, une attaque doit être précédée d’une “offre” de soumission, sous la menace, pour tout infidèle. La soumission est à la fois la conversion à l’islam comme religion et l’acceptation de la domination politique des musulmans. On doit remarquer que le fait que Muhammad s’exonère de cette étape n’est sans doute pas un hasard. En effet, si par extraordinaire les Juifs acceptaient la soumission et se convertissaient (certes, le risque est faible), la capture de leurs familles et la prise de leurs biens seraient alors impossibles. Le dilemne s’est en fait souvent posé aux conquérants musulmans des premiers siècles, hésitant sans cesse entre conversion religieuse et exploitation économique. Khaybar est décidement un bel exemple de la part du Beau Modèle.

241 Témoignage d’un combattant.

242 Récit d’Anas.

243 Récit d’Anas ibn Malik.

244 Prière.

245 GAHAB.

246 Ou Muhammad.

247 Qu’on se rassure: les esclaves non-gravides restent licites et ouvertes aux assauts des guerriers avides.

248Yakut IV, p. 792 ; Ed. Hirschfeld, Revue des Etudes Juives 10, p. 30.

249 L’étendard doit transmettre la chance ou la providence (BARAKA) venant de Muhammad et de sa divinité tutélaire.

250 Le hadith qui montre Ali dans une situation peu avantageuse oblige le narrateur à cette introduction laudative ; il faut se concilier le public shi’ite.

251 BARAKAT.

252 Maslama.

253 Un des derniers exemples d’un duel en Arabie: ce modèle chevaleresque disparaît au profit des affrontements de masse et des attaques-surprise. L’ajout de poèmes chantés avant le combat accentue encore le caractère archaïque de l’épisode ; cf. partie II sur la poésie arabe et les combats.

254 Ali est aussi appelé “le Lion d’Allah”, entre autres.

255 Trad. J.-C. Reverdy, Paris, 2002.

256 Lieu de prière.

257 QATLU NAFSI-HI ; Franz Rosenthal, "On Suicide in Islam." Journal of the American Oriental Society, 66 , 1956; Lynda Clarke,"Suicide." In J.L. Esposito, ed., Oxford Encyclopedia of the Modern Islamic World, IV sv.

258 Après avoir entendu une de ses poésies.

259 Franz Rosenthal, "On Suicide in Islam." Journal of the American Oriental Society, 66 , 1946; Lynda Clarke,"Suicide." In J.L. Esposito, ed., Oxford Encyclopedia of the Modern Islamic World, IV sv.

260 Expulsés de Médine auparavant: ici l’on règle ses comptes.

261 Les versions varient sur l’identité du mort: en fait, le nom a presque le même sens ; cf. parties VII.

262 “Le fils du rabin”.

263 Le premier muezzin de l’Histoire islmaique est resté un serviteur de confiance. Dans d’autres versions, c’est Bilal lui même qui commet la bévue de faire passer les femmes par le lieu où se trouvent les corps de leurs époux.

264 Le nom de cette femme coïncide avec le mot qui désigne la part que le chef peut choisir d’autorité dans le butin: la part dite “régulière” (SAHM SAFIY).

265 Rappel de l’épisode dans la partie XVII.

266 Exemple de femme exécutée, à l’encontre des traditions vantant la magnanité prophétique au sujet des femmes.

267 La Tradition parvient ainsi à associer la survie et le martyre.

268 Oasis d’une tribu juive occupé par Muhammad.

269 Une bouillie.

270 Récit d’ibn Umar.

271 Récit d’ibn Umar.

272 L'exégèse explique que l'extrait du Coran 2/168-72 est "descendu" pour atténuer ce type d'interdiction en contexte de guerre.

273 Récit d’al Bara ibn Azib.

274 Mohammad Hassan Khalil, “ A Closer Look at al-Tabari’s Accounts of the Khaybar Spoils, or the Intersection of Law, Historiography, and Exegesis” , Comparative Islamic Studies 3 1997

275 Les différents forts de Khaybar qui résistaient.

276 L’étude de ce document présente de considérables difficultés de calculs, que les spécialistes n’ont pas encore résolues.

277 Celles de Muhammad.

278 Cette tradition a été développée outre-mesure: on peut y voir une historiette morale destinée aux esclaves des musulmans, pour les inciter à l’honnêteté dans les ménages.

279 Source internet: usc-msa Compendium of Muslim Texts (Muslim Students Association-University of South California).

280 Le paradis.

281 Son petit-fils adoptif.

282 Il n’est pas affranchi pour ses services.

283 Récit d’Aïsha.

284 Récit d’ibn Umar.

285 Khalid ibn Saïd.

286 FAYYI.

287 Il reste à espérer que ce passage n’a rien d’érotique.

288 Le hurlement du TEKBIR.

289 Même affranchi, il reste un domestique.

290 Une épouse officielle.

291 ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah (ed. Guillaume), introduction, p. XLV.

292 Au moment de son califat: le texte permet de justifier l'expulsion définitive.

293 Nouveau titre califal.

294 Le nom tribal de Muhammad.

295 Il critique le personnage de Muhammad, et se rend ainsi coupable de SABB, “insulte contre le prophète”.

296 Il leur rachète leurs biens en les faisant partir.

297 Trad. J.-C. Reverdy, Paris, 2002.

298 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 55 ; shaban 7 (septembre 628).

299 Corpus coranique 59/6. Les autres commentateurs relient ce verset à l’attaque contre les Banu Nadir.

300 Ed. Bewley.

301 Joshua ben Noah.

302 C’est-à-dire de force.

303 Récit de Abdullah ibn Abu Bakr.

304 L’expression recuvre les habitants de Khaybar et Fadak.

305 Trad. Schöller 2000 p. 40.

306 Fondation pieuse.

307 Septembre 628?

308 “La vallée des cités” ; M. Lecker, Encyclopédie de l'Islam2 X I p. 21 ; il y avait eu un petit raid auparavant.

309 Al Baladuri, The Origins of the Islamic State, ed. P.K. Hitti, 2002.

310 Il est difficile de se prononcer sur l’historicité de telles initiatives. Celle-ci a peut -être été inventée pour motiver les conquérants musulmans à l’attaque de l’Ethiopie chrétienne (qui aura lieu bien plus tard, mais à partir de l’Egypte), et de l’Afrique en général: un précédent prophétique a beaucoup de valeur.

311 AL HABASHAH.

312 Septembre 628? ou 629.

313 Le comportement devient de plus en plus impérialiste.

314 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 47, Hamidullah, Doc. 7.

315 DHIMMA.

316 J.M.B. Jones, “The Chronology of the Maghazi- A textual survey”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957 n° 62 ; jumada al ula 8 (septembre 629) ; cf. P. Mayerson, “The first muslim attacks on southern Palestine, TAPA 1964 ; F. Buhl, Encyclopédie de l'Islam2 VII p. 757 ; W. Caskel, “Aus der Frühzeit des Islam: ein authentischer Bericht über die Niederlage von Mu’ta”, Festschrift Spies, Wiesbaden, 1967 ; S. Bashear, “Apocalyptica and other materials on early muslim byzantine wars: a review of arabic sources, Journal of the Royal Asiatic Society ser. 3, 1, 1991 ; W.E. Kaegi, “Initial byzantine reactions to the arab conquests”, Church History 38,1969 ; L. I. Conrad, “Kai elabon tên Hêran”, Aspects of the early muslim conquests in southern Palestine”, IVth colloquium on “Jahiliyya to islam”, Jérusalem 1987.Michael. Bonner, "Some Observations Concerning the Early Development of Jihad on the Arab-Byzantine Frontier," Studia Islamica 75, 1992

317 DAR AL HARB.

318 KAFIR.

319 Une terre prospère, où des richesses sont à leur disposition.

320 Allusion à l’installation des Ommeyades à Damas?

321 C’est la zone la plus riche.

322 Situation que l’on a toujours tendance à négliger.

323 AL HARIR.

324 Ces précisions étranges trahissent la reconstruction postérieure du texte: ces remplacements auront effectivement lieu à la fin de la bataille.

325 La Géhenne.

326 Effectifs fantaisistes, qui doivent excuser la défaite.

327 Cf. les d”eux Récompenses”.

328 Awf ibn Malik.

329 M. Lecker, People XI, p. 91.

330 Cf. la procédure du sacrifice animal: Zayd meurt hallal.

331 La pratique est habituelle dans la jahiliyya: ainsi, le héros montre qu’il ne s’enfuira pas quelque que soit l’issue du combat. C’est le genre de pratique que d‘ordinaire Muhammad interdit absolument. Mais il est loin du théâtre des opérations.

332 Tabari évite de dire “miracle”. Muhammad manque de miracles, face à Jésus, et les chrétiens s’en apercevront.

333 Les textes ne rappellent pas que Zayd était une ancien chrétien, apostat pour les siens, et qu’il est mort justement devant eux. On aurait peine à trouver ici un argument théologique favorable.

334 SAYF ALLAH.

335 DHUL JENAHAYN.

336 Nom habituellement donné aux chrétiens.

337 Le personnage reçoit une gloire postérieure, en plus de celle accordée par son rapport familial à Muhammad (fils d’Abu Talib et cousin): il est considéré comme un soutien des pauvres, comme “Le père des pauvres”, ABU 'L-MASAKIN.

338 C’est pourtant une défaite. Pour compenser, la retraite, bien ordonnée, est vue comme une victoire relative.

339 On aurait pu attendre le terme habituel de muhajirun, “Emigrés”.

340 L’emploi du terme revient ici à nier la réalité tribale de Médine.

341 Cité par Prémare 2002.

342 Pour l’autre contexte possible, cf. partie VI.

343 La nouvelle idéologie imposée par Muhammad expose que les morts au combat sont destinés au paradis -un endroit formidable, cf. partie V- et il ne convient donc pas de les plaindre. Plus grave, c’est une application supplémentaire du modèle totalitaire, s’imposant jusque dans le deuil.

344 En fait, ils sont arabes, mais au service de Byzance, et chrétiens.

345 Le fils adoptif de Muhammad.

346 Une des deux traductions possibles de ce verset célèbre peut s’appliquer, selon une partie des exégètes, au contexte de cette défaite (et non à la victoire byzantine sur les Perses): le message doit alors redonner du courage aux troupes musulmanes.

347 Il est issu du clan des Makhzum, et non des Hashim.

348 P. Crone, “Khalid ibn al Walid”, Encyclopedy of Islam.I. 1977.

349 Gaudefroy-Demonbynes 1957, p. 183.

350 L.I. Conrad, “Theophanes and the arabic historical tradition: some indications of intercultural transmission”, Byzantinische Forschungen 15, 1990.

351 Soit 630-1 ; la date est fautive: la bataille de Muta a lieu un an avant.

352 Erreur de chronologie du point de vue byzantin.

353 Les Ghassanides.

354 Localité non identifiée.

355 Bikarios: "vicaire" fonctionnaire chargé des finances, qui peut aussi prendre des fonctions militaires en cas de danger.

356 L’auteur utilise sans doute une source musulmane, qui considère le christianisme comme une idolâtrie. Mais le fait que les Arabes chrétiens continuaient leurs pratiques anciennes était aussi connu de la hiérarchie chrétienne.

357 Korasinos, en grec.

358 Qutba.

359 Muta.

360 Khaledos.

361 Cité dans R. Hoyland,Seeing islam as others saw it, Princeton 1996.

362 Un eunuque gouverneur de la région.

363 Les MAGHAZI, et les SIYAR cf. bibliographie.

364 J.M. B. Jones, “The Maghazi literature”, in ed. Beeston, Arabic literature to the end of ummayad period, 1983 ; on connait un certain nombre d’auteurs de ce type de littérature, chronologiquement: Urwa ibn az Zubayr, Aban ibn Othman, Musa ibn Oqba, al Waqidi, Shurahbi ibn Sad (?), Wahb ibn Munabbih (?), az Zuhri (?) ; M. Hinds, Encyclopédie de l'Islam2 V p. 1151 ; sur les expéditions dans les sources de la biographie de Muhammad, F. Buhl, Encyclopédie de l'Islam2 VII p. 371.

365 M. Hamidullah, “The battlefields of the prophet Muhammad”, Islamic Review 1952-3, sans examen critique, mais avec une “enquête” sur le terrain (une sorte de tourisme extatique) ; la tentative de J.M. B. Jones, “The chronology of the Maghazi. A textual Survey”, in U. Rubin, The Eye of the Beholder, The Life of Muhammad viewed by the early muslims a textual analysis, Princeton, 1995; Edward Sell,Ghazwas and Siriyaa , 1911; Sayyed Mahmoud Al Qumni, Les Guerres du Prophète, Le Caire 1993; Albrecht Fuess, “Die islamische Schlachtrede und die ‚Geistliche Anleitung’“, Terror im Dienste Gottes. Die „Geistliche Anleitung“  der Attentäter des 11. September 2001, dir. Hans Kippenberg, Tilman Seidensticker, Francfort 2004..

366W. M. Watt, Muhammad at Medina, Oxford 1959, p. 339-43, pour un essai d’établissement de liste.

367 Le résumé est juste, et saisissant.

368 La fameuse extermination.

369 Présentation biaisée des événements, mais qui dévoile bien la conception musulmane de la violence, qui existe dès l’intention, avant l’acte.

370 L’acte a priori religieux est intégré aux campagnes militaires.

371 De la Mecque.

372 Le Rivage: le terme est sans doute anachronique.

373 Le décompte ne comprend pas les toutes dernières expéditions contre des tribus.

374 La version d’ibn Hisham diffère considérablement sur ce point: un grand désordre règne en fait, car on ne sait pas réellement ce qu’est une expédition-type. La question est d’importance pour les combattants, qui veulent savoir s’ils ont droit à une part de butin ou s’ils peuvent espérer une place au paradis. Tabari donne des explications complémentaires.

375 Dans la même lancée: elles sont regroupées.

376 La liste n’est pas complète ; elle omet entre autre les soumissions de tribus après la conquête de la Mecque, les conversions forcées et les destructions de sanctuaires.

377 C’est-à-dire bataille rangée.

378 Expédition dirigée par un adjoint de Muhammad.

379 Expédition dirigée par Muhammad lui-même.

380 Le pèlerinage est considéré comme une expédition militaire désarmée.

381 GHAZWA.

382 Incertain.

383 Des manuscrits ajoutent la ghazwat d’al Muraysi, mentionnée plus loin comme celle des Banu Mustaliq.

384 L’auteur de l’archétype de la Sira.

385 Un petit combat avant la bataille de Dhu Qarad.

386 Il reprend ici le costume traditionnel du poète, chargé de chanter les exploits guerriers des nobles. Mais jamais aucun dans la jahiliyya n’eut à en dire autant...

387 M. Hamidullah 1989, p. 1071-2 ; l’orthographe des noms propres est laissé tel quel.

388 L'auteur est musulman et maintient l'usage de la chronologie musulmane.

389 Le terme-même est absent des sources.

390 Erreur de vocabulaire.

391 Le chiffre est très suspect.

392 C’est de la prudence.

393 Sic ; les fautes d'orthographe d'Hamidullah ajoutent au pittoresque et à la nullité de sa démonstration.

394 L’édition Wellhausen est un résumé de l’oeuvre. Sur ce genre littéraire, cf.Rudi Paret, Die legendäre Maghazi-Literatur, Tübingen, 1930

395 Jones, p. 258: “... we are dealing wit material that is often self-contradictory ansd suspect. There are not only widely different dates for the same event, but on occasion different dates ascribed to the same source...”

396 Il y manque pourtant quelques épisodes mineurs, notamment les destructions de sanctuaires, considérés comme des opérations de nature différente. On doit regretter qu’il y ait pas eu de édition du texte lui-même.

397 Bulletin of the School of Oriental and African Studies 1957, p. 246-258.

398 Ce meurtre est placé bien trop en avant dans la chronologie.

399 Episode peu connu, sous la direction d’Alqama ibn Mujazziz.

400 Commandement de Khalid.

401 récit de ibn Abu Awfa

402 Récit d’Abu Zubayr.

403 Récit de Burayd.

404 Récit d’al Bara.

405 Récit d’Umm Atiyya.

406 Récit de Zayd ibn Arqam.

407 Collectif, Al Qaida dans le texte, Paris 2005, p. 167.

408 Sur les types d’armes, cf.D. Alexander, The Arts of War: Arms and Armour of the 7th to 19th Centuries (The Nasser D. Khalili Collection of Islamic Art, Vol. XXI). London, 1992; S. M. Zwemer, “The sword of Mohammed and Ali”, The Muslim World 21, 1931; D. S. Margoliouth, “The relics of the prophet Mohammed”, The Muslim World 27, 1937; Alain Jacob, Les armes blanches du monde islamique : armes de poing, épées, sabres, poignards, couteaux, Paris, 1985; Robert Elgood, Islamic arms and armour, Londres, 1979; Robert Elgood (ed.), Islamic arms and armour, Londres 1979; L. A. Mayer, Islamic armourers and their works, Genève 1962.

409 SAYF, le sabre, devient un emblême musulman très répandu, y compris sur des drapeaux contemporains. Le mot devient anthroponyme: Ella Landau-Tasseron, "Sayf ibn 'Umar in Medieval and Modern Scholarship," Der Islam, 67, 1990); on peut penser aussi au rejeton de la famille Khadafi...

410 Ces objets dont partie des reliques les plus admirées, tant elles évoquent la virilité et la martialité de Muhammad ; aucune de ces armes, bien sûr n’est authentique ; D. S. Margoliouth, “The relics of the prophet Mohammed”, The Moslem World 27, 1957; Brannon Wheeler, "Relics of the Prophet Muhammad." Islamica 2004.

411 Nom d’une mine.

412 Le “Meurtre”.

413 La “Mort”.

414 “Couteau”.

415 “Propriété du Vertueux”.

416 Une intercession pour lui ,de la part de Muhammad.