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Partie V
DES GENS
ET DES LIVRES
Juifs, chrétiens, Iraniens
"L'islam , greffon judéo-chrétien
sur le vieux tronc du paganisme arabe"...1
"Opéra (coulisses de) :
Est le paradis de Mahomet sur terre.
(G. Flaubert, Dictionnaire des Idées Reçues).2
§ 128. Présentation.
De nombreuses religions, sectes et hérésies cohabitaient dans le Proche-Orient, et particulièrement en Arabie, sans véritables affrontements dorigine strictement religieuse: païens arabes, chrétiens3 byzantins, persans ou éthiopiens, juifs arabisés ou non, mazdéens et dautres encore. Les sources musulmanes ne peuvent pas les ignorer, déforment leurs doctrines et leurs situations, et décrivent les traitements divers qui leur sont ensuite imposés4.
La question des influences juives, chrétiennes et mêmes perses, évidentes et intangibles, sur la religion créée par Muhammad est un sujet tabou pour les érudits musulmans, un sujet de controverse pour les chercheurs occidentaux5, bien que le phénomène soit généralement reconnu comme une évidence6 , un fait parfaitement admis et démontrable7. Cela n'enlève pas de caractère d'originalité à la construction mohammédienne , car une synthèse est une création, malgré tout. Le système musulman s'est construit en réaction au judaïsme et au christianisme, par le rejet et la surenchère, jusqu'à des proportions des plus ridicules, en captant à la source les traditions précédentes et en les déformant à son profit.
Cest dès le début que se sont construits les dramatiques malentendus qui font souffrir lHumanité jusquà nos jours.
L'inégalité entre musulmans et infidèles.
(Ibn Taimiya, Traité de droit public 152-3).8
Ali ibn Abu Talib et Amir ibn Suayb (...) rapportent cette tradition:
-Les croyants sont égaux en matière de sang ; ils forment un seul bloc en face des autres hommes. Le plus humble dentre eux répondra de leur parole. On ne devra pas tuer un musulmans qui a tué un infidèle ; quiconque bénéficie dun pacte est inviolable dans les limites de ce pacte.
On retrouve ce hadith chez Hanbal, Abu Dawud et dautres traditionnistes.
La conception du dialogue inter-religieux par un théologien modéré.9
Or, nous, Musulmans, nous nentendons rien céder,
en matière de dogme ou de pratiques religieuses.
Nous estimons quil ne sied point quon ravale lidéal
et les règles de la vie religieuse au niveau des générations dépravées et
désaxées, mais délever au contraire, ces générations au niveau de la foi
dans sa pureté et son intégrité.
Chapitre 21
Les Juifs
§ 129. Présentation.
Les tribus juives sont nombreuses dans lArabie centrale et méridionale10 , et notamment autour de Yathrib11 . Ce judaïsme12 , très actif, sera la principale et première influence monothéiste sur la doctrine de Muhammad, qui sen inspire au niveau de la doctrine13 et de la pratique14 , en le déformant15 , avant de la rejeter vigoureusement16.
On remarquera quils portent essentiellement des noms arabes: ce ne sont sans doute pas des groupes issus des tribus dIsraël17, mais plutôt, comme au Yémen, des indigènes judaïsés.
La part quantifiable et linfuence de la tradition juive et finalement de la Torah18 et de ses suites dans le Coran reste considérable , par les emprunts considérables aux récits des Fils dIsraël19 , qui constituent des pans entiers du corpus coranique. La fraction samaritaine du judaïsme a peut-être aussi influencé l'islam naissant de manière plus décisif.20
§ 130. Le Temple de Jérusalem.
La construction du monument central du peuple juif21 a été décrite en grand détail par le Livre des Rois. Elle se déroule sous le règne de Salomon22 . Il est piquant de noter que Muhammad commet une bévue de plus, en lattribuant indûment à celui de David.23
Le Mecquois sest intéressé au Temple pour une bonne raison. Cest en un édifice semblable quil veut transformer la petite Kaba de la Mecque.
1. La construction du temple.
Cest un moment central dans lHistoire du peuple hébreu, qui est décrit avec un luxe de précisions dans l'Ancient Testament24 . L'ignorance de Muhammad sur le sujet l'amène à simplifier à lextrême cet épisode.
(1 Livre des Rois 6, 1-19).25
La quatre cent quatre-vingtième année après la sortie des fils d'Israël hors du pays d'Egypte, la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, le mois de Ziw, qui est le deuxième mois, il bâtit la maison du Seigneur. La maison que le roi Salomon bâtit pour le Seigneur avait soixante coudées de long, vingt de large, trente de haut.
Le vestibule qui précède la grande salle de la maison avait vingt coudées de long, mesurées sur la largeur de la maison; dix coudées de large, mesurées dans le prolongement de la maison. Il fit à la maison des fenêtres à cadre grillagées. Il bâtit contre les murs de la maison, tout autour, contre les murs de la grande salle et ceux de la chambre sacrée un bas-côté dont il fit des chambres annexes. Le bas-côté inférieur avait cinq coudées de large, celui du milieu, six, le troisième, sept; car on avait donné du retrait à la maison, au pourtour extérieur, pour éviter un encastrement dans les murs mêmes de la maison. La construction de la maison se fit avec des pierres préparées en carrière, ainsi l'on n'entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer dans la maison pendant sa construction. Lentrée de l'annexe inférieure était vers le côté droit de la maison. Par des trappes, on ,ouvait accéder à l'annexe du milieu et, de celle du milieu, à la troisième. Après quil eut bâti la maison et qu'il l'eut achevée, Salomon y fit un plafond à caissons dont larmature était en cèdre. Il construisit le bas-côté contre toute la maison ; la hauteur était de cinq coudées. Il s'encastrait dans la maison avec des troncs de cèdre.
La parole du Seigneur fut adressée à Salomon:
-Tu bâtis cette maison ! Mais si tu marches selon mes lois, si tu agis selon mes coutumes et si tu gardes tous mes commandements en marchant d'après eux, alors j'accomplirai ma parole à ton égard, celle que j'ai dite à David, ton père.
Et je demeurerai au milieu des fils d'Israël26 et je n'abandonnerai pas mon peuple Israël.
Salomon bâtit la maison et l'acheva. Puis il bâtit les parois intérieures de la maison en planches de cèdre, depuis le sol de la maison jusqu'aux poutres du plafond - il revêtit de bois l'intérieur - et il revêtit le sol de la maison de planches de cyprès. Il bâtit ensuite en planches de cèdre depuis le sol jusqu'aux poutres l'espace de vingt coudées qui formait le fond de la maison ; l'intérieur, il en fit une chambre sacrée, un lieu très saint. La maison, c'est-à-dire la grande salle qui précède la chambre sacrée, avait quarante coudées. Les boiseries de cèdre qui étaient à l'intérieur de la maison portaient des sculptures en forme de coloquintes et de fleurs entrouvertes. Tout était en cèdre, on ne voyait pas la pierre.
Dans la partie centrale de la maison, à l'intérieur, il aménagea une chambre sacrée pour y mettre lArche de lAlliance27 du seigneur.
(Corpus coranique d'Othman 34/10-12).28
Certes, nous avons donné à David29 une faveur issue de nous
(...)
Pour lui, ils faisaient ce quil voulait: des sanctuaires30 , des statues31 , des chaudrons grands comme des bassins32 , et des marmites stables33 .
2. La destruction du temple.
Muhammad fait allusion, très brièvement, à un épisode qui a eu une grand retentissement dans les communautés juives: la destruction du Temple de Jérusalem après la chute de la ville, en 69 après J.-C.34
Dans le Coran, les Romains de Titus -sans être nommément cités- sont considérés comme les agents de la punition divine.
(Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 7,1).35
Quand l'armée n'eut plus rien à tuer ni à piller, faute d'objets où assouvir sa fureur - car si elle avait eu de quoi l'exercer, elle ne se serait abstenue par modération d'aucune violence - César36 lui donna aussitôt l'ordre de détruire toute la ville et le Temple, en conservant cependant les tours les plus élevées, celles de Phasaël, d'Hippicos, de Mariamme, et aussi toute la partie du rempart qui entourait la ville du cité de l'ouest. Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem ; les tours devaient témoigner de l'importance et de la force de la ville dont la valeur romaine avait triomphé. Tout le reste de l'enceinte fut si bien rasé par la sape que les voyageurs, en arrivant là, pouvaient douter que ce lieu eût jamais été habité. Telle fut la fin de Jérusalem, cité illustre, célèbre parmi tous les hommes, victime de la folie des factieux37 .
(Corpus coranique d'Othman 17/5, 7b).38
Quand viendra la réalisation de la première promesse39 , nous enverrons contre vous des serviteurs à nous pleins dune grande vaillance et ils pénétreront à travers les contrées et cette promesse sera tenue.40
(...)
Quand viendra laccomplissement de la dernière menace41 , nous enverrons ces mêmes serviteurs pour quils vous donnent affliction, pour quils entrent dans le Temple comme ils y seront entrés la première fois42 et pour quils détruisent entièrement ce qui était superbe.
§ 131. Juifs arabes, Juifs en Arabie.
La reconstitution des épisodes est délicate, car il faut sappuyer sur les sources juives et sur les sources arabes. Rien nest sûr, sauf que des Juifs sont largement présents en Arabie, du Nord au Sud. Reste à savoir sils sont vraiment arrivés de Palestine, ou sils sont des autochtones convertis. Dans ce domaine, la prudence est de rigueur.43
Larrivée des Juifs à Yathrib.
(Abu al-Faraj Isfahani, Kitap al Aghani 19 - 94-98).44
Musa45 ibn Imran ... envoya des soldats contre les tyrans de ces villes our les conquérir (...) et il envoya une armée des Banu Israël contre les Amalékites46 et ordonna de tous les tuer quand ils seraient devant eux, et de nen laisser aucun. (...) Cette armée fut la première parmi les juifs à habiter Médine. Ils se répandirent dans toutes les régions de Médine à al Aliyah et semparèrent de forteresses, des biens et des champs, et restèrent longtemps à Médine.
La conversion des Himyarites.
(Ibn al Kalbi, Livre des Idoles 8 c-9a).47
Les Himyarites adorèrent Nasr48 , dans une localité appelée Balka. A ma connaissance, personne de la tribu des Himyar ne porte le nom de ce dieu. Il n'est pas, non plus, fait mention de lui dans la poésie des Himyar ni dans la poésie arabe en général. Cela s'explique, je crois, par le passage des Himyar de l'idolâtrie au judaïsme au temps de Tubba49.
Lorsque Tubba revint de son expédition d'Irak, les deux rabbins qui, de Médine, lavaient accompagné, lui demandèrent de détruire Riam.
-Faites-en ce que bon vous semble, leur répondit-il. Ils détruisirent le temple, et Tubba, ainsi que les habitants du Yémen, passèrent au judaïsme.
Juifs et Arabes médinois.
(Abu al-Faraj al-Isfahani, Kitap al Aghani 19, 95-97).
Quand les Aws et les Khazraj50 sont arrivés à Médine, ils se sont installés dans les harras51. Ensuite, ils se sont répandus en dehors: certains se sont réfugiés dans des zones sèches et inhabitées et se sont implantés là ; dautre se sont réfugiés dans des hameaux déjà établis et ont vécu en commun avec les habitants. Les Aws et Khazraj sont restés là, vivant pauvrement et misérablement de leurs chameaux et chèvres, parce que Médine nétait pas adaptée au paturage. Ils ne possédaient ni palmeraies ni champ cultivable, sauf quelques-uns qui avaient pris quelques palmiers ou champs sans propriétaires. Les fermes les plus prospères appartenaient en fait aux juifs.
(...)
Les juifs sont maintenant faibles, dépendants et touchés par la crainte. Si un des Aws ou Khazraj se fâchait contre un juif à cause de quelque offense, ce dernier nallait pas voir ses co-religionnaires, mais plutôt un de ses protecteurs arabes, avec qui il vivait et il lui disait:
-Nous sommes tes protégés et alliés.
Ainsi, toutes les familles juives cherchaient refuge dans lalliance avec des familles arabes des Aws ou Khazraj, et cherchaient leur protection52 .
Des Arabes convertis au judaïsme.
(ibn Kalbi, Livre des Idoles 52c).
L'idole fut installée dans un endroit du pays de Sab appelé Balkha, où elle était adorée par les Himyar et leurs alliés. Ce culte dura jusqu'au jour où ils furent convertis au judaïsme par Dhu Nuwas.
§ 132. Lépigraphie juive.
Les nombreuses inscriptions juives trouvées en Arabie (notamment au sud53 ) viennent au secours des historiens, trop dépendants de la littérature. Elles attestent surtout de limportance politique et économique de ces populations, largement autonomes par rapport aux Juifs de Palestine, et culturellement proches des Arabes.
Dédicace dun palais des Himyarites.
(Inscription de Zafar -Vème siècle avant J.-C.-).54
Yehuda55 Yakkuf a construit, posé les fondations et terminé son palais Yakrub, des fondations au sommet, avec laide et la grâce de son seigneur qui a créé sa personne, le seigneur des morts et des vivants, le seigneur du ciel et de la terre, qui a tout créé, avec la prière de son peuple, Israël, avec le soutien de son seigneur Dhat at Amar Ayman, roi de Saba, Dhu Raydan, Hadramut et Yamnat, avec le soutien de ses fils et de sa parentèle ; et pour que personne ne médise de lui ni du statut royal de la synagogue Ahlak (...)
Yehuda a écrit quon sen souvienne en bien, amen shalom, amen56 .
Stèle funéraire de Monah.
(Inscription dHégra).57
Cest la stèle et la tombe qui a été bâtie par Adnon, fils dHoni, fils de Samuel, le prince dHégra, pour Monah, sa femme, la fille dAmir, fils dAdnon, fils de Samuel, le prince de Tayma, qui est morte le mois... dAb, dans lannée 25158 , à lâge de 38 ans.
(Inscription dUsays, 528-9).
Ibrahim fils de Moghira al Awsi. Le roi al Harith ma envoyé au poste de garde de Sulayman en lannée 42359.
Le cimetière des juifs de la tribu des Banu Hasbah.
(Inscription de Hasi, sud-Yémen, -Vème siècle avant J.-C.?-).60
lliyafa Arsal Ibn Hasbah, Yagaf, Yaqimawt dhu Sufr et Ashriq dhu Sahat, grand seigneur61 des deux tribus Madha et Sufar, a concédé au Seigneur du ciel quatre parcelles depuis ce rocher en descendant jusqu'à l'enclos du cimetière pour y enterrer les juifs62 et pour s'assurer de ne pas enterrer avec eux un païen63 , ceci afin qu'elles soient légalement garanties aux juifs ; les trois parcelles et le puits qui sont dans l'enclos, qu'ils soient comme une concession à la synagogue64 Sawriel et la parcelle qui est en dessous de Sawriel de l'enclos, qu'elle appartienne à la synagogue...
Arabo-juifs du Néguev.
(Inscriptions arabes du désert du Néguev).65
Que Dieu Seigneur de Moïse66 pardonne toute faute à D-h-s-m , fils de Amir.
Que mon Seigneur pardonne à D-h-s-m fils de Amir toutes ses
fautes. Amen, Seigneur des siècles de l'univers67 .
Que Dieu, seigneur de Moïse pardonne à Ashath.
Ô Dieu!68 Pardonne à Ashath fils de Isam vivant et mort, et pardonne-lui toute faute quil ait pu avoir jamais commise. Tu es le plus miséricordieux de ceux qui font miséricorde et le plus juste de ceux qui jugent69.
Ô Dieu!70 Pardonne à Ashath fils de Isam ses fautes anciennes et récentes71, toi tu es celui qui entend, qui sait, le haut, le sublime, le puissant, le compatissant, le miséricordieux72, et pardonne-lui vivant et mort, alors quil demande à Dieu73 la protection et quil ne manque pas de le protéger de sorte quil puisse continuer son voyage.
Ô Dieu! Ô toi dont la parole saccomplit74 , dont le ciel est le trône et la terre la place de ses pieds75, pardonne à Khalid fils de Humran toute faute quil ait pu avoir jamais commise.
Ô Dieu! ô longanime, ô généreux, ô seigneur majestueux du trône76 , introduis Khalid fils de Humran dans les jardins77 des délices.
Que le seigneur pardonne à Khalid fils de Humran toutes ses fautes, petites et grandes, récentes et anciennes, secrètes et manifestes. Tu es celui qui connais les choses cachées.
Ô Dieu! pardonne à Khalid fils de Humran. A toi appartiennent la gloire et lhonneur ; tu es le haut, très-haut, et le tout-puissant78 .
Prière juive au Miséricordieux.
(Inscription sud-arabique).79
Hujr fils de Salama ; puisse Rahmanan80 exaucer sa prière.
Le Rahman et le dieu des Juifs.
(Inscription du Yémen).81
Puisse le nom du Miséricordieux qui est au ciel, être béni et loué, et les Yisraël et leur dieu, le dieu des Juifs, qui a aidé son serviteur ahrum, sa mère Buddum, sa femme Samsum, et leurs enfants Damim, Absaar, Musrim et tous les membres mineurs de sa maison.
Le dieu des juifs contre celui des Thamoudéens.
(Inscription de Thamud).82
Que Ilshadday83 règne sur Manah!
Le soutien du Seigneur du ciel.
(Inscription de Bayt al Ashwal, -384 après J.-C.-).84
Malkikarib Yuhamin et ses fils Abikarib Asad et Dhara amar Ayman, rois de Saba, dhu Raydhan, Hadramut et Yamnat85 , ont construit, posé les fondations et achevé leur palais Kalam, des fondations au faîte, avec le soutien de leur seigneur, le seigneur du ciel au mois de dhul diwan, de lan 493.
Le mirhab des Juifs.
(Inscription de Nait-Yémen).86
Ilithawb Yadhaq et son fils Ayfa Yarim, du lignage de Fawqaman et de Hufn, gouverneur de dhu Hamdan et chef de Gabaran ont construit, édifié et achevé le palais Hislahan,
/ Ilithawb shalom Hislahan Ayfa87/
leur maison des hôtes88 Yaghul, leur salle d'audience Muddat et leur galerie Kawkaban, avec l'aide de Dieu qui est aux cieux, pour la vie de leurs seigneurs et pour la vie de leurs propres personnes.
Amen89 .
Prosélytisme dans le couple.
(fragment de poème dAws ibn Dani).90
Elle minvita à lislam le jour où je lai rencontrée. Mais je lui ai dit:
-Nay, deviens plutôt juive. Ainsi, tu vivras selon la Torah91 de Moïse et sa religion. Par ma vie, quy a t-il de bon dans la croyance de Muhammad? Il reste à voir qui de nous a la juste croyance. Celui qui est conduit vers la porte juste sera justement guidé.
§ 133. Coutumes juives.
Pour Muhammad, les pratiques juives servent de base à sa nouvelle conception du rituel: soit il intègre lessentiel du fond et de la forme, soit il adapte, soit il prend le contre-pied. mais le ritualisme juif, contraignant au possible, reste la référence incontournable92 .
Les pratiques des juifs vues par le Coran.
(Corpus coranique d'Othman 4/159).
Nous avons déclaré illicites, pour ceux qui pratiquent le judaïsme, des nourriture excellentes déclarées licites à lorigine, pour eux, et cela en prix davoir été iniques, de sêtre tant écartés du chemin dAllah, davoir pratiqué lusure qui leur est interdite, davoir mangé le bien des gens au nom du faux.
La souillure dans les pratiques juives.
(Bukhari, Sahih 4/ 67).93
Abu Wayl a dit Abu Musa El Ashari se montrait sévère sur la question duriner ; il rappelait que chez les Banu Israël tout vêtement souillé par l'urine était mis en pièces.
-Plût au ciel, ajoute Hodzayfa, que Abu Mousa, se fut montré plus modéré, car l'envoyé d'Allah s'approcha un jour d'un tas d'immondices et urina dessus en restant debout.
Le refus des coutumes juives.
(Dawud, Hadith 20/3170).
Lapôtre dAllah se mettait debout pour les funérailles jusquà ce que le corps soit dans la tombe. Un savant juif est venu vers lui pour dire:
-Voici comment nous faisons, etc...
Le prophète se rassit et nous dit:
-Soyez assis et faites tout différemment deux.
§ 134. Critiques du judaïsme.
Le Coran est un ouvrage particulièrement hostile aux Juifs, du fait de léchec total et pathétique de la prédication de Muhammad à Médine, que l'on verra plus tard en détail94. Fondamentalement, il leur reproche de ne pas le reconnaître et ensuite, de trahir les prescriptions de leur religion.
Les hadiths, écrits plus tard encore, sont encore plus violents, et circonstanciés. Ils sont lexpression dun anti-judaïsme beaucoup plus récent.95
La critique des savants juifs.
(Corpus coranique d'Othman 5/68).
Pourquoi leurs maîtres et leurs docteurs ne les empêchent-ils point de dire le péché et de se nourrir grâce à la vénalité?
Combien détestable est certes ce quils se trouvent accomplir!
Limage des juifs dans le Coran.
(Corpus coranique d'Othman 62/5).
Limage de ceux qui ont été chargés de la Thora et qui, par la suite, ne sen chargèrent point, sont à la ressemblance de lâne chargé de livres96 .
Combien détestable est limage de ce peuple qui traite nos signes de mensonges! Allah ne dirige point le peuple des injustes.
La Torah vue par lislam.
(Tabari, Tafsir 7/149).
Rabi ibn Anas a dit:
La Torah telle quelle a été révélée97 ayant le volume de soixante-dix charges de chameaux, était si importante que lon ne pouvait en lire quune partie en une année. Il ny eut que quatre personnes qui la lurent: Musa ibn Imran98, Isa99 , Uzayr100 , et Yusha ibn Nun101 .
Parodie de discours rabbinique.
(Corpus coranique d'Othman 4/48).
Parmi ceux qui pratiquent le judaïsme, sont ceux qui détournent le discours de ses sens et disent:
-Nous avons entenu et avons désobéi!102 (ou bien), entends sans quil te soit donné dentendre103 ! Considère-nous104 !
Ils disent cela par gauchissement de la prononciation105 et attaque contre la religion.
La dégénèrescence des musulmans.
(Sufyan ibn Uyayna).106
Quand nos savants dégénèrent, ils deviennent comme les juifs ; quand ceux qui craignent Allah dégénèrent, ils deviennent comme les chrétiens.
Présentation107 du judaïsme par un érudit musulman.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes108 , 491-4)109 .
Hàda signifie revenir et se repentir. Ce nom de yahud, c'est-à-dire juifs en arabe leur vient de la parole de Moïse: Nous sommes revenus à Toi!', c'est-à-dire: Nous sommes revenus et nous te supplions.
C'est la communauté de Moïse110 . Leur Livre est la Torah, et c'est le premier Livre descendu du ciel: je veux dire qu'on n'appelait pas «Livre», mais «Feuilles», ce qui descendait sur Abraham et les autres prophètes. On rapporte111 du Prophète qu'il a dit: «Allah a créé Adam de Sa main. Il a créé le jardin d'Eden de sa main. Il a écrit la Torah de sa main», cela donne à la Torah une particularité qui la distingue du reste des Livres.
La Torah comprend plusieurs livres. Le commencement de la création est rapporté dans le premier livre, puis sont rapportés, dans chaque livre, prescriptions et sanctions, biographies et récits, exhortations et rappels.
Les Tables112 aussi furent révélées à Moïse, comme un résumé de la Torah. Elles comprennent les parties doctrinales et morales. Allah a dit: «Nous avons écrit pour lui sur les Tables une exhortation sur toute chose» (pour indiquer toute la partie morale), «et une explication de toute chose» (pour indiquer la partie doctrinale).
On dit que Moïse confia les secrets de la Torah et des Tables à Josué, fils de Nun, qui devait lui succéder, pour qu'il les confie aux enfants d'Aaron. Car la mission113 était partagée entre lui et son frère Aaron, du fait que Moïse avait demandé à Allah: «Associe-le à ma mission». Ainsi, Aaron était le successeur. Mais comme il mourut pendant la vie de Moïse, la succession fut reportée sur Josué, fils de Nûn, comme un dépôt, pour qu'il la transmette comme une fonction stable aux deux fils dAaron, Subayr et Sabar. Car la succession et l'imamat peuvent être, soit à titre stable, soit en dépôt.
Les juifs prétendent qu'il y a une seule Loi, qui commença avec Moïse et s'accomplit avec lui, et qu'il n'y a pas eu de Loi avant lui, mais seulement des sanctions inspirées par la raison et des prescriptions inspirées par l'intérêt commun. Ils n'admettent absolument pas l'abrogation. Ils disent qu'il n'y aura plus aucune Loi après Moïse, parce que l'abrogation concernant les ordres est versatilité114 et qu'on ne peut attribuer de versatilité à Allah.
Chapitre 22
Les Chrétiens
§ 135. Présentation.
Le christianisme115 en tant que tel est peu présent dans lArabie centrale116 et davantage au nord et au sud, régions plus favorisées et plus avancées117, autour de grands centres tels que Hira118 et Najran119 . Mais ses idées circulent dans tout lorient120. Il sagit dun christianisme influencé par Byzance, ou sous la forme de la doctrine nestorienne (ou monophysite121 ), très populaire en Orient , et de langue et culture araméenne ou syriaque122 . Certains chercheurs émettent l'idée d'une lointaine origine chrétienne de la religion musulmane123, en particulier à travers la secte des Ebionites124 ( et plus largement une nébuleuse judeó-chrétienne) et par la langue syriaque, dans la mise à l'écrit du Coran.125 Les textes musulmans laissent apparaître une forme d'admiration pour le luxe, le prestige et l'allure des dignitaires chrétiens, l'organisation stricte des moines126 et dans un tout autre domaine, pour laustérité et la solitude des ermites127. Sur le plan doctrinal, les échanges sont limités, même si par la suite, la doctrine se structure au contact de ces mêmes chrétiens128 . Le Coran lui-même commence par sembler favorable aux chrétiens129, et finit par les reléguer à la condition des juifs, ce qui nest pas peu dire. La Tradition, elle, multiplie les exemples de brimades. Sur de nombreux points, les divergences sont fondamentales: rejet de la trinité, de la filiation divine de Jésus, de la résurrection130 , etc....131
(Tabari, Tafsir 2/62).
Daprès Ibn Abbas et Qatada, les chrétiens sont appelés Naçara car Jésus132 venait du village de Nasira133.
Le sens du mot Nazaréen.134
(Ibn Kathir, Tafsir 2).
On dit quils sont appelés nasara parce quils habitent une terre appelée al Nasirah135 ... Nasara est sans doute le pluriel pour nasran.
§ 136. Points de doctrine.
Avant de présenter quelques documents attestant lexistence des chrétiens en Arabie, il est utile de rappeler certains points de doctrine, ne serait-ce que pour souligner la distance existant entre cette religion et la vision que les musulmans en ont.
Voici les points essentiels du dogme, issu pour l´essentiel du Nouveau Testament136 .
1. Nicée, la doctrine officielle.
Il est indispensdable avant de commencer de observer lessentiel de la doctrine chréitenne telle quelle sest constituée depuis six siècles. Ce nest quainsi que lon peut se figurer les déformations opérées par lislam dans sa vision du christianisme. Laffaire est dimportance.
La doctrine musulmane primitive peut apparaître en effet comme un succession de refus des décisions des différents conciles137 qui ont tenté de structurer , de faire évoluer et d'unifier la doctrine chrétienne: on serait alors tenté de voir dans l'origine du mouvement musulman l'expression d'un ressentiment très violemment anti-conciliaire de la part de populations arabes situées à l'écart des grands centres, dans ce que les chrétiens appelaient "la terre des hérésies".
C'est du moins une hypothèse qui mérite d'être proposée, et qui attend une réfutation convaincante. La christologie coranique, si hérétique, trouverait là un contexte convenable pour son développement.
Le credo du concile de Nicée (381).138
Le christianisme, sujet très tôt à une grande division doctrinale, a tenté au concile de Nicée de définir un Credo139 (ou Symbole140 ) commun à tous les chrétiens. Il est utile de se rappeler ce texte pour comprendre les disputes doctrinales qui vont surgir ensuite entre chrétiens et musulmans. A en croire ce texte, il est patent que si Muhammad nignora pas lexistence christianisme, il ne comprend absolument pas le sens.
Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.
Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, lumière issu de la lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait ; qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné par le Saint-Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux Écritures ; il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne naura pas de fin.
Nous croyons en l'Esprit-Saint, qui règne et qui donne la vie, qui procède du Père141, qui a parlé par les prophètes, qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié ; nous croyons une seule Église, sainte, universelle et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés ; nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.
Amen142 .
La Trinité143 selon le concile de Constantinople (553).144
La nature ou la substance une du Père, du Fils et du saint-Esprit: lunique force ou puissance ; la Trinité consubstantielle, la divinité unique en trois hypostases145 .
2. LIncarnation.
Cest un dogme central et fondamental du christianisme, qui à lui seul a suscité des débats considérables sur plusieurs siècles. Cest au sujet des modalités de lIncarnation -le statut de la figure du Christ- que le christianisme primitif sest affronté puis divisé, de manière extrême et acharnée. Muhammad intervient au coeur de la crise, sans rien y comprendre, à lévidence. La polémique islamique enfle donc aussi dans ce domaine.146 L'effroyable tension inter-chrétienne sur cette question (et l'exaspération consécutive) explique en grande partie le succès de l'expansion musulmane.
Sajoute à cette question cruciale les problèmes du lien avec l Ancienne Alliance, et les fondements de la morale chrétienne.
(Romains 11/36).147
Mais, d'après les chrétiens, il appartenait au Christ, Verbe incarné, d'accomplir parfaitement cette prophétie. En lui, le don divin a atteint la plénitude et l'homme, associé à son double caractère de prêtre et de victime, offre un sacrifice de louange digne de Dieu, adéquat à la majesté divine, puisque Jésus est à la fois Dieu et homme, entraînant l'humanité dans son éternel mouvement de retour vers le Père :
Tout est de lui, par lui et pour lui. A lui la gloire, éternellement! Amen.
Jésus fils de Dieu et Christ.148
(Epître aux Hébreux 3, 1-7).
Ainsi donc, frères saints, qui avez en partage une vocation céleste, considérez l'apôtre et le grand prêtre de notre confession de foi, Jésus. Il est accrédité auprès de celui qui l'a constitué, comme Moïse le fut dans toute sa maison. En fait, c'est une gloire supérieure à celle de Moïse qui lui revient, dans toute la mesure où le constructeur de la maison est plus honoré que la maison elle-même. Toute maison, en effet, a son constructeur, et le constructeur de tout est Dieu. Or Moïse fut accrédité dans toute sa maison comme serviteur en vue de garantir ce qui allait être dit, mais Christ l'est comme Fils, et sur sa maison. Sa maison, c'est nous, si nous conservons la pleine assurance et la fierté de l'espérance .
La reprise de la tradition biblique par le Christ.
(Matthieu 5/17).
Ne croyez pas que je sois venu abroger la Loi149 ou les prophètes: je ne suis pas venu abroger mais parfaire150 .
Le Jésus des chrétiens: Discours sur la montagne
(Matthieu 5, 1-11, 38-48).
Ilsagit dun texte très populaire chez les chrétiens, parce quil expose une doctrine morale particulièrement ambitieuse et difficile daccès et dapplication.
Ce type de référence manque cruellement dans le corpus doctrinal musulman.
Heureux les pauvres de coeur: le royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux: ils auront la terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent: ils seront consolés.
heureux ceux qui ont faim et soif de justice: ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux: il leur sera fait miséricorde.
Heureux les coeurs purs: ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font oeuvre de paix: ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice: le royaume des cieux est à eux.
Heureux êtes-vous lorsque lon vous insulte, que lon vous persécute et que lon dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause demoi. Soyez dans la joie et lallégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ; cest ainsi en effet quon a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.
(...)
Il vous avez appris qu'il a été dit : il pour il et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. A qui te demande , donne ; à qui veut temprunter, ne tourne pas le dos.
Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi, je vous dis: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense allez-vous en avoir? Les collecteurs d'impôts eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens n'en font-ils pas autant? Vous donc, vous serez parfaits, comme votre Père céleste est parfait.
§ 137. La religion dite catholique.
Même si le christianisme est divisé en plusieurs tendances, il se considère néanmoins comme universel catholikos en grec, destiné à lhumanité entière, au contraire du judaïsme.
Les auteurs byzantins aiment à décrire le monde de ce temps, comme recouvert totalement par le christianisme, un christianisme qui a tendance à recouper les frontières politiques de lempire, et correspondre à ses ambitions hégémoniques. On oublie de ce fait les tensions terribles qui affectent ce monde religieux.
(Cosmas Indicopleustès, Topographie Chrétienne).151
Et ainsi de même chez les Bactriens, les Huns, les Persans, les autres Indiens, les Persarméniens, les Mèdes et les Elamites152 et dans tout le pays de Perse les églises sont innombrables avec des évêques, de très nombreuses communautés chrétiennes ainsi que beaucoup de martyrs et de moines vivant aussi en ermites. De même en Ethiopie, à Axum153, et dans toute cette région ; chez les gens d'Arabie heureuse qu'on appelle maintenant Homérites154 , dans toute l'Arabie, la Palestine, la Phénicie, dans toute la Syrie et à Antioche jusqu'à la Mésopotamie, chez les Nubiens et les Garamantes155, en Egypte, en Libye dans la Pentapole, en Afrique et en Mauritanie jusqu'à Gadeira156, dans les régions du Midi, partout où il y a des églises chrétiennes, des évêques, des martyrs, des moines, des ermites parmi lesquels est proclamé l'Evangile du Christ. De même encore en Cilicie, en Asie, en Cappadoce, en Lazique157 et dans le Pont158 comme dans les régions septentrionales où habitent les Scythes, les Hyrcaniens, les Hérules159, les Bulgares160, les Grecs et les Illyriens, les Dalmates, les Goths, les Espagnols, les Romains, les Francs et autres peuples jusqu'à Gadeira sur l'Océan vers le nord, il y a des croyants et des prédicateurs de l'Evangile du Christ, confessant la Résurrection des morts161 . Et nous voyons ainsi les prophéties accomplies sur le monde entier.
L'attrait de l'Orient.
(Aetheria, Journal de voyage).162
Au temps où la bienfaisante foi catholique163 naissante et l'immense clarté lumineuse de notre sainte religion, tard venues sur ces plages du bout de l'Occident, y eurent enfin brillé, la bienheureuse moniale Aetheria, brûlée de la flamme du désir de la grâce divine, aidée par la puissance de la majesté du Seigneur, de toutes ses forces, d'un cur intrépide entreprit un voyage à travers le monde entier. Marchant ainsi un certain temps sous la conduite du Seigneur, elle parvint aux lieux sacrés et désirables de la nativité, de la passion et de la résurrection du Seigneur et aussi auprès des corps d'innombrables saints martyrs, dans diverses provinces et villes, pour y prier et pour s'y édifier. Plus elle avait acquis de connaissance du saint dogme, plus brûlait dans son cur la flamme inextinguible du saint désir. (...) Cherchant partout tout ce qui est contenu dans tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, dit encore d'elle Valerius, visitant tous les lieux où s'étaient accomplies de saintes merveilles dans les différentes parties du monde, provinces, cités, montagnes et autres déserts qu'elle avait vus signalés dans les livres, ayant soin d'aller partout dans des voyages qui durèrent de longues années, parcourant tout avec l'aide de Dieu, elle arriva enfin dans les contrées de l'Orient.
(Synode de 486).164
Maintenant et désormais, qu'aucun évêque n'établisse des obstacles ou des difficultés pour empêcher le mariage dans le pays qu'il gouverne et dans l'Eglise où il exerce ses fonctions. Il suffit des maux qui jusqu'aujourd'hui sont tombés sur nos diocèses par l'adultère et la fornication dont l'iniquité s'est répandue et est parvenue jusqu'aux oreilles des gens du dehors, de sorte que le mépris et la division se sont élevés contre nous dans la conscience de tous les peuples. Qu'aucun d'entre nous ne fasse prévaloir de force cet engagement dans son clergé soit parmi les prêtres des villages, soit parmi les clercs (c'est-à-dire les moines) qui sont sous son autorité ; mais que son enseignement sur ce point soit conforme à l'enseignement des Livres saints, et que par sa propre faiblesse il connaisse la faiblesse des autres.
§ 138. Les Arabes chrétiens.
Daprès les documents chrétiens, la conversion des Arabes na pas été difficile: elle a connu de grands succès. On dit même que le premier roi converti fut arabe: Abgar V dOsrhoène , au début du IIIème siècle.
Plus tard, des régions (Syrie), des tribus entières passèrent au christianisme165 , comme les deux dynasties les plus importantes, les Ghassanides et les Lakhmides166. Sur un plan strictement démographique, les Arabes étaient peut-être majoritairement chrétiens au VIème siècle, et de grandes tribus s'étaient converties tout entières 167 .
Il est important de présenter des preuves de l'existence de ces chrétiens, qui ont soit disparu, soit sont sur le point d'être totalement éliminés.168
Les sources numismatiques et épigraphiques apportent des informations totalement différentes de celles fournies par la tradition musulmane: le caractère chrétien de ce mouvement apparait clairement, pour se transformer à partir du début du VIIIème siècle. Auparavant, monnaies et inscriptions169 sont décorés de croix, Jésus est présenté comme un ressuscité, le comput hégirien est celui "des Arabes" et Muhammad ("MHMT") n'est qu'une formule chrétienne affirmant "Qu'il soit loué!".170
1. La conversion des Arabes.
Si lon se tient aux textes, elle semble avoir été très facile. Mais la littérature apostolique est aussi une affaire de propagande. Lopposition entre Juifs et Arabes a peut-être favorisé le basculement, ainsi que l'exemple des ascètes171 .
Mission de Paul.
(Epître aux Galates 1, 17)
... Je partis aussitôt pour lArabie172, et ensuite je revins à Damas....
La conversion des Arabes au christianisme.
(Siméon le Stylite 108).173
Combien dArabes qui ne savent pas ce quest le pain, et qui ne mangent que de la chair des animaux, sont venus et ont vu le saint Siméon et sont devenus disciples et chrétiens, ont abandonné les images de leurs pères et ont servi Dieu. Il est impossible de compter les Arabes, leurs rois et leurs nobles, qui sont venus et ont reçu le baptème, ont accepté la croyance en Dieu et ont reconnu Jésus, et sur les mots de Siméon, ils ont élevés des sanctuaires dans leurs tentes.
(Jérôme, Vie de Saint Hilarion 1-12, 25).174
Quand la nouvelle que Saint Hilarion passait par là se sut, comme il avait souvent guéri les Saracènes en les libérant des esprits malins, ls hommes affluèrent pour le rencontrer, avec leurs femmes et leurs enfants, baissant la tête et criant en arabe barikna175 . Les recevant avec grâce et humilité, il les exhorta à se détourner du culte des idoles et à honorer Dieu. (...) et le prêtre de Vénus, tout couronné quil fut, il se marqua du signe du Christ.
(Vie dAhudemmeh, Patrologia Orientalis III).176
Ahudemmeh, un patriarche jacobite, à la fin du Vème siècle, se lance dans une vaste et efficace politique dévangélisation.
Il était du pays des Arabes et se proposa d'évangéliser les nombreux peuples qui vivaient sous des tentes entre l'Euphrate et le Tigre et qui étaient barbares et homicides. Il brisait les idoles, faisait des prodiges. Certains campements ne le laissaient pas approcher et lui lancaient des pierres, mais il guérit la fille du chef d'un campement et le bruit de ce prodige lui facilita son apostolat. Il s'appliquait avec grande patience à passer par tous les campements des Arabes, il les instruisait et les enseigna par de nombreux discours ; il ne cessait d'ailleurs pas son jeûne parfait, ses prières et ses veilles. Il réunit par son zèle et il fit venir des prêtres de beaucoup de pays, pour eu arriver à établir dans chaque tribu un prêtre et un diacre. Il fonda des églises et leur donna les noms des chefs de leurs tribus, afin qu'ils les aidâssent dans toute chose on affaire dont elle auraient besoin.
Il attacha ensuite les curs des Arabes à toutes les perfections de la piété et plus spécialement aux dons envers les indigents. Leurs aumônes se répandaient sur tous les hommes et en tout lieu, mais plus particulièrement sur les saints monastères qui sont encore soutenus par eux jusqu'à maintenant dans leurs nécessités temporelles: le monastère saint et divin de Mar Mattay et de Kokta et de Beit Mar Sergius, et la communauté des moines qui est dans la montagne de Singar, avec tous les autres saints monastères qui sont dans les pays des Romains et des Perses ; ils faisaient de grands dons qui étaient vendus pour, des prix élevés, et ils ne se bornaient pas à faire des dons aux églises, aux moines, aux pauvres et aux étrangers, mais ils aimaient le jeûne et la vie ascétique plus que tous les chrétiens, beaucoup de personnes chez eux ne mangeaient pas de pain durant tout le temps du jeûne, non seulement les hommes, mais encore beaucoup de femmes ; ils étaient zélés et ardents pour la foi orthodoxe, et chaque fois que la sainte Église était persécutée, ils donnaient leurs têtes pour l'Eglise du Christ, surtout les peuples choisis et nombreux des Aqulayé, des Tanukayé et des Tuayé. Quand ils furent parfaits dans toutes les coutumes du christianisme, il les quitta et alla bâtir la grande et belle maison des Pesilotâ, au milieu du Beit Arbayd, dans un lieu appelé Aynqénayé. Il y placa un autel et des saints martyrs, et il appela cette maison du nom de saint Mar Sergios, l'illustre martyr, parce que ces peuples arabes aimaient beaucoup son nom et y avaient recours plus que tous les autres hommes.
2. Lattirance pour le christianisme.
Les ors du rituel, lopulence des costumes, la majesté des bâtiments, le prestige de la hiérarchie177 , tout cela a contribué au succès du christianisme, sans compter lusage du vin178 . Cest du moins ce quévoquent ouvertement les textes musulmans.
Le cas du perse Salman.179
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 136-7).
... alors que je passais à côté dune église chrétienne180 , jai entendu des voix dhommes en prière. Je ne savais rien deux parce que mon père me gardait cloîtré à la maison. Quand jai entendu ces voix, je suis allé voir ce quils faisaient ; leurs prières me plaisaient et je me suis senti attiré par ce culte et jai pensé que cétait mieux que notre religion, et jai décidé de ne pas partir avant le coucher du soleil. (...) Je suis allé voir les chrétiens pour leur demander sils pouvaient me dire quand une caravane de marchands chrétiens viendraient de Syrie. Ils me le dirent, et je leur ai répondu:
-Quand ils auront fini leurs affaires et voudront rentrer chez eux, demandez leurs sils peuvent me prendre avec eux181.
(Tabari, Tafsir 2/62).
Pendant quils mangeaient, Salman parlait avec le prophète et évoquait ses anciens compagnons chrétiens:
-Ils jeûnaient, disait-il, priaient, croyaient en toi et témoignaient que tu serais suscité comme prophète182.
Lorsquil eut terminé de parler et de faire léloge de ses anciens compagnons, le prophète lui dit:
-Ô Salman, ils font partie du feu.
Cette parole fut pénible à Salman dautant plus quil avait dit au prophète que sils étaient parvenus jusquà lui, ils lauraient reconnu et suivi.
Cest alors que Allah fit descendre le verset183.
Satire dun poète arabe.
(al Acha).184
Vin rouge!
Le moine le porte en procession et le présente.
Sur lui est un sceau.
Ensuite, il le place devant lui et,
plein de désir, il prie sur sa cruche.
Quss, ermite et prédicateur chrétien.185
(Ibn Kathir, Sira 101).186
Y a t-il parmi vous quelquun qui connaisse Quss?
-Ô toi pour qui je sacrifierai père et mère! Nous le connaissons tous, et moi encore plus. (...) Quss faisait partie dune tribu parmi les tribus arabes ; il a vécu 600 ans, dont 500 dans le désert et les endroits retirés. Il passait son temps à louer Allah, à lexemple du Christ ; il ne se fixait à aucun endroit, ne sétablissait dans aucune maison et ne tenait compagnie à aucun voisin ; il shabillait de frocs et faisait de longues pérégrinations, il ne se lassait pas de son isolement ; pendant ses périgrinations, il absorbait le liquide des oeufs dautruches, se suffisait de la compagnie des bêtes et jouissait de lobscurité ; il observait et méditait, réfléchissait et analysait.
Il devint donc un de ceux dont on connait la sagesse comme exemple et quon sollicitait pour dissiper les malheurs. Il rencontra Simon187, le chef des apôtres.
(Kitap al Aghani XV 236-8).188
Je tiens cette information de sources multiples, encore quau moment de la consigner elle soit seule à me revenir.
Mais si elle n'est des plus solidement fondées selon la méthode des gens des hadîth, elle n'en est pas moins des plus complètes...
Suit une autre information remontant, par six relais, à Ibn Abbâs, et selon laquelle lorsqu'une délégation des Iyâd vint se présenter au prophète, il leur demanda :
- Que devient Quss ibn Sâyda ?
- Il est mort, ô envoyé dAllah.
- Je le vois encore à la foire de Ukâz menant un chameau blanchâtre et disant d'élégantes paroles, que je n'ai pas retenues.189
- Moi je les ai retenues.
- Que lui as-tu entendu dire ?
- Voilà ce que je lui ai entendu dire... »
Suit un discours moral, en prose rythmée assonancée se terminant par ces vers :
Les générations d'anciens avant nous parties nous réservent des enseignements
quand je les vois allant à la mort et n'en plus revenir
quand je vois s'en aller mon peuple vers elles, petits et grands,
je suis sûr que là où tous s'en vont je vais aussi inéluctablement.
Et le prophète dit :
-Allah l'ait en sa miséricorde ! J'espère qu'il ressuscitera en tant qu'archétype à lui seul.
3. Epigraphie chrétienne.
Elle propose une vision plus institutionnelle de la religion chrétienne, celle des princes et des bourgeois. On y distingue aussi le rôle moteur du culte des martyrs, qui prend le relais des anciennes idoles.190
Un roi chétien du Yémen.
(Inscription de Sumyafa Ashwa).191
Avec la puissance, laide, et la miséricorde de Rahmanan, de son messie et de lesprit de sainteté, on a écrit cette inscription, moi, Abraha Azlay192 le roi guèze193 , Ramhas (?) Zabayaman194 , roi de Saba, Dhu Raydan, Hadramawt et Yamnat, ainsi que de leurs Arabes de la montagne et de la plaine côtière, on a écrit cette inscription...
Dédicace dun martyrion.195
Le très illustre Silbanos, toujours puissant parmi les Arabes, a élevé aux martyrs célèbres ce sanctuaire longtemps souhaité, large sous le soleil, bien construit en de sûres enceintes. Il a agi sous les suggestions dune enfant absente, célébrée par toutes sortes de vertus, Khasidathè. A lui seul les princes phylarques196 lavaient uni en mariage.
Dédicace dun martyrion de Saint Thomas.197
Du sexe féminin, admirable chef-doeuvre, gloire de sagesse, de piété même et damour conjugal, Mawia a construit ce martyrion de Saint Thomas, aux temps de la dizième indiction198, lan 737199 .
Dédicace dun martyrion à Saint Jean Baptiste.200
(Inscription bilingue de Harran, 568).201
(arabe) Moi, Sharahil fil de Zalim, jai bâti ce martyrion202 en lannée 463, un an après la destruction de Khaybar203.
(grec) moi, Sharahil, fils de Talimu204 jai construit ce martyrion pour Saint Jean dans lannée 463, quon se souvienne de celui qui grave cela.
Inscription de la basilique de Zebed (511).205
[En grec]
« Lan 823, le 24 du mois de Gorpiaios fut achevé le martyrion de Saint-Serge sous le Périodeute206 Jean, Annéos, fils de Boukéos et Sergios, fils et petit-fils de Sergios.
Construit par Syméon, fils dAmraa, fils dHélias et Léontios, architectes.
Satorninos Azizos. Azizos fils de Sergios et Azizos, fils et petit-fils de Marabarka. »
[En Arabe]
« Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Lan 823, le 24 (du mois) Iloul, ont été posées les fondations (de léglise) et ce fut Jean le périodeute que sa mémoire soit bénie- qui en posa la première pierre et Mara qui écrivit (linscription) et Amas et Antiochos qui en furent les fondateurs. »
« Abou Sergis »
« Avec le secours de Dieu » ou « Que Dieu secoure Sergios fils dAmat Manaf et Han(n)ai, fils dImrulqays et Sergios, fils de Saad et Sitr et Suraykh 207 .
Dédicace dun martyrion de Saint Serge.208
(Inscription de Zabad).209
Satorninos, Azizos, Azizos fils de Sergios, et Azizos fils de Marabarka fils de Marabarka210 .
Le 24 septembre 512 furent posées les fondations du martyrion de saint Serge, sous le périodeute Jean, Anneos, fils de Borkaios, et Sergius, fils de Sergius, fils de Sergius, le fondèrent.
Siméon, fils d'Amraas, fils d'Élias, et Léontios en furent les architectes.
Amen.211
Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit.
Le 24 septembre 512 ont été posées les fondations et c'est Jean le périodeute212 - que sa mémoire soit bénie! - qui en posa la première pierre et Mara qui écrivit et Annas et Antiochus et Sergius qui en furent les fondateurs213 .
La transformation des temples en église214 .
(Eglise Saint-Georges à Ezra, Arabie).215
« Le séjour des démons est devenu une demeure de Dieu. La lumière salvatrice resplendit là où les ténèbres recouvraient tout. Là où se tenaient les sacrifices des idoles, maintenant les churs des anges, là où Dieu sirritait, maintenant Dieu manifeste sa bienveillance. Un homme ami du Christ, un notable, Jean, fils de Diomédès, à ses frais, a fait ajouter en don pour Dieu un édifice digne dêtre vu, après avoir dressé en ce lieu les précieuses reliques du beau vainqueur et martyr Georges, qui lui était apparu à lui, Jean, non dans son sommeil, mais réellement. Lan 9, lan 410 (ou 41) + »
Supplique de pèlerins chrétiens.
(Inscription de Zabad, septembre 512).216
Que Dieu217 assiste Sergios fils dAmat Manaf218 et Hélias219 fils dImrul Qays, Sergios fils de Sad et Stru... et Sergios....
4. Hira, la métropole chrétienne du nord.
La ville, sur le site actuel de Najaf, en Irak, a été un centre urbain très actif, que la dynastie des Lakhmides a choisi comme capitale, et quelle a recouvert déglises et de monastères dobédience nestorienne. Elle a été conquise en 633 et vite abandonnée par la suite.
Léglise de la reine a reine Hind.220
(Yaqut, Géographie II 709).221
Cette église a été construite par Hind, fille dal Harith, fils dAmir fils dHujr, la reine, fille des rois et mère du roi Amir, fils dal Mundhir, servante du Christ, mère de son serviteur, et fille de ses serviteurs, du temps du règne du roi des rois, Khosroès Anushirwan, et du temps de lévêque Mar Iphraem.
Monastères de Hira.
(Abul Faraj al Isfahani, Livre des Monastères).222
Abu1 Faraj a dit: Parmi les monastères des Banu Alqama à al Hira se trouve le monastère de Hanzala fils de Abd al Masih ibn Alqama ibn Mâlik ibn Rubba ibn Numara ibn Lakhm. Sur la partie frontale du monastère se trouvait une inscription gravée avec du plomb sur du bois de teck:
Hanzala fils de Abd al Masîh - sanctifié soit le nom du Messie tant que durera le monde-, désirant se rapprocher de la vérité et de la foi, a construit ce saint édifice et, de même que l'on fait mention de ses proches pour demander la rémission de leurs fautes, qu'il soit fait mention de Hanzala le pécheur.
Le monastère223 de Hind l'Ancienne. C'est un monastère qui fut construit par Hind l'Ancienne, la mère de Amir Ibn Hind. Il y a, sur le devant de son église, l'inscription suivante :
Ce monastère a été construit par Hind fille d'al Harith ibn Amr ibn Hujr, la reine fille des rois, et mère du roi Amir Ibn al-Mundhir, servante du Christ, mère de son serviteur et servante de son serviteur, au temps du roi des rois Khusraw Anushirwan, et au temps de l'évêque Éphrem. Et que Dieu224, pour lequel elle a construit ce sanctuaire lui pardonne ses péchés, qu'il soit miséricordieux pour elle et pour son fils, qu'il les agrée tous deux et les raffermisse en vue d'établir le droit la vérité, et que Dieu soit avec elle et avec son fils à jamais.
Abul Faraj dit: Puis Jalfar Ibn Qudama m'a rapporté, etc.
5. Najran, la métropole chrétienne du sud.
Cette grosse ville225 , située au sud de la Mecque, sur la frontière avec le Yémen, est une étape importante de commerce des caravanes. Elle se distingue surtout par son peuplement chrétien. Ses habitants semblent en contact constant avec l'islam naissant, et pour Muhammad, ce sont les chrétiens les plus proches. Ils parviennent à faire respecter leur condition, en échange dun statut de soumission, du moins avant leur expulsion définitive par Omar.226
Des fouilles actuelles sont pratiqués sur la zone de l'ancienne ville, et elles ont révélé l'existence de milliers d'inscriptions, pas encore publiées hélas.
Lorigine des chrétiens de Najran.
(Chronique de Siirt ).227
Sur la terre de Najran au Yémen, il y avait, du temps du roi Yazdegard228 un marchand, bien connu dans son pays, qui sappelait Hayyan. Il est allé à Constantinople pour affaires et était revenu. Plus tard, il prévut daller en Perse et traversa al Hira. Là, il fréquenta des groupes de chrétiens et apprit leur religion. Il fut donc baptisé et resta là quelque temps. Enfin, il retourna au pays et là il exhorta les gens à adopter sa foi, et fit de sa famille des chrétiens, comme beaucoup de gens aux alentours. Puis des personnes le rejoignirent et laidèrent dans la conversion au christianisme du peuple du pays himyarite et de régions dAbyssinie.
(Chronique Nestorienne V 330).229
A Najran, au Yémen, vivait à lépoque de Yazdegard un grand commerçant nommé Hannan. Il fit un voyage daffaire à Constantinople. Sur le chemin du retour il voulut visiter la Perse et vint à Hira. Il y fit connaissance avec des chrétiens et apprit leurs opinions. Il fut baptisé et demeura quelque temps là. Ensuite, il retoruna dans sa patrie et chercha à répandre sa foi nouvelle. Sa famille accepta le christianisme. Il sallia ensuite avec des hommes qui laidèrent à gagner au christianisme Himyar et les pays den face.
La Kaba230 de Najran.
(al Acha).231
La Kaba de Najran est ton but, jusquà ce que tu tagenouilles à ses portes. Nous visiterons Yazid, Abd al Masih, et Qays ; ce sont les meilleurs de ses maîtres.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 20-22).
Lorigine du christianisme à Najran vient dun homme appelé Faymiyun, qui était juste, sérieux et ascétique, et dont les prières étaient entendues. Il se promenait entre les villes. Dès quil était connu dans lune il allait dans lautre, mangeant seulement ce quil avait gagné, parce que cétait un maçon itinérant employant la technique de la brique de terre232. Il allait dans le désert et priait là jusquau soir.
Alors quil continuait son travail dans un village syrien, en sécartant des autres hommes, un des habitants appelé Salih comprenant quel genre dhomme il était, fut pris dune grande affection envers lui. Il partit par le sud et atteignit la terre des Arabes, qui les attaquèrent et une caravane les emporta et les vendit à Najran. Les gens de Najran suivaient la religion des Arabes adorant un grand palmier. Chaque année, ils avaient une grande fête où ils accrochaient les plus belles décorations et les bijoux des femmes. Faymiyun fut vendu à un noble et Salih à un autre ...
Un soir comme Faymiyun priait avec sérénité, le maître fut pris dadmiration et lui demanda sa religion. Faymiyun lui dit et dit quil était dans lerreur. (...) Après sêtre purifié et avoir pratiqué deux rakat233 , il invoqua Allah contre larbre et Allah envoya un vent qui lui arracha les racines et labattit sur le sol. Alors le peuple de Najran adopta sa religion et il lui apprit les lois de Isa234 ibn Maryam235 .
Les notables chrétiens de Najran.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 401-2).
Une députation des chrétiens de Najran vint auprès de l'apôtre. Il y avait soixante cavaliers, quatorze d'entre eux étant des nobles parmi lesquels il y avait les trois principaux, qui contrôlaient les affaires, c'est-à-dire:
-Le aqib236 , chef du peuple, un homme d'affaires, et leur conseiller principal dont l'opinion dirigeait leur politique. Son nom était Abdul Masih237.
-Le sayyid238 , leur administrateur, qui s'occupait des questions de transports239 et des affaires générales. Son nom était al Ayham.
-Leur évêque, érudit, chef religieux qui contrôlait les écoles, Abu Haritha, de la tribu des Banu Bakr ibn Wayl.
(...)
Les noms des quatorze principaux cavaliers parmi les soixante étaient:
Abdul al Masih le Aqib, al Ayham, le sayyid, Abu Haritha ibn Alqama, frère des banu Bakr ibn Wayl ; Aws ; al Harith ; Zayd ; Qyas ; Yazid ; Nubayh ; Khawaylid ; Amir ; Khalid ; Abdullah, Johannes240 ; parmi eux, seuls les trois premiers ont parlé à l'apôtre.
6. Les chrétiens du Hedjaz.
Quelques individualités se distinguent, dans lentourage mecquois241 de Muhammad, ou parmi les opposants à Médine. Chaque fois, les historiens chrétiens se sont interrogés sur linfluence que ces personnages ont pu avoir sur la construction de la foi de Muhammad.
Un savant chrétien de la Mecque.
(Bukhari, Sahih 96/15).
Récit d'Aïsha: Khadija était alors accompagné par son cousin Waraqa ibn Nawfal (...), qui était le fils de son oncle paternel, le frère de son père, et qui était devenu chrétien durant la période pré-islamique. Il écrivait les Evangiles en arabe autant quAllah lui permettait d'écrire. Il était déjà un vieil homme et avait perdu la vue.
Des chrétiens à la Mecque?
(Yabubi I 298).242
Parmi les clans arabes chrétiens, il faut mentionner ceux des Quraysh.
Un ermite chrétien de Médine.
On a très peu étudié le thème des opposants à Muhammad ; ce personnage est pourtant particulièrement intéressant: Abdallah est un ami du roi de Médine, et son départ, accompagné de nombreux disciples, laisse à penser quil y eut une âpre lutte dans la ville dès larrivée du chef des musulmans243.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 194-5).244
Un habitant de Médine, nommé Abu Amir, l'un des principaux de la tribu d'Aus, avait été croyant. On l'appelait Abdallah le Moine245 . N'ayant pas été bien traité par le prophète, il avait apostasié et s'était rendu à la Mecque, en entraînant avec lui cinquante jeunes gens246 qu'il avait séduits et qui avaient apostasié. Depuis lors le prophète l'avait toujours appelé coquin. Vivant à la Mecque avec ses compagnons, il avait suivi l'armée mecquoise247.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 411-2).248
Avec lui249, il y avait un homme des Aws, à qui les Aws obéissaient, Abu Amir Abdu Amir ibn Sayfi ibn al Numan, de la famille des Banu Dubaya ibn Zayd, le père de Hanzala (...). Il avait été ascète durant la période païenne et portait un grossier manteau de peau250, et il était appelé "le moine". (...)
Abu Amir avait grossièrement refusé de croire et avait abandonné son peuple, quand celui-ci se soumit à l'islam, et il alla à la Mecque avec dix de ses disciples, pour fuir l'islam et son prophète...
L'apôtre a dit:
-Ne l'appelez plus "moine", mais "malfaiteur".
Un bédouin chrétien.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois IX 1707).251
On m'a rapporté que Adi ibn Hatim des Tayyi252 disait:
-Aucun Arabe n'a détesté le messager d'Allah autant que moi, quand j'ai entendu parler de lui pour la première fois. En ce qui me concerne, j'étais un noble, un chrétien, voyageant parmi mon peuple, collectant le quart de leurs prises de guerre. Je professai ma propre religion, et la façon dont j'étais traité , c'était comme si j'étais un roi chez moi.
J'ai entendu parler du messager d'Allah, et je l'ai détesté (...).
-O Adi, (...) j'ai vu des bannières, je253 me suis informé et on m'a dit que c'était l'armée de Muhammad.
Je lui ai demandé d'apporter mes chameaux, ce qu'il fit, j'ai pris ma famille et mes enfants et je lui ai dit que j'allais rejoindre mes co-religionnaires en Syrie.
(...254 )
Puis il dit:
-Adi, n'es-tu pas à moitié chrétien et à moitié sabéen?
J'ai répondu:
-Oui.
-Et ne vas-tu pas parmi ton peuple pour collecter le quart de leurs prises de guerre?
-Je l'ai admis et il a dit:
-Mais ce n'est pas permis par ta religion!
-En effet.
Et j'ai réalisé qu'il était le prophète envoyé par Allah, qui sait ce qui n'est pas su255.
Parole de Quss ibn Sayda, prédicateur à Okaz.
(al Jahiz, Bayan I 247).256
Celui qui vit va mourir,
celui qui meurt disparaît,
et chaque chose qui doit arriver arrivera.
7. Sectes et hérésies.
Du montanisme jusquaux plus obscures hérésies arabes, le christianisme sest émietté en une multitude de communautés plus ou moins durables. Avec le recul, cette floraison peut être considéré positivement: un signe de vitalité, et un facteur denrichessement culturel. Il faut tout dabord noter que pour Jean de Damas257 , lislam nest quune hérésie chrétienne poussée à lextrème, et que le christianisme sest divisé avant tout sur des points de doctrine258 et daprès des ambitions politiques, comme dans le cas de lislam.
En Orient, trois tendances principales se sont constituées, quon peine à nommer hérésies tant elles ont eu dimportance, par tous les soutiens populaires ou politiques quelles ont obtenus, et par leur influence sur le christianisme orthodoxe259 et lislam: larianisme260 d'abord , puis le monophysisme261 et le nestorianisme262 .
La plupart des chrétiens n'y comprennent rien, et se lassent de ces querelles. Les musulmans n'y comprennent encore moins que rien, ce qui ne les empêchent pas de s'exprimer. Il est possible que cet émiettement du christianisme, et les troubles perpétuels qui le secouent ont découragé nombre de fidèles qui se sont ensuite, par dépit et par fatigue, engagés dans un mouvement réformateur arabe, lequel est devenu par la suite une nouvelle forme religieuse sous le nom d'islam.
Une première hérésie arabe.
(Hippolyte, Réfutation de toutes les hérésies 5,122).263
Les fidèles de Monoimus264 lArabe assurent que le principe originel de lunivers est un homme premier fils dun homme. (...) et Monoimus assure que le fils de lhomme est i, qui compte comme 10, le nombre principal dans lequel est inhérent lexistence de tous les nombres en général, et à travers chaque nombre en particulier, se trouve, comme pour la génération de lunivers, le feu, lair, leau, la terre...265
Les disputes théologiques entre chrétiens.
(Corpus coranique d'Othman 5/17).
De ceux qui disent:
-Nous sommes chrétiens. Nous avons reçu alliance.
Toutefois, ils ont oublié une partie de ce par quoi ils ont été édifiés et nous avons excité entre eux lhostilité et la haîne jusquau jour de la Résurrection.
Alors Allah les avisera de ce quils se trouvaient accomplir.
Les dissensions dans les communautés chrétiennes.266
(Corpus coranique d'Othman 42/13).
Les premières communautés ne se sont divisées par mutuelle insolence qu'après que la science fut venue à elles.
N'eût été un arrêt qui a précédé, de ton seigneur, reportant à un terme fixé, il aurait été décidé entre elles.
En vérité, ceux qui ont hérité l'Ecriture267, après ces premières communautés sont certes en un doute profond concernant cette révélation.
La différence de traitement entre les Nestoriens et les monophysites.
(Lettre de lévêque Ichoyab III).268
Ces Arabes névitent pas seulement de combattre le christianisme, ils recommandent même notre religion, et font des présents aux couvents et aux églises. (...)
Les Arabes ne supportent pas du tout ceux qui soutiennent que Dieu aurait été crucifié269 .
La préférence des Nestoriens.
(Lettre dAbdallah al Hachimi à Abdal Amsih al Kindi).270
Les Nestoriens, tes coreligionnaires, sont, sur ma vie, parmi les gens de la spéculation théologique près des vrais croyants ; ils penchent le plus vers notre conception - celle des musulmans -. C'est eux dont le prophète a loué la religion ; c'est à eux qu'il a accordé pacte et alliance. Il leur a donné le droit à la protection, obligatoire pour lui et ses compagnons. Il leur a donné une lettre à ce sujet et un document, lorsqu'ils vinrent chercher protection quand le pouvoir lui vint en mains et lui fut assuré.
Le Nestorianisme.271
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7).
Ce sont les adeptes du sage Nestorius, qui se manifesta au temps d'al Mamun272 et utilisa arbitrairement les Évangiles. Il est dans le même rapport aux chrétiens que les mutazilites273 à notre Loi.
D'après lui, Allah est un, à trois hypostases: l'Existence, la Science et la Vie. Ces hypostases ne s'ajoutent pas à l'essence, mais ne lui sont pas identiques.
Le Verbe s'est uni au corps de Jésus, non point par voie de mélange (comme disent les melkites, ni par voie de manifestation en lui (comme disent les jacobites), mais comme la lumière du soleil qui resplendit dans la fenêtre ou sur un cristal, ou comme la gravure qui se manifeste dans la cire lorsqu'elle y a été imprimée par le sceau.
La doctrine qui ressemble le plus à celle de Nestorius sur les hypostases, ce sont les «états» du mutazilite Abu Hagim. Nestorius affirme en effet l'existence de propriétés différentes appartenant à une chose une. En disant «une», il veut dire quAllah est un par la substance, c'est-à-dire qu'Il n'est pas composé de deux genres, mais qu'Il est simple et un. Quant à la Vie et la Science, il entend par là deux hypostases, deux substances, c'est-à-dire deux principes initiaux du monde. Il explique ensuite que la Science, c'est la raison et le Verbe. Ses propos reviennent finalement à affirmer que Allah est existant, vivant274, raisonnable, comme le disent les philosophes pour définir l'homme, avec cette différence que ces nw'àni" sont distincts les uns des autres dans l'homme, parce qu'il est une substance composée, tandis quAllah est une substance simple, non composée.
Certains d'entre eux disent quAllah a d'autres attributs, tels que la puissance, la volonté etc., mais ils n'en font pas des hypostases comme la Vie et la Science.
Parmi eux, certains vont jusqu'à dire que chacune des trois hypostases est vivante, est raisonnable, est dieu. Mais les autres affirment que le nom de «dieu» n'est pas donné aux hypostases séparément.
Ils affirment que le Fils a toujours été engendré du Père, mais ne s'est incarné et uni au corps du Christ qu'à sa naissance, en sorte que la venue à l'existence porte seulement sur le corps et l'humanité.Le Christ est un dieu et un homme qui se sont unis. Ce sont deux substances, deux hypostases, deux natures: une substance éternelle et une substance introduite à l'existence, un dieu parfait et un homme parfait. L'union de l'un et de l'autre n'a supprimé ni l'éternité de l'éternel, ni la venue à l'existence de ce qui y a été introduit, mais tous deux sont devenus un seul Christ, une seule volonté. Ils changent parfois les mots: à la place de substance, ils mettent « nature », et à la place d'hypostase, individu.
Quant à leur doctrine sur la mise à mort et la crucifixion, elle s'oppose à la doctrine des melkites et des jacobites. Ils disent que la mise à mort a atteint le Christ du point de vue de son humanité, mais non du point de vue de sa divinité. Car Allah est impassible.
(Ibn Kathir, Tafsir 3, 172).
Sad ibn Batriq275 , le patriarche dAlexandrie, et un célèbre érudit chrétien, ont écrit que 400 après lHégire, un conseil chrétien a eu lieu sous le règne de Constantin276 , celui qui a construit la ville qui porte son nom. Dans ce conseil, les chrétiens ont abouti à ce quils appellent le Grand Accord, qui est en fait la Grande Trahison. Il y avait plus de 2000 patriarches à ce conseil, comme ils étaient en grand désarroi, ils se sont divisés en beaucoup de sectes, dont les membres étaient 20, 50 ou 100!
Quand le roi a vu quil y avait plus de 300 patriarches qui avaient la même idée, il saccorda avec eux et adopta leur croyance. Constantin, qui était un philosophe déviant, les soutint et en lhonneur de cette secte, des églises furent construites, la doctrine fut enseignée aux enfants, qui étaient baptisés dans cette foi, et des livres furent écrits. Le roi oppressait les autres sectes. Un autre conseil engendra la secte appelée les Jacobites, et les nestoriens se constituèrent dans un troisième conseil.
Ces trois sectes saccordent pour considérer Isa comme étant divin, mais se disputent sur la façon dont sa divinité est liée à son humanité ; sil y a une unité ou si Allah est incarné dans Isa! Les trois sectes saccusent mutuellement dhérésie ; nous, nous croyons quils sont tous trois des incroyants.
§ 139. Le christianisme vu par lislam
Après avoir observé la situation du christianisme, sur le plan doctrinal et social, il sera utile voir comment bien plus tard lislam a considéré cette religion.
Pour cela, le plus simple est de distinguer les discours selon les types de sources.
Les préjugés les plus archaïques peuvent persister actuellement dans les sociétés arabes, et ils y sont parfaitement tolérés, et même souvent encouragés.277
1. "LHistoire" musulmane des religions.
Dans une époque où des savants soumis à lislam tentaient de comprendre le monde dans lequel ils vivaient, au prix de gros efforts intellectuels, et en prenant de grands risques, certains ont osé observer les systèmes étrangers. Ce ne sont en aucun cas des analyses objectives. Les doctrines sont déformées, soit pour correspondre aux conceptions islamiques, soit par ignorance, soit pour accroître leur ridicule. Ainsi, on ne apprend peut-être plus sur lislam et ses préjugés, que sur le christianisme, par exemple.
Présentation du christianisme par un musulman.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7).
Ils sont la communauté du Christ Jésus, fils de Marie: c'est lui qui a été vraiment envoyé après Moïse et qui avait été annoncé dans la Torah. Il a été pourvu de signes manifestes, tels que rendre la vie à des morts, guérir l'aveugle de naissance et le lépreux. Son existence même et sa nature étaient un signe parfait de sa véracité, puisqu'il n'est pas venu au monde à partir d'un sperme antérieur, et qu'il a parlé avant qu'on le lui ait appris. Alors que tous les prophètes reçoivent la révélation à quarante ans, Allah lui révéla la parole au berceau278 et lui révéla le message à trente ans279 . La durée de son appel fut de trois ans, trois mois et trois jours.
Lorsqu'il eut été élevé au ciel, les apôtres et d'autres divergèrent à son sujet. Leur désaccord ne porte en définitive que sur deux questions.
La première est la modalité de sa descente du ciel, de son union à sa mère et de l'Incarnation du Verbe.
La seconde est la modalité de son Ascension, de sa jonction aux anges et de l'unification du Verbe.
Quant à la première, ils confessent l'Incarnation du Verbe, et discourent sur la modalité de l'union et de l'Incarnation.
Pour les uns, le Verbe a illuminé le corps qu'il a pris comme la lumière illumine un corps transparent.
Pour d'autres, il s'est imprimé en lui comme la gravure s'imprime dans la cire.
Pour d'autres, il s'est manifesté en lui comme ce qui est spirituel se manifeste en ce qui est corporel.
Pour d'autres, la divinité a revêtu l'humanité.
Pour d'autres, le Verbe s'est mêlé au corps du Christ comme le lait se mêle à l'eau.
Ils affirment quAllah a trois hypostases280 . Ils disent que le Créateur est une seule substance, et ils entendent par ce mot: «ce qui subsiste par soi», et non pas la spatialité et le volume. (Dieu serait) donc un par la substantialité, trois par l'hypostaticité. Par les «hypostases», ils entendent les attributs comme l'Existence, la Vie, la Science, c'est-à-dire le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Mais seule la Science, à l'exclusion des autres hypostases, a revêtu un corps et s'est incarnée.
Quant à l'Ascension du Christ, ils disent qu'il a été tué et crucifié. Les juifs l'ont tué par jalousie et par impiété, parce qu'ils refusaient d'admettre son caractère prophétique et son rang, mais sa mise à mort n'a pas atteint dans le Christ la part divine, elle a seulement atteint la part humaine.
La perfection de la personne humaine, disent-ils, réside en trois choses: la prophétie, l'imamat281 , la royauté. Les autres prophètes possédaient
ces trois qualités ou certaines d'entre elles. Mais le rang du Christ est plus élevé, car il est le Fils unique. Il est sans pareil, et il n'y a pas de commune mesure entre lui et les autres prophètes: c'est par lui qu'a été pardonnée la faute d'Adam, et c'est lui qui jugera le monde.
Ils sont en désaccord sur sa descente du ciel282 . Pour les uns, il reviendra avant le jour de la Résurrection", comme le disent les musulmans. Pour les autres, il ne reviendra qu'au jour du Jugement.
Après avoir été tué et crucifié, il descendit. Simon Pierre vit sa forme physique, le Christ lui parla et en fit son successeur. Puis il quitta ce monde et monta au ciel.
Son successeur fut Simon Pierre. Parmi les Apôtres, c'est lui qui l'emportait en science, en ascèse et en éducation. Mais Paul troubla sa mission, se fit son associé, changea le caractère de son discours en y mêlant le discours des philosophes et ses propres pensées insidieuses ". J'ai vu dans l'épître que Paul écrivit aux Grecs:
-Vous pensez que le rang de Jésus est comme celui des autres prophètes, mais il n'en est pas ainsi. Il n'est sembable qu'à Melchisédech, roi de paix, à qui Abraham donna la dîme, et qui bénit Abraham et lui oignit la tête283 .
Combien est surprenant ce que rapportent les Évangiles, à savoir que le Seigneur aurait dit:
-« Tu es le Fils unique »284 .
Celui qui est «unique», comment est-il comparé à l'un des hommes ?
Ensuite, quatre des Apôtres se réunirent et chacun rassembla un livre qu'il appela l'Évangile. Ce sont Matthieu, Luc, Marc et Jean. La finale de l'Évangile de Matthieu est la suivante:
-«Je vous envoie aux nations comme mon Père m'a envoyé à vous. Allez donc, et appelez les nations au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint».
Quant au prologue de l'Évangile de Jean, c'est: « Le Verbe était de toute éternité, et le Verbe était auprès de Dieu, et Dieu était lui-même le Verbe, et tout fut par Lui » .
Les chrétiens se sont ensuite divisés en soixante-douze sectes285 . Il y en a trois grandes: les melkites, les nestoriens, les jacobites286 . Elles ont eu des ramifications: julianistes, apollinaristes, macédoniens, sabelliens, photiniens, paulianistes, etc.
Les origines du christianisme vues par ibn Khaldun.
(Ibn Khaldun , Prolégomènes, Livre I, 3).287
Le Messie apporta aux Juifs une doctrine religieuse et abolit plusieurs ordonnances du Pentateuque. Il opéra des miracles étonnants, guérissant les gens atteints de folie et rendant la vie aux morts. Une foule de monde accourut auprès de lui et crut à sa mission. Ce nombre fut augmenté par les efforts des apôtres, ses disciples , qui étaient douze en nombre, et dont il envoya plusieurs dans diverses parties du monde afin dy prêcher sa religion. Ceci eut lieu sous le règne dAuguste, premier des rois nommés Césars, et sous ladministration dHérode, souverain des Juifs, lequel avait enlevé le pou-voir à ses parents, les Asmonéens. Les Juifs portèrent envie au Messie et le traitaient de menteur ; aussi Hérode le dénonça à César-Auguste, dans une lettre quil lui envoya. Auguste lui donna la permission de le mettre à mort. Alors eut lieu ce qui se lit dans le Coran au sujet du Messie288 ; les apôtres se dispersèrent pour lui gagner des partisans ; la plupart dentre eux passèrent dans lempire romain pour y répandre la doctrine chrétienne, et Pierre, le chef des apôtres, sétablit à Rome, capitale des États des Césars. Ensuite ils mirent par écrit lÉvangile, que Jésus avait reçu du ciel ; ils firent quatre exemplaires (ou rédactions) de ce livre, pour représenter le texte tel quil leur avait été transmis par diverses voies. Matthieu écrivit son évangile en hébreu, à Jérusalem, et Jean, fils de Zébédée, le traduisit en langue latine ; Luc écrivit le sien en latin pour lins-truction de quelques grands personnages dentre les Romains ; Jean, fils de Zébédée, écrivit le sien à Rome ; Pierre en écrivit un en latin et le mit sous le nom de Marc, son disciple. Ces quatre rédactions de lÉvangile ne saccordent pas entre elles ; dailleurs elles ne se com-posent pas entièrement dune révélation pure : on y a inséré des discours prononcés par Jésus et par les apôtres. Elles renferment beau-coup de conseils et dhistoires, mais très peu dordonnances.
"Limmaculée conception"289 : version musulmane.
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois II 251-2).
On nest pas d'accord quant à l'époque de la naissance de Jésus290 . Quelques-uns disent qu'il est né six mois après la naissance de Jean291 ; d'autres disent qu'il a vu le jour trois ans après Jean. Le Coran rapporte l'histoire de la naissance de Jésus et la conception de Marie en ces termes:
Mentionne dans le Coran Marie, lorsquelle se retira de chez sa famille à un endroit exposé au soleil. Elle se cacha derrière un voile. Nous lui envoyâmes notre Esprit, qui prit devant elle la figure d'un homme292 . Il est raconté dans les commentaires que Marie n'avait pas eu ses menstrues293 avant sa treizième année ; et, quand elle les a eues deux fois, et qu'elle venait d'être purifiée de ses troisièmes menstrues294 , Allah envoya Gabriel vers elle, afin quil souffle dans sa manche et qu'elle conçut Jésus. Amram, le père de Marie, était mort. On dit qu'il était mort à l'époque où Marie se trouva dans le sein de sa mère, qui, après la mort d'Amram, avait consacré Marie au service dAllah. Alors Marie se trouvait sous l'autorité de Zacharie dans cette cellule du temple295, et nul autre que lui n'entrait chez elle. Amram avait un frère nommé Jacob ibn Matan, qui avait un fils qu'il avait également consacré. Ce fils s'appelait Joseph, et, après la mort de son père, il avait été élevé dans le temple, le même que Marie. Zacharie confia le service du temple à ce cousin de Marie, qui, quand il eut atteint comme elle l'âge de treize ans, apprit le métier de charpentier. Il servait dans le temple et y exécutait tout ouvrage de charpenterie qu'il y avait à faire.
Zacharie ne laissait personne pénétrer auprès de Marie, excepté Joseph. Quand il avait une occupation, il lui donnait la clef de sa cellule, pour lui rendre les services dont elle aurait besoin. Or, lorsque Marie fut délivrée de ses troisièmes menstrues, Joseph lui porta de l'eau dans la cellule pour se laver la tête, comme il est dit dans le Coran:
-Lorsqu'elle se retira de chez sa famille, etc. ..
Alors Gabriel se présenta à elle devant le rideau qu'elle avait tiré sur elle. Elle avait fini de se laver la tête, elle s'était purifiée et s'était couverte de son vêtement. Gabriel se montra à elle sous la figure de Joseph le charpentier. Marie n'avait jamais vu d'homme excepté Joseph et Zacharie. En voyant Gabriel, elle pensa que c'était Joseph, et elle dit:
J'implore la protection de Allah contre toi, etc... 296
-Tu es venu pour me voir nue, ou pour avoir commerce avec moi.
Gabriel, voyant qu'elle le craignait, lui dit:
-Je suis l'envoyé dAllah, je dois te donner un fils saint297 c'est-à-dire pur de toute souillure. Allah l'a créé dans ton sein. Quand Marie comprit que ce n'était pas un homme qui lui parlait, elle se tranquillisa et lui répondit en disant:
-Comment aurais-je un fils, puisque jamais homme ne ma touchée, et je ne suis pas une pécheresse?
Il répondit:
-Il en sera ainsi. Allah a dit: Cela est facile pour moi, etc...298
Gabriel dit:
-Allah a dit: je veux créer cet enfant sans père, et j'en ferai un prophète. C'est l'arrêt du Seigneur de faire naître de toi un enfant sans le concours d'un homme. Allah l'a appelé Jésus et Messie299 . Quand il naît, donne-lui également ce nom. On dit que Gabriel lui parla encore, comme il est dit dans le Coran: Allah t'annonce son Verbe ; il sappellera le Messie, Jésus, fils de Marie.300 Allah appelle ce fils qui est dans ton sein son Verbe. Il l'a créé en disant: Sois, et il est sans être engendré par un homme. Son nom est Messie et Jésus. Messie est un symbole ; il sera appelé ainsi, parce que, partout où il imposera sa main à un malade, le malade guérira à l'instant, ou si c'est un aveugle, celui-ci recouvrera la vue.
Puis Gabriel ajouta:
-Il sera illustre dans ce monde et dans l'autre. Il sera des familiers de Allah, et il parlera aux hommes dans son berceau et dans son âge mûr, et il sera du nombre des justes... Allah lui enseignera le Livre de la sagesse, le Pentateuque et lEvangile, et il sera son prophète auprès des enfants d'Israël. 301
Lorsque Marie eut entendu ce portrait de Jésus, elle comprit que Gabriel était l'envoyé de Allah qui voulait l'élever, et non un homme qui voudrait la séduire. Elle se tranquillisa, et elle crut à la parole de Allah et à la révélation que Allah de lui venait envoyer par la bouche de Gabriel, et elle fut convaincue de sa vérité, et ne conserva dans son cur aucun doute. Allah a loué Marie dans le Coran en ces termes:
-Et Marie, fille dAmram, qui conserva sa virginité, etc... 302 . Quand Gabriel eut réconforté le cur de Marie, il souffla sur elle, par ordre de Allah, et Marie conçut de ce souffle pur, comme il est dit dans le Coran. Jésus resta dans le sein de sa mère, et, lorsqu'elle priait, il adressait des louanges à Allah.
La disparition du Jésus musulman.
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois II 262-3).
Mohammad ibn Jarir dit que Jésus resta trois ans au milieu du peuple, mais, dans les livres qui traitent des récits des prophètes, il est dit qu'il ne resta que deux ans. Vers la fin de sa vie, il revint à Jérusalem, après l'événement de la table descendue du ciel303 . Les juifs résolurent de le tuer et gagnèrent l'amitié du roi de Jérusalem, nommé Hérode le Jeune304, qui suivait la religion des Grecs305 . Ils lui dirent:
-Jésus est un magicien qui séduit le peuple.
Hérode leur donna l'ordre de le tuer. Alors ils cherchèrent à s'emparer de Jésus, mais celui-ci se cacha ; ils ne le trouvèrent dans aucune maison. Une nuit il était avec ses disciples dans une maison et leur dit:
-Priez cette nuit pour moi.
Mais ils tombèrent dans un lourd sommeil. Jésus leur dit:
-Vous m'avez livré à mes ennemis. Il arrivera aussi que vous me reniez, et il arrivera que vous me trahissiez.
Le lendemain, un des disciples, nommé Siméon306 , sortit. Les juifs le saisirent, en disant:
-C'est un compagnon de Jésus. Montre-nous où est Jésus.
Siméon dit:
-J'ai abandonné Jésus et je ne suis pas de ses amis. Il renia donc et devint infidèle. Les juifs saisirent aussi un autre disciple307 qui était sorti et lui dirent:
-Montre-nous où est Jésus ou nous te mettrons à mort.
Le disciple dit:
-Si vous ne donnez une récompense, je vous dirai où il se trouve.
Ils consentirent. Ce disciple vendit Jésus pour trente dirhams308 et les amena à la maison où Jésus se trouvait. Les juifs le saisirent et le lièrent des pieds à la tête, et les disciples s'enfuirent. Les Juifs dirent à Jésus:
-Tu as exercé la magie devant les hommes et tu as dit que tu ressuscites les morts ; pourquoi maintenant ne te délivres-tu pas d'entre les mains des hommes? Ils le traînèrent à un endroit où ils avaient préparé une croix pour le crucifier, et un grand nombre de juifs se rassemblèrent autour de lui. Ils avaient un chef nommé Isua 309 , qui était également parmi eux. Quand ils voulurent attacher Jésus à la croix, Allah l'enleva à leurs regards et donna la forme et l'aspect de Jésus à Josué, leur chef. Lorsque Jésus disparut, ils restèrent stupéfaits et dirent:
-Il emploie la magie et s'est dérobé à nos yeux ; attendez un peu, l'effet de la magie sera bientôt passé, et il reparaîtra, car la magie na pas de durée. Quand ils regardèrent, ils virent Josué entièrement ressemblant à Jésus, et ils le saisirent. Il dit:
-Je suis Josué.
Ils répondirent:
-Tu mens, tu es Jésus, tu t'es dérobé à nos regards par la magie, maintenant la magie est passée et tu es devenu visible. Il proclama en vain qu'il était Josué. Ils le tuèrent et l'attachèrent à la croix. Quant à Jésus, Allah l'éleva au ciel comme il est dit dans le Coran:
Ils ne l'ont pas tué, etc...
Le rôle de lempereur Constantin selon un théologien musulman.
(Ibn Kathir, Tafsir 3).
Les chrétiens sont restés ainsi jusquau troisième siècle, quand un roi grec appelé Constantin est devenu chrétien dans le but de détruire le christianisme. Constantin était soit un philosophe, soit quelquun de particulièrement ignorant.Constantin a modifié la religion chrétienne en enlevant des choses, et en rajoutant des choses. Il a établi les rituels du christianisme et la soit-disante grande alliance, qui était en fait la grande trahison. Il leur a permis de manger de la viande de porc, de changer la direction de la prière quIsa avait établie vers lest, a construit des églises pour Isa, et a ajouté dix jours de jeûne pour racheter un péché quil avait commis, comme il la dit. Ainsi, la religion de Isa est devenue la religion de Constantin, qui a construit plus de 12 000 églises, temples et monastères pour les chrétiens, et une ville portant son nom, Constantinople.
LHistoire sainte chrétienne par un musulman.
(Ibn Khaldun, Muqaddima III 31).310
Les juifs furent jaloux de Jésus et le traitèrent d'imposteur. Hérode, leur roi, écrivit à Auguste311, empereur romain, et l'excita contre Jésus. Auguste donna aux juifs la permission de le mettre à mort. Ce fut l'histoire de Jésus, telle qu'elle est rapportée dans le Coran312 .
Les apôtres se divisèrent en groupes divers. La plupart ,entre eux se rendirent au pays des Romains, où ils appelèrent à la foi chrétienne. Pierre fut le plus grand de tous les apôtres313 . Il s'établit à Rome, capitale des empereurs romains. Alors, ils écrivirent l'Évangile révélé à Jésus, en quatre versions correspondant à leurs différentes traditions. Matthieu écrivit son Evangile à Jérusalem, en hébreu314. Il fut traduit en latin par Jean, fils de Zébédée, un des apôtres. Lapôtre Luc écrivit son Évangile en latin, pour un grand dignitaire romain. L'apôtre Jean, fils de Zébédée, écrivit un Evangile à Rome. Pierre écrivit son Évangile en latin315 et l'attribua à son disciple Marc. Ces quatre versions de lEvangile diffèrent entre elles. En outre, elles ne contienent pas que la Révélation pure, mais celle-ci y est mêlée aux paroles de Jésus et de ses apôtres. La plus grande partie de ces versions de l'Évangile est faite de sermons et de récits. Les lois y sont peu nombreuses316.
Les apôtres se réunirent en ce temps-là à Rome et définirent les règles de la communauté chrétienne. Ils les placèrent sous l'autorité de Clément, disciple de Pierre, et y notifièrent la liste des livres qu'il faut accepter et qui doivent guider l'action des chrétiens.
La dégénèrescence des musulmans.
(Sufyan ibn Uyayna).317
Quand nos savants dégénèrent, ils deviennent comme les juifs ; quand ceux qui craignent Allah dégénèrent, ils deviennent comme les chrétiens.
Le danger chrétien.
(Jahiz, al Radd alal Nasara).318
Ils traquent ce qui est contradictoire dans nos traditions, nos rapports qui ont la moindre ligne de transmission319 suspecte, les versets ambigus de notre Ecriture. Ensuite ils isolent les esprits faibles parmi vous et interrogent les gens du peuple sur ces sujets, sur ce quils pourraient savoir des affaires des hérétiques et des maudits manichéens. De plus, ils sadressent souvent aux érudits et aux puissants parmi nous, entraînant la dissenssion parmi les gens importants et perturbant les faibles. Ce qui rend les choses encore pires, cest que chaque musulman estime quil est un théologien et que personne nest plus capable que lui de discuter avec ces déviants.
2. Les chrétiens dans les chroniques musulmanes.
Au cours de sa sanglante aventure théologico-politique, Muhammad rencontre quelques chrétiens: affectueux comme Waraqa, sceptiques comme Amir le rahib, hostiles, comme les Rums de Syrie. On repère ici ou là dautres traces de contacts, dans des contextes très divers. Cela napprend rien sur le fond, a priori, mais les réactions musulmanes sont toujours significatives.
La non-circoncision.
(Ibn Hisham, Conduite de lenvoyé dAllah 850).
Un jeune esclave chrétien non-circoncis fut tué avec Othman320 et alors qu'un des compagnons étiat en train de dépouiller les morts des Thaqif321, il dénuda l'esclave pour le voler, et vit qu'il n'était pas circoncis. Il appela alors avec la voix la plus forte et disant:
-Arabes, venez voir! Allah sait que les Thaqif ne sont pas circoncis!
Mughira ibn Shuba le retint, parce que cela linquiétait que cette nouvelle ne circule parmi les Arabes, et il lui dit de ne pas dire cela, parce que l'homme concerné était seulement un esclave chrétien.
Ensuite, il dénuda les autres corps pour montrer qu'ils étaient bien circoncis.
Une vision de Jésus par Muhammad.
(Musa ibn Uqba).322
Quand je dormais, jai rêvé que jallais autour de la Kaba quand un homme avec les cheveux longs est apparu entre deux hommes, sa tête ruissellante deau. Quand jai demandé qui il était, on ma dit:
-Jésus, fils de Marie.
Alors je me suis retourné et jai vu un homme rouge, avec les cheveux bouclés, borgne. Il semblait que son oeil était un grain de raisin surnageant.
Jai demandé qui il était et on me dit:
-LAntéchrist323 .
(Corpus coranique d'Othman 16/26 et 105).
Certes nous savons que les infidèles disent:
-Cet homme a seulement pour maître un mortel324! Mais la langue de celui auquel ils pensent est une langue barbare325 , alors que cette prédication est en claire langue arabe.
Un chrétien inspirateur de Muhammad?
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 260).
Selon mes informations, lapôtre avait lhabitude de sinstaller à al Marwa devant la baraque dun jeune chrétien appelé Jabr, un esclave des Banu al Hadrami, et ils dirent:
-Celui qui enseigne à Muhammad la majorité de ce quil apporte est Jabr le chrétien, esclave des Banu al Hadrami. Alors Allah révéla en référence à ces paroles...326
Habilité rhétorique et assurance théologique.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 403).
... l'apôtre leur dit327:
-Soumettez-vous!328
Ils dirent:
-Nous sommes déjà soumis.
Il dit:
-Vous n'êtes pas soumis, alors soumettez-vous.
Ils dirent:
-Non! Nous avons été soumis avant toi.
Il dit:
-Vous mentez. Vos allégations selon lesquelles Allah a un fils, votre vénération de la croix329, et votre nourriture avec du porc, ce sont des choses qui vous éloignent de la soumission.
Ils répliquèrent:
-Mais alors, qui est son père, Muhammad?
L'apôtre resta silencieux et ne répondit pas330 .
(Ibn Kathir, Tafsir 5).
Le polythéisme et lincroyance des chrétiens.
Allah a décrété que les chrétiens étaient des incroyants à cause de leur revendication selon laquelle Isa fils de Miriam était Allah. Allah est plus saint que tout ce quon lui attribue. Allah se souvient deux de sa merveilleuse capacité sur tout...
(Ibn Kathir, Tafsir 30).
Ils331 ont modifié la religion du Messie, ajoutant des choses et enlevant des choses. Ils ont commencé par prier vers lest, et ont mis les rites du samedi332 au dimanche.
Ils ont vénéré la croix, autorisé quon mange du cochon, ont adopté des innovations telles que la fête de la croix, la messe, le baptême, le dimanche des psaume333 s et dautres épisodes. Ils ont nommé un pape, comme chef, des évêques, des prêtres et diacres, et ils ont inventé le monachisme.
3. Les chrétiens dans la Sunna.
Certains hadiths évoquent les chrétiens et leur sens, quand il peut être établi, est dune importance plus grande pour la doctrine. Il est certain que nombre de ces récits ayant trait aux chrétiens ont été rédigés au cours des grandes confrontations avec lempire byzantin, et nont quun lien très lâche avec Muhammad lui-même: cest pourquoi le ton est si fortement anti-chrétien dans tous ces textes.
La cloche.334
(Dawud, Hadith 14/2548).
Les anges ne tiennent pas compagnie à des voyageurs qui circulent avec une cloche.
(Malik, Muwatta 49/2,2).
Jai rêvé cette nuit, alors que jétais à la Kaba, et jai vu un homme à la peau sombre, le plus beau des hommes à la peau sombre que jai jamais vu. Il avait des cheveux qui allaient de ses oreilles à ses épaules. Il a peigné ses cheveux, et de leau en sortait. Il sappuyait sur deux hommes ou sur les épaules de ces hommes, il faisait le rite de circambulation autour de la Kaba. Jai demandé:
-Qui est-ce?
On me dit:
-al Masih ibn Miriam335.
Le mépris pour les chrétiens.
(Dawud, Hadith 41, 5186).
Je suis allé en Syrie avec mon père. Les gens entrèrent dans des cloîtres dans lesquels ils y avait des chrétiens. Mon père a dit:
-Ne les salue pas dabord, (...) lapôtre dAllah disant: Ne les saluez pas dabord, et quand vous les rencontrez sur la route, forcez-les à aller sur la partie la plus étroite.
(ibn Sad, Tabaqat I 552).336
Le prophète dAllah ne laissait pas dans sa maison quelque chose qui ressemblait à une croix sans la détruire.
La viande des chrétiens.
(Malik, Muwatta 24/2,5).
Abdullah ibn Abbas était interrogé à propos des animaux abattus par les Arabes chrétiens. Il dit:
-Il n'y a pas de mal en eux.
Mais il récita ensuite ce verset: "Quiconque les prend comme amis fait partie d'eux"337 .
Critique du monachisme.
(ibn Sad, Tabaqat I 436-7).
Un groupe de compagnons de lapôtre d'Allah questionnait les femmes du prophète à propos de ses actes privés. Elles les informèrent. Quelquun dit:
-Je népouserai pas une femme.
Un autre:
-Je ne mangerai pas de viande.
Un autre encore:
-Je ne dormirai pas dans un lit.
Puis un autre:
-Jobserverai le jeûne et je ne le cesserai pas.
Alors, le prophète a loué Allah et a dit:
-Les gens qui font ainsi, quel mal est en eux? Moi, je fais des prières, je dors, je jeûne, je romps le jeûne, et je munis aux femmes. Et celui qui naime pas ce que je fais nai pas de mon côté.
Le retour de Jésus.
(Bukhari, Sahih 34/102).
Lenvoyé d'Allah a dit:
-Jen jure par celui qui tient mon âme entre ses mains, il sen faut de bien peu que le fils de Marie descende parmi vous comme un juge équitable, afin de briser la croix, de tuer les porcs, de faire disparaître la capitation et de faire déborder la richesse au point que personne nen voudra plus338.
(Bukhari, Sahih 54/ 506).339
Le prophète a dit :
- Quand tout être humain naît, Satan le touche des deux côtés de son corps avec ses deux doigts, sauf Jésus, fils de Marie340, que Satan n'a pas pu toucher parce qu'il a touché le placenta.
4. Les chrétiens dans le Coran.
Dans le texte fondateur, les chrétiens341 , on le sait, sont dabord considérés avec un oeil favorable, peut-être parce que lauteur les avait fréquentés (notamment les moines)342 durant sa jeunesse et en avait gardé un bon souvenir.343 De plus, les chrétiens sont assimilés de loin aux Romains (c'est-à-dire Byzance) , et les Arabes les préfèrent nettement aux Perses, leurs grands concurrents, qui restent polythéistes344 .
Mais peu à peu les paroles deviennent plus aigres, et à la fin, la rupture est consommée sur le plan doctrinal quand tout espoir de les soumettre a disparu.345
Il est très probable que ce changement radical de ton doit son origine aux rencontres militaires ultérieures , entre les troupes de Byzance et les pillards arabes. C'est une preuve de plus en faveur de la fabrication très postérieure à Muhammad du corpus coranique.
Une allusion au baptème?
(Corpus coranique d'Othman 2/138).
Onction346 dAllah?
Qui donc est meilleur quAllah en son onction?
(Tafsir de Tabari 2/138).
Lorsqu'Allah a fait mention de la sibgha, il a voulu signifier la sibgha de l'islam et cela parce que lorsque les chrétiens veulent faire de leurs enfants des chrétiens, ils les plongent dans une eau à eux, en disant que cela les purifie, de la même manière que l'on se lave d'un crime selon la tradition islamique. Ils disent que cela constitue une sibgha du christianisme. Allah a dit:
-Ô vous les chrétiens et les juifs, il vaudrait mieux pour vous suivre la voie religieuse347 d'Abraham, la sibgha d'Allah qui est la meilleure des sibgha parce qu'elle est la haniffiya islamique.
Evocation des ermitages.
(Corpus coranique d'Othman 24/35b-36b).348
Sa lumière349 est à la ressemblance d'une niche350 où se trouve une lampe351 : la lampe est dans un récipient en verre352 : celui-ci semblerait un astre étincelant353 : elle est allumée grâce à un arbre béni354 , grâce à un olivier355 qui n'est ni oriental ni occidental, dont l'huile est si limpide356 qu'elle éclairerait même si nul feu ne la touchait.357
Sa lumière est à la ressemblance d'une lampe dans une niche, et en des oratoires qu'Allah a permis d'élever, dans lesquels son nom est invoqué, dans lesquels le glorifient, à l'aube et au crépuscule des hommes que nul négoce et nul troc ne distraient de l'invocation d'Allah, de l'accomplissement de la prière, du don de l'aumône ...
Eloge des moines.
(Corpus coranique d'Othman 5, 85).
...tu trouveras que les gens les plus proches de ceux qui croient, par lamitié358 , sont ceux qui disent: nous sommes chrétiens359 .
Cest que, parmi ceux-là, se trouvent des prêtres360 et des moines361 qui ne senflent pas dorgueil362 .
Critiques des moines.
(Corpus coranique d'Othman 57/27).
Ensuite nous leur avons donné comme successeurs nos autres apôtres363 ainsi que Jésus fils de Marie ; nous leur avons donné lEvangile et avons mis, dans les coeurs de ceux quis suivent, mansuétude et pitié et monachisme364 quils ont instauré - nous ne leur avons pas prescrit365- uniquement dans la quête de lagrément dAllah ; ils nont toutefois pas observé comme il se devait.
Lexécution des moines selon un jihadiste contemporain.
(Abdallah Azzam, Moeurs et jurisprudence du jihad.366
Le moine peut être tué selon qu'il vit parmi les gens ou non s'il vit parmi les gens, on peut le tuer; s'il demeure isolé pour ses dévotions, on ne le tue pas.
Dans le hadith d'ibn Abbas (que Allah l'agrée !), il est dit
« Le Prophète (que la prière et la bénédiction soient sur lui !), lorsqu'il envoyait ses soldats, leur disait : "Combattez au nom d'Allah (le Très-Haut) dans la voie d'Allah celui qui est impie envers Allah, ne soyez pas traîtres, ne pillez pas, n'infligez pas de châtiments, ne tuez pas les enfants, ni les ermites » (rapporté par Abu Dawud, mais il y a Ibrahim ibn Ismaïl dans la chaîne de garants, et il est douteux; toutefois, Ahmad l'a considéré comme fiable).
Dans L'Exposé d'al-Sarkhassi 367 (10/127), Abu Yussuf, Muhammad et les rapporteurs du Livre des expéditions, selon Abu Hanifa, il est dit : « On ne doit pas les tuer. »
Toutefois, Abu Yussuf a dit : « J'ai demandé à Abu Hanifa que faire des ermites et des moines, et il m'a dit qu'on peut les tuer, il a même ajouté : "Ce sont des maîtres d'impiété». Si l'on fait la synthèse des deux avis d'Abu Hanifa , on dira que les moines qui se mêlent aux gens doivent être tués mais pas ceux qui vivent isolés.
Description des moines chrétiens.
(Corpus coranique d'Othman 36-8).368
En des oratoires369 quAllah permit délever et dans lesquels son nom est invoqué, dans lesquels il est glorifié, à laube et au crépuscule, sont des hommes que nul négoce et nul troc ne distraient de linvocation dAllah, de laccomplissement de la prière, du don de laumône , qui craignent un jour où les coeurs et les regards se ront retournés mieux sur terre...
(Tafsir al Jalalayn 57).
Le monachisme qu'ils inventèrent, Nous ne le leur avons nullement prescrit. [Ils devaient] seulement rechercher l'agrément d'Allah. Mais ils ne l'observèrent pas (ce monachisme) comme il se devait...: Nous avons ensuite envoyé sur leurs traces nos autres prophètes, et nous avons envoyé après eux Jésus, fils de Marie, en lui donnant l'Evangile. Nous avons mis dans les curs de ceux qui l'ont suivi la compassion, la douceur et la vie monastique qui consiste à ne plus approcher les femmes et vivre dans les couvents. Cette vie, ils l'ont instaurée d'eux-mêmes sans la leur imposer. Mais ils ne l'ont inventée que dans le but d'obtenir la satisfaction d'Allah. Malheureusement ils ne l'ont pas observée comme il se devait, car certains d'eux l'ont délaissée, nié la religion de Jésus et suivi la religion qui les conduira à leur perte. Plusieurs adeptes de Jésus suivirent sa religion et crurent en notre prophète . Nous avons donné leur récompense à ceux d'entre eux qui ont cru, alors que beaucoup parmi eux sont pervers.
La préférence des chrétiens sur les juifs.
(Corpus coranique d'Othman 3/109-111).370
Les détenteurs de l'Ecriture ne sont pas à égalité. Parmi les détenteurs de l'Ecriture, il est une communauté droite dont les membres, durant la nuit, récitent371 les aya d'Allah, se prosternent, croient en Allah et au dernier jour, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable, qui se hâtent dans les bonnes oeuvres.
Ceux-là sont parmi le saints.
Quelque bien qu'ils fassent, cela ne leur sera pas dénié.
Allah connait les pieux.
Le rejet de la Trinité.372
(Corpus coranique d'Othman 5/77).
Impies sont ceux qui ont dit: Allah est le troisième dune triade373 .
Il nest de divinité quune divinité unique.
Sils ne cessent point leur dit, ceux qui sont parmi eux sont impies et seront touchés par un tourment cruel.
Lintégration de Marie dans la Trinité.
(Corpus coranique d'Othman 5/116).
Rappelez-vous quand Allah demanda: ô Jésus fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux hommes: prenez-nous, moi et ma mère, comme divinités374 en dessous dAllah!
Jésus répondit: gloire à toi!
Il nest point de moi de dire ce qui nest pas pour moi une vérité!
(Tafsir al Jalalayn 21).
Et celle qui avait préservé sa chasteté! Nous insufflâmes en elle un souffle venant de Nous et fîmes d'elle ainsi que de son fils, un signe pour l'univers: Et rappelle-toi de Marie qui avait gardé sa chasteté. Nous insufflâmes en elle un souffle de vie par l'intermédiaire de Jibrîl qui souffla dans l'encolure de sa robe et aussitôt elle tomba enceinte de Jésus. Nous fîmes d'elle et de son fils un signe-miracle pour l'univers (les hommes, les djinns et les anges); car elle le mit au monde sans rapport charnel avec un homme.
La communion selon Muhammad.
(Corpus coranique d'Othman 5/114)375 .
-Allah! Mon seigneur! dit Jésus fils de Marie, fais, du ciel, descendre sur nous une table376 qui sera pour nous une fête pour le premier et le dernier de nous et sera un signe émanant de toi!
Donne-nous attribution, toi qui es le meilleur des attributeurs.
5. Le pacte dOmar.
Le deuxième calife 377 serait à lorigine378 dune législation très dure concernant les chrétiens au premier chef, qui sert de base aux relations entre les deux mondes, et fixe la condition de dhimmi379 , ou protégés, selon une conception quasi mafieuse.
(Liste reconstituée par A. Noth).380
1-Ne pas construire de nouvelles églises dans une ville, ni des chapelles ou des ermitages dans ses environs.
2-Ne pas restaurer les églises détruites dans les quartiers musulmans.
3-Ne pas abriter les espions ennemis, cest-à-dire de collaborer avec les ennemis des musulmans.
4-Dénoncer les activités de trahison envers les musulmans.
5-Employer des moyens pour appeler au service religieux, mais seulement des moyens discrets, et à lintérieur des églises.
6- Ne pas dresser de croix en dehors des églises.
7-Eviter de prier ou de réciter à voix haute dans les églises quand des musulmans sont près de là.
8-Ne pas montrer de croix ou des évangiles publiquement au marché des musulmans.
9-Eviter les processions et les autres fêtes en public.
10- Ne pas allumer de flammes durant les processions funéraires à travers le marché des musulmans.
11-Ne pas garder de cochons ou vendre de la viande de porc dans le voisinage des musulmans.
12-Ne pas appeler au polythéisme publiquement et ne pas faire de prosélytisme.
13-Ne pas posséder desclaves conjointement à ceux des musulmans.
14-Ne pas empêcher ses parents de devenir musulmans.
15-Ne pas porter darmes.
16-Ne pas construire de maisons plus hautes qui permettent de voir dans les maisons des musulmans.
17- dans les relations daffaires, les musulmans doivent être la partie dominante, cest-à-dire que les affaires doivent être menées selon la loi musulmane.
18- Ne pas acheter de prisonniers de guerre venant de musulmans, parce quils pourraient rester ou devenir chrétiens).
19-Ne pas battre de musulmans381.
Linterdiction de célébrer les fêtes des mécréants , dans la doctrine salafiste.
(Déclaration du Comité Permanent pour les Recherches Scientifiques et la Fatwa concernant la célébration du jour de lan et en particulier concernant lan 2000).382
Le plus grand bienfait quAllah ait accordé à Ses serviteurs est le bienfait de lIslam et la guidée vers Sa voie droite. De par Sa clémence, Allah, glorifié soit-Il, a rendu obligatoire à Ses serviteurs croyants de linvoquer dans leurs prières afin quIl les guide, et de Lui demander ainsi datteindre la guidée vers la voie droite et de sy tenir constamment. Allah, Glorifié soit-Il, a décrit cette voie comme étant celle des gens quAllah a comblés de Ses bienfaits, parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les justes, et non pas celle des dévoyés parmi les juifs, les chrétiens et autres mécréants et polythéistes.
Partant, il est du devoir du musulman de reconnaître la valeur du bienfait dAllah sur lui, et donc de Le remercier, glorifié soit-Il, par la parole, les actes et la croyance. Il se doit aussi de veiller sur ce bienfait, de le protéger et de mettre en oeuvre les moyens permettant déviter sa disparition.
Toute personne clairvoyante dans la religion dAllah, observant le monde daujourdhui - dans lequel beaucoup de gens ne distinguent plus le vrai du faux - remarquera de façon évidente les efforts fournis par les ennemis de lIslam pour anéantir les vrais principes [de cette religion], éteindre sa lumière, tenter den éloigner les musulmans, et de couper les liens les y rattachant, par tous les moyens possibles... sans parler des tentatives denlaidissement de limage de lIslam, et des accusations et mensonges qui lui sont attribués, afin déloigner toute lhumanité de la voie dAllah et de la foi en ce quIl a révélé à Son Prophète Muhammad ibn Abdallah. Ceci est confirmé par la parole dAllah le Très Haut : "Nombre de gens du Livre aimeraient par jalousie de leur part, pouvoir vous rendre mécréants après que vous ayez cru. Et après que la vérité sest manifestée à eux ? Pardonnez et oubliez jusquà ce quAllah fasse venir Son commandement. Allah est très certainement Omnipotent ! " . Ainsi que Sa parole, glorifié soit-Il : "Une partie des gens du Livre aurait bien voulu vous égarer. Or ils négarent queux-mêmes ; et ils nen sont pas conscients." . Allah, glorifié et exalté soit-Il, a aussi dit : "Ô les croyants ! Si vous obéissez à ceux qui ne croient pas, il vous feront retourner en arrière. Et vous reviendrez perdants.". Il a aussi dit : "Dis : Ô gens du Livre, pourquoi obstruez-vous la voie dAllah à celui qui a la foi, et pourquoi voulez-vous rendre cette voie tortueuse, alors que vous êtes témoins de la vérité ! Et Allah nest pas inattentif à ce que vous faites." , ainsi que bien dautres versets.
Cependant, et malgré tous les efforts des mécréants, Allah, glorifié et exalté soit-Il, a promis de protéger Sa religion et Son livre. Ainsi, Allah, glorifié et exalté soit-Il, a dit : "En vérité cest Nous qui avons fait descendre le Coran, et cest Nous qui en sommes gardien.". Nombreuses louanges à Allah ! De plus, le Prophète a dit : "Il ne cessera dexister un groupe de ma communauté sur la vérité et victorieux. Ceux qui les abandonnent ou divergent deux ne leur causeront aucun grief, et ce jusquà ce quarrive lHeure". Nombreuses louanges à Allah ! Et nous demandons à Allah, glorifié soit-Il, Lui, le Proche, Celui qui répond, de nous inclure dans ce groupe ainsi que nos frères musulmans. Il est certes Magnanime et Généreux.
Le Comité Permanent pour les Recherches Scientifiques et la Fatwa voit et entend les grands préparatifs organisés par les communautés juives, par les communautés chrétiennes et par ceux qui, tombés sous leur influences, saffilient pourtant à lIslam , et limportance toute particulière quils accordent à lan 2000, souvrant sur le troisième millénaire selon le calendrier grégorien. Cest pourquoi le Comité se voit dans la nécessité de conseiller et de clarifier pour lensemble des musulmans la réalité de cet événement, et le verdict de la loi religieuse purifiée à ce sujet. Ceci afin que les musulmans soient clairvoyants concernant leur religion, et afin quils prennent garde à ne pas dévier vers les égarements des communautés qui ont encouru la colère dAllah et qui se sont égarées. Nous disons donc :
Premièrement : les juifs et les chrétiens placent en ce nouveau millénaire des espérances, prédisent des événements tragiques et des faits dont la réalisation est pratiquement inéluctable selon eux, car ils prétendent quelles sont le résultat de recherches et détudes. De plus, ils mettent en relation certaines de leurs croyances avec ce nouveau millénaire, en prétendant que cela est issu de leurs livres falsifiés. Or il est du devoir du musulman de naccorder aucune importance à ces prétentions, et de ne pas sy incliner. En effet, il a dans le livre de Son Seigneur, glorifié soit-Il, et la Sounna de son prophète de quoi se passer de toute autre chose. Quant aux théories et opinions en contradiction avec ces deux sources, ce ne peut être - dans le meilleur des cas - que jugement erroné.
Deuxièmement : cet événement - ainsi que toute autre situation similaire - comporte nécessairement une part de tromperie, de fausseté dissimulatrice du vrai, dinvitation à la mécréance, à légarement, à la débauche et à lincroyance. On y voit aussi apparaître des choses blâmables du point de vue de la religion comme : lappel à lunification des religions, la tentative de mettre lIslam sur un pied dégalité avec les autres croyances et dogmes vains, prendre la croix chrétienne comme moyen de bénédiction, permettre aux pratiques cultuelles mécréantes - quelles soient juives ou chrétiennes - de se manifester, et autres actes et propos qui impliquent de deux choses lune : soit [on reconnaît que] les religions chrétiennes et juives, pourtant falsifiées et abrogées, permettent datteindre [la satisfaction] dAllah, soit on apprécie certaines choses se trouvant dans ces religions qui contredisent la religion de lIslam. Or ceci nest que mécréance en Allah, en Son messager et en lIslam, par consensus de la communauté. Sans parler du fait que cest une tentative déloignement des musulmans de leur religion.
Troisièmement : les preuves du Coran, de la Sounna et des récits authentiques sont extrêmement nombreuses concernant linterdiction dimiter les mécréants dans ce qui leur est spécifique, comme le fait de les imiter dans leurs fêtes et festivités. De plus, le terme Îd (fête) est un nom global désignant une journée vénérée par les mécréants, qui se répète et se réitère régulièrement, ou bien un lieu sur lequel les mécréants organisent un rassemblement religieux. Et tout acte quils pratiquent en ces lieux ou durant ces journées fait partie de leurs festivités. Ainsi, linterdiction ne se limite pas à leurs fêtes, mais englobe aussi tout ce quils vénèrent comme période ou lieu, et tous les actes qui sy pratiquent, sans source aucune à ce sujet dans la religion de lIslam. Il en va de même pour les jours immédiatement précédents ou suivants qui sont comme des préparatifs sacrés à la fête, ainsi que la explicité Shaikh Al-Islâm ibn Taymiyyah, quAllah le Très Haut lui fasse miséricorde.
Comme preuve concernant linterdiction dimiter [les mécréants] dans leurs fêtes, on trouve la parole dAllah le Très Haut : "Ceux qui ne sont pas témoins du Zûr" décrivant ainsi les caractéristiques des serviteurs dAllah croyants. En effet, un groupe de Salaf, dont Ibn Sîrîn, Mudjâhid et Ar-Rabî ibn Anas a expliqué que le terme Zûr désigne les fêtes des mécréants. Il a dailleurs été authentiquement rapporté daprès Anas ibn Mâlik :
lorsque le Prophète arriva à Médine, il remarqua que deux journées dans lannée étaient réservées aux jeux et divertissements. Le Prophète demanda : "Que représentent ces deux jours ?". On lui répondit : "Ce sont deux jours durant lesquels nous nous amusions avant lavènement de lIslam". Le Prophète déclara alors : "Allah les a remplacés pour vous par deux jours meilleurs : le jour de [la fête] Al-Adhâ et celui de [la fête] Al-Fitr." .
Il a été authentiquement rapporté daprès Thâbit ibn Dahhâk :
"Du vivant du Prophète , un homme avait fait le voeu de sacrifier une chamelle en un lieu nommé Buwânah. Il se rendit chez le Prophète lui dit : "Jai fait le voeu de sacrifier une chamelle à Buwânah". Le Prophète lui dit alors : "Sy trouvait-il une idole de la période anté-islamique que les gens adoraient ?". Lhomme répondit : "non". Le Prophète continua : "Y organisaient-ils leurs fêtes ?". Lhomme répondit : "non". Le prophète conclut alors : "Respecte ton voeu, car il ne faut pas respecter un voeu de désobéissance à Allah, ni un voeu concernant une chose que lon ne possède pas" .
Umar ibn Al-Khattâb, quAllah lagrée, a dit : "Ne pénétrez pas dans les temples de polythéistes les jours de leurs fêtes, car le courroux dAllah sabat sur eux". Il a aussi dit : "Eloignez-vous des ennemis dAllah durant leurs fêtes".
Abdullâh ibn Amru ibn Al-Âs - quAllah les agrée tous deux - a dit : "Quiconque construit une demeure en terre mécréante, célèbre leurs festivités , les imite et meurt dans cet état, sera ressuscité avec eux".
Quatrièmement : il est interdit de célébrer les fêtes des mécréants pour de nombreuses autres raisons dont :
1- Les imiter dans certaines de leurs festivités provoque la joie et le contentement de leurs coeurs, et les aide ainsi à se complaire dans leur fausseté
2- La ressemblance et la similitude dans les choses apparentes engendrent - de manière perfide, graduelle et progressive - une certaine ressemblance et similitude internes, comme la diffusion de croyances erronées
3- Un des dégâts les plus importants causé par la participation à leurs festivités est que limitation des mécréants dans lapparence engendre une certaine forme damitié, damour et dalliance dans le coeur à leur égard. Or lamour et lalliance des mécréants est contraire à la foi, comme la dit Allah le Très Haut : " Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui dentre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes." . Allah, glorifié soit-Il, a aussi dit : "Tu nen trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui sopposent à Allah et à Son Messager..." .
Cinquièmement : en nous basant sur tout ce que nous venons de dire, il nest pas permis au musulman croyant en Allah en tant que Seigneur, lIslam en tant que religion, et Muhammad en tant que prophète et messager, de célébrer des fêtes qui nont aucune source dans la religion de lIslam, comme ce soi-disant nouveau millénaire. Il nest pas permis dy assister, ni dy participer, ni daider à le célébrer par quelque moyen que ce soit, car il sagit dun péché et dune transgression des limites établies par Allah. Or Allah le Très Haut dit : "Entraidez-vous dans laccomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition !"
Sixièmement : il nest pas permis au musulman de sentraider avec les mécréants dans la célébration de leurs fêtes, quelle que soit la forme que peut revêtir cette aide, comme le fait de lannoncer et le proclamer, et en particulier concernant le nouveau millénaire. Il nest pas permis dy inviter les gens, quel que soit le moyen utilisé : que ce soit dans les médias, par la vente dhorloges, de calendriers spécifiques, de vêtements et dustensiles souvenirs, dimpression de cartes et de cahiers scolaires, par lorganisation de soldes commerciales et de distribution de cadeaux à cette occasion, par lorganisation dactivités sportives, ou par la diffusion de tout symbole spécifique à ces fêtes.
Septièmement : il nest pas permis au musulman de considérer les fêtes des mécréants - et en particulier celle du nouveau millénaire - comme étant une occasion de se réjouir ou un moment béni, au point de décréter ces journées comme fériées, de les choisir spécifiquement pour établir les contrats de mariage, débuter une activité commerciale, inaugurer le début dun projet, etc... Il nest pas permis daccorder une spécifité à ces jours par rapport au reste des jours de lannée. En effet, ces jours sont identiques aux autres jours, leur accorder une spécificité nest quune croyance erronée qui napporte rien de plus à ces jours... et le fait même davoir une certaine croyance en ces jours nest que péché sur péché, quAllah nous protège et nous préserve.
Huitièmement : il nest pas permis au musulman de souhaiter bonnes fêtes aux mécréants, car cest une forme de satisfaction envers létat de fausseté dans lequel ils se débattent, en plus dêtre un moyen de les réjouir. Ibn Al-Qayyim - quAllah le Très Haut lui fasse miséricorde - a dit : "Quant aux félicitations adressées à loccasion dévénements religieux mécréants spécifiques à eux, cela est interdit par consensus, comme le fait de leur souhaiter bonnes fêtes ou bon carême en leur disant : "Bénie soit votre fête" ou "Que cette fête soit pour vous source de réjouissances" etc... Une personne qui tient de tels propos, même si elle évite la mécréance, nen commet pas moins un acte interdit, aussi grave que si elle les avait félicités de sêtre prosternés devant un crucifix. Ceci est même un péché plus grave encore auprès dAllah et plus ignoble que le fait de féliciter une personne pour avoir bu du vin, tuer autrui, commis ladultère ou autre. Or beaucoup de personnes, qui font bien peu de cas de leur religion, agissent de la sorte sans se rendre compte de la gravité de leur acte. Ainsi, quiconque félicite une personne pour avoir commis un péché, une innovation ou un acte de mécréance sexpose à la malédiction et la colère dAllah". Fin de citation.
Neuvièmement : cest un honneur pour les musulmans que de se conformer au calendrier qui prend pour date de début lexode de leur Prophète Muhammad . Ce calendrier a été accepté par les Compagnons - quAllah les agrée - de façon consensuelle. Ils se sont basés dessus sans célébrer de nouvel an hégirien, et les musulmans héritent de ce calendrier depuis quatorze siècles, et ce, jusquau jour daujourdhui. Cest pourquoi il nest pas permis au musulman de se détourner du calendrier hégirien pour adopter des calendriers dautres communautés sur cette terre, comme le calendrier grégorien. En effet, ceci revient à échanger le meilleur pour le moins bon.
En conclusion, nous conseillons à tous nos frères musulmans de craindre Allah comme il se doit, dagir dans Son obéissance et de séloigner de Sa désobéissance, de sy encourager mutuellement ainsi quà la patience. Que tout croyant désirant conseiller son âme en bien, et soucieux de la sauver de la colère dAllah et de Sa malédiction dans ce bas-monde et dans lau-delà multiplie les efforts dans lacquisition de la science et de la foi. Quil choisisse Allah comme guide, soutien, juge et maître... quel excellent Maître ! Et quel excellent Soutien ! Et Ton Seigneur suffit comme Guide et Soutien. Que chaque musulman invoque Allah à comme le faisait le Prophète : "Ô Allah ! Seigneur de Djibrîl, de Mikâîl et de Isrâfîl, Créateur des cieux et de la terre, Connaisseur de linvisible et du visible, cest Toi qui juge entre Tes serviteurs concernant leurs divergences. Guide-moi vers la vérité sujette à divergence - par Ta permission - car Tu guides qui Tu veux vers la voie droite".
Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la bénédiction dAllah soient sur notre Prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons.
Pardonne-nous! Absous nos péchés! Fais-nous miséricorde! Tu es notre maître! Accorde-nous la victoire sur les mécréants! (Sourate II verset 286).383
Chapitre 23
Religions Perses
Lactuelle et sinistre république islamique dIran est une indigne héritière dune des civilisations les plus brillantes de lHumanité: la Perse. Son influence est considérable dans de nombreux domaines, notamment dans lHistoire politique et religieuse: cest le premier empire universel, et son rôle religieux est capital dans lévolution du Moyen-Orient vers le monothéisme. Cette haute culture et de cette conception originale du monde a démontré une capacité de résistance exceptionnelle à travers le temps.384
A la période qui nous intéresse, lempire sassanide est une très grande puissance385, revendiquant très haut lhéritage perse, qui est traversée par de nombreux courants religieux386 .
(Imam Khomeyni, Extrait du "Petit Livre Vert").387
Qui libéra notre pays et notre peuple de la honte du zoroastrisme, si ce ne fut l'armée victorieuse de l'Islam!
§ 140. Le Mazdéisme
Il sagit de la religion traditionnelle des Perses réformée au VIème siècle avant J.-C. (?) par Zarathoustra, et qui tend de plus en plus vers une forme de monothéisme, autour de la figure dAhura Mazda, le Sage Seigneur388: affirmant la domination d'un dieu sur les autres, il préfigure un peu notre Muhammad et ses inventions. Mais on ne peut rien dire de plus de ce réformateur, dont la vie est peu connue et l'existence quasi-mythique.
Cette religion a provoqué une accélération du phénomène monothéiste dans le Proche-Orient, et elle a répandu la notion de "dieu national" puissant et dominateur. Ce système évoque aussi la venue dun sauveur de lhumanité devant survenir à la fin des temps389. Le rituel est centré autour du culte du feu et de fêtes annuelles comme le Newruz.390
Les Mazdéens sont connus en Arabie de façon superficielle, comme occupants391 , adeptes du culte du feu et comme "mages"392. Il est aussi à déplorer que les envahisseurs musulmans de lIran aient ravagé si consciencieusement cet héritage, dès leur arrivée, et sur plus dun siècle393.
Les influences mazdéennes sur la doctrine islamique ont toujours été sous-estimés, quoique révélées par des auteurs importants: le fait dérange jusqu'en Iran même.394 Il est tout de même étonnant que même le mot "religion" (DIN) utilisé par l'islam soit issu de la langue perse.395
1. Eléments de doctrine.
Cest un système religieux dorigine indo-européenne, et lié à celui de lInde: un polythéisme qui sappuit sur un livre sacré, lAvesta.396 Après les réformes de Zarathoustra, il tend vers un hénothéisme rigoureux, dominé par Ahura Mazda.
Polythéisme, livre sacré, prophétie, hénothéisme: on comprend la perplexité des premiers musulmans, qui voulaient intégrer le mazdéisme dans une catégorie précise...
Prière à Ahura Mazda.
(Inscription de Darius à Persépolis).397
QuAhura-Mazda mapporte son aide avec tous les dieux, et encore quAhura-Mazda protège ce pays de larmée ennemie, de la mauvaise récolte, du mensonge. Que sur ce pays ne déferle ni larmée ennemie, ni la mauvaise récolte, ni le mensonge. Cest le bienfait que je demande par la prière à Ahura-Mazda avec tous les dieux. Puisse Ahura-Mazda maccorder ce bienfait avec tous les dieux.
Le mazdéisme et Zoroastre.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7).
Parmi les possesseurs d'un pseudo-Livre, les mazdéens affirment, comme on vient de le dire, l'existence de deux principes. Toutefois, les mazdéens originels affirmaient que les principes ne peuvent être tous deux éternels, de toute éternité, mais que la Lumière est de toute éternité, tandis que la Ténèbre est introduite à l'existence.
Ils divergent alors sur la cause de sa venue à l'existence. Est-elle venue à l'existence à partir de la Lumière? Mais la Lumière n'introduit à l'existence aucun mal particulier: comment y introduirait-elle le principe même du mal? Ou bien la Ténèbre est-elle venue à l'existence à partir d'une autre chose? Mais rien n'est associé à la Lumière dans l'introduction à l'existence ni dans l'éternité. Ici devient claire la folie des mazdéens.
Ils professent la doctrine du premier principe d'entre les individus, Gayomart. Parfois, ils professent la doctrine du grand Zurvàn. Ou encore, du dernier prophète, Zoroastre.
(...)
Ce sont les adeptes de Zoroastre, fils de Purusasp, qui se manifesta au temps de roi Vistasp, fils de Luhràsp. Son père était d'Adarbaygan ; sa mère, qui s'appelait Duadôuua, de Rayy.
Ils affirment avoir des prophètes et des rois. Le premier de ceux-ci est Gayomart: il fut le premier à régner sur la terre, et résidait à Istahr. Après lui vint Husang, fils de Fravak: il se rendit en Inde et y appela les hommes à Allah. Après lui vint Tahmurat: les sabéens se manifestèrent la première année de son règne. Puis vint son frère, le roi Yima. Puis il y eut après lui des prophètes et des rois, dont Manusihr: il se rendit à Babel et y demeura, c'est en son temps, affirment-ils, que se manifesta Moïse. Et finalement, le royaume échut à Vitasp, fils de Luhrasp, au temps duquel se manifesta le sage Zoroastre.
Ils affirment que Allah, au temps de Son règne dont il est parlé dans les Feuilles Premières et dans le Livre Suprême398, a créé une création spirituelle. Et lorsque se furent écoulés trois mille ans, Il accomplit Sa volonté en une forme de Sa lumière étincelante pour composer la forme de l'homme, et le fit entourer par soixante-dix des anges rapprochés. Il créa le soleil, la lune, les étoiles, la terre et les Fils d'Adam, immobiles pendant trois mille ans.
Ensuite, Il mit l'esprit de Zoroastre dans un arbre qu'il fit pousser au plus haut de Illiyyun puis planta au sommet d'une montagne d'Adarbaygan appelée le mont Asnavand. Il mélangea ensuite l'esprit de Zoroastre à du lait de vache. Le père de Zoroastre le but, et cela devint du sperme, puis un embryon dans le sein de sa mère. Le Démon s'attaqua à elle et altéra sa santé. Ensuite, sa mère entendit une voix du ciel lui indiquant sa guérison, et elle fut guérie.
Ensuite, lorsqu'il naquit, il eut un rire que remarquèrent les gens présents. Ils usèrent de ruse contre Zoroastre, au point de le déposer sur le chemin des taureaux, et sur le chemin des chevaux, et sur le chemin des loups. Mais chaque fois, lun de ceux-ci se dressait pour le protéger des autres.
Les livres de Zoroastre.
(Masudi, Prairies dor 548-9).399
Lalphabet du livre révélé par Zoroastre ne renfermait pas moins de 60 lettres ; or aucun alphabet des autres langues ne se compose dun plus grand nombre de caractères. Les détails dans lesquels les Mazdéens entrent à cet égard sont reprouits dans nos Akhbar az Zaman et dans le Livre Moyen. Ce livre est écrit dans une langue que les Perses nauraient pu imiter, et dont ils ne comprenaient pas le sens ; nous parlerons plus loin des principes que Zoroastre mit dans son livre, du commentaire et du sur-commentaire qu'il en fit ; le texte entier, tracé en lettres d'or, forme 12 000 volumes. Il renferme des promesses, des menaces, des prescriptions et des interdictions, ainsi que d'autres dispositions légales et cultuelles. Ce livre demeura le code des rois perses jusqu'à l'époque où Alexandre, après avoir tué Darius400, jeta au feu une partie de l'ouvrage. Plus tard, lorsque, succédant aux chefs des Satrapies Ardéshir, fils de Babak, monta sur le trône, il imposa aux Perses la lecture de l'un des chapitres, qu'ils nomment Vendidad401. Encore aujourd'hui, les Mazdéens se bornent à réciter ce chapitre.
Quant au livre primitif, il porte le nom d'Avesta. Voyant ses fidèles incapables de le comprendre, Zoroastre en composa un commentaire qu'on nomma Zend ; puis il rédigea un commentaire de ce commentaire et l'appela Pazend ; enfin, après sa mort, les docteurs de cette religion donnèrent un commentaire de ce commentaire et une glose des textes précédents qu'ils nommèrent Ayardah. Les Mazdéens ne sont jamais parvenus à retenir par cur leur livre révélé ; aussi leurs savants et leurs prêtres402 en font apprendre des fragments, par exemple un septième, un quart ou un tiers, à beaucoup de fidèles ; l'un d'eux commence par réciter le fragment qu'il a retenu, un second reprend à son tour, puis un troisième et ainsi de suite jusqu'à ce qu'à eux tous ils aient achevé la récitation de tout le livre, car il est impossible à un seul de l'apprendre en entier ; on cite cependant un Mazdéen du Séistan qui, postérieurement à l'année 300403, le savait intégralement par cur.
Le mazdéisme comme "religion du Livre".404
(Corpus coranique d'Othman 22/17).
Au jour de la résurrection, Allah distinguera entre ceux qui auront cru405 , ceux qui auront pratiqué le judaïsme406 , les sabéens407 , les chrétiens408 et les zoroastriens409.
Lénothéisme mazdéen.
(Inscription royale de Vahraran Gur , 420-438).410
Serviteurs sommes nous tous, Dieu411 est un
Inl ne faut honorer que lui seul
Je suis la religion du prophète Zardost412
Je ne dévierai point de la voie des ancêtres.
2. Le culte du feu.
A noter que les monnaies dargent circulant parmi les premiers musulmans, des dirhams perses, sont ornés dautels du feu, les pyrées, cest-à-dire une image particulièrement impure413.
Le temple du feu à Oman.
(Abu Ubayd).414
Du prophète Muhammad envoyé d'Allah, aux Asbadhites, serviteurs d'Allah, princes de Oman.
Ils auront toute sauvegarde s'ils croient, célèbrent les offices, acquittent la zakat, obéissent à Allah et à son envoyé, abandonnent son dû au prophète, et suivent la voie des musulmans. (...) ce qu'ils possédaient au temps de leur islamisation, à l'exclusion toutefois, du trésor du temple du feu qui reviendra à Allah et à son envoyé. (...)
Le culte du feu.
(Quinte-Curce, Histoire dAlexandre III 3, 9-11).415
Le Feu, qualifié de sacré et déternel, était porté en tête, sur des autels dargent. Les mages, auprès de lui, chantaient des hymnes ancestraux. Derrière les mages, venaient 365 jeunes gens recouverts de manteaux de pourpre: leur nombre était celui des jours de lannée, car les Perses avaient divisé lannée en autant de jours que nous. Puis un char consacré à Jupiter416 était tiré par des chevaux blancs...
Catalogue des temples du feu.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7).417
Chez les mazdéens, le premier temple que bâtit Feridun fut un temple du feu418 à Tus. Il en bâtit à Bukhara un autre: c'est le Berezisava. Bahman fonda au Sijistan un feu qu'on appelle Karkuya. Ils ont aussi dans la région de Bubara un temple du feu qu'on appelle le feu de Kavad, et, entre la Perse et Ispahan, un autre qui s'appelle Gugnasp et que bâtit Kaykhosrow . Un autre, à Komis, s'appelle Hurign. Il y a aussi un temple du feu appelé Kangdiz, que bâtit Siyavas à l'Est de la Chine, et un autre à Arragan en Perse, que fonda Arragan, aïeul de Vistâsp.
Ces temples existaient avant Zoroastre. Ensuite, Zoroastre instaura un temple du feu à Nigapur, et un autre à Nasà. Il fit aussi rechercher par Vitàsp un feu que vénérait autrefois Yima. Vistasp trouva le feu à la ville de Kwarazm et le transporta à Darabgird: il s'appelle Adarguy, et les mazdéens le vénèrent plus que tout autre. Lorsque Kaykhosrow partit en expédition contre Afrasiyab, il vénéra ce feu en se prosternant devant lui. On dit aussi que c'est Anogarvan qui le transporta à Kariyan. Les mazdéens en laissèrent ensuite là une partie et portèrent l'autre à Nasa.
Dans le pays des Byzantins, aux portes de Constantinople, il y avait un temple du feu: Shapur, fils d'Ardashir, l'avait fondé, et il resta debout jusqu'à l'époque d'al Mahdi. Et un autre temple du feu près de la Ville du Salut419, à Astaouène, dû à Boran, fille de Khosrow. Il y a aussi des temples du feu en Inde et en Chine. Mais quant aux Grecs, ils avaient trois temples dans lesquels il n'y avait pas de feu, et que nous avons déjà mentionnés.
Au demeurant, si les mazdéens vénèrent le feu, c'est à cause de plusieurs qualités qu'ils lui attribuent: le feu est une substance noble et supérieure ; il n'a pas brûlé l'Ami dAllah, Abraham, ils pensent que leur vénération pour lui les sauvera du supplice de feu lors du retour devant Allah. Bref, le feu leur tient lieu de direction de la prière, de moyen d'accès à la faveur dAllah et de signe.
3. Pureté et impureté des mazdéens.
Cest essentiellement par le biais des questions cathartiques que la culture perse est considérée par la tradition musulmane420 : les envahisseurs sont confrontés soudain à une culture bien supérieure à la leur, et se pose dinnombrables questions sur le refus ou lacceptation de telle ou telle coutume, selon sa pureté ou son impureté, en sattachant aux détails les plus saugrenus421 .
(Malik, Muwatta 28/16, 38a).
Les jeunes esclaves juives ou chrétiennes sont licites pour leurs maîtres par droit de possession422. Mais les relations sexuelles avec une esclave mazdéenne ne sont pas licites par droit de possession423.
(Dawud, Hadith 16/2851).
Il demanda:
-Dis moi ce qu'on doit faire à propos de la vaisselle des mages, quand on est forcé de l'utiliser.
Il répondit:
-Lavez-la et mangez dedans.
Le fromage des mages.
(Baydaqi, Hadith).424
Quand lenvoyé d'Allah a conquis la Mecque, il a vu un fromage. Il a demandé ce que cétait ; on lui dit que cétait de la nourriture venue de Perse425 .
Lenvoyé d'Allah répondit alors:
-Enfoncez un couteau dedans, invoquez le nom d Allah et mangez!
(Baladhuri).426
L'envoyé d'Allah (...) écrit à al Mundhir ibn Sawa au sujet des mages de Hajar pour les inviter à l'islam: s'ils se soumettent, ils auront les mêmes droits que nous et les mêmes obligations que nous. A celui qui refusera, tu imposeras la jizya, sans que nous mangions du bétail égorgé par eux, ni que nous épousions leurs femmes.
(Malik, Muwatta 25/3, 12).
Malik a dit: il n'y a pas de mal à manger des poissons pêchés par des Mages, parce que le messager d'Allah a dit:
-Dans l'eau de la mer, il y a la pureté, et ce qui est mort dedans est licite.
(...)
Malik a dit:
-il est généralement accepté parmi nous qu'il est licite de manger une proie chassée ou tuée par un chien de Mages, s'il est envoyé par un musulman et si l'animal est entraîné.
C'est la même chose si un musulman utilise le couteau d'un mage pour sacrifier, ou son arc pour chasser. La proie qu'il obtient ainsi est licite427 ...
La vaisselle des Mazdéens.
(Bukhari, Sahih 70/29).
Abder Rahman ibn Abu Layla rapporte quétant avec dautres personnages chez Huzayfa, celui ayant demandé à boire, un mage lui apporta une coupe en argent. A peine eut-il la coupe entre les mains que Huzayfa la lui lança en sécriant:
-Je lui ai déjà défendu plus dune fois, et même plus de deux fois.
Mais jai entendu le prophète dire:
-Ne portez pas des vêtements de soie, ni de brocart ; ne buvez pas dans des vases dor et dargent ; ne mangez pas dans des plats de ces métaux. Ce sont là des choses infidèles dans ce monde ; nous, nous les aurons dans lautre monde.
(En Nisay, Hadith Qudsi 240-1).
Rapporté aussi par Ennisay dans ses Sunen, avec deux versions, (...)
Abu Hurayra a dit: J'ai entendu le messager d'Allah dire: Lorsqu'il fut sur le point de rendre l'âme, un serviteur recommanda à ses proches ceci:
-Lorsque je mourrai, brûlez-moi puis écrasez mes os, ensuite dispersez mes cendres dans les vents de la mer, car, par Allah, une fois que je serai devant Allah, il me fera subir un châtiment tel qu'il ne l'a jamais fait subir à un être parmi ses créatures!
Ses proches firent donc ce qu'il leur recommanda. mais Allah ordonna à toute chose qui avait pris quelque chose de le rendre, et le voilà debout. Allah lui dit:
-Qu'est-ce qui t'a incité à faire cela?
Il répondit:
-Ta crainte!
Allah lui pardonna alors.
(Muslim, Sahih 3/713).428
... Les Mages sont venus vers nous avec des peaux remplies d'eau et de graisse. (...)
ibn Abbas dit:
-J'ai entendu le messager d'Allah dire: le tannage des peaux purifie la peau.429
4. La politique de lislam face au mazdéisme.
Les premiers temps de leur occupation de lIran, les envahisseurs se heurtent à un problème de taille: la présence massive dune population totalement différente, culturellement développée, porteuse de savoir-faires utiles. Les éradiquer semble techniquement impossible, dans un premier temps.Il faut donc inventer quelques paroles prophétiques, pour intégrer les mazdéens au monde des Religions du Livre430, et ajouter un mot de plus au Coran, dans un verset très tardif431 . Ce statut apparement favorable nempêchera pas lélimination rapide de lessentiel de la population mazdéenne, par conversion, expulsion et destruction physique.
La tradition islamique, en effet, dans son ensemble, renverse vite la tendance et se révèle très défavorable aux Mages, d'autant plus que leurs conceptions religieuses commencent à modeler nombre de dogmes musulmans tout juste en gestation.432
Voici quelques extraits concernant les relations entretenues par lislam avec les tenants du mazdéisme.
Une survivance de coutume funéraire mazdéenne.
(Ibn Hisham, Conduite de lenvoyé dAllah 584).
Quand il vit cela433 , l'apôtre dit:
-Si cela ne rendait Safiyya434 malheureuse et si je ne craignais pas que cela ne devienne une coutume après moi, je le laisserai ainsi, pour que son corps puisse trouver sa voie dans le ventre des bêtes et des oiseaux.
Le problème mazdéen.
(Malik, Muwatta 17/24,43).
... Omar ibn Khattab mentionna les Mages et dit:
-Je ne sais pas quoi faire à leur sujet.
Abd ar Rahman ibn Awf dit alors:
-J'atteste que j'ai entendu le messager d'Allah dire: Suivez la même tradition avec eux qu'avec le peuple du Livre.
(Tabari, Tafsir 6/116).435
En vérité, les démons inspirent leurs affidés.
D'après les uns, il s'agit ici des " démons " perses et de ceux des mazdéens 436 qui ont leur religion ainsi que de leurs affidés parmi les "rebelles" 437 associateurs quraysh auxquels ils inspirent des paroles fallacieusement enjolivées en les faire parvenir aux oreilles du prophète et de ses compagnons pour les plonger dans la perplexité au sujet de la consommation de la chair des bêtes mortes accidentellement438. Ceux qui partagent cet avis se réfèrent aux propos suivants :
... Ikrima a dit: Les associateurs quraysh entretenaient une correspondance avec les Perses contre les Romains. Un jour, les Perses écrivirent à ces Quraysh:
Muhammad et ses compagnons prétendent suivre l'ordre d'Allah. Pourtant ce qu'Allah égorge avec un couteau d'or ni Muhammad ni ses compagnons ne le mangent car c'est bête morte ; par contre, ce qu'eux-mêmes égorgent, ils le mangent.
A la suite de cela les associateurs écrivirent aux compagnons de Muhammad ce qui provoqua un certain trouble chez quelques-uns des musulmans. C'est alors que descendit:
car c'est vraiment là de la prévarication. En vérité, les démons inspirent... jusqu'à la fin du verset. C'est aussi à cette occasion que fut révélé :
les uns inspirant aux autres des propos fallacieusement enjolivés pour faire illusion 439.
Un jeune mage.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 136-7).
Salman disait: Je suis un Perse dIspahan440 , dun village appelé Jayy. Mon père était le principal propriétaire terrien du village (...) Jétais un mage zêlé au point que je devins le gardien du feu sacré, le nourrissant et ne le laissant jamais séteindre.
Préjugés musulmans.441
(Suhayli II, 356).442
Ô Mundhir, tu es réputé pour une grande compréhension des affaires d'ici-bas. Il ne faut donc pas que tu comprennes moins bien l'au-delà. Ce magisme est la pire des religions: il ne possède ni l'honneur arabe, ni le savoir des gens de l'Ecriture Sainte: il pratique les mariages443 si honteux ; et il adore le feu qui va les dévorer le jour de la résurrection. Tu n'es pas dépourvu d'intelligence ni de sagesse. Dis-moi donc, faut-il méconnaître celui qui n'a jamais menti, se méfier de celui qui n'a jamais trahi, et ne pas croire en celui qui n'a jamais manqué ? Si ce que je lui attribue est vrai, il devrait être le prophète ummi444. Par Allah, personne ne peut dire que les choses qu'il commande seraient mieux interdites, ou les choses qu'il défend seraient mieux licites ; de même aucun homme intelligent et sage ne pourrait dire qu'il devrait être plus indulgent dans ses châtiments, ou plus sévère au moment où il pardonne .
(Dawud, Hadith 19/3037).445
Une lettre nous est venue dOmar un an avant sa mort446, disant:
Tuez chaque magicien447, séparez les parents unis à des degrés interdits parmi les mages, et interdisez leur de murmurer448 avant de manger.
Alors nous avons tué trois mages en une journée, et séparé un époux des mages de sa famille pour cause de lien interdit selon le livre dAllah.
§ 141. Les manichéens.
En dehors des thèses dualistes qui sont le fondement du système, et dune mythologie très complexe, lapport essentiel du réformateur perse Mani est lintégration des autres prophéties dans la sienne propre: il est donc laboutissement des révélations précédentes, le Sceau de la Prophétie449 Cest une idée que Muhammad saura reprendre avec tant de bonheur450. On doit remarquer aussi que les manichéens intègrent dans leur dogme quatre de ce qui sera plus tard cinq "piliers" de l'islam : profession de foi, prière, jeûne, aumône.
Enfin, le prophète Mani a décidé dès le début de son apostolat de fournir un corps complet de doctrine, intégralement écrite, pour ne pas aboutir aux errements des chrétiens: c'est encore un projet mohammédien repris sous influence manichéenne. On voit donc à quel point l'islam s'est inspiré du manichéisme, sans doute quand il a conquis l'Iran et sa culture.
Non-violente et complexe, et malgré sa réelle séduction, la doctrine manichéenne451 na donc pas connu le même succès que lislam452.
Les Manichéens ayant été persécutés très rapidement par les conquérants musulmans (et par bien dautres), il reste trop peu dindices de leur influence véritable, qui est pourtant manifeste453 . Tout a été fait dans les textes pour effacer toute trace dinfluence manichéenne, en Arabie et ailleurs454 .
La prophétie de Mani.
(Shabuhragan).455
La sagesse et les bonnes oeuvres ont été apportées avec une suite parfaite, d'une époque à une autre, par les messagers de Dieu. Elles vinrent en un temps par le prophète nommé Bouddha, dans la région de l'Inde, en un autre par Zaradusht456, dans la contrée de la Perse, en un autre par Jésus, dans l'occident. Après quoi la révélation est arrivée et la prophétie s'est manifestée dans ce dernier âge par moi, Mani, le messager du Dieu de Vérité dans la Babylonie.
Le thème du sceau de la prophètie.
(Corpus coranique d'Othman 33/40).
Muhammad nest le père de nul de vos mâles, mais il est lapôtre dAllah et le sceau des prophètes457.
Allah, de toute chose, est omniscient.
Un mythe manichéen.458
(Théodore Bar Konai, Actes dArchélaos, Fihrist, Turfan M. 10).459
LHomme Primordial revint à la conscience (qu'il avait ainsi perdue, enseveli dans les Ténèbres comme son âme) et il adressa par sept fois une prière au Père de la Grandeur. (Le Père entendit sa supplication) et il « évoqua » comme deuxième évocation l'« Ami des Lumières » et l'Ami des Lumières « évoqua » le « Grand Architecte » (le « Grand Bâti ») et le Grand Architecte « évoqua » l'« Esprit Vivant ». Et l'Esprit Vivant « évoqua » ses cinq Fils («lOrnement de Splendeur », le « Roi d'Honneur», «Adamas-Lumière », le « Roi de Gloire», le « Porteur » ou l'« Omophore»). Et ils se rendirent à la Région des Ténèbres, abaissant leur regard vers l'abîme de ces Enfers profonds, et trouvèrent l'Homme Primordial absorbé par les Ténèbres, lui et ses cinq Fils. Alors l'Esprit Vivant cria à haute voix, et cette voix fut semblable à un glaive aigu, et il découvrit sa forme à l'Homme Primordial et lui dit :
Salut à toi, être bon au milieu des méchants et lumineux au milieu des Ténèbres,
(Dieu) qui résides parmi des animaux de colère Qui ne connaissent pas son (ou : leur) honneur.
Alors l'Homme Primordial lui répondit, en disant:
Viens avec la Paix, toi qui apportes
Un message (une cargaison, un trésor) de Quiétude et de Salut
Il lui dit encore:
Comment vont nos Pères, les Fils de la Lumière dans leur cité?
Et l'Appel lui répondit : « Ils vont bien ». Et l'Appel et la Réponse s'attachèrent l'un à l'autre et montèrent vers la Mère de Vie et vers l'Esprit Vivant. Et l'Esprit Vivant revêtit l'Appel, et la Mère de Vie la Réponse, son enfant bien-aimé. Et ils descendirent à la région des ténèbres, là où étaient lhomme primordial et ses fils.
La doctrine manichéenne.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7).
Parmi les possesseurs d'un pseudo-Livre, il y a les dualistes, partisans des deux principes éternels. Ils affirment que la Lumière et la Ténèbre sont toutes deux, de toute éternité, éternelles, contrairement aux mazdéens, qui professent la venue de la Ténèbre à l'existence et en narrent les circonstances. Ces dualistes, quant à eux, professent que les deux principes sont égaux en éternité, mais diffèrent dans la substance, la nature, l'action, l'espace, le lieu, les genres, les corps et les esprits.
Ce sont les adeptes du sage Mani, fils de Pattig. Il se manifesta au temps de Sâpuhr, fils d'Ardashir, et fut tué par ordre de Bahram, fils dOhrmazd, fils de Sapuhr. Cela se passa après Jésus, fils de Marie.
Mani créa une religion intermédiaire entre le mazdéisme et le christianisme. Il affirmait le caractère prophétique de Jésus, mais refusait celui de Moïse.
Muhammad ibn Harun, connu sous le nom d'Abu Isa Warraq, qui était originellement mazdéen et connaissait bien la religion de ces gens, rapporte ce qui suit. D'après le sage Mani, le monde a été fait, composé à partir de deux principes éternels (l'un est lumière, l'autre, ténèbre), qui, tous deux, de toute éternité, n'ont cessé ni ne cesseront. Mani niait l'existence d'aucune chose, si ce n'est à partir d'un principe éternel. Il affirmait que les deux principes sont éternellement doués de force, de sensibilité, de perception, d'ouïe et de vue. Mais quant à l'âme et à la forme, quant à l'action et à sa conduite, les deux principes sont opposés ; et quant à l'espace, ils se font face, comme le corps et l'ombre. Le tableau qui suit met en évidence la substance et l'action de l'un et de l'autre.
(Jahiz, Livre des Animaux I 55-8).460
Les livres sacrés des Zindiq.461
qués, ne mettent pas autant de soin à rechercher le papier le plus pur et le plus blanc, à choisir l'encre la plus noire et la plus éclatante, à apprécier tout particulièrement la calligraphie462 et à encourager les calligraphes. En effet, je n'ai jamais vu de papier semblable à celui de leurs ouvrages, ni de calligraphie comparable à la leur. Engager de grosses sommes - tu connais pourtant mon amour de l'argent et ma répugnance à la dépense - est un signe de glorification de la science. Or, honorer la science est une marque de noblesse d'âme, l'indice qu'on a conjuré l'ivresse des passions.
- Les dépenses des Zindiq, lui répondis-je, pour acquérir des ouvrages sont comparables à celles des chrétiens pour leurs lieux de culte463 . Si les livres des Zindiq traitaient de sagesse, de philosophie, d'instruments de mesure, de traditions et de préceptes de vie, de bayân et de ses procédures, ou, s'ils apprenaient aux gens ce que sont les divers corps de métiers, les moyens de gagner sa vie ou de faire du commerce international ou les commodités de la vie quotidienne ou les sciences exactes, ou quelques-unes de ces pratiques intellectuelles qui font appel à l'intelligence et à la culture, ou encore, certaines activités d'éveil auxquelles les gens s'adonnent (activités qui, si elles ne rapportent pas à leurs auteurs des profits substantiels, notables, ne les éloignent pas non plus de tout blâme), on pourrait alors raisonnablement penser qu'ils honorent le bayân et aspirent à son art. Au lieu de tout cela, les zindiq se contentent de suivre la voie de la dévotion religieuse464, de vénérer leur secte465 et de prôner son culte. Leurs dépenses, à cet égard, rappellent celles des Zoroastriens466 pour leurs temples de feu467 ou celles des chrétiens pour leurs croix en or ou encore celles des Hindous pour les charges des gardiens de temples consacrés à Bouddha. S'ils avaient vraiment voulu la science468, elle est là, exposée devant eux. Les livres de philosophie469 leur sont généreusement offerts, les chemins qui y mènent sont aisés, connus de tous. Pourquoi donc s'obstinent-ils à n'agir comme ils le font que pour leurs ouvrages religieux ? C'est une attitude identique qu'adoptent les chrétiens lorsqu'ils ornent leurs autels. Si les musulmans avaient trouvé quelque beauté dans cette vision des choses (ma'nâ), ou s'ils avaient pensé que ces pratiques pussent inciter les gens à plus d'adoration et les motiver pour plus de soumission à Allah, ils auraient, spontanément, atteint en ce domaine un degré auquel les chrétiens n'auraient pu parvenir, même en déployant des efforts extrêmes.
La preuve de la pertinence du jugement que nous portions sur les livres des zindiq est qu'ils ne contiennent ni mathal (proverbes, adages), ni information originale, ni production culturelle, ni sagesse fabuleuse470, ni philosophie, ni problématique471 théologique, ni tableau descriptif des corps de métiers, ni invention technique, ni traité ou manuel d'agriculture, ni art militaire 472, ni controverse religieuse, ni apologie hérésiographique. Tout ce que l'on y lit ne concerne que la Lumière et les Ténèbres, l'endogamie incestueuse des Archanges et des divinités, les orgies des lutins démoniaques, les récits relatifs au Sauveur, au Champion 473, les cérémonies pompeuses du pressurage des tiges de haoma474, les récits relatifs à Shaqlûn 475, aux doubles tutélaires 476 . Tout n'est que divagations, propos confus, légendes, dérision, mystification et imposture. Tu n'y trouves ni belle exhortation, ni conversation délicate, ni évocation des modes de vie, ni politique générale 477, ni hiérarchie des élites 478 . Quel livre montre une telle ignorance? Quelle conduite des humains479 est plus corrompue que celle d'un ouvrage obligeant à l'obéissance et à un zèle indéfectible pour la religion au lieu d'adopter la voie de l'examen impartial et de l'amour? Il n'y est question ni d'amélioration des conditions de vie des hommes, ni de réformes concernant la religion. Or qu'aiment les humains, sinon l'Au-delà et la vie d'ici-bas ? Le temporel480, c'est la tenue des marchés et leur approvisionnement en biens et en services. Quant à la vie spirituelle481, le moins que l'on puisse ambitionner, si on veut se gagner la faveur des masses482 et faire pencher vers soi les élites483, est de montrer une imagie de soi trompeuse, de faire miroiter devant leurs yeux des dinars de mauvais aloi, de faux dirhems qui induisent en erreur beaucoup de gens et que bien peu savent distinguer des vrais. Non! les dépenses que font les zindiq pour leurs livres ne relèvent pas du motif que tu crois. Plus une religion offre le spectacle de ses dissensions internes et de sa corruption généralisée, plus elle a besoin de rapiécer ses morceaux484 et de jeter de la poudre aux yeux 485, de multiplier les ralliements et de recourir à des procédés intolérables . Nous savons bien que les chrétiens se consacrent plus au prosélytisme que les juifs à la dévotion. C'est en fonction de cette disposition d'esprit qu'ils multiplient leurs efforts pour mieux asseoir leur religion, oeuvrer pour sa propagation et l'évangélisation des gens.
Lélimination des manichéens.
(Bukhari, Sahih 84/57).
Certains zindiq486 ont été amenés devant Ali et il les fit brûler vifs. La nouvelle de lépisode arriva à ibn Abbas, qui dit:
-Si javais été à ta place, je ne les aurai pas brûlés vifs, parce que lapôtre dAllah la interdit, en disant:
-Ne punissez personne avec le châtiment dAllah487.
Je les aurai tués selon lavis de lapôtre dAllah488, quand il a dit:
-Celui qui abandonne lislam, tue-le.
§ 142. Les mazdakistes
La Perse connait elle-aussi une expérience de révolution politico-religieuse 489, avant celle de Muhammad (avant 529?): Mazdak, dabord soutenu par la monarchie, aurait tenté dimposer un nouvel ordre égalitariste aux méthodes radicales, que certains historiens qualifient de proto-communiste.
Mais tous les récits sur Mazdak sont particulièrement partiaux et il faut sen méfier490: un monstre avide, brutal, à la sensualité incontrôlée, un prototype du tyran, qui en rappelle dautres. L'attitude vis-à-vis des femmes, celle d'une libido prédatrice, rappelle fortement le personnage de Muhammad tel que la Tradition s'est plue à le dresser.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois V 885-6, 893).491
Quand dix ans se furent écoulés du règne de Kavad, le chef des prêtres et les grands du royaume décidèrent ensemble de le déposer et ils le firent et lemprisonnèrent. Ils firent cela parce quil était devenu le fidèle dun homme appelé Mazdak et de ses partisans, qui déclaraient: Dieu492 a offert à ses serviteurs sur terre de la subsistance à partager en parts égales, mais les hommes se sont dominés les uns les autres à ce sujet. Ils assuraient de plus quils allaient prendre aux riches pour donner aux pauvres et donner à ceux qui ont peu la part de ceux qui possèdent beaucoup. (...) Avec ces doctrines, il incita les classes basses à lutter contre les plus hautes. A travers lui, les gens vils se mélèrent aux meilleurs éléments de la société, les criminels cherchant à les dépouiller de leurs biens trouvaient facilement moyen de le faire, et les débauchés sétaient capables dassouvir leurs désirs en mettant la main sur des femmes bien nées quils nauraient pas pu avoir autrement.
La répression du mazdakisme.
(Kitab al Aghani).493
Lors du règne de Kavad, fils de Firuz, il parut un homme nommé Mazdak, qui prêcha le dualisme494 et la communauté des femmes, en ordonnant à ses sectaires que nul entre eux ne refusât sa femme à son confrère. Si celui-ci la demandait. Mundhir, fils de Ma es Sema, était gouverneur de la ville de Hira et de ses dépendances, quand Kavad linvita à adopter avec lui cette doctrine ; mais il refusa. Kavad fit alors la même demande à Harith, fils dAmir, qui y accéda, et le roi, en conséquence, augmenta sa puissance, et chassa Mundhir de son gouvernement, dont il s'empara. Or, la mère dAnushirwan était un jour avec Kavad, quand Mazdak entra. Celui-ci, en la voyant, dit au roi:
-Livre-la-moi, pour que je satisfasse ma passion.
Kavad répondit :
-Prends-la.
Aussitôt Anushirwan se précipita vers Mazdak, et le pria avec instance de lui rendre sa mère Il et il s'abaissa devant lui jusqu'à lui baiser le pied:
-Mazdak, en conséquence, la lui rendit ; mais Anushirwàn eut toujours sur le coeur le souvenir de cet événement. Les choses étaient dans cet état quand Kavad mourut, et Anushirwan, devenu roi, siégea dans la salle du trône. Mundhir, ayant appris la mort de Kavad, vint trouver Anushirwan, qui savait l'opposition manifestée par lui à son père Kavad, au sujet de ces doctrines qu'on venait dadopter. Anushirwan, alors, donna audience publique à ses sujets, et Mazdak se présenta devant lui, et ensuite Mundhir entra dans la salle. Le roi, en les voyant, dit :
-J'avais autrefois formé deux souhaits, et j'ai toute raison despérer que Dieu vient de me les accorder tous les d'eux en même temps.
-Quels sont-ils, ô roi, dit Mazdak?
-J'avais souhaité, répondit Anushirwan, dêtre roi, afin de nommer gouverneur cet homme si noble (il voulait désigner Mundhir), et de pouvoir mettre à mort tous ces sectaires du dualisme.
-Quoi donc! S'écria Mazdak, auras-tu le pouvoir de faire périr tout le monde?
Le roi reprit
-Quant à toi, fils dune femme impudique, nous te tenons ; par Dieu, depuis le moment où je tai baisé 1es pieds jusqu'à ce jour même, j'ai toujours eu au nez la puanteur de tes sandales!
Alors, d'après son ordre, Mazdak fut mis à mort, et son cadavre exposé sur une croix. Il ordonna aussi de faire périr les sectaires du dualisme, et, dans une seule matinée, il y eut cent mille personnes tuées et mises en croix, dans les pays qui s'étendent depuis Khadhir jusqu'à Nahruwan495 et Madayn496 . Ce fut ce jour-là que le roi reçut le nom d'Anushirwan497
La doctrine mazdakite.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7).
Ce sont les adeptes de Mazdak. Il se manifesta au temps de Kavad, le père dAnusharvan. Il appela à sa doctrine Kavad, qui y répondit favorablement. Mais Anusharvan apprit sa honteuse imposture: il le fit rechercher, s'empara de lui et le fit mettre à mort.
A ce que rapporte al Warraq, la doctrine des mazdakitess sur les deux champs d'être, les deux principes, est comme celle de beaucoup de manichéens, sauf que, aux dires de Mazdak, la lumière agit intentionnellement, par libre choix, tandis que la ténèbre agit selon un mouvement aveugle, par hasard: la lumière est douée de science et de sensibilité, la ténèbre, ignorante et aveugle. Et le mélange s'était produit par hasard, selon un mouvement aveugle, non pas intentionnellement, par libre choix. De même, le salut se réalise au hasard, sans libre choix.
Mazdak interdisait de se contredire les uns les autres, de se haïr, de se combattre. Et puisque, le plus souvent, cela arrive à propos des femmes et des biens, il donna licence sur les femmes et les biens, et les mit en commun pour les hommes, comme l'eau, le feu et le fourrage.
On rapporte que Mazdak ordonna de tuer pour sauver les âmes du mal et du mélange avec la ténèbre .
Sa doctrine sur les principes et les éléments était qu'il y en a trois: l'eau, la terre et le feu. Lorsqu'ils se mêlèrent, vinrent à l'existence le gouverneur du bien et le gouverneur du mal: ce qu'il y de pur dans les éléments fut l'origine du gouverneur du bien, ce qu'il y a de trouble en eux fut lorigine du gouverneur du mal.
Chapitre 24
Les Sabéens
L'identité des Sabéens est une question délicate et disputée498 : il existe d'abord une population localisée dans le Yémen actuel (le Saba499 ), un communauté polythéiste ancienne (autour du Harran)500 , et une secte baptiste, judéo-chrétienne501 , maintenant réduite au sud de l'Irak502, qui a été confondue par les chrétiens avec les premiers musulmans503. Les documents musulmans, perplexes, ne permettent pas souvent de distinguer entre eux504.
Le Coran intègre -ou non- les Sabéens dans les "Gens du Livre"505 . Mais ils seront ensuite persécutés par les califes.
Muhammad a été considéré comme sabéen par ses détracteurs.
§ 143.
(Tabari, Tafsir 2/62).
Le mot sabiun est un pluriel dont le singulier est sabi506 . Le sabi est toute personne qui change de religion: ainsi, tout homme qui sort de sa religion pour en embrasser une autre507 est appelé en arabe sabi et sortir de sa religion se dit sabaa508.
Ibn Zayd a dit: la religion du sabi est lun des religions dOrient. Ils vivent dans la région de Mossul et disent quil ny a pas de dieu sinon Allah. Ils nont pas doeuvre particulière à accomplir, nont ni livre sacré, ni prophète et ne croient pas en lenvoyé d'Allah.
Les associateurs disaient du prophète et de ses compagnons quils étaient des sabi.
Les Sabéens.
(Ibn Kathir, Tafsir 2).509
Il y a des différences dopinion sur lidentité des sabéens.
Les sabéens sont entre les mages, les juifs et les chrétiens. Ils nont pas de religion particulière...
Les autres disent que les sabéens sont une secte parmi les gens du Livre. qui lisent les Psaumes510 , et dautres disent encore quils vénèrent les anges et les étoiles.
Le mieux est de dire que les sabéens ne sont ni juifs ni chrétiens ni mages ni polythéistes. En fait, ils nont pas de religion spécifique quils suivent parce quils vivent selon une sorte dinstinct naturel511. Cest pour cela que les idolâtres appelent quelquun qui se soumet à lislam un sabi, parce quil a quitté toutes les religions qui existaient sur terre. Des savants disent que les sabéens sont ceux qui nont pas encore reçu de prophètes.
Un demi-sabéen.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois IX 1707).512
Puis il dit:
-Adi, n'es-tu pas à moitié chrétien et à moitié sabéen?
J'ai répondu:
-Oui.
-Et ne vas-tu pas parmi ton peuple pour collecter le quart de leurs prises de guerre?
-Je l'ai admis et il a dit:
-Mais ce n'est pas permis par ta religion!
-En effet.
Et j'ai réalisé qu'il était le prophète envoyé par Allah, qui sait ce qui n'est pas su?
Muhammad, un méchant sabéen?
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 84).
Uqba avait un ami, de la tribu de Djumah, nommé Obayy ibn Khalaf. Un jour, Uqba venant chez lui, Obayy ne lui adressa pas la parole et ne s'assit pas auprès de lui. Uqba dit:
- Mon frère, qu'ai-je fait pour que tu ne me parles pas?
Obayy lui répondit:
-Tu as cru à ce Sabéen, et tu as embrassé secrètement sa religion. Les incrédules donnaient au prophète le nom de Sabéen.
(Bukhari, Sahih 7/340).
... ils lui demandèrent de les accompagner. Elle demanda:
-Où ça?
-Chez l'apôtre d'Allah.
-Vous voulez dire, l'homme qu'on appelle le Sabi?
Ils répondirent:
-Oui, c'est la même personne. Viens.
(Muslim, Sahih 31/6046).
Il a dit: je suis allé à la Mecque, et j'ai choisi quelqu'un au hasard. Je lui ai demandé:
-Où se trouve celui que vous appelez le sabi?
Il me pointa du doigt et cria:
-C'est un sabi!
A ce moment, les gens de la vallée ont voulu m'attaquer...
Abu Sufyan, sabéen?
(Waqidi, Livre de des expéditions 64).513
Les Mecquois le soupçonnaient entretemps, à cause de ses longues absences dêtre devenu sabéen.
La nuit, il rentra chez lui, et sa femme Hind lui parla de ce sujet. Il sapprocha delle, comme un homme fait avec une femme514, et en même temps, il lui racontait ce qui sétait passé. Mais elle le repoussa avec les pieds, le frappant en pleine poitrine, en sécriant:
-Quel mauvais négociateur tu fais!
La définition des Sabéens.
(Bukhari, Sahih 7/340).
... le mot "sabaa" signifie: quelqu'un qui abandonne son ancienne religion et qui prend une nouvelle religion.
Abu Aylya a dit:
Les sabi sont une secte515 du peuple des Ecritures qui récite le livre des Psaumes.
Le statut des Sabéens dans le Coran.
(Corpus coranique d'Othman 2/59).
Ceux qui croient, ceux qui pratiquent le judaïsme, les chrétiens, les sabéens, ceux qui croient en Allah et au dernier jour et accomplissent oeuvre pie, ont leur rétribution auprès de leurs seigneur.
Sur eux, nulle crainte et ils ne seront point inquiétés.
(Corpus coranique d'Othman 5/73).
Ceux qui croient, ceux qui pratiquent le judaïsme, les Sabéens, les chrétiens, ceux qui croient en Allah et au dernier jour et qui accomplissent oeuvre pie, nulle crainte sur eux, et ils ne seront pas inquiétés516 .
Le jugement dun spécialiste.
(Abd al Jabbar, Discours contre les Sabéens).517
Les planètes qui sont dans le monde, ils les appellent les anges. Beaucoup dentre eux les appelèrent même dieux, ont vénéré leurs décrets, les ont adorées et leur ont construit des temples au nombre de sept comme les planètes. Ils prétendent que le sanctuaire dAllah à la Mecque est lun de ses temples, à savoir celui de Saturne.
(...)
Parmi les Sabéens, il y a, en dehors des gens de Harran, un autre groupe encore qui se caractérise par ces doctrines. Ils prétendent suivre la religion de Seth518 .
(...)
Les juristes disent dans leurs livres que les Sabéens sont une variété des gens du Livre et quon doit prélever su eux la jizya519.
Sache que cela na pas de fondement dans les doctrines que nous avons rapportées des Sabéens. Ils nient la mission des prophètes, leur attribuent des qualités différentes de celles que nous leur reconnaissons, prétendent que le gouvernement du monde appartient aux astres ; tout cela ne saccode pas aux lois révélées520, car cest inacceptable à la raison.
(...)
Peut-être encore que les gens que les juristes appelaient sabéens521 ont-ils disparu et ceux-ci ont-ils fait croire quils ont la même doctrine pour se prémunir du massacre.
(Masudi, Prairies dor 1389-1395).
Il y avait, chez les Sabéens de Harran, de temples consacrés aux sub-stances intellectuelles et aux astres, entre autres, le temple de la cause première et le temple de la raison. Jignore s'ils désignaient ainsi la raison première ou la raison seconde. Aristote, dans le troisième discours de son Traité de l'âme, distingue la raison première et agissante de la raison seconde. Thémistios en a parlé aussi dans son commentaire sur le Traité de l'âme d'Aristote. Enfin, l'analyse de la raison première et de la raison seconde fait l'objet d'un traité spécial, composé par Alexandre d'Aphrodisias 522 et traduit par Ishaq ibn Hunayn.
Il y avait aussi, chez les Sabéens, le temple du Gouvernement523, celui de la Nécessité 524, celui de l'Âme ; ces trois édifices étaient de forme circulaire. Le temple de Saturne décrivait un hexagone ; le temple de Jupiter, un triangle ; le temple de Mars, un rectangle ; celui du Soleil, un carré ; celui de Mercure, un triangle inscrit dans un rectangle ; celui de Vénus, un triangle inscrit dans un carré ; le temple de la Lune était octogonal. Ces temples comportaient, pour les Sabéens, des symboles et des mystères qu'ils ne divulguaient jamais.
Un Chrétien melkite de Harran, nommé al Harith ibn Sunbat, a renseignements sur les Sabéens de Harrân, notamment sur les victimes animales qu'ils offraient en sacrifice, l'encens qu'ils brûlaient en l'honneur des astres, et d'autres détails que nous passerons sous silence pour éviter des longueurs.
De tous les édifices vénérés élevés par eux, il ne reste aujourd'hui, en 336/947 , que le temple nommé Maghlitiya. Il est situé dans la ville de Harran, près de la porte de Rakka ; les gens de cette secte le regardent comme le temple d'Azar, père d'Abraham, l'ami dAllah, et ils rapportent sur Azar et Abraham, son fils, de longues légendes qui seraient déplacées ici.
Le cadi Ibn Ayshun al Harrani, homme intelligent et instruit, quil mourut postérieurement à l'année 300/912, a composé un long poème sur les croyances des Harraniens dits Sabéens ; il y parle de ce dernier temple et de ses quatre souterrains, où s'élevaient des idoles représentant les corps célestes et les personnages supérieurs, ainsi que les mystères de ces idoles. Il raconte que les Sabéens introduisaient leurs jeunes enfants dans ces souterrains et les conduisaient en face des idoles ; l'émotion de ces enfants se traduisait par une pâleur subite et d'autres altérations de leur visage, lorsqu'ils entendaient les sons étranges et les paroles inconnues qui semblaient sortir de ces idoles et de ces statues grâce aux mécanismes et aux tubes acoustiques disposés à cet effet. Des gardiens du temple, cachés derrière le mur, prononçaient différentes paroles, et le son de leur voix, transmis par des tubes et un appareil d'anches et de tuyaux aboutissant à l'intérieur de ces statues creuses et construites sur une forme humaine, semblait sortir des idoles-mêmes. Par ce stratagème semblable à celui qu'employaient les Anciens, ils captaient la raison, s'assuraient l'obéissance des fidèles et dominaient à la fois les communautés religieuses et les royaumes. Ce poème contient notamment les vers suivants :
A Maghlitya ils ont entre autres merveilles
Un temple construit sur des souterrains
Où ils rendent un culte aux étoiles ;
Il y a là leurs idoles et des ex-voto pour les absents.
La secte dite des Harraniens et Sabéens compte des philosophes, mais ce sont des philosophes de bas étage et vulgaires, dont les doctrines sont fort éloignées de celles de leurs sages de haut rang. En les rattachant aux philosophes, nous avons égard non à la sagesse dont la Grèce fut le berceau, mais à la communauté d'origine, car ils sont Grecs ; or tous les Grecs ne sont pas philosophes, et ce nom ne convient qu'à leurs sages.
Chapitre 25
Lislam sous influences
§ 144. Présentation.
Le sujet est inévitable et sujet à de multiples contreverses525. Mais il est toujours bon de rappeler que, si lArabie nest à ce moment quà la périphérie de phénomènes historiques majeurs, le système religieux qui sy forme na dautres moyens de se construire quen puisant dans le fond doctrinal, mythique et rituel des autres cultures526. Au lieu de traiter la question globalement, traitons un par un des éléments exogènes présents dans la religion musulmane527 , et prioritairement dans le Coran, qui ne sont ni issus du fond culturel arabe, ni du talent littéraire ou poétique de Muhammad528, et provenant notamment de nombreuses légendes529, qui circulaient dans tout lOrient530, intégrés aux dogmes les plus officiels ou à des ouvrages apocryphes531 et de piété populaire.
Muhammad a entendu, reproduit, déformé, travesti, adapté de nombreux traditions présentes de la Mecque à la Syrie. Il les a entendues en langue étrangère, par bribes, de manière superficielle, sans comprendre la réalité des doctrines, et souvent de la part de religieux hétérodoxes. Inutile de chercher plus loin lexplication de létrange transformation des doctrines dans le Coran.
§ 145. Les anges et les fées.
Les anges532 seraient des êtres spirituels, mentionnés à de nombreuses reprises dans la Tradition, le Coran533 et les autres documents. Contrairement aux djinns, ils ne sont pas dorigine arabe: cest un apport extérieur évident, depuis les régions chrétiennes et mazdéennes, qui couvrent leurs monuments dêtres ailés. Ils sont justement utilisés par Muhammad quand celui-ci abandonne le thème des djinns, qui peut-être commençaient à lasser.
Les plus importants des anges ont un nom534, mais il existe aussi des anges intervenant en masse, comme dans les batailles, armés et cuirassés. Ils napparaissent pas dans les autres sources et on ne sait pas quelle est le place dans le panthéon arabe.
Tout personne qui se dit musulmane doit donc être persuadée de l'existence véritable de ces petits êtres malins et intelligents.535
Déjà importants dans la doctrine, ils prennent une place plus considérable encore dans le shiisme.
1. Le sexe des anges dans le Coran.
Les créatures angéliques abondent dans le Coran536 , et apparaissent surtout dans les combats ; ils sont très populaires et il eut été dommage de sen passer ; Muhammad paraît assez agacé que certains puissent concevoir que les anges soient du sexe féminin. Cest important pour lui, dont la misogynie est épanouie.
Les anges vus par un théologien moderne.
(S. H. Boubakeur, Traité moderne de théologie islamique, Paris 2003 , p. 63).
Lislam admet lexistence des anges et en fait un article de foi. La doctrine islamique enseigne: Nous croyons en Dieu, en ses anges, en ses livres, en ses envoyés et au jour dernier. Autant dire que le rejet de la croyance aux anges entraînerait lexclusion de la communauté de Muhammad.
(Corpus coranique d'Othman 53/28).
En vérité, ceux qui ne croient pas en la vie dernière donnent certes aux anges lappelation de femmes.
(Corpus coranique d'Othman 37/149-150).
Consulte les donc: ton seigneur a t-il des filles537 et eux des fils?
Avons-nous créé les anges du sexe féminin sous leurs yeux?
(Corpus coranique d'Othman 43/15-18).
Allah aurait-il pris pour lui des filles dans ce quil crée, alors quil vous a octroyé des fils (...) des anges, qui sont les serviteurs du bienfaiteur, ils ont fait des êtres féminins.
(Corpus coranique d'Othman 17/42).
Quoi! votre seigneur vous a t-il octroyé des fils et a t-il pris, pour soi, des filles parmi les anges?
En vérité, vous dites certes une parole monstrueuse.
Les anges ailés.
(Corpus coranique d'Othman 35/1).
Louange à Allah, créateur des cieux et de la terre, qui prend commme émissaires des anges munis dailes par deux, trois et quatre...538
La surveillance des anges.
(Corpus coranique d'Othman 43/80).
Ont-ils tramé quelque affaire?
Nous tramons aussi contre eux.
Croient-ils que nous nentendons pas leur secret et leurs confidences?
Mais si! et nos émissaires539 écrivent.
2. Les petits personnages venus de Perse.
Linfluence de la Perse est un facteur essentiel dans la construction de lislam, bien au delà de la vie de Muhammad. Elle est manifeste par lapparition, dans le Coran et dans les chroniques, de personnages merveilleux issus de ce riche fond culturel.540
Conversion de fées par Muhammad .
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois III 100).
A Batn Nakhl, sept peri 541 vinrent auprès du prophète et l'écoutèrent réciter le Coran. Lorsqu'il eut prononcé le salut final, ils se montrèrent à ses yeux. Il leur présenta la formule de l'islam, et ils firent profession de foi. Ensuite le prophète leur dit :
-Allez trouver vos compagnons et appelez-les à la foi.
Ils s'en allèrent et firent cet appel à leurs compagnons, qui reçurent la religion musulmane, comme il est dit dans le Coran :
Rappelle-toi comment nous avons fait venir une troupe de djinns pour entendre le Coran, etc.542
Les noms de ces peri étaient: Hasa, Masa, Schad, Nas, Qasim, Ans et Aqjam. Plus tard, lorsque le prophète fut à Médine, ces sept peri se présentèrent devant lui et lui dirent :
-Nos compagnons sont devenus croyants ; ils désirent te voir et t'entendre.
Alors ils se réunirent tous dans la vallée des djinns, endroit situé à deux parasanges de Médine, vers le désert, où personne n ose passer pendant la nuit, à cause de la terreur qui y règne. Tous les peri, qui étaient devenus croyants543, sy réunirent, le prophète leur ayant promis qu'il s'y rendrait, une nuit, auprès d'eux.
Harut et Marut, deux anges mazdéens égarés dans le texte coranique.544
(Corpus coranique d'Othman 2/96).
Salomon ne fut point infidèle, mais les démons furent infidèles.
Ils enseignaient aux hommes la sorcellerie et ce qu'on avait fait descendre, à Babylone545 , sur les deux anges, Hârut et Marut546.
Ceux-ci n'instruisaient personne avant de lui dire:
-Nous sommes seulement une tentation.
Ne sois point impie!
Les démons apprenaient de Harut et Marut ce qui sème la désunion entre le mari et son épouse - les démons ne se trouvent nuire à personne, par cela, saut avec la permission d'Allah -, ils apprenaient ce qui ne leur nuisait ni leur était profitable.
Les Fils d'Israël apprirent que ceux qui ont acheté l'art de tenter autrui n'ont nulle part 547 en la vie dernière.
Certes, quel détestable troc ils ont tait pour eux-mêmes!
Ah! s'ils se trouvaient savoir!
(Ibn Kathir, Tafsir 2).
Lhistoire de Harut et Marut et le fait quils sont des anges.
Salomon na pas été incroyant et Allah na pas envoyé de magie avec les deux anges. Les démons ont été incroyants et ont appris la magie au peuple de Babylone de la part dHarut ou Marut, ce qui signifie Gabriel et Michel548 , et les sorciers juifs ont prétendu quAllah a envoyé la magie par les paroles de Gabriel et Michel à Salomon, fils de David.
Allah a nié la fausse prétention et a affirmé à son prophète Muhammad que Michel et Gabriel nont pas été envoyé faire de la magie. Allah a épargné à Salomon de pratiquer la magie que les diables ont appris au peuple de Babylone par lintermédiaire de deux hommes, Harut et Marut. Donc, Harut et Marut sont deux hommes ordinaires, et non des anges.
§ 146. Les diables.
Les figures néfastes et maudites abondent dans le texte du Coran549 . Leur statut nest pas toujours bien défini, et linsistance sur les forces du mal peut rapprocher la doctrine de celle de Mani, très influente dans la région sur tous les types de croyances.
1. Satan.
Cest le nom générique du diable, dorigine araméenne (Sheytan)550 . Il est à ce moment considéré comme celui qui perverti les hommes. Il constitue dans la tradition le danger pour tout musulman (y compris Muhammad) de la tentation, du mal, de la déchéance et sa présence est suspectée à tout instant551. La crainte de sa présence engendre de multiples réactions superstitieuses. La plus spectacualire est la lapidation des piliers de Mina, à la Mecque552 , qui fait de lui "Satan le lapidé"553 .
(Corpus coranique d'Othman 22/52)
Allah en a décidé ainsi afin de faire,de ce que jette le démon une tentation pour ceux au coeur desquels est un mal et dont le coeur est dur - en vérité les injustes sont certes dans une profonde divergence-...
(Corpus coranique d'Othman 7/199-201).
Assurément, quelque incitation du démon tanimera554: cherche alors refuge en Allah, car il est audient et omniscient.
Quand ceux qui sont pieux sont touchés par une légion du démon, ils réfléchissent voici quils sont clairvoyants, alors que la légion du démon maintient les frères de ces purs555 dans laberration où ensuite ils ne cessent de senfoncer.
(Bukhari, Sahih 54/522).556
Le prophète a dit: ... et quand vous entendez le brairement des ânes, cherchez refuge hors de Satan parce que leur brairement indique quils ont vu Satan.
(Bukhari, Sahih 4/ 143).557
Lapôtre dAllah a dit: si quelquun a des relations sexuelles avec sa femme, il doit dire pour commencer: au nom dAllah! protège nous de Satan...
(Ibn Hanbal, Musnad 3/294).
Jabir ibn Abdallah a dit que lenvoyé d'Allah a été interrogé à propos dun ensorcelé558 et il a dit:
-Cest loeuvre de Satan.
(Bukhari, Sahih 21/ 245).559
Quelquun a été dénoncé auprès du prophète et on lui a dit quil était resté à dormir jusquau matin et quil ne sétait pas réveillé pour la prière.
Le prophète a dit:
-Satan lui a pissé dans les oreilles.
(Ibn Hanbal, Musnad 5/59).
Je chevauchais derrière le prophète quand jai vu sa monture qui ruait et jai dit alors:
-Que Satan périsse!
Entendant cela, le prophète a dit:
-Ne dis pas que Satan doive périr parce que quand tu le dis, ce Satan devient confiant, grandit en taille et dit Il est dans mon pouvoir que je le blesse.
Mais quand tu dis Au nom dAllah, il devient humble et diminue en taille pour finir de la taille dune mouche.
(Ibn Hanbal, Musnad 5/178).
Lenvoyé d'Allah a dit:
-Ô Abu Dharr! Réfugie toi auprès dAllah contre les satans qui sont parmi les hommes et les djinns.
Jai dit:
-Il y a des satans parmi les hommes?
Il a répondu:
-Oui.
2. La révolte d'Iblis.
Cest la figure classique de lange déchu ennemi de la divinité560 , inspirée directement, voire même copiée du fond judéo-chrétien, puisqu'il est absent de la religion arabe. Ce nom propre est issu du grec de la Septante Diabolos, celui qui divise561. Le thème très anthropomorphique de lange déchu est ici développé. Dans le Coran 562, il passe dans la catégorie des djinns.
(Questions de Barthélémy 4/54-5).
Lorsque je563 revins des extrémités du monde, Michel me dit:
-Prosterne-toi devant l'image de Dieu , qu'il a façonnée à sa ressemblance.
Mais je répondis:
-Moi qui suis feu issu du feu, le premier ange à avoir été façonné, je devrais me prosterner devant l'argile et la matière?
Michel me dit:
-Prosterne-toi afin que Dieu ne s'irrite pas contre toi.
Je répondis:
-Non, Dieu ne s'irritera pas contre moi., mais j'établirai mon trône en face de son trône et je serai comme lui.
(Corpus coranique d'Othman 7/12-13).
Allah dit:
-Qu'est ce qui t'empêche de te prosterner lorsque je te l'ordonne?
Il dit:
-Je suis meilleur que lui, tu m'as créé de feu et tu l'as créé d'argile.
(Corpus coranique d'Othman 15/26-42).
Nous avons certes créé l'homme d'une argile tirée d'une boue malléable, tandis que les djinns, nous les avions créés auparavant du feu de la fournaise564 ardente. ... et quand ton seigneur dit aux anges:
-Je vais créer un mortel d'une argile tirée d'une boue malléable, quand je l'aurai harmonieusement formé et aurai insufflé en lui de mon souffle de vie, tombez devant lui prosternés!
Et tous les anges, ensemble, se prosternèrent, sauf Iblis qui refusa d'être parmi ceux qui se prosternèrent. Le seigneur dit:
-Ô Iblis! pourquoi n'es-tu point parmi ceux qui se prosternent ?
Iblis répondit :
-Je ne suis pas créature à me prosterner devant un mortel que tu as créé d'une argile tirée d'une boue malléable.
Le seigneur dit:
-Sors d'ici car tu es maudit! Sur toi la malédiction jusqu'au jour du jugement!565
- Seigneur! , répondit-il, fais-moi attendre jusqu'au jour où l'on sera rappelé.
Le seigneur dit:
-Sois parmi ceux à qui il est donné d'attendre jusqu'au jour de l'instant connu.
- Seigneur!, reprit-il, par l'aberration où tu m'as jeté, je leur farderai certes tout sur la terre, et, tous, je les jetterai certes dans l'aberration, à l'exception, parmi eux, de tes dévoués serviteurs.
Ceci est pour moi une voie droite.
A l'exclusion de ceux des errants qui te suivront, tu ne disposes d'aucun pouvoir sur mes serviteurs.
3. Le Dajjal.
Il existe un troisième personnage, bien moins connu, malgré ses aspects prodigieux: le Dajjal (Le Menteur) est une adaptation pittoresque de la figure chrétienne de lAntéchrist566 , annonciateur de la fin des temps567. Muhammad songeait sans doute quil fallait encore ajouter à langoisse inhérente à la condition humaine568.
L'Antéchrist dans les épitres de Jean.
(1 Jean 2).
Petits enfants, c'est la dernière heure, et comme vous avez appris qu'un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists: par là nous connaissons que c'est la dernière heure.
Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; car s'ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu'il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres.
Pour vous, vous avez reçu l'onction de la part de celui qui est saint, et vous avez tous de la connaissance.
Je vous ai écrit, non que vous ne connaissiez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez, et parce qu'aucun mensonge ne vient de la vérité.
Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l'antéchrist, qui nie le Père et le Fils.
Quiconque nie le Fils n'a pas non plus le Père; quiconque confesse le Fils a aussi le Père.
Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père.
(1 Jean 4).
Bien-aimés, n'ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.
Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu;
et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu, c'est celui de l'antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.
Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde.
Eux, ils sont du monde; c'est pourquoi ils parlent d'après le monde, et le monde les écoute.
Nous, nous sommes de Dieu; celui qui connaît Dieu nous écoute; celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas: c'est par là que nous connaissons l'esprit de la vérité et l'esprit de l'erreur.
(2 Jean 1).
Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c'est le séducteur et l'antéchrist.
Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense.
Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n'a point Dieu; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils.
(Bukhari, Sahih 55/553).
Lapôtre dAllah sest levé parmi les gens, a glorifié et loué Allah comme il le mérite, et ensuite, il a mentionné le Dajjal en disant:
-Je vous avertis contre lui et il ny a pas de prophète qui nait pas averti son peuple contre lui. Sans doute, Noé a averti sa nation contre lui, mais je vous dis quelque chose quaucun prophète na dit avant: vous devez savoir que le Dajjal est borgne. Alors quAllah nest pas borgne.
(Muslim, Sahih 41/ 7007).569
...le messager dAllah a dit: il ny a jamais eu de prophète qui na averti la communauté de lexistence du borgne menteur570 ; il na quun oeil, mais que votre seigneur na pas un seul oeil. Sur son front sont écrites les lettres K(a)F(i)R.571
(Bukhari, Sahih 29-9).
le Dajjal n'entrera pas à Médine.
Abu Bakr rapporte que le prophète a dit :
-"La terreur du Messie Dajjal ne pénétrera pas dans Médine, car alors cette ville aura sept portes, et à chaque porte se tiendront deux anges."
D'après Abu Horayra, l'envoyé de Allah a dit : "A toutes les ouvertures de Médine il y a des anges ; aussi, ni la peste ni le Dajjal ne pénétront dans cette ville."
Anas ibn Mâlik rapporte que le prophète a dit : "Il n'y a aucune ville que le Dajjal ne foulera de ses pieds. Il n'y aura d'exceptions que pour la Mecque et Médine. Il n'est aucune des ouvertures de cette dernière ville que ne soit gardée par des anges placés en rangs572 . Ensuite, Médine et ses habitants subiront trois tremblements de terre, et Allah fera sortir de la ville tout mécréant et tout hypocrite."
Abu Sayd El Khodry a dit : "L'envoyé de Allah nous fit un long récit concernant le Dajjal. Parmi les choses qu'il nous raconta, il y avait ceci : "le Dajjal viendra ; il lui sera interdit d'entrer par une des ouvertures de Médine.
"Il s'installera dans une des dépressions salines qui sont auprès de Médine.
"Ce jour-là, un homme, le meilleur des hommes - ou un des meilleurs des hommes - ira le trouver et lui dire :
-"J'atteste que tu es le Dajjal dont le Dajjal dont l'envoyé d' Allah nous a parlé dans ses entretiens.
- Que penseriez-vous, dira le Dajjal, si je tuais cet homme et si ensuite je le ressuscitais ? Douteriez-vous de la chose ?
- Non, répondra-t-on.
Alors il tuera l'homme et le ressuscitera ; puis, quand il sera ressuscité, le Médinois dira :
-"Par Allah ! jamais je n'avais vu plus terrible chose que celle que j'ai vue aujourd'hui.
- Qu'on le tue ! s'écriera le Dajjal.
" Mais il ne pourra plus rien contre lui."
(Abu Dawud 37/431).
Nafi a dit que ibn Omar disait:
-Je jure par Allah que je nai aucun doute que lAntéchrist soit en fait ibn Sayyad.
(Abu Dawud 37/ 4319).
Le prophète a dit:
-La dernière heure narrivera pas avant que narrivent trente Dajjal, chacun prétentant être lapôtre d'Allah.
(Abu Dawud 37/4320).
Le prophète a dit:
-La dernière heure narrivera pas avant que narrivent trente Dajjal, chacun mentant sur Allah et son apôtre.
(Malik, Muwatta 49/ 2, 2).573
Ensuite, nous nous sommes retrouvés avec un homme qui avait des cheveux rêches, et aveugle de loeil droit, comme un grain de raisin qui flotte. On ma dit:
-Cest al Masih ad Dajjal574.
Qui sera le premier roi qui s'emparera de tout l'univers?
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois II 42-3).
Le prophète répondit:
-Les Juifs auront un roi qui s'emparera de tout l'univers depuis l'orient jusqu'à l'occident. Il réduira les créatures sous son obéissance. On lui donnera le nom de Dajjal. Sa stature sera tellement élevée que sa tête dépassera les nuages. Dans l'endroit e plus profond de la mer, l'eau ne s'élèvera pas au-dessus de son talon. Il marchera accompagné d'un tourbillon de sable qui obéira à ses ordres. Ce Dajjal aura un paradis dans ce monde-ci.
Le prophète avait dit:
-Je répondrai à cette question: mais il n'en connaissait pas la solution avant que Gabriel lui eût apporté ces paroles: Les Juifs disputeront avec toi au sujet de leur roi, mais ils savent bien à quoi s'en tenir à cet égard.
Le roi qu'ils auront sera le Dajjal. Il sera juif. On le nomme communément Dajjal, mais son véritable nom est Abdallah ibn al Sayatid. Il possédera un empire, et cet empire sera celui de ce monde-ci. Or le roi dont parlent les juifs sera le Dajjal. Il viendra à la fin des temps et à une époque qui est encore éloignée. Les Juifs qui vivent actuellement n'existeront pas alors, car le Dajjal paraîtra à l'époque du jour du jugement. Gabriel ajouta:
-Les juifs sont pleins d'orgueil à cause de la grandeur du Dajjal, et ils se glorifient de ce que le Dajjal aura cette grandeur.
Certes les curs575 de ceux qui discutent des versets dAllah sans aucune preuve leur soit parvenue ne dissimulent 576 qu'une ambition démesurée qu'ils ne parviedront pas à réaliser. Demande la protection dAllah car il est celui qui voit tout. 577
Les amis du prophète lui demandèrent:
-Comment sera l'histoire du Dajjal et à quelle époque paraitra-t-il?
Le prophète répondit:
-Il paraîtra lorsque Gog et Magog feront un trou à la muraille de Dhu al Qarnayn et qu'ils se répandront dans le monde. Ce sera l'époque du jour du jugement. Tous les insensés et les magiciens qui se trouveront dans le monde seront avec le Dajjal. Il aura un âne aussi grand que lui. A la droite du Dajjal marchera une étendue de quarante parasanges de terrain remplie de bosquets, deaux courantes et de gazon. Toutes ces choses, telles que nous venons de les décrire, marcheront avec le Dajjal et l'accompagneront partout où il ira. Les hommes sauront que tout ce qu'il y a dans le monde de pierres précieuses, de pierres, de vases de terre, et autres choses semblables, marcheront avec le Dajjal, qui dira:
-Ces quarante parasanges de terrain sont mon paradis.
Ses disciples et ses serviteurs les habiteront.
Il y aura aussi à la gauche du Dajjal des déserts, des nuages, des ténèbres, et d'autres choses semblables, et toutes les choses hideuses qui se trouvent dans l'enfer: et le Dajjal dira:
-Ceci est mon enfer.
Or il semblera aux yeux des hommes que toutes ces ténèbres qui marcheront avec le Dajjal sont de véritables ténèbres, afin que le cur des hommes se brise, qu'ils se plient aux ordres et aux défenses du Dajjal, qu'ils les suivent et qu'ils lui obéissent. Lâne sur lequel sera assis le Dajjal aura une taille si grande, que mille de ces hommes pervers et insensés qui suivent le Dajjal marcheront à l'ombre formée par ses oreilles.
Toute personne qui regardera le Dajjal saura et verra que depuis ses pieds jusqu'à sa tête il y a des serpents, des scorpions, des dragons et d'autres choses semblables. Ces monstres marcheront avec lui. Il soumettra à son pouvoir la plus grande partie des hommes, excepté ceux auxquels Allah accordera sa protedion. Personne ne lui fera la guerre et ne pourra la lui faire. Sa souveraineté ne durera que quarante jours. Pendant ces quarante jours il ira de l'orient à l'occident: il ira ensuite au midi et au septentrion578 , et toutes les créatures de la terre pousseront des gémissements à cause de lui et de son armée. Elles crieront pour demander du secours, et lèveront les mains vers Allah. Bien qu'elles cherchent à fuir et à éviter le Dajjal, la fuite ne sera possible qu'à celui qui se tiendra dans le mihrab ou dans la mosquée, qui sera sur le tapis destiné à la prière ou dans le mihrab, qui priera et qui demandera du secours, qui invoquera Allah, et qui comblera de bénédidions le prophète. Celui-là seulement ne sera point vu par le Dajjal, qu'il n'y aura aucun autre moyen d'éviter. Car le Dajjal appellera à son obéissance toutes les créatures de la terre et du ciel, les infidèles et les musulmans, les mages et les chrétiens, les idolâtres, ceux qui adorent le soleil, ceux qui adorent le feu et autres choses semblables, et ceux qui appartiennent à toutes les différentes religions.
§ 147. Le paradis.
Les textes musulmans sont prodigues en représentations de ces deux milieux proposés aux hommes (et aux djinns!): l'enfer et le paradis 579 . Linfluence est là encore juive et surtout chrétienne, mais adapée à un public arabe, vivant dans un milieu désertique. Muhammad a usé de toutes les ressources de son imaginaire et de son talent pour construire les représentations les plus complètes et efficaces de ces deux milieux antithétiques. Les descriptions, mentions ou allusions en sont innombrables580. Elles restent tributaires des inventions chrétiennes dans ce domaine, et puisent dans la même veine, quoiqu'avec une outrance bédouine.581
Ici, le public visé est fondamentalement masculin, si lon considère les délices qui sont promis, et surtout guerrier582 . Il est aussi et surtout constitué des guerriers aussi crédules que zélés dans leur ouvrage.
La distinction binaire entre élus et damnés583 est récurrente584, mécanique mais terriblement efficace.
1. Ephrem de Nisibe contre Muhammad de Médine.
Les comparaisons entre les textes du prédicateur syriaque Ephrem et ceux de Muhammad sont éclairantes ; dans le premier, pourtant peu séduisant a priori, apparaissent émotion, douceur et humanité (cf. la mention des enfants). En revanche, les promesses de stupre sont absentes. Au total, on a presque limpression que le public du premier est composé de femmes, tandis que le second sadresse exclusivement aux hommes et à leurs pulsions les plus primaires.
La valeur littéraire de ces textes méconnus mérite de longues citations.
Descriptions de lEden.585
(Ephrem, Hymnes sur le Paradis).586
Ils sont à table, à l'ombre des arbres dans l'air clair.
Des fleurs poussent à leurs pieds ;
des fruits pendent au-dessus de leurs têtes.
Leur toit est de fruits, leur parterre de fleurs.
Qui aurait jamais entendu parler de cela ou vu un nuage épais de fruits sur la tête et un tapis de fleurs sous les pieds.
Des vents doux courent, toujours en mouvement,
et comme Marthe et Marie, ils se hâtent de préparer le repas.
Car ici les hôtes éternels ne quittent jamais le festin.
Mais Marthe fut fatiguée et eut la hardiesse de murmurer contre celui qui invite au Paradis où les serviteurs seront attentifs sans se lasser.
Dans le paradis il y a des vents rapides comme serviteurs devant les justes.
L'un souffle la satiété, l'autrefait couler la boisson.
Une brise est remplie d'huile, une autre d'onguent.
Qui a jamais vu des vents servir ?
ou des brises qui donnent à manger et à boire?
Ici les vents donnent d'une manière spirituelle la nourriture pour une vie spirituelle. C'est un repas sans fatigue où les mains ne se lassent pas
(...)
Celui qui s'est privé de vin jusqu'à sa mort sera attendu avec ardeur par les vignes du Paradis.587
Chacune lui tend son raisin suspendu.
Et si quelqu'un a vécu dans la virginité,
elles le recevront dans leur sein pur,
parce que comme moine il nest pas tombé dans le lit et le sein dun amour terrestre.
(Corpus coranique d'Othman 18/29-30).
Ceux qui auront cru et pratiqué les uvres pies seront récompensés: nous ne laissons pas perdre le salaire de qui a fait de bonnes actions.
Ceux-là auront les jardins d'Eden ; à leurs pieds couleront des ruisseaux ; là, ils seront parés de bracelets d'or, vêtus de vêtements verts588 de soie589 et de brocart590 , accoudés sur des sofas591 .
Quelle excellente rétribution et quel beau séjour!
Les habitants du Paradis.
(Hymnes dEphrem de Nisibe VII 7-10).592
Jeunesse y exulte,
De pureté rayonnante,
Voyant au Paradis
Joseph qui dépouilla,
Rejeta la luxure
Qui brûle les stupides
Et, jeune homme, vainquit
En son gîte l'aspic.
Samson vainquit le lion,
Mais la vipère alors à son tour le vainquit,
Le mordit, et sitôt, de ce Naziréat593,
Tomba la chevelure.
Là trouvent le repos
Épouses accablées
De maudites grossesses,
De durs enfantements.
Elles voient les petits,
Qu'avec gémissements elles ensevelirent,
Au milieu de l'Éden paître,
Ainsi que des agneaux,
En un rang élevé,
Une gloire éclatante
Devenus familiers
D'anges immaculés!
Que grâces soient rendues
Au Miséricordieux qui dans leur âge tendre,
Cueillit les enfançons,
Fruits tardifs encor verts
Afin qu'au Paradis
Ils soient prémices mûres
C'est un spectacle neuf
Qui se montre aux regards
Les fruits tardifs récoltent les fruits (du Paradis)
Les premiers-nés, les prémices!
Cueillis et cueilleurs
De pureté rivalisent.
Attache au Paradis,
Vieillesse, tes pensées
Son parfum te fera rajeunir,
Son haleine te donnera jouvence.
Englouties, tes souillures,
Par la magnificence dont il te vêtira!
En Moïse pour toi
Il traça cette image
Ses joues toutes ridées
Brillèrent, rayonnantes,
Signe de la vieillesse
Qui retrouve en Éden le rajeunissement.
2. L'enfer dépeint par Muhammad.
Les auteurs du Corpus coranique, appelons-les "coranistes" ont rassemblé les traditions orales présentes dans le Proche-Orient du VIIème siècle, mais ils ajoutent ce qui est plus qu'une nuance d'atrocité et d'abomination, visant à terrifier l'auditoire. Les occurences de l'enfer, et du feu qui l'occupe sont donc innombrables dans le Corpus Coranique.594
Les auteurs des hadiths ont profité du sujet pour développer toute la gamme de leurs talents narratifs. Le résultat est souvent délirant, au sens psychologique du terme.
La taverne et le bordel: la vision mohammédienne du paradis.595
(Corpus coranique d'Othman 56/4-56).
Quand la terre frémira violemment, que les monts seront mis en marche, rapides, et qu'ils seront poussière disséminée, vous formerez trois groupes : les compagnons de la droite (que sont les compagnons de la droite!), les compagnons de la gauche (que sont les compagnons de la gauche!) et les précesseurs.
Les précesseurs, ceux-là sont les proches du seigneur dans les jardins de la félicité, - multitude parmi les premiers et petit nombre parmi les derniers! - sur des lits596 tressés s'accoudant et se faisant vis-à-vis.
Parmi eux circuleront des éphèbes597 immortels598, avec des cratères, des aiguières et des coupes d'un limpide breuvage dont ils ne seront ni entêtés, ni enivrés, avec des fruits qu'ils choisiront, avec de la chair d'oiseaux qu'ils convoiteront.
Là seront des houri599 aux grands yeux 600 , semblables à la perle cachée601 , en récompense de ce qu'ils faisaient sur la terre.
Ils n'y entendront ni jactance, ni incitation au péché602 , mais seulement, comme propos: Paix! Paix!
Les compagnons de la droite (que sont les compagnons de la droite!) seront, parmi des jujubiers603 sans épines et des acacias604 alignés, dans une ombre étendue, près d'une eau courante et de fruits abondants, ni coupés, ni défendus, couchés sur des tapis élevés au-dessus du sol.
Des houri que nous avons formées, en perfection, et que nous avons gardées vierges, coquettes, d'égale jeunesse605 , appartiendront aux compagnons de la droite, multitude parmi les premiers et multitude parmi les derniers!
Les compagnons de la gauche (que sont les compagnons de la gauche!) seront dans un souffle torride et une eau bouillante606 , sous une ombre de fumée ardente, ni fraîche, ni bienfaisante.
Ils étaient, avant cela, plongés dans le luxe ; ils persistaient dans le grand péché ; ils disaient:
-Quand nous serons morts et que nous serons poussière et ossements, certes serons-nous ressuscités ? Est-ce que nos premiers ancêtres... ?
Réponds :
-En vérité les premiers et les derniers seront certes réunis au point fixé d'un jour connu!
Oui, en vérité, ô Égarés!
Ô négateurs! vous mangerez aux arbres Zaqqum607 ; vous vous en emplirez le ventre ; vous boirez par-dessus, de 1'eau bouillante et vous boirez comme chameaux altérés.
Voilà leur partage au jour du jugement.
Le bonheur posthume dêtre musulman.
(Muslim, Sahih 40/ 6795).608
Les membres du premier groupe qui ira au paradis auront leurs visages aussi brillants que des étoiles dans le ciel. Ils nurineront pas, ne se videront pas dexcrément, ne souffriront pas de la catarrhacte, ne cracheront pas ; leur peigne sera dor, leur sueur sera du musc, le combustible de leurs réchauds sera de laloès, et leurs épouses seront de jeunes filles aux grands yeux et leur taille pour une seule personne sera de soixantes pieds de haut, comme leur père Adam609 .
(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 1880).
Selon Jâbir, le messager d'Allah a dit : "Les habitants du Paradis y mangent et y boivent sans pourtant avoir ni défécation, ni morve, ni urine. Mais leur manger ne provoque chez eux que des rots ayant le parfum du musc. Allah leur inspire les formules suivantes comme Il leur inspire leur respiration : "Subhànallàh" 610 et "Allâhu akbar" 611."
(An Nawawi, Le Jardin des Vertueux 1882).
Selon lui aussi, le messager d'Allah a dit :
-"Le premier groupe d'hommes qui entreront au Paradis auront la splendeur de la pleine lune. Ceux qui, les suivront auront l'éclat de la plus brillante étoile du firmament. Ils n'ont ni urine, ni défécation, ni salive, ni morve. Leurs peignes seront d'or. Leur sueur aura l'odeur du musc. Leur encens sera le costus. Leurs épouses seront les houri612 aux beaux yeux. Ils auront tous l'aspect d'un même homme, à l'image de leur père Adam : il s'élance dans le ciel avec une stature de soixante coudées".
Dans une autre version d'Al Bukhâri et Muslim : "Leur vaisselle y sera d'or, leur sueur de musc. Chacun d'eux aura deux épouses tellement belles qu'on voit la mlle des os de leurs jambes de derrière la chair. Nul désaccord entre eux et nulle haine. Leurs curs seront comme celui d'un seul homme. Ils ne font que répéter "Subhanallah" au début du jour et à sa fin".
(Bukhari, Sahih 59/8, 6).
Abu Hurayra a dit: L'envoyé d'Allah a dit:
-La première troupe qui entrera en paradis aura l'éclat de la lune, la nuit où elle est pleine ; ils ne connaîtront pas en paradis les sécrétions buccales et nasales, ne rendront pas d'excréments ; leurs vases à boire seront d'or ; et leurs peignes, d'or et d'argent ; l'aloès brûlera dans leurs cassolettes ; et leur sueur sera de musc ; chacun d'eux possédera deux épouses, si belles qu'à travers la chair de leurs jambes on apercevra la moëlle de leurs os613. Les élus vivront sans connaître, entre eux ni discorde, ni haîne ; leurs curs seront comme un seul coeur ; et ils loueront Allah matin et soir614.
Problème de pudeur.
(Bukhari, Sahih 81/45, 6-7).
Aïsha rapporte que l'envoyé d'Allah a dit:
-Vous serez rassemblés pieds nus, sans vêtements, incirconcis.
- Alors, ô envoyé d'Allah, fit remarquer Aïsha, les hommes et les femmes se verront les uns les autres nus.
-La circonstance sera trop grave, dit le prophète, pour que cela les préoccupe615.
Amir ibn Maymun rapporte que Abdallah a dit: Comme nous étions dans une tente avec le prophète. Celui-ci nous dit:
-Accepteriez-vous d'être le quart des habitants du paradis?
- Oui, répondîmes-nous.
- Accepteriez-vous d'être le tiers des habitants du paradis ?
- Oui.
- Accepteriez-vous d'être la moitié des habitants du paradis?
- Oui.
- J'en jure, ajouta-t-il, par celui qui tient entre ses mains l'âme de Muhammad, j'espère que vous serez la moitié des habitants du paradis, car il n'entrera au paradis que des âmes musulmanes616. Vous n'êtes au milieu des polythéistes que comme un poil blanc sur la peau d'un taureau noir ou comme un poil noir sur la peau d'un taureau roux.
Invention ornithologique.
(Ibn Kathir, Tafsir 2).
La vie délicieuse des martyrs.
... les martyrs sont en vie et reçoivent de quoi vivre.
Les âmes des martyrs sont à lintérieur doiseaux verts617 et se déplacent dans le paradis comme elles le veulent. Ensuite, elles prennent refuge dans les lampes qui pendent sous le trône dAllah.
...
Lâme du croyant est un oiseau qui se nourrit dans les arbres du paradis jusquà ce quAllah ne la renvoie dans son corps quand la personne renaît.
(Tirmidhi, Hadith Qudsi 250).618
Tirmidhi a rapporté, aussi, ce hadith, dans le chapitre sur la sourate Al Waqia619 , avec cette expression:
D'après Abu Hurayra, le prophète a dit: Allah dit: J'ai réservé pour mes serviteurs vertueux, ce qu'aucun il na jamais vu, qu'aucune ouie na jamais entendu et ce dont aucun cur n a jamais été effleuré. Et lisez, si vous voulez:
Aucune âme ne sait ce quon lui a réservé comme réjouissances pour les yeux, en récompense de ce qu'ils faisaient.
Il y a, dans le Paradis, un arbre à l'ombre duquel un cavalier peut cheminer, cent ans, sans arriver à le traverser. Lisez, si vous voulez: Et une ombre étendue . 620
Lendroit réservé à un fouet au paradis est préférable à ce bas monde et à tout ce qu'il contient. Et lisez, si vous voulez:
Celui qui se trouve écarté du feu, et introduit au paradis, aura obtenu le succès. Et la vie de ce bas monde nest qu'une jouissance illusoire.621
Une question dapparence.
(Tabari, Tafsir 7/46).
Ces êtres se trouvant sur les crêtes622 reconnaissent les gens du paradis à leur caractéristique623 qui est la clarté et la fraîcheur de leur visage, reflétant la fraîcheur du délice paradisiaque, et ils reconnaissent les gens du Feu à leur caractéristique: la noirceur de leur visage et la teinte verdâtre de leurs yeux.
(Tirmidhi, Hadith Qudsi 362-3).
Par l'Imam Ettirmidhi dans son recueil Djâmi624 , chapitre sur ce qui a été rapporté au sujet du marché du Paradis.
... Abû Hurayra qui lui a dit: J'implore Allah afin qu'il me fasse réunir avec toi au marché625 du paradis. Sayd lui demanda:
-Y a-t- il un marché au paradis?
Il lui répondit:
-Oui, car le messager d'Allah m'a informé de cela, en disant: Lorsque les habitants du Paradis prendront leurs quartiers (au Paradis) en fonction de leurs uvres, on leur réservera un jour comme celui du vendredi dans le bas monde, pour rendre visite à leur Seigneur et où leur apparaîtra son Trône dans un des jardins du Paradis. On mettra à leur disposition des chaires faites de lumière, des chaires faites d'or et des chaires faites d'argent. Les habitants du paradis qui occuperont les degrés les plus inférieurs, bien qu'il n'y ait pas d'inférieurs parmi eux, s'asseoiront sur des dunes faites de musc et en camphre. Ils n'auront pas l'impression que les personnes assises sur les trônes soient meilleures qu'eux.
Abu Hurayra continua: je demandai:
-Ô messager d'Allah! arriverons-nous à voir notre seigneur?
Il répondit:
- Oui , avant d'ajouter: Eprouvez-vous de la gène à voir le soleil et la pleine lune?
Nous répondîmes:
- Non.
Il dit:
-Il en sera de même concernant la vue de votre Seigneur. Il n'y aura pas un seul homme à qui Allah ne parlera pas et ne lui dira pas: Ô untel, fils d'untel! Te rappelles-tu de tel jour où tu as dit telle et telle chose ? Ainsi Allah lui rappellera certains de ses péchés qu'il avait commis dans ce bas monde. Lhomme dira: « Ô Seigneur! Ne me les as-tu pardonnés?
Il lui dira:
-Si, et c'est grâce à la largesse de ma miséricorde que tu es là .
Tandis qu'ils seront là sur leurs chaîres, un nuage les couvrira par-dessus eurs têtes avant de les arroser d'une pluie, parfumée d'une odeur dont ils n'avaient jamais senti de semblable auparavant. Allah le Très Haut leur lancera alors:
-Levez-vous pour prendre possession de ce que Je rous ai préparé comme bienfaits et prenez ce que bon vous semble ». Nous irons ensuite à un marché, entouré par les anges, que les yeux n'ont jamais vu de pareil, que les ouïes n'ont jamais entendu parler de pareil et que les curs n'ont jamais imaginé de pareil. Dans ce marché, on nous servira tout ce qu'on désire. Il n'y aura rien à vendre ni à acheter. Dans ce marché les habitants du paradis se rencontreront. L'homme d'un certain rang fera la rencontre avec son frère d'un rang inférieur que lui, bien qu'il n'y a personne d'inférieur dans le paradis. Cet homme sera attiré par la beauté des vêtements de son compagnon. Le temps de terminer sa conversation que leur beauté lui paraîtra encore meilleure, car c'est l'endroit où il n'y aura pas de place à la tristesse. Ensuite chacun de nous rejoindra sa place pour retrouver ses épouses qui l'accueilleront ainsi:
-Bienvenue à toi. Tu nous as rejoins encore plus beau depuis notre séparation. Il répondra alors:
-Aujourd'hui, nous avons tenu compagnie à notre Seigneur, le Tout Puissant. Et c'est notre droit de changer comme nous l'avons fait.
§148. Le paradis musulman vu par les chrétiens.
Les auteurs chrétiens se sont penchés très tôt sur les thèmes eschatologiques développés par Muhammad. Ils en ont retenus, avec grande rigueur et souvent ironie, les aspects les plus scabreux.
Un peu comme si de vieux névrosés se mettaient à considérer loeuvre dun jeune psychopate...626
Théophanès.
Il a dit que le paradis consistait en nourriture carnée et en relation avec des femmes ; quil y avait une rivière de vin, de miel et de lait, et que les femmes nétaient pas comme celle dici-bas, et que les relations sexuelles duraient longtemps, et que le plaisir était continu.
Dionysios.
Ils disent quil y a de la nourriture carnée, et de la boisson, et des copulations avec de gracieuses courtisanes, des lits dor avec des matelas dor et de topaze, et des rivières de lait et de miel.
Agapios.627
Il a dit que dans le paradis, il y avait de la nourriture, des boissons, le mariage, des rivières de vin, du lait et du miel, et des femmes aux yeux noirs, touchés ni par les hommes ni par un esprit.
§ 149. Visions infernales.
Toute la rhétorique de lenfer628 sest construite autour de limage du feu, de la chaleur brûlante du sable du désert, et celle du paradis629 , autour de lélément liquide,celui qui coule dans l'oasis, et déploie à partir de là une vaste gamme datrocités et de voluptés. Leffet est dautant plus puissant sur lauditoire, qui vit lui-même sous la chaleur et rêve de fraîcheur.
Dans le Coran et dans les hadiths, tout le talent de Muhammad et de ses continuateurs éclate, à décrire atrocités, punitions630 et sévices. On y perçoit comme de la jubilation et de de la fièvre, comme il ny en a pas dans le reste de cette production: que lon goûte limage de la cervelle bouillant à cause de la chaleur brûlant les pieds, que lon se délecte les peaux calcinées631 , fouettées, arrachées, pelées, que lon oublie pas les entrailles brûlées par les boissons et les aliments...
Il est grand temps que la psychiatrie moderne se penche sur ces textes632: le soin extrême avec lequel la douleur est évoquée confine au sadisme et le dépasse sans doute.
1. Le Coran dans son enfer.
Le livre abonde en descriptions datrocités633 , à destination dun grand nombre de personnes, incroyants, apostats, hypocrites, juifs, chrétiens, païens. A en croire Muhammad, lenfer sera vite plein, et les gens qui lhabiteront, bien malheureux. On songe bien malgré soi aux enfers concentrationnaires mis en place au XXème siècle, qui ont appliqué avec zèle cette haîne farouche de lêtre humain, celle qui saffiche ici même.
(Corpus coranique d'Othman 37/59-72).
Quoi! ne sommes-nous morts que de notre première mort, sans avoir subi de tourment ?
En vérité, ceci est certes le succès très grand !
Pour pareille récompense, qu'agissent les agissants!
Cela est-il mieux en partage, ou bien l'arbre az Zaqqum634 ?
Nous avons en vérité placé celui-ci comme épreuve pour les injustes.
C'est un arbre qui croît au fond de la fournaise, dont les fruits sont comme têtes de démons et dont les réprouvés mangeront et s'empliront le ventre.
Ensuite ils boiront certes, dessus, un mélange d'eau bouillante, puis ils retourneront en vérité à la fournaise.
En vérité, ils ont trouvé égarés leurs ancêtres.
Eux, sur leurs traces, se précipitent.
Certes, la plupart des anciens furent dans l'erreur avant eux.
Certes, Nous envoyâmes parmi eux, des avertisseurs.
Considère ce que fut la fin horrible des avertis, à l'exception des dévoués serviteurs d'Allah !
(Corpus coranique d'Othman 44/43-9).
En vérité, larbre az Zaqqum sera le mets du pécheur.
Tel lairain635, il bouillonne dans les entrailles à la façon de leau bouillante.
Prenez-le!
Emportez-le au fond de la fournaise!
Puis, versez sur sa tête le tourment de leau bouillante!
Goûte ceci!
Cest toi, le puissant, le généreux!636
(Corpus coranique d'Othman 78/17-30).637
En vérité, le jour de la décision a été fixé, ce jour où il sera soufflé dans la trompe, en sorte que vous viendrez en groupes, ce jour où le ciel sera ouvert et sera portes béantes, où les montagnes, mises en marche, seront un mirage.
En vérité, la Géhenne alors sera guettant, retraite pour les rebelles qui y resteront des éternités, sans y goûter fraîcheur ni breuvage, sauf eau bouillante et boisson fétide638 , récompense convenable à leur vie terrestre.
Ils n'attendaient pas un jugement et traitèrent de mensonge nos signes, effrontément, alors que, toute chose, nous l'avons dénombrée dans un écrit: Goûtez ce tourment.
Nous ne ferons qu'ajouter pour vous tourment à tourment!
(Corpus coranique d'Othman 35/ 31-36).
Ceux qui, au contraire, auront été impies auront le feu de la Géhenne. Contre eux, l'anéantissement ne sera point décrété en sorte qu'ils pourront périr, et nul allègement ne sera apporté à leur tourment dans la Géhenne. Ainsi nous récompenserons tout ingrat.
Là, les réprouvés crieront:
-Seigneur! fais-nous sortir! Nous accomplirons uvre pie, à l'inverse de ce que nous taisions! -Eh quoi! ne vous avons-nous point donné une longue vie pour quel réfléchisse celui qui réfléchit ?
L'avertisseur639 est venu à vous!
Puisque vous êtes restés sourds, goûtez640 ce tourment!
Aux injustes, nul auxiliaire !
(Corpus coranique d'Othman 23/105-112).
Ceux dont légères seront les bonnes actions, ceux-là seront les perdants et seront immortels dans la Géhenne, le visage brûlé par le feu et les lèvres béantes.
Mes signes ne vous ont-ils pas été communiqués ?
Vous les traitiez de mensonges.
- Seigneur, diront-ils, notre misérable nature nous a vaincus et nous avons été un peuple égaré.
Seigneur! sors-nous de la Géhenne et si nous récidivons, revenus sur terre, nous serons injustes.
Mais Allah dira :
-Demeurez-y et ne me parlez point!
Une fraction de mes serviteurs disaient :
-Seigneur! nous croyons. Pardonne-nous et fais-nous miséricorde car tu es le meilleur des miséricordieux.
Vous avez, impies!, pris ces fidèles en raillerie au point de vous faire oublier mon édification et vous vous moquiez d'eux.
Or, aujourd'hui, j'ai récompensé ces fidèles de leur constance et sont eux les favorisés.
(Corpus coranique d'Othman 74/26-31, 35-40).
Je l'exposerai au feu Saqar!
Qu'est-ce qui t'apprendra ce qu'est la Saqar?
Elle n'épargne ni ne laisse rien.
Elle est dévorante pour les mortels.
Sur elle veillent dix-neuf archanges.
Nous n'avons pris comme gardiens du feu que des archanges. Nous avons pris ce nombre seulement pour éprouver ceux qui sont incrédules, pour que soient convaincus ceux qui ont reçu l'Écriture, pour que grandisse la foi de ceux ont cru641 ...
(...)
Prenez garde!
Par la lune!
Par la nuit quand elle recule!
Par l'aube quand elle point la Saqar est un des plus grands tourments donné en avertissement aux mortels, à ceux, parmi vous, qui veulent s'avancer vers la foi ou reculer.
devant elle.
(Corpus coranique d'Othman 22/20-22).
Toutefois, pour beaucoup d'hommes, le tourment est inéluctable, car quiconque méprise Allah n'aura nul bienfait au jugement dernier.
Allah fait ce qu'il veut.
Voici deux groupes adverses qui se querellent au sujet de leur seigneur.
A ceux qui sont infidèles seront taillés des vêtements de feu ; sur leurs têtes sera versée de l'eau bouillante par laquelle seront consumées leurs entrailles et leur peau ; là, des fouets de fer leur seront destinés chaque fois que, de chagrin, ils voudront sortir de ce feu, ils y seront ramenés et il leur sera crié
-Goûtez le tourment de la calcination642!
(Corpus coranique d'Othman 18/28-30).
Et dis : La vérité émane de votre seigneur.
Quiconque le veut, qu'il soit croyant, et quiconque le veut, qu'il soit infidèle!
Nous avons préparé, pour les injustes, un feu dont les flammes les entoureront.
S'ils appellent au secours, on les secourra avec une eau comme de l'airain fondu643 qui brûle les visages.
Quel détestable breuvage!
Quel abominable séjour!
(Corpus coranique d'Othman 4/58-9).
Combien la Géhenne suffira à ceux-ci comme briser!
Ceux qui auront été incrédules en nos signes, nous leur ferons affronter un feu et chaque fois que leur peau sera desséchée, nous la leur changerons par une autre, afin quils goûtent le tourment en éternité.
Allah est puissant et sage.
2. Infernale Tradition.
La Sunna précise encore la voie suivie par le Coran, comme si latrocité première ne suffisait pas à effrayer. Là, lhorreur se fait plus proche, directe, physique, presque drôle à force dexcès: qu'on en juge avec l'image des cervelles bouillantes...
Elle se mêle aussi à lidée de résurrection et lenfer, la fin des temps et la résurrection se combine dans lEpouvante, véritable catégorie religieuse.
(Bukhari, Sahih 81/47,1).
Ibn Omar rapporte au sujet de ces mots:
-Un jour où les hommes comparaîtront devant le maître de lunivers, le prophète a si que chaque homme se lèverait mouillé de sueur jusquau milieu des oreilles.
(Bukhari, Sahih, 56/107).
Lenvoyé d'Allah nous envoya en détachement, et nous dit:
-Si vous rencontrez untel et untel - et il nomma deux Quraysh- brûlez-les par le feu.
Puis, lorsquau moment de partir nous sommes venus lui dire adieu, il nous a dit:
-Je vous ai ordonné de brûler untel et untel ; mais le feu, cest le châtiment quAllah seul a le droit dinfliger ; si donc vous prenez ces deux individus, tuez-les644 .
(Tirmidhi, Hadith Qudsi 135).
...le prophète a dit: Deux hommes parmi les réprouvés de l'Enfer, se mettront à crier à tue-tête. Le seigneur dira alors:
-Faites-les sortir!
Une fois hors du feu, Il leur dira:
-Pourquoi criez-vous à -tête?
Ils répondront:
- Nous avons fait cela pour que tu nous accordes ta miséricorde.
Il leur dira:
-Ma miséricorde pour vous, est que vous reveniez d'où vous venez, et que vous vous jettiez dans lendroit où vous étiez dans le feu. Ils repartiront donc d'où ils sont venus. Lun d'eux se jettera où il se trouvait, et Allah lui transforma le feu en fraîcheur et salut, tandis que l'autre refusera de s'y précipiter. Le seigneur lui dira:
-Qu'est-ce qui t'empêche de te jetter, là où tu te trouvais, comme l'a fait ton compagnon?
Il répondit:
-Seigneur, je ne désire pas que tu me châties dans le feu, après men avoir fait partir!
Le Seigneur lui dira alors:
-Qu'il en sera selon ton désir.
Et Il fit entrer, tous deux, au paradis, par sa miséricorde.
(Muslim, Sahih 40/ 6832).645
Le Messager d'Allah a dit :
- La distance entre les deux épaules d'un incroyant en enfer est celle d'un voyage de trois jours pour un cavalier rapide.
(Tirmidhi, Hadih Qudsi 427-8).
Rapporté par Ettirmidhi, dans le chapitre sur la description de la nourriture réservée aux réprouvés de lenfer.
Abû Edderda rapporte que le messager d'Allah a dit: Les habitants de l'Enfer seront éprouvés par une grande faim, ajoutant ainsi à leur supplice, si bien qu'ils commenceront à crier leur désarroi et à demander de la nourriture. On leur apportera alors une nourriture à base d'épines qui na ni les vertus de les engraisser ni d'apaiser leur faim. Ils demanderont à manger et on leur apportera une nourriture qui, une fois absorbée, s'accroche dans leurs sophages pour les étouffer. Ils se rappelleront alors que, lorsqu'ils étaient dans la vie terrestre, ils buvaient, après avoir mangé, de l'eau pour passer la nourriture. Aussi, ils demanderont de léau pour boire. On leur apportera de l'eau brûlante saisie par des pinces en fer qui, en s'approchant de leurs visages, les brûleront. Quant à cette eau, une fois bue, elle brûlera leurs entrailles. Dès lors, ils solliciteront les anges gardiens646 de l'Enfer et ces derniers leur diront:
-Les messagers dmah ne sont-ils pas venus vous voir, apportant avec eux des preuves évidentes?
lls répondront:
-Si.
On leur dira:
-Puisque c'est ainsi, il ne vous reste plus qu'à invoquer, même si les invocations des mécréants seront inutiles. Ils demanderont à voir Malek 647 à qui ils diront:
-Ô Malek dit à ton Seigneur de nous anéantir une bonne fois pour toutes.
Il leur répondra:
-Vous resterez ici.
Al Ameche a dit à ce sujet: Il m'a été dit que Malek mettra mille ans pour leur rendre la réponse.
On leur dira:
-Invoquez votre Seigneur car il n'y a pas meilleur pour vous.
En effet, ils invoqueront leur Seigneur en ces termes:
-Seigneur nous avons fait du mal dans le bas monde et nous étions des gens égarés. Seigneur fais-nous sortir d'ici car si nous récidivons nous ne pourrons nous en prendre qu'à nous-mêmes ». On leur répondra: "Taisez vous et ne parlez plus".
A ce moment là, ils désespéreront à tout jamais, puis feront exhaler un profond soupir de regret et de malheur.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 269).
Alors jai vu des hommes avec des lèvres comme celles des chameaux ; dans leurs mains, il y avait des boules de feux comme des pierres quils lançaient dans leurs bouches et qui sortaient par leurs derrières648. Jai appris que cétait ceux qui avaient injustement dévoré la fortune des orphelins.
Puis jai vu la famille de Pharaon649 avec des ventres comme je nen avais jamais vu. Ils roulaient dessus comme sils étaient des chameaux rendus fous par la soif...
Puis jai vu des hommes avec de la viande grasse devant eux, à côté de viande puante, mangeant celle-ci et rejettant la première. Ce sont ceux qui permettent aux femmes ce quAllah permet et qui autorisent ce quAllah interdit.
Puis jai vu des femmes pendues par les seins. Ce sont celles qui ont fait des bâtards à leurs époux.
3. La purification par le feu.
Apparaissent parfois quelques allusions à la possibilité dune rédemption, après un passage prolongé et en enfer, et des supplices sans nom. Sans doute le public attendait impatiemment lévocation dun porte de sortie, si minime soit-elle.
(Bukhari, Sahih 81/51).
Ils y avaient été brûlés. Ils sont devenus charbon. On les plonge dans le fleuve de vie et ils poussent aussi vite que pousse la graine dans le limon du torrent.
(Tabari, Tafsir 8/127).
... les rives de ce fleuve650 sont plantées de roseaux dor, fleuris de perles et poussés en un sol de musc. Ils y resteront plongés jusquà ce que leur couleur soit redevenue pure et quil apparaisse à leur gorge un bouton blanc qui servira de marque.
4. Lenfer chrétien.
Retrouvons Ephrem et ses évocations bien précises aussi de lenfer. Mais on peinera à y découvrir de telles atrocités.
(Hymnes dEphrem de Nisibe I 12-15)651 .
En haut du Paradis
Siègent les fils de lumière.
Par-delà un Abîme
Ils regardent le Riche
Et lui, levant les yeux,
Il aperçoit Lazare,
Il appelle Abraham652 :
Qu'il le prenne en pitié!
Mais Abraham de grandpitié,
Qui de Sodome eut tant pitié,
Ici est sans pitié
Pour qui fut sans pitié.
Un Abîme, au mitan653,
Y coupe tout amour
Pour qu'aimer les impies
N'enchaîne plus les justes
Et que ceux qui sont bons ne soient point torturés
De voir dans la Géhenne
Leurs enfants, leurs frères,
Leurs parentés654.
Une mère renégate
Implore ici son fils,
Sa servante
Et sa fille,
Qui, pour la Doctrine,
furent persécutés.
Là, les persécutés
Rient655 des persécuteurs,
Les torturés des tortionnaires,
Et les tués de leurs tueurs,
Les prophètes de ceux qui les ont lapidés,
Les apôtres de ceux qui les crucifièrent.
Sur leurs hauteurs
Habitent les fils de lumière ;
Ils fixent les impies,
Dénombrent leurs actions,
Voyant avec stupeur combien par leurs forfaits
Leur espoir fut ruiné.
Malheur à qui, dans les ténèbres,
Cache sa turpitude,
Qui, après son péché,
Veut tromper qui l'a vu,
Qui, après l'adultère, ment pour circonvenir
Ceux qui en sont instruits.
Que vienne me couvrir
L'aile de ta bonté
Car là, du doigt,
On montre le pécheur,
En publiant, toujours,
Sa secrète infâmie.
§ 150. De Fine Temporum
Leschatologie 656 est commune aux trois religions révélées: toutes, elles tendent à la fin de ce monde et à la certitude de larrivée dun nouveau657 . A lévidence, même si ce dogme, essentiel et incontournable, est entreposé loin du public (quil ne faut pas effrayer), il nest pas effacé pour autant. Des trois, lislam est la plus touchée par cette perversion, encore plus forte encore dans le courant shiite. Les textes regorgent de descriptions apocalyptiques658, rédigés pour être impressionnants, surtout sur les esprits les plus faibles.
Devant ce déluge de propos délirants sur la prochaine destruction du monde ( et qui,rappelons-le, ne se sont pas réalisés - il faut avoir la cruauté de le rappeler-), le public doit raison garder: les imprécations sont proférées à destination d'un tout petit groupe, et non l'ensemble de l'Humanité. Cette réalité rassurante peut se percevoir dans la rhétorique développée, les thèmes choisis, les images employées: ce ne sont que les Arabes contemporains qui sont visés, les nomades, les bédouins.
Lépouvante dans leschatologie chrétienne.
(Exhortation de lEvêque Psote).659
J'ajoute maintenant que par le commandement du bon Dieu, je sais déjà que mon sang doit être répandu pour l'amour du doux nom de mon Seigneur Jésus le Christ, selon que cela m'a été révélé. Mais je suis effrayé par le chemin qui me mène à Dieu et par la puissance qui s'y tient, parce que je ne suis que chair et sang comme tout homme, et personne n'est sans péché aux yeux de Dieu... Et en particulier c'est la grande terreur des difficultés et de la grande abomination de cette rivière de feu sur laquelle roulent vagues sur vagues (de flammes) et les flammes ardentes auxquelles personne ne peut échapper. Qu'un homme soit juste ou pécheur, tous doivent être plongés dans cette rivière de feu avant d'atteindre le trône redoutable de Dieu.
Oh ! cette rivière de feu ! pleine de tremblements et d'horreurs !
Oh ! ce trône de terreur!
Chacun doit y comparaître dans la crainte et le tremblement, l'angoisse et le trouble, et les genoux s'entrechoquent.
Malheur à moi, mes fils ! car avant de me présenter nu devant ce trône, mes actes mauvais seront devant moi dans l'ordre où je les ai commis, et je les verrai. Malheur à moi! à cet instant, quand lui qui voit la vérité, et qui connaît d'avance chaque chose, prononcera la sentence de mon jugement.
Malheur à moi! lorsque lui qui est sans colère sera courroucé contre moi, et qu'on dira: Hélas ! pour ce vieil homme et ses cheveux gris!
Hélas, pour ce nom (de moine) et ce costume chrétien. Même ma dignité d'évêque ne me sera d'aucun bénéfice!
Le jugement des âmes.
(LApocalypse dEsdras, version éthiopienne) 6-40.660
Si j'ai trouvé grâce devant toi, lui dis-je, explique cela à ton serviteur : Lorsque nous mourrons et que son âme sortira de chacun de nous, serons-nous dans le repos jusqu'à ce qu'arrive le temps fixé par lui 661 pour tenir son jugement, ou à partir de quand serons-nous jugés?
Il me répondit : Je te le dirai, mais ne fraie pas avec les infidèles ; ne sois pas du nombre de ceux qui seront jugés.
Car tu t'es acquis près du Très-Haut un trésor qui t'est réservé, mais il ne t'apparaîtra qu'aux jours suprêmes.
Pour ce qui est de la mort (elle a lieu) dès qu'est sorti l'ordre du Très-Haut: Que quelqu'un meure. Son âme quitte son corps pour aller vers Celui qui (le) lui a donné,et elle commence par se prosterner devant la gloire du Très-Haut.
S'il s'agit des impies qui n'ont pas gardé les voies du Très-Haut, qui ont méprisé sa loi, qui ont oublié sa crainte,
Ces âmes n'entreront pas dans la demeure (éternelle), mais elles erreront, puis seront châtiées, tourmentées et affligées et on leur montrera les sept choses.
La première, c'est qu'elles ont été infidèles à la voie du Très-Haut.
La seconde : qu'elles n'ont pu revenir pour vivre.
La troisième : qu'elles voient les récompenses destinées à ceux qui ont cru à la loi du Très-Haut.
La quatrième : qu'elles voient les châtiments qui les attendent aux jours suprêmes.
La cinquième est qu'ils voient les âmes des justes gardées par les anges dans leurs demeures, en grand repos.
La sixième est qu'on les force à errer et qu'on leur montre les châtiments qu'ils recevront à partir de ce temps.
La septième et la plus grande de toutes celles que je t'ai dites, c'est qu'ils fondent de honte et qu'ils sont couverts d'ignominie, desséchés par la crainte, quand ils voient devant eux la gloire du Très-Haut contre qui, pendant leur vie, ils ont péché et devant qui ils vont être jugés.
(Voici) la situation de ceux qui ont gardé les commandements du Très-Haut, lorsqu'ils sont sortis de leurs corps mortels.
Car, dans tous les jours qu'ils y ont passés, ils ont servi le Très-Haut dans l'affliction continuelle, supportant leurs peines afin d'accomplir la loi de Celui qui les a instruits.
Voici ce qui les concerne.
D'abord ils verront avec une grande joie la gloire de Celui qui les accueille et les favorisera de ces sept manières:
La première, d'avoir lutté avec beaucoup de peine pour vaincre la pensée mauvaise qui leur venait, pour ne pas être égarés par elle dans la mort ni dans leur existence actuelle.
La seconde, c'est de voir errer les âmes des pécheurs et la condamnation qui les attend.
La troisième, c'est que Celui qui les a créés rendra en leur faveur le témoignage qu'ils ont gardé pendant leur vie la loi qui leur a été donnée.
La quatrième, c'est qu'ils verront le repos dont ils jouiront à partir de ce moment dans leurs demeures, avec une grande joie, sous la garde des anges, et la gloire qui leur est réservée.
La cinquième, c'et qu'ils se réjouiront d'autant plus d'avoir échappé à la mort naturelle et d'avoir recueilli l'héritage qu'ils ont reçu; ensuite ils verront qu'ils ont supporté un endroit étroit, rempli de tourments, et qu'ils ont trouvé le large espace où ils se réjouissent à l'abri de la mort.
La sixième c'est qu'on leur montrera que leurs visages resplendissent comme le soleil ou brillent comme la lumière des étoiles, car ils ne mourront jamais.
La septième, et la plus grande de toutes, c'est qu'ils se réjouiront ouvertement sans avoir honte ; assurés dans leur joie, car ils se hâteront de voir le visage de celui qu'ils ont servi pendant leur vie, près duquel ils seront honorés et récompensés.
Voilà les conditions que trouveront dès lors les âmes des justes; voilà les situations et les châtiments dont s'affligeront les impies.
Je lui répondis : Est-ce qu'après que l'âme sera sortie de son corps, il lui sera donné des jours pour voir ce que tu m'as exposé?
Il y aura, me dit-il, sept jours libres pour voir ce que je t'ai raconté ; ensuite elles s'en iront dans leurs demeures.
Je repris : Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant tes yeux, dis à ton serviteur : Au jour du jugement, les justes pourront-ils intercéder pour les pécheurs aux yeux du Très-Haut?
Les pères pour les enfants, les enfants pour leurs pères, (les frères pour les frères les parents pour les parents, les amis pour leurs amis.
Il me répondit: Puisque tu as trouvé grâce devant mes yeux, je te le dirai : Le jour du jugement sera subit, et on montrera sur chacun de nos ordres le sceau de la vérité.
De même que maintenant le père n'envoie pas le fils à sa place ; ni le fils, le père ; ni le maître, son serviteur; ni l'ami, son ami pour être malade, ou se coucher, ou manger, ou être guéri à sa place;
De même, il sera absolument impossible que quelqu'un intercède pour un autre ; il n'y aura personne qui rejette son fardeau sur son semblable, car chacun subira ce qu'il mérite et sera responsable de ses actions.
Le jugement dernier.
(Corpus coranique d'Othman 80/33-42).
Et quand viendra le fracas, le jour où l'Homme fuira son frère, sa mère et son père, sa compagne et ses fils, car chacun alors aura sujet de ne considérer que soi, ce jour-là des visages seront rayonnants, souriants et joyeux, tandis que d'autres, à ce moment, seront couverts de poussière, recouverts de ténèbres: ceux-là auront été les infidèles et les libertins.
(Corpus coranique d'Othman 81/ 1-4,12-14).
Quand le soleil sera obscurci,
quand les étoiles seront ternies,
quand les montagnes seront mises en marche,
quand les chamelles pleines de dix mois seront négligées (...)
quand la fournaise sera attisée,
quand le jardin sera avancé, tout âme saura ce quelle aura accompli.
(Tirmidhi, Hadith Qudsi 25).
...le messager d'Allah a dit:
Allah choisira un homme de ma communauté en face de toutes les créatures, le jour de la résurrection, et lui présentera quatre vingt dix neuf registres, chaque registre ayant une distance s'étendant à perte de vue. Il lui dira ensuite:
-Peux-tu démentir quelque chose de ce que contiennent ces registres ? mes scribes gardiens t'ont-ils lésé ?
Il répondra:
-Non, ô Seigneur!
Allah lui dira:
-As-tu une excuse?
Il répondra:
-Non ô Seigneur!.
Allah lui dira:
-Si! Tu as une bonne action, car il n'y aura aucune injustice contre toi aujourd'hui!
On lui sortira alors une feuille sur laquelle est inscrit:
-Je témoigne qu'il n'y a de dieu qu'Allah et je témoigne que muhammad est son serviteur et Son messager!
Allah lui dira:
-Apporte ta balance!
Il répondra:
-Ô Seigneur, que vaut cette feuille devant tous ces registres?
Il lui dira:
-Tu ne seras pas lésé!
On mettra alors les registres sur un plateau et la feuille sur l'autre plateau, et voilà que le plateau sur lequel se trouve la feuille bascula par son poids, car rien ne peut supporter le poids du nom d'Allah.
(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de lenvoyé d'Allah, Hadith 219).
Lenvoyé d'Allah a dit:
-Je connais la personne qui entrera dans le paradis662 en premier, et aussi la personne qui sera la dernière à être sortie de lenfer663. Le jour de qiyama, une personne sera amenée à la cour dAllah le tout puissant. On ordonnera que tous les péchés mineurs de cette personne soient mis devant elle et que les péchés majeurs soient dissimulés. Quand les péchés mineurs seront divulgués, il acceptera les avoir commis, parce quil ny a pas de moyens de les réfuter. Pendant cette cérémonie, il sera ordonné que pour chaque péché de cette personne, quil lui soit donné la rançon dune bonn eaction. Ayant entendu cela, cette personne elle-même dira quelle a encore beaucoup de péchés sur son compte, qui nont pas été vus ici.
Abu Dhar ajoute:
-Lenvoyé d'Allah, en racontant les mots de cette personne, commença à rire au point que sa dent de devant était presque visible.
(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de lenvoyé d'Allah, Hadith 222).
Abdullah ibn Masud a dit:
-Je connais la personne qui sortira en dernier du feu. Il sera un homme qui rampera pour sortir (à cause de la sévérité de la punition, il ne sera pas capable de marcher). On lui ordonnera dentrer au paradis. Il ira là et trouvera toutes les places occupées. Il reviendra et dira:
-Ô Allah, les gens ont pris toutes les places!
On lui dira alors:
-Te souviens-tu des endroits trouvés dans le monde?
-Ô mon créateur, je men souviens bien.
On lui ordonnera:
-Fais un voeu comme le désire ton coeur.
Il présentera ses souhaits. Ils seront exaucés. Tous ses souhaits seront remplis et en plus, dix fois la superficie du monde lui sera accordé.
(...) Jai vu lenvoyé d'Allah rire au point de montrer son auguste dent de devant, quand il racontait cette partie de la réponse de lhomme.
(Ibn Maja, Hadith Qudsi 353).
... le prophète a dit: Lorsque Allah préservera les croyants du feu et qu'ils en seront mis à l'abri, l'insistance de l'un d'entre vous pour obtenir un droit en ce bas monde, est moins grande que celle des croyants auprès d'Allah, en faveur de leurs frères qui entreront en enfer. Ils lui diront:
-Seigneur! Nos frères faisaient la prière avec nous, jeûnent avec nous et acomplissaient le pèlerinage en notre compagnie, et tu as fait entrer en Enfer!
Il leur dira:
-Allez en faire sortir ceux que vous connaissez parmi les réprouvés.
Ils iront vers eux et les reconnaîtront, car feu ne consumera pas leurs formes. Chacun sera atteint par le feu ; qui, jusqu'à ses pieds, et qui, jusqu'à ses genoux. Ils les feront sortir puis diront à Allah:
- Seigneur, nous avons fait sortir ceux que tu nous as demandé de faire sortir.
Il leur dira:
-Faites sortir tous ceux qui ont dans le cur l'équivalent du poids d'un dinar de foi, puis un demi-dinar, puis le poids d'un grain de moutarde664 .
Abu Sayd ajoute: Celui qui ne veut pas croire à cela, quil lise: Certes, Allah ne lèse (personne), fût-ce du poids d'un atome. S'il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense. 665
§ 151. La résurrection.
Un thème chrétien par excellence666 , efficace, même si souvent le vulgaire le comprend mal. Il est repris avec vigueur par Muhammad667 , intégré aux images infernales, pour constituer le tableau de leffroi suprême: le jugement par Allah et le châtiment de tous les impies. Rude programme en perspective pour ceux qui napprécient pas Muhammad.
(Corpus coranique d'Othman 22/1-5).
Hommes!, soyez pieux envers votre seigneur!
Le séisme de l'Heure668 sera chose immense en ce jour où vous verrez chaque nourrice délaisser ce qu'elle allaite, où chaque femelle fécondée, de terreur, mettra bas ce qu'elle porte, où tu verras les hommes ivres, bien qu'ils ne le soient point.
Le tourment d'Allah sera terrible.
Parmi les hommes, il en est qui discutent sur Allah, sans détenir aucune science, et qui suivent tout démon révolté.
A l'égard de celui-ci, il a été écrit qu'il égarera et dirigera vers le tourment du brasier quiconque l'aura pris comme patron.
Hommes!, si vous êtes en un doute au sujet du rappel des trépassés, souvenez-vous que nous vous avons créés de poussière, puis d'une éjaculation, puis d'une adhérence, puis d'une masse flasque élaborée ou non élaborée669 , afin de faire éclater l'évidence à vos yeux.
Souvenez-vous, que nous déposons dans les utérus ce que nous voulons, jusqu'à un terme fixé, que nous vous en faisons sortir ensuite, petit enfant, pour qu'ensuite vous atteigniez votre puberté.
Parmi vous, il en est qui sont rappelés au seigneur 670 avant la vieillesse ; parmi vous, il en est qui sont rejetés jusqu'à l'âge le plus vil, afin qu'après avoir su ils ne sachent plus rien.
De même, tu vois la terre prostrée.
Or, quand nous faisons descendre sur elle l'eau du ciel, elle s'ébroue, se redresse, fait pousser tout magnifique couple végétal.
(Dawud, Hadith 33/ 4190).671
L'envoyé d'Allah a dit :
- N'enlevez pas les cheveux gris. Si un croyant a des cheveux gris qui poussent dans l'islam, il verra la lumière le jour de la résurrection.
(Ibn Maja, Hadith Qudsi 367).
Rapporté par Ibn Maja dans ses Sunen672 , chapitre sur la description de l'Enfer en ces termes:
Abu Hurayra rapporte que le messager d'Allah a dit: Le jour de la surrection, on amènera la mort et on la mettra sur le Sirat 673 puis on lancera:
-Ô habitants du Paradis!
Ces derniers seront envahis d'une grande frayeur de peur de voir leurs places remises en cause. Ensuite, on lancera:
-Ô habitants de l'Enfer! ». Par contre, ceux seront envahis d'une grande joie, espérant de voir leur supplice arriver à son terme. On leur dira alors:
-Reconnaissez-vous cela?
Ils répondront:
Oui, il s'agit de la mort.
Il continua: Puis, on donnera l'ordre de l'égorger sur l'autel même du Sirat, avant de lancer à l'adresse des deux parties:
-Vous vivrez éternellement là où vous êtes. Désormais, il n'y aura plus jamais d'immolation de la mort.
(Ibn Hanbal , Musnad v. 3, p. 83).
Récit à propos du loup.
Abu Saïd al Khudri a raconté quun berger était parmi ses moutons quand soudain un loup a attaqué un mouton et la emporté. Le berger a poursuivi le loup et a rapporté son mouton. Le loup sest assis sur sa queue et sest adressé au berger en ces termes:
-Aie crainte dAllah. Tu mas pris la nourriture quAllah mavait donné.
Le berger répondit:
-Quelle chose extraordinaire! Un loup assis sur sa queue qui me parle dans la langue des hommes!
Le loup dit:
-Dois-je te dire des choses plus surprenantes que cela? Il y a Muhammad à Yathrib qui informe les gens à propos des affaires du passé.
Alors le berger est parti vers Médine en emportant son mouton, il est entré dans la ville et est allé raconter cette histoire à lenvoyé d'Allah. Lenvoyé d'Allah a ordonné alors la proclamation dune prière collective, il est sorti puis a ordonné au berger de raconter lhistoire, et celui-ci leur a raconté. Lenvoyé d'Allah a dit:
-Le berger a dit la vérité. Par celui qui tient mon âme dans sa main, le jour de la résurrection ne sera pas établi avant que les bêtes de proie ne parlent comme des êtres humains, que le manche du fouet et les lacets de quelquun ne se mettent à lui parler, que ses cuisses ne lui parlent de sa famille, autant de ce qui va arriver après lui...
( Bukhari, Sahih 81/51,14,16).
An Numan ibn Bashir a entendu le prophète dire:
-Au jour de la résurrection, le réprouvé le plus légèrement châtié sera lhomme à qui on mettra sous la plante des pieds deux charbons qui feront bouillir sa cervelle comme si elle était dans un chaudron ou une casserole674 .
Abu Sayd al Khudri a entedu lenvoyé d'Allah dire comme on venait de parler devant lui de son oncle paternel Abu Talib:
-Peut-être quau jour de la résurrection, mon intercession lui sera profitable au point quil sera placé dans une petite flaque de feu qui natteindra que ses rotules et fera seulement bouillir la naissance de son cerveau.
(Muslim, Sahih 39/ 6737)675
Quelqu'un a demandé :
- Messager d'Allah, comment les infidèles feront pour se rassembler le jour de la résurrection en rampant sur leurs visages ?
Il répondit :
- Celui qui est assez puissant pour les faire marcher sur leurs pieds n'est-il pas assez puissant pour les faire ramper sur leurs visages ?
Chapitre 26
Prophètes, héros et martyrs
§ 152. Présentation.
Dans son oeuvre majeure, Muhammad (ou le collectif qui amasse les éléments du Corpus coranique) manipule un grand nombre de mythes, de prophéties676 , de récits et de légendes, en puisant dans un fond proche-oriental dune immense richesse, et en premier dans son monument le plus illustre, la Bible.677
Ces apports exogènes ne font que rehausser la valeur du texte coranique en tant que témoin irremplaçable de ce foyer de civilisation millénaire.
Les déformations plus ou moins volontaires et les synthèses plus ou moins bien contrôlées ne peuvent dissimuler chaque fois lorigine de tous ces récits, issus de toutes les traditions possibles678. Il reste de très nombreuses interrogations concernant l'identité (pour autant que ce terme convienne à des personnages imaginaires) de prophètes coraniques ou d'autres figures posées là comme par inadvertance (al Khadir, Idris679 ...).
(Ibn Sad, Tabaqat I 17).
Jai demandé au prophète:
-Qui était le premier prophète?
Il ma répondu:
-Cétait Adam.
Jai dit:
-Etait il un prophète?
Il a répondu:
-Oui! Celui à qui Allah a parlé.
Il a dit680 :
-Combien y a t-il de messagers681 ?
Il a répondu:
-Un grand nombre, qui est de 350.
Prophètes et juifs.
(Corpus coranique d'Othman 6/84-6).
Nous lui avons donné Isaac682 et Jacob683 - nous les avons tous dirigés - nous avions auparavant dirigé Noé684 et parmi ses descendants : David, Salomon, Job685 , Joseph, Moïse686 , Aaron687 nous récompensons ainsi ceux qui font le bien - Zacharie, Jean688 , Jésus, Elie -ils étaient tous au nombre des justes - Ismaël, Elisée, Jonas689 et Loth.
§ 153. Un prophète dIsraël.
Muhammad sempare du thème immense des prophètes690 du peuple des Hébreux quand il est confronté aux populations juives de Médine, dans des récits très développés, et ces paraphrases plus ou moins habiles ou fidèles occupent un part importante de l'ouvrage691 . Il exploite notamment les figures dAbraham692 puis de Moïse693 présents abondamment dans le Coran694 : cest le moment où lui aussi devient chef de son peuple et proclame une nouvelle doctrine à visée universelle, et il a bien besoin dun parrainage double aussi illustre que celui-ci pour convaincre des rabbins saccrochant à leur Torah.695
Mais ceux-ci restent inflexibles devant de telles inventions issues de telles ignorances. Un chef arabe se proclamant prophète des juifs, ignorant lhébreu mais exhaltant Abraham comme fondateur de lislam, cen est un trop pour le public des synagogues, pourtant habitué aux débats théologiques.
Ajoutons pour finir que la figure d'Abraham n'a strictement aucune valeur historique; ou alors, pour être honnête, elle en a autant qu'Hèraclès chez les Grecs de l'Antiquité.
Le principe mohammédien.
(Corpus coranique d'Othman 3/67).
Abraham nest pas un juif, pas un chrétien, mais un hanif696 , un musulman, et il nétait pas un des associateurs.
Abraham: lalliance entre Yahvé et les Hébreux.
(Genèse697 17/1-11).
Abram698 avait quatre-vingt-six ans quand Hagar lui donna Ismaël. Il avait quatre-vingt-dix-neuf ans quand le seigneur lui apparut et lui dit :
-C'est moi le Dieu Puissant. Marche en ma présence et sois intègre. Je veux te faire don de mon alliance entre toi et moi, je te ferai proliférer à l'extrême.
Abram699 se jeta face contre terre, Dieu parla avec lui et dit :
- Pour moi, voici mon alliance avec toi: tu deviendras le père d'une multitude de nations. On ne t appellera plus du nom d'Abram, mais ton nom sera Abraham car je te donnerai de devenir le père d'une multitude de nations et je te rendrai fécond à l'extrême: je ferai que tu donnes naissance à des nations, et des rois sortiront de toi. J'établirai mon alliance entre moi, toi, et après toi les générations qui descendront de toi ; cette alliance perpétuelle fera de moi ton Dieu et celui de ta descendance après toi.
Je donnerai en propriété perpétuelle à toi et à ta descendance après toi le pays de tes migrations, tout le pays de Canaan. Je serai leur Dieu.
Dieu dit à Abraham:
-Toi, tu garderas mon alliance, et après toi, les générations qui descendront de toi. Voici mon alliance que vous garderez entre moi et vous, c'est-à-dire ta descendance après toi: tous vos mâles seront circoncis: vous aurez la chair de votre prépuce circoncis, ce qui deviendra le signe de l'alliance entre moi et vous.
Abraham, fondateur de lislam?
(Corpus coranique d'Othman 2/124-130).
Qui donc a en aversion la religion d'Abraham sinon celui qui est fol en son âme ?
Nous avons élu Abraham en la vie immédiate et, en vérité, dans la vie dernière, il sera certes parmi les Saints.
Et rappelez-vous quand le Seigneur dit à Abraham:
-Soumets-toi au seigneur!, Abraham répondit :
-Je me soumets au Seigneur des Mondes.
Abraham a commandé cela à ses fils, et Jacob, lui aussi, a dit:
-Ô mes fils!, Allah vous a délégué le culte. Ne mourez point autrement qu'en soumis à lui!
Fils d'Israël! étiez-vous témoins quand, la mort se présentant à Jacob, celui-ci demanda à ses fils:
-Qu'adorerez-vous après moi ? Étiez-vous présents quand ses fils répondirent:
-Nous adorerons ta divinité et la divinité de tes pères Abraham, Ismaël et Isaac, divinité unique à laquelle nous sommes soumis700 .
Les membres de cette communauté ont passé.
A eux ce qu'ils se sont acquis, et à vous, Fils d'Israël !, ce que vous vous êtes acquis.
Vous ne serez point tenus pour responsables de ce qu'ils faisaient.
Les détenteurs de l'Ecriture ont dit: Soyez juifs ou chrétiens! vous serez dans la bonne direction. Réponds-leur:
Non point! Suivez la religion d'Abraham, un hanif701 qui ne fut point parmi les associateurs702 .
Dites: Nous croyons en Allah, à ce qu'on a fait descendre vers nous et à ce qu'on a fait descendre vers Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, et les douze tribus, à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, à ce qui a été donné aux prophètes venant de leur seigneur.
Nous ne distinguerons point lun dentre eux.
Au seigneur nous sommes soumis703.
(ibn Sad, Tabaqat I 221).
Jai entendu lapôtre d'Allah dire:
-Je suis le sceau de 1000 prophètes, voire plus encore.
(...)
-Jai été appelé sur les traces de 8 000 prophètes dont 4 000 sont des Fils dIsraël.
Un petit musulman: Abraham, fils du père de Moïse
( Bukhari, Sahih 71/1,1).
Abu Musa a dit: il métait né un enfant. Je le portai au prophète qui lui donna le nom dIbrahim. Il lui frotta la gorge avec une datte704, appela sur lui la bénédiction du ciel et me le remit ensuite. Cet Ibrahim était laîné des enfant dAbu Musa.
§ 154. Une sombre affaire de meurtre.
Le fameux meurtre d'Abel par Caïn705, a donné lieu à une paraphrase coranique706 souvent mise en avant, de manière fallacieuse, puisqu'elle semble constituer un des seuls extraits réellement humanistes du texte707 . Mais le passage n'est que la reprise par Muhammad du texte biblique et surtout de ses interprétations juives708 . Ainsi s'expliquer l'extrait, intégré lui-même dans un contexte biblique, à destination des Hébreux, et qui est contredit par une masse considérable d'autres versets et de récits de la tradition islamique.
(Genèse 4, 10).
Qu'as-tu fait? La voix du sang de ton frère709 crie de la terre jusqu'à moi.
(Sanhédrin 4, 5 de la Mishna).
"Nous voyons quil est dit dans le cas de Caïn qui assassina son frère : " La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi"710 . Il nest pas dit ici « sang » au singulier mais « sangs » au pluriel, cest-à-dire, son propre sang et le sang de sa semence. Lhomme a été créé seul pour lui montrer que celui qui anéantit un homme, cest comme sil avait anéanti le monde entier. Et celui qui sauve la vie dun homme, cest comme sil avait sauvé le monde entier."
(Sanhédrin 5, 5 de la Mishna).711
Son sang et celui de ses descendants (...) pour t'enseigner que l'Ecriture considère tout meurtrier d'un seul membre du peuple d'Israël comme s'il avait tué le monde entier, et tout homme préservant la vie d'un seul membre du peuple d'Israël comme s'il avait sauvé la vie du monde entier.
(...)
Il apparut un corbeau et il a vu son compagnon mort. Il a fait un trou dans le sol et il l'a déposé devant les yeux de l'homme et de la femme.
Après, Adam a dit:
-Je vais faire la même chose que celle qu'a faite le corbeau.
Il a creusé la terre et il a pris le corps d'Abel.
(Corpus coranique d'Othman 5/34).
Allah fit surgir un corbeau qui gratta la terre afin de lui faire voir comment ensevelir la dépouille de son frère.712
(Corpus coranique d'Othman 4/27-32).
Voilà pourquoi nous avons prescrit aux fils d'Israël: " celui qui a tué un homme713 qui lui-même n'a pas tué, ou qui n'a pas commis de violence sur la terre714, celui-là est considéré comme s'il avait tué tous les hommes.
§ 155. Une gentille synthèse judéo-chrétienne.
Muhammad ( ou ceux qui composent à sa place) intègre à son Coran une légende populaire et simplette dorigine judéo-chrétienne715, qui illustre brièvement le thème de la résurrection.
(Corpus coranique d'Othman 2/261).
...ou comme celui qui, étant passé devant une cité déserte et subversée716, sécria:
-Comment Allah pourrait-il faire revivre cette cité déserte et subversée, après sa mort ?
Allah le fit mourir, durant cent années, puis le rappela à la vie et lui demanda:
-Combien es-tu demeuré ainsi ?
-Je suis demeuré ainsi un jour ou une fraction d'un jour.
-Non! , répondit le seigneur, tu es demeuré cent années. Regarde ta nourriture et ta boisson! elles ne sont point gâtées. Regarde ton âne! Nous allons faire certes de toi un signe pour les hommes. Regarde ces ossements comment nous les ressuscitons et les revêtons de chair!
Quand ce prodige se fut manifesté, cet incrédule s'écria :
-Je sais qu'Allah, sur toute chose, est omnipotent.
§ 156. Lévangile selon Muhammad.
Muhammad développe une christologie singulière, et pour tout dire très partielle et déficiente717 , dérivée du christianisme oriental et plus particulièrement syrien, doù se distinguent encore des influences gnostiques718 , docétistes719 et monophysites720. Lélaboration à laquelle il procède de ce nouveau personnage nommé avec insistance Jésus721 fils de Marie722 sert de fondement à la conception musulmane du Christ des chrétiens (un prophète musulman) et au christianisme (un islam incomplet et fautif)723. Le résultat pour la figure christique est simple: comme tous les prophètes, il nest quun esclave dAllah724et il n'est surtout pas mort sur la croix725 , ce qui efface d'un seul coup l'essentiel de la doctrine chrétienne 726. Le Jésus musulman n'est pas le Christ ressuscité727 , rédempteur des chrétiens, ce qui lui ôte d'emblée son caractère essentiel par rapport au monde.
La figure de la Vierge728 est abaissée en dépit des apparences729, et les chrétiens sont durement condamnés pour sêtre livrés à une forme de mariolâtrie730. On peut deviner derrière ce tableau outré de la vénération de la Vierge des informations que Muhammad ou d'autres Arabes ont tiré de leurs observations du christianisme éthiopien, qui insiste en effet vigoureusement sur ce point.731
Le dogme de la Trinité est aussi considéré comme une abomination, dénoncés rudement par Muhammad dans le Coran. Il considère que point central de la doctrine chrétienne est une forme de trithéisme732, donc un polythéisme.
Il est toujours instructif de rappeler à la mémoire quelques textes fondamentaux, qui ne demandent quà être comparés.
Les chrétiens peuvent sourire en songeant que la doctrine islamique, toujours sujette à linflation puérile, estime que Jésus est mort à lâge de cent vingt ans, car chaque prophète vit deux fois plus longtemps que son successeur733...
Dans ce dossier particulièrement dense, le lecteur pourra sourir à l'évocation naïve de l'enfant Jésus donnant la vie à de petits oiseaux d'argile: cette fable de facture grossière et d'origine très populaire a été récupérée par les auteurs du Coran, soucieux de plaire à leur public.734
On ne saura hélas jamais les méandres et mécanismes qui, à partir du fond chrétien ont abouti au recueil coranique et aux paroles mohamédiennes. Mais l'existence de ce fond culturel est indubitable.
Un aspect de la christologie musulmane.
(Corpus coranique d'Othman 5/109-111).
Rappelez-vous quand Allah dit:
-Ô Jésus, fils de Marie!, rappelle-toi mon bienfait envers toi et envers ta mère, quand je t'assistai de l'esprit saint735 , te disant: Tu parleras aux hommes dans ton berceau, comme un vieillard.
Rappelle-toi quand je t'enseignai l'Écriture, la sagesse, la Torah et l'Évangile, quand tu pus créer d'argile une manière d'oiseaux, avec ma permission, quand tu pus y insuffler la vie en sorte que ce furent des oiseaux vivants, avec ma permission, quand tu pus guérir le muet et le lépreux, avec ma permission, quand tu pus faire sortir les morts, de leur sépulcre, avec ma permission, quand j'écartai de toi les Fils d'Israël alors que tu vins à eux avec les preuves et que ceux qui, parmi eux, étaient incrédules s'écrièrent: ceci n'est que magie évidente !
Rappelez-vous quand nous révélâmes aux douze apôtres:
-Croyez en moi et en mon apôtre! Ils répondirent:
-Nous croyons. Atteste que nous sommes des soumis736 au seigneur !
Corpus Coranique 3/42.
Seigneur! répondit Marie, comment aurais-je un enfant737 alors que nul mortel ne m'a touchée?
Ainsi, répondit-il738 , Allah crée ce qu'il veut. Quand il décrète une affaire, il dit seulement à son propos: Sois! et elle est.
(Ibn Sad, Tabaqat I 47).
Quand le Christ739 est monté aux cieux, il avait 32 ans et 6 mois. La période de sa prophétie a duré 30 mois. Allah la emmené au ciel avec son corps ; il est toujours vivant et il sera le roi de toute la terre puis il mourra comme tous les humains.
Le village du Christ est Nasirah740 et il est connu comme Isa Nasiri741 et ses fidèles, les Nasara742.
Exposé musulman de christologie.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 403).
Ils743 étaient chrétiens selon le rite byzantin, bien que parmi eux, ils aient des opinions différentes, sur certains points, en disant: il744 est Allah ; et il est fils d'Allah ; et il est la troisième personne de la Trinité, ce qui est la doctrine du christianisme745. Ils affirment qu'il est Allah parce qu'il a ressuscité les morts, guéri les malades et dévoilé l'invisible ; fabriqué des oiseaux d'argile et qu'il leur a donné le souffle vital, et qu'ils se sont envolés746 ; et que tout cela était le commandement d'Allah tout puissant: "vous ferez de lui un signe pour les hommes"747 . Ils affirment qu'il est fils d'Allah du fait qu'il n'a pas de père connu ; et qu'il parlait dans son berceau et que c'est quelque chose qu'aucun enfnat d'Adam n'avait fait auparavant. ils affirment qu'il est le troisième d'un groupe de trois, du fait qu'Allah dit:
-"Nous avons fait, nous avons ordonné, nous avons créé et nous avons décrété", et ils disent: "S'il n'était qu'un, il aurait dit "J'ai fait, j'ai créé, et donc, il est lui, et Jésus et Marie748 . Concernant toutes ces prétentions, le Coran a été révélé.
Jésus fils de Marie, prophète musulman?
Il est frappant de constater que le Coran a été composé à partir de légendes chrétiennes non-canoniques, mais populaires, qui offrent une conception très superficielle, populaire et vulgaire de la figure du fondateur du christianisme. Lallusion aux oiseaux dargile est particulièrement instructive sur ce point.
L'image de la naissance sous un palmier a particulièrement touché le public arabe, au détriment du cadre traditionnel de l'étable, plus adapté à la Palestine. Il s'agit bien ici d'une re-configuration à un contexte local, que Mahomet ( ou les coranistes) fige dans le Coran.
(Evangile du Pseudo-Matthieu XX 1-2).749
Or il arriva que le troisième jour de leur voyage, Marie était latiguée dans le désert par suite de l'ardeur excessive du soleil, et voyant un palmier, elle dit à Joseph:
-Je vais me reposer un peu sous son ombre.
Et Joseph s'empressa de la conduire auprès du palmier et la fit descendre de sa monture Lorsque Marie se fut assise, elle leva les yeux vers la cime du palmier, et, voyant qu'elle était chargée de fruits, elle dit à Joseph:
-Je voudrais, si la chose était possible, goûter des fruits de ce palmier.
Et Joseph lui dit:
-Je m'étonne que tu parles ainsi, voyant la hauteur de l'arbre, et que tu songes à manger de ses fruits. Pour moi, c'est bien plutôt la pénurie d'eau qui me préoccupe: il n'y en a plus dans nos outres, et nous n'avons pas de quoi nous désaltérer, nous et nos bêtes.
Alors l'enfant Jésus qui reposait, la figure sereine, sur les genoux de sa mère, dit au palmier:
-Arbre, incline-toi et nourris ma mère de tes fruits.
Et à cette parole, le palmier inclina aussitôt sa cime jusqu'aux pieds de Marie, et ils y cueillirent des fruits, dont ils se rassasièrent tous. Quand ils eurent cueilli tous les fruits, l'arbre restait incliné, attendant pour se redresser, l'ordre de celui sur l'ordre de qui il s'était abaissé. Alors Jésus lui dit :
-Redresse- toi, palmier, reprends ta force, et sois le compagnon de mes arbres qui sont dans le paradis de mon père. Ouvre de tes racines la source qui est cachée sous terre, et qu'il en coule assez d'eau pour étancher notre soif.
Et aussitôt le palmier se redressa, et d'entre ses racines jaillirent des sources d'une eau très limpide, très fraîche et d'une douceur extrême. Et, voyant ces sources, ils se réjouirent beaucoup et ils se désaltérèrent avec toutes les bêtes de somme et ils rendirent grâces à Dieu.
Extrait de la Sourate "Marie".
(Corpus coranique d'Othman 19/ 16-35).750
Parle dans le Coran de Marie, comme elle se retira de sa famille et alla du côté du temple.
Elle se couvrit d'un voile qui la déroba à leurs regards.
Nous envoyâmes vers elle notre esprit. Il prit devant elle la forme d'un homme, d'une figure parfaite.751
Elle lui dit : Je cherche auprès du Miséricordieux un refuge pour toi. Si tu le crains...
Il répondit : Je suis l'envoyé de ton Seigneur, chargé de te donner un fils saint.
Comment, répondit-elle, aurai-je un fils ? Nul homme ne s'est approché de moi, et je ne suis point une dissolue.
Il répondit : Il en sera ainsi : ton Seigneur a dit : Ceci est facile pour moi. Il sera notre signe devant les hommes, et la preuve de notre miséricorde. L'arrêt est fixé.
Elle devint grosse de l'enfant, et se retira dans un endroit éloigné.
Les douleurs de l'enfantement la surprirent auprès d'un tronc de palmier. Plût à Allah, s'écria-t-elle, que je fusse morte avant que je fusse oubliée d'un oubli éternel!
Quelqu'un lui cria de dessous elle:
-Ne t'afflige point. Ton Seigneur a fait couler un ruisseau à tes pieds.
Secoue le tronc du palmier, des dattes mûres tomberont vers toi.
Mange et bois!, et console-toi; et si tu vois un homme,
Dis-lui : J'ai voué un jeûne au Miséricordieux; aujourd'hui, je ne parlerai à aucun homme.
Elle alla chez sa famille, portant l'enfant dans ses bras. On lui dit :
-Ô Marie! tu as fait une chose étrange.
-Ô sur d'Aaron!752 ton père n'était pas un homme méprisable, ni ta mère une femme suspecte.
Marie leur fit signe d'interroger l'enfant :
-Comment, dirent-ils, parlerons-nous à un enfant au berceau ?
Je suis le serviteur dAllah, il m'a donné le Livre et m'a constitué prophète.
Il a voulu que je sois béni partout où je me trouve; il m'a recommandé de faire la prière et l'aumône tant que je vivrai;
D'être pieux envers ma mère; il ne permettra pas que je sois rebelle et abject.
La paix sera sur moi au jour où je naquis et au jour où je mourrai, et au jour où je serai ressuscité.
Ce fut Jésus fils de Marie, pour parler la parole de la vérité, celui qui est le sujet de doutes d'un grand nombre.
Allah ne peut pas avoir denfants. Loin de sa gloire ce blasphème!
L'Evangile de l'Enfance (2,3-5).753
Ce texte, écrit en arabe, a eu une grande renommée dans tout l'Orient: il ne possède aucune valeur dans le dogme chrétien, mais il reste très populaire de par son thème et ceci, jusqu 'à la Mecque...
Alors qu'il était un enfant âgé de cinq ans, Jésus était en train de jouer près du gué d'un ruisseau, et il faisait couler de l'eau, la dirigeant vers une flaque, afin de la rendre claire. Ensuite, il tira de la vase de l'argile molle et en façonna douze oiseaux754 . C'était alors le jour du sabbat et beaucoup d'enfants jouaient avec lui. Un juif le vit en train de faire cela avec les enfants, et il alla vers joseph son père et accusa jésus en disant :
-Il a fait de la boue et il en a façonné des oiseaux le jour du sabbat où il n'est pas permis de le faire. Et Joseph, étant arrivé, le réprimanda en disant:
- Pourquoi fais-tu un jour de sabbat ce qu'il n'est pas permis de faire ?
Mais, l'ayant entendu, Jésus frappa des mains et fit s'envoler les passereaux en disant:
-Allez, volez et souvenez-vous de moi, vous qui êtes vivants.
Et les passereaux s'envolèrent en poussant des cris. Ayant vu cela, le pharisien en fut étonné et alla le raconter à ses amis.
(Evangile du Pseudo-Matthieu XXVII).755
Après cela Jésus prit le limon des fossés qu'il avait faits, et à la vue de tout le monde, il en façonna douze passereaux. Or c'était le jour du sabbat qu'il agit ainsi, et il y avait beaucoup d'enfants avec lui. Et comme quelqu'un des Juifs avait vu ce qu'il faisait, il dit à Joseph:
-Joseph, ne vois-tu pas l'enfant Jésus travailler le jour du sabbat, ce qui ne lui est pas permis ? Il a façonné douze passereaux avec de la boue.
Joseph alors réprimanda Jésus:
-Pourquoi fais- tu le jour du sabbat ce que nous ne pouvons pas faire ?
Mais Jésus, entendant Joseph, frappa une main contre l'autre et dit à ses passereaux :
-Volez!, et à cet ordre ils se mirent à voler. Et tandis que tout le monde était là et regardait et écoutait, il dit aux oiseaux:
- Allez et volez par le monde et par tout l'univers et vivez!
(Corpus coranique d'Othman 3/43).
... Et j'ai été envoyé756 comme apôtre aux Fils d'Israël, disant : je viens à vous avec un signe de votre seigneur. je vais, pour vous, créer d'argile une manière d'oiseaux ; j'y insufflerai la vie et ce seront des oiseaux, avec la permission d'Allah. je guérirai le muet et le lépreux. je ferai revivre les morts, avec la permission d'Allah. je vous aviserai de ce que vous mangez et de ce que vous amassez dans vos demeures. En vérité, en cela, est certes un signe pour vous, si vous êtes croyants.
La négation de la nature chrétienne du Christ.
(Corpus coranique d'Othman 4/155-157).
Nous les757 avons maudit à cause de leur incrédulité, pour avoir dit, contre Marie, une immense infâmie, pour avoir dit:
- Nous avons tué le messie758 , Jésus fils de Marie, l'apôtre d'Allah! , alors qu'ils ne l'ont ni tué ni crucifié759 , mais que son sosie760 a été substitué à leurs yeux761 .
En vérité, ceux qui s'opposent, à l'égard de Jésus, sont certes dans un doute à son endroit. Ils n'ont nulle connaissance de Jésus ; ils ne suivent que conjecture et n'ont pas tué Jésus en certitude762 .
Tout au contraire, Allah l'a élevé vers lui763 .
Allah est puissant et sage.
Il n'est personne, parmi les détenteurs de l'Écriture, qui ne croie, certes en lui, avant sa mort et, au jour de la résurrection, Jésus sera témoin à leur (sic) encontre.
La résurrection du Jésus des chrétiens.
(Evangile en arabe 50).764
Un évangile apocryphe écrit en arabe a circulé en Orient. Un court extrait montre comme cet épisode crucial de la doctrine chrétienne est vu dans un milieu populaire, et parmi des populations arabes.
À la quatrième veille du premier avril, il se produisit une grande secousse ; des anges descendirent vers la tombe de Jésus et se mirent en rang comme des serviteurs devant le roi. Gabriel descendit du ciel comme l'éclair, et les gardes reftèrent comme morts de terreur. Lorsque Jésus sortit de la tombe, tous les anges se prostemèrent devant lui et remercièrent Dieu de la victoire remportée grâce à lui par les hommes et de la résurreetion accordée à tous les fils d'Adam. Les gardes le virent, qui était revenu à la vie, les sceaux et les liens étant intacts. Jésus se dirigea vers Joseph, élevé en l'air à une hauteur d'environ quinze brasses avec ses portes et ses sceaux. Les gardes aperçurent Joseph, qui était debout sur la plus haute terre, étonné de l'aspect de Jésus, car il ressemblait au soleil. Les liens et les fers de Joseph étaient tombés, et jésus lui dit, tandis que les gardes l'écoutaient:
-Joseph, va à Râma te mettre au lit.
A peine eurent-ils entendu cela que Joseph et Jésus disparurent à leurs yeux. Ils constatèrent que la maison et ses sceaux étaient tels qu'ils les avaient laissés. Remplis de stupéfaction, ils se disaient les uns aux autres : Sans aucun doute, Jésus est le Messie attendu. Jésus retourna vers le jardin. Tandis qu'il cheminait, les gardes dirent: Allons, rentrons à la ville, car il est inutile de surveiller une tombe vide ; celui que nous avions ordre de garder est en train de marcher dans le jardin. Puis ils dirent:
-Patience! Attendons encore une heure pour voir ce qui se passera.
Et voici que des femmes s'approchèrent, Marie mère de Jésus, Marie la mère de Cléophas, Marie la sur de Lazare, Marie épouse de Joseph avant Marie mère de Jésus, Marie mère des deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, et Farousa sur de Marie, mère de Jean le mineur. Quand Jésus les vit, il alla à leur rencontre ; elles crurent que c'était le jardinier et dirent:
-Seigneur, qu'ont fait de Jésus ceux qui le gardaient?
Jésus leur répondit:
- Que la paix soit sur vous! Ne craignez point: je suis Jésus ; je suis ressuscité d'entre les morts comme je vous l'avais promis. Allez, et dites à mes frères et à mes disciples qu'ils se rendent en Galilée, où je les précéderai et où ils me verront tous.
Ces femmes retournèrent joyeuses vers les disciples, se réjouissant et riant. Lorsque les gardes constatèrent cela et virent et entendirent les paroles de jésus à ces femmes, ils abandonnèrent la tombe et rentrèrent en ville, remplis d'étonnement et disant: Ce Jésus fils de Marie est le messie que l'univers attend.
(Ibn Hanbal , Musnad , v. 2, p. 411)
Quiconque vit parmi vous rencontrera Jésus fils de Marie, qui est imam, mahdi765 , arbitre et juge.
Lascension de Jésus pour un théologien modéré et tolérant.
(S. H. Boubakeur, Traité moderne de théologie islamique, Paris 2003 (troisième édition) , p.94 ).
La question de l'ascension corporelle de Jésus et de sa mère au ciel doit être également reconsidérée à la lumière des Evangiles. Or, nulle part dans l'Évangile selon Matthieu et l'Évangile selon Jean, il n'est fait mention de cette ascension. La version selon Marc 17 dit : « Il fut élevé au ciel », ce que reprend plus de quatre-vingts ans après l'auteur des « Actes des Apôtres » Il. Cette ascension au ciel que récemment Pie XII aétendue à la Vierge Marie (1945 ?) par pure spéculation théologique. n'est, comme on sait, nullement propre au christianisme. Elle était incluse bien avant Jésus dans la dogmatique des adorateurs d'Adonis. de ceux de Dionysos, de Mithra, etc.
Le Coran enseigne que la crucifixion de Jésus fut pour ses persécuteurs une simple illusion Il. Autant dire que l'Islâm tient pour irrecevable le dogme de sa « résurrection » c'est-à-dire la réapparition de Jésus, trois jours après « la mise au tombeau de son corps » en raison des contradictions des sources, de son invraisemblance et de ses anagogies, avec la légendaire résurrection du dieu païen Thammuz celle d'autres divinités mythologiques comme Hyacinthe (Sparte), At (Phrygie), Mithra (Perse). Le dit Mithra serait né dans une grotte, aurait été adoré des bergers.
Les Evangiles critiqués par H. Boubakeur.
(S. H. Boubakeur, Traité moderne de théologie islamique, Paris 2003 (troisième édition) , p.87).
Ecriture curieuse et paradoxale en vérité que le Nouveau testament. On y trouve tout sauf le texte lui-même de la Bonne Nouvelle (Injil).
Les chrétiens ont suppléé à cette carence par une adroite substitution de la biographie de Jésus à la doctrine qu'il était chargé de transmettre.
§ 157. Les Dormants dEphèse.
Muhammad a incorporé intégralement et ouvertement au Coran une légende populaire chrétienne, répandue dans tout l'Orient766, depuis le sermon d'un évêque de la ville d'Ephèse767 : lhistoire des sept768 martyrs769 qui dorment dans une grotte près de la ville dEphèse et se réveillent quelques centaines dannées après la persécution770 . La longue et célèbre sourate intitulée La Caverne771 en garde le souvenir772 . Elle a notamment été répandue par les nestoriens, dont on sait linfluence pour la doctrine musulmane naissante.
Cette sourate est importante parce quelle introduit la notion de résurrection dans la doctrine, qui dans ce cas, est clairement inspirée des écrits chrétiens.
Le texte en est très populaire dans le public musulman 773: très exceptionnellement, on y prêche plus lespérance que la haîne774 . Néanmoins, la littérature jihadiste se fait fort de mettre en exemple ces jeunes gens, pour leur courage mais surtout leur patience. C'est ainsi que les auteurs des attentats du 11 septembre ont été comparés à ces héros anciens de l'islam.
De leur côté les chrétiens et spiritualistes, à la suite de L. Massignon -l'incarnation d'une véritable et brillante catastrophe scientifique et théologique, dont les effets semblent irréversibles-, se sont emparés du motif et l'ont érigé au rang d'icône du dialogue inter-religieux, faute de meilleur exemple.775 De ce fait, la bibliographie sur ce fragment du Corpus coranique est immense, et finalement disproportionnée en considération du sujet.
Les enfants dEphèse.
(Homélie de Jacques de Sarug).776
Le roi777 ordonna de les frapper à coups de bâton.
Puis il ordonna à nouveau :
-Laissez-les jusqu'à mon retour.
Il avait hâte en effet de visiter places fortes et villes
Et de retourner à Ephèse même, dans cette intention.
Le roi quitta Ephèse pour ses affaires.
Et les charmants enfants se consultèrent entre eux :
-Sortons. Fuyons de cette place forte d'Ephèse
Avant que le roi maudit ne revienne nous juger .
Il y avait là une caverne de pierre au sommet d'une montagne.
Les charmants enfants décidèrent de s'y cacher.
Ils prirent avec eux de l'argent de leurs parents, Lequel devint pour eux cause et de soupçon et de fierté"
Ils n'emportèrent pas avec eux de vêtements de choix ou de valeur,
Et en effet, on ne soupçonne pas celui qui est vêtu de beaux habits.
Mais ils emportèrent avec eux de cette (monnaie portant) effigie des rois païens,
Et quiconque porte cette effigie est soupçonné.
Ils gravirent la montagne, pénétrèrent dans la caverne et y passèrent la nuit.
Alors ils invoquèrent le Seigneur d'une voix triste en ces termes :
Nous t'en prions, Bon Berger qui a choisi ses brebis,
Protège ton paturage de ce loup assoiffé de notre sang .
Une prière papyrologique.
(Papyri Graecae Magicae).778
De la patte du chien... et des martyrs qui ont témoigné... Sabbatios, Probatios, Stephanos, Kyriakos, par ses prières, préserve ta servante de toute maladie et tu la délivreras de toute maladie de son âme par le nom du seigneur. La délivrance du dieu vivant.
La version coranique de la légende.
(Corpus coranique d'Othman 18/8-15).779
Penses-tu que les hommes de la caverne et d'ar Raqim780 soient, parmi nos signes, une merveille ?
... Quand les jeunes gens se réfugièrent dans la caverne et dirent :
-Seigneur! accorde-nous, de ta part, une miséricorde, et donne-nous rectitude en notre conduite!
Nous fîmes le silence à leurs oreilles, dans la caverne, pendant nombre d'années.
Puis nous les rappelâmes pour savoir laquelle des deux factions saurait le mieux compter la durée de ce qu'ils demeurèrent dans la caverne.
Et ils demeurèrent, dans leur caverne, trois cents années auxquelles ils ajoutèrent neuf années.
Réponds : Allah sait très bien ce qu'ils demeurèrent.
A lui appartient l'inconnaissable des cieux et de la terre.
Combien il est voyant et audient!
En dehors de lui, ils n'ont nul patron et il n'associe personne à sa décision.
L'histoire des gens de la caverne.
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois II 29).
Laventure des gens de la caverne eut lieu du temps d'un roi que l'on nommait Decianus 781 , et dans une ville que l'on nommait Éphèse. Cet événement se passa avant Jésus782 , fils de Marie. Tous les habitants d'Éphèse étaient infidèles. Ensuite sept d'entre les favoris du roi Dèce devinrent croyants en secret. Ils s'enfuirent et se retirèrent dans une caverne. Allah ferma cette caverne, et ils y restèrent morts pendant trois cents et quelques années. Allah les rendit ensuite à la vie. Ce fut sous le règne du roi Dèce qu'ils étaient entrés dans cette caverne, et ils ressuscitèrent du temps de Jésus, fils de Marie. Ils suivirent la religion de Jésus. Cette histoire est longue: elle se trouve dans le chapitre du Corpus coranique qui porte le nom de Chapitre de la caverne. Il y est également question de Dhu al Qarnayn dans ce verset:
Ils dirent: Ô Dhu al Qarnayn, Gog et Magog exercent leurs ravages sur la terre: veux-tu que nous te payions un tribut à condition que tu élèveras une muraille entre eux et nous? 783.
Cette histoire a été racontée en ses lieux et place: elle forme encore dans cet ouvrage une histoire séparée que l'on trouvera également à sa place.
(Ibn Kathir, Tafsir 17).
La durée de leur séjour dans la grotte.
Là, Allah a dit à son messager la durée de temps que les gens de la caverne ont passé dans leur caverne, depuis le moment où il les a fait dormir jusquau moment où ils les a ressuscités et a poussé les gens de lépoque à les retrouver. La durée de temps était donc de 309 années lunaires, ce qui fait 300 ans en années solaires. La différence entre une année lunaire et solaire, sur 100 ans, est de 3 ans ; ce qui fait que, mentionnant les 300 ans, Allah a dit: en ajoutant 9 ans.
§ 158. Les deux anges déchus d'Ahura-Mazda.
Mahomet intègre à son oeuvre une étrange légende empruntée aux traditions judéo-chrétiennes, et influencée par celles venues de Perse784 . Il s'agirait de l'histoire de deux anges choisis pour juger les hommes, qui échouant dans leur tâche, sont maudits.
(Beth Hamidrash785 IV, p. 127-8).786
Deux anges, Schemhazaï et Azaêl, ont demandé à Dieu la permission d'habiter parmi les hommes, en lui promettant de montrer comment ils sanctifieront son nom, et Dieu leur a permis de descendre habiter parmi les hommes. Immédiatement Schemhazaï, ayant rencontré une femme nommée Istehar787 , a jeté ses yeux sur elle... mais là femme est montée au ciel avant de commettre le péché... et elle prit place dans la constellation des Pléiades. Mais les anges ont eu commerce avec les jolies filles des hommes... et Azaêl est devenu le maître de diverses couleurs et des bijoux dont s'ornent les femmes pour détourner les hommes...
(Livre dEnoch VIII, 1).788
Et Azazêl apprit aux hommes à fabriquer les épées et les glaives, le bouclier et la cuirasse de la poitrine, et il leur montra les métaux, et l'art de les travailler, et les bracelets et les parures, et l'art de peindre le tour des yeux à l'antimoine et d'embellir les paupières, et les pierres les plus belles et les plus précieuses et toutes les teintures de couleur.
(Corpus coranique d'Othman 2/96).
Salomon ne fut point infidèle, mais les démons furent infidèles.
Ils enseignaient aux hommes la sorcellerie et ce qu'on avait fait descendre, à Babylone789 , sur les deux anges, Hârut et Marut790 ..
Ceux-ci n'instruisaient personne avant de lui dire:
-Nous sommes seulement une tentation.
Ne sois point impie!
Les démons apprenaient de Harut et Marut ce qui sème la désunion entre le mari et son épouse - les démons ne se trouvent nuire à personne, par cela, saut avec la permission d'Allah -, ils apprenaient ce qui ne leur nuisait ni leur était profitable.
Les Fils d'Israël apprirent que ceux qui ont acheté l'art de tenter autrui n'ont nulle part 791 en la vie dernière.
Certes, quel détestable troc ils ont fait pour eux-mêmes!
Ah! s'ils se trouvaient savoir!
§ 159. Le martyre dAgabus.
Une autre légende moins connue, celle dAgabos792 , figure dans la sourate 36, qui est particulirement vénérée. Il sagit du martyre de ce personnage mentionné dans les Evangiles793 , enterré sur le mont Silphios, près dAntioche, et déformé en Habib794 le charpentier par la doctrine musulmane, sans doute à partir d'écrits apocryphes chrétiens.795
(Actes des Apôtres 11, 27-30).
En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche.
L'un d'eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l'Esprit qu'il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous Claude.
Les disciples résolurent d'envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée .
Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saül.
(Actes des Apôtres 21, 8-13).
Nous partîmes le lendemain et nous vînmes à Césarée. Etant entrés dans la maison de Philippe l'évangéliste, qui était des sept, nous restâmes chez lui.
Il avait quatre filles vierges, qui prophétisaient.
Comme nous étions demeurés (là) plusieurs jours, il descendit de Judée un prophète nommé Agabus.
Etant venu vers nous, il prit la ceinture de Paul, se lia les pieds et les mains et dit: " Voici ce que dit l'Esprit-Saint : L'homme à qui appartient cette ceinture, c'est ainsi que les Juifs le lieront à Jérusalem et le livreront aux mains des Gentils. "
Quand nous eûmes entendu cela, nous et ceux de l'endroit, nous le priions de ne point monter à Jérusalem.
Alors Paul répondit: " Que faites-vous de pleurer et de me briser le coeur? Car moi, je suis prêt non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. "
La parabole des deux apôtres.
(Corpus coranique d'Othman 36/12/32).
Cite leur la parabole des habitants de la cité796 quand les envoyés vinrent à eux797,
quand nous leur envoyâmes deux apôtres798 et qu'ils les traitèrent d'imposteurs et que nous les renforçâmes d'un troisième799 et qu'ils dirent :
-Nous sommes vers vous envoyés.
Les citadins dirent:
-Vous êtes simplement des mortels comme nous, et le bienfaiteur n'a absolument rien fait descendre sur vous. Vous, vous mentez seulement.
-Notre seigneur sait, répondirent les apôtres, que nous sommes certes envoyés vers vous et que nous sommes chargés de la communication explicite.
-Nous tirons mauvais augure de vous, répondirent les impies.
-Si vous ne finissez pas, certes, nous vous lapiderons et, de notre part, vous serez touchés par un tourment cruel.
Les envoyés dirent :
-Votre sort est avec vous!
Ah! si vous étiez édifiés!
Mais vous êtes des gens impies800.
Alors vint en courant, de l'extrémité de la ville, un homme qui dit :
-Ô peuple! suivez les envoyés!
Suivez ceux qui ne vous réclament nul salaire pour leur bonne parole et qui sont dans la bonne direction!
Pourquoi n'adorerai-je pas celui qui m'a créé et vers qui vous serez ramenés ?
Prendrai-je en dehors de lui des divinités telles que si le bienfaiteur me veut du mal, leur intercession ne servira à rien et telles qu'elles ne me sauveront pas ?
Si je faisais cela, je serais certes alors dans un égarement évident!
Envoyés!, je crois en votre seigneur !
Impies !, entendez-moi!
On le fit périr en disant :
-Entre au jardin du paradis ! et mort, lui de s'écrier :
-Plût au ciel que mon peuple sût que mon seigneur m'a pardonné et qu'il m'a mis parmi les Honorés !
Après sa mort, nous n'avons fait descendre contre son peuple aucune légion du ciel et nous n'avons fait descendre aucun fléau : un seul cri et ils se trouvèrent sans vie!
Ô affliction sur les serviteurs dAllah!
Aucun apôtre ne vient à eux quils ne se raillent de lui.
Nont-ils pas vu combien nous avons fait périr de générations, avant eux?
Ce nest point vers leurs faux dieux quils reviendront, mais tous ensemble ils nous seront certes présentés!
§ 160. Une légende dAsie centrale: Alexandre.
La figure dAlexandre le grand801 figure dans le Coran, comme le Bi-Cornu802 , ce qui ne laisse pas détonner ; en fait, le célèbre conquérant le doit à la renommée dont il va hériter dans lOrient, de Grèce jusquà lInde. Cest plus particulièrement en Asie centrale que son souvenir sera durable: il est vu comme fils dAmmon (doù les cornes803 ), comme défenseur dIsraël804 , et comme protecteur de la civilisation contre les barbares, regroupés sous les noms de Gog et Magog805 et déjà héros du christianisme806 . Sa présence dans ces versets coraniques n'est donc pas une véritable surprise puisque ce texte est le réceptacle ultime d'un riche fond culturel : Alexandre connait une popularité quasi-universelle807 , que peu de personnages historiques peuvent égaler808 et que chacun considère à sa façon.
La gloire dAlexandre sest répandue depuis lAsie, la Judée, la Perse même, et non pas depuis la Grèce. Cest par le biais de ces récits merveilleux809 que Muhammad en a connaissance810 . Le fait que le Macédonien soit perçu ici comme un des prophètes ou héros811 de lislam pose certes problème812 ...
Alexandre dans la Bible.
(Daniel813 8,5 ; 20-22).
Jétais en train de réfléchir quand un bouc vint de loccident, parcourant toute la terre sans même toucher terre ; ce bouc avait une corne remarquable entre les yeux (...)
Le bélier a deux cornes que tu as vu: ce sont les rois de Médie et de Perse. Le bouc velu: cest le roi de Grèce. La grande corne quil a entre les yeux: cest le premier roi. Une fois brisée, les quatre qui sélevèrent à sa place sont les quatre royaumes qui sélèveront de cette nation, sans avoir sa force.
La source du mythe.
(Pseudo-Callisthène, Roman dAlexandre 30).814
Et il vit Ammon sous lapparence dun vieil homme, avec une chevelure dor et des cornes de bélier sur les tempes.:
-Roi, voici ce que tannonce Phoïbos aux cornes de bélier...
La prophétie dAlexandre.
(Version syriaque du Roman dAlexandre).815
Alors le roi Alexandre manda un graveur et fit inscrire sur la porte:
Les Huns816 passeront par ici et iront conquérir les pays des Romains et des Perses, et lanceront des flèches... et reviendront sinstaller sur la terre gagnée par eux.
Et jai aussi écrit quà la fin de 826 ans, les Huns repasseront par la passe étroite qui est à lopposé dHaloras, là où le Tigre est comme un courant rapide comme dans un moulin, et ils prendront les nations comme captives, couperont les routes, feront trembler la terre partout où ils iront. Et jai aussi écrit, fait savoir et prophétisé quil y aura au bout de 940 ans... un autre roi, quand le monde sera sur sa fin par lordre de Dieu le maître de la création.
Alexandre, Gog et Magog.
(Légende chrétienne dAlexandre).817
Un jour, Alexandre arriva dans la région du nord, à lentrée dune haute montagne (du Caucase) et il déclara aux habitants quil ny vient point en ennemi, mais uniquement pour recueillir des informations. Trois cent vieillards lui déclarèrent que la région était gouvernée par Tubarlaq, roi de Perse ; que la montagne s'étend au delà de la mer Quatar, jusqu'aux limites de la Perse et des Indes. De là, un sentier étroit conduit vers l'endroit habité par des peuples sauvages, les Huns, dont les princes sont: Gog, Magog et Nawal, rois des descendants de Japhet818 :
-Ces barbares mangent des viandes crues, boivent du sang humain, et vivent comme des animaux. . . Ils font souvent des incursions chez les voisins civilisés, en tuant tous ceux qu'ils rencontrent et en ravageant tout.
A l'aide de ses ouvriers égyptiens, Alexandre construisit une puissante porte de fer et d'airain, en fermant l'étroit passage entre les flancs des deux montagnes, afin d'empêcher les barbares de communiquer au dehors.
Alexandre et les peuples impurs.
(Pseudo-Méthode, Révélations).819
Alexandre fonde Alexandrie la Grande et y règne dix-neuf ans. En marchant vers le levant, il tua Darius le Mède et se rendit maître de nombreuses villes et contrées, il fit le tour de la terre et poussa jusqu'à cette mer de ce qu'on appelle « le pays du Soleil820 ». Il vit également là des peuples impurs et hideux: ce sont des descendants des fils de Japhet. Voyant leur impureté, il les prit en haîne, car tous vivaient (...) de nourritures abominables et corrompues: chiens, mouches, chats, serpents, cadavres humains, ftus, avortons, embryons restés inachevés dans leur croissance ou ne conservant aucune forme du développement naturel, et cela non certes pour les seuls animaux domestiques, mais encore pour toutes sortes d'animaux sauvages impurs. Quant à leurs morts, ils ne les enterraient point, mais les mangeaient.
Alexandre, voyant l'impureté et le dérèglement de leurs pratiques, et craignant qu'ils ne souillassent la terre entière, implora Dieu à leur sujet et ordonna de tous les réunir, avec leurs femmes, leurs enfants et l'ensemble de leurs campements, il les fit sortir hors des terres du Levant et les pourchassa sur leurs arrières jusqu , à ce qu'ils soient poussés à l'intérieur des limites de Borée. Et il n'y a ni entrée ni sortie, du Levant au Couchant, par où l'on puisse passer et entrer jusqu'à eux.
Et à nouveau Alexandre invoqua Dieu, qui entendit sa prière; et le Seigneur en donna l'ordre aux deux montagnes qui se nomment les Seins de Borée, et elles se rapprochèrent l'une de l'autrejusqu'à douze coudées. Et il édifia des portes de bronze821 et les recouvrit d'une couche d'asynchyton, afin que, même s'ils le voulaient, ils ne pussent les ouvrir au moyen d'outils de fer ni les faire fondre avec du feu qui, sur-le-champ, se trouve éteint par cette matière. Telle est en effet la nature de l'asynchyton822 qu'il est exclu et de le briser par le fer et de le fondre par le feu ; il rend en effet inconstantes et sans forces toutes les entreprises des démons. Et assurément ces peuples maudits, abominables et impurs ont usé de toutes les recettes maléfiques de la magie.
Chez ces peuples, Alexandre abolit aussi la sorcellerie, repoussante, inhumaine ou impie, faut-il dire plutôt, en sorte qu'il leur soit impossible ni par le feu, ni par le fer, ni par quelque autre entreprise, de forcer les portes qu'il avait édifiées, ni de s'enfuir. Mais ils le feront dans les derniers temps, selon la prophétie d'Ezéchiel, qui dit qu'au dernierjour de l'accomplissement du monde, Gog et Magog sortiront envahir la terre d'Israël: ce ne sont autres que ces peuples et ces rois qu'Alexandre a enfermés dans les limites de Borée, Gog et Magog et Anoug et Aneg et Achénaz et Diphar et les Photiniens et les Libyens et les Euniens et les Pharisiens et les Déclèmes et les Zarmates et les Thébléens et les Zarmatianes et les Chanoniens et les Amazarthes et les Garmiades et les anthropophages appelés Cynocéphales823 et les Tharbiens et les Alanes et les Phisoloniciens et les Arcnéens et les Asaltériens. Ces vingt-deux rois sont restés emprisonnés derrière ces portes qu'avait posées Alexandre.
La renommée dAlexandre.
(Masudi, Prairies d'Or 124, 672-3).
On rapporte , sur lautorité de Wahb ibn Munabbih, que Dhul Qarnayn, cest à dire Alexandre vécut après le Messie824 , dans lère de lintervalle825 . Il eut un songe dans lequel il lui sembla être assez près du soleil pour en saisir les deux extrémités à louest et à lest ; il raconta son rêve à son peuple qui le surnomma Dhul Qarnayn, l Homme aux deux cornes. Cependant, ce personnage est lobjet de nombreuses discussions que nous avons insérées dans les Akhbar az Zaman826 et le Livre Moyen ; nous donnerons toutefois un aperçu de son histoire en parlant des rois grecs et byzantins.
(...)
Le Tubba827 a parlé d'Alexandre dans ses poésies et a tiré gloire de ce prince en le faisant descendre de Qahtân. D'après une tradition, un tubba828 s'empara d'une ville des Rum et la peupla de colons venus du Yémen ; c'est de ces Arabes, restés dans cette ville, que descend Dhu1 Qarnayn, c'est-à-dire Alexanfdre. Allah sait mieux ce qui en est.
Après la mort du roi des Perses, Alexandre s'empara de son empire et épousa sa fille, puis il marcha vers le Sind et l'Inde ; il subjugua entièrement les princes de ces contrées, qui lui apportèrent des présents et lui payèrent tribut. Seul Porus829, le plus puissant des rois de l'Inde, lui résista à main armée. Après une longue lutte, Alexandre tua son adversaire dans un combat singulier. Ensuite, il se dirigea vers la Chine et le Tibet. Là encore, les rois reconnurent sa suzeraineté et lui firent porter des présents et des tributs. Puis il pénétra dans les steppes des Turcs en prenant la route du Khorassan, après avoir réduit les princes à la soumission et avoir installé des hommes et des officiers dans les principautés qu'il avait conquises. C'est ainsi qu'il établit une garnison de ses soldats au Tibet et fit de même en Chine. Il créa des districts dans le Khorassan et bâtit des villes sur tout le parcours de ses expéditions.
Alexandre, fils de Zeus ou prophète musulman?
(Corpus coranique d'Othman 18/82-98).
Et ils tinterrogeront sur Dhul Qarnayn830.
Réponds: Je vais vous communiquer un récit à son propos831 .
Nous lavons établi sur la terre et lavons comblé de toutes choses.
suit donc un corde céleste jusqu'à ce qu'étant parvenu au couchant du soleil, il trouva celui-ci se couchant dans une source bouillante et il trouva un peuple près de cette source.
Nous dîmes:
-ÔDhul Qarnayn! à toi ou de tourmenter ce peuple ou d'accomplir du bien envers lui!
Dhu1 Qarnayn répondit:
-Celui qui, dans ce peuple, sera injuste, nous le tourmenterons puis il sera rendu à son seigneur qui le tourmentera plus cruellement encore.
Celui qui croira et accomplira uvre pie aura, en retour, la très belle récompense. et nous lui formulerons des ordres faciles. Ensuite il suivit une corde céleste jusqu'à ce qu'enfin, parvenu au levant du soleil, il trouva celui-ci se levant sur un peuple auquel nous n'avions pas donné de voile pour se protéger.
Ainsi advint-il, et nous embrassons en notre science ce qu'il détenait.
Ensuite il suivit une corde céleste jusqu'à ce qu'étant parvenu entre les deux digues832 , il trouva, en deçà d'elles, un peuple qui ne pouvait comprendre un langage. Ces gens dirent:
-Ô Dhu1 Qarnayn! les Gog et les Magog833 sèment le désordre sur la terre. Pourrions-nous te remettre une redevance, à charge que tu établisses une digue entre eux et nous ?
-Ce que mon seigneur m'a conféré vaut mieux que vos dons, répondit Dhu1 Qarnayn.
-Aidez-moi seulement avec ardeur et j'établirai entre vous et eux un rempart834.
Histoire de Dhu al-Qarnayn et la construction du mur de Gog et Magog.
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois II 243).
Alexandre est appelé Dhu al Qarnayn pour cette raison qu'il alla d'un bout à lautre du monde. Le mot qarn veut dire une corne, et on appelle les extrémités du monde cornes. Lui, étant allé aux deux extrémités du monde, tant à l'orient qu'à loccident, on l'appelle Dhu al Qarnayn835 . Il est dit dans le Coran:
Ils tinterrogeront au sujet de Dhu al Qarnayn, etc... 836
Et ailleurs: Il marcha jusquà ce qu'il arrivat au couchant du soleil. 837 .
Et encore: Il marcha jusqu'à ce qu'il arrivat entre les deux digues. 838 Cette digue se trouve entre deux montagnes, et il l'y avait élevée pour contenir Yajuj et Majuj. Mohammad ibn Jarir, dans son ouvrage, n'a pas mentionné cette histoire. Il l'a omise, pour abréger son livre. Nous839 la raconterons d'après le Coran et d'après les commentaires.
Il est dit dans le Coran 840 ...:
Ils t'interrogeront au sujet de Dhu al Qarnayn. Dis: Je vais vous raconter son histoire. Nous avons affirmé sa puissance sur la terre c'est-à-dire, je lui ai donné l'empire de toute la terre ; et nous lui avons donné les moyens daccomptir toute chose, et il suivit une voie, jusquà ce qu'il arrivat au couchant du soleil.
Dhu al Qarnayn était allé d'abord à l'occident et, lorsquil revint, il alla à l'orient, par le Tibet, et construisit le mur de Yajuj et Majuj.
Lorsqu'il arriva à l'occident, il vit le soleil se coucher dans une fontaine boueuse ; il trouva auprès un peuple, qui fut soumis à sa puissance. Nous avons dit: Ô Dhu al Qarnayn, tu peux châtier ce peuple, ou le traiter avec bonté. Dhu al Qarnayn répondit: Nous châtierons quiconque est impie ; ensuite nous le livrerons à Allah, qui lui fera subir un châtiment affreux ; c'est-à-dire: je tuerai quiconque est infidèle et ne veut pas accepter la vraie religion. Quand il sera devant Allah au jour de la résurredion, son châtiment sera plus terrible que la mort. Mais quiconque croira et pratiquera le bien aura une belle récompense ; c'est-à-dire: il aura la vie dans ce monde, et le paradis dans l'autre841.
(Ibn Kathir, Tafsir 17).
Lhistoire de Dhul Qarnayn quAllah a racontée au prophète.
...cela signifie que nos lui avons donné un grand pouvoir, pour quil ait tout ce que les rois ont comme pouvoir, armées, équipement guerrier, machines de siège. Ainsi, il a exercé sa domination sur lest et sur louest, toutes les nations et tous les rois se sont soumis à lui, et toutes les nations, arabes842 et non-arabes843 , lont servi. Dhul Qarnayn844 (est appelé ainsi) parce quil a atteint les deux cornes du soleil, là où il se lève et où il se couche, lest et louest.
Allah nous a raconté que Dhul Qarnayn a voyagé depuis louest de la Terre jusquà lest. Chaque fois quil est passé auprès dune nation, il a soumis le peuple et la appelé à Allah. Sils lui obéisssaient, tout allait bien, sinon, il les humilait et leur prenait leurs biens et leurs possessions. De chaque nation, il prenait larmée pour combattre la nation voisine.
(Ibn Kathir, Tafsir 17).
Son voyage vers le pays des Gog et Magog, et la construction de la barrière.
... il a voyagé depuis lest de la Terrre jusquà trouver un endroit situé entre deux montagne qui étaient proches lune de lautre, avec une vallée entre les deux, et de là surgiront Gog et Magog, vers le pays des Turcs, détruisant récoltes et personnes.
(Ibn Kathir, Tafsir 21).
Gog et Magog845 .
Nous les avons déjà mentionnés, comme étant de la descendance dAdam ; ils sont aussi les descendants de Noé846 par son fils Japhet847 , qui est le père des Turcs, le mot Turk se référant à ceux qui sont restés derrière la barrière construite par Dhul Qarnayn.
(Kitap al Aghani XV 144).848
-Et qui est Dhul Qarnayn, un prophète ou un roi?
-Un adorateur croyant ou un juste qui aimait Allah et en était aimé. Il en reçut un coup sur sa corne droite et mourut, puis ressuscita, puis un coup sur la corne gauche, et mourut définitivement. Il y a son pareil parmi vous.
Le pèlerinage dAlexandre à la Mecque.
Abu Taher Tarsusi, Darab Nameh).849
Un roman persan des alentours de 1100 raconte linvasion dAlexandre le Grand en Arabie, et le pèlerinage quil accomplit à la Mecque. Le récit est de pure fantaisie mais reste édifiant, en dépit des incohérences: le roi démiurge fait figure de hanif et purifie le sanctuaire et la ville de ses corruptions.
Ils naviguèrent cinq jours encore, jusqu'au moment où ils touchèrent terre. Sitôt qu'ils eurent débarqué, Alexandre posa le front sur le sol et rendit grâce à Allah le Tout-Puissant car il
avait neuf ans qu'il était en mer. Dès qu'il eut mis pied à terre, il remercia donc le Créateur, et tous se prosternèrent en signe de reconnaissance envers Allah et manifestèrent leur joie d'être sortis de cette mer sans fin. Tous les jeunes gens avaient vu leur barbe blanchir, tous les enfants s'étaient vu pousser de la barbe, et les uns comme les autres avaient le teint brûlé par le soleil et les intempéries. Puis ils établirent le camp sur la côte et demeurèrent sur place. On fit sortir les dim et on les enchaîna tous sur le rivage. Des habitants de la région se montraient aussi et, voyant cela, rendaient grâce à Allah le Tout-Puissant.
Le roi du Yémen850 envoya des gens décorer toutes les villes qui se trouvaient sur le chemin de La Mecque et l'on porta des nouvelles à la ville afin que tous sachent qu'Alexandre s'y rendait pour accomplir le pèlerinage, dont la date était proche. Alexandre demeura dix jours sur le rivage. Il avait apporté le composant alchimique de la montagne de Malakut, ce que personne ne savait, hormis Platon851 . Il donna l'ordre de fabriquer des coffres et de les recouvrir de cuir; et tous avaient été remplis de cette plante alchimique. L'émir du Yémen lui apporta mille mans d'argent et mille ratl d'or, mais Alexandre n'accepta rien de tout cela à l'exception d'une étoffe de lin du pays. Toutefois, il dit au roi qu'il avait besoin d'un millier de briques d'agate d'un gaz sur un. Le roi les fit apporter, mais personne ne sut qu'Alexandre allait en faire.
Puis celui-ci passa l'armée en revue. Il y avait cent cinquante mille hommes avec lui. Il ordonna de faire venir des chameaux et il en acheta deux cent mille. Il en donna cent cinquante mille à l'armée afin que tous disposent d'une monture, en chargea cinquante mide de ses bagages et prit la direction de La Mecque en disant:
En avant! Que nous puissions accomplir le pèlerinage cette année!
Toute l'armée se dirigea vers La Mecque dans l'allégresse. Quand les troupes furent à une étape de la ville, elles firent halte et montèrent le camp. Les divs852 apportaient les carapaces de
tortues pour transporter les charges. Alexandre fit dresser une tente royale de quatre cents pieds sur quatre cents, pourvue de quatre entrées, chacune orientée vers l'un des quatre points cardinaux. Ce qu'il possédait, personne n'en avait l'équivalent.
À ce moment-là, les enfants d'Esmâ'il étaient venu se présenter et porter plainte: en effet, l'émir de La Mecque était alors Sho'eyb, fils de Qoteybah, et parmi les enfants d'Esmael - dont certains étaient toujours vivants, se trouvait Nazr, fils de Kanânat, fils de Madrak, fils d'Elyâs, fils de Nazr, treizième aïeul du prophète, l'Élu de Allah - Allah le bénisse et lui donne
le Salut; or les Arabes avaient opprimé ces enfants d'Esmaël s'ils en trouvaient un, ils se saisissaient de lui, l'amena, devant la maison de la Kaaba, lui donnaient cinquante coups de fouet et le chassaient.
Lorsque les enfants d'Esmâ'il, fils d'Ebrâhim, apprirent l'arrivée d'Alexandre, ils décidèrent de tous se rendre auprès de lui. Ils étaient douze, qui se réunirent et achetèrent un chameau, quatre, moutons et cent mans de dattes, et qui se rendirent au camp. Ils allaient à pied, menant devant eux le chameau. Quand ils arrivèrent, avec leur unique chameau et leur cent mans de dattes, tout cela d'une valeur de quatre cents dinars, Alexandre avait pris place sur le trône; des sièges d'or et d'argent étaient disposés à sa droite et à sa gauche, tous les sages et les philosophes étaient assis devant lui, et le plus éminent de tous les savants du monde, Platon, était installé sur un siège, lui aussi.
Lorsqu'ils voulurent s'avancer devant d'Alexandre, celui-ci lança:
- Donnez-leur mille dinars!
Un Rumi vint leur remettre mille dinars et leur dit:
- Partagez-vous cet argent!
- Quelle situation étrange que la nôtre! dit Nazr-e Kanânah en pleurant. Même de la cour d'Alexandre on nous renvoie!
- Vous avez obtenu mille dinars de gratification, dit le Rumil que voulez-vous de plus?
Nazr s'en retourna. Il se tenait à l'écart; et ce jour-là, pourtant, était celui où l'on tenait audience pour rendre la justice.
Au bout d'un moment arriva l'émir de La Mecque, Sho'eyb ebn-e Qoteybah. D'autres hommes, appartenant à différentes tribus arabes, s'avançaient aussi; tous étaient vêtus de soie, coiffés d'un turban de fine toile de lin, montés sur de nobles chameaux, et tenaient de longues lances à la main; et parmi eux se trouvait Sho'eyb, brun comme un platane à moitié brûlé. Quand ils atteignirent l'entrée de la tente d'Alexandre, Sho'eyb descendit de chameau et s'inclina. Alexandre le fit asseoir sur un tapis tissé d'or. Quant à Nazr, il pleurait sur ses enfants et sur lui-même.
(...)853
Sitôt qu'Alexandre eut entendu ce qui venait d'arriver à Nazr, il se tourna vers Sho'eyb ebn-e Qoteybah et lui demanda:
Qui est ce vieil homme dont on parle?
- Il s'agit d'une poignée de corrompus, répondit Sho'eyb.
- Faites-les venir, que je voie par moi-même! dit Alexandre.
On partit aussitôt chercher Nazr.
Quittant son coin, celui-ci se leva et se mit en route, pous- sant en avant son chameau et ses moutons et apportant ses cent mans de dattes. Il amena ainsi ses enfants auprès d'Alexandre et les aligna devant lui.
Pourquoi une telle incorrection? lui lancèrent les nobles arabes. N'as-tu pas honte d'apporter ces choses en présence Alexandre?
Nazr se mit à pleurer devant le roi. La tête baissée, il laissa couler ses larmes.
-Vieillard, quelle est ta requête? demanda Alexandm Sho'eyb dit que vous n'êtes tous que des corrompus. N'avez- vous pas honte de vous livrer à la corruption à côté d'un édlfi élevé par Ebrâhim, l'ami de Allah, sur l'ordre de Allah le Tout-Puissant, et de venir ensuite pleurer en ma présence?
- Ô roi de Rum, on te ment à notre sujet, dit Nazr. La corruption ne peut pas émaner des enfants d'Esmâ'il. Je suisNazr, fils de Kanânah, fils de Madrak, fils d'Elyâs, fils de Nazr. fils de Nazâr, fils de Moadd, fils de 'Adnân, de la descendan d'Esmâ'il, fils du prophète Ebrâhim - la Paix soit sur lui. Étant de si haute lignée, je ne peux pas me livrer à la corruption.
Dès qu'Alexandre eut entendu les paroles de Nazr, il sauta du trône. Burân-Dokht, les sages, les philosophes, les nobles tous se levèrent. Alexandre s'avança, prit la main de Nazr et amena celui-ci jusqu'au trône où il le fit asseoir, au milieu des quatre coussins tissés d'or. Il fit installer tous ses enfants sur des sièges, et lui-même prit place à genoux devant Nazr.
-Noble, dit-il, que se passe-t-il pour que Sho'eyb te traite de corrompu?
- Roi de Rum, répondit Nazr, depuis l'époque d'Esma'il l'émirat de La Mecque nous a appartenu. À présent, nous sommes tous pauvres. Les fils de Khozâ'ah qui, eux. ont dominé, nous ont chassés de La Mecque et ont donné la ville à Sho'eyb. Ils infligeaient cinquante coups de fouet à tous ceux d'entre nous dont ils se saisissaient et ils les expulsaient. Nous sommes allés vivre avec une autre tribu, mes enfants et moi, et il ne nous est rien resté car ils ont pillé tous nos biens. J'ai emprunté, pour acheter ce chameau et ces moutons. Qu'avez-vous à dire?
- Nous avons agi ainsi parce que ce sont des corrompus.
- Allah le Très-Haut sait que nous ne sommes pas des corrompus et qu'ils mentent à notre propos, dit Nazr en pleurant.
-je vais examiner cette affaire de plus près, dit Alexandre. Il n'est aucun devoir plus impératif pour moi que cette tâche, et c'est à moi qu'elle est échue. Levez-vous, et j irai avec vous à La Mecque juger de cela!
Ainsi dit-il, et il fit avancer une litière dans laquelle on installa Nazr. On fit monter les enfants de celui-ci sur des chevaux, et tout le monde prit la route et se dirigea vers La Mecque. Afin qu'ils ne s'échappent pas, Sho'eyb et tous les Mecquois avaient été confiés à des gardiens.
Le lendemain était le jour du pèlerinage. Une fois sur place, Alexandre se tint debout, tous l'entourant. Il prit alors la main de Nazr et -lança -
-Vous tous! C'est sur l'ordre de Allah le Tout-Puissant qu'Ebrâhim, l'ami de Allah - qu'il soit béni -, a construit cet édifice. Vous, Mecquois, agréerez-vous toute réponse qui vous parviendra de cette maison et agirez-vous en conséquence?
Tous répondirent qu'ils le feraient.
Alexandre se tourna vers la Kaaba et donna l'ordre de briser et de jeter toutes les idoles qui s'y trouvaient.
-Ô roi de Rum, pourquoi as-tu fait cela? demanda Sho'eyb. Pourquoi as-tu chassé ces dieux de cette maison et as-tu fait subir pareille injustice à nos divinités?
- Est-ce que ce sont là vos dieux? dit Alexandre.
- Oui, répondit Sho'eyb.
- Vous allez voir ce que je vais vous faire ainsi qu'à vos dieux! dit Alexandre.
Tous les Arabes observaient la scène.
Alexandre se tourna vers la Kaaba et dit:
-Ô Allah de cette maison que Tu as ordonné à Ebràham' d'édifier, s'il est vrai que le prophète Mohammad naîtra de la descendance d'Ebrâhim - le Salut soit sur lui -, et s'il est vrai que les enfants d'Esmâ'il ne se sont pas adonnés à la corruption et que les Mecquois mentent à leur propos, Toi, Allah, fais-nous entendre Ta voix de façon que les Mecquois puissent l'entendre aussi!
Quand Alexandre eut prononcé ces mots, une voix s'éleva:
-Ce que disent les Mecquois des enfants d'Esmâ'll est un mensonge. Ce sont eux qui les ont opprimés.
Dès que cette voix se fut élevée de la Kaaba et eut été entendue de tous, les gens se tournèrent vers Alexandre et lui dirent:
-Roi de Rum, puisque tu as chassé nos dieux de cette maison, c'est un div qui parle là.
- Pervertis! dit Alexandre, ce n'est pas un div qui parle ainsi, c'est Allah. Et ce n'est pas votre Allah, car du vôtre ne s'élève pas de voix.
Puis Alexandre ordonna qu'on lui amène Sho'eyb, ce que l'on fit sur-le-champ.
Dis que Allah est unique et que Mohammad, l'ultime prophète, issu des enfants d'Esmâ'il, fils d'Ebrâhim, est un légitime prophète!
Par crainte d'être passé au fil de l'épée, Sho'eyb dit:
-Libère-moi, Alexandre! que je puisse te parler.
-Détachez-le! dit Alexandre.
On le détacha immédiatement.
-Parle! lui dit-on.
Maintenant que ceci s'est produit, j'atteste que Allah est unique. Mais fais-moi connaître que Mohammad, l'ultime prophète, sera bien de la descendance des enfants d'Esmâ'il. S'il vient une réponse de la Kaaba, j'adhérerai à sa religion.
Alexandre se tourna à nouveau vers la Kaaba et dit:
ô maison de Allah, si tu es bien la maison de Allah, parle-nous du prophète Mohammad!
De l'édifice monta en réponse:
-Cette maison est le lieu de culte des croyants sur cette terre, mais nous l'avons surtout construite pour qu'elle soit le lieu de culte de la communauté des croyants en Mohammad et pour que, lorsque celui-ci apparaîtra, grâce à lui nous puissions absoudre tous ceux de ses fidèles qui se dirigeront vers elle. Il en est déjà ainsi de nos jours: quiconque pénètre dans cette maison et lui demande quelque chose s'entend donner réponse, par la grâce de Mohammad - le Salut soit sur lui.
Et depuis son époque bénie - commente le narrateur-, on a conduit à cette maison quiconque venait au monde, et on a demandé qu'un nom lui soit donné, par la grâce de Mohammad - la Paix soit sur lui .
Or, ayant constaté ce miracle et reçu cette preuve, tous se convertirent.
Chapitre 27
Angoisses et prophéties
Lirruption de lislam, la progression rapide de leurs conquêtes et les ravages inouis de ces pillards a provoqué un choc dans le monde de ce temps. Chacun y est allé de sa prédiction, de sa prophétie, de son eschatologie, l explication théologique la plus commune étant celle du châtiment divin.
§ 161. Le pressentiment des chrétiens.
De furtives allusions émaillent les textes chrétiens, qui préfigurent les invasions musulmanes. Ce sont sans doute des ajouts ultérieurs. Mais on ne peut pourtant pas exclure lhypothèse de lexpression dune angoisse constante de type eschatologique.854
Une prédiction au début du VIIème siècle.855
(Vie de Théodore de Sykéon 134).856
Le mouvement des croix signifie beaucoup de souffrance et de dangers. Cela signifie linstabilité pour notre foix et lapostasie, linvasion de peuples barbares nombreux, beaucoup de sang versé, une destruction universelle et la captivité, la destruction des saintes églises, la fin du service divin de louanges, la chute et les troubles de lempire, et des temps et des circonstances très difficiles pour lEtat. De plus, cela nous prévient que larrivée de lAdversaire est toute proche.
(Vie de Georges857 de Khoziba).858
Comment Dieu ne serait-il pas en colère contre notre peuple? Comment ne détournerait-il pas son visage du peuple sans valeur qui a fait de telles choses? Quest-ce quil pourrait lempêcherde lancer un déluge sur le monde, ou une pluie de feu et de soufre pour consumer la terre comme Sodome et Gomorrhe? Moi, mes fils, jai peur et je tremble des malheurs qui vont arriver, à cause des méfaits que nous avons commis.
Apocalypse syriaque.
(Pseudo-Ephrem, Sermon sur la fin des Temps 61-2).859
Un peuple surgira du désert, la descendance dHagar, servante de Sarah, quoccupait du ménage860 dAbraham, lépoux de Sarah et Hagar. Ils seront réveillés pour venir sous le nom du Bélier861 , le messager862 du fils de la Perdition. Et il y aura un signe dans le ciel comme dit notre Seigneur dans son Evangile863 (...) Les pilleurs864 se répandront sur la Terre, dans les vallées et sur les cîmes et ils asserviront femmes, enfants et hommes, jeunes et vieux. (...) Ils ouvriront des routes dans les montagnes et des chemins dans les vallées. Ils pilleront jusquaux limites de la Création et prendront possession des cités. Les terres seront ravagées et les cadavres couvriront la terre . Tous les peuples se soumettront aux vainqueurs...
(...)
Ils prendront la femme à son époux et le tueront comme un mouton. Ils arracheront lenfant à sa mère pour le jeter dans la servitude ; lenfant appelle, depuis le sol et la mère entend, mais que peut-elle faire? (...)
Ils séparent les enfants des mères comme lesprit de lintérieur du corps, et elle regarde comme ils séparent ses êtres aimés delle-même, deux allant à deux maîtres, et elle à un troisième... Ses enfants éclatent en lamentations, leurs yeux débordent de larmes. Elle se tourne vers ses êtres aimés, du lait sort de ses seins :
-Allez en paix, mes chéris, que Dieu vous accompagne!
(Pseudo-Athanasios, Apocalypse IX 1-8).865
Après tout cela, le bon dieu se fâchera, parce quils avaient altéré sa vrai foi. Il divisera lunité du royaume des Romains et de leur empire en retour, parce quils avaient divisé sa grande puissance en deux natures... Il donnera le pouvoir aux rois de Perse pour un temps, et ils affligeront la terre à ce moment-là. Après cela, Dieu renversera le royaume des Perses et extraira de la terre un peuple puissant, nombreux comme les sauterelles. Cest la quatrième bête que le prophète Daniel a vu... Cette nation règnera sur beaucoup de pays et ceux-ci payeront une taxe pour cela. Cest une nation brutale sans miséricorde dans son coeur (...)
Beaucoup de chrétiens, barbares, Grecs, Syriens de toutes les tribus iront les rejoindre dans leur foi, pour échapper aux souffrances quils avaient apportées sur toute la Terre.
(...)
Le nom de cette nation est celui des Saracènes, qui viennent des Ismaélites, le fils dHagar, servante dAbraham.
(Jean le Petit, Révélation de lEvangile des Douze Apôtres 15-21).866
Dieu enverra un puissant vent, un vent du sud, et il viendra de là un peuple à laspect difforme, aux manières et à lapparence de femmes. Et il surgira dentre eux un guerrier quils diront prophète, et ils se grouperont entre ses mains... Et le Sud pourra prospérer, et par les sabots des chevaux de ses armées, il fera abattre et soumettre la Perse et dévaster Rome.
La prophétie des Fils dIsmaël.
Sébéos, Histoire dHéraclius 27 (trad. F. Macler).867
Je parlerai du descendant dAbraham, non du fils libre, mais de celui qui naquit de lesclave et en qui se réalisa véritablement cette parole de Dieu : « Sa main [sera] contre tous, et la main de tous [sera] contre lui. » 868
A cette époque, des Juifs des douze tribus vinrent et se rassemblèrent dans la ville des Edesséniens.869 Lorsquils virent que larmée perse sétait retirée et avait laissé la ville en paix, ils fermèrent les portes, sy fortifièrent et ny laissèrent pas entrer les troupes du royaume romain. Lempereur grec Héraclius donna alors lordre de lassiéger. [Les Juifs] reconnaissant quils ne pouvaient pas résister dans la lutte, firent des propositions de paix à [lempereur], ouvrirent les portes de la ville et vinrent se présenter devant lui. Il leur ordonna de se retirer et de rester chacun chez soi; et ils se mirent en route. Ils prirent le chemin du désert et arrivèrent en Arabie, chez les enfants dIsmaël; ils les appelèrent à leur secours et leur firent savoir quils étaient parents, daprès la Bible. Bien que ceux-ci crussent volontiers à cette parenté rapprochée, [les Juifs] ne purent cependant pas convaincre toute la masse du peuple, parce que leurs cultes étaient différents.
§ 162. Eschatologie perse.
Ceux-ci, on a tendance à loublier- sont les premières victimes de la conquête: un tel cataclysme a suscité bien des interrogations. On regrette que les textes religieux mazdéens aient été détruits à ce moment: ils devaient exprimer les mêmes sentiments.870
(Théophylacte Simocatta).871
Si même les Perses sont privés de leur pouvoir, leur pouvoir sera donné aussitôt à dautres hommes, parce que les événements ne supportent pas labsence dautorité. Quelle prospérité apporteront ces événements aux Romains, si les Perses sont privés de leur pouvoir, et que leur souveraineté est transmise à dautres?
(Jamasp Namag).872
Ceci durera pendant mille ans. Ensuite, ces les hommes qui vivront à cette époque seront tous des parjures. Les uns par rapport aux autres, ils seront vindicatifs, envieux et faux. Cest alors que la nation dIran sera livrée aux Arabes, et les Arabes seront chaque jour de plus e plus forts et ils sempareront des régions les unes après les autres. Les hommes se livreront à linjustice et au mensonge... Le trésor royal et la richesse du pays passeront entre les mains des ennemis. LAneran et LEran873 seront confondus si bien que les Iraniens ne seront plus reconnus des étrangers ; ceux qui sont iraniens retourneront au mode de vie des étrangers.
§ 163. Langoisse juive.
Pour les Juifs, cest une épreuve parmi dautres, et ils la reçoivent avec une singulière placidité, et sans deviner que les épreuves allaient durer 1300 ans au moins.874
(Pseudo-Daniel, Apocalypse).875
Moi, Daniel, jai vu que dans ces jours, se lèvera un roi de petite taille et à la peau rouge. Il naura pas de fortune et ne prendra pas en compte lécriture du Seigneur. Il se donnera le titre de prophète à lui-même. Il se mettra en marche sur un chameau , et il sera un conducteur de chameaux. Il viendra du sud, et appelera les hommes à le vénérer. Beauoup de mal viendra de lui pour les Israélites. Parmi les Israélites, certains iront vers sa religion et sa loi. Mais toi, Daniel, écris un testament aux Israélites pour quils naillent pas vers sa religion ou abandonne la loi de Moïse, mais observent plutôt la loi dIsraël.
Une vision juive des événements vers 700.
(Les Chapitres de Rabbi Eliezer 30).876
Balaam dit877 : Le saint, béni soit-il, a posé son nom sur Israël et sur Ismaël. Et puisque le Saint, béni soit-il, a mis sur le même plan les noms dIsmaël et dIsraël, malheur à celui qui vivre en cesjours ainsi quil est dit: Malheur à celui qui vivre à lépoque de celui qui porte le (nom) El.
Rabbi Ismaël dit: Dans l'avenir, à la fin des temps, les enfants d'Ismaël accompliront quinze choses dans le pays, à savoir: ils mesureront le pays avec des cordes, ils transformeront un cimetière en enclos pour le petit bétail et en un tas de fumier ; ils mesureront de ces cordes et avec elles les sommets des montagnes ; le mensonge augmentera ; la vérité disparaîtra ; la loi s'éloignera d'Israël ; les perversions se multiplieront en Israël ; un ver cramoisi viendra parasiter la laine ; papier et plume pourriront ; le rocher de la royauté sera défiguré ; ils reconstruiront les villes détruites ; ils déblaieront les routes ; ils planteront des jardins et des vergers ; ils colmateront les brèches des murs du Temple ; ils construiront un édifice dans le Saint ; et à la fin, deux frères se lèveront l'un contre l'autre, en princes. À leur époque, se dressera le rejeton de David, selon le verset:
Au temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit et ce royaume ne passera pas à un autre peuple, il pulvérisera et anéantira tous les autres royaumes, il subsistera pour toujours 878.
Rabbi Ismaël ajouta: Les enfants d'Ismaël sont destinés à faire trois guerres de destruction à la fin des temps, ainsi qu'il est dit:
Car devant les épées, on a pris la fuite, devant l'épée dégainée, devant l'arc tendu, devant la rigueur du combat 879 .
Il n'est point d'épée sinon pour la guerre, et il y en aura une dans la forêt d'Arabie, ce qu'exprime : Devant l'épée dégainée une autre dans la mer, ainsi qu'il est dit: Devant l'arc tendu et une troisième, dans la grande cité de Rome, qui sera plus dure que les deux autres, selon les mots : Devant la rigueur du combat . De là, le fils de David éclora et il assistera à la destruction des uns et des autres. Alors il ira en terre d'Israël, selon le verset:
Qui est donc celui qui arrive d'Edom, de Bosra880 , en habit écarlate ? Il est magnifique en son vêtement, il se redresse dans la plénitude de sa force. C'est moi qui parle avec justice, qui me montre grand pour sauver881.
Chapitre 28
Impossible altérité
§164. Présentation.
LHistoire comparée des religions est une discipline délicate à la renommée heureusement très confidentielle882 . Sans honnêteté intellectuelle, par militantisme plus ou moins avoué, elle devient vite un catalogue de préjugés savants et de compromissions peu glorieuses. Les musulmans, depuis Muhammad dans son Coran jusquaux théologiens de Damas et de Bagdad, ont voulu sy prêter. Laccumulation de leurs étonnantes observations, pétries dirrespect foncier, amène à une conclusion inévitable: toute analyse dun système étranger ne peut être produite que par une institution laïque. On a pu parler croire qu'il existait pourtant une forme -très lointaine des conceptions courantes883 et parfaitement ambigue- dans le monde musulman. Mais un examen poussé et neutre porte à croire que cette attitude a été suscitée par les circonstances et les intérêts des puissances musulmanes, avides de posséder sous leur domination des populations soumises, dociles et actives. La tolérance réelle elle-même n'a jamais fait l'objet de débats, de traités et n'a pas pu pénêtrer le coeur de la doctrine, à aucune époque.884
Finalement, en observant comme les clers musulmans ont considéré, détourné, méprisé les autres religions, cest sur lislam quon apprend le plus...885
Tout ceci amène à se poser la question de la tolérance: il faut bien définir le terme et son sens dans le domaine qui nous intéresse, en trois points. D'abord, la tolérance est d'abord une concession d'un système dominant à l'égard d'un autre dominé: elle se négocie, se retire, se rend et elle est le résultat d'un effort ou d'une ruse. Il ne faut pas la confondre avec la notion d'indifférence religieuse. Ensuite, cette tolérance est de type religieux: les termes en sont fixés par une doctrine particulière, qui ne prend pas en compte des idées laïques telles que l'égalité théorique des êtres humains ou la liberté individuelle. Elle se limite aussi au cas de certains autres systèmes, et non de tous: elle refuse par exemple de prendre en compte les athées, ou polythéistes. Enfin, elle est ici de type islamique, bien déterminée par les textes fondamentaux: elle se fonde sur le caractère réduit, limité, provisoire de la concession de cette tolérance envers les deux autres systèmes dits "monothéistes". Elle est aussi issue d'une conception totalement érronée et finalement très irrespectueuse de ces deux autres traditions, qui ne sont pas conçues selon l'idendité qu'elles se donnent.
On mesure alors à quel point cette tolérance n'est pas celle que l'on imagine dès que le mot est prononcé dans nos sociétés contemporaines.
Concrètement, pour un musulman sincère et cohérent, l'existence de l'autre est et restera un affront insurmontable. Toutes les belles paroles n'y feront rien.
§ 165. La supériorité absolue de lislam.
La proclamer est la raison dêtre de toute cette littérature. La constatation de lévidence doit amener à la conversion. Tous les exemples et toutes les métaphores, surtout les plus simplistes sont convoqués pour servir un tel dessein.
(Tabari, Tafsir 4/123).
Dahhak a dit à propos de ce passage : Les gens des diverses religions rivalisaient de fierté.
Les Juifs disaient :
-Notre livre est pour Allah le meilleur et le noble des Livres et notre prophète Moïse est pour Allah le meilleur des prophètes: Allah lui a directement parlé et s'est entretenu seul à seul avec aussi notre religion est-elle la meilleure des religions !
Les chrétiens disaient:
-Jésus, fils de Marie, est le Sceau des envoyés dAllah lui a accordé la Thora et l'Évangile et si Moïse avait vécu à son époque il l'aurait suivi, aussi notre religion est-elle la meilleure des religions.
Les Majus et les impies arabes disaient chacun pour leur part:
-Notre religion est la plus ancienne et la meilleure des religions !
Enfin les musulmans disaient :
-Muhammad, notre prophète, est le sceau des prophètes886 et leur seigneur ; le Furqan887 est la dernière révélation qu'Allah fit descendre d'auprès de lui et il est le "garant" 888 des autres livres révélés, aussi l'islam est-il la meilleure des religions.
Allah les départagea en faisant connaitre sa préférence par la révélation suivante 889.
Le rejet dans les détails.
(Bukhari, Sahih 77/70).
Ibn Abbas a dit: le prophète aimait à imiter les gens du livre pour tout ce sur quoi il navait pas reçu de prescriptions. Or les gens du livre laissaient leurs cheveux tandis que les idolâtres faisaient une raie. Tout dabord, le prophète laissa flotter ses cheveux, mais plus tard, il fit une raie.
(Bukhari, Sahih 60/50,10).
Abu Hurayra a dit: les juifs et les chrétiens ne se teignent pas la barbe et les cheveux ; nimitez pas leur exemple.
(Ibn Hanbal, Musnad 2/50).
Le prophète a dit:
-Quiconque imite un peuple fait partie deux.
La religion foncière de lHumanité.890
(Bukhari, Sahih 82/33).
Daprès Abu Hurayra: lenvoyé d'Allah a dit:
-Il nest pas un seul enfant qui ne naisse pas pour lislam. Ce sont ses père et mère qui en font un juif et un chrétien. Il ne est deux comme des animaux qui naissent ; vous ne les trouvez jamais mutilsés tant que vous ne les avez pas mutilés vous mêmes.
-Ô envoyé d'Allah, objecta t-on, que penses tu de celui qui meurt alors quil est enfant?
-Allah, répondit le prophète, sait mieux que personne ce quil faisait.
Pas dautre religion que lislam.
(Ibn Kathir, Tafsir 3).
La religion avec Allah est lislam.
Allah déclare quil ny a pas de religion acceptée par lui pour quiconque, sauf lislam. Lislam inclut lobéissance à tous les messagers jusquà Muhammad qui a clôt leurs missions, fermant tous les chemins vers Allah, sauf par Muhammad. Donc, après quAllah eut envoyé Muhammad, quiconque rencontre Allah en suivant un autre chemin que celui de Muhammad, cela ne sera pas admis par lui.
La métaphore architecturale.
(Bukhari, Sahih 61/18).
Jabir ibn Abdallah rapporte que le prophète a dit :
Comparée à celle des autres prophètes, ma situation est la suivante: un homme a bâti une maison, il l'a terminée et embellie, sauf qu'il a laissé vide la place dune brique. Les gens sont entrés dans cette maison, l'ont admirée, -puis ils ont dit :
-Ah! si on n'avait pas laissé vide la place d'une brique, (elle serait parfaite).
D'après Abu Horayra, lenvoyé d'Allah a dit: comparée à celle des prophètes qui m'ont précédé, ma situation est pareille à celle d'un homme qui a bâti une maison, l'a embellie et parée, sauf qu'il a laissé vide la place d'une brique dans un angle. Les gens sont vetius visiter cette maison ; ils l'ont admirée et ont dit:
-Pourquoi n'as-tu pas posé cette brique?
-C'est moi qui suis cette brique et je suis le sceau des prophètes.
§ 166. Imparfaits, traîtres et inférieurs.
Cest la conséquence obligée de la première proposition, sur la supériorité de lislam: les autres sont inférieurs, traîtres par leurs écrits891 et imparfaits. Il reste cependant à les considérer dans leur faiblesse, et là, les avis diffèrent.
Le discours théologique (car il sagit presque de théologie, souvent très simple) est présent que pour expliquer et justifier la rapidité des conquêtes du VIIème siècle, et lefficacité militaire des débuts de lislam.
Les autres religions dans le Coran.
(Corpus coranique d'Othman 22/17).
Au jour de la résurrection, Allah distinguera entre ceux qui auront cru, ceux qui auront pratiqué le judaïsme, les sabéens, les chrétiens et les zoroastriens, et ceux qui auront été associateurs892.
L'imperfection des juifs et des chrétiens.
(Bukhari, Sahih 9/17, 2).
Abdallah ibn Omar rapporte qu'il a entendu l'envoyé dAllah dire:
-Votre durée, par rapport aux nations qui vous ont précédés, est comparable à celle qui sépare l'après-midi du coucher du soleil. Les gens du Pentateuque893 ont reçu le Pentateuque894 et l'ont mis en pratique jusqu'au milieu du jour ; ensuite ils ont été incapables (de continuer). Ils ont reçu grain pour grain leur récompense. Après eux, les gens de l'Évangile895 ont reçu l'Évangile896 et l'ont mis en pratique jusque dans l'après-midi ; puis ils ont été incapables (de continuer). Ils ont reçu leur récompense grain pour grain. Ensuite nous avons reçu le Coran, nous l'avons mis en pratique jusqu'au coucher du soleil et nous avons reçu double récompense. Alors les gens des deux Livres révélés diront :
-Ô Seigneur, tu as donné à ces gens-là double récompense tandis que nous nous recevions grain pour grain et pourtant nous avons pratiqué plus longtemps qu'eux.
Allah répondra :
-Vous ai-je fait tort de la moindre des choses dans votre récompense.
-Non, répondront-ils.
-Eh bien! répondra Allah, c'est une marque de ma générosité et je la donne à qui il me plait.
Le châtiment des gens du Livre.
(Ibn Kathir, Tafsir 2).
Châtier les gens du Livre qui ne se réfèrent pas au livre dAllah pour le Jugement897 .
Allah critique les juifs et les chrétiens qui prétendent suivre leurs livres, la Tawrah et lInjil898 , alors quils sont appelés à se référer à ces livres dans lesquels Allah leur ordonne de suivre Muhammad, et ils se sont écartés avec dégoût. Leur rejet et leurs critiques sont à lorigine de leur rejet.
(Ibn Kathir, Tafsir 3).
La religion de Muhammad sera toujours dominante et victorieuse sur toutes les autres religions. Cest pourquoi Allah a permis aux musulmans de conquérir les parties orientales et occidentales de la Terre. De plus, tous les pays se sont soumis à eux ; ils ont détruit Khosroès, ont détruit César, leur ont volé leurs trésors et ont vidé ces trésors pour la gloire dAllah.
Le destin des juifs et des chrétiens.
(Malik, Muwatta899 45/5,17).
Une des dernières choses que le messager d'Allah a dit était:
-Qu'Allah combatte les Juifs et les chrétiens. Ils ont pris les tombes de leurs prophètes comme endroit de prosternation. Deux religions ne peuvent pas co-exister sur la terre des Arabes900.
Les faits après les discours.
(Ibn Kathir, Tafsir 3).
La bonne nouvelle que les musulmans vont dominer les Gens du Livre.
(Tandis quil) délivre la bonne nouvelle à ses serviteurs fidèles que la victoire et la domination seront à eux contre les infidèles, peuples athées des Ecritures...
Cest ce qui est arrivé, pendant la bataille de Khaybar, et Allah a apporté lhumiliation et la honte aux juifs. Avant cela, les juifs de Médine, les Qaynuqa, Nadir et Qurayza, ont aussi été humiliés par Allah. Cest aussi le cas des chrétiens dans la région de Syrie, quand les Compagnons les ont vaincu dans de nombreuses batailles et ont pris le contrôle de la Syrie pour toujours.
L'influence sur les Arabes païens.
(Ibn Bukayr).901
Tout ce qu'ils savaient du ciel, de l'enfer, de la résurection, la mission des prophètes et tout le reste, c'était le peu qu'ils avaient entendu des juifs et des chrétiens. Cet enseignement n'avait aucun effet sur leurs vies.
(Ibn Kathir, Tafsir 5).
Linterdiction de prendre les juifs, chrétiens et ennemis de lislam comme amis.
Allah interdit à ses serviteurs croyants de prendre les juifs et chrétiens comme amis, parce quils sont les ennemis de lislam et de son peuple, quAllah les maudisse. Allah décrète quils sont les amis les uns des autres et il donne un avertissement terrible à ceux qui agissent ainsi.
Lavis dun wahhabite.
(Muhammad ibn Abd al Wahhab902 , Tafsir).903
Les associateurs contre lesquels le prophète a combattu avaient coutume den appeler à des êtres justes904 , comme les anges, Jésus, Ezra et dautres patrons905. Ainsi, ils étaient infidèles906 en dépit de leur affirmation selon laquelle Allah est le créateur, le pourvoyeur, et le directeur du monde. Quand vous avez compris cela, vous avez compris le sens de il ny a de dieu qAllah, et vous avez compris que celui qui en appelle à un prophète ou à un ange, demande son appui ou lappelle à laide, celui-là est parti de lislam.
(...)
Vous savez que les chrétiens tiennent une place spéciale parmi les infidèles. Certains dentre eux adorent Allah nuit et jour, vivent en ascètes, et donnent avec charité ce qui leur vient du monde, se retirant du monde dans des cellules. En dépit de cela, ils sont infidèles et ennemis dAllah, promis à lenfer à cause de cette croyance en Jésus, ou en dautres patrons, en appelant à lui, en lui sacrifiant, en lui faisant des voeux.
"Chiens dinfidèles!"
(Agence de presse néerlandaise NIS, La Haye, 9/04/08).
Une école primaire dAmsterdam voulait procurer à ses élèves une meilleure compréhension des autres cultures. Mais durant une visite à la mosquée, les enfants se sont vus traiter de chiens.
En vue de développer chez les enfants une meilleure compréhension et du respect pour les autres cultures, lécole primaire De Horizon organise régulièrement des sorties scolaires dans différents lieux de culte. Le directeur de la mosquée El Mouchidine qui les a reçus ainsi que les accompagnateurs, a dit aux enfants de la classe de 7ème (10 ans) que les non-musulmans sont des chiens.
Dans une lettre aux parents des élèves, lécole a exprimé ses regrets pour cet incident. Nous sommes choqués que pendant lexcursion guidée, le Président de la mosquée ait dit aux enfants et à leurs accompagnateurs que les incroyants sont des chiens. Nous considérons cette déclaration comme inacceptable puisque nous offrons aux enfants de participer à ces sorties pour développer leur respect pour la liberté et le choix religieux.
En même temps, la direction de lécole a écrit à la mosquée pour se plaindre du comportement de son directeur. Les deux parties ne feront aucune déclaration supplémentaire sur le sujet.Nous entendons résoudre ce problème par nous-mêmes et je nai aucune intention de discuter de ce sujet avec les médias a dit Mariet ten Berge, porte-parole de lécole au journal De Telegraaf. Nous étions déjà allés à la mosquée et tout sétait bien passé.
Des parents en colère ont écrit au journal De Telegraaf et se disent choqués par la réaction de lécole. Lécole souhaite minimiser ça. Cest précisément le problème dit une mère.
§ 167. La discorde religieuse.
Muhammad constate un fait réel: la division de toutes les religions présentes en Orient en de multiples sectes et écoles. Il semble craindre un tel destin pour sa propre construction, et sur ce point, enfin, il a parfaitement raison907 . A lévidence, ces textes sont bien postérieurs à la vie du fondateur.
(Corpus coranique d'Othman 23/52-3).
Cette communauté qui est la vôtre est vraiment une communauté unique908 . Mais les infidèles se sont divisés en sectes909 : chaque faction910 s'est réjouie de ce qu'elle détenait.
(Dawud, Hadith 40/4579).
Le prophète a dit911 : les juifs se sont divisés en 71 ou 72 sectes ; et les chrétiens se sont divisés en 71 ou 72 sectes.
Et ma communauté se divisera en 73 sectes.
Les autres sanctuaires.
(Corpus coranique d'Othman 22/41).
Si Allah navait point repoussé certains hommes par dautres, des ermitages auraient été démolis ainsi que des synagogues, des oratoires912, et des mosquées913, où le nom dAllah est invoqué914 .
La division des chrétiens.
(Ibn Kathir, Tafsir 3).
Altération de la religion dAllah.
Quand Allah a envoyé Isa dans les cieux, ses disciples se sont divisés en sectes et groupes. Certains ont cru quAllah avait envoyé Isa comme un serviteur dAllah, son messager, et le fils de sa servante.
Mais dautres dentre eux ont pensé des choses extravagantes sur Isa, croyant quil était le fils dAllah. Certains ont dit quIsa était Allah lui-même, tandis que dautres disent quil est une partie de la Trinité. Allah a mentionné ces fausses croyances dans le Coran et les a réfutées.
Cascade de mépris.
(Tabari, Tafsir 7/38).
...D'après Suddiyy, ce passage signifie: Toutes les fois que des gens appartenant à une certaine forme traditionnelle915 et qui sont devenus impies entrent dans le Feu916 , ils maudissent ceux qui furent leurs compagnons d'égarement dans cette forme religieuse: les associateurs maudissent les associateurs, les Juifs ayant dévié de l'orthodoxie maudissent les Juifs ayant dévié de même, les chrétiens ayant dévié maudissent les chrétiens qui dévièrent également, de même les sabéens maudissent les sabéens et les mazdéens 917 les sabéens, la dernière arrivée maudissant celle qui l'a précédée918.
Les relations entre juifs et les chrétiens.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 488-9).919
Cest pourquoi les juifs nont pas suivi Jésus920. Ils affirmèrent quil était tenu de se régler sur Moïse et de se conformer à la Torah, et laccusèrent dy avoir fait des changements et des transforations. Ils lui attribuèrent la responsabilité des changements et des transformations. Ils lui attribuèrent la responsabilité des changements suivants: remplacement du sabbat par le dimanche ; changement quant à la consommation de la viande de porc, qui était interdite dans la Torah, changements quant à la circoncision, aux ablutions etc..
Les musulmans ont montré que les deux communautés ont introduit des transformations et des falsifications dans leurs livres. Sinon Jésus y confirmerait le message de Moïse. Tous deux annoncent la venue de notre prophète Muhammad, le prophète de la miséricorde921 . Leurs chefs922, leurs prophètes et leurs scribes leur ont donné des instructions à ce sujet. Leurs ancêtres n'ont bâti les châteaux et forteresses des environs de Médine que pour soutenir l'envoyé de la fin des temps923 . Car leurs chefs leur avaient ordonné de quitter leurs patries du pays de Paran924 et d'émigrer en ces forteresses et en ces lieux, afin que, lorsqu'il se serait manifesté et aurait proclamé la Vérité925 à Parân, puis aurait émigré à Yathrib, sa demeure d'émigration, ils le soutiennent et l'assistent". C'est la parole dAllah:
Alors qu'ils imploraient auparavant l'aide dAllah contre les incroyants, lorsque pourtant leur vint ce qu'ils ont reconnu, ils y furent incroyants: que sur les incroyants tombe la malédiction de Allah!926
Les distinctions entre non-musulmans.927
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 483-4).928
Ce sont les hommes étrangers à la religion des hanîf et à la Loi de l'islam, mais qui pourtant reconnaissent une Loi, des prescriptions et des sanctions, des jalons prophétiques. Ils se divisent comme suit.
- Les uns ont un Livre authentique, tel que la Torah et l'Évangile ; aussi la Révélation les appelle-t-elle Gens du Livre.
- Les autres, comme les mazdéens et les manichéens, n'ont qu'un pseudo-Livre. Car les Feuilles qui furent révélées à Abraham ont été enlevées au ciel, à la suite d'événements suscités par les mazdéens. Il est donc permis de faire avec eux un traité et d'assumer leur protection légale, et l'on se conduit envers eux comme envers les juifs et les chrétiens, puisqu'ils sont des gens du Livre. Mais il n'est pas permis de les épouser, ni de manger les bêtes qu'ils ont égorgées, parce que le Livre leur a été enlevé.
1 Coll. , Histoire des Religions, I Paris 1970, "Les religions des sémites orientaux", p.307.
2 Ed. Gothot-Mersch, Paris 1979, p. 544.
3 Selon lusage français, les noms des fidèles de religions nont pas de majuscules, contrairement aux noms de peuples. Pour le cas des Juifs, lhésitation est possible. Ici, ils seront surtout considérés comme peuple.
4 Sur un plan strictement scientifique, il est impossible d'utiliser l'expression trop courante: "Religions du Livre" ; ou gens du livre (AHL AL KITAP) c'est un abus de langage, une expression coranique qui n'a aucun sens en dehors de l'islam: il n'y a en effet aucun livre commun accepté par les trois principales religions révélées ; M. Sharon, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. People of the Book; sur la manipulation exercée à partir de ce concept, cf. Z.Saritoprak, S. Griffith, Fethullah Gülen and the 'People of the Book': A Voice from Turkey for Interfaith Dialogue, The Muslim World 95, 2005; W. St. Clair Tisdall. "The Book" of the "people of the book", The Moslem World , vol. 2, 1919; pour sens spécifiquement juif, cf. Moshé Halbertal, Le peuple du Livre: canon, sens et autorité , Paris 2005.
5 Cf. la métaphore boulangère de Wellhausen, Reste, p. 242: Les ascêtes chrétiens ont jeté la semence spirituelle de lislam... Le levain ne provient pas dIsraël , mais plutôt et en majeure partie la farine, laquelle fut apportée plus tard.
6Les influecnes réciproques comme un phénomène historique absolument normal, mais qui contrarie souvent les discours religieux; cf. J. Barr, "The question of religious influence: the case of zoroastrism, judaism, and christianity", JAAR 53, 1985.
7 I. Golziher, Introduction to Islamic Theology and Law, Princeton, 1981, p. 4-5: Les plus importantes étapes de l'histoire de l'islam furent caractérisées par l'assimilation d'influences étrangères ( ... ) Muhammad, son fondateur, ne proclamait pas d'idée nouvelle. Il n'enrichissait pas les conceptions antérieures sur les relations entre l'homme et le transcendantal ou l'infini. ( ... ) Le message du prophète arabe fut une composition éclectique d'idées religieuses et de règles. Ces idées lui furent inspirées par des contacts avec des juifs, des chrétiens, et d'autres encore qui l'avaient profondément impressionné. ; contra: J. Fück , "Die Originalität des arabischen Propheten", Zeitschrift der Deutschen morgenländischen Gesellschaft 90 , 1936.
8Ibn Taimiya, Le Traité de droit public, Trad. annotée par Henri Laoust, Damas 1948.
9 S. H. Boubakeur, Traité moderne de théologie islamique, Paris 2003 (troisième édition) , p. 115.
10 Y. Tobi, The Jews of Yemen, Studies in Their History and Culture, Leiden, 1999. Cette communauté a réussi à subsisté jusqu'au XXème siècle; A. G. Lundin, « The Jewish communities in Yemen », Judaeo-Yemenite Studies, Proceedings of the Second International Congress, E. Isaac et Y. Tobi (eds.), Princeton - Haifa, 1999; Ch. Robin, « Judaïsme et christianisme en Arabie du sud d'après les sources épigraphiques et archéologiques », PSAS, 10, 1980.
11 D. Wasserstein, The jewish communities in the early islamic world, (The Formation of the classical islamic World 20) ; I. Ben Zvi, Les origines de létablissement des tribus dIsraël en Arabie, Le Muséon, 74, 1961; H. Lammens, "Les juifs de la Mecque à la veille de l'Hégire." Recherches de Sciences Religieuse 8-1918; M. Lecker, Judaism among Kinda and the ridda of Kinda Journal of the American Oriental Society 115,1995; M. Lecker, Were the Jewish tribes in Arabia clients of Arab tribes? in M. Bernards and J. Nawas (eds.), Patronate and Patronage in Early and Classical Islam, Leiden, 2005;Mark R. Cohen, Abraham L.Udovitch. Jews Among Arabs : Contacts and Boundaries. Darwin 1989; W. Fischel, The Jews in the Economic and Social Life of Medieval Islam., New York 1967; Daniel H. Frank, Jews of Medieval Islam: Community, Society, & Identity : Proceedings of an International Conference Held by the Institute of Jewish Studies, University of Londres, 1995; A. Geiger, Judaism and Islam, New York, 1970; G. Vajda, "Juifs et musulmans selon le hadit," Journal Asiatique 29, 1937; C. Robin, "Judaisme et christianisme en Arabie du Sud d'apres les sources épigraphiques et archéologiques." Proceedings of the Seminar for arabian Studies 10, 1980
12 A. Chouraqui, Histoire du judaïsme, Paris, 1995.
13 Cf. A.I. Katsh, Judaism in islam, biblical and talmudic backgrounds of the Koran and its commentaries, New York 1962 ; C. C. Torrey, "The jewish foundation of Islam", in Ibn Warraq, The Origins of the Koran, New York 1998.U. Rubin, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. Jews and judaism; F. Rahman, Islam's attitude toward judaism, The Muslim World 72, 1982;G. Rudolph, Die Abhängigkeit des Qorans von Judenthum und Christenthum, Stuttgart, 1922; H. Hirschfeld, Jüdische Elemente im Koran, Berlin, 1878; J. Horovitz, "Jewish Proper Names and Derivatives in the Koran," in Hebrew Union College Annual II Cincinnati, 1925; S.D. Goitein, Muhammads inspiration by judaism, The Journal of Jewish Studies 9, 1958; Brannon M. Wheeler, "The Jewish Origins of Qur'ân 18:65-82? Reexamining Arent Jan Wensinck's Theory," Journal of the American Oriental Society, 118.2, 1998; D. Brady, The Book of Revelation and the Qur'an: is there a possible literary relationship? , Journal of Semitic Studies 23, 1978
14Par exemple, les mots et concepts emprutés à la théologie juive par le Coran:
-Tabut=lArche.
-Torah=la Loi, la Révélation.
-Jannatu Adn= le Paradis.
-Jahannam (Gehinnom)= lEnfer.
-Ahbar= enseignant.
-Darasa=examen des Ecritures.
-Rabbani= enseignant.
-sabt=sabbat.
-Sakinat= présence divine.
-Taghut= erreur, faux dieux.
-Furqan= délivrance, décision, rédemption.
-Mawn= refuge.
-Masani= répétition.
-Malakut= royaume, loi divine.
Les personnages bibliques empruntés le Coran: Aaron-Harun, Abel-Habil, Abraham-Ibrahim, Adam-Adam, Caïn-Qabil, Coré-Oarun, David-Dawd, Élie-Ilyas, Élisée-Alyasa, Enoch-Idris, Ezra-Uzayr, Gabriel-jibril, Gog-Yajuj, Goliath-Jalut, Isaac-Ishaq, Ismaël-Ismaïl, Jacob-Yacub, Job-Aiyub, Jonas-Yunus, Joseph-Yusuf, Josué-Yusha, Lot-Lut, Magog-Majuj, Michel-Mikaïl, Moïse-Musa, Noé-Nuh, Pharaon-Firaun, Salomon- Sulayman, Saül-Talut, Terakh-Azar.
15 I. Goldziher, Usages juifs daprès la littérature religieuse des musulmans, Revue des Etudes Juives 28, 1894.
16 A. J. Katsh, Judaism and Islam: biblical and talmudic backgrounds of the Quran and its commentaries, New York, 1954.
17 YISRA EL, en hébreu: Dieu combattra ; cf. Genèse 32, 29 et Osée 12, 4-5 ; il ne sagit pas dun combat entre les hommes.
18 TAURATU 'S SABARI'IN 'la Torah des Septante'= le Pentateuque, TAURATU 'L QARRA'IN WA RABBANIYIN, la Torah des savants et des rabbins, TAURATU 'S-SAMIRAH, le Pentateuque samaritain; J. Bernard, "La Torah des sages et des Prophètes", in B. de Smet, G. de Callataÿ et J. M. F. van Reeth, Al Kitab, la sacralité du texte dans le monde de l'Islam, Louvain 2004.
19 AL ISRAILIYYAT ; pour le réservoir mythologique dans lequel puise Muhammad, L. Ginzberg, The legends of the Jews, Philadelphie, 1911-1938 ; C. Adang, Muslim writers on judaism and the hebrew Bible, Leiden 1996; L. Ginzberg, Les légendes des Juifs, tome V: Josué, les Juges, Samuel et Saül, Paris 2004 ; I. Goldziher, "Israiliyyat", Revue des Etudes Juives 46, 1902 ; B. Heller, "Récits et personnages bibliques dans la légende mahométane", Revue des Etudes Juives 85, 1928 ; M.J. Kister, "Haddithu an Bani Israila wala haraj", Israël Oriental Studies 2, 1972; S.D. Goitein, "Muhammad's Inspiration by Judaism. " JJS 9 ,1958;Brannon M. Wheeler, "The Jewish Origins of Qur'ân 18:65-82? Reexamining Arent Jan Wensinck's Theory," Journal of the American Oriental Society, 118.2, 1998;A. Katsch, A. Judaism and the Koran. New York, 1962; Bernard Raquin, Un Juif nommé Mahomet : Mahomet a-t-il existé ? : enquête sur les monothéismes, Paris 2005; M.J. Gohari, Islamic Judaism : an account of references to Jews and Judaism in the Quran, Oxford 2002;Abdulaziz Sachedina, "Early Muslim Traditionists and their Familiarity with Jewish sources," in Studies in Islamic and Judaic Traditions II, ed. William Brinner , Stephen Ricks, Atlanta, Georgia, 1989; G. Vajda, "De quelques emprunts d'origine juive dans le hadith shiite," in S. Morag, et. al., (eds.), Studies in Judaism and Islam--Presented to S.D. Goitein, Jerusalem 1981
20 Eric F. F. Bishop, Some relationships of samaritanism with judaism, islam and christianity, The Muslim World 37, 1947; Jean-François Faü, Les Samaritains: rescapés de 2 700 ans d'histoire, Paris, 2001.
21 A. Parrot, Le temple de Jerusalem, Paris 1962 ; S. Goldhill, The temple of Jerusalem, Londres 2004; C. Mango, "The temple Mount 614-683", in Raby et Johns, Bayt al Maqdis, Oxford 1992 ; J. D. Purvis, Jerusalem, the Holy City: a bibliography, Londres 1988-91; R. Milstein, L'image du Temple de Salomon dans les manuscrits musulmanes illustrés. . In Voir Jérusalem - pèlerins, conquérants, voyageurs, Paris 1997; André Parrot, The Temple of Jerusalem, Londres, 1957; Raphael Patai, Man and the Temple in Ancient Jewish Myth and Ritual, Londres, 1947
22 SULAYMAN en arabe, dérivé du syriaque SHELIMUN; L. Goldberg, "Solomon" in W. A. Elwell (Gen. Ed.), Encyclopedia Of The Bible, 1988, Volume II; Valérie Gonzalez, Le piège de Salomon : la pensée de l'art dans le Coran, Paris 2002 ; Habib Affes (isl.), Salomon, Paris 2004 (ouvrage pour la jeunesse)
23 R. Stehly, David dans la tradition islamique à la lumière des manuscrits du Qumrân, Paris, 1979; Habib Affes (isl.), David, Paris, 2004 (ouvrage pour la jeunesse). David n'a pas de titre (KALIMA) particulier et son statut reste vague. David est évoqué dans le Corpus Coranique en 4/163, 5/78, 6/84, 17/55, 21/78, 21/79, 27/15-16, 34/10, 34/13, 38/17, 38/21-26, 38/30.
24 AL'AHDU 'L'ATIQ, qui englobe la Torah (TAWRAH).
25 Ed. T.O.B.
26 BANU ISRAEL: la première façon de mentionner les juifs pour le Coran: elle n'est pas uniformément négative et vindicative, comme la formule YAHUD; cf. L. Fatoohi & S. Al-Dargazelli (isl.), History testifies to the infallibility of the Qur'an: early history of children of Israel, Delhi 1999.
27 U.Rubin, Traditions in Transformation. The Ark of the Covenant and the Golden Calf in Biblical and Islamic Historiography, Oriens 36, 2001.
28 Corpus coranique, ed. R. Blachère, Paris, 1999.
29 J.L. Déclais, David raconté par les musulmans, Paris 1999.
30 MAHARIB ; les Hébreux ont bâti plusieurs sanctuaires , et de fait, ils restent polythéistes à cette époque , comme les autres Sémites.
31 TAMATHIL-TIMTHAL : la mention de statues est plus délicate à expliquer, car l'interdit de représentation de la divinité est assez général. Peut-être qu'ici, l'exemple de la Kaba de la Mecque inspire le rédacteur...
32 JIFAN KAL JAWABI, pour les chameaux à manger lors des banquets tribaux ( WALIMA).
33 QUDUR RASIYAT.
34 H. Busse, The destruction of the temple and its reconstruction in light of the muslim exegesis of sura 17/2-8, Jerusalem Studies in Arabic and Islam 20, 1996 ; L. Poznanski, La Chute du Temple de Jérusalem, Bruxelles 1997.
35 Trad. Th. Reinach, Paris 1904.
36 Titus.
37 Pour lauteur, les responsables de la catastrophe ne sont pas les Romains, mais une partie du peuple juif.
38 Il existe deux versions canoniques de ces versets.
39 Peut-être l'affrontement entre David et Goliath, ou l'invasion assyrienne.
40 La période des Maccabées?
41 L'attaque par Titus.
42 L'intrusion de Pompée?
43 H. Leszynsky, Die Juden in Arabien zur Zeit Mohammeds, Berlin, 1910; J. Starr, Byzantine Jewry on the eve of the arab conquest 565-638, Journal of the Palestine Oriental Society 15, 1935;G. D. Newby, "Observations about an Early Judeo-Arabic." Jewish Quarterly Review 61, 1970 -71; P. M. Costa, Monumental Evidence of the Ancient Jewish Community at Sohar (Oman), ARAM 11, 1999/2000.
44 "Le Livre des Chansons".
45 Moïse ; C. Schöck, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. Moses; Habib Affes (isl.), Moïse, Paris, 2004 (ouvrage pour la jeunesse)
46 La population primitive et mythique de lArabie, considérée dans la Bible comme un peuple injuste et digne de punition.
47 Ibn Kalbi, Livre des idoles (trad. W. Attalah), Paris, 1969
48 CF. partie IV.
49 Nom générique désignant les souverains dArabie du sud.
50 Les tribus médinoises arabes; cf. partie XI.
51 Zone rocailleuse et volcanique à lécart de Médine.
52 Le tableau ne coïncide pas avec le reste de la tradition dépeingant la position des juifs à Médine et leur résistance face à Muhammad. Il faut croire que lidée dune domination juive est devenue insupportable au public musulman dans les siècles qui suivirent.
53 A. Klein-Franke, Tombstones bearing hebrew inscriptions in Aden, Arabian Archaeology and Epigraphy 16, 2005; M. Lecker, The conversion of Himyar to Judaism and the Jewish Banu Hadl of Medina, Die Welt des Orients 26 (1995); C. Robin, "Judaisme et christianisme en Arabie du Sud d'apres les sources épigraphiques et archéologiques." Proceedings of the Seminar for arabian Studies 10, 1980
54 C. Robin, LArabie Antique, p. 145.
55 Juda.
56 Oui, paix, ainsi soit-il
57 R. Dussaud, La Pénétration des Arabes en Syrie avant lislam, Paris, 1955.
58 355 après J.-C.
59 Le nom du garde et le toponyme sont inspirés par les légendes bibliques. Le personnage appartient à la tribu des Aws, qui occupe la région de Yathrib, par la suite.
60 MAFRAY-Hasi 1.
61 QAYL.
62 YHDY.
63 ARAMI, soit Araméens.
64 Lieu de réunion et d'étude de la communauté juive, qui remplace le temple détruit.
65 Transcriptions de Y. Nevo, Z. Cohen, D. Heftman, Ancient Arabic Inscriptions from the Neguev 1993 ; trad. et choix Prémare 2002, p. 436-441.
66 ALLAH RABB MUSA.
67 AMIN RABB AL ALAMIN: copie des formules juives (AMEN RABUN HA OLAMIM) ; Cf. Mahomet, Coran 1.
68 ALLAHUMMA.
69 Cf. Mahomet, Coran 7/151.
70 ALLAHUMMA.
71 Cf. Psaumes 79/8 et Mahomet, Coran 48/2.
72 Cf. 4 Esdras 7, 132-9 ; Mahomet, Coran 7/180.
73 ALLAH.
74 Lamentations 2,17 ; Daniel 9,12...
75 Citation textuelle de Isaïe 66,1.
76 Image tirée de lApocalypse de Saint Jean? Khalid peut être chrétien ; cf. aussi Mahomet, Coran 9.
77 JANNA, emprunt au syriaque ; cf. Psaumes 16, 11.
78 Epithètes dans le 4 Esdras 6,32 ...
79 Corpus d'Hamilton n° 11 ; A. Jamme, Remarks on the South-Arabian Inscriptions Hamilton 3-13, Journal of the Royal Asiatic Society 1956, p. 152-155.
80 Cf. lépiclèse Rahman accolée au nom de la divinité par les musulmans.
81 Datation inconnue ; cf. Inscription CIH 543, in Sayhadica, Sanaa, 1987.
82 A. van den Branden, Histoire des Thamoud, Beyrouth, 1966, p. 93.
83 Le dieu des patriarches ; cf. Genèse 17,1.
84 Robin 1992, p. 144.
85 E. Glaser, Jüdische Königreiche in Arabien, Munich 1890
86 Robin 1992, p. 153.
87 En monogrammes.
88 MHRB.
89 "C'est vrai", à l'origine, en hébreu; sous entendu: "J'y crois".
90 Th. Nöldeke, Beiträge zur Kenntniss der Poesie er Alten Araber, Hanovre, 1864, p. 534.
91 Loi des juifs, correspondant aux cinq premiers livres ; aussi appelée Loi Mosaïque.
92 S. Rosenblatt, Rabbinic legends in hadith, The Muslim World 35, 1945; le même problème se pose au christianisme naissant, qui choisit une voie plus franche.
93 Bukhari, Sahih ("L'Authentique"), ed. V. Houdas/ W. Marçais, Paris, 1900-4.
94 Cf. partie XII.
95 C. Adang, Muslim writers on judaism and the hebrew Bible: from ibn Rabban to ibn Hazm, Leyde 1996.
96 Cette image est elle-même dorigine juive.
97 Le termr est bien sur impropre: ici, la contamination avec le phénomène coranique est évident.
98 Moïse, dont la mort est relatée juste la fin du Pentateuque: il lui est donc difficile de pouvoir en lire lintégralité...
99 Jésus, mal placé chronologiquement.
100 Esdras? Ezra? Osiris? Andréas? Azaël? Uzael (une divinité hébraique primitive-Genèse 6/2)? ; sur ce problème difficile, H. Lazarus-Yafeh, Encyclopédie de l'Islam2 X p. 1038 ; id. "Ezra -Uzayr : the metamorphosis of a polemical motif", in Intertwined Worlds : medieval islam and Bible criticism, Princeton 1992 ; M. M. Ayub, "Uzayr in the Quran and the muslim tradition" in Brinner-Ricks (ed.) Studies in islamic and judaic traditions, Atlanta 1986 ; V. Comerro, "Esdras est-il le fils de Dieu?", Arabica 52, 2005 ; I. M. abu Rabi, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. Ezra; J. Walker, Who is 'Uzair?, The Muslim World 19, 1929; K. Koch , Ezra and the origins of judaism , Journal of Semitic Studies 1974; C.C. Torrey, The Composition and Historical Value of Ezra-Nehemiah 1896; id. , Ezra Studies 1910; Viviane Comerro, " Esdras est-il le fils de Dieu ? ", Arabica, 52, 2005.
101 Josué fils de Noé.
102 Parodie possible du Deutéronome 5/24, ou simple déformation involontaire dune phrase entendu par Muhammad dans une synagogue ; lhébreu ASINU (nous avons agi) aura été entendu comme ASAYNA (nous avons désobéi).
103 Sens incertain.
104 Sens incertain.
105 Mot-à-mot enroulement par la langue.
106 Ibn Taïmiyya, Qaida jalila fii Tawassol, Le Caire, 1327, 52 ; le hadith est éclairant à double titre : il montre la fragilité de la position des musulmans sur le plan dogmatique et l'angoisse de ceux-xi, et il décrit la distinction entre les deux autres religions, la juive fondée sur la connaissance (religieuse) et la chrétienne sur la crainte.
107 Lexposé est suivi dune réfutation.
108 KITAB AL MILAL WAL NIHAL.
109 Ed. G. Monnot, Paris, 1986; D. Steigerwald, La pensée philosophique et théologique de Shahrastani, Québec-Laval 1997; Guy Bugault, "Exclusion monothéiste et inclusion hindouiste. (Notes critiques)", Revue de l'histoire des religions , 1,1995; Theodor Haarbrücker, Asch-Schahrastâni's Religionsparteien und Philosophenschulen übersetzt und erklärt, Halle, 1850-51. .
110 Brannon M. Wheeler, Moses in the Qur'an and Islamic exegesis, Richmond 2001
111 Présentation dun Hadith.
112 ALWAH.
113 AMIR.
114 BADA.
115 NASRANIYAH; S. H. Griffith, The christian communities in the early islamic world, (The Formation of the classical islamic World 19).
116 Cf. H. Lammens, Les chrétiens à la Mekke à la veille de lHégire, Bulletin de lIFAO XIV, p. 191 ; M. Hamidullah, Two christians of pre-islamic Mecca, Journal of the Pakistan Historical Society 6, 1958); G. Osman Pre-Islamic Arab Converts to Christianity in Mecca and Medina: An Investigation into the Arabic Sources, The Muslim World 95, 2005.
117 Il est plus présent en Syrie et au Yémen: J. Beaucamp, C. Robin, Le christianisme dans la péninsule arabique d'après l'épigraphie et l'archéologie, Lyon, 1981; Ch. Robin, « Judaïsme et christianisme en Arabie du sud d'après les sources épigraphiques et archéologiques », PSAS, 10, 1980 ; et en Arabie du nord, H. Charles, Le Christianisme des Arabes nomades sur le limes et dans le désert syro-mésopotamien aux alentours de lHégire, Paris, 1936 ; E. Rabbah, Les chrétiens dans l'islam des premiers temps, vol. 1 : L'orient chrétien à la veille de l'islam, Beyrouth 1980; dans le sud, A. Jeffery, Christianity in South Arabia, The Muslim World 36, 1946; J. A. Langfeldt, Recently discovered early Christian monuments in Northeastern Arabia, Arabian Archaeology and Epigraphy 1994-5; J. W. Hirschberg, « Nestorian Sources of North-Arabian Traditions on the Establishment and Persecution of Christianity in Yemen », Rocznik Orientalistyczny, 13 (1939-49).
118 D. T. Rice, The Oxford excavations of Hira, Antiquity 6, 1934 ; A.L. de Prémare , Les Fondations , p. 242-260.
119 N. Pigulevvskaya, Les rapports sociaux à Nedjran au début du VIème siècle de lère chrétienne I-II, Journal of the Economic and Social History of the Orient 3, 1960 et 4, 1961 ; I. A. Shahid, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. Najran.
120 Des fouilles récentes au sud du golfe persique ont mis à jour une grande quantité déglises ; cf. Y. Calvet, Monuments chrétiens dans la région du golfe, in LArabie chrétienne 2006.
121 J. Bowman, The debt of islam to monophysite christianity, in E.C.B. Mac Laurin, Essays Thatcher, Sydney, 1967 ; H. Grégoire, Mahomet et le monophysisme, in Mélanges Ch. Diehl I, Paris, 1930; W.H. C. Frend,The rise of the monophysite movement, Cambridge, 1972 ; J. Moorhead, "The monophysite response to arab invasions", Byzantion 51, 1981.
122 G.J. Reinik, Syriac christianity under late sassanian and early islamic rule, Aldershot 2005 ; T. Muraoka, Classical Syriac. A basic grammar, Wiesbaden 1987; H. J. W. Drijvers (ed.), Old Syriac (Edessean) Inscriptions, Semitic Studies Series, Leiden 1972. H. J. W. Drijvers & J. F. Healey, The Old Syriac Inscriptions Of Edessa And Osrhoene, Leiden 1999 ; C. C. Torrey, "The Semitic Inscriptions" in P. V. C. Baur, M. I. Rostovtzeff & A. R. Bellinger (eds.), The Excavations At Dura-Europos... Preliminary Report Of Third Season Of Work, New Haven 1932; J. B. Segal, "Pagan Syriac Monuments In The Vilayet Of Urfa", Anatolian Studies 3 1953; J. B. Segal, "Some Syriac Inscriptions Of The 2nd-3rd Century A.D.", Bulletin Of The School of Oriental And African Studies 16, 1954; J. B. Segal, "Two Syriac Inscriptions From Harran", id., 20, 1957; id., "New Syriac Inscriptions From Edessa", id., 22, 1959; id., "Four Syriac Inscriptions", id. 30, 1967; H. J. W. Drijvers, "New Syriac Inscriptions", ARAM 5, 1993; J. B. Chabot, "Inscriptions Syriaques De Bennaouï", Syria 10, 1929; A. Harrak, "Notes On Syriac Inscriptions I: The Inscription Of Maar Zayt? (Syriac)", Orientalia (N. Series) 64, 1995.
123 R. Bell, The origins of islam in its christian environment, Londres, 1926 ; M. Cook, P. Crone, Hagarism, the making of the islamic world, Cambridge, 1977.
124 Secte judéo-chrétienne, mal connue, ayant perduré en Palestine jusqu'au IVème siècle. Elle est souvent présentée comme une tentative de continuation de l'apostolat de Jésus ; pour les chrétiens, ce sont des hérétiques, connus surtout par les critiques qu'ils leur adressent ; cf. E-M Gallez, Le Messie et son prophète I-II,, Paris, 2005 ; S.-C. Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, 2004 ; id., Le Judéo-Christianisme ancien Essais historiques Paris, 1998 ; J. Azzi, Le prêtre et le prophète (Waraqa), aux sources du Coran, Paris 2001 ; R.A. Pritz Nazarene Jewish Christianity, Jérusalem-Leiden, 1988; Jacques Ellul, Islam et judéo-christianisme, Paris, 2004; Simon C. Mimouni (ed.), Le judéo-christianisme dans tous ses états : actes du colloque de Jérusalem, 6-10 juillet 1998, Paris, 2001; Jacques Ellul, Islam et judéo-christianisme : texte inédit, Paris 2006; H. J. Schoeps, Ebionite christianity, Journal of Theological Studies 1953; Wolfram Kinzig, " The Nazoraeans ", dans Oskar Skarsaune, Reidar Hvalvik, (éds), Jewish Believers in Jesus. The Early Centuries , Peabody (Mass.), 2007; Frédéric Manns, " Le judéo-christianisme nazoréen. Sources et critique des sources. Réalité ou fiction? ", Estudios Bíblicos 63/4, 2005; Simon Mimouni, " Les nazoréens descendants de lÉglise de Jérusalem ", dans Marie-Françoise Baslez, (éd.), Les premiers temps de lÉglise de saint Paul à saint Augustin , |