- XI -


L'ANTI-JUDAÏSME A MEDINE







A Yathrib, Muhammad rencontre les Juifs, sous une forme organisée, celle de plusieurs tribus, trois principales, et une foule de clans. Ils forment, de l’aveu des textes, la partie la plus active de la population. Il aurait pu s’attendre à un accueil favorable pour sa doctrine, qui, de loin, s’apparente à leur propre monothéisme. Mais la confrontation sera brutale, ponctuée d’expulsions, de massacres collectifs et d’assassinats individuels. C’est à cette suite d’événements que le public est convié ici.
La période d’anti-judaïsme de Médine porte en elle le ferment de nombreuses exactions futures. A la fin de la période, plus rien ne reste de cette communauté dans la ville1, éliminée selon les procédés les plus variés.



I
Les Juifs de Medinta.


La communauté juive de Yatrib -ou Medinta, en araméen- a selon les sources une origine lointaine. Il faut prendre garde à ce sujet aux reconstructions a posteriori. La prudence conseille de se limiter aux faits certains, comme l’arabisation de leurs noms, leur emprise sur l’oasis, et leur politique d’alliance avec les tribus arabes. La vigueur de leurs institutions religieuses est aussi remarquable.



1-L’arrivée des Juifs à Yathrib.

La présence de communautés juives très éloignées de la Palestine, éparpillées en Arabie a suscité la curiosité des contemporains. Des récits, plus ou moins vraisemblables, proposent des explications.

(Isfahani, Kitap al Aghani 19, p. 94-98).
Moïse ibn Imran ... envoya des soldats contre les tyrans de ces villes pour les conquérir (...) et il envoya une armée des Banu Israël contre les Amalékites2 et ordonna de tous les tuer quand ils seraient devant eux, et de n’en laisser aucun. (...) Cette armée fut la première parmi les Juifs à habiter Médine. Ils se répandirent dans toutes les régions de Médine à al Aliyah et s’emparèrent de forteresses, des biens et des champs, et restèrent longtemps à Médine.

Quand les Aws et les Khazraj sont arrivés à Médine, ils se sont installés dans les harras3. Ensuite, ils se sont répandus en dehors: certains se sont réfugiés dans des zones sèches et inhabitées et se sont implantés là; d’autre se sont réfugiés dans des hameaux déjà établis et ont vécu en commun avec les habitants. Les Aws et Khazraj sont restés là, vivant pauvrement et misérablement de leurs chameaux et chèvres, parce que Médine n’était pas adaptée au paturage. Ils ne possédaient ni palmeraies ni champ cultivable, sauf quelques-uns qui avaient pris quelques palmiers ou champs sans propriétaires. Les fermes les plus prospères appartenaient en fait aux Juifs.
(...)
Les Juifs sont maintenant faibles, dépendants et touchés par la crainte. Si un des Aws ou Khazraj se fâchait contre un Juif à cause de quelque offense, ce dernier n’allait pas voir ses co-religionnaires, mais plutôt un de ses protecteurs arabes, avec qui il vivait et il lui disait:
-Nous sommes tes protégés et alliés.
Ainsi, toutes les familles juives cherchaient refuge dans l’alliance avec des familles arabes des Aws ou Khazraj, et cherchaient leur protection4 .

(Poème d’Hassan ibn Thabit)5.

Ils bâtirent à Yathrib des châteaux forts avec des murailles de plâtre
au milieu de leurs bois de palmiers, où ils élevèrent des chamelles,
qui leur portaient l’eau nécessaire à l’arrosage des palmiers.
Les Juifs leur avaient appris à dire: “je suis à votre service” et “me voici”.


2-De la poésie juive de Yathrib.

La production poétique des Juifs a été conservé dnas des ouvrages arabes: c’est qu’on ne peut pas distinguer de traits spécifiquement Juifs dans ce genre; au contraire, ils paraissent avoir intégré pour l’essentiel les caractères culturels arabes. Seul le domaine religieux les distingue.

(Poème héroïque de as Samwal)6 .

Si l'honneur de l'homme n'est pas terni,
tout manteau dont il se drape est beau.
Et s'il ne sait pas supporter avec patience les injustices dont on l'accable,
il n'existe aucun motif de le combler de louanges.
Elle nous blame de ce que notre nombre est infime;
mais moi je dis: les hommes généreux sont peu nombreux.
Mais ils ne sont pas nombreux ceux dont les plus distingués mêmes,
jeunes et vieux, nous ressemblent.
Peu nous importe que nous soyons peu nombreux,
tandis que nos voisins disposent de beaucoup d'hommes,
et qu'on n'estime pas le voisin des puissants.
Nous possédons une montagne,
refuge de tous ceux que nous prenons sous notre protection (elle est) haute,
et se dérobe à la vue de celui qui regarde comme (s'il avait) la vue courte.
Sa racine est sous la terre, mais sa cîme touche les étoiles;
une hauteur immense qu'on ne peut atteindre.
C'est Al Ablak al Fard, dont la renommée est grande et honorée,
qui est grand ouvert à celui qui le cherche.
Certes, nous sommes un peuple auquel le meurtre n'a pas causé de honte,
bien qu'il ait couvert d'infamie Amir et Salul.
L'amour de la mort nous rapproche du but de la vie,
tandis que ceux qui l'ont en horreur prolongent leur existence.
Un seigneur des nôtres ne meurt jamais de mort ordinaire,
mais jamais non plus la vengeance ne manque à l'un des nôtres qui a été tué.
Le sang de notre vie coule par dessus le tranchant du sabre,
mais jamais par dessus autre chose que des tranchants de sabrees.
Nous sommes d'un sang pur, et non impur;
et notre origine a été maintenue pure par de chastes femmes et de nobles pères.
(...)7
Nous ressemblons en pureté à l'eau des nuages,
aucun défaut n'entache notre origine et parmi nous on ne rencontre pas d'avare.
Si nous voulons, nous reprochons aux hommes leurs propos;
mais personne n' oserait nous reprocher les nôtres.
Si l'un de nous n'est plus, un autre, homme disert,
se lève, prêt à exécuter les ordres des magnanimes.
Notre feu brule constamment pour celui qui arrive la nuit,
et nul hôte ne blamera notre hospitalité.
Nos jours de bataille sont célèbres parrai nos ennemis,
fameux comme des chevaux avec des taches blanches au front et aux pieds.
De même (sont connus) nos sabres du levant au couchant;
ils sont ébréchés à force de frapper sui les armures;
Habitués à ne pas être remis dans le fourreau
avant que la foule des ennemis ne soit soumise.
Ô femme, interroge les gens sur nous,
si tu ne nous connais pas: le savant ne ressemble pas à l'ignorant.
Car les Banul Dayyan sont le pivot de leur peuple
autour duquel tourne en tous sens leur meule.



3-Une guerre civile: la bataille de Buath.

Les Juifs participent au combat, mais les uns contre les autres, avec leurs alliés arabes. C’est un fait remarquable, qui se confirmera lors des éliminations successives de ces tribus par les musulmans: il n’y a aucune trace de solidarité intra-religieuse. Bien au contraire, ce sont leurs alliés arabes qui les assistent, à chaque fois.

(Ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 372-3, 385-6).

Il y avait deux camps: les Banu Qaynuqa et leurs affiliés, alliés aux Kharaj; et les al Nadir, les Banu Qurayza et les affiliés, alliés aux Aws. Quand il y eut une guerre entre les Aws et les Kharaj, les Banu Qaynuqa, allèrent du côté des Kharaj et les al Nadir et Banu Qurayza avec les Aws8, chacun aidant ses alliés en contradiction avec ses origines, de telle façon qu'ils versèrent leur sang les uns les autres, tandis que la Torah étai entre leurs mains, par laquelle ils savaient ce qui leur était permis et interdit. Les Aws et les Khazraj étaient polythéistes adorant les idoles, ne connaissant rien au paradis ou à l'enfer, le réveil et la résurrection, les écritures, le licite et l'illicite. (...)

(Mahomet, Coran 2/79-80).
Par la suite, vous êtes devenus ces Juifs que nous connaissons.
Vous vous tuez mutuellement9; vous expulsez une fraction d'entre vous de leur habitat et faites assaut contre eux de péché et d'abus de droit et s'ils deviennent vos captifs, vous les rançonnez.
Or, les expulser est illicite à vous.
Eh quoi! croyez-vous à une partie de l'Écriture et êtes-vous incrédules en une autre ?
Quelle sera la récompense10 de ceux parmi vous qui font cela, sinon l'opprobre en la vie immédiate et d'être, au jour de la résurrection, repoussés jusqu'au plus dur du tourment ?
Allah n'est pas insoucieux de ce que vous faites.
Pour ceux qui ont troqué la vie immédiate contre la vie dernière, le tourment ne sera point allégé et ceux-là ne seront point secourus.

(Tabari, Tafsir 2/86).

Ibn Abbas commente ainsi ce verset:
Ce passage signifie: vous prêtez main-forte aux associateurs pour accabler vos coreligionnaires de crime et d’hostilité jusqu’à verser leur sang et les expulser de leur habitat (...) Allah attire ici leur attention sur la anture de leur acte car il leur était interdit dans la Torah de verser le sang de l’un d’entre eux et ils étaient tenus également de payer la rançon pour racheter ceux d’entre eux qui aviaent été faits prisonniers par les ennemis.
Or à Médine, ils se répartissaient en deux groupes: d’autre part, les banu Qaynuqa qui étaient allés des Khazraj, et d’autre part, les Banu Nadir et Banu Qurayza qui étaient alliés des Aws.
Lorsque les Aws et les Khazraj entraient en conflit, les Banu Nadir et les Banu Qurayza soutenaient les premies, et les Banu Qaynuqa les seconds, en sorte qu’ils combattaient leurs frères et versaient leur sang. Or les uns et les autres détenaient la Torah et savaient ce qui leur était permis et ce qui ne l’était pas, alors que les Aws et les Khazraj s’adonnaient à l’impiété11 et adoraient les idoles sans rien connaître du paradis, du feu, de la résurrection et du jour dernier, sans livre et sans discerner les choses interdites et licites12.
Lorsque le conflit fut terminé, ils rachetaient ceux d’entre eux qui avaient été prisonniers, fidèles en cela à la Torah. Le faisant, ils respectaient une partie du livre et en délaissaient un autre.


4-Les tribus juives.

Les trois plus importantes apparaissent régulièrement dans les sources; il en existe d’autres plus modestes. Les noms des trois premières sont absentes, étrangement, de la “Constitution de Médine”.
A la mort de Muhammad, la présence juive à Médine est éradiquée.


(Tabari, Histoire des prophètes et des rois I p 303).
Médine était occupée par deux tribus: les Aws et les Khazraj. Ces derniers étaient les plus nombreux. Les villages du territoire de Médine, comme Khaybar, Qurayza, Wadil Qura et Yanbu étaient habités par des Juifs ou Arabes descendants des Banu Israël, de ceux qui étaient venus de la Syrie et de Jérusalem, fuyant devant Nabuchodonosor13 , antérieurement à Alexandre. Les Aws et les Kharadjs voulaient s’emparer de ces villages, mais ils n’y réussirent pas; car les Juifs avaient des châteaux forts14 grands et solides.

(Ibn Rusteh 62).
Parmi les Juifs qui restèrent à Médine après la venue des Aws et des Khazraj, on énumère:
Les Banu Qurayza.
Les Banu Nadir.
Les Banu Dakhum.
Les Banu Zaura.
Les Banu Masika.
Les Banu Qimmaa.
Les Banu Zayd Allat
15, de la famille d’Abdallah ibn Sallam16 .
Les Banu Qaynuqa.
Les Banu Hajjar.
Les Banu Thalaba.
Les Ahl
17 Zuhar.
Les Ahl Zubala.
Les Ahl Yathrib.
Les Banu Qasis.
Les Banu Naghisa.
Les Banu Ukwa.
Les Banu Muzaya.


5-Le messianisme juif.

Les Juifs attendent un sauveur, “oint du seigneur”, le Messie. C’est tout naturellement en se présentant comme tel que Muhammad ira à leur rencontre, avec l’insuccès que l’on sait.

(Midrash Rabba, Commentaire de Genèse 1418 )

Si vous voyez les royaumes en lutte entre eux19, regardez où sont les pas du Messie. Sachez qu'il en sera ainsi, parce que cela arriva de même aux jours d'Abraham.
Quand les royaumes s'attaquaient les uns les autres.

Targum sur les Lamentations de Jérémie20 .
Réjouis-toi, exulte, Constantinople, ville du criminel Edom21, bâtie dans la terre de Romanie, pourvue d’armées nombreuses du peuple d’Edom!
Sur toi aussi va venir le châtiment, les Parthes22 te dévasteront, la coupe de la malédiction s’avance vers toi, tu seras énivrée et rejetée au dehors.
Et alors ton péché sera expié, communauté de Sion23 !
Tu seras délivrée par le roi Messie24 et par le prêtre Elie.



II
Muhammad et ses Juifs


Séduction, déception, frustration, décapitation



A Médine, l’empreinte de la tradition juive est très forte25: les tribus semblent un élément moteur de l’oasis, sur le plan économique et culturel26, et elles sont parfaitement intégrés à la vie du groupe. Sur le plan doctrinal, l’appui de cet élément est essentiel à Muhammad pour étendre son emprise au-delà du groupe des Emigrés. Il quitte le milieu idolatre et polythéiste de la Mecque et se rapproche d'une population juive, forcément messianique, marquée par le monothéisme et la tradition abrahamique. C’est à ce moment-là sa référence et tous ses efforts rhétoriques sont tournés vers ce but unique: se faire reconnaître comme leur nouveau prophète. Mais c’est l’histoire d’un espoir déçu qui marque les relations judéo-musulmanes depuis 1300 ans27. Ainsi se construit, dans ces soubresauts, la conception musulmane de l’autre28.



1- La tentative de séduction.

A Médine, pour se concilier des Juifs qui attendent toujours le Messie, Muhammad trouve judicieux de récupérer les thèmes présents dans la Torah29 : c’est d’abord une façon de montrer sa connaissance des textes - qui reste très superficielle-, et donc de rivaliser avec le public exigeant et suspicieux des rabbins30. Il s’attarde sur la présentation des deux prophètes emblématiques du judaïsme, d’abord Abraham31, ensuite Moïse32 : des chefs de peuple, héros tutélaires, auxquels il souhaite s’identifier, puisqu’à Médine, c’est la nouvelle fonction qu’il tente d’occuper33 .
La séduction reste toute doctrinale dans son intransigeance, au niveau de l’entendement et non des sens: il n’y a dans cette prédication aucune concession, aucune tolérance, et le ton reste rude, et en cela il se rapproche des paroles féroces de Yahvé à l’égard de son peuple34.


1-Les échanges.
Le niveau culturel des Juifs st supérieur à celui des Arabes, selon les sources musulmanes; ils maîtrisent notamment l’écriture. Ils sont aussi considérés par Muhammad, dans un premier temps, comme supérieurs en science religieuse.

(Hanbal, Musnad V 186)35.
Lorsque le prophète arriva à Médine, il me dit36 :
-Apprends pour moi l’écriture des Juifs37, car, par Allah, je n’arrive pas à donner aux Juifs confiance en ce que j’écris...
J’appris donc leur écriture, dit Zayd, il ne se passa pas quinze nuits avant que je ne la connaisse parfaitement.
Je lui lisais leurs écrits38, lorsqu’ils lui écrivaient, et je leur répondais en son nom lorsqu’ils lui écrivaient.

(Hanbal, Musnad IV 182)39 .
L’envoyé d'Allah me dit:
-Connais-tu bien le syriaque? En effet, je reçois des écrits en syriaque40.
-Je lui dis non.
Il me dit:
-Apprends donc.
Je l’ai appris donc en dix-sept jours.

Débat avec un juif.
(Bukhari, Hadith 81/44, 2).

D'après Abu Sayd al Khodri, le prophète a dit:
-Au jour de la Résurrection, la terre sera comme un seul pain que le Tout Puissant pétrira de sa main comme l'un de vous pétrit son pain pour sa provision de voyage et qui servira de nourriture aux habitants du paradis.
Un juif vint alors et dit :
-Que le Clément41 te bénisse, ô Abu Qasim; veux-tu que je te dise quelle sera la nourriture des habitants du paradis au jour de la Résurrection ?
-Certes oui, répondit Muhammad.
-Ce sera la terre qui formera un seul pain, ainsi que l'a dit le prophète42.
Se tournant alors vers nous le prophête se mit à rire au point qu'on voyait ses molaires.
-Et veux-tu, reprit le juif, que je te dise quel sera leur mets.
-Eh bien, leur mets sera balam43 et nun44 .
-Qu'est-ce que cela? demanda-t-on.
-Du taureau et du poisson. Soixante-dix mille personnes auront de quoi manger rien qu'avec les deux ailes de leurs foies45.

(Bukhari, Hadith 96/3, 9).
Ibn Masud a dit: J'étais dans un champ auprès de Médine avec le prophète qui se tenait appuyé sur une branche de palmier. Comme il passait auprès d'un groupe de Juifs, l'un d'eux dit:
-Interrogeons-le sur l'âme.
-Ne le faîtes pas, dit un autre, parce qu'il vous ferait entendre quelque chose qui vous déplairait.
Cependant ils s'avancèrent vers le prophète et dirent:
-Ô Abu Qasim, parle-nous de l'âme.
Le prophète resta un instant le regard vague et je compris qu’il allait recevoir la révélation. Je me tins un instant à l'écart jusqu’au moment où la révélation se produisit et alors il dit :
-Ils t’interrogeront au sujet de l'âme:
-Réponds-leur: L'âme a été créée par ordre du seigneur...
46

(Bukhari, Hadith 96/25,2).
Abu Horayra a dit:
-Les gens du livre lisaient le Pentateuque en hébreu et l’expliquaient en arabe aux musulmans.
L’envoyé d'Allah adit:
-N’ajoutez pas foi aux gens du Livre, mais ne les traitez pas non plus d’imposteurs, dites seulement: nous croyons en Allah, à ce qui nous a été révélé et à ce qui vous a été révélé.

(Mahomet, Coran 3/73).
Ce verset remarquable marque presque une sujétion de Muhammad face aux Juifs de Médine: face à ceux, qu’il semble considérer à ce moment comme maîtres du savoir, il veut minimiser son importance.
Ce texte doit marquer les tout premiers pas du Mecquois dans la ville de Yathrib.


Il n’appartient pas à un mortel47 auquel Allah donne l’Ecriture, l’illumination48 et la prophétie, de dire ensuite aux hommes:
-Soyez des serviteurs pour moi et non pour Allah!
Mais ce mortel dira:
-Soyez des maîtres selon ce que vous savez de l’Ecriture et selon ce que vous étudiez.


2-”L’alliance d’Allah et Israël”.

Dans le Coran, Muhammad, à partir de ses connaissances du Pentateuque, interprète l’Histoire du peuple juif, dans les épisodes les plus célèbres. C’est une conception très éloignée du discours juif traditionnel, qui ne convainc pas les rabbins de Médine. Ce rappel de l’Alliance, dont il se fait l’aboutissement, est finalement plus un artifice rhétorique qu’un argument théologique. Muhammad n’a de toute manière rien d’un théologien. Et il n’a jamais été rabbin, semble-t-il.

(Mahomet, Coran 5/15)

Certes Allah a fait alliance avec les fils d'Israël.
D'entre eux Nous avons fait surgir douze chefs.
Et Allah a dit : je suis avec vous. Si vous accomplissez la prière et donnez l'aumône, si vous croyez en mes apôtres et les assistez, si vous faites un beau prêt à Allah49, j'effacerai certes pour vous vos mauvaises actions et vous ferai entrer en des jardins sous lesquels couleront les ruisseaux50 .
Quiconque, après cela, sera impie parmi vous, se trouvera égaré loin du chemin uni.

(Mahomet, Coran 44/31-2).
Certes nous avons élu les fils d’Israël, en pleine connaissance sur le monde51 , et nous leur avons fourni des signes où se trouve une épreuve évidente.

Mahomet, Coran 2/ 38-58.
Ô Fils d'Israël52! rappelez-vous le bienfait dont je vous ai comblés!
Tenez fidèlement le pacte envers moi!
Je tiendrai fidèlement mon pacte envers vous53.
Moi, redoutez-moi!54
Croyez à ce que j'ai révélé à ce nouveau prophète qui marque la véracité des messages vous détenez!
Ne soyez point les premiers à être incrédules en ce nouveau message!
Ne troquez point mes signes à faible prix envers moi, soyez pieux!
Ne travestissez point la vérité au moyen du faux!
Ne tenez point secrète la vérité alors que vous savez !
Accomplissez la prière, donnez l'aumône!
Inclinez-vous avec ceux qui s'inclinent en prière!55
Ordonnerez-vous la bonté pieuse aux hommes, alors que vous-mêmes 1'oubliez et que vous récitez l'Écriture56 ?
Eh quoi! ne raisonnerez-vous pas ?
Demandez aide à la constance et à la prière!
C'est là chose pénible, sauf pour les humbles qui pensent rencontrer leur seigneur et revenir vers lui.
Ô Fils d'Israël! , rappelez-vous le bienfait dont je vous ai comblés!
Rappelez-vous que je vous ai mis au-dessus du monde57 !
Prenez garde à un jour où nulle ame ne sera en rien récompensée pour une autre ame, où nulle intercession ne sera acceptée à son endroit, où nul équivalent ne sera pris à sa place, où les impies ne seront point secourus!
Rappelez-vous quand nous vous sauvâmes des gens de Pharaon qui vous infligeaient détestable tourment, égorgeaient vos fils et couvraient de honte vos femmes!
En cela est une grande épreuve de votre seigneur58.
Rappelez-vous quand nous séparames la mer, devant vous, et vous sauvames, alors que nous engloutîmes les gens de Pharaon sous vos regards!59
Rappelez-vous quand nous fimes pacte avec Moïse, durant quarante nuits, puis quand, en son absence, vous prîtes le Veau d'Or60 comme idole et futes alors injustes!61
Rappelez-vous quand ensuite nous effaçames pour vous ce péché, espérant que peut-être vous nous seriez reconnaissants !
Rappelez-vous quand nous donnames à Moïse l'Écriture et la salvation, espérant que peut-être vous seriez dans la bonne direction ! quand Moïse dit à son peuple:
-Ô mon peuple! , vous vous êtes lésés vous-mêmes par le fait d'avoir pris le Veau d'Or comme idole. Revenez à votre créateur et tuez-vous!62
Cela sera mieux pour vous aux yeux de votre créateur et il reviendra de sa rigueur contre vous. En vérité, il est le révocateur, le miséricordieux.
Rappelez-vous quand vous dites:
-Ô Moïse!, nous ne croirons pas en toi avant de voir Allah de façon manifeste! en punition de quoi, la foudre vous emporta sous les regards de tous.
Ensuite nous vous avons rappelés à la vie, après votre mort, espérant que peut-être vous seriez reconnaissants.
Nous fîmes plâner sur vous la nuée et fîmes descendre sur vous la manne63 et les cailles. Mangez ces excellentes nourritures que nous vous avons attribuées!
Ils ne nous ont point lésés mais ils se lésèrent eux-mêmes.
Rappelez-vous quand nous dîmes:
-Entrez dans cette cité64 et mangez de ses produits partout où vous voudrez, en liesse !
Franchissez la porte, prosternés et dites:
-Pardon! Nous vous pardonnerons des erreurs et nous donnerons davantage aux bienfaisants.
Or ceux qui furent injustes substituèrent à notre parole un dire autre que ce qui leur avait été dit, et nous fîmes descendre sur ceux qui furent injustes, un courroux du ciel, en prix qu'ils étaient pervers.
Rappelez-vous quand Moïse demanda de l'eau pour son peuple et que nous dîmes à Moïse:
-Frappe le rocher de ton baton!
Douze sources jaillirent du rocher; tous les gens surent où ils devaient boire.
Mangez et buvez de ce que vous a attribué Allah, mais ne vous élevez pas sur la terre en semeurs de scandale!
Rappelez-vous quand vous dîtes:
-Ô Moïse!, nous ne supporterons point une seule espèce de nourriture.
Prie pour nous ton seigneur qu'il fasse sortir pour nous, parmi ce que fait pousser la terre, des légumes, des concombres, de l'ail, des lentilles, des oignons!65
- Demandez-vous que soit substitué à ce qui est exquis ce qui est très vil ?
Descendez en Égypte! vous aurez ce que vous réclamez.
Les Fils d'Israël furent frappés par l'humiliation et la pauvreté et éprouvèrent la colère d'Allah. C'est qu'en effet ils étaient incrédules en les signes d'Allah et tuaient les prophètes grace à la non-vérité.
C'est qu'en effet ils désobéirent et furent transgresseurs.

Le détournement de l’épisode du Sinaï.
(Tabari, Tafsir 7/150).

Qatada a dit: Quand Moïse prit les Tables, il dit :
- Seigneur! Je trouve mentionné dans les Tables une communauté66 qui est "la meilleure communauté qui ait été suscitée pour les hommes: ils ordonnent le convenable et interdisent le blâmable67. Fais que ce soit ma communauté !
Le seigneur répondit
- C'est là la Communauté de Ahmad 68
- Seigneur ! Je trouve mentionné dans les Tables une communauté dont les membres sont à la fois les "derniers" et les "devançants" 69, les derniers dans la création et les devançants pour ce qui est de l'entrée au Paradis. Seigneur ! Fais que ce soit ma communauté!
- C'est là la Communauté de "Ahmad".
- Seigneur ! Je trouve mentionné dans les Tables qu'ils récitent leurs "Textes sacrés" 70 par cœur' alors que ceux qui les précèdent les lisent en regardant dans leurs Livres ; quand ils les referment ils n'en ont rien retenu et n'en connaissent rien. Seigneur ! Fais que ce soit ma communauté !
- C'est là la Communauté de "Ahmad" ! dit le Seigneur.
- Seigneur ! Je trouve mentionné dans les Tables une communauté dont les membres croient au premier Livre à avoir été révélé ainsi qu'au dernier Livre 71 et qui combattront l'égarement dans toutes ses ramifications jusqu'à ce qu'ils combattent l'Imposteur borgne72 . Fais que ce soit ma communauté !
- C'est là la Communauté de "Ahmad".
- Seigneur ! Je trouve mentionné dans les Tables une communauté dont les membres, non seulement peuvent consommer les œuvres desincérité spirituelle 73 qu'ils auront faites sous la forme d'aumône dont leurs pauvres pourront se nourrir, mais qui en seront de plus rétribués, alors que les gens des communautés antérieures, quand faisaient une œuvre de sincérité sous la forme d'une oblation74 et que celle-ci était agrée, Allah envoyait un Feu du Ciel qui la détruirait ; si elle était rejetée, ils l'abandonnaient aux oiseaux et aux fautes.
Seigneur ! Fais que ce soit ma communauté !
- C'est là la Communauté de Ahmad ! dit le Seigneur.
- Seigneur ! J'ai trouvé mentionné dans les Tables une communauté dont il est dit que si l'un de ses membres envisage de faire une bonne action 75 , puis ne la fait pas, celle-ci est tout de même inscrite à son actif comme une bonne action, et s'il la fait, ce sont dix et jusqu'à sept cents bonnes actions semblables qui sont inscrites à son actif. Seigneur ! Fais que ce soit ma communauté !
- C'est là la Communauté de "Ahmad" ! dit le Seigneur.
- Seigneur ! J'ai trouvé mentionne dans les Tables une communauté dont il est dit que si l'un de ses membres envisage de commettre une mauvaise action76, celle-ci n'est pas inscrite à sa charge tant qu'il ne la pas faite, et s'il la fait, ce n'est qu'une seule mauvaise action d'inscrite à sa charge. Seigneur ! Fais que ce soit ma communauté !
- C'est là la Communauté d"'Ahmad" ! dit le Seigneur.
Le propos mentionne ensuite les graces accordées à cette communauté sous le rapport que les prières de ses membres seront exaucées, puis sous le rapport qu'il sera intercédé en leur faveur. Le propos se termine ainsi :
Moïse jeta alors les Tables et s'exclama
- Seigneur ! Place-moi parmi la Communauté de "Muhammad"77 .
Il fut alors accordé au prophète d'Allah, Moïse, deux choses qu'aucun prophète ne reçut. Allah lui dit en effet ceci :
-Ô Moïse ! Je t'ai élu au dessus des hommes par mes messages et par ma Parole !" et le prophète d'Allah fut satisfait.
Puis la deuxième chose qu'Allah lui accorda fut de lui annoncer au sujet de son peuple: "Parmi le peuple de Moïse, il y a une communauté de gens qui se dirigent par le "vrai" et qui, par lui, agissent équitablement" 78 et le prophète d'Allah fut pleinement satisfait .


3-”Les bons et les mauvais Juifs”.
Au cours de la phase de séduction, où un accord peut se faire, sur la base d’un malentendu, à l’évidence, peu à peu se dessine la frontière entre les bons Juifs, ceux qui acceptent Muhammad et les mauvais, plus nombreux, ceux qui le rejettent.
Le discours se fonde d’une part sur la nouvelle interprétation du personnage d’Abraham, dont Muhammad se fait le défenseur, et d’autre part, sur le texte de la Torah, qui toujours d’après lui aurait été falsifié par certains.


Mahomet, Coran 3/57-72.

Abraham ne fut ni juif79 ni chrétien, mais fut hanif80 et muslim81 à Allah; il ne fut point parmi les associateurs82.
En vérité, les plus liés des hommes à Abraham sont certes ses adeptes, ce prophète et ceux qui croient83.
Allah est le patron des croyants84.
Un parti des détenteurs de l'Écriture aimerait à vous égarer85, croyants!, mais ils n'égarent qu'eux-mêmes sans le pressentir.
-Ô Détenteurs de l'Écriture!, pourquoi êtes-vous incrédules en les signes d'Allah alors que vous êtes témoins ?
Ô Détenteurs de l'Ecriture!, pourquoi travestissez-vous la vérité au moyen du faux ? Pourquoi tenez-vous secrète la vérité, alors que vous savez ?86
Un parti des détenteurs de l'Écriture a dit:
-Croyez, au début du jour, à ce qu'on a fait descendre sur ceux qui croient et soyez incrédules, à la fin du jour!
Peut-être ces gens reviendront-ils de leur erreur87.
N'ayez foi qu'en ceux qui suivent votre religion!
Réponds à ces détenteurs de l'Écriture:
- La vraie direction est la direction d'Allah.
Vous redoutez que quelqu'un ait reçu une révélation semblable à ce que vous avez reçu et que ces croyants argumentent contre vous en ce qui touche votre Seigneur.
Dis encore:
-La faveur est en la main d'Allah88.
Il la donne à qui il veut.
Allah est large et omniscient.
Il donne spécialement sa grâce à qui il veut.
Allah est le détenteur de la faveur immense.
...Et parmi les détenteurs de l'Écriture, il en est qui, si tu leur confies un quintar89 , te le rendent, tandis qu'il en est qui, si tu leur confies un dinar90 , ne te le rendent que lorsque tu les harcèles.
Cette attitude provient de ce que ces derniers disent:
-Nulle voie de contrainte sur nous, envers les Gentils91. Ils profèrent le mensonge contre Allah alors qu'ils savent.
Mais si quiconque remplit exactement son engagement92 et est pieux sera récompensé, car Allah aime les pieux.
Ceux qui troquent le pacte pris au nom d'Allah et leurs serments, contre vil prix, à ceux-là, nulle part en la vie dernière93 .
Allah ne leur parlera ni ne les regardera au jour. de la résurrection.
Il ne les purifiera point et ils auront un tourment cruel.
... Et en vérité, parmi eux se trouve certes une fraction de gens qui gauchissent94 l'Écriture, en l'articulant, pour que vous comptiez cela comme partie de l'Écriture alors que cela n'est pas partie de l'Écriture; ils disent que cela vient d'Allah alors que cela ne vient pas d'Allah.
Contre Allah, ils profèrent le mensonge alors qu'ils savent.


2-La réaction des communautés juives.

L’effort rhétorique de Muhammad ne rencontre presque aucun succès devant le public juif95 . Même si ces populations sont culturellement arabisées, elles restent fermement encadrées par une foule de rabbins96 et pratiquent un judaïsme toujours vivace. Ils ne sont absolument pas prêts à reconnaître un prophète, ou plutôt un messie, d’origine arabe (alors que tous les précédents avaient été Juifs), qui a été souillé par le paganisme, et qui ne connait pas la langue liturgique et qui n’apparait pas dans les textes.
Dans ces conditions, la tentative est désespérée, et la tradition peine à expliquer le refus obstiné des Juifs, devant l’évidence que semblait constituer la candidature de Muhammad. Elle commence à ce moment à construire le dossier à charge contre les Juifs, en accumulant les manifestations d’opposition perfide, dénonçant les personnes et supputant des machinations: un préalable à l’épuration.
Les conversions restent rares, mais font l’objet d’une grande publicité.




1-Le péril juif.
Pour Muhammad les Juif sont un danger pour deux raisons: ils ont transformé la Loi divine, et ils peuvent s’allier avec les “Hypocrites” arabes.

La thèse de la falsification des textes.97
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois I 103).

Les Juifs connaissaient, pour l'avoir lue dans le Pentateuque98 , la description du prophète, et avaient cru en lui. Mais ils pensaient qu'il serait l'un des Banu Israël, de la parenté de Moïse; ils ne savaient pas qu'il viendrait des Arabes. Le Pentateuque avait contenu la description même de Muhammad, mais les anciens Juifs l'avaient supprimée, de sorte que leurs descendants ne savaient pas que ce prophète, qu'ils honoraient et en qui ils croyaient, serait Arabe. Chaque fois qu'ils étaient attaqués par des Arabes, ils prenaient le Pentateuque, cherchaient le passage concernant le prophète, y mettaient la main et disaient:
-Seigneur, aide-nous contre ces ennemis, à cause de ton prophète!
et ils obtenaient ce secours. Or, quand le prophète parut, et qu'ils virent qu'il était arabe, et non Israélite99 , comme ils l'avaient pensé, ils ne voulurent pas croire en lui, et ils dirent :
-Ce n'est pas ce prophète que nous attendions, comme il est dit dans le Coran -.
Et lorsqu'ils reçurent d'Allah une révélation confirmant celle qu'ils avaient, eux qui auparavant avaient prié pour être secourus contre les infidèles, lorsque celui qu'ils reconnaissaient leur vint, ils ne voulurent pas y croire. Que la malédiction d'Allah soit avec les incrédules! 100

L’alliance des Juifs et des “hypocrites”101
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 351).

A cette époque, les rabbins Juifs ont montré de l’hostilité contre l’apôtre d'Allah, avec jalousie, haîne, malignité, parce qu’Allah avait choisi l’apôtre d'Allah chez les Arabes. Ils furent joints par des gens des al Aws et des al Khazraj qui restaient obstinément accrochés à la religion païenne102. Ils étaient hypocrites, accrochés au polythéisme de leurs ancêtres, refusant la résurrection; quand l’islam est apparu, et que leur peuple se rua vers lui, ils furent contraints à l’acepter pour sauver leurs vies. Mais en secret, ils restaient hypocrites, et leur penchant allait vers les Juifs parce que ceux-ci considéraient l’apôtre d'Allah comme un menteur et combattaient l’islam.


2-Dénonciation des Juifs: les listes.
Ibn Hisham, dans sa biographie officielle de Muhammad, établit sur plusieurs pages des listes de rabbins réfractaires, ou “hypocrites”, c’est-à-dire ceux qui ont été convertis de force. Le procédé surprend et met mal à l’aise. L’auteur des listes veut les dénoncer à la postérité. Ceux-ci seront les victimes de la politique de Muhammad, d’une façon ou d’une autre.
On remarquera la proportion considérable de rabbins, pour une population réduite. D’une certaine façon, dans ces communautés, tout homme capable de lire se dit rabbin.


(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 351-2).

C’étaient les rabbins Juifs qui ennuyaient l’apôtre d'Allah avec des questions103 , et qui introduisaient la confusion, comme pour confondre la vérité et l’erreur. Le Coran est descendu en référence à leurs questions, bien que certaines de ces questions, à propos de ce qui était permis et interdit, venaient aussi des musulmans eux-mêmes.
Voici les noms de ces Juifs104 :

-Des Banu alNadir:
Huyayy ibn Akhtab et ses frères Abu Yasir et Judayy; Sallam ibn Mishkam; Kinana ibn al Rabi ibn Abul Huqayq105; Sallam ibn Abul Huqayq Abu Rafi al Awar, que les compagnons de l’apôtre d'Allah ont tué à Khaybar106; al Rabi ibn al Rabi ibn Abul Huqayq; Amir ibn Jahhash; Kab ibn al Ashraf qui appartenait aux Tayii107, du clan de ibn Naban, sa mère étant des ibn al Nadir; al Hajjaj ibn Amir, un allié de Kab; et Kardam ibn Qays, un allié de Kab.
Des ibn Thalaba ibn al Fityawn:
Abdullah ibn Suriya le borgne qui était à ce moment l’homme le plus instruit dans l’étude de la Torah, dans tout le Hedjaz; Ibn Saluba; et Mukhayriq, leur rabbin, qui est devenu un musulman.

-Des Banu Qaynuqa:
Zayd ibn al Lasit; Sad ibn Hunayf; Mahmud ibn Sayhan; Uzayr ibn Abu Uzayr108 ; et Abdullah ibn Sayf Suwayd ibn al Harith; Rifaa ibn Qays; Finhas; Ashya; Numan ibn Ada; Bahtiy ibn Amir; Shas ibn Adiy; Shas ibn Qays; Zayd ibn al Harith; Numan ibn Amir; Sukayn ibn Abu Sukayn; Adiy ibn Zayd; Numan ibn Abu Awfa; Abu Anas; Mahmud ibn Daha; Malik ibn Sayf; Kab ibn Rashid; Azar; afiy ibn Abu Rafi ; Khalid; Azar ibn Abu Azar ; Rafi ibn Haritha; Rafi ibn Huraymila; Rafi ibn Kharija; Malik ibn Auf; Rifaa ibn Zayd ibn al Tabut; Abdullah ibn Salam ibn al Harith; qui était leur rabbin, et un homme très instruit109. Son nom était al Husayn. L’apôtre d'Allah l’appela Abdallah quand il se soumit à l’islam110.

-Des Banu Qurayza111:
al Zubayr ibn Bata ibn Wahb; Azzal ibn Shamwil112 ; Kab ibn Asad responsable au nom de sa tribu de l’accord qui a été rompu113 ; Shamwil ibn Zayd; Jabal ibn Amir ibn Sukayna; al Nahham114 ibn Zayd; Qardam ibn Kab; Wahb ibn Zayd; Nafi ibn Abu Nafi; Abu Nafi; Adiy ibn Zayd; al Harith ibn Awf; Kardam ibn Zayd; Usama ibn Habib; Rafi ibn Rumayla; Jabal ibn Abu Qushayr; Wahb ibn Yahudha115.

-Des Banu Zuraya116 :
Labid ibn Asam qui a ensorcelé l’apôtre d'Allah pour qu’il ne puisse plus aller voir ses femmes117.

-Des Banu Haritha:
Kinana ibn Suriya; ibn Amir ibn Awf; Qardam ibn Amir.

-Des Banu al Najjar118 :
Silsila ibn Barham.

C’étaient donc les rabbins Juifs, opposants pleins de rancoeurs envers l’apôtre d'Allah et ses compagnons, les hommes qui posaient des questions, inspiraient le trouble contre l’islam, pour essayer de le faire disparaître, à l’exception de Abdullah ibn Salam et de Mukhayriq.

Dénonciation de rabbins hypocrites.
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 361-2).

Voici la liste des rabbins Juifs qui se sont réfugiés dans l’islam, parmi les autre musulmans, et l’ont pratiqué de façon hypocrite119.

-Parmi les Banu Qaynuqa:
Sad ibn Hunayf, Zayd ibn al Lusayt, Numan ibn Awfa, Uthman ibn Awfa, que Zayd a combattu avec Omar sur le marché des Qaynuqa. C’est un homme qui avait dit, comme le chameau de l’apôtre d'Allah divaguait:
-Muhammad prétend que ses révélations lui viennent du ciel, et il ne sait même pas où se trouve son chameau!
Quand l’apôtre d'Allah apprit ce que l’ennemi d’Allah avait dit, Allah lui dit où était son chameau, et il dit:
-Je ne sais que ce qu’Allah me dit. Et Allah me le montre. Le chameau est dans cette vallée, attaché par une corde à un arbre.
Les musulmans y sont allés et l’ont vu juste là où avait dit l’apôtre d'Allah.
Il y a aussi Rafi ibn Huraymila à propos de qui l’apôtre d'Allah a dit:
-Un des plus grands hypocrites est mort aujourd’hui. (...) N’ayez pas peur, un vent s’est levé parce qu’un grand hypocrite est mort. Et quand il est rentré à Médine, il trouva que Rifaa est mort le jour où le vent a soufflé.
Il y a aussi Silsila ibn Barham et Kinan ibn Suriya.

(Ibn Sad, Tabaqat 2/245-7).
Labid ibn al Asam, le juif, ensorcela le prophète, à cause de quoi sa vue devint plus faible, et ses compagnons lui rendirent visite comme si’il était malade.
Omar nous donne l’information selon laquelle.... il a dit:
-L’apôtre d’Allah est tombé malade. Il fut ensorcelé à propos des femmes et de la nourriture.



3-Tensions communautaires.
Ibn Hisham fait le récit de scènes très vivantes dans lesquels musulmans et Juifs s’affrontent oralement puis physiquement. Les combats ont lieu dans les sites communautaires de chacun, et l’impression générale est celle d’une tension permanente entretenue par des provocations. Le débat théologique est très limité, et dégénère vite par des coups.
Il faut prendre garde à ces sources, tout à fait partiales, quoique convaincantes.


Le ton monte.
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 382-3).

L’apôtre d'Allah appela le peuple juif des Ecritures à l’islam et tenta de leur rendre attirant pour eux, et il les menaça de la punition et de la vengeance d’Allah. Rafi ibn Kharija et Malik ibn Auf lui ont répondu qu’ils suivraient la religion de leurs ancêtres, parce qu’ils étaient plus intruits qu’eux et meilleurs hommes qu’eux-mêmes. (...)
Quand Allah écrasa les Quraysh à Badr, l’apôtre d'Allah rassembla les Juifs au marché des Banu Qaynuqa, à son retour à Médine, et les appela à la soumission à l’islam, avant qu’Allah ne les traite comme il avait traité les Quraysh.
Ils répondirent:
-Ne te trompe pas, Muhammad, Tu as tué un bon nombre de Quraysh sans expérience120, qui ne savaient pas combattre. Mais si tu nous affrontes, tu verras que nous sommes des hommes et tu rencontreras des égaux.

Les expulsés de la mosquée.
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 362-3).

Ces hypocrites se rassemblaient dans la mosquée, et écoutaient les histoires des musumans et riaient et se moquaient de leur religion. Certains d’entre eux étaient là un jour alors que l’apôtre d'Allah les voyait parlant à voix basse, et ricanant ensemble. Il ordonna qu’ils soient expulsés et ils furent expulsés avec violence. (...) Amir ibn Qays (...) expulsa Rafi ibn Wadia, un des Banu Najjar et l’attrapa par la robe, lui gifla la figure, le tira dehors par la force hors de la mosquée, en disant:
-Sale hypocrite! Ecarte toi de la mosquée de l’apôtre d'Allah, sale hypocrite!
Umara ibn Hazm fit sortir Zayd ibn Amir; il avait une longue barbe et il l’attrapa par là et le tira dehors brutalement. Serrant les poings, il le frappa dans la poitrine et le fit tomber. Zayd criait alors:
-Tu m’as écorché la peau!
-Qu’Allah se débarasse de toi, hypocrite! Allah te réserve une punition bien pire que celle là, alors ne reviens pas à la mosquée!
Abu Muhammad Masud expulsa Qays ibn Amir qui était un jeune (le seul jeune parmi les hypocrites) et il le sortit en le tenant par la nuque, hors de la mosquée.
Un homme des Banu al Khudra, appelé Abdulllah, entendant l’ordre de les expulser de la mosquée, fit sortir al Harith ibn Amir, un homme avec de longs cheveux, et il le prit par là, et le tira par terre tout le long, et l’hypocrite criait:
-Tu es très féroce, ibn al Harith!
-Profite de ça, ennemi d’Allah, Allah te l’a fait descendre pour toi, et ne reviens plsu dans la mosquée de l’apôtre d'Allah, parce que tu es impur.
Un homme des Banu Amir ibn Awf fit sortir son frère Zuwayy et le prit brutalement, en disant:
-Honte! Tu fais le travail de Satan!
Voici qui étaient les hypocrites expulsés par l’apôtre d'Allah cette journée.


Blasphèmes à l’école rabbinique!
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 388-9).

Abu Bakr entra dans une école juive121 et trouva un grand nombre d’homme sentourant un certain Finhas, un de leurs rabbins les plus instruits et un autre rabbin appelé Ashya. Abu Bakr appela le premier à craindre Allah et à devenir musulman, parce qu’il savait que Muhammad était l’apôtre d’Allah, qu’il avait apporté la vérité et qu’ils trouveraient tout cela écrit dans la Torah et l’Evangile.
Finhas répondit:
-Nous ne sommes pas pauvres, comparés à Allah et il est pauvre comparé à nous. Nous n’allons pas nous humilier face à lui comme il s’humilie face à nous; nous ne lui sommes pas dépendants alors qu’il a besoin de nous. S’il ne dépendait pas de nous, il ne nous aurait pas demandé de lui prêter notre argent comme ton maître prétend, vous interdisant de prendre des intérêts et nous le permettant à nous. S’il avait été indépendant de nous, il ne nous aurait pas donné d’intérêt122.
Abu Bakr enragea de cela et il frappa très fort Finhas dans la figure123, en disant:
-S’il n’y avait pas un traité entre nous, je t’aurai tranché la tête! Ennemi d’Allah!
Finhas alla devant l’apôtre d'Allah et dit:
-Regarde, Muhammad, ce que ton compagon a fait!
L’apôtre d'Allah appela Abu Bakr et demanda ce qui l’avait poussé à faire cela. Il répondit:
-L’ennemi d’Allah a blasphémé. Il a prétendu qu’Allah était pauvre et qu’ils étaient riches, alors je me suis faché et je l’ai frappé à la figure.
Finhas le réfuta et nia ce qu’il avait dit. Alors Allah a fait dire, pour confirmer les dires d’Abu Bakr:
-Certes, Allah a entendu la parole de ceux qui ont dit: Allah est besogneux, alors que nous sommes suffisants à nous-mêmes. Nous consignerons ce qu’ils ont dit et leur meurtre injustifié des prophètes124 et nous leur dirons: goutez le tourment de la calcination125.

Les gifles d’Abu Bakr.
(Tabari, Tafsir 3/181).
Ikrima rapporte que Ibn Abbas a dit :
-Abu Bakr entra un jour à la synagogue 126 où il trouva beaucoup de Juifs réunis autour d'un homme qui était l'un de leurs savants et l'un de leurs rabbins, un dénommé Finhas. Abu Bakr s'adressa à lui en ces termes :
- Que tu es malheureux ! Crains donc Allah, et soumets-toi127
Par Allah ! tu sais bien que Muhammad est l'Envoyé d'Allah, qu'il vous apporte la vérité ( ... ) et que vous le trouvez mentionné dans la Torah ( ... ) !
- Ô Abu Bakr ! Par Allah, nous n'avons pas besoin d'Allah mais lui a besoin de nous 128 ( ... ). Nous, nous pouvons nous passer de lui mais si lui se passait de nous, Il ne nous demanderait pas de lui faire un prêt comme le prétend votre compagnon.( ... )
Abu Bakr se facha et frappa violemment Finhas au visage en lui disant :
- Par celui qui tient mon âme en sa main, n'était le pacte conclu entre toi et nous, je te tuerais, ô ennemi d'Allah ! Qualifiez-nous donc de menteurs tant que vous le pourrez si vous êtes sincères !
Finhas se rendit auprès de l'Envoyé et lui dit :
-Ô Muhammad, vois ce que ton compagnon a fait avec moi
S'adressant à Abu Bakr, l'Envoyé d'Allah lui dit :
- Qu'est-ce qui t'a amené à agir comme tu l'as fait ?
- Ô Envoyé d'Allah ! L'ennemi d'Allah que voici a dit une chose énorme : il a prétendu qu'Allah est "besogneux" et qu'eux peuvent se passer de Lui. De ce fait, je me suis mis en colère pour Allah et je l'ai frappé au visage.
Finhas démentit avoir tenu de tels propos et c'est alors qu'Allah, béni et exalté soit-il, fit descendre le verset suivant au sujet de Finhas, en guise de réplique à ses propos et de confirmation pour Abu Bakr Allah a bien entendu les paroles de ceux qui ont dit:
Allah est "besogneux" et nous, nous sommes suffisants. Nous consignerons ce qu'ils ont dit là comme nous avons consigné le fait qu'ils ont, en dehors de tout droit, tué les prophètes et nous leur dirons : Goûtez le supplice de la fournaise !
Par ailleurs, en rapport avec les propos d'Abu Bakr et la colère dans laquelle il s'était mis à cause de cela, Allah fit descendre le passage suivant :
... et vous devrez entendre des propos très pénibles de la part de ceux qui reçurent le Livre avant vous et de la part de ceux qui associent ; si vous êtes alors patients et emplis de crainte pieuse sachez quel cela fait partie de la fermeté des dispositions. 129

(Bukhari, Hadith 96/18, 2).
Abu Sayd Qaysan rapporte que Abu Horayra a dit: Un jour que nous étions à la mosquée, l'envoyé d'Allah sortit de chez lui130 et dit :
-Allons chez des Juifs.
Nous nous mîmes en route avec le prophète et quand nous arrivames à leur maison d'école, le prophète interpella les Juifs en ces termes :
-Ô troupe de Juifs, faîtes-vous musulmans et vous serez sauvés.
-Ô Abul Qasim, tu as rempli ta mission131 , répondirent-ils
-C'est là ce que je désire, reprit l'envoyé d'Allah, faites-vous musulmans, vous serez sauvés.
-Tu as rempli ta mission, ô Abu Qasim, répétèrent les Juifs.
-C'est là ce que je désire, dit le nouveau 1’envoyé d'Allah, qui répéta une troisième fois ce qu'il avait dit et ajouta:
-Sachez que la terre n'appartient qu'à Allah et à son envoyé et que je veux vous expulser du territoire que vous occupez. Que celui de vous qui possède quelque bien le vende. Sinon sachez bien que la terre n'appartient qu'à Allah et à son envoyé.

4-L’affaire du verset de la lapidation.
Autre image de la transformation des textes religieux par les Juifs; il semble que les premiers musulmans aient été désemparés de ne pas voir trace dans le livre de références de ce supplice, qu’ils affectionnent particulièrement. D’où ces histoires récurrentes de verset manquants concernant la lapidation. Par chance, de très nombreux hadiths comblent très longuement la malencontreuse lacune dans le recueil coranique132.

(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 395).

L’apôtre d'Allah ordonna qu’ils133 soient lapidés et ils furent à la porte de la mosquée. A la première pierre, le juif tomba sur la femme pour la protéger des pierres, et ils sont ensuite été tués tous les deux.
C’est ce qu’Allah décida pour l’apôtre d'Allah en prononçant la peine de mort pour tous les deux.
(...)
L’apôtre d'Allah pour le jugement demanda une Torah. Un rabbin s’assit à côté de lui, en la lisant, une main posée sur le verset de la lapidation. Abdullah ibn Salam frappa la main du rabbin, en disant:
-Ceci, apôtre d'Allah, est le verset de la lapidation, qu’il refuse de te lire.
L’apôtre d'Allah s’écra:
-Malheur aux Juifs! Qu’est ce qui te pousse à abandonner le jugement d’Allah , alors que tu l’as dans tes mains?

(Muwatta, Hadith 2/819).
Malik nous a rapporté, de Nafi, de Abdallah Ibn Umar qui a dit:
Les Juifs vinrent à l'envoyé d’Allah, et ils lui mentionnèrent qu'un homme d'entre eux et une femme avaient commis l'adultère.

L'envoyé de Allah leur dit alors :
-Que trouvez-vous dans la Torah à propos de la lapidation?
Ils dirent :
-Nous dénonçons publiquement les coupables, et ils sont flagellés.
Abdallah Ibn Salam dit alors :
-Vous avez menti134 ! Il y a la lapidation!
Ils apportèrent donc la Torah et la déployèrent. Et l'un d'eux posa sa main sur le verset de la lapidation, puis il lut ce qu'il y avait avant et ce qu'il y avait après.
Abd Allah Ibn Salam lui dit alors :
-Enlève ta main!
Il enleva sa main, et voici qu'il y avait le verset de la lapidation. Ils dirent donc :
-Il a dit vrai, ô Muhammad, il y a la lapidation!

Alors l'envoyé d’Allah donna l'ordre au sujet des deux, et ils furent lapidés. Et, dit Abd Allah Ibn Umar, j'ai vu l'homme se pencher sur la femme, la protégeant des pierres.

(Ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 193-6)135 .
Ibn Ishaq a dit136: Ibn Shihab al Zuhri m'a rapporté qu'il a entendu un homme de science des Muzayna rapporter à Sayd ibn al Musayyib qu’Abu Hurayra leur a rapporté que
Les rabbins des Juifs s'assemblèrent dans le bayt al midras au temps où l'envoyé d’Allah arriva à Médine. Un homme parmi eux, après s'être marié, avait commis l'adultère avec une femme juive qui était mariée. Ils dirent donc :
-Envoyez des gens avec cet homme et cette femme à Muhammad et demandez-lui comment juger à leur sujet, et chargez-le de prononcer le jugement contre eux. S'il pratique à leur sujet selon votre pratique, à savoir le taghbih et le taghbih, c'est la flagellation avec une corde de palmier enduite de poix, puis on noircit le visage des deux coupables, puis on les juche sur deux ânes, leur visage tournés vers l'arrière des ânes -, suivez-le donc , car alors c'est seulement un roi, et déclarez-le véridique. Et si, lui, il décide à leur encontre la lapidation137, c'est donc qu'il est un prophète, et alors défiez-vous de lui pour ce qui est entre vos mains, qu'il ne vous le ravisse!
Ils vinrent donc à lui et dirent :
- Ô Muhammad! voici un homme qui, après s'être marié, a commis l'adultère avec une femme qui était mariée. Prononce donc le jugement à leur égard, car nous venons de t'en charger!
L'envoyé de Allah partit alors et vint à leurs rabbins dans le bayt al midras, et il dit :
-Ô peuple des Juifs, faites-moi sortir vos savants!
Et ils lui firent sortir Abd Allah Ibn Sura.
Ibn Ishaq a dit:
Certains des Banu Qurayza m'ont rapporté que ce jour-là, avec Ibn Sura, ils lui firent sortir Abu Yasir Ibn Ahtab et Wahb Ibn Yahuda, en disant :
-Ceux-ci sont nos savants!
L'envoyé d'Allah les questionna alors; puis il en obtint leur propre réponse, jusqu'au moment où ils dirent, indiquant Abdallah Ibn Sura :
- Celui-ci est le plus savant de tous les autres en Torah.
Ibn Hisham dit: les mots “certains des Banu Qurayza m'ont rapporté..”, jusqu'aux mots “le plus savant de tous les autres en Torah“, sont d'Ibn Ishaq; et ce qui est après fait partie du récit qui précède ces mots.
L'envoyé de Allah s'isola donc avec lui, qui était un jeune homme, parmi les plus jeunes d'entre eux. L'envoyé de Dieu le pressa alors de questions, lui disant :
- Ô Ibn Sura, je t'en conjure par Allah, et je te rappelle les jours de Allah chez les Banu Israël! Est-ce que tu sais que Allah, dans la Torah, a décidé la lapidation pour celui qui a commis l'adultère après s'être marié?
Il répondit :
-Allah, oui! Par Allah, ô Abu Qasim, il est certain qu'ils savent bien que tu es certainement un prophète envoyé; mais ils te jalousent!
Il poursuit : l'envoyé de Allah sortit, et il donna l'ordre au sujet des deux coupables. Ils furent donc lapidés à la porte de sa mosquée, chez les Banu Ganm Ibn Malik ibn al Najjar. Puis, après cela, Ibn Sura se rétracta et contesta le prophétisme de l'envoyé de Dieu.
Ibn Ishaq dit :
Alors Allah le Très Haut révéla à leur sujet:
Ô toi l'envoyé! Ne t'attriste pas à cause de ceux qui courent ardemment vers l'infidélité, ceux qui disent : "nous croyons", de bouche, alors que leurs cœurs ne croient point; et parmi ceux qui sont Juifs, il en est qui prêtent grandement l'oreille au mensonge, qui prêtent grandement l'oreille à d'autres gens qui ne sont pas venus à toi!
C'est-à-dire : ceux qui ont envoyé de parmi eux ceux qu'ils ont envoyés alors qu'eux-mêmes restaient en arrière et leur avaient ordonné ce qu'ils avaient ordonné: détourner le jugement de sa place exacte. Puis il dit :
Ils détournent la parole de sa place exacte en disant : Si on vous apporte ceci, prenez-le! et si on ne vous l'apporte pas
- c'est-à dire : si l'on vous dit la lapidation -
alors défiez-vous etc. 138
Ibn Ishaq dit: Muhammad ibn Talha ibn Yazid ibn Rukana m'a rapporté, le tenant d’Ismaïl
Ibn Ibrahim qui le tenait d'Ibn Abbas qui a dit :
L'envoyé de Allah ordonna de les lapider. Ils furent donc lapidés à la porte de sa mosquée. Et lorsque le juif sentit l'atteinte des pierres, il se leva vers sa compagne et la couvrit de tout son long, la protégeant de l'atteinte des pierres, jusqu'au moment où ils furent tués ensemble. Et cela fit partie, dit-il, de ce que fit Allah pour l'envoyé d'Allah pour vérifier l'adultère de leur part.
Ibn Ishaq a dit : Salih Ibn Kaysan m'a rapporté de Nafi, affranchi de Abdallah Ibn Umar, et qui le tenait de Abdallah Ibn Umar, qui a dit :
Lorsqu'ils établirent l'envoyé d’Allah comme arbitre à propos des deux coupables, celui-ci en appela pour eux à la Torah. Et un de leurs rabbins s'assit pour la lire,- et il avait mis sa main sur le verset de la lapidation. Alors - poursuit-il - Abd Allah Ibn Salam frappa la main du rabbin puis il dit :
-Voici, ô prophète d’Allah, le verset de la lapidation! il refuse de te le lire!
Alors l'envoyé d'Allah leur dit :
- Malheur à vous, ô peuple des Juifs! qu'est-ce qui vous a appelés à délaisser le jugement de Dieu alors qu'il est en vos mains!?
Ils dirent alors :
-C'est bien vrai - par Allah! - qu'on le mettait en pratique parmi nous. jusqu'au jour où un homme de chez nous commit l'adultère après avoir pris femme; il était de maison royale et faisait partie de la noblesse. Le roi le préserva donc de la lapidation. Puis un homme après lui commit l'adultère, et le roi voulut le faire lapider.
On lui dit alors :
-Non, par Allah!, à moins que tu lapides Un Tel!
Comme ils avaient dit cela, on se réunit et on arrangea l'affaire en adoptant la flagellation, et on mit à mort la mention de la lapidation et sa pratique.
L'envoyé d'Allah - poursuit-il -, dit alors :
-Je suis donc le premier qui ait ressuscité l'ordre de Allah et son Livre, et qui l'ait mis en pratique!
Puis il donna l'ordre au sujet des deux coupables, et ils furent lapidés à la porte de sa mosquée. Et, dit Abdallah Ibn Umar, je fus de ceux qui les lapidèrent.
Ibn Ishaq dit :
Dawud Ibn al Husayn m'a rapporté, le tenant de Ikrima qui le tenait d'Ibn Abbas:
Les versets de la sourate al Mayda dans lesquels Allah a dit:
Arbitre entre eux ou bien détourne-toi d'eux; et si tu te détournes d'eux, ils ne te nuiront en rien; et si tu arbitres, arbitre entre eux selon l'équité, car Allah aime les équitables139
ont seulement été révélés à propos du prix du sang entre les Banu Nadir et les Banu Qurayza. Ceci, du fait que les tués des Banu Nadir - qui étaient nobles - on en versait le prix totalement - et que pour les Banu Qurayza, on en versait la moitié du prix du sang - alors ils portèrent cela à l'arbitrage de l'envoyé d'Allah-, alors Allah révéla cela à leur sujet, et l'envoyé d'Allah les amena à la justice à ce propos, et il établit le prix du sang à égalité.
Ibn Ishàq dit: Et Allah sait davantage ce qu'il en fut à ce sujet.

L’allusion coranique140 .
(Mahomet, Coran 5/46).

Tout oreille pour le mensonge et goinfres de vénalité141 , si ces gens142 viennent à toi, prophète!, arbitre entre eux ou détourne-toi d’eux!
Si tu te détournes d’eux, ils ne te nuiront en rien.
tu arbitres, arbitre entre eux selon l’équité!
Allah aime ceux qui observent l’équité.

Questions pernicieuses
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 400).

Un groupe de Juifs est venu voir l’apôtre d'Allah et a dit:
-Maintenant, Muhammad, Allah a créé la création, mais qui a créé Allah?
L’apôtre d'Allah était si en colère que sa couleur changea et se rua sur eux, étant furieux pour son seigneur.
Gabriel apparut pour le calmer et lui dit:
-Calme toi, Muhammad.
Et une réponse vint sur ce qu’ils avaient demandé:
-Dis: il est Allah, l’unique, Allah le seul, il n’a pas engendré et n’a pas été engendré. N’est égal à lui personne143 .
Il leur récita cela, et ils dirent:
-Décris nous sa forme, Muhammad. Son avant-bras, et son bras, comment sont ils?
L’apôtre d'Allah était encore plus en colère qu’avant et se rua sur eux.
Gabriel vint et lui parla comme avant.
Une réponse vint sur ce qu’ils avaient demandé, de la part d’Allah:
-Les impies n’ont point mesuré Allah à sa vraie mesure. La terre, en totalité, au jour de la résurrection, sera une poignée en sa main et les cieux seront ployés sous sa dextre. Combien il est plus glorieux et plus haut que ce qu’ils lui associent!144


5-Les reproches envers les Juifs.
En dehors des disputes purement théologiques -restées à un niveau superficiel et naïf-, d’autres reproches sont faits aux Juifs, et le plus grave d’entre eux est simplement de ne pas reconnaître Muhammad comme prophète, envoyé d’Allah et chef de la communauté. Les autres critiques sont accessoires.
Ils sont haïs, enfin, parce qu’ils représentent un mauvais exemple pour les musulmans: celui de l’insoumission.


Le respect du à Muhammad.
(Bukhari, Hadith 65/7, 2).

Abu Sayd al Khodri a dit: Un homme d'entre les Juifs, qui avait été souffleté au visage, vint trouver le prophète et lui dit
-Muhammad, un de tes compagnons d'entre les ansar m'a souffleté au visage.
-Qu'on le fasse venir, répondit le prophète. Puis, quand l'homme fut là, il lui demanda pourquoi il avait donné un soufflet au Juif.
-Ô envoyé d'Allah, répondit l'homme, comme je passais auprès des Juifs, j'ai entendu celui-ci dire :
-J'en juré par celui qui a choisi Moïse parmi le reste du genre humain.
-Il l'a choisi de préférence à Muhammad? m'écriai-je, et, pris de colère, je le souffletai.
- Ne me mêlez pas aux discussions sur le mérite des prophètes. Au jour de la Résurrection tous les hommes s'évanouiront et je serai le premier à revenir de mon évanouissement; alors je verrai Moïse accroché à un des pieds du trône145, et je ne sais s'il aura repris connaissance avant moi ou s'il aura été épargné à cause de son évanouissement sur le mont Sinaï.

La discorde sur le rituel.
(Mahomet, Coran 3/177-181).
Certes, Allah a entendu la parole de ceux qui ont dit:
-Allah est besogneux, alors que nous sommes suffisants à nous-mêmes!
Nous consignerons ce qu'ils ont dit et leur meurtre injustifié des prophètes et nous leur dirons :
-Goûtez146 le tourment de la calcination!
C'est en prix de ce qu'ont accompli vos mains antérieurement. Allah n'est point injuste147 envers ses serviteurs.
Allah a entendu ceux qui ont dit :
-Allah a conclu un pacte avec nous, ordonnant de ne point croire en un apôtre avant qu'il ne nous impose une oblation 148 que consume le feu149.
Réponds-leur:
-Ces apôtres, avant moi, sont venus avec les preuves et avec la prescription que vous dites. Pourquoi donc les avez-vous tués, si vous êtes véridiques ?
Prophète !, si ces gens te traitent d'imposteur, ils ont déjà avant toi traité d'imposteurs des apôtres venus avant toi avec les preuves, les Écritures 150 et l'écriture lumineuse.

La méfiance envers les Juifs.
(Mahomet, Coran 3/47-49).

N’as tu point vu ceux à qui a été donnée une part de l’Ecriture?
Ils achètent l’égarement pour eux-même et veulent que vous vous égariez avec eux, en chemin.
Allah connaît bien vos ennemis.
Combien Allah suffit comme patron et combien il suffit comme auxiliaire!
Parmi ceux qui pratiquent le judaïsme, sont ceux qui détournent le discours de ses sens et disent:
-Nous avons entendu et avons désobéi (ou bien) entends sans qu’il te soit donné d’entendre!

La crainte de la trahison.
(Baghawi, Tafsir I 282)151 .
Après que l’envoyé d'Allah ait battu les païens à la bataille de Badr, les Juifs de Médine dirent:
-Il est vraiment le prophète dont on nous a parlé.
Et ils allaient devenir ses disciples.
Mais l’un d’entre eux proposa:
-Ne nous pressons pas, attendons le résultat d‘une autre bataille!
Quand l’envoyé d'Allah et ses comapgnons furent battus à Ohod, les Juifs se mirent à douter de la prophétie de Muhammad furent gagnés par l’obstination et refusèrent de se convertir à l’islam.
Il fut écrit alors un traité entre eux et l’envoyé d'Allah, mais les Juifs rompirent ce traité et Kab ibn Ashraf partit à la Mecque, avec 60 cavaliers, pour inciter les chefs mecquois à regrouper leurs forces pour combattre d’envoyé d'Allah.

Mauvaises relations commerciales.
(Mahomet, Coran 3/68-9).
Et parmi les détenteurs de l’Ecriture, il en est qui, si tu leur confies un quintar152, te le rendent, tandis qu’il en est qui, si tu leur confies un dinar, ne te le rendent que lorsque tu les harcèles. Cette attitude provient de ce que ces derniers disent:
-Nulle voie de contrainte sur nous, envers les gentils.153
Ils profèrent le mensonge contre Allah alors qu’ils savent.

6-Les conversions154.
Les conversions restent exceptionnelles, du fait de la faiblesse doctrinale et rhétorique de Muhammad face à l’habilité des rabbins, et du fait de la solidité doctrinale des communautés juives. Chaque soumission est présentée avec émotion et emphase. Les informations les concernant sont donc très suspectes.
Le seul biais important de conversion reste la violence liée à l’intimidation155 .
L’échec général de l’entreprise aboutit de toute manière à l’élimination totale de la présence juive à Médine.


Le juif Abdullah ibn Salam.
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 353).

Quelqu’un de sa famille m’a raconté l’histoire d’Abdullah ibn Sallam156, un rabbin érudit157. (...)
Il a dit: quand j’ai entendu parler de l’apôtre d'Allah, j’ai su par sa description, nom, etpar le moment de son apparition que c’était celui que nous attendions, et je m’en suis grandement réjoui, même si je gardais silence, à ce sujet, jusqu’à ce que l’apôtre d'Allah arrive à Médine.
Quand l’apôtre d'Allah est resté à Quba parmi les Banu Amir, un homme vint avec des nouvelles, tandis que je travaillais au sommet d’un palmier, et ma tante Khadija était assise dessous. J’ai entendu les nouvelles et j’ai crié “Allah Akbar!” et ma tante a dit:
-Bonne grace! , si tu avais su que Moïse lui-même était arrivé, tu n’aurais pas fait autant de boucan!
-C’est vrai ma tante, dis-je, il est le frère de Moïse158 et suit sa religion, ayant été envoyé pour la même mission.
Elle demanda:
-Est-il vraiment le prophète dont on nous a parlé, et qui devait venir juste maintenant?
Elle accepta mes certitudes.
Aussitôt, je suis allé auprès de l’apôtre d'Allah et je suis devenu musulman, puis je suis retourné à la maison et j’ai ordonné à tous de devenir musulman.
(...) J’ai dit à l’apôtre d'Allah:
-Les Juifs sont un peuple de menteurs et je voudrais que tu me prennes dans une de tes maisons et que tu me caches d’eux. Puis demande leur qui j’étais pour qu’ils te disent la position que j’avais parmi eux avant qu’ils sachent que j’étais devenu musulman. Parce qu’ensuite ils diront des mensonges horribles sur moi.
Le prophète m’a hébergé. Les Juifs sont venus; et l’apôtre d'Allah leur a demandé qui j’étais. Ils dirent:
-C’est notre chef, notre rabbin et un homme cultivé.
Quand ils dirent cela, j’ai surgi devant eux et dit:
-Ô Juifs, craignez Allah et acceptez celui qu’il a envoyé pour vous. Par Allah vous savez que c’est l’apôtre d'Allah. Vous verrez sa description dans la Torah et il y est même nommé. J’affirme qu’il est l’apôtre d'Allah, je crois en lui, je crois qu’il est véridique, et je le reconnais.
Ils m’accusèrent de mensonges et m’insultèrent. Ensuite, j’ai rappelé à l’apôtre d'Allah ce que j’avais dit, qu’ils allaient faire, cela, parce qu’ils étaient un peuple traître, mensonger, mauvais. J’ai publiquement proclamé ma conversion et ma tante Khadija m’a suivi.

Mahomet, Coran 3/198-9.
En vérité, parmi les détenteurs de l’écriture, il en est certes qui croient en Allah, à ce qu’on a fait descendre vers vous et à ce quon a fait descendre vers eux.
Humbles envers Allah, ils ne troquent pas les signes d’Allah à vil prix.
Ceux-là auront leur rétribution auprès de leur seigneur.
Allah est prompt à faire rendre compte.

Mahomet, Coran 3/109-111).
Les détenteurs de l'Écriture ne sont pas à égalité.
Parmi les Détenteurs de l'Écriture, il est une communauté droite159 dont les membres, durant la nuit, récitent160 les signes d'Allah, se prosternent, croient en Allah et au dernier jour, ordonnent le convenable et interdisent le blamable, qui se hatent dans les bonnes œuvres.
Ceux-là sont parmi les saints.
Quelque bien qu'ils fassent, cela ne leur sera pas dénié.
Allah connaît bien les pieux.

(Mahomet, Coran 46/9).
Dis-leur:
Que vous en semble? Si cette révélation vient d’Allah, alors que vous n’y croyez point si un témoin parmi les Fils d’Israël161 atteste sa similitude et croit, alors que vous vous enflez d’orgueil, n’est-ce point que vous êtes égarés?
Allah ne dirige point le peuple des injustes.

(Tabari, Tafsir 3/113).
On rapporte que ces trois versets ont été révélés à propos d'un groupe de Juifs qui entra en islam et dont la soumission 162 fut excellente. Ceux qui partagent cet avis se fondent sur des propos... d'Ibn Jurayj, de Qatada et de... Ibn Abbas qui a dit :
Lorsque les Juifs comme Abd Allah ibn Salam, Thalaba ibn Saya, Usayd ibn Saya et Asad ibn Ubayd entrèrent en islam avec d'autres de leurs coréligionnaires, qu'ils devinrent des croyants véritables et sincères mettant leurs espoirs en l'islam, les docteurs et les impies-dissimulateurs de la communauté juive de Médine affirmèrent que seuls, les plus mauvais des Juifs croyaient à Muhammad et le suivaient, car, disaient-ils, "s'ils avaient été les meilleurs d'entre nous, ils n'eussent pas abandonné la religion de leurs ancêtres pour une autre".
C'est alors qu'Allah fit descendre ces versets concernant leurs propos:
"Ils ne sont pas tous semblables..."

Mahomet, Coran 2/109.
Beaucoup des détenteurs de l’Ecriture voudraient refaire de vous des infidèles après que vous reçutes votre foi, par jalousie de leur part, après que la vérité s’est manifestée à eux.

(al Razi, Tafsir III)163 .

Finhas ibn Azura, Zayd ibn Qays et un groupe de Juifs dirent à Hudhayfa ibn al Yaman et Ammar ibn Yasr après la bataille d’Ohod:
-Avez-vous vu ce qui vous est arrivé? Si cela avait été une vraie religion, vous n’auriez pas été battus! Alors revenez à votre ancienne religion, parce qu’elle est meilleure et plus avantageuse, parce que notre direction est supérieure à la vôtre.
Ammar dit:
-Quelle est votre position quant aux ruptures de serment?
-C’est une affaire grave, répondirent-ils.
Il dit alors:
-J’ai juré à Allah que je ne rejetterai pas Muhammad tant que je vivrai.
-Mais celui-ci, il est parti de cette religion!164
Hudayfa dit:
-Moi, je suis satisfait avec Allah comme dieu, avec l’islam comme religion, avec le Coran comme guide, avec la Ka’ba comme qibla, avec les croyants comme frères.



3-Chagrin sans pitié.

Une fois que Muhammad prend conscience de l’échec de sa tentative, vers le début de l’année 624165 , le ton change, et les méthodes suivent. Les contacts sont rompus, les menaces et les insultes apparaissent, y compris dans le livre sacré. Le temps de la conviction est passé, et celui de la persécution commence: des appels au meurtre évidents apparaissent alors dans les discours de Muhammad.
Sur le plan doctrinal, là aussi, la rupture est franche: l’islam se construit alors en s’opposant aux usages Juifs. C’est l’acte de naissance de l’anti-judaïsme musulman.
Mais c’est aussi d’une certaine façon l’acte de naissance de l’islam lui-même: le terme apparait à cette époque, d’aobrd sous la forme du nom des fidèles, qui deviennent les muslimun, “soumis” d’après l’infinitif islam “soumission, se soumettre”.


La fin de l’argumentation contre les Juifs
(Mahomet, Coran 3/133).

Dis aux incrédules: argumenterez vous contre nous au sujet d’Allah, alors qu’il est notre seigneur?
A nous nos actions et vous vos actions.
A lui nous sommes dévoués.

La rupture des contacts.
(Mahomet, Coran 3/93-5).
Dis: ô détenteurs de l’Ecriture! pourquoi êtes vous incrédules en les signes d’Allah, alors qu’Allah est témoin de ce que vous faites?
Dis: ô détenteurs de l’Ecriture! pourquoi écartez-vous du chemin ceux qui croient, voulant tortueux ce chemin alors que vous êtes témoins et qu’Allah n’est point insoucieux de ce que vous faites?
Ô vous qui croyez! si vous obéissez à une fraction de ceux qui ont reçu l’Ecriture, ils vous rendront infidèles, après que vous avez reçu la foi166.

La rupture avec les Juifs.
(Mahomet, Coran 3/57-9).

Dis: Ô détenteurs de l'Ecriture !, venez à un terme commun entre vous et nous ! à savoir que , comme vous, nous n'adorons qu'Allah et ne lui associons rien, que les uns et les autres nous ne prenons point de seigneurs en dehors d'Allah167 !
S'ils tournent le dos, dites-leur:
-Attestez que nous sommes soumis168 à Allah!
0 détenteurs de l'Écriture !, pourquoi argumentez-vous au sujet d'Abraham, alors qu'on n'a fait descendre la Torah et l'Évangile qu'après lui ?
Eh quoi! ne raisonnerez-vous pas ?
Voici ce que vous êtes: vous argumentez sur ce dont vous avez connaissance.
Pourquoi argumentez-vous aussi sur ce dont vous n'avez pas connaissance ?
Allah sait, alors que, vous, vous ne savez pas.

La condamnation doctrinale.

Le Coran attaque les Juifs d’une manière inusitée. Ils sont accusés, comme les chrétiens, d’avoir donné un fils à leur dieu. L’amalgame s’appuie sur un court passage d’un texte apocryphe juif très populaire, le livre d’Esdras169 . Il n’est évidemment pas représentatif de l’ensemble de la doctrine juive. Mais Mohammad l’utilise pour rejetter les deux religions dans un même reproche.

(Mahomet, Coran 9/30).
Les Juifs ont dit: Ozayr170 est fils d’Allah.
Les chrétiens ont dit: Le messie est le fils d’Allah.
Tel est ce qu’ils disent, de leur bouche.
Ils imitent ceux qui furent infidèles antérieurement.
Qu’Allah les tue!
Combien ils s’écartent de la vérité!

La prétention à la réforme du judaïsme.
(Mahomet, Coran 45/13-22).

Dis à ceux qui croient de pardonner à ceux qui n'attendent point les jours d'Allah, afin qu'Allah récompense ces gens pour ce qu'ils se sont acquis !
Quiconque fait œuvre pie, le fait pour soi et quiconque fait le mal, le fait contre soi.
Plus tard, vers votre seigneur, vous serez ramenés.
Nous avons certes donné aux Fils d'Israël l'Ecriture, l'illumination171 et la prophétie. Nous leur avons attribué de bonnes
nourritures et les avons élevés au-dessus du monde172 .
Nous leur avons donné des preuves de l'ordre.
Mais poussés par une mutuelle insolence, ils ne se sont opposés qu'après que la science fut venue à eux.
Ton seigneur décidera entre eux, au jour de la résurrection, au sujet de ce sur quoi ils s'opposaient.
Ensuite, Nous t'avons placé sur une voi procédant de l'ordre.
Suis-la donc et ne suis point les doctrines pernicieuses de ceux qui ne savent pas!
Ces incrédules ne te serviront à rien contre Allah.
Les injustes sont des patrons les uns pour les autres, tandis qu'Allah est le patron de ceux qui sont pieux.
Ceci est clairvoyance pour les hommes, direction et miséricorde pour un peuple qui est convaincu.
Ceux qui commettent les œuvres mauvaises estiment-ils que nous les traiterons à égalité, en leur vie et en leur mort, avec ceux qui auront cru et auront pratiqué les œuvres pies?
Combien mauvais est leur jugement!
Allah a créé les cieux et la terre, avec sérieux, pour que chaque âme soit récompensée de ce qu'elle se sera acquis et ils ne seront pas lésés.
Que penses-tu ?
Celui qui, de sa divinité, a fait sa perdition, celui qu'Allah, sciemment, a égaré, dont il a scellé l'ouïe et le cœur et sur les yeux duquel il a placé un bandeau, celui-là, qui le dirigera en dehors d'Allah ?
Eh quoi! ne s'amenderont-ils point ?

(Mahomet, Coran 5/16).

C'est pour avoir rompu leur alliance avec nous que nous les avons maudits.
Durs nous avons fait leurs cœurs.
Ils détournent le discours de ses sens et ils ont oublié une partie de ce qui leur a été envoyé comme édification.
Tu ne cesseras, prophète!, d'éventer quelque trahison de leur part, sauf d'un petit nombre d'entre eux.
Efface leur faute et pardonne!173
Allah aime les bienfaisants.


Le début des menaces et des insultes.
(Mahomet, Coran 5/64-70).

Dis:
-Ô détenteurs de l'Écriture !, que condamnez-vous en nous sinon que nous croyons en Allah, à ce qu'Il a fait descendre vers nous, à ce qu'il a fait descendre auparavant ?
La plupart d'entre vous sont pervers.
Dis:
-Vous donnerai-je avis de ceux dont la récompense sera pire que cela, auprès d'Allah ?
Ceux qu'Allah a maudits, contre qui il s'est courroucé, dont il a fait des singes et des porcs174, qui ont adoré les Taghut175, ceux-là ont la pire place et sont les plus égarés hors du chemin uni.
Quand ils viennent à vous, ils disent176:
-Nous croyons.
Mais ils entrent avec l'impiété et ils ressortent avec elle177.
Allah sait très bien ce qu'ils se trouvent céler178.
Tu vois beaucoup d'entre eux se précipiter dans le péché, dans l'abus de droit, dans la vénalité. Combien détestable est certes ce qu'ils se trouvent faire !
Pourquoi leurs maîtres et leurs docteurs179 ne les empêchent-ils point de dire le péché et de se nourrir grace à la vénalité ?
Combien détestable est certes ce qu'ils se trouvent accomplir!
Les Juifs ont dit:
-La main d'Allah est fermée.
Non ! ce sont leurs mains qui sont fermées et ils ont été maudits à cause de ce qu'ils ont dit.
Les mains d'Allah180, tout au contraire, sont ouvertes181 .
Il accorde subsistance comme il veut.
Ce qu'on a fait descendre de ton seigneur accroît pour beaucoup d'entre eux leur rébellion et leur impiété.
Vous avons excité entre eux l'hostilité et la haine jusqu'au jour de la résurrection.
Chaque fois que fut allumé un feu pour la guerre, nous l'éteignîmes.
Ils s'évertuent à semer le scandale, sur la terre alors qu'Allah n'aime pas les semeurs de scandale.
Si les détenteurs de l'Écriture avaient cru et avaient été pieux, nous aurions effacé pour eux leurs mauvaises actions et les aurions fait entrer dans les jardins du délice, au jugement dernier.


Le rejet des rabbins.
(Poème de Sammak)182.

J’étais sans sommeil parce qu’une grande inquiétude était mon invitée
Cette nuit qui semble courte aux autres.
J’ai vu que tous les rabbins le rejetaient
Tous ces hommes de science et d’expérience
Qui savent étudier chaque sujet d’étude
Dont parlent la Torah et les psaumes.



Ultimatum.
(Muslim, Hadith 19/4363)183 .

Nous étions assis dans la mosquée quand le messager d’Allah nous dit:
-Allons voir les Juifs.
Nous sommes sortis avec lui et nous sommes allés les voir.
Le messager d’Allah se leva et les appela:
-Ô assemblée des Juifs, acceptez l’islam et vous serez saufs.
Ils répondirent:
-Abu Qasim184, tu nous a communiqués le message d’Allah.
Le messager d’Allah dit:
-C’est ce que je veux, acceptez l’islam et vous serez saufs.
.... Il ajouta:
-Vous devrez savoir que la terre appartient à Allah et à son apôtre, et j’espère vous expulser de cette terre.
Ceux qui ont des biens devront les vendre, sinon ils sauront que la terre appartient à Allah et à son apôtre.


Le refus des coutumes juives.
(Dawud, Hadith 20/3170).

L’apôtre d’Allah se mettait debout pour les funérailles jusqu’à ce que le corps soit dans la tombe. Un savant juif est venu vers lui pour dire: voici comment nous faisons, etc...
Le prophète se rassit et nous dit:
-Soyez assis et faites tout différement d’eux185 .


Processus d’élimination des Juifs.
(Muslim, Hadith 19/4364)186 .

... les Juifs des Banu Nadir et Banu Qurayza ont combattu le messager d’Allah, qui a expulsé les Banu Nadir, et a permis aux Banu Qurayza de rester et les a favorisé jusqu’à ce qu’ils le combattent à nouveau. Alors il tua leurs hommes, distribua leurs femmes et enfants et biens parmi les musulmans, sauf ceux qui ont rejoint le messager d’Allah qui leur garantit la sécurité. Ils se soumirent à l’islam. Le messager d’Allah expulsa les Juifs de Médine. Les Banu Qaynuqa et les Juifs des Banu Haritha et les autres Juifs de Médine.

Autre version d’Omar.187
(Bukhari, Hadith 59/ 362)188 .

Les Banu Nadir et les Banu Qurayza189 se sont battus entre eux; le prophète exila donc les Banu Nadir et permit aux Banu Qurayza de rester sur place ne leur prenant rien jusqu'à ce qu'ils s'attaquent au prophète de nouveau. Il tua alors leurs hommes et distribua leurs femmes, enfants et leurs biens parmi les musulmans mais certains vinrent voir le prophète qui leur accorda la sécurité et ils se convertirent à l'islam. Il exila tous les Juifs de Médine. C'était les Juifs des Banu Qaynuqa, la tribu d'Abdallah ibn Salam, les Juifs des Banu Haritha et les autres Juifs de Médine. 

Le prélude à l’extermination des Banu Qurayza.
(Ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 684-700).

Selon ce que al Zuhri m’a raconté, au moment de la prière de midi, Gabriel est apparu à l’apôtre portant un turban brodé et chevauchant une mule avec une selle couverte d’une pièce de brocard. Il demanda à l’apôtre s’il avait abandonné le combat, et qu’il lui a dit, il répondit que les anges n’avaient pas déposé leurs armes et qu’il revenait justement de la poursuite de ses ennemis.
-Allah te commande, Muhammad, d’aller contre les Banu Qurayza. Je suis sur le point de partir ébranler leurs forteresses.
Le prophète fit proclamer que personne ne ferait la prière de l’après-midi avant qu’il n’ait atteint le territoire des Banu Qurayza. L’apôtre envoya Ali en avant avec sa bannière et les hommes attachés à celle-ci. Ali avança jusqu’à ce qu’il arrive près des forteresses au point d’entendre des paroles grossières concernant l’apôtre. Il rentra voir l’apôtre sur la route et lui dit qu’il n’était pas nécessaire pour lui d’approcher plus encore ces vauriens.
L’apôtre dit:
-Pourquoi? Je pense que tu as du entendre quelque chose de mal sur moi.
Et quand Ali lui dit qu’il en était ainsi, il ajouta:
-S’ils m’avaient vu, ils n’auraient pas parlé de cette façon.
Quand l’apôtre approcha de leurs forteresses, il dit:
-Vous, frères de singes190 ! Allah vous a t-il pris en disgrâce et a t-il apporté sa vengeance contre vous?
Ils répondirent:
-Ô Abu Qasim, tu n’es pas quelqu’un de barbare.
L’apôtre alla voir un certain nombre de ses compagnons à al Saurayn avant d’aller contre les Banu Qurayza et il demanda si quelqu’un était allé chez eux. Ils répondirent que Dihya ibn Khalifa al Kalbi était allé chez eux sur une mule dont la selle était couverte d’une pièce de brocard. Il dit:
-C’était Gabriel qui leur a été envoyé pour ébranler leurs forteresses et frapper leurs coeurs de terreur191 .

Poésie anti-rabbinique.
(Kab ibn Malik192 ).

Les rabbins ont été humiliés pour leur traitrise,
Cette fois, la roue du temps tourne bien.
Ils sont nié Allah le puissant
Dont le pouvoir est grand.
Ils avaient reçu la connaissance et l’intelligence
Et un avertisseur d’Allah est venu à eux,
Un avertisseur véridique qui a apporté un livre
Avec des versets riches et lumineux.
Ils ont dit: tu n’apportes rien de vrai
Et tu ne mérites pas plus la désapprobation d’Allah que nous.
Il a dit: non! Je vous apporte la vérité,
Les sages et les intelligents me croient
Celui qui suit cela est vraiment bien guidé
Et l’infidèle sera récompensé pour cela.


Caricature de la doctrine des Juifs.
(Bukhari Hadith 65/39, 2).

Un des rabbins Juifs vint trouver l'envoyé d'Allah et lui dit:
-Ô Muhammad, nous trouvons193 qu’Allah a placé les cieux sur un doigt, les terres sur un doigt, les arbres sur un doigt, l'eau et l'humidité sur un doigt et tous les êtres créés sur un doigt, et il a dit
-Je suis le souverain. En entendant ces paroles du rabbin, le prophète se prit à rire à gorge déployée pour les confirmer. Puis, l'envoyé d'Allah récita ce verset:
Ils n'ont point apprécié Allah comme il méritait d'être apprécié. An jour de la Résurrection, de ma main droite, je saisirai la terre en entier et replierai les cieux sur eux-mêmes194
Qu'il soit loué et exalté à l'exclusion des êtres que vous lui associez!195

Le meurtre du juif ibn Sunayna: mise en évidence de la force de l’islam.196
(Ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 553-4).

L’apôtre d'Allah a dit:
-Tuez tous les Juifs qui sont en votre pouvoir.
Là dessus, Muhayyisa ibn Masud se rua sur Ibn Sunayna, un marchand juif avec qui il avait des relations sociales et commerciales normales, et il le tua. Huwayyisa n’était pas musulman à ce moment, et il était son aîné. Après le meurtre, Huhayyisa commença à frapper son frère, en disant:
-Ennemi d’Allah, pourquoi l’as tu tué, alors que le gras qui est sur ton ventre vient justement de sa fortune?
Muhayyisa dit:
-Si celui qui m’a ordonné de le tuer m’avait aussi ordonné de te trancher la tête, je l’aurai fait!
Il dit cela, et ce fut le début de l’acceptation de l’islam par Huhayyisa.
L’autre répondit:
-Par Allah, si Muhammad t’avait ordonné de me tuer, tu l’aurais fait?
-Oui, par Allah! S’il m’avait ordonné de te trancher la tête, je l’aurai fait!
Il s’exclamait :
-Par Allah, une religion qui t’amène à faire cela est merveilleuse!
Et il est devenu musulman.
J’ai appris cette histoire par un client des Banu Haritha, par une fille de Muhayyisa, à partir de Muhayyisa lui-même.
Muhayyisa a composé les vers suivant sur cette affaire:
Le fils de ma mère m’a blamé par ce que si j’avais reçu l’ordre de le tuer
J’aurai frappé sa nuque avec un sabre tranchant,
une lame aussi blanche que le sel à force d’être polie
Mon coup frappe et ne rate pas sa cible.
Cela ne me plait pas de te tuer volontairement
Et pourtant, nous possédons maintenant l’Arabie du nord au sud197 .

(Dawud, Hadith 19/2996).

Récit de Muhayyisa.
L’envoyé d'Allah a dit:
-Si vous remportez une victoire sur les Juifs, tuez-les.
Alors Muhayyisa a sauté sur Shubayba, un marchand parmi les Juifs. Il avait d’étroites relations avec lui avant. Il le tua.
A ce moment, son frère Huwayyisa n’avait pas accepté l’islam. Il était aussi plus vieux que Muhassiya. Quand il a tué (le juif) , Huwayyisa l’a frappé, en disant:
-Ô ennemi d’Allah, je jure par Allah, tu as sur le ventre un bon paquet de graisse qui vient de ses biens!

Elégie d’Abu Rafi198 sur le destin des Juifs de Médine
(Aghani XXI, 92-3)199 .

Maintenant, je suis enchaîné à mon lit
Je suis dégouté par l’erreur de mon peuple et leur culpabilité
Dégouté des conseils stupides qu’ils ont suivis après avoir compris
Dégouté des reproches qui poussaient vers la voie juste et que personne n’a choisi
En effet, si seulement mon peuple avait suivi les sages
Ils n’auraient rien transgressé200 et n’auraient pas été la cause de tant de mal.
Mais ils ont suivi le trompeur
Et le peuple sanguinaire a frappé nos foyers comme des serpents
Les fous ont démoli le raisonnement des gens intelligents
Et notre cause a été perdue sans pouvoir être récupérée.




4- Un petit bréviaire de la haine.

L’anti-judaïsme musulman a laissé une production littéraire considérable en ampleur, en variété et en inventivité201 . Elle témoigne de l’intensité du dépit, puis de la rancoeur qu’ a pu éprouver Muhammad. Dans ces extraits tirés exclusivement de la tradition (les hadiths202 ), les Juifs sont traités de la façon la plus féroce, en paroles et en actes et sont accusés de tous les maux.. Ces instantanés de la haine dans la vie quotidienne sont sans doute en partie apocryphes: des reconstructions issues de l’anti-judaïsme musulman des siècles suivants, qui cherche à trouver une légitimité dans les temps primitifs.


Le début de la colère.
(Mahomet, Coran 1).

Au nom d'Allah, le Bienfaiteur miséricordieux.
Louange à Allah, Seigneur des Mondes,
Bienfaiteur miséricordieux, Souverain du jour du jugement!
C'est toi que nous adorons, toi dont nous demandons l'aide!
Conduis-nous dans la voie droite, la voie de ceux à qui tu as donnés tes bienfaits qui ne sont ni l'objet de ton courroux203, ni les égarés.

L’avis de Tabari.
(Tabari, Tafsir, Fatiha 1,7; 1,4).
On nous demandera peut-être: qui sont ceux qui encourent ta colère (...)?
Il est légitime de citer ce verset204 pour décrire ceux qui encourent la colère d’Allah car de nombreux hadiths rapportés par Abiyy ibn Hatim témoignent que le prophète a dit en commentant ce verset de la Fatiha que “ceux qui sont ... sont les Juifs205 ”.

Les singes206 et les porcs.
Il semble, au vu du nombre et de l’ampleur des textes consacrés à la transformation des Juifs en animaux répugnants que le public musulman ait été particulièrement friand de ce sujet.

(Mahomet, Coran 5/65-7).

Dis : Vous donnerai-je avis de ceux dont la récompense207 sera pire que cela, auprès d'Allah ?
Ceux qu'Allah a maudits, contre qui Il s'est courroucé, dont il a fait des singes et des porcs, qui ont adoré les Taghut, ceux-là ont la pire place et sont les plus égarés hors du chemin uni.
Quand ils viennent à vous, ils disent :
-Nous croyons.
Mais ils entrent avec l'impiété et ils ressortent avec elle.
Allah sait très bien ce qu'ils se trouvent céler.
Tu vois beaucoup d'entre eux se précipiter dans le péché, dans l'abus de droit, dans la vénalité.
Combien détestable est certes ce qu'ils se trouvent faire!

(Tabari, Tafsir 5/60).
Vous informerai-je au sujet de quelque chose qui est bien plus mauvais
sous le rapport de la rétribution auprès d'Allah ?

c'est-à-dire : quelque chose qui est bien plus "mauvais", sous le rapport de la rétribution208 auprès de Allah que ne l'est notre foi en lui, à ce qui a été descendu vers nous et à ce qui a été descendu auparavant.
Aux Juifs dont Il a décrit l'attitude dans les versets précédents, Allah adresse à présent un blame, en employant 1'insinuation ironique209 et en leur disant, par une forme de discours originale des plus belles et d’une manière apparemment impropre, des choses dont ils connaissent la signification véritable.
Allah leur dit en quelque sorte ceci : puisque vous en arrivez à considérer cette foi des croyants comme un mal, puisque, d'une certaine façon, vous la leur reprochez, souvenez-vous de quelque chose qui est "bien plus mauvais" : ce sont toutes les désobéissances commises par ceux de votre Communauté qui vous précédèrent, que Allah a exécrés 210 et contre lesquels Il s'est irrité, notamment ce sont toutes les désobéissances commises par ceux d'entre eux dont il fit des singes et des porcs; et enfin c'est aussi la désobéissance commise par celui qui adora le taghut. Auprès de Allah tous ceux-là auront une rétribution bien plus mauvaise si l'on peut dire que celle qu'auront les croyants, et cela en dépit du fait qu'ils ont déjà subi dans ce monde cet opprobre d'avoir été exécrés par Allah, c'est-à-dire éloignés de sa miséricorde, d'avoir encourusa colère, d'avoir été métamorphosés comme ce fut le cas de ceux d'entre eux qui transgressèrent le Sabbat et furent changés en singes 211 ou comme ce fut le cas de ceux d'entre eux, dont il est question dans le propos suivant, qui furent changés en porcs 212 :
... Amir ibn Kathir, mawla213 de Abu Ayyub al Ansari rapporte le cas de certains Banu Israël, qui, dans une de leurs villes, s'étaient regroupés autour de leur roi en s'entendant avec lui pour vivre dans la dépravation la plus complète. Parmi eux, une sainte femme qui restait fermement attachée à ce qui subsistait de la soumission214 tenta, à plusieurs reprises, de rallier autour d'elle tous ceux qui refusaient de se perdre dans l'égarement où les autres s'étaient engagés à la suite de leur roi. Chaque fois ses partisans furent totalement exterminés et finalement elle resta seule pour défendre 1'obéissance 215 à Allah. Après qu'elle eut imploré le secours d'Allah toute une nuit, en étant affligée de voir ainsi traitée 1'obéissance due à Allah, elle retrouva au matin tous les gens de sa ville transformés en porcs.

Les singes.
(Mahomet, Coran 2/65).

Certes vous connaissez ceux qui, parmi vous, ont transgressé le sabbat216; nous leur avons dit:
-Soyez des singes abjects217.

(Tabari, Tafsir 7/163).
Au petit matin, ceux qui avaient exhorté à respecter le sabbat frappèrent à la porte du quartier où s'étaient regroupés ceux qui avaient transgressé. Ils eurent beau crier, ils n'obtinrent aucune réponse. Ils installèrent une échelle et demandèrent à l'un d'entre eux de monter sur le mur de la ville pour voir ce qui se passait. Une fois sur le faite du mur, il se retourna soudain vers eux et leur cria :
-Oh, serviteurs d'Allah ! Des singes ! Par Allah ! Des singes qui poussent des cris et qui ont une queue !
Sur ce, ils entrèrent dans le quartier: les singes reconnurent leurs parents et proches restés humains, tandis que ceux-ci ne les reconnaissaient pas. Pour se faire reconnaître d'eux, ceux qui avaient été frappés de métamorphose venaient flairer leurs vêtements et geindre près d'eux.
-Ne vous avions-nous pas interdit de faire cela ? leur disaient les hommes, et les singes de leur répondre par hochement de tête. ( ... )
Ibn Abbas ajouta:
-Je vois bien que ceux qui interdirent le mal furent sauvés, mais je ne vois pas ce qui advint des autres qui sont mentionnés et dont il est dit qu'ils demandèrent à ces gens pourquoi ils exhortaient leurs contribules; nous verrions même quelque chose de blamable dans leur attitude, mais nous n'oserions l'affirmer.
- Oh! Qu'Allah fasse de moi ta rançon, lui répondit Ikrima. Mais ne vois-tu pas qu'ils ont aussi désapprouvés ce à quoi s'adonnaient leurs contribules et qu'ils s'en sont séparés, puisqu'en parlant d'eux ils ont dit que c'était des gens qu'Allah va faire périr ou va châtier d'un châtiment douloureux ?

L’âne.
(Mahomet, Coran 62/5).

L’image de ceux qui ont été chargés de la Torah et qui, par la suite, ne s’en chargèrent point, sont à la ressemblance de l’ane chargé de livres218.
Combien détestable est l’image de ce peuple qui traite nos signes de mensonges!
Allah ne dirige point le peuple des injustes.

Détestable demeure.
(Mahomet, Coran 13/25-6).

Salut sur vous, en prix d'avoir été constants !
Combien agréable est l'inéluctable demeure!
Au contraire, ceux qui violent le pacte d'Allah après son Alliance, qui tranchent les liens qu'Allah a ordonné de maintenir, qui sèment le scandale sur la terre, sur ceux-là la malédiction! à ceux-là la détestable demeure !
Allah dispense et mesure son attribution à qui il veut.
Ces infidèles se sont réjouis de la vie immédiate, or la vie immédiate, par rapport à la vie dernière, n'est qu'éphémère jouissance.

Malédictions.
(Mahomet, Coran 3/106/108).

Si les détenteurs de l'Ecriture avaient cru, cela eût été mieux pour eux. Parmi eux, il est des croyants, mais la plupart sont des pervers.
Ils ne vous porteront qu'un dommage léger: s'ils vous combattent, ils vous montreront le dos219 et, ensuite, ne seront point secourus.
L'humiliation leur a été impartie, quelque part qu'ils soient acculés, sauf ceux protégés par un lien d'Allah ou un lien de ces gens.
Ils ont encouru la colère d'Allah.
La pauvreté leur a été impartie.
Cela pour prix d'avoir été incrédules en les signes220 d'Allah et d'avoir sans droit tué les prophètes221.
Cela pour prix d’avoir désobéi et d’avoir été trans