- XV -
ORDRE NOUVEAU EN ARABIE
(630-631)
Celui qui change pour une autre la vraie religion,
quon le tue!.
Muhammad ibn Abdallah1 .
I
La marche sur la Mecque
1- La rupture de la trêve.
Muhammad profite dune guerre civile larvée à la Mecque pour intervenir, et rompre la trêve. Quand il le faut, il sait réactiver les liens de solidarité tribale. Il est notable que ceux quil vient protéger en force ne sont pas encore musulmans. Mais il est préférable de surmonter pour le moment lhabituel dégout que provoquent à cette époque les infidèles.
1-Rappel de laccord dHodaybiyya.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois I 271).
Dans le traité que le prophète avait conclu à Hodaybiyya avec les Quraysh, il était stipulé que ceux-ci ne lui feraient pas la guerre, qu'ils n'aideraient pas ses ennemis, qu'ils n'exciteraient personne contre lui, qu'ils ne donneraient point de secours à ses ennemis, soit en armés, soit en hommes, et qu'ils ne feraient pas et n'aideraient pas à faire la guerre à ses alliés. Or il y avait, sur le territoire de la Mecque, deux tribus alliées du prophète, l'une nommée les Banu Khuzaa, l'autre les Banu Bakr ibn Kinana. Les Banu Khuzaa étaient d'anciens alliés des Banu Hashim, tandis que les Banu Bakr étaient alliés avec les Banu Omayya, les Banu Makhzum et d'autres Quraysh. Lors de la conclusion du traité de Hodaybiyya, les Banu Khuzaa s'étaient déclarés les alliés du prophète, qui les avait acceptés et qui leur avait assuré qu'ils seraient à la Mecque sous sa protection, quoiqu'ils ne fussent pas de sa religion. Les Banu Bakr avaient renoncé à son alliance et à sa protection. Après ces stipulations, on s'était séparé, et le prophète était retourné à Médine.
2-Les étincelles.
Cest une atteinte à limage de Muhammad, le prophète, qui est la cause première de tout le mouvement.
(Baladuri, Livre des conquêtes 36).
Un membre du clan des Khuzaa ayant entendu quun membre des Kinana avait chanté un poême satirique2 contre le prophète, il lattaqua et lui fracassa le crâne. Lincident provoqua la dissension et laffrontement des deux parties. Les Quraysh, renforcés par les Kinana, attaquèrent les Khuzaa de nuit, violant ainsi laccord. Ensuite, Amir (...) vint trouver le prophète et lui demanda son aide. Cela conduisit le prophète à envahir la Mecque.
Les troubles à la Mecque.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 803).
Quand fut conclu larmistice, les Banual Dil et les Banu Bakr prirent lavantage sur les Khuzaa dans leur désir de se venger sur eux pour les fils dAswad quils avaient tués. Alors Naufal ibn Muawiya (...) leur chef à ce moment, partit avec les Banu al Dil, sans les Banu Bakr et ils attaquèrent les Khuzaa de nuit, alors quils étaient près de leur puit al Watir, tuant un de leurs hommes. Les deux parties se replièrent et continuèrent la lutte. Les Quraysh aidèrent les Banu Bakr avec leurs armes, et certains dentre eux ont combattu secrètement avec eux, sous couvert de la nuit, et ils finirent par repousser les Khuzaa à lintérieur de laire sacrée. Quand ils furent dedans, les Banu Bakr dirent:
-Nawfal, nous sommes dans laire sacrée. Souviens toi de notre dieu! Souviens toi de notre dieu!
Il répondit en termes blasphématoires, et disant quil navait pas de dieu pendant ce jour-ci3.
(Waqidi, Livre de des expéditions 64)
... à lépoque de la jahiliyya, il y eut une dette de sang à payer entre les Khuzaa et les Banu Bakr (...). Les Khuzaa avaient frappé à mort un membre des Bakr. Et ensuite, les Bakr avaient attaqué un Khuzaa, ensuite les Khuzaa contre trois des Banu Bakr les plus nobles, Dhuayb, Salma et Kulthum, les fils de al Aswad, pour lesquels il fallait payer le double comme prix du sang. Ils les avaient tués à Urana, au bornes du sanctuaire.
Linimitié continua, et tout repartit à loccasion suivante(...).
Finalement, Anas ibn Zunaym fut frappé jusquau sang par un Khuzaa parce quil avait composé des vers satiriques contre le prophète, et cest qui entraina la suite des événements.
3-Lexploitation de lincident.
Lintervention de Muhammad.
( Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 805-6).
Quand les Quraysh et les Banu Bakr se furent alliés contre les Khuzaa et quils en eurent tué certains, rompant ainsi leur parole face à lenvoyé, en agressant les Khuzaa , qui était liés à lui, alor, Amir ibn Salim al Khuzaa du clan des Banu Kab vint voir lenvoyé à Médine (Cela conduisit finalement à la conquête de la Mecque).
Il se mit debout face à lui, qui était assis parmi ses gens dans la mosquée. Il dit:
-Ô seigneur, je suis venu rappeler à Muhammad la vieille alliance qui existe entre notre père. Vous êtes les fils dont nous avons fournis la mère, nous avons fait la paix et navons pas changé dans nos esprits. Aide-nous, maintenant quAllah te guide, et appelle les serviteurs dAllah à notre aide...
Lenvoyé dit alors:
-Puisses tu être aidé, ô Amir ibn Salim.
Un nuage apparut dans le ciel, et il dit:
-Ce nuage va fournir de laide aux Banu Kab.
(Waqidi, Livre de des expéditions 64).
Amir ibn Salim se mit à la tête dune ambassade de 40 Khuzaa vers Muhammad et il présenta devant quelques vers dans lesquels il demande le soutien contre les Quraysh. Il se plaignit aussi dAnas ibn Zumayn, à cause des vers satiriques quil avait composés contre lui. Et celui-ci le condamna au bannissement; plus tard, il lui pardonna pourtant sur les conseils de Nawfal, après quil eut composé des vers élogieux pour le prophète.4
Lordre divin.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois I 272).
Les Khuzaa se réunirent pour délibérer, et firent partir l'un d'entre eux, nommé Amir ibn Salim, vers le prophète, pour lui rendre compte de la manière dont les quraysh avaient rompu le traité, et pour réclamer son assistance. Avant que cet homme fut arrivé à Médine, Gabriel était venu avertir le prophète, et lui avait apporté de la part d'Allah l'ordre d'aller attaquer la Mecque, et la promesse de la victoire. LorsquAmir ibn Salim, se présenta devant lui et remplit son message, le prophète lui dit, en présence du public :
-Allah t'assistera, toi et tous les Banu Khozaa.
Le mensonge dAmir ibn Salim
(Waqidi, Livre de des expéditions 64).
...Sur son chemin vers Médine, Abu Sufyan tombe sur une partie des Khuzaa5 sur le retour. Il était certain quils étaient allés chez Muhammad. Mais quand il leur demanda, le chef répondit quil était allé négocier une vengeance de sang entre gens de sa tribu.
soir, Abu Sufyan continua son chemin, et il se mit à examiner le crottin des chameaux et il y trouva des noyaux de dattes de Médine. Il dit alors:
-Ces gens-là se sont sûrement rendus à Médine, ce matin même.
Le retour sans gloire dAbu Sufyan
(Waqidi, Livre de des expéditions 64).
Les Mecquois le soupçonnaient entretemps, à cause de ses longues absences dêtre devenu sabéen.
La nuit, il rentra chez lui, et sa femme Hind lui parla de ce sujet. Il sapprocha delle, comme un homme fait avec une femme6, et en même temps, il lui racontait ce qui sétait passé. Mais elle le repoussa avec les pieds, le frappant en pleine poitrine, en sécriant:
-Quel mauvais négociateur tu fais!
La décision de lassaut
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 808).
Lenvoyé ordonna le début des préparations de lexpédition et Abu Bakr vint voir sa fille Aïsha alors quelle sortait léquipement de lenvoyé. Elle demanda si lenvoyé lui avait ordonné de préparer toutes ces choses, et elle dit quelle lavait fait, et que son père ferait mieux de se préparer. Elle lui dit aussi quelle ne savait pas où les troupes allaient. Plus tard, lenvoyé informa ses hommes quil allait partir à la Mecque et leur ordonna de se préparer avec soin. Il ajouta:
-Prenez les yeux et les oreilles des Quraysh pour que nous puissions les prendre par surprise sur leurs terres. Et les hommes se tinrent prêts.
Leffet de surprise
(Mahomet, Coran 18/10).
Ô Allah, frappe leurs oreilles de surdité, quils ne puissent pas entendre et quon les prenne par surprise.7
La diversion dAbu Qatada.
(Waqidi, Livre de des expéditions 64).
Pour mettre les gens sur une fausse piste, Muhammad envoya Abu Qatada avec 8 hommes vers Bathna Isham. (...)
Alors que nous8 étions dans une partie de la vallée dIsham, Amir passa à côté de nous, et nous salua avec la salutation de lislam. Malgré cela, Mukhallam lattaqua, le tua et le dépouilla. Ceci a été la circonstance de la révélation de la sourate 4, verset 96.
Le verset révélé.
(Mahomet,Coran 4/96).
Ô vous qui croyez!
Quand vous vous engagez dans le chemin dAllah, voyez bien clair et ne dites point à celui qui vous offre la paix: tu nes pas croyant!, rechercant par là ce quoffre la vie immédiate. Auprès dAllah sont les prises de guerre nombreuses.
Ainsi, vous vous comportiez antérieurement, mais Allah les a comblés.
Voyez bien clair!
Allah, de ce que vous faites, est bien informé.
4-Les versions de la conversion dAbu Sufyan.
La conversion, forcée et du bout des lèvres, de larchi-ennemi de Muhammad a donné lieu à plusieurs versions; chaque auteur a voulu donner à cette pièce de choix une tonalité personnelle. Le fait quAbu Sufyan soit à lorigine de la dynastie ommeyade ny est sûrement pas étranger.
La capture dAbu Sufyan.
(Baladuri, Livre des conquêtes 37).
Le prophète accéléra la marche et alla camper à Marr az Zahran. Les Quraysh demandèrent à Abu Sufyan de rentrer. Mais quand il passa à Zahran, il vit les feux et les tentes et dit:
-Que sont ces gens? On dirait quils célèbrent la nuit de lArafa...
Disant cela, il fut encerclé par les cavaliers du prophète, qui te firent prisonnier. Il fut amené devant le prophète. Omar arriva et voulut lexécuter mais al Abbas sinterposa et Abu Sufyan accepta lislam9 et se présenta lui-même devant le prophète.
Les observations dAbu Sufyan.
(Baladuri, Livre des conquêtes 37).
-Que se passe t-il? Vont-ils me tuer?
-Non, répondit al Abbas, ils se lèvent pour la prière.
Comme ils commençaient à prier, Abu Sufyan remarqua que quand le prophète sagenouillait, ils sagenouillaient, quand il sinclinait, ils sinclinaient.
Là dessus, il conclut:
-Par Allah, je nai jamais vu, comme aujourdhui une telle soumission dun peuple venu dici ou là, ni de la part des nobles Perses, ni des Grecs aux longues franges.
La conversion dAbu Sufyan.
(Waqidi, Livre des expéditions 64).
Abu Sufyan, frère de lait et ami de jeunesse de Muhammad se mettait à évoluer depuis la révélation de Muhammad et devint son adversaire le plus dur.
(...)
Dans cette inimitié contre Muhammad, Abu Sufyan se tint durant 20 ans; il nétait jamais absent dune entreprise des Mecquois contre mais maintenant, il se disait:
(...)
-De quel côté, vais-je aller? Lislam sest établi totalement. Jai donc décidé de me rendre avec femme et enfants chez Muhammad.
Comme Muhammad apparut, je me mis devant lui, et il me jeta un long regard et détourna son visage. Je me mettais alors de lautre côté et il tournait le visage encore. Cela se répétait plusieurs fois. Javais pensé quil serait enchanté de ma conversion, mais là, je me sentais mal à laise et je prenais peur. Suivant lexemple de Muhammad, les autres se détournèrent de moi...
Il ne me parlait toujours pas et se détournait toujours en me voyant.
Finalement, après la conquête de la Mecque... Il me lança un regard plus gentil... Je sautais de mon cheval, décidé de mourir pour lui. Il demanda alors à al Abbas de me faire venir.
(...)
Selon une autre version, Abu Sufyan rencontra le prophète (...) mais il ne fut pas autorisé à le voir. Abu Sufyan dit alors:
-Soit il maccepte, soit moi et mon petit fils, nous allons mourir dans le désert.
Entendant cela, Muhammad fut pris de pitié et accepta leur soumission. Et ils devinrent de bons musulmans.
(...)
Quand larmée musulmane installa son camp à Marrr al Tharan, il ny avait pas encore de nouvelle qui était venue à la Mecque de ce fait.
Les Quraysh décidèrent denvoyer Abu Sufyan pour prendre des nouvelles et dobtenir des assurances de la part de Muhammad.
La plus grand partie de la nuit passa en négociation, et Budayl et Hakim firent leur profession de foi mais Abu Sufyan, de son côté navait rien contre la première proposition Il ny a pas dautre dieu quAllah, mais quà propos de la seconde Muhammad est son prophète10 , il avait encore de légers doutes.
Après que Muhammad eut accepté la protection des envoyés, al Abbas les reçut dans ses quartiers. Le matin, Abu Sufyan prit peur à cause de lappel à la prière qui résonnait de partout dans larmée. Al Abbas lui expliqua et annonça que les musulmans devaient faire cinq prières. Abu Sufyan estima que cétait vraiment beaucoup trop. Quand il vit les musulmans se ruer sur leau des ablutions du prophète, il dit, avec surprise:
-Cette chose, je ne lai vue ni chez le roi des Perses, ni lempereur.
-Alors convertis-toi! dit al Abbas.
Il souhaita voir encore une fois le prophète pour faire sa profession de foi complète.
(...)
Je11 craignais le pire pour les Quraysh, au cas où les Muhammad semparaient de la Mecque par la force, au moment où Muhammad sinstalla à Marra al Tharan.
Je reconnus Abu Sufyan et je lui criais pour lui exposer vite la situation. Effrayé, il demande ce quil devait faire.
-Assieds-toi sur la croupe de cette mule et viens avec moi vers le prophète. Sinon, tu es mort sils te rattrapent...
Nous avons été contrôlés plusieurs jusquà notre arrivée devant Omar. Quand celui-ci reconnut Abu Sufyan, il sécria:
-Merci à Allah, qui nous a livré lennemi de lislam sans accord de sauvegarde!
Il partit aussitôt vers le prophète et moi je me poussais la mule en avant pour arriver en même temps que lui. Il entra immédiatement après moi dans la tente et demanda la permission de trancher la tête dAbu Sufyan.
Moi je disais quil était sous ma protection et en me tenant près de lapôtre d'Allah, déclarais que à part moi, personne ne lui parler en privé. Après avoir débattu quelque temps, Muhammad me dit:
-Je taccorde sa protection, mène-le à tes quartiers et fait le revenir demain matin ici.
Le matin suivant, Muhammad lui exposa lislam. Il répondit quil ny avait pas de dieu sinon Allah, et que cela lui semblait clair. Parce que, sil y en avait, dit-il, ils lauraient aidé...
Mais que Muhammad était lapôtre d'Allah, vraiment il avait toujours des doutes, qui pourtant ont disparu dès que je me mis à le menacer:
-Soumets toi vite, sinon, tu seras exécuté.
Là, il se soumit totalement.
je dis ensuite à Muhammad:
-Tu connais Abu Sufyan, et ses ambitions. Il faut lui fournir une compensation.
-Oui, va dans son domaine et protège ses biens.
A notre départ, Muhammad nous dit:
-Retiens-le un peu, près la route, au niveau de la colline pour quil voit passer les troupes dAllah12.
2-Personne ne peut leur résister.
La marche sur la Mecque sest déroulée presque sans combats13, sans violence manifeste, si lon compare avec le reste des opérations décidées par Muhammad. Mais la violence est remplacée par une habile politique de terreur et la tradition musulmane considère dailleurs que la ville a été prise de force14.
Il faut pétrifier les Mecquois pour rendre tout résistance impossible. Le montant des effectifs à lui seul (plus de 10 000 hommes) suffit à le faire comprendre: jamais une telle troupe na été rassemblée en Arabie15 .
La soumission dAbu Sufyan et Abbas, les deux dirigeants mecquois est un prélude. Ils viennent pour négocier, vider de lintérieur la capacité de résisance des Mecquois, et sauver la ville, lui offrir la défaite pour lui éviter la catastrophe16 .
1-La Grande Armée.
La revue des troupes musulmanes:17 .
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 810, 814-5).
Il se mit en route jusquà Marr al Zahran avec dix mille musulmans; les Sulaym étaient sept cents et certains disent mille; les Muzayna, mille, et dans chaque tribu, un grand nombre étaient musulmans. Les muhajirun et les ansar partirent comme un seul homme18 ; aucun ne resta derrière. (...)
Quand il partit en arrière, lenvoyé me dit de linstaller au niveau le plus étroit de la vallée, là où la montagne avance, de telle façon que les armées dAllah puissent passer et quil puisse bien les voir.
Les escadrons passèrent devant lui avec leurs étendards, et chaque fois, il demanda qui ils étaient.
Il vit les Sulaym et il dit:
-Quai-je à faire avec les Sulaym19 ?
Même chose avec les Muzayna, jusquà ce que tous soient passés, il posa a même question et fit la même réponse à la question20.
A la fin, lenvoyé passa en revue son escadron vert-noir dans lequel il ny avait que des muhajirun et des ansar dont seuls les yeux étaient visibles à cause de leur armure21.
Il dit:
-Bonté céleste, Abbas, qui sont-ils?
Je lui dis que personne ne pourrait leur résister.
Autre estimation des effectifs
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois I 247).
Tous les hommes valides de Médine, muhajir et ansar, prirent les armes et partirent. A la première étape, le prophète passa l'armée en revue. Elle se composait de dix mille hommes: cinq mille muhajir et ansar, et cinq mille hommes des différentes tribus arabes, telles que les Banu Sulaym, les Banu Ghatafan, les Banu Johayna, les Banu Tamim et les Banu Asad.
Le prophète partit le 10 du mois de ramadan, avec ces dix mille hommes, tous montés, complètement armés et approvisionnés.
(Waqidi, Livre de des expéditions 64)
Le mercredi du 10 de ramadan, après la prière de laprès-midi, Muhammad partit à la tête de 10 000 hommes et narrêta quà al Sasal.
Lavant-garde de 200 hommes était conduite par al Zubayr.
La terreur dAbu Sufyan
(Tabari, Histoire des prophètes I 279).
En levant le camp, le prophète dit à Abbas :
-Conduis Abu Sufyan à un endroit où la route est resserrée, au moment où l'armée y passera, afin qu'il la voie défiler, et que, à son retour à la Mecque, il puisse dire aux habitants combien elle est nombreuse, pour qu'ils ne songent pas à la résistance.
Abbas et Abu Sufyan, postés à l'issue de la vallée, virent les troupes, montées sur de beaux chevaux et complètement armées, défiler les unes après les autres. Abu Sufyan questionnait Abbas sur chaque corps qu'il voyait passer, et Abbas lui nommait toutes les tribus, les Banu Ghatafan, les Banu Solaym, les Banu Johayna, et toutes les autres, qui formaient cinq mille hommes. Enfin le prophète parut au milieu d'un corps de cinq mille hommes, formé de muhajirun et ansar, armés de casques et de cuirasses, de sorte qu'on ne voyait de leurs corps que les yeux; ils ressemblaient à des masses de fer, et on les appelait la troupe verte, parce que, de loin, le fer les faisait paraitre de couleur verte. A leur aspect, Abu Sufyan fut frappé d'étonnement et de terreur, et il dit à al Abbas :
-Certes, la royauté du fils de ton frère est grande.
Abbas répliqua :
-Malheur à toi! Il n'est pas un roi, mais un prophète!22
2-Episodes de loffensive.
Parmi les anecdotes, une permission de rompre le jeûne pendant le jihad, jihad qui décidement, predn le pas sur quasiment tout, y compris les obligations rituelles.
La rupture du jeûne.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois I 276).
La journée était très chaude, et l'observation du jeune du ramadan fort pénible. Alors fut révélé le verset suivant:
... Celui qui est malade et celui qui est en voyage jeûneront, dans la suite, le même nombre de jours, etc. 23
En conséquence, le prophète rompit le jeûne. En quittant ce campement, il s'avança jusqu'à Osfan.
(Waqidi, Livre de des expéditions 64).
A al Kadid, Muhammad. a pris un bol avec de leau, et a rompu le jeune devant tout le monde. Quand il entendit que dautres continuaient le jeûne, il considéra que cétait des personnes désobéissantes.
Il déclara:
-Comme vous êtes en train dattaquer lennemi, il est préférable de rompre le jeûne.
Linquiétude des troupes.
(Waqidi, Livre de des expéditions 64).
A al Arg, les musulmans commençaient à avoir des doutes: allaient-ils combattre contre les Quraysh ou contre les Hawazin?
Pour leur fournir quelque certitude, Kab ibn Malik se rendit chez Muhammad, se mit à genoux et déclama un poème dans lequel il sexprima lidée que larmée marchait contre les Thaqif. Muhammad. souriait, sans rien dire, et à la fin, on se mit à se moquer de Kab.
A Qudayd, Muhammad a été interrogé ainsi:
-As-tu vraiment envie de prendre des femmes blanches et des chameaux marrons?24
Il répondit:
-Allah ma rendu les Mecquois invulnérables.
Sara la messagère.
(Ibn Hisham, Conduite de lapôtre d'Allah 809-810).
Lorsque le prophète eut décidé de marcher sur La Mecque, Hatib ibn Abu Baltaa écrivit aux Quraysh, pour les informer de cette décision, une lettre qu'il confia à une femme appartenant, selon Muhammad ibn Djafar, aux Muzayna ou qui, d'après d'autres, était Sara, cliente25 d'un membre des Banu Abd al Muttalib, en la chargeant, moyennant rétribution, de la faire parvenir aux Quraysh. Cette femme plaça la lettre sur sa tête en l'enveloppant dans ses tresses et se mit en route. Mais le prophète, informé par le ciel26 de l'acte de Hatib, dépêcha Ali ibn Abu Talib et al Zubayr ibn al Awwam en leur enjoignant de rattraper une femme porteuse d'une lettre de Hatib ibn Abi Baltaa aux Quraysh pour les informer de la décision qu'il avait prise à leur sujet et les mettre en garde. Ils la rejoignirent à al Khulayqa (...), la firent descendre de sa monture et fouillèrent ses affaires, mais sans succès.
Ali ibn Abu Talib lui dit alors :
-Je jure par Allah que l'on n'a menti ni au prophète ni à nous-mêmes. Tu vas retirer cette lettre de sa cachette ou nous te mettrons nue.
Voyant qu'il ne plaisantait pas, elle lui demanda de se détourner, puis elle défit ses tresses et en retira la lettre qu'elle lui remit .
3-Les combats.
(Ibn Hisham, Conduite de lenvoyé dAllah 817).
Safwan ibn Umayya, Ikrima ibn Abu Jahl et Suhayl ibnb Amir avait rassemblé des hommes à al Khadama pour combattre. Himas ibn Qays (...) aiguisait son épée avant larrivée de lenvoyé dans la Mecque, et sa femme lui demanda pourquoi il faisait aisni. Il lui dit que cétait pour Muhammad et ses compagnons. Elle dit quelle pensait que cela ne ferait pas grand mal....
Il alla ensuite à al Khadama avec Safwan, Suhayl et Ikrima et quand les musulmans sont arrivés, une escarmouche sensuivit dans laquelle Kurz ibn Jabir (...) et Khunays ibn Khalid (....), qui était dans la cavalerie de Khalid furent tués. Ils avaient pris un chemin à part et furent tués ensemble. Khunays fut tué dabord, et Kurz mit le corps entre ses pieds et fut tué ensuite...
Salama ibn al Mayla, un des cavaliers de Khalid, fut aussi tué, et les polythéistes perdirent environ 12 à 13 hommes.
Himas se réfugia chez lui et dit à sa femme de bloquer la porte. Elle lui demanda ce qui sétait passé, en référence à ses paroles précédentes. Il déclara:
-Si tu avais été témoin de la bataille de Khandama, quand Safwan et Ikrima se sont enfuis, et quand Abu Yazid se tenait debout comme un pilier, les musulmans les rencontraient avec leurs sabres, qui tranchaient les bras et les têtes; on entendait que des cris confus, et derrière eux, leurs cris et grognements: tu ne devrais pas prononcer une parole de reproche.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois I 280 ).
Le prophète, de son côté, croyait que les Mecquois allaient résister. Le jour où il voulut faire son entrée, il demanda quelles dispositions ils avaient prises. On lui dit :
-Ils ont fait appel aux tribus confédérées (Ahabish27), qu'ils ont réunies, avec les principaux guerriers, du côté dArafat; les autres se tiennent armés aux portes de leurs boutiques et de leurs maisons.
Ils ont dit aux Banu Bakr et aux autres confédérés :
-Si Muhammad ne nous attaque pas, nous ne combattrons pas; s'il nous attaque, nous nous défendrons; alors entrez dans la ville, de manière que, tandis que nous le chargerons par devant, vous puissiez le charger par derrière.
Le prophète, en apprenant ces faits, résolut de ne point les attaquer, et Allah révéla le verset suivant :
Ne les combattez pas près du saint temple, à moins qu'ils ne vous attaquent, etc. 28
Le prophète appela Zubayr, ibn Awwam, qui commandait l'avant-garde de deux mille hommes29 , et lui dit :
-Avance avec ton corps et entre à la Mecque; tu planteras le drapeau sur la montagne, à l'entrée de la ville, du côté oriental.
Khalid ibn Walid, qui commandait l'aile gauche, composée de deux mille hommes, reçut l'ordre de pénétrer dans la ville du côté occidental, près du mont Safa, là où étaient postés les confédérés et les Banu Bakr, d'y faire halte, et de ne point attaquer, à moins qu'il ne fut attaqué lui-même. Zubayr ibn Awwam, se mit en marche et planta le drapeau à l'endroit que le prophète avait désigné. Deux hommes de son corps, qui étaient restés en arrière, furent aperçus par les Mecquois, du haut de la montagne, et tués à coups de pierres. Zubayr n'eut pas connaissance de ce fait, parce qu'ils étaient loin de lui. Khalid ibnWalid, s'avança vers la partie inférieure de la ville. Les confédérés et les Banu Bakr se jetèrent à sa rencontre et l'attaquèrent. Khalid les mit en fuite et les repoussa jusqu'à l'extrémité de la ville. Il prit position à l'entrée de la Mecque et planta le drapeau au haut de la montagne. Khalid avait perdu trois hommes, tandis que les infidèles eurent plusieurs morts. Cinq musulmans seulement furent tués ce jour-là: trois du corps de Khalid et deux du corps de Zubayr.
(Baladuri, Livre des conquêtes 38).
Khalid ibn al Walid conduisit le combat contre les Quraysh et reçu le premier lordre dentrer dans la ville. Ainsi, il tua 24 hommes de Quraysh et 4 des Hudhayl.
Dautres disent 23 Quraysh et que les autres se sont enfuits dans la montagne.
(Waqidi, Livre des expéditions 63).
Les musulmans sont entrés sans trouver de résistance; Khalid a rencontré de la résistance de la part de Safwan, Ikrima et Suhayl avec leurs troupes. Après une brève bataille, au cours de laquelle 24 Quraysh et 4 Khuzaa sont tombés, et ils furent poursuivis jusquà al Khazvara et jusquau sommet des montagnes.
(...)
Abu Sufyan et Hakim sécrièrent auprès des Quraysh:
-Pourquoi vous jetez vous dans la mort? Qui rentre chez soi et jette ses armes est sur de sauver sa vie.
Ils couraient dans leurs maisons et jettaient leurs armes dehors. Les musulmans les ramassaient.
Comme Muhammad voyait den haut léclat des armes, il se mit en rage à cause de lirrespect de ses ordres. Ensuite, il se calma, en apprenant ce qui se passait en réalité.
Deux victimes de la conquête.
(Ibn Sad, Tabaqat 8/106).
Le prophète épousa Mulayka bint Kab. Elle était connue pour sa beauté remarquable.
Aïsha lui rendit visite et elle dit:
-Nas-tu pas honte dépouser celui qui a tué ton père?
Alors elle senfuit de chez le messager dAllah et il divorça delle.
Sa famille vint voir le prophète et dit:
-Ô messager dAllah, cest une jeune fille et elle na pas de jugement. Elle sest trompée, reprends-la.
Le prophète refusa...
Son père avait été tué sur le jour la Mecque fut conquise. Khalid ibn al Walid la tué à al Khandama.
(...)
Le messager dAllah a épousé Mulayka bint Kab al Laythi au mois de ramadan, lannée huit; il a consommé le mariage et elle est morte avec lui30.
Allusion coranique aux combats de la conquête31.
(Mahomet, Coran 48/24-25).
Cest lui qui a écarté de vous les mains des infidèles et qui a écarté deux vos mains, dans le val de la Mecque32, après vous avoir donné avantage sur ceux.
Allah sur ce que vous faites, est clairvoyant.
Ce sont là ceux qui ont été infidèles et vous ont écartés de la mosquée sacrée ainsi que de l'oblation dont le lieu de sacrifice vous était interdit.
N'eussent été des hommes croyants et des femmes croyantes inconnus de vous, parmi les infidèles, que vous risquiez, à votre insu, de broyer sous vos pieds, en sorte qu'une représaille vous aurait atteints de leur part, vous auriez porté vos coups contre les infidèles.
Tout cela s'est fait pour qu'Allah fasse entrer qui il veut, en sa miséricorde.
S'ils s'étaient signalés, nous aurions fait subir un tourment cruel à ceux d'entre ces gens qui sont infidèles.
4-Les proscriptions.
Muhammad noublie rien, et surtout pas la période mecquoise de sa prédication, au développement dramatique et à la conclusion catastrophique. Des gens doivent payer, de manière spectaculaire, expiant pour le compte du reste de la population. Ce ne sont pas les responsables politiques, les aristocrates qui sont visés, mais plutôt ceux qui se sont exprimés, ceux qui chantent ou savent écrire et se moquent.
(Tabari,Histoire des prophètes et des rois I 280).
Lenvoyé donna des instructions à ses officiers quand ils entreraient à la Mecque: ils ne devaient combattre que ceux qui résistaient, à lexception dune petit nombre, qui devaient être tués, même sils étaient trouvés collés contre le rideau de la Ka'ba.
Parmi eux, il y avait Abdullah ibn Sad, frère des Banu Amir ibn Luayy. Il lordonna pour la raison suivante: il avait été un musulman et il avait écrit les révélations; ensuite, il avait apostasié et était retourné chez les Quraysh...
(...)
Une autre à proscrire était Abdullah ibn Khatal des Banu Taym ibn Ghalib. Il était devenu musulman et lenvoyé lavait envoyé collecter laumône en compagnie dun des auxiliaires. Il avait avec lui un affranchi qui le servait. A une halte, il lui ordonna daller tuer une chèvre pour lui, et il sendormit. A son réveil, il vit quil navait rien fait, alors il la battu et tué; ensuite, il a apostasié. Il avait avec lui deux chanteuses Fartana33 et son amie qui souvent chantaient des satires contre lenvoyé; alors il ordonna quon les tue tous.
Un autre à proscrire fut al Huwayrith (...) un de ceux qui linsultait quand il était encore à la Mecque.
Un autre encore était Miqyas ibn Hubaba, parce quil avait tué un auxiliaire qui avait tué son frère par accident; ensuite, il était redevenu polythéiste.
Et Sara aussi, affranchie dun des Banu Abdul Muttalib.
Et Ikrima ibn Abu Jahl34 .
lavait insulté à la Mecque35(...).
Menaces sur les Quraysh.
(Muslim, Hadith 19/ 4395)36
Le messager dAllah dit:
-Vous voyez les vauriens et partisans des Quraysh.
Et il indiqua en frappant une main sur lautre quils devraient être tués et dit:
-Retrouvez moi à as Safa.
Alors ils partirent et si quelquun dentre nous voulait quun individu particulier soit tué, il a été tué, et personne ne peut offrir de résistance. Abu Hurayra continue: alors vint Abu Sufyan qui dit:
-Messager dAllah, le sang des Quraysh est devenu très bon marché. Il ny aura plus de Quraysh après ce jour.
(Muslim, Hadith 19/4395)37 .
Il dit:
-Avez vous vu les vauriens des Quraysh?... Quand vous les rencontrerez demain, éliminez-lez les...
Quiconque a été vu avec eux ce jour là a été mis à mort...
Abu Sufyan vint et dit:
-Messager dAllah, les Quraysh ont péri. Aucun membre de la tribu des Quraysh ne survivra à ce jour.
Le messager dAllah dit:
-Celui qui entre dans la maison dAbu Sufyan sera sauf, celui qui dépose les armes sera sauf, celui qui ferme sa porte sera sauf.
Les ansar dirent:
-Lhomme est poussé par sa tendresse envers sa famille et lamour de sa cité.
II
Al Fath
la Conquête de référence.
La prise38 de la Mecque (1er janvier 630)39 marque une nouvelle étape dans la propagation de lislam: Muhammad met la main sur un étape du commerce international de lépoque, et sur un sanctuaire majeur. Cest aussi pour lui une revanche personnelle sur la cité quil a du fuir huit ans auparavant.
A la Mecque, le chef des musulmans fait appliquer sa loi, règle ses comptes, et met une touche finale aux rituels. Renforcé théologiquement par sa possession du sanctuaire, et militairement par la masse des nouveaux convertis mecquois, il se lance à la conquête de nouveaux territoires en Arabie, au sud, vers le Yémen, au nord, vers la Palestine, et à lest, vers le golfe persique. Cependant, La Mecque nest pas une nouvelle capitale. Il reste le temps quil faut dans la ville et pas davantage.
1-Les plans initiaux.
Deviner quel sort Muhammad réservait aux Mecquois est difficile. Les ouvrages de vulgarisations présentent une apothéose irénique, marquée par un pardon général et un comportement quasiment christique de la part de Muhammad. Cest oublier que la prise de la Mecque est considérée dès le départ comme une opération diplomatique40 et militaire41 . Les textes présentent une gamme très large de possibilités daction dont disposent les musulmans. Une chose est claire: potentiellement, lenvahisseur se réserve le droit à la violence, si les circonstances lexigent.
Les cyniques tergiversations sur le sort de la cité et de sa tribu dirigeante doivnet être replacés dans le contexte des luttes ultérieures, où lon débat par les armes et par le verbe de leurs statuts respectifs.
1-Méditations sur le sort de la Mecque.
(Mahomet, Coran 7/92-94).
Nous n'avons envoyé dans une cité aucun prophète sans frapper la population de cette cité de calamité et de malheur, espérant que peut-être ils s'humilieraient (...).
Si les populations des cités avaient cru et avaient été pieuses, nous leur aurions octroyé des dons du ciel et de la terre.
Mais elles ont crié au mensonge et nous les avons emportés en prix de ce qu'elles se sont acquis.
(Mahomet, Coran 16/113-4).
Allâh propose la parabole d'une cité qui a été paisible et tranquille, qui a reçu ses dons en abondance de toutes parts et qui a nié les bienfaits d'Allâh.
Celui-ci, en punition de ce que les gens de la cité ont accompli, leur a fait goûter la faim et la peur.
Un apôtre issu d'eux est venu à eux, mais ils l'ont traité d'imposteur et le tourment les a emportés alors qu'ils étaient injustes.
2-Hésitations sur le sort des Quraysh.
Le sang des Quraysh.
(Muslim, Hadith 19/ 4395)42
Le messager dAllah dit:
-Vous voyez les vauriens et partisans des Quraysh.
Et il indiqua en frappant une main sur lautre quils devraient être tués et dit:
-Retrouvez moi à as Safa.
Alors ils partirent et si quelquun dentre nos voulait quun individu particulier soit tué, il a été tué, et personne ne peut offrir de résistance.
Abu Hurayra continue: alors vint Abu Sufyan qui dit:
-Messager dAllah, le sang des Quraysh est devenu très bon marché. Il ny aura plus de Quraysh après ce jour.43
Les vauriens des Quraysh ou lamour de sa cité.
(Muslim, Hadith 19/ 4395)44 .
Il dit:
-Avez vous vu les vauriens des Quraysh?... Quand vous les rencontrerez demain, éliminez-lez les...
Quiconque a été vu avec eux ce jour là a été mis à mort...
Abu Sufyan vint et dit:
-Messager dAllah, les Quraysh ont péri. Aucun membre de la tribu des Quraysh ne survivra à ce jour.
Le messager dAllah dit:
-Celui qui entre dans la maison dAbu Sufyan sera sauf, celui qui dépose les armes sera sauf, celui qui ferme sa porte sera sauf.
Les ansar dirent:
-Lhomme est poussé par sa tendresse envers sa famille et lamour de sa cité.
La grâce pour les Quraysh.
(Muslim, Hadith 19/4399)45 .
Jai entendu le saint prophète dire le jour de la conquête de La Mecque: aucun Quraysh ne sera tué pieds et poings liés de ce jour jusquau jour du Jugement.
La condamnation des Quraysh.
(Baladuri, Livre des conquêtes VII 39).
-Voyez-vous la foule des Quraysh?
-Nous la voyons, dirent les ansar.
Il fit un signe de la main posée sur lautre, comme pour dire:
-Tuez-les.46
3-La violence légale.
Une simple parenthèse.
(Bukhari, Hadith 3/ 112)47 .
Le jour de la conquête de La Mecque... (le prophète) sadressa aux gens:
-Allah rejette le meurtre de La Mecque. Allah a laissé son prophète et les croyants soumettre les infidèles de La Mecque. Attention! Combattre à La Mecque na été permis à personne avant moi et à personne après moi...La guerre à lintérieur a été légale pour quelques heures ce jour-ci.
La règle et lexception.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 818).
Lapôtre d'Allah avait donné instruction à ses officiers pour quun fois dans la Mecque, ils nattaquent que ceux qui résistaient, à lexception dun petit nombre, qui devaient être tués, même sils étaient trouvés sous les rideaux de la Kaba.
2- La Mecque ville ouverte.
Le bilan, en comparaison des autres actions de Muhammad est relativement léger, puisque tout sest joué avant: il respecte encore sa tribu dorigine et surtout le caractère sacré du sanctuaire. Pourtant, à partir de ce moment, lordre règne à la Mecque. Les habitants sont pardonnés, cest-à-dire convertis, de gré ou de force48 . Le nouveau chef en tire prestige et peut se consacrer à des actes spectaculaires contre le sanctuaire.
Cest laboutissement de huit années de lutte, et de plusieurs semaines de manoeuvre, qui ont très habilement miné la résistance des Mecquois.
Pourtant, on décèle ici ou là des traces de combats, rapides et sanglants, qui prouvent bien que quelques Mecquois entendaient résister contre linélectable.
1- Lentrée triomphale.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois I 282).
Le prophète fit son entrée dans la ville, monté sur un chameau et couvert d'un turban noir. Il était précédé par Ali, portant son étendard, et entouré de muhajirun et d'ansar. Lorsqu'il arriva à la porte de la ville, à l'endroit où était posté Zubayr, il donna l'ordre de dresser sa tente de cuir de Taif sur la hauteur où Zubayr avait planté son drapeau.
Muhammad le conquérant.
(Dawud, Hadith 33/ 4169) 49.
Le jour de la conquête, le prophète entra dans La Mecque, portant un casque sur sa tête
Quand le prophète dAllah a conquis La Mecque, le peuple de La Mecque a commencé à amener ses petits garçons pour quil puisse les bénir et toucher leurs têtes. On ma amené, mais jétais parfumé avec du khaluq et il ne ma pas touché à cause du khaluq.
(Ibn Sad, Tabaqat 2/172).
L'apôtre d'Allah entra à la Mecque l'année de la Victoire, et sur sa tête il y avait un casque. Ensuite, il l'enleva.
(Dawud,Hadith 14/2586).
Quand le prophète est entré dans la Mecque, sa bannière était blanche.
2-Les paroles de Muhammad le Conquérant.
(Bukhari, Hadith 66/ 24, 1).
Abdallah ibn Moghaffal a dit:
-Jai vu lenvoyé d'Allah réciter sur sa chamelle la sourate La victoire, le jour de la prise de la Mecque.
(Bukhari, Hadith 64/488, 6).
Le jour de la prise de la Mecque, le prophète entra dans la ville la tête couverte dun heaume. Comme il venait de le retirer, un homme arriva et dit:
-Ô prophète, Ibn Khatal est accroché aux voiles de la Ka'ba.
-Quon le tue! sécria Muhammad.
(Bukhari, Hadith 3/104)50 .
... si quelquun estime que le combat est licite à La Mecque parce que le prophète sest battu à La Mecque, dis-lui quAllah a donné la permission à son apôtre mais il ne la pas donné à toi.
Le prophète a ajouté:
-Allah ma permis à moi seulement pour quelques heures du jour de la conquête (la violence), mais maintenant, la sacralité du lieu est la même quavant.
(Bukhari, Hadith 3/112)51 .
Le jour de la conquête de la Mecque... (le prophète) sadressa aux gens:
-Allah rejette le meurtre52 de la Mecque. Allah a laissé son prophète et les croyants soumettre les infidèles de la Mecque. Attention! Combattre à la Mecque na été permis à personne avant moi et à personne après moi...
La guerre à lintérieur a été légale pour quelques heures ce jour-ci.
(Bukhari, Hadith 26/ 795)53 .
... (le prophète a dit, le jour de la conquête):
-Par celui dans la main duquel mon âme se trouve, ce qui suit est sa volonté à ses disciples:
il est obligatoire à ceux qui sont présents de répandre linformation à ceux qui sont absents. Ne devenez pas infidèles après moi, en frappant les cous les uns des autres54.
(Bukhari, Hadith 58/ 122)55 .
Le jour de la conquête de La Mecque, alors que le prophète avait distribué le butin des Quraysh, les ansar dirent:
-Par Allah, cest vraiment étrange. Alors que le sang des Quraysh coule encore goutte à goutte sur nos sabres, notre butin de guerre est distribué parmi eux...56
3-La violence de lassaut: une version alternative.
Ce texte poétique offre un jour nouveau sur la prise de la Mecque, en insistant sur la violence des opérations. Mais cest le genre littéraire de lépoque qui le veut. Ce document nest jamais reproduit autrement que dans la biographie officielle de Muhammad.
Poème sur la prise de la Mecque
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 831).
Bujayr ibn Zuhayr a écrit, à propos de la conquête:
Muzayna et les Banu Khufaf, ce jour-là
ont expulsé les gens des al Haballaq de chaque ravin.
Ils les ont frappé de leurs sabres acérés,
le jour où le bon prophète est entré à la Mecque.
Nous sommes venus contre eux avec 700 autres des Banu Sulaym
Et un bon millier des Banu Uthman.
Nous avons frappé leurs épaules de taille et destoc
Et nous avons tirés sur eux des traits emplumés.
Vous pouviez entendre dans leurs rangs leurs soupirs
Comme si les pointes entaillées étaient séparées de leurs attaches57
Nous avancions avec nos lances bien droites
tandis que nos chevaux tournoyaient parmi eux.
Nous avons pillé autant que possible
alors quils senfuyaient.
Nous avons juré notre foi à lapôtre d'Allah
En amitié sincère.
Ils ont entendu ce que nous avons dit
Et se sont décidés à partir, ce jour de terreur.
3-Sacrilèges dans le sanctuaire.
La prise de la Mecque est aussi la prise du sanctuaire antique, qui rappelle les sacs successifs du Temple de Jérusalem par divers ennemis dIsraël.
Muhammad doit marquer sa nouvelle emprise par des gestes spectaculaires et définitifs, qui sont autant de sacrilèges pour les habitants. Ses multiples destructions sont une sorte de voie de faits comme lancienne religion, qui doit démontrer sa propre supériorité et celle de son dieu, et qui doit empêcher la poursuite du culte traditionnel58.
Et personne ne sest jamais vraiment interrogé sur un point important: pourquoi Muhammad na t-il pas détruit la Kaba elle-même?59
1-Le tour de la Kaba.
Démonstration.
(Muslim, Hadith 7/ 2905)60 .
Le messager dAllah... marcha rapidement autour de la Maison pour montrer sa force aux polythéistes.
Idolophobie.
(Bukhari, Hadiths 43/ 658 et 59/ 583)61 .
Le prophète entra dans La Mecque et il y avait 360 idoles autour de la Ka'ba. Il commença à frapper les idoles avec un bâton62 quil avait en main et déclamant:
-La vérité est venue et lerreur a disparu!
(Muslim, Hadith 19/ 4395)63
Le messager dAllah avait un arc à la main... quand il fut près de lidole, il commença à lui crever les yeux64 avec larc en disant: la vérité a été établie et lerreur a péri.
(Baladuri, Livre des conquêtes VII 40).
Le prophète est entré dans La Mecque. Il y avait 360 idoles autour de la Ka'ba. Il commença à les frapper avec un bâton en disant:
-La vérité est venue et lerreur a disparu... Lerreur était destinée à disparaître65 . La vérité est apparue et lerreur ne peut plus créer depuis le début ni faire revenir à la vie.
2-Les saccages dans le bâtiment.
Le saccage doit marquer brutalement le changement de pouvoir sur la ville démontrer la prise de possession sur le sanctuaire, le passage vers un autre système religieux où le dieu Allah obtient la suprématie sur ses parèdres66 , et par dessus tout empêcher le retour de lancienne tradition.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois I 282)
Il s'avança jusqu'au temple, où étaient réunis les principaux infidèles, sauf Ikrima ibn Abu-Jahl, et Safwan ibn Omayya, qui, ayant appris que le prophète les avaient condamnés à mort, s'étaient enfuis. Ce fut le 20 du mois de ramadan que le prophète fit son entrée solennelle dans le temple. A la porte, il descendit de son chameau, entra dans le parvis et fit ses tournées autour de la Ka'ba. Pendant ce temps, les habitants avaient appris qu'il n'y aurait pas de massacre; ils quittèrent leurs maisons et se portèrent tous au temple. Après avoir accompli ses tournées, le prophète ordonna d'ouvrir la porte du temple et d'en enlever toutes les idoles, qu'il fit briser; la plus grande, celle de Hobal, qui était de pierre, fut renversée et jetée à la porte du temple pour servir de seuil, afin que tous ceux qui entraient et sortaient la foulassent aux pieds. Lorsque toutes les idoles furent emportées, le prophète entra dans le temple, et fit une prière de deux prosternations; puis il sortit, s'arrêta à la porte et regarda sur le parvis, qui était rempli de la foule des habitants de la Mecque.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 821).
Il ordonna à Othman ibn Talha de lui donner les clés de la Kaba, la porte fut ouverte et il entra. Là, il trouva une colombe en bois. Il la brisa de ses mains, et la jeta par terre. Ensuite, il se tint debout près de la porte de la Kaba, alors que les gens de la mosquée, sattroupaient autour de lui.
(al Sulami) 67
Nas tu pas vu Muhammad et ses hommes, le jour de la victoire, quand les idoles furent démolies? Alors la lumière de Allah brilla de tout son éclat, et le polythéisme fut submergé dans une mer dobscurité.
(Dawud, Hadith 32/4144)68 .
Le prophète ordonna à Umar ibn al Khattab qui était à al Batha au moment de la conquête de visiter la Ka'ba et de détruire les images qui y étaient. Le prophète nest pas rentré dedans avant que les images ne soient détruites.
Travail de démolition.
(Baladuri, Livre des conquêtes VII 40).
Il ordonna la démolition des idoles et leffacement des images qui étaient dans la Ka'ba.
(Bukhari, Hadith 55/ 571 et 59 584)69 .
(lors de lentrée à La Mecque), les images dIbrahim et dIsmaël tenant des flèches de divinition dans leurs mains furent enlevées. Le prophète dit alors:
- QuAllah les punisse parce quils savaient que (les deux prophètes70 ) nont jamais utilisé de flèches pour la divination.
Alors le prophète entra dans la Ka'ba et dit:
-Allahu Akbar dans toutes les directions, sortit et ne fit pas de prière à lintérieur.
(Bukhari Hadith 55/ 570)71 .
Le prophète entra dans la Ka'ba et trouva des images Ibrahim et de Maryam72 . Là dessus, il dit
-Quont-ils fait? Ils savaient que les anges nentraient pas dans une maison où il y a des images; et là, une image dIbrahim. Et pourquoi lont-ils représenté en train de pratiquer la divination par les flèches73 .
(Azraqi, Chroniques de la Mecque I, p. 111).
Il y avait une image74 dAbraham comme un vieil homme pratiquant la divination par la manipulation des flèches, un image de Jésus fils de Marie et de sa mère, et une image des anges. Le jour de la conquête, le prophète entra dans la maison et il envoya al Fadl ibn al Abbas chercher de leau de Zamzam. Alors il ordonna que toutes soient effacées75 et ce fut fait. Et il regarda limage dAbraham et dit:
- QuAllah les détruise! Ils lont représenté en train de manipuler des flèches divinatoires. Quest ce quAbraham peut avoir à faire avec des flèches divinatoires?
(Bukhari, Hadith 60/8, 3-4).
Le prophète entra dans le temple. Il y trouva leffigie dAbraham et celle de Marie.
-Nont-ils pas entendu dire que les anges nentrent point dans un temple où il y a des statues, sécria le prophète.
Cet Abraham est une statue, comment pourrait-il augurer?
Daprès Ibn Abbas, quand le prophète vit les statues dans le temple, il ny entra pas avant quon eut exécuté lordre quil avait donné de les enlever. En voyant la statue dAbraham et celle dIsmaël, ayant entre les mains les flèches augurales, il sécria:
-Allah les maudisse! Par Allah, ces deux statues nont jamais rien décidé par les flèches augurales.
3-Le rite à lintérieur de la Ka'ba.
(Bukhari, Hadith, 64/77,6).
Ibn Omar a dit: L'année de la prise de La Mecque, le prophète s'avança monté sur sa chamelle El Qaswa; il avait en croupe Usama et était accompagné de Bilal et de Othman ibn Talha. Il fit agenouiller sa monture auprès du Temple et dit à Othman:
-Apporte-moi la clé.
Il apporta la clé; il ouvrit la porte et le prophète entra, suivi de Usama, Bilal et Othman, puis la porte fut refermée sur eux. Il séjourna toute une longue journée et sortit ensuite. Alors les fidèles se précipitèrent pour entrer à leur tour et je les devançai. Comme je trouvai Bilal debout derrière la porte, je lui dis :
-Où l'envoyé d'Allah a-t-il fait sa prière?
- Entre ces deux colonnes qui sont en avant, me répondit-il76 .
Le Temple renfermait six colonnes placées sur deux rangs, et c'est entre les deux colonnes de la première rangée que le prophète avait prié. Il avait la porte du Temple derrière lui, le visage tourné du côté du mur qui fait face à celui qui entre dans le Temple, et était à peu de distance de ce mur. J'oubliai de demander combien il avait fait de prières. A l'endroit où il avait prié il y avait une plaque d'onyx rouge.
(Bukhari, Hadith 56/127).
D'après Abdallah ibn Omar, le jour de la prise de la Mecque, le prophète s'avança du plus haut point de la ville, monté sur son chameau. Il avait Usama ibn Zayd en croupe, et était accompagné de Bilal et dOthman ibn Talha, l'un des gardiens du temple. Arrivé, il fit agenouiller sa monture dans l'oratoire et donna l'ordre qu'on lui apportât la clef de la maison de Allah. Il l'ouvrit, et y entra accompagné d'Usama, de Bilal et dOthman. Il y demeura tout un jour; puis, lorsqu'il sortit, les gens s'avancèrent en foule. Le premier qui entra dans la Ka'ba fut Abdallah ibn Omar. Il y trouva Bilal, debout derrière la porte, et lui demanda à quel endroit l'envoyé d'Allah avait prié; Bilal le lui désigna.
Abdallah ibn Omar ajoute:
-Joubliai de lui demander combien de raka le prophète avait prié.
4-Les destructions dans le sanctuaire.
(al Kalbi, Livre des idoles 27).
Quand, le jour où il conquit La Mecque, lapôtre de Allah apparut devant la Kabah, il trouva les idoles disposées autour. Alors il commença à percer leurs yeux avec la pointe dune flèche en disant:
-La vérité est venue et lerreur a disparu. Vraiment, lerreur est une chose qui a disparu.
Il ordonna ensuite quelles soient abattues et ensuite sorties et brûlées77.
(Ibn Sad Tabaqat 2/1, 99).
Le prophète envoya des missions de destruction des idoles disposées autour de la Ka'ba, et il les détruire. Parmi elles, il y avait al Uzza, Manat, Suwa, Buwana, Dhul Kaffayn.
Le traitement ultérieur des idoles.
(Ibn Jubayr78).
Nous avons été surpris de découvrir à la porte des Banu Shayba de randes et longues marches en pierre, ressemblant à des bancs, rangées devant les trois portes des Banu Shayba. C'est, dit-on, les idoles que les Quraysh adoraient avant l'islam. La plus grande est Hobal et elle est placée entre les deux autres. Elles sont renversées sur la face afin qu'on les foule aux pieds et que tous les fidèles les mettent à mal par la semelle de leurs chaussures. Rien n'y a fait, même pas leurs adorateurs! Louange là celui qui est unique ! Il n'y a d'autre divinité que lui! A propos de ces pierres, la vérité c'est que le prophète (...) ordonna le jour de la conquête de la Mecque de briser les idoles et de les brûler. Alors ce qu'on nous a raconté est donc faux! Ce ne serait que des pierres apportées là qui ont été prises pour des idoles à cause de leur dimension!
4-La soumission.
Lentrée à la Mecque est une occasion de décrire de belles cérémonies de soumission de la populations, et parmi elles, celle des grandes figures mecquoises. Ce thème est aussi un mode de propagande. La soumission79 de Hind est la plus intéressante.
1-Le discours aux habitants.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois I 282-3).
Il saisit l'anneau de la porte, se tourna vers la foule et, debout sur le pas de la porte, il parla ainsi:
-Louanges à Allah, qui fait triompher son serviteur et qui réalise la promesse qu'il lui a donnée. En effet, il m'avait promis de me ramener à la Mecque; il l'a fait et il a mis en déroute mes ennemis.
Puis il ajouta:
-Habitants de la Mecque, comment pensez-vous que j'agirai envers vous?
Sohayl ibn Amir, qui n'était pas encore musulman, se leva et dit:
-Je pense que toi, qui es un noble Quraysh, issu d'une famille noble, qui reviens dans ta patrie triomphant de tes compatriotes, je pense que tu as l'intention de traiter avec pitié les vieillards, d'amnistier les jeunes gens, d'épargner les femmes et les enfants, de les grâcier tous, de leur pardonner et de leur laisser la liberté.
A ces paroles, le prophète versa des larmes, et les habitants pleurèrent et sanglotèrent. Puis il reprit:
-Je vous dirai ce qu'a dit mon frère Joseph à ses frères :
Je ne vous ferai pas de reproches aujourd'hui; Allah vous pardonnera, car il est le miséricordieux d'entre les miséricordieux. 80
Ensuite il ferma la porte du temple, sortit, monta sur son chameau et revint à l'endroit où l'on avait dressé sa tente et y descendit. Chaque corps d'armée campa à la place où il se trouvait, et les habitants de la Mecque vinrent par groupes prononcer la profession de foi81 , comme il est dit dans le Coran:
Lorsque arriveront l'aide et la victoire d'Allah, tu verras les hommes entrer par groupes dans la religion d'Allah, etc82 .
Le lendemain, le prophète prit place sur la colline de Safa. Il fit asseoir Omar au-dessous de lui et le chargea de présenter la formule de foi à tous ceux qui viendraient et de recevoir leur serment. Les habitants de la Mecque devinrent tous des affranchis du prophète; car, comme ils avaient résisté à Khalid ibn Walid83 , et qu'Allah avait donné au prophète la victoire sur eux, ils étaient devenus sa propriété; il aurait pu les déclarer tous ses esclaves et les distribuer entre les musulmans. Mais il ne fit pas ainsi; il les affranchit tous.
Le nouveau statut de la ville.
(Bukhari, Hadith 64/41, 3).
D'après al Maqbori, comme Abu Shorayh disait à Amir ibn Sayd qui envoyait des troupes à La Mecque84 :
-Ô prince, m'autorises-tu à te rapporter les paroles que l'envoyé d'Allah prononça le jour de la prise de La Mecque? Il s'agit de choses que mes oreilles ont entendues, que mon coeur a conservées et que mes yeux ont vues, au moment où le prophète parla. Après avoir loué Allah et exalté ses mérites, il ajouta :
-C'est Allah qui a déclaré La Mecque territoire sacré et non les hommes85 . Il n'est pas permis à quiconque croit en Allah et au Jour dernier, d'y répandre le sang, ni de couper ses arbres. Si quelqu'un s'autorisait du combat livré dans cette ville par l'envoyé d'Allah, répondez-lui que Dieu en m avait donné l'autorisation à son envoyé, et cette autorisation il ne vous l'a pas donnée. Il ne me l'a accordée à moi-même que pour un moment de la journée, et aujourd'hui la ville a repris le même caractère sacré qu'elle avait hier. Que ceux qui sont ici présents le redisent à ceux qui sont absents.
- Et que t'a répondu Amir? demanda-t-on à Abu Shorayh.
-Je sais cela mieux que toi, m'a-t-il dit, ô Abu Shorayh.
Mais ce caractère sacré ne protège ni le rebelle, ni celui qui fuit à cause du sang qu'il a versé, ni celui qui fuit à cause d'une catastrophe.
2-La conversion de Hind
Ce texte présente la porte-parole des Mecquoises, Hind, femme dAbu Sufyan et féroce opposante à Muhammad avec une sorte admiration. Elle se soumet, mais la liberté de parole quelle est en train de perdre, avec ses consoeurs, nempêche pas un ton vif, ironique et spirituel de sa part, face à lexposition rigoureuse des obligations nouvelles. Elle remarque par exemple que les hommes nont pas eu droit à de telles questions au cours de leur acte de soumission. Cest la dernière femme à parler en public à la Mecque pour les siècles et les siècles86.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois I 285-6).
Le prophète se tint pendant trois jours sur la colline de Safa pour recevoir le serment des Mecquois. Omar ibn Khattab, assis au-dessous de lui, était chargé de donner, à sa place, la main à ceux qui prêtaient serment. Le quatrième jour, les femmes de la Mecque vinrent, à leur tour, prêter serment87. Hind, craignant pour sa vie, se tenait derrière les autres; mais c'était elle qui avait décidé Umm Hakim bint Harith, épouse dIkrima; Qomama bint Walid ibn Moghira, épouse de Safwan, et les autres femmes des principaux Quraysh à se rendre sur la colline de Çafa, en leur disant :
-Nous ne pouvons échapper à la nécessité de prêter serment et d'embrasser l'islam.
Abu Sufyan les avait précédées et était venu demander au prophète le pardon de Hind et des autres. Il était pénible au prophète de pardonner à Hind88, et il répondit à Abu Sufyan :
-Je verrai quelle sera la volonté d'Allah.
Alors le verset suivant fut révélé :
Ô prophète, si les femmes croyantes viennent à toi pour prêter serment, et qu'elles s'engagent à ne point associer un être quelconque à Allah, à ne pas commettre de vol, ni d'adultère, à ne pas tuer leurs enfants, à ne pas produire le mensonge qu'elles auraient forgé entre leurs mains et leurs pieds, et à ne pas te désobéir en ce qui est juste, alors fais le pacte avec elles et demande pour elles le pardon d'Allah etc. 89
Par les paroles demande pour elles le pardon d'Allah, le prophète savait qu'Allah leur avait pardonné, et il les fit approcher.
Les femmes chargèrent Hind de porter la parole pour elles, et la firent avancer. Le prophète dit à Omar de parler avec elle et de prendre son engagement90.
Hind dit :
-C'est à toi que nous voulons prêter serment, et c'est avec toi que nous voulons faire notre pacte.
Puis elle se présenta toute confuse devant le prophète, qui lui énuméra les engagements à prendre. A ces paroles : qu'elles s'engagent à ne point associer à Allah un être quelconque, Hind répliqua:
-Tu nous imposes des obligations que tu n'as pas imposées aux hommes91; mais nous les acceptons, nous ne serons pas infidèles, à condition qu'Allah nous pardonnera le passé.
Ensuite le prophète dit:
-A ne pas commettre de vol.
Hind répondit:
-Comment une femme commettrait-elle le vol, vivant dans la maison de son mari, où elle ne trouve que le bien de celui-ci92 ? Je n'ai commis de vol que chez Abu Sufyan, qui est un homme avare et qui ne me donne pas de quoi suffire à mes besoins ni à ceux de mes enfants93 ; je lui ai donc pris ce qu'il me fallait, à moi et à mes enfants; je n'en ai pas abusé, et il ne s'en est pas aperçu. Le prophète dit:
-Ce que tu prends de ses biens, à son insu, ne constitue pas un vol.
Puis il continua :
- A ne pas commettre d'adultère.
Hind répliqua:
-Une femme libre ne commet jamais d'adultère.
Omar regarda en souriant le prophète, qui connaissait les aventures de Hind et ses relations avec Omar avant l'islam94. Apercevant le sourire d'Omar, il regarda celui-ci, mais il ne lui répondit pas, pour ne pas éveiller l'attention d'Abu Sufyan et de Hind.
Il poursuivit:
-A ne pas tuer leurs enfants.
En effet, les Arabes étaient dans l'habitude d'enterrer leurs filles vivantes, afin d'empêcher que, devenues grandes, elles ne leur apportassent du déshonneur95 .
Hind répliqua
- Nous avons mis au monde des enfants et nous les avons élevés; mais toi, tu les a tués, le jour de Badr96 .
Elle voulait parler de Hanzhala ibn Abu Sufyan, qui avait été tué au combat de Bedr. Le prophète continua:
-A ne pas produire le mensonge, etc. c'est-à-dire que les femmes ne devaient pas tromper leurs maris, en leur présentant des enfants dont ils n'étaient pas les pères.
Hind répondit :
-Cela est si criminel, qu'il ne faut pas même en concevoir la pensée.
Enfin le prophète dit:
- et à ne pas te désobéir en ce qui est juste.
Hind répliqua:
-Si nous voulions te désobéir, nous ne serions pas à cette place.
Ensuite le prophète demanda une coupe, la fit remplir d'eau, y plongea la main et ordonna que toutes les femmes fissent de même, parce qu'il ne pouvait pas tendre la main à chacune d'elles97 . C'est ainsi que fut accompli l'acte du serment.
(Muslim, Hadith 18/4251).
Aïsha a rapporté que Hind, fille dOqba et femme dAbu Sufyan est venu voir lenvoyé d'Allah et a dit:
-Abu Sufyan est un avare. Il ne nous donne pas assez pour mes frias et ceux de mes enfants. Donc je suis contrainte de perdre des parts de ses biens en cachette. Est-ce un péché?
A ce sujet, lenvoyé d'Allah a dit:
-Prends de ses biens ce qui convient et suffira pour toi et tes enfants.
3-Mariage avec Molayka.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois I 287)
Parmi les femmes qui avaient prêté serment, il y avait Molayka, femme distinguée par sa beauté et dont le père, Dawud ibn Malka98 , avait été tué lors de la prise de la Mecque. Le prophète l'épousa. Celle de ses femmes qui était avec lui, Aïsha, ou, selon d'autres, Umm Salama, dit à Molayka:
-Veux-tu gagner l'affection du prophète?
- Je le veux bien, répondit-elle.
- Eh bien, dit l'autre, lorsqu'il s'approchera de toi, dis-lui : Que Allah me préserve de toi!
Elle fit ainsi99 . Le prophète lui dit:
-Pourquoi demandes-tu cela, puisque je t'ai accordé ta grâce? et il la répudia.
Muhammad ibn Jarir, rapporte que la femme du prophète aurait dit à Molayka:
-N'as-tu pas honte de prendre pour époux celui qui a tué ton père?
Mais il ne faut pas croire qu'une épouse du prophète eut agi ainsi100.
5-Epuration.
Muhammad procède à une épuration superficielle, ciblée et amplement suffisante. Sa politique précédente, faite de manoeuvres diplomatiques et de terreur, rend inutile dautres violences, qui auraient terni léclat de son triomphe. Le plus intéressant est la nature des crimes imputés aux proscrits, dont la liste est dument enregistrée: ils sont surtout coupables de paroles et actes contre la personne du conquérant. La mise à mort de ces gens est une démarche brouillonne, menée dans une ville troublée, par des agents marqués encore par la brutalté de la lutte et lappel de la vengeance.
Un certain nombre en réchappe, par la fuite, par hasard et par la conversion, dautres meurent comme par erreur.
1-La planification.
La vengeance avant le sacré.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 818).
Lapôtre d'Allah avait donné instruction à ses officiers pour quun fois dans la Mecque, ils nattaquent que ceux qui résistaient, à lexception dun petit nombre, qui devaient être tués, même sils étaient trouvés sous les rideaux de la Ka'ba.
La liste de proscrits.
(Ibn Sad, Tabaqat 2/168).
Lapôtre de Allah entra par Adhakhir, et interdit de combattre. Il ordonna que six hommes et quatre femmes soient tuées; ils étaient Ikrima ibn Abu Jahl, Habbar ibn al Aswad, Abdallah ibn Sad ibn Abi Sarh, Miqyas ibn Sababah al Laythi, al Huwayrith ibn Nuqaydh, Abd Abbah ibn Hilal ibn Khatal al Adrami, Hind Bint Utbah, Sarah, laffranchie101 de Amr ibn Hashim, Fartana et Qaribah.
(Dawud, Hadith 14/ 2677)102.
Le jour où La Mecque a été conquise, lapôtre de Allah donna sa protection au peuple sauf pour quatre hommes et deux femmes et il les nomma.
2-Le récit des opérations.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois I 283-4).
Le jour suivant, le prophète demanda si l'on avait mis à mort les dix personnes qu'il avait ordonné de tuer. On lui dit quAbdallah ibn Abu Sarh était caché dans la maison dOthman. Celui-ci l'amena devant le prophète et sollicita son pardon. Sad ibn Obada, et d'autres ansar se tenaient auprès du prophète, le sabre à la main. Le prophète baissa la tête et garda le silence pendant quelque temps; enfin il accorda à Othman sa demande. Abdallah prononça la formule de foi, et Othman l'emmena. Lorsqu'ils se furent éloignés, le prophète dit à Sad ibn Obada :
-Aucun de vous ne pouvait-il trancher la tête à cet hypocrite?
J'ai gardé le silence si longtemps, pensant que quelqu'un le tuerait.
Sad répliqua :
-Apôtre d'Allah, il fallait nous faire signe des yeux.
-Si j'avais fait un signe, reprit le prophète, Othman aurait été offensé.
On découvrit le même jour Abdallah ibn Khatal; il fut tué, par deux des compagnons du prophète : Abul Borda, le Sulaym, et Sad ibn Harith, des Banu Makhzum. Howayrith ibn Moqayth, qui s'était également caché, fut découvert par Ali, qui le tua. Miqyas ibn Sobaba, fut découvert et tué par un homme de sa famille, nommé Salum ibn Abdallah.
Safwan ibn Omayya, s'était enfui. Il avait gagné Jedda et voulait se rendre par mer dans le Yemen. L'un de ses amis musulmans, Omayr ibn Wahb, demanda au prophète sa grâce, disant :
-Safwan a peur de toi et veut se jeter à la mer pour se détruire; donne-lui sa grâce.
Le prophète lui accorda sa demande. Omayr dit :
-Donne-moi un signe que je puisse lui porter, afin qu'il soit rassuré. Safwan était cousin du prophète; sa mère Hani était fille dAbd al Muttalib. Ayant reçu du prophète le turban noir que Muhammad avait porté le jour de son entrée à la Mecque, Omayr se rendit auprès de Safwan, qu'il rencontra à Jedda, prêt à s'embarquer. Il lui dit:
-Sois content, le prophète t'amnistie; comme gage de sa clémence, je t'apporte son turban. Safwan dit :
-Je crains que ce ne soit une ruse par laquelle il veut m'attirer pour me tuer.
Omayr répliqua :
-Il n'emploie jamais la ruse envers personne; la ruse est proscrite de sa religion103. Il est bienveillant et le plus généreux des hommes; il est clément et véridique; il est le fils de ton oncle; sa grandeur est la tienne et sa puissance t'appartient aussi. Veux-tu fuir ta propre gloire et ta propre grandeur?
Safwan revint, et se présenta devant le prophète, qui lui confirma sa grâce et l'engagea à embrasser l'islam. Safwan refusa.
Le prophète lui dit :
-Tu n'as qu'à choisir entre le sabre et l'islam; lequel des deux veux-tu?104
Safwan répondit :
-Accorde-moi, pour me décider, un délai de deux mois.
Le prophète lui accorda quatre mois.
Ikrima ibn Abu Jahl, s'était enfui avant Safwan, et avait gagné le Yemen. Sa femme, Umm Hakim ibn al Harith ibn Hischam et oncle dIkrima, en prononçant la profession de foi musulmane, demanda au prophète la grâce de son mari. Le prophète la lui accorda; elle se rendit dans le Yemen et ramena Ikrima, qui vint prononcer la profession de foi à Médine, où le prophète était retourné deux mois après la prise de la Mecque105 , et après l'expédition de Honayn. Il y arriva en même temps que Safwan, qui fut également amené par sa femme, Qomama bint Walid ibn Moghira, femme vénérable et de noble famille, qui avait prononcé la profession de foi le jour où les femmes avaient prêté serment.
Voilà l'histoire des six hommes que le prophète avait condamnés à être mis à mort. Quant aux quatre femmes, Hind s'était réfugiée dans la maison d'Abu Sufyan; Sara fut tuée; l'une des deux esclaves dAbdallah ibn Khatal, nommée Fartana, fut également mise à mort; l'autre, Qariba, s'enfuit et ne fut pas rejointe; elle vécut jusqu'au califat dOthman ibn Affan.
3-La persécution des chanteuses.
(Ibn Sad, Tabaqat, p. 174).
Lapôtre de Allah ordonna à ses fidèles le jour de la victoire de tuer Ibn Abu Sarh, Fartana ibn al Zibrra et ibn Khatal.
(Dawud, Hadith 14/ 2678)106 .
Le prophète a dit: le jour de la conquête de La Mecque: il y a quatre personnes à qui je ne donne pas de protection sur le territoire sacré et profane.
Il les nomma ensuite. Il y avait deux chanteuses dal Maqis; lune fut tuée, lautre séchappa et se soumit à lislam.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819).
Concernant les deux chanteuses dibn Khatal, une a été tuée et lautre sest enfuie, jusquà ce que lapôtre d'Allah lui accorde sa grâce, sur demande.
De même pour Sara, qui a vécu jusquau temps de Omar, quand un cavalier la terrassée dans la vallée de la Mecque, et la tuée.
Al Huwayrith a été tué par Ali.
Chasse aux femmes.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819).
...et Sara aussi, une affranchie des Banu Abdul Muttalib; et Ikrima ibn Abu Jahl. Sara lavait injurié à la Mecque. Comme pour Ikrima, il partit au Yémen. Sa femme Umm Hakim bint al Harith ibn Hisham est devenue musulmane et a demandé limmunité pour lui et lapôtre d'Allah lui accorda. Elle alla au Yémen à sa recherche et elle le ramena auprès de lapôtre d'Allah: elle se soumit à lislam107.
(Baladuri, Livre des Conquêtes 41).
Une esclave chanteuse appartenant à (...) Ibn Khatal vint auprès du prophète sous un déguisement. Elle se soumit aussitôt à lislam et reconnut le prophète comme chef. Ne sachant pas qui elle était, le prophète ne punit point. Lautre chanteuse fut exécutée. Les deux avaient chanté des satires contre le prophète.
4-Le cas dIbn Zibara.
(Baladuri , Livre des Conquêtes 42).
Ibn as Zibara as Sahmi se soumit à lislam avant que les musulmans naient pu le capturer, et il se mit ensuite à chanter les louanges du prophète.
Le jour de la conquête de la Mecque, le prophète avait déclaré que verser son sang était devenu licite, et pourtant, il ne fut pas puni...
5-Le cas dibn Abu Sarh.
(Dawud, Hadith 38/ 4345)108 .
Abdullah ibn Abu Sarh écrivait les révélations de lapôtre de Allah. Satan la séparé (de la communauté) et il a rejoint les infidèles. Lapôtre dAllah a ordonné de le tuer le jour de la conquête (de La Mecque)...
(Ibn Sad, Tabaqat 2/ 174).
Quelquun parmi les ansar avait fait le voeu de tuer Ibn Abu Sarh.Uthman dont celui était le beau-frère vint, et intercédait auprès du prophète en sa faveur. Les ansar attendaient un signal du prophète pour le tuer. Othman intercéda et Muhammad le laissa partir. Lapôtre de Allah dit ensuite aux ansar:
-Pourquoi navez vous pas rempli votre voeu?
-Ô apôtre de Allah! Javais la main sur la poignée de mon sabre attendant ton signal pour le tuer.
Le prophète dit que faire un signe aurait brisé la confiance.
(Dawud, Hadith 14/ 2677).109
Il dit:
-Apôtre de Allah, reçois le serment de soumission de sa part.
Il leva la tête et le regarda trois fois, refusant trois fois. Puis il accepta le serment. Il se tourna ensuite vers les compagnons et dit:
-Il ny a personne dassez intelligent parmi vous pour voir que jétais réticent à accepter ce serment et pour le tuer?...
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 818).
Parmi ceux-ci se trouvait Abdullah ibn abu Sahr, frère des Banu Amir ibn Luayy. La raison de cet ordre était quil avait été un musulman et quil rédigeait les révélations; ensuite, il a apostasié, pour revenir vers les Quraysh, et il a fui chez Othman ibn Affan, son beau-frère. Ce dernier la caché jusquà ce quil lamène devant lapôtre d'Allah quand la situation à la Mecque redevint calme. Il demanda alors son immunité. On dit que lapôtre d'Allah est resté silencieux longtemps, avant de dire oui. Quand Othman est parti, il a dit à un de ses compagnons:
-Jai gardé le silence pour que lun dentre vous ait le temps de lui trancher la tête!
Un des ansar dit alors:
-Alors pourquoi nas tu pas fait un signe, ô apôtre d'Allah?
Il répondit quun prophète ne tue pas en pointant du doigt.
6-Ibn Khatal: lennemi à abattre.
(Baladuri, Livre des conquêtes VII 40).
Il a aussi dit: mettez aussi Ibn Khatal à mort, même si vous le voyez tenir un rideau de la Kaba.
(Baladuri, Livre des conquêtes VII 41).
Miqyas avait un frère, Hashim... pris par les ansar pour un polythéiste, par erreur, et tué.
Ali tua ensuite al Huwayrith...
Le prophète a déclaré ensuite quil fallait le tuer.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 818).
Un autre était Abdullah ibn Khatal, des Banu Taym ibn Ghalib. Il était devenu musulman et lapôtre d'Allah lavait envoyé pour récolter laumône avec un des ansar. Il avait aussi un esclave (musulman) avec lui. Quand ils sarrêtèrent, il lui ordonna de tuer une chèvre et pour la manger, puis il est allé se coucher. Quand il sest réveillé, rien navait été fait. Alors il le tua et apostasia.
Il possédait aussi deux chanteuses, Fartana et son amie, qui faisaient des chansons satiriques contre lapôtre d'Allah; alors il ordonna de les tuer aussi.
(Bukhari, Hadith 5/582).110
(à lentrée dans La Mecque), un homme vint et dit:
-Ibn Khatal est en train de sagripper au rideau de la Kaba!.
Le prophète dit alors:
-Tuez-le.
(Bukhari, Hadith 59/ 582).111
le jour de la conquête, le prophète entra dans La Mecque, portant un casque sur la tête. Quand il lenleva, un homme est venu lui dire:
-Ibn Khatal sest accroché au rideau de la Ka'ba.
Le prophète a dit:
-Tuez-le.
(Ibn Sad, Tabaqat, 2/173-4).
Man et Musa ibn Dawud disent dans leur version: un homme est venu à lui pour dire:
-Ô apôtre de Allah! Ibn Khatal saccroche au rideau de la Kaba.
Le prophète de Allah dit alors:
-Tuez-le (...) Tuez-le partout où vous le trouverez.
Abu Barzah vint et le vit saccrocher au voile112 de la Ka'ba.
Il léventra.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819).
Abdullah ibn Khatal a été tué par Sayd ibn Hurayth et Abu Barza, ensemble.
7-Le cas de Mikyas.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819).
Miqyas a été tué par Numayla ibn Abdullah, un de ses proches. La soeur de Miqyas a écrit de ce meurtre:
Sur ma vie, Numayla a fait honte à son peuple,
et il a désespéré les invités de lhiver quand il a massacré Miqyas.
Quiconque a vu quelquun comme Miqyas
Qui fournissait de la nourritre aux jeunes mères dans le dénuement.
(Baladuri, Livre des conquêtes 41).
Numaylah al Kinani tua Mikyas al Kinani, le prophète ayant annoncé que quiconque le trouverait devrait le tuer.
(...)
Mikyas avait un frère, Hashim,... pris par des ansar pour un polythéiste, et tué...
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819).
Un autre à tuer était Miqyas ibn Hubaba, parce quil avait tué un ansar qui avait tué son frère par accident, et il était rentré chez les Quraysh comme polythéiste.
8-Le cas dal Huwayrith.
(Baladuri, Livre des conquêtes 41).
Ali tua al Huwayrith, le prophète ayant déclaré que quiconque le trouverait devrait le tuer.
9-Mansuétude du triomphateur.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819).
Lapôtre d'Allah sest installé dans la partie supérieure de la Mecque, et deux de mes beaux-frères113 des Banu Makhzum ont fui chez moi. Ali est venu, jurant quil allait les tuer, alors jai bloqué la porte de ma maison sur eux, et je suis allé voir lapôtre d'Allah et je lai trouvé en train de se laver dans une vasque dans laquelle se trouvait encore des restes de pâte114. Sa fille Fatima le cachait avec ses vêtements. Il finit son bain, priant huit fois pour la prière du matin. Il vint vers moi, et me demanda pourquoi je venais. Je lui ai dit au sujet des deux hommes et dAli. Il dit:
-Nous donnons protection à quiconque reçoit la protection de vous, et nous accordons la sauvegarde115 à ceux que vous protégez. Il ne doit pas les tuer.
10-Bavure.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 823).
Le lendemain de la conquête, Ibn al Ahtwa revint à la Mecque pour voir ce qui se passait. Il était polythéiste à ce moment-là. Un des Khuzaa le vit et le reconnut, alors ils le poursuivirent et lacculèrent au niveau de la muraille, en criant:
-Es tu lhomme qui a tué Ahmar?
-Oui, dit-il, et alors?
Alors Khirash ibn Umayya savança avec son sabre tiré, en disant:
-Débarassons nous de cet homme!
On a dabord pensé quil voulait que les gens sécartent de lui. Mais pas du tout: il se précipita et lui planta son sabre dans le ventre. Par Allah, je voyais ses intestins sortir et se yeux nétaient plus que de petites fentes sur sa tête, quand il dit:
-Avez-vous fait cela, les Khuzaa?
Lapôtre d'Allah arriva pour dire:
-Cessez ce meurtre! Il y a eu trop de meurtres ici, même si on peut toujours tirer profit de ce genre de choses. Je payerai pour le sang de cet homme.
11-Question de défiance.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 825).
Safwan ibn Umayya était parti à Jedda116, pour prendre un navire pour le Yémen. Umayr dit au prophète que Safwan, qui avait été chef de sa tribu, allait se noyer, alors il lui demanda limmunité. Le prophète lui accorda et Umayr demanda aussi un signe pour le prouver. Lapôtre d'Allah lui donna son turban, avec lequel il était entré dans la Mecque. Umayr partit et arriva juste au moment où Safwan allait embarquer. Il le pria de ne pas se suicider117, et montra le gage de sa grâce.
Safwan lui dit de sécarter et de ne pas lui parler.
Umayr dit:
-Mes parents seront le gage! Il est le plus vertueux, le plus pieux, le plus clément, le meilleur des hommes, mon propre cousin. Son honneur est mon honneur.
Lautre répliqua:
-Je pars par peur de lui.
Il dit:
-Il est trop clément et honorable pour te tuer.
Alors il rentra avec lui, et à apôtre d'Allah il dit quil avait eu limmunité par Umayr. Safwan demanda davoir 2 mois de changer davis, et il lui donna 4 mois pour se convertir.
6-Loccupation médinoise.
Un certain nombre de hadiths présente les changements rapides qui affectent la vie des Mecquois, avec loccupation musulmane, qui est aussi, pour les Mecquois, celle de leurs voisins du nord. Ils présentent des similitudes avec le régime théocratique mis en place à Médine. La mise en place de cet ordre se fait beaucoup plus rapidement. Le symbole en est lélimination des monopoles tenus par laristocratie mecquoise dans le sanctuaire. La Mecque est alors considérée comme une base de départ pour la suite des conquêtes en Arabie.
1-Le nouveau maître.
(Muslim, Hadith 3/ 664)118 .
Je suis allé voir le messager dAllah le jour de la conquête, et il prenait un bain, alors que sa fille Fatima tenait un rideau autour de lui.
Un nouveau départ.
(Muslim, Hadith 20/ 4597)119
... le messager dAllah a dit le jour de la conquête de La Mecque: il ny a plus dHégire maintenant, il y a le jihad et la sincérité des buts. Si on vous demande de préparer (une expédition pour la cause de lislam), vous devez aussitôt le faire.
(Bukhari, Hadith 52/ 42)120 .
....le jour de la conquête de La Mecque, le prophète dit:
-Il ny aura plus démigration après la conquête, mais le jihad et des projets; quand vous êtes appelés au combat, allez y immédiatement.
2-La justice de Médine.
(Muslim, Hadith 17/ 4188).121
Une femme a commis un vol... à La Mecque....alors lapôtre dAllah donna sa sentence dans ce cas, et le femme eut les mains coupées.
(Bukhari, Hadith 48/ 816) .122
Une femme avait commis un vol au moment de la conquête et elle fut amenée devant le prophète qui ordonna quon lui tranche la main... Sa repentance était parfaite123 , et elle sest mariée plus tard et venait me voir pour que je présente ses besoins au prophète...
3-Prohibitions.
(Dawud, Hadith 38/ 4474)124 .
jai vu lenvoyé de Allah le matin de la prise de La Mecque. Un homme ivre fut emmené à lui et il ordonna de le battre. Ils le battirent avec tout ce quils avaient dans les mains... lapôtre dAllah lui jeta de la poussière à la figure.
(Bukhari,Hadith 59/ 590)125 .
Jai entendu le prophète dire lannée de la conquête, alors quil était à La Mecque:
-Allah et son apôtre ont rendu illicite la vente de vin.
(Muslim, Hadith 10/3840 et 42)126
... lannée de la victoire, alors quil était à La Mecque,(le messager dAllah a dit):
-Allah et le messager dAllah ont interdit la vente de vin, des carcasses danimaux, des porcs et des idoles.
On lui dit:
-Messager dAllah, tu vois que le gras des carcasses est employé pour calfater les navires et on lemploie pour boucher les trous.
Là dessus, il dit:
-Cest interdit.
Et le messager dAllah ajouta:
-QuAllah lexhalté et le majestueux détruise les juifs, parce quAllah a interdit lusage du gras pour eux, et ils lont mélangé et lont vendu et en ont tiré des bénéfices127 .
(Bukahri, Hadith 34/112).
Jabir ibn Abdallah a entendu l'envoyé d'Allah dire, l'année de la conquête, alors qu'il était à la Mecque :
-Allah et son envoyé ont défendu la vente du vin, des animaux crevés, du porc et des idoles. Et comme on lui disait :
-Ô envoyé d'Allah que penses- tu des graisses des animaux crevés? elles servent à enduire les vaisseaux, à graisser les peaux et à alimenter les lampes du peuple.
-Ne les vendez pas, répondit-il, cela est interdit.
Puis, l'envoyé dAllah ajouta :
-Allah maudisse les Juifs! Allah leur avait interdit les graisses des animaux crevés; ils les ont fait fondre, les ont vendues et en ont employé le prix à leur subsistance.
4-La destruction des institutions religieuses.
Le conquérant élimine tous les privilèges sacerdotaux128 qui étaient monopolisées par les grandes familles mecquoises: elles en tiraient à la fois prestige et richesse, notamment par laccueil des pèlerins. Cest un moyen de les abaisser durablement, et de se venger personnellement.
(Mahomet, Coran 9/17-24).
Il n'est point laissé aux associateurs de servir129 la mosquée d'Allah, tout en faisant, pour ce qui les touche, profession d'infidélité.
Que vaines soient les actions de ces gens!
Dans le feu ils seront immortels.
Seuls serviront la mosquée d'Allah ceux qui croient en Allah et au dernier jour, qui accomplissent la prière, donnent l'aumône et ne redoutent qu'Allah.
Peut-être ceux-là seront-ils parmi ceux se trouvant dans la bonne direction.
Ferez-vous de la charge d'abreuver les pèlerins130 et du service de la mosquée sacrée131 des devoirs comparables à ceux de celui qui croit en Allah et au dernier jour, et mène combat dans le chemin d'Allah ?
Croyants et infidèles ne seront point égaux auprès d'Allah.
Allah ne dirige pas le peuple des injustes.
Ceux qui déjà croient, qui, dans le chemin d'Allah, ont émigré et mené combat de leurs biens et de leurs personnes auront un rang plus considérable auprès d'Allah.
Ceux-là seront les gagnants.
Leur seigneur leur annonce grace et satisfaction émanant de lui, ainsi que des jardins où ils auront un délice permanent et où ils seront, immortels, en éternité.
Allah détient une rétribution immense.
(Mahomet, Coran 9/23-24).
Ô vous qui croyez!, ne prenez pas vos ascendants mâles et vos frères comme affiliés s'ils aiment mieux l'infidélité que la foi!
Ceux qui, parmi vous, les prennent pour affiliés , alors qu'ils les savent encore infidèles, ceux-là sont les injustes.
Dis aux croyants: Si vos ascendants mâles, vos fils, vos frères, vos épouses et votre clan, si vos biens acquis, un négoce que vous redoutez de voir péricliter et des demeures qui vous sont agréables vous sont plus chers qu'Allah, que son apôtre et que mener combat dans Son chemin, alors soyez aux aguets jusqu'à ce qu'Allah vienne avec son ordre!
Allah ne dirige pas le peuple des pervers.
5-Un nouveau départ.
Conséquences de la conquête.
(Hadith, Bukhari 64/53, 5-6).
Mojashi a dit: Après la prise de La Mecque, j'amenai mon frère au prophète et je lui dis :
-Ô envoyé d'Allah, je tamène mon frère pour que tu recoives son serment à titre de muhajir.
-Le temps est passé maintenant, me répondit-il, des émigrés et des faveurs attachées à ce titre.
-Et alors, repris-je, pourquoi recevras-tu son serment?
-Je recevrai son serment, répliqua-t-il, pour l'islam, la foi et la guerre sainte.
-Plus tard, je rencontrai Abu Mabed qui était l'ainé des deux frères et, sur ma question, il me confirma ce qu'avait dit a (son frère) Mojashi.
Mojashi ibn Masud a dit: J'emmenai mon frère Abu Mabed vers le prophète afin qu'il prêtàt serment au titre d'émigré.
-Le temps de l'émigration est passé, répondit le prophète, je recevrai son serment pour l'islam et la guerre sainte.
Plus tard (dit Abu Othman) je rencontrai Abu Mabed et, sur ma question, il me confirma ce qu'avait dit Mojashi.
Le fromage des mages.
(Baydaqi, Hadith)132 .
Quand lapôtre d'Allah a conquis la Mecque, il a vu un fromage. Il a demandé ce que cétait; on lui dit que cétait de la nourriture venue de Perse133.
Lapôtre d'Allah répondit alors:
-Enfoncez un couteau dedans, invoquez le nom d Allah et mangez!134
II
Le crépuscule des idoles
La destruction totale du sanctuaire païen de la Mecque, qui est le principal dArabie, est un prélude.
Lattitude envers le polythéisme idolâtre, dont est issu Muhammad lui-même, est claire: lélimination par la conversion et/ par la destruction. Il nest pas prévu de délais ou de sitatuion de soumission temporaire, comme avec les Gens du Livre. Cest à cette tâche que vont satteler des adjoints zélés tels quAli et surtout le féroce Khalid. Leurs faits darmes ont été pieusement enregistrés, racontés avec jubilation, et ont permis de conserver les témoignages sur le monde quils ont ravagé: sanctuaires, prêtres et populations si besoin est.
La violence est dun autre genre, affublée dun surplus dacharnement: la guerre nest plus que sainte, elle est sacrée, elle devient divine: le sabre de Khalid est linstrument de la domination nouvelle dAllah sur tous les autres dieux.
En effet, la résistance sorganise pour tenter de protéger les divinités: cela suffit pour acréditer lidée dune véritable vénération et dune religion qui nest pas en déclin.
Les ruines servent à construire les mosquées nouvelles.
Voici un rappel rapide de la doctrine sur la question des idoles, tiré du texte coranique. Il ne laisse subsister aucune incertitude sur le sort des anciens dieux. Leur destruction totale doit manifester la supériorité de la thèse musulmane et surtout empêcher le retour à lidolatrie: lapostasie reste une grande angoise pour la foi nouvelle et langoisse nourrit la brutalité et le vandalisme135, qui sont inexcusables à jamais.
1-La doctrine: par le fer et par le feu136 .
(Mahomet, Coran 43/14).
Les infidèles ont donné à Allah des parèdres137 , parmi ses serviteurs.
En vérité, lhomme est un ingrat déclaré.
(Mahomet, Coran50/23-5).
Jetez dans la géhenne tout infidèle indocile, interdicteur du bien, hostile et sceptique, qui a placé à côté dAllah une autre divinité.
(Mahomet, Coran 14/38-39).
Et quand Abraham dit: seigneur! rends cette ville sure et détourne-nous, moi et mes fils d'adorer les idoles!
Elles ont, seigneur! égaré beaucoup dhommes.
Celui qui me suivra sera issus de moi, mais qui me désobéira... Car tu es absoluteur et miséricordieux.
Lanthropomorphisme des idoles selon le Coran.
(Mahomet, Coran 7/ 194).
Ont-ils des jambes avec lesquelles ils marchent, ou des mains avec lesquelles ils luttent, ou des oreilles avec lesquelles ils entendent,?
Dis: priez vos associés, puis formez un stratagème contre moi et ne me faites point attendre!
Limpuissance des idoles selon le Coran
(Mahomet, Coran 25/3-4).
Les impies ont pris, en dehors de lui, des divinités qui ne sauraient rien créer mais ont été créées, qui ne possèdent pour elles-mêmes ni dommage ni utilité, qui ne possèdent ni la mort ni la vie ni la résurrection.
(al Kalbi, Livre des idoles 50).
Toutes ces idoles furent honorées jusquà ce que Allah envoie le prophète qui ordonna quelles soient détruites.
2-La destruction du sanctuaire dal Uzza.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois I 287).
Lorsque tous les habitants de la Mecque, hommes et femmes, eurent prêté serment, le prophète envoya Khalid ibn Walid, pour détruire l'idole dUzza. Il y avait à Batn Nakhla, à une parasange de la ville, dans la direction du Taif, un temple que les habitants de la Mecque, du Taif et les Arabes Bédouins fréquentaient, et autour duquel ils faisaient des tournées. La porte du temple était fermée, et à l'intérieur se trouvait une idole de pierre, d'où il sortait une voix qui parlait aux adorateurs. Les infidèles l'appelaient Uzza et la tenaient en grand honneur; ils juraient par Lat et par Uzza, idoles qui sont mentionnées dans le Coran138. Lat était une idole de pierre, placée dans le temple et ayant la forme humaine. On disait que les deux idoles étaient couchées ensemble, et on les adorait ensemble. Le prophète ordonna à Khalid de détruire l'une de ces deux idoles et de briser l'autre. Khalid fit ainsi. Il brisa l'une et en vit sortir un être ayant la forme humaine, qui poussa des cris et disparut sous terre. Lorsque Khalid en rendit compte au prophète, celui-ci dit:
-C'était Uzza; cette idole ne sera plus jamais adorée sur la terre.
(Ibn Kalbi, Livre des Idoles 21 b; 22 b-c).
Al Uzza était un démon femelle qui hantait trois acacias dArabie dans le vallon de Nakhla.
Dans son livre, (...) al Maqrizi dit:
-Khalid139 ibn al-Walid détruisit al-'Uzza en l'an 8 de l'Hégire, cinq nuits avant la fin de ramadan. Son prêtre140 était alors Aflah ibn an Nadr as Shaybani des Banu Sulaym. Lorsque, sur l'ordre du prophète (...) , Khalid revint vers elle pour la détruire, il tira son sabre et se vit en face d'une femme noire, dévêtue et les cheveux défaits141.
Le prêtre se mit à l'exciter par ses cris. Khalid dit avoir eu un frisson dans le dos. Et le prêtre criait toujours:
Ô Uzza, attaque avec force, évite le malheur!
Ô Uzza, jette ton voile et te retrousse.
Ô Uzza, si tu ne tues pas ce Khalid, ta perte est imminente: ressaisis-toi.
Khalid, le sabre à la main, se jeta sur elle en criant:
-Je te renie et ne te bénis point; car Allah, je le vois, t'a avilie.
et, de deux coups, il la pourfendit. Il s'en revint vers le prophète (...) et lui rapporta les faits. Ce dernier répondit:
-Oui, telle est bien al Uzza. Elle n'a plus aucun espoir d'être un jour adorée dans votre pays. Khalid répondit:
-Ô apôtre dAllah! Grâce soit rendue à Allah, qui, par toi, nous a, sauvés de la perdition.
(...)
D'un coup, il lui fendit le crâne: elle ne fut plus que cendres142.
Sur ce, il abattit l'arbre et tua Dubayya, le desservant de son culte.
Puis il revint vers le prophète (...) et lui rendit compte des faits.
-Telle est bien al Uzza, dit le prophète. Après elle, les Arabes ne connaitront plus de Uzza. Eh bien ! Elle ne sera plus adorée, désormais!
C'est alors qu'Abu Hirash composa pour Dubayya le panégyrique que nous avons cité.
(...)
-Va, lui ordonna t-il, au vallon de Nakhla.Tu y trouveras trois acacias et tu abattras le premier.
Khalid y alla et le coupa.
Au retour, le prophète lui demanda:
-As tu vu quelque chose?
-Non, répondit Khalid.
-Abats donc le deuxième.
Khalid sy rendit et le coupa.
A son retour, le prophète lui demanda:
-As tu vu quelque chose?
-Non, répondit-il.
-Abats donc le troisième.
Khalid sy rendit à nouveau et se trouva en face dune Abyssine143 qui, les yeux ébouriffés, les mains sur les épaules, grinçait des dents. Derrière elle se tenait son prêtre, Dubayya as Sulami.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 839-840).
Ensuite, le prophète envoya Khalid contre al Uzza, qui était à Nakhla. Cétait un temple que la tribu des Quraysh, des Kinana et tous les Mudar avaient coutume de vénérer. Ses gardiens et sacristains étaient les Banu Shayban des Banu Sulaym, alliés des Banu Hashim.
Alors quand le gardien Sulami apprit la nouvelle de larrivée de Khalid, il accrocha son sabre sur elle, grimpa sur la montagne où elle était, et dit:
-Ô Uzza, fais une attaque destructrice sur Khalid
Ecarte ton voile et prépare toi
-Ô Uzza, si tu ne tue par cet homme Khalid
Alors envoie lui un châtiment rapide ou fais-en un chrétien144 .
Lattachement au culte de al Uzza
(Ibn al Kalbi, Livre des idoles 19a-b).
Le culte d'al Uzza dura jusqu'au jour où Allah envoya son prophète: il vitupéra al Uzza et d'autres idoles, interdit leur culte et, dans le Coran, une révélation les touchait.
Les Quraysh supportèrent mal la chose. Lorsque Abu Uhayha, qui est Sayd ibn al As ibn Umayya ibn Abd Sayn ibn Abd Manaf, souffrait du mal qui devait l'emporter, Abu Lahab145 vint visiter le malade et le trouva en larmes.
-Pourquoi pleures-tu, Abu Uhayha? lui demanda-t-il. Est-ce à cause de la mort, qui est inéluctable?
- Non. Mais je crains qu'al Uzza ne soit plus adorée après moi.
-Par Allah, elle n'était pas adorée seulement de ton vivant et ne sera donc pas abandonnée après toi, à cause de ta mort.
-Maintenant, je le sais, j'ai un successeur, s'exclama abu Uhayha ravi de l'attachement de son visiteur au culte d'al Uzza.
(al Kalbi, Livre des idoles 23).
Al Uzza continua à être adorée jusquà ce que Allah envoie son prophète qui la ridiculisa elle et les autres idoles et interdit leur culte.... Le prophète, ensuite, envoya Khalid..., qui coupa les arbres, détruisit la maison et démolit lidole.
3- La destruction du sanctuaire de Ru