- V -

DES GENS
ET DES LIVRES


Juifs, chrétiens, Iraniens.














De nombreuses religions et sectes cohabitent dans le Proche-Orient, et particulièrement en Arabie, sans véritables affrontements d’origine strictement religieuse: païens arabes, chrétiens1 byzantins, persans ou éthiopiens, juifs arabisés ou non, mazdéens et d’autres encore. Les sources musulmanes ne peuvent pas les ignorer, déforment leurs doctrines et leurs situations, et décrivent les traitements divers qui leur sont ensuite imposés2.
La question des influences juives et chrétiennes, évidentes et intangibles, sur la religion créée par Muhammad est un sujet tabou pour les érudits musulmans, un sujet de controverse pour les chercheurs occidentaux3.
C’est dès le début que se sont construits les dramatiques malentendus qui font souffrir l’Humanité jusqu’à nos jours.








I
Les Juifs



Les tribus juives sont nombreuses dans l’Arabie centrale et méridionale, et notamment autour de Yathrib4 . Ce judaïsme5 , très actif, sera la principale et première influence monothéiste sur la doctrine de Muhammad, qui s’en inspire au niveau de la doctrine et de la pratique, en le déformant6 , avant de la rejeter vigoureusement7.
On remarquera qu’ils portent essentiellement des noms arabes: ce ne sont sans doute pas des groupes issus des tribus d’Israël8, mais plutôt, comme au Yémen, des indigènes judaïsés.
La part quantifiable et l’infuence de la tradition juive dans le Coran reste considérable , par les emprunts considérables aux “récits des Fils d’Israël”9.


1-Le Temple de Jérusalem.

La construction du monument central du peuple juif a été décrite en grand détail par le Livre des Rois. Elle se déroule sous le règne de Salomon. Il est piquant de noter que Muhammad commet une bévue de plus, en l’attribuant indûment à celui de David.
Le Mecquois s’est intéressé au Temple pour une bonne raison. C’est en un édifice semblable qu’il veut transformer la petite Ka’ba de la Mecque.


1-La construction du temple.
C’est un moment central dans l’Histoire du peuple hébreu, qui est décrit avec un luxe de précisions dans la Bible. L'ignorance de Muhammad sur le sujet l'amène à simplifier à l’extrême cet épisode.

(1 Rois 6,1-19).
La quatre cent quatre-vingtième année après la sortie des fils d'Israël hors du pays d'Egypte, la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, le mois de Ziw, qui est le deuxième mois, il bâtit la Maison du Seigneur. La Maison que le roi Salomon bâtit pour le Seigneur avait soixante coudées de long, vingt de large, trente de haut.
Le vestibule qui précède la grande salle de la Maison avait vingt coudées de long, mesurées sur la largeur de la Maison ;dix coudées de large, mesurées dans le prolongement de la Maison. Il fit à la Maison des fenêtres à cadre grillagées. Il bâtit contre les murs de la Maison, tout autour, contre les murs de la grande salle et ceux de la chambre sacrée un bas-côté dont il fit des chambres annexes. Le bas-côté inférieur avait cinq coudées de large, celui du milieu, six, le troisième, sept; car on avait donné du retrait à la Maison, au pourtour extérieur, pour éviter un encastrement dans les murs mêmes de la Maison. La construction de la Maison se fit avec des pierres préparées en carrière, ainsi l'on n'entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer dans la Maison pendant sa construction. L’entrée de l'annexe inférieure était vers le côté droit de la Maison. Par des trappes, on ,ouvait accéder à l'annexe du milieu et, de celle du milieu, à la troisième. Après qu’il eut bâti la Maison et qu'il l'eut achevée, Salomon y fit un plafond à caissons dont l’armature était en cèdre. Il construisit le bas-côté contre toute la Maison; la hauteur était de cinq coudées. Il s'encastrait dans la Maison avec des troncs de cèdre.
La parole du Seigneur fut adressée à Salomon:
-Tu bâtis cette Maison ! Mais si tu marches selon mes lois, si tu agis selon mes coutumes et si tu gardes tous mes commandements en marchant d'après eux, alors j'accomplirai ma parole à ton égard, celle que j'ai dite à David, ton père.
Et je demeurerai au milieu des fils d'Israël et je n'abandonnerai pas mon peuple Israël.
Salomon bâtit la Maison et l'acheva. Puis il bâtit les parois intérieures de la Maison en planches de cèdre, depuis le sol de la Maison jusqu'aux poutres du plafond - il revêtit de bois l'intérieur - et il revêtit le sol de la maison de planches de cyprès. Il bâtit ensuite en planches de cèdre depuis le sol jusqu'aux poutres l'espace de vingt coudées qui formait le fond de la Maison; l'intérieur, il en fit une chambre sacrée, un lieu très saint. La Maison, c'est-à-dire la grande salle qui précède la chambre sacrée, avait quarante coudées. Les boiseries de cèdre qui étaient à l'intérieur de la Maison portaient des sculptures en forme de coloquintes et de fleurs entrouvertes. Tout était en cèdre, on ne voyait pas la pierre.
Dans la partie centrale de la Maison, à l'intérieur, il aménagea une chambre sacrée pour y mettre l’Arche de l’Alliance du seigneur.


(Mahomet, Coran 34/1012).

Certes, nous avons donné à David une faveur issue de nous
(...)
Pour lui, ils faisaient ce qu’il voulait: des sanctuaires, des statues, des chaudrons grands comme des bassins, et des marmites stables.

2-La destruction du temple.
Muhammad fait allusion, très brièvement, à un épisode qui a eu une grand retentissement dans les communautés juives: la destruction du Temple de Jérusalem après la chute de la ville, en 69 après J.-C.10
Dans le Coran, les Romains de Titus sont considérés comme les agents de la punition divine.


(Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 7,1)11 .
Quand l'armée n'eut plus rien à tuer ni à piller, faute d'objets où assouvir sa fureur - car si elle avait eu de quoi l'exercer, elle ne se serait abstenue par modération d'aucune violence - César12 lui donna aussitôt l'ordre de détruire toute la ville et le Temple, en conservant cependant les tours les plus élevées, celles de Phasaël, d'Hippicos, de Mariamme, et aussi toute la partie du rempart qui entourait la ville du cité de l'ouest. Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem; les tours devaient témoigner de l'importance et de la force de la ville dont la valeur romaine avait triomphé. Tout le reste de l'enceinte fut si bien rasé par la sape que les voyageurs, en arrivant là, pouvaient douter que ce lieu eût jamais été habité. Telle fut la fin de Jérusalem, cité illustre, célèbre parmi tous les hommes, victime de la folie des factieux13 .

(Mahomet, Coran 17/5, 7b).
Quand viendra la réalisation de la première promesse, nous enverrons contre vous des serviteurs à nous pleins d’une grande vaillance et ils pénétreront à travers les contrées et cette promesse sera tenue.
(...)
Quand viendra l’accomplissement de la dernière menace, nous enverrons ces mêmes serviteurs pour qu’ils vous donnent affliction, pour qu’ils entrent dans le temple comme ils y seront entrés la première fois et pour qu’ils détruisent entièrement ce qui était superbe.

2-Juifs arabes, Juifs en Arabie.

La reconstitution des épisodes est délicate, car il faut s’appuyer sur les sources juives et sur les sources arabes. Rien n’est sûr, sauf que des Juifs sont largement présents en Arabie, du Nord au Sud. Reste à savoir s’ils sont vraiment arrivés de Palestine, ous’ils sont des indigènes convertis. Dans ce domaine, la prudence est de rigueur.

L’arrivée des Juifs à Yathrib.
(Isfahani 19, p. 94-98).
Musa14 ibn Imran ... envoya des soldats contre les tyrans de ces villes our les conquérir (...) et il envoya une armée des Banu Israël contre les Amalékites15 et ordonna de tous les tuer quand ils seraient devant eux, et de n’en laisser aucun. (...) Cette armée fut la première parmi les juifs à habiter Médine. Ils se répandirent dans toutes les régions de Médine à al Aliyah et s’emparèrent de forteresses, des biens et des champs, et restèrent longtemps à Médine.

La conversion des Himyarites
(Ibn Al Kalbi, Livre des Idoles 8 c-9a).

Les Himyar adorèrent Nasr16 , dans une localité appelée Balka. A ma connaissance, personne de la tribu des Himyar ne porte le nom de ce dieu. Il n'est pas, non plus, fait mention de lui dans la poésie des Himyar ni dans la poésie arabe en général. Cela s'explique, je crois, par le passage des Himyar de l'idolâtrie au judaïsme au temps de Tubba17 .
Lorsque Tubba revint de son expédition d'Irak, les deux rabbins qui, de Médine, l’avaient accompagné, lui demandèrent de détruire Riam.
-Faites-en ce que bon vous semble, leur répondit-il. Ils détruisirent le temple, et Tubba, ainsi que les habitants du Yémen, passèrent au judaïsme.

Juifs et Arabes médinois.
(Kitap al Aghani 19, 95-97).

Quand les Aws et les Khazraj sont arrivés à Médine, ils se sont installés dans les harras18. Ensuite, ils se sont répandus en dehors: certains se sont réfugiés dans des zones sèches et inhabitées et se sont implantés là; d’autre se sont réfugiés dans des hameaux déjà établis et ont vécu en commun avec les habitants. Les Aws et Khazraj sont restés là, vivant pauvrement et misérablement de leurs chameaux et chèvres, parce que Médine n’était pas adaptée au paturage. Ils ne possédaient ni palmeraies ni champ cultivable, sauf quelques-uns qui avaient pris quelques palmiers ou champs sans propriétaires. Les fermes les plus prospères appartenaient en fait aux juifs.
(...)
Les juifs sont maintenant faibles, dépendants et touchés par la crainte. Si un des Aws ou Khazraj se fâchait contre un juif à cause de quelque offense, ce dernier n’allait pas voir ses co-religionnaires, mais plutôt un de ses protecteurs arabes, avec qui il vivait et il lui disait:
-Noyus sommes tes protégés et alliés.
Ainsi, toutes les familles juives cherchaient refuge dans l’alliance avec des familles arabes des Aws ou Khazraj, et cherchaient leur protection19 .

Des Arabes convertis au judaïsme
(ibn Kalbi, Livre des Idoles 52c).

L'idole fut installée dans un endroit du pays de Sab appelé Balkha, où elle était adorée par les Himyar et leurs alliés. Ce culte dura jusqu'au jour où ils furent convertis au judaïsme par Dhu Nuwas.


3-L’épigraphie juive.

Les nombreuses inscriptions juives trouvées en Arabie viennent au secours des historiens, trop dépendants de la littérature. Elles attestent surtout de l’importance politique et économique de ces populations, largement autonomes par rapport aux Juifs de Palestine, et culturellment proches des Arabes.

Dédicace d’un palais à Zafar, capitale des Himyarites (Vème siècle)
20 .
Yehuda21 Yakkuf a construit, posé les fondations et terminé son palais Yakrub, des fondations au sommet, avec l’aide et la grâce de son seigneur qui a créé sa personne, le seigneur des morts et des vivants, le seigneur du ciel et de la terre, qui a tout créé, avec la prière de son peuple Israël, avec le soutien de son seigneur Dhat at Amar Ayman, roi de Saba, dhu Raydan, Hadramut et Yamnat, avec le soutien de ses fils et de sa parentèle; et pour que personne ne médise de lui ni du statut royal de la synagogue Ahlak (...)
Yehuda a écrit qu’on s’en souvienne en bien, amen shalom, amen22 .

Stèle funéraire de Monah d’Hégra23.
C’est la stèle et la tombe qui a été bâtie par Adnon, fils d’Honi, fils de Samuel, le prince d’Hégra, pour Monah, sa femme, la fille d’Amir, fils d’Adnon, fils de Samuel, le prince de Tayma, qui est morte le mois... d’Ab, dans l’année 25124 , à l’âge de 38 ans.

(Inscription d’Usays, 528-9).
Ibrahim fils de Moghira al Awsi. Le roi al Harith m’a envoyé au poste de garde de Sulayman en l’année 42325.

Le cimetière des juifs de la tribu des Banu Hasbah.
(Inscription de Hasi, sud-Yémen, Vème siècle?)26 .

lliyafa Arsal Ibn Hasbah, Yagaf, Yaqimawt dhu Sufr et Ashriq dhu Sahat, grand seigneur27 des deux tribus Madha et Sufar, a concédé au Seigneur du ciel quatre parcelles depuis ce rocher en descendant jusqu'à l'enclos du cimetière pour y enterrer les juifs28 et pour s'assurer de ne pas enterrer avec eux un païen29 , ceci afin qu'elles soient légalement garanties aux juifs; les trois parcelles et le puits qui sont dans l'enclos, qu'ils soient comme une concession à la synagogue Sawriel et la parcelle qui est en dessous de Sawriel de l'enclos, qu'elle appartienne à la synagogue...

“Arabo-juifs” du Néguev.
(Inscriptions arabes du désert du Néguev)30 .

Que Dieu Seigneur de Moïse31 pardonne toute faute à D-h-s-m , fils de Amir.

Que mon Seigneur pardonne à D-h-s-m fils de Amir toutes ses
fautes. Amen, Seigneur des siècles de l'univers32 .

Que Dieu, seigneur de Moïse pardonne à Ashath.

Ô Dieu!33 Pardonne à Ashath fils de Isam vivant et mort, et pardonne-lui toute faute qu’il ait pu avoir jamais commise. Tu es le plus miséricordieux de ceux qui font miséricorde et le plus juste de ceux qui jugent34.

Ô Dieu!35 Pardonne à Ashath fils de Isam ses fautes anciennes et récentes36, toi tu es celui qui entend, qui sait, le haut, le sublime, le puissant, le compatissant, le miséricordieux37, et pardonne-lui vivant et mort, alors qu’il demande à Dieu38 la protection et qu’il ne manque pas de le protéger de sorte qu’il puisse continuer son voyage.

Ô Dieu! Ô toi dont la parole s’accomplit39 , dont le ciel est le trône et la terre la place de ses pieds40, pardonne à Khalid fils de Humran toute faute qu’il ait pu avoir jamais commise.

Ô Dieu! ô longanime, ô généreux, ô seigneur majestueux du trône41 , introduis Khalid fils de Humran dans les jardins42 des délices.

Que le seigneur pardonne à Khalid fils de Humran toutes ses fautes, petites et grandes, récentes et anciennes, secrètes et manifestes. Tu es celui qui connais les choses cachées.

Ô Dieu! pardonne à Khalid fils de Humran. A toi appartiennent la gloire et l’honneur; tu es le haut, très-haut, et le tout-puissant43 .

Prière juive au Miséricordieux.
(Hamilton 1144 ).

Hujr fils de Salama; puisse Rahmanan45 exaucer sa prière.

Le Rahmann et le dieu des Juifs.
(Inscription du Yémen)46 .

Puisse le nom du Miséricordieux qui est au ciel, être béni et loué, et les Yisraël et leur dieu, le dieu des Juifs, qui a aidé son serviteur ahrum, sa mère Buddum, sa femme Samsum, et leurs enfants Damim, Absaar, Musrim et tous les membres mineurs de sa maison.

Le dieu des juifs contre celui des Thamoudéens.
(Inscription de Thamud)47 .

Que Ilshadday48 règne sur Manah!

Le soutien du Seigneur du ciel.
(Inscription de Bayt al Ashwal, 384 après J.-C.)49 .

Malkikarib Yuhamin et ses fils Abikarib Asad et Dhara amar Ayman, rois de Saba, dhu Raydhan, Hadramut et Yamnat, ont construit, posé les fondations et achevé leur palais Kalam, des fondations au faîte, avec le soutien de leur seigneur, le seigneur du ciel au mois de dhul diwan, de l’an 493.

Le mirhab des Juifs.
(Inscription de Nait-Yémen)50 .

Ilithawb Yadhaq et son fils Ayfa Yarim, du lignage de Fawqaman et de Hufn, gouver- neur de dhu Hamdan et chef de Gabaran ont construit, édifié et achevé le palais Hislahan, /Ilithawb shalom Hislahan Ayfa51/ leur maison des hôtes52 Yaghul, leur salle d'audience Muddat et leur galerie Kawkaban, avec l'aide de Dieu qui est aux cieux, pour la vie de leurs seigneurs et pour la vie de leurs propres personnes.
Amen.

Prosélytisme dans le couple.
(fragment de poème d’Aws ibn Dani53).

Elle m’invita à l’islam le jour où je l’ai rencontrée. Mais je lui ai dit:
-Nay, deviens plutôt juive. Ainsi, tu vivras selon la Torah54 de Moïse et sa religion. Par ma vie, qu’y a t-il de bon dans la croyance de Muhammad? Il reste à voir qui de nous a la juste croyance. Celui qui est conduit vers la porte juste sera justement guidé.


4-Coutumes juives.

Pour Muhammad, les pratiques juives srvent de base à sa nouvelle conception du rituel: soiut il intègre l’essentiel du fond et de la forme, soit il adapte, soit il prend le contre-pied. mais le ritualisme juif, contraignant au possible, reste la référence.

Les pratiques des juifs vues par le Coran.
(Mahomet, Coran 4/159).

Nous avons déclaré illicites, pour ceux qui pratiquent le judaïsme, des nourriture excellentes déclarées licites à l’origine, pour eux, et cela en prix d’avoir été iniques, de s’être tant écartés du chemin d’Allah, d’avoir pratiqué l’usure qui leur est interdite, d’avoir mangé le bien des gens au nom du faux.

La souillure dans les pratiques juives.
(Bukhari, Hadith 4/ 67).

Abu Wayl a dit Abu Musa El Ashari se montrait sévère sur la question d’uriner; il rappelait que chez les Banu Israël tout vêtement souillé par l'urine était mis en pièces.
-Plût au ciel, ajoute Hodzayfa, que Abu Mousa, se fut montré plus modéré, car l'envoyé d'Allah s'approcha un jour d'un tas d'immondices et urina dessus en restant debout.

Le refus des coutumes juives
(Hadith, Daoud 20/3170).

L’apôtre d’Allah se mettait debout pour les funérailles jusqu’à ce que le corps soit dans la tombe. Un savant juif est venu vers lui pour dire:
-Voici comment nous faisons, etc...
Le prophète se rassit et nous dit:
-Soyez assis et faites tout différemment d’eux.

5- Critiques du judaïsme.

Le Coran est un ouvrage particulièrement hostile aux Juifs, du fait de l’échec total de la prédication de Muhammad à Médine55. Les hadiths, écrits plus tard encore, sont encore plus violents. Ils sont l’expression d’un anti-judaïsme beaucoup plus récent.

La critique des savants juifs.
(Mahomet, Coran 5/68)

Pourquoi leurs maîtres et leurs docteurs ne les empêchent-ils point de dire le péché et de se nourrir grâce à la vénalité?
Combien détestable est certes ce qu’ils se trouvent accomplir!

L’image des juifs dans le Coran.
(Mahomet, Coran 62/5).

L’image de ceux qui ont été chargés de la Thora et qui, par la suite, ne s’en chargèrent point, sont à la ressemblance de l’âne chargé de livres56 .
Combien détestable est l’image de ce peuple qui traite nos signes de mensonges! Allah ne dirige point le peuple des injustes.

La Torah vue par l’islam.
(Tabari, Tafsir 7/149).

Rabi ibn Anas a dit:
La Torah telle qu’elle a été révélée57 ayant le volume de soixante-dix charges de chameaux, était si importante que l’on ne pouvait en lire qu’une partie en une année. Il n’y eut que quatre personnes qui la lurent: Musa ibn Imran58, Isa59 , Uzayr60 , et Yusha ibn Nun61 .

Parodie de discours rabbinique.
(Mahomet, Coran 4/48).

Parmi ceux qui pratiquent le judaïsme, sont ceux qui détournent le discours de ses sens et disent:
-Nous avons entenu et avons désobéi!62 (ou bien), entends sans qu’il te soit donné d’entendre63 ! Considère-nous64 !
Ils disent cela par gauchissement de la prononciation65 et attaque contre la religion.

La dégénèrescence des musulmans.
(Sufyan ibn Uyaïna)66.
Quand nos savants dégénèrent, ils deviennent comme les juifs; quand ceux qui craignent Allah dégénèrent, ils deviennent comme les chrétiens.

Présentation67 du judaïsme par un savant musulman.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes, 491-4)

Hàda signifie revenir et se repentir. Ce nom de yahud, c'est-à-dire ”juifs” en arabe leur vient de la parole de Moïse: Nous sommes revenus à Toi!', c'est-à-dire: “Nous sommes revenus et nous te supplions.”
C'est la communauté de Moïse. Leur Livre est la Torah, et c'est le premier Livre descendu du ciel: je veux dire qu'on n'appelait pas «Livre», mais «Feuilles», ce qui descendait sur Abraham et les autres prophètes. On rapporte
68 du Prophète qu'il a dit: «Allah a créé Adam de Sa main. Il a créé le jardin d'Eden de Sa main. Il a écrit la Torah de sa main», cela donne à la Torah une particularité qui la distingue du reste des Livres.
La Torah comprend plusieurs livres. Le commencement de la création est rapporté dans le premier livre, puis sont rapportés, dans chaque livre, prescriptions et sanctions, biographies et récits, exhortations et rappels.
Les Tables aussi furent révélées à Moïse, comme un résumé de la Torah. Elles comprennent les parties doctrinales et morales. Allah a dit: «Nous avons écrit pour lui sur les Tables une exhortation sur toute chose» (pour indiquer toute la partie morale), «et une explication de toute chose» (pour indiquer la partie doctrinale).
On dit que Moïse confia les secrets de la Torah et des Tables à Josué, fils de Nun, qui devait lui succéder, pour qu'il les confie aux enfants d'Aaron. Car la mission
69 était partagée entre lui et son frère Aaron, du fait que Moïse avait demandé à Allah: «Associe-le à ma mission». Ainsi, Aaron était le successeur. Mais comme il mourut pendant la vie de Moïse, la succession fut reportée sur Josué, fils de Nûn, comme un dépôt, pour qu'il la transmette comme une fonction stable aux deux fils d’Aaron, Subayr et Sabar. Car la succession et l'imamat peuvent être, soit à titre stable, soit en dépôt.
Les juifs prétendent qu'il y a une seule Loi, qui commença avec Moïse et s'accomplit avec lui, et qu'il n'y a pas eu de Loi avant lui, mais seulement des sanctions inspirées par la raison et des prescriptions inspirées par l'intérêt commun. Ils n'admettent absolument pas l'abrogation. Ils disent qu'il n'y aura plus aucune Loi après Moïse, parce que l'abrogation concernant les ordres est versatilité
70 et qu'on ne peut attribuer de versatilité à Allah.





II
Les Chrétiens



Le christianisme71 en tant que tel est peu présent dans l’Arabie centrale72 et davantage au nord et au sud, régions plus favorisées et plus avancées73, autour de grands centres tels que Hira74 et Najran75 . Mais ses idées circulent dans tout l’orient76. Il s’agit d’un christianisme influencé par Byzance, ou sous la forme de la doctrine nestorienne (ou monophysite77 ), très populaire en Orient. Certains chercheurs émettent l'idée d'un origine chrétienne de la religion musulmane78. Les textes musulmans laissent apparaître une forme d'admiration pour le luxe, le prestige et l'allure des dignitaires chrétiens, et dans un tout autre domaine, pour l’austérité et la solitude des ermites79. Sur le plan doctrinal, les échanges sont limités. Le Coran lui-même commence par sembler favorable aux chrétiens80, et finit par les reléguer à la condition des juifs, ce qui n’est pas peu dire. La tradition, elle, multiplie les exemples de brimades. Sur de nombreux points, les divergences sont fondamentales: rejet de la trinité, de la filiation divine de Jésus, de la résurrection, etc....81

(Tabari, Tafsir 2/62).
D’après Ibn Abbas et Qatada, les chrétiens sont appelés Naçara car Jésus82 venait du village de Nasira83.



1- Points de doctrine.

Avant de présenter quelques documents attestant l’existence des chrétiens en Arabie, il est utile de rappeler certains points de doctrine, ne serait-ce que pour souligner la distance existant entre cette religion et la vision que les musulmans en ont.
Voici les points essentiels du dogme, issu du Noveau Testament84 .



1-Nicée, la doctrine officielle.
Il est indispensdable avant de commencer de observer l’essentiel de la doctrine chréitenne telle qu’elle s’est constituée depuis six siècles. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut se figurer les déformations opérées par l’islam dans sa vision du christianisme. L’affaire est d’importance.

Le credo du concile de Nicée (381).
Le christianisme, sujet très tôt à une grande division doctrinale, a tenté au concile de Nicée de définir un Credo85 (ou Symbole86 ) commun à tous les chrétiens. Il est utile de se rappeler ce texte pour comprendre les disputes doctrinales qui vont surgir ensuite entre chrétiens et musulmans. A en croire ce texte, il est patent que si Muhammad n’ignora pas l’existence christianisme, il ne comprend absolument pas le sens.

Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.
Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, lumière issu de la lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait; qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné par le Saint-Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau; il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux Écritures; il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin.
Nous croyons en l'Esprit-Saint, qui règne et qui donne la vie, qui procède du Père, qui a parlé par les prophètes, qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié; nous croyons une seule Église, sainte, universelle et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés; nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.
Amen87 .

La Trinité selon le concile de Constantinople (553)88 .
La nature ou la substance une du Père, du Fils et du saint-Esprit: l’unique force ou puissance; la Trinité consubstantielle, la divinité unique en trois hypostases89 .

2-L’Incarnation.
C’est un dogme central et fondamental du christianisme, qui à lui seul a suscité des débats considérables sur plusieurs siècles. C’est au sujet des modalités de l’Incarnation -le statut de la figure du Christ- que le christianisme primitif s’est affronté puis divisé. Muhammad intervient au coeur de la crise, sans rien y comprendre, à l’évidence.
S’ajoute à cette question “cruciale” les problèmes du lien avec l’ “Ancienne Alliance”, et les fondements de la morale chrétienne.


(Romains 11/36).

Mais, d'après les chrétiens, il appartenait au Christ, Verbe incarné, d'accomplir parfaitement cette prophétie. En lui, le don divin a atteint la plénitude et l'homme, associé à son double caractère de prêtre et de victime, offre un sacrifice de louange digne de Dieu, adéquat à la majesté divine, puisque Jésus est à la fois Dieu et homme, entraînant l'humanité dans son éternel mouvement de retour vers le Père :
Tout est de lui, par lui et pour lui. A lui la gloire, éternellement! Amen.

Jésus fils de Dieu et Christ90 .
(Epître aux Hébreux 3, 1-7).
Ainsi donc, frères saints, qui avez en partage une vocation céleste, considérez l'apôtre et le grand prêtre de notre confession de foi, Jésus. Il est accrédité auprès de celui qui l'a constitué, comme Moïse le fut dans toute sa maison. En fait, c'est une gloire supérieure à celle de Moïse qui lui revient, dans toute la mesure où le constructeur de la maison est plus honoré que la maison elle-même. Toute maison, en effet, a son constructeur, et le constructeur de tout est Dieu. Or Moïse fut accrédité dans toute sa maison comme serviteur en vue de garantir ce qui allait être dit, mais Christ l'est comme Fils, et sur sa maison. Sa maison, c'est nous, si nous conservons la pleine assurance et la fierté de l'espérance .

La reprise de la tradition biblique par le Christ.
(Matthieu 5/17).

Ne croyez pas que je sois venu abroger la Loi91 ou les prophètes: je ne suis pas venu abroger mais parfaire92 .

Le Jésus des chrétiens: Discours sur la montagne
(Matthieu 5,1-11,38-48).

Ils’agit d’un texte très populaire chez les chrétiens, parce qu’il expose une doctrine morale particulièrement ambitieuse et difficile d’accès et d’application.

Heureux les pauvres de coeur: le royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux: ils auront la terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent: ils seront consolés.
heureux ceux qui ont faim et soif de justice: ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux: il leur sera fait miséricorde.
Heureux les coeurs purs: ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font oeuvre de paix: ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice: le royaume des cieux est à eux.
Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause demoi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux; c’est ainsi en effet qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.
(...)
Il vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. Si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. A qui te demande , donne; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos.

Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi, je vous dis: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense allez-vous en avoir? Les collecteurs d'impôts eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens n'en font-ils pas autant? Vous donc, vous serez parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

3-Le “credo” musulman.
(Mahomet, Coran/78).

Dis: nous croyons en Allah, à ce qu’il a fait descendre sur nous, à ce qu’on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les douze tribus93, à ce qui a été donné à Moïse, Jésus et aux prophètes, de la part de leur seingeur. Nous ne distinguons entre aucun d’eux et nous lui sommes soumis94.


2- La religion dite “catholique”.

Même si le christianisme est divisé en plusieurs tendances, il se considère néanmoins comme universel “catholikos” en grec, destiné à l’humanité entière, au contraire du judaïsme.

1-L'universalité du christianisme.
Les auteurs byzantins aiment à décrire le monde de ce temps, comme recouvert totalement par le christianisme, un christianisme qui a tendance à recouper les frontières politiques de l’empire, et correspondre à ses ambitions hégémoniques.

(Cosmas Indicopleustès, Topographie Chrétienne)95.

Et ainsi de même chez les Bactriens, les Huns, les Persans, les autres Indiens, les Persarméniens, les Mèdes et les Elamites96 et dans tout le pays de Perse les églises sont innombrables avec des évêques, de très nombreuses communautés chrétiennes ainsi que beaucoup de martyrs et de moines vivant aussi en ermites. De même en Ethiopie, à Axum97, et dans toute cette région; chez les gens d'Arabie heureuse qu'on appelle maintenant Homérites98 , dans toute l'Arabie, la Palestine, la Phénicie, dans toute la Syrie et à Antioche jusqu'à la Mésopotamie, chez les Nubiens et les Garamantes99, en Egypte, en Libye dans la Pentapole, en Afrique et en Mauritanie jusqu'à Gadeira100, dans les régions du Midi, partout où il y a des églises chrétiennes, des évêques, des martyrs, des moines, des ermites parmi lesquels est proclamé l'Evangile du Christ. De même encore en Cilicie, en Asie, en Cappadoce, en Lazique101 et dans le Pont102 comme dans les régions septentrionales où habitent les Scythes, les Hyrcaniens, les Hérules103, les Bulgares104, les Grecs et les Illyriens, les Dalmates, les Goths, les Espagnols, les Romains, les Francs et autres peuples jusqu'à Gadeira sur l'Océan vers le nord, il y a des croyants et des prédicateurs de l'Evangile du Christ, confessant la Résurrection des morts105 . Et nous voyons ainsi les prophéties accomplies sur le monde entier.

L'attrait de l'Orient.
(Aetheria, Journal de voyage)106.

Au temps où la bienfaisante foi catholique107 naissante et l'immense clarté lumineuse de notre sainte religion, tard venues sur ces plages du bout de l'Occident, y eurent enfin brillé, la bienheureuse moniale Aetheria, brûlée de la flamme du désir de la grâce divine, aidée par la puissance de la majesté du Seigneur, de toutes ses forces, d'un cœur intrépide entreprit un voyage à travers le monde entier. Marchant ainsi un certain temps sous la conduite du Seigneur, elle parvint aux lieux sacrés et désirables de la nativité, de la passion et de la résurrection du Seigneur et aussi auprès des corps d'innombrables saints martyrs, dans diverses provinces et villes, pour y prier et pour s'y édifier. Plus elle avait acquis de connaissance du saint dogme, plus brûlait dans son cœur la flamme inextinguible du saint désir. (...) Cherchant partout tout ce qui est contenu dans tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, dit encore d'elle Valerius, visitant tous les lieux où s'étaient accomplies de saintes merveilles dans les différentes parties du monde, provinces, cités, montagnes et autres déserts qu'elle avait vus signalés dans les livres, ayant soin d'aller partout dans des voyages qui durèrent de longues années, parcourant tout avec l'aide de Dieu, elle arriva enfin dans les contrées de l'Orient.

(Synode de 486108
).
Maintenant et désormais, qu'aucun évêque n'établisse des obstacles ou des difficultés pour empêcher le mariage dans le pays qu'il gouverne et dans l'Eglise où il exerce ses fonctions. Il suffit des maux qui jusqu'aujourd'hui sont tombés sur nos diocèses par l'adultère et la fornication dont l'iniquité s'est répandue et est parvenue jusqu'aux oreilles des gens du dehors, de sorte que le mépris et la division se sont élevés contre nous dans la conscience de tous les peuples. Qu'aucun d'entre nous ne fasse prévaloir de force cet engagement dans son clergé soit parmi les prêtres des villages, soit parmi les clercs (c'est-à-dire les moines) qui sont sous son autorité; mais que son enseignement sur ce point soit conforme à l'enseignement des Livres saints, et que par sa propre faiblesse il connaisse la faiblesse des autres.


3-Les Arabes chrétiens.

D’après les documents chrétiens, la conversion des Arabes n’a pas été difficile: elle a connu de grands succès. On dit même que le premier roi converti fut arabe: Abgar d’Osrhoène, au début du IIIème siècle.
Plus tard, des régions (Syrie), des tribus entières passèrent au christianisme, comme les deux dynasties les plus importantes, les Ghassanides et les Lakhmides109. Sur un plan strictement démographique, les Arabes étaient sans doute majoritairement chrétiens au VIème siècle.


1-La conversion des Arabes.
Si l’on se tient aux textes, elle semble avoir été très facile. Mais la littérature apostolique est aussi une affaire de propagande. L’opposition entre Juifs et Arabes a peut-être favorisé le basculement.

Mission de Paul
(Epître aux Galates 1,17)

... Je partis aussitôt pour l’Arabie110, et ensuite je revins à Damas....

La conversion des Arabes au christianisme
(Siméon le Stylite 108).

Combien d’Arabes qui ne savent pas ce qu’est le pain, et qui ne mangent que de la chair des animaux, sont venus et ont vu le saint Siméon et sont devenus disciples et chrétiens, ont abandonné les images de leurs pères et ont servi Dieu. Il est impossible de compter les Arabes, leurs rois et leurs nobles, qui sont venus et ont reçu le baptème, ont accepté la croyance en Dieu et ont reconnu Jésus, et sur les mots de Siméon, ils ont élevés des sanctuaires dans leurs tentes.


(Jérôme, Vie de Saint Hilarion 1-12,25).

Quand la nouvelle que Saint Hilarion passait par là se sut, comme il avait souvent guéri les Saracènes en les libérant des esprits malins, ls hommes affluèrent pour le rencontrer, avec leurs femmes et leurs enfants, baissant la tête et criant en arabe “barikna111 ”. Les recevant avec grace et humilité, il les exhorta à se détourner du culte des idoles et à honorer Dieu. (...) et le prêtre de Vénus, tout couronné qu’il fut, il se marqua du signe du Christ.

(Vie d’Ahudemmeh, Patrologia Orientalis III)112 .
Ahudemmeh, un patriarche jacobite, à la fin du Vème siècle, se lance dans une vaste et efficace politique d’évangélisation.

Il était du pays des Arabes et se proposa d'évangéliser les nombreux peuples qui vivaient sous des tentes entre l'Euphrate et le Tigre et qui étaient barbares et homicides. Il brisait les idoles, faisait des prodiges. Certains campements ne le laissaient pas approcher et lui lancaient des pierres, mais il guérit la fille du chef d'un campement et le bruit de ce prodige lui facilita son apostolat. Il s'appliquait avec grande patience à passer par tous les campements des Arabes, il les instruisait et les enseigna par de nombreux discours; il ne cessait d'ailleurs pas son jeûne parfait, ses prières et ses veilles. Il réunit par son zèle et il fit venir des prêtres de beaucoup de pays, pour eu arriver à établir dans chaque tribu un prêtre et un diacre. Il fonda des églises et leur donna les noms des chefs de leurs tribus, afin qu'ils les aidâssent dans toute chose on affaire dont elle auraient besoin.
Il attacha ensuite les cœurs des Arabes à toutes les perfections de la piété et plus spécialement aux dons envers les indigents. Leurs aumônes se répandaient sur tous les homnies et en tout lieu, mais plus particulièrement sur les saints monastères qui sont encore soutenus par eux jusqu'à maintenant dans leurs nécessités temporelles: le monastère saint et divin de Mar Mattay et de Kokta et de Beit Mar Sergius, et la communauté des moines qui est dans la montagne de Singar, avec tous les autres saints monastères qui sont dans les pays des Romains et des Perses; ils faisaient de grands dons qui étaient vendus pour, des prix élevés, et ils ne se bornaient pas à faire des dons aux églises, aux moines,
aux pauvres et aux étrangers, mais ils aimaient le jeûne et la vie ascétiqueplus que tous les chrétiens, beaucoup de personnes chez eux ne mangeaient pas de pain durant tout le temps du jeûne, non seulement les hommes, mais encore beaucoup de femmes; ils étaient zélés et ardents pour la foi orthodoxe, et chaque fois que la sainte Église était persécutée, ils donnaient leurs têtes pour l'Eglise du Christ, surtout les peuples choisis et nombreux des Aqulayé, des Tanukayé et des Tuayé. Quand ils furent parfaits dans toutes les coutumes du christianisme, il les quitta et alla bâtir la grande et belle maison des Pesilotâ, au milieu du Beit Arbayd, dans un lieu appelé Aynqénayé. Il y placa un autel et des saints martyrs, et il appela cette maison du nom de saint Mar Sergios, l'illustre martyr, parce que ces peuples arabes aimaient beaucoup son nom et y avaient recours plus que tous les autres hommes.


2- L’attirance pour le christianisme.
Les ors du rituel, l’opulence des costumes, la majesté des bâtiments, tout cela a contribué au succès du christianisme, sans compter l’usage du vin. C’est du moins ce qu’évoquent les textes.

Le cas du perse Salman113 .
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 136-7).

... alors que je passais à côté d’une église chrétienne, j’ai entendu des voix d’hommes en prière. Je ne savais rien d’eux parce que mon père me gardait cloîtré à la maison. Quand j’ai entendu ces voix, je suis allé voir ce qu’ils faisaient; leurs prières me plaisaient et je me suis senti attiré par ce culte et j’ai pensé que c’était mieux que notre religion, et j’ai décidé de ne pas partir avant le coucher du soleil. (...) Je suis allé voir les chrétiens pour leur demander s’ils pouvaient me dire quand une caravane de marchands chrétiens viendraient de Syrie. Ils me le dirent, et je leur ai répondu:
-Quand ils auront fini leurs affaires et voudront rentrer chez eux, demandez leurs s‘ils peuvent me prendre avec eux114.

(Tabari, Tafsir 2/62).
Pendant qu’ils mangeaient, Salman parlait avec le prophète et évoquait ses anciens compagnons chrétiens:
-Ils jeûnaient, disait-il, priaient, croyaient en toi et témoignaient que tu serais suscité comme prophète115.
Lorsqu’il eut terminé de parler et de faire l’éloge de ses anciens compagnons, le prophète lui dit:
-Ô Salman, ils font partie du feu.
Cette parole fut pénible à Salman d’autant plus qu’il avait dit au prophète que s’ils étianet parvenus jusqu’à lui, ils l’auraient reconnu et suivi.
C’est alors que Allah fit descendre le verset116.

Satire d’un poète arabe.
(al Acha)117 .

Vin rouge!
Le moine le porte en procession et le présente.
Sur lui est un sceau.
Ensuite, il le place devant lui et,
plein de désir, il prie sur sa cruche.



3-Epigraphie chrétienne.
Elle propose une vision plus institutionnelle de la religion chrétienne, celle des princes et des bourgeois. On y distingue aussi le rôle moteur du culte des martyrs, qui prend le relais des anciennes idoles.

Un roi chétien du Yémen

(Inscription de Sumyafa Ashwa)118 .
Avec la puissance, l’aide, et la miséricorde de Rahmanan, de son messie et de l’esprit de sainteté, on a écrit cette inscription, moi, Abraha Azlay119 le roi guèze120 , Ramhas (?) Zabayaman121 , roi de Saba, Dhu Raydan, Hadramawt et Yamnat, ainsi que de leurs Arabes de la montagne et de la plaine côtière, on a écrit cette inscription...

Dédicace d’un martyrion122.

Le très illustre Silbanos, toujours puissant parmi les Arabes, a élevé aux martyrs célèbres ce sanctuaire longtemps souhaité, large sous le soleil, bien construit en de sûres enceintes. Il a agi sous les suggestions d’une enfant absente, célébrée par toutes sortes de vertus, Khasidathè. A lui seul les princes phylarques123 l’avaient uni en mariage.

Dédicace d’un martyrion de Saint Thomas124
Du sexe féminin, admirable chef-d’oeuvre, gloire de sagesse, de piété même et d’amour conjugal, Mawia a construit ce martyrion de Saint Thomas, aux temps de la dizième indiction125, l’an 737126 .

Dédicace d’un martyrion à Saint Jean Baptiste127 .
(Inscription bilingue de Harran, 568).
Moi, Sharahil fil de Zalim, j’ai bâti ce martyrion128 en l’année 463, un an après la destruction de Khaybar129.

Dédicace d’un martyrion de Saint Serge130 .
(Inscription de Zabad)131.
Satorninos, Azizos, Azizos fils de Sergios, et Azizos fils de Marabarka fils de Marabarka132 .
Le 24 septembre 512 furent posées les fondations du martyrion de saint Serge, sous le périodeute Jean, Anneos, fils de Borkaios, et Sergius, fils de Sergius, fils de Sergius, le fondèrent.
Siméon, fils d'Amraas, fils d'Élias, et Léontios en furent les architectes.
Amen.133

Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit.
Le 24 septembre 512 ont été posées les fondations et c'est Jean le périodeute134 - que sa mémoire soit bénie! - qui en posa la première pierre et Mara qui écrivit et Annas et Antiochus et Sergius qui en furent les fondateurs135 .

Supplique de pèlerins chrétiens.
(Inscription de Zabad, septembre 512)136 .

Que Dieu137 assiste Sergios fils d’Amat Manaf138 et Hélias139 fils d’Imrul Qays, Sergios fils de Sad et Stru... et Sergios....


4- Hira, la métropole du nord.
La ville, sur le site actuel de Najaf, en Irak, a été un centre urbain très actif, que la dynastie des Lakhmides a choisi comme capitale, et qu’elle a recouvert d’églises et de monastères d’obédience nestorienne. Elle a été conquise en 633 et vite abandonnée par la suite.

L’église de la reine a reine Hind.
Yaqut, Géographie II 709140.

Cette église a été construite par Hind, fille d’al Harith, fils d’Amir fils d’Hujr, la reine, fille des rois et mère du roi Amir, fils d’al Mundhir, servante du Christ, mère de son serviteur, et fille de ses serviteurs, du temps du règne du roi des rois, Khosroès Anushirwan, et du temps de l’évêque Mar Iphraem.

Monastères de Hira.
(Abul Faraj al Isfahani, Livre des Monastères)141 .

Abu1 Faraj a dit: Parmi les monastères des Banu Alqama à al Hira se trouve le monastère de Hanzala fils de Abd al Masih ibn Alqama ibn Mâlik ibn Rubba ibn Numara ibn Lakhm. Sur la partie frontale du monastère se trouvait une inscription gravée avec du plomb sur du bois de teck:
Hanzala fils de Abd al Masîh - sanctifié soit le nom du Messie tant que durera le monde-, désirant se rapprocher de la vérité et de la foi, a construit ce saint édifice et, de même que l'on fait mention de ses proches pour demander la rémission de leurs fautes, qu'il soit fait mention de Hanzala le pécheur.

Le monastère
142 de Hind l'Ancienne. C'est un monastère qui fut construit par Hind l'Ancienne, la mère de Amir Ibn Hind. Il y a, sur le devant de son église, l'inscription suivante :
Ce monastère a été construit par Hind fille d'al Harith ibn Amr ibn Hujr, la reine fille des rois, et mère du roi Amir Ibn al-Mundhir, servante du Christ, mère de son serviteur et servante de son serviteur, au temps du roi des rois Khusraw Anushirwan, et au temps de l'évêque Éphrem. Et que Dieu143, pour lequel elle a construit ce sanctuaire lui pardonne ses péchés, qu'il soit miséricordieux pour elle et pour son fils, qu'il les agrée tous deux et les raffermisse en vue d'établir le droit la vérité, et que Dieu soit avec elle et avec son fils à jamais.
Abul Faraj dit: Puis Jalfar Ibn Qudama m'a rapporté, etc.

5- Najran, la métropole du sud.
Cette grosse ville, située au sud de la Mecque, sur la frontière avec le Yémen, est une étape importante de commerce des caravanes. Elle se distingue surtout par son peuplement chrétien. Ses habitants semblent en contact constant avec l'islam naissant, et pour Muhammad, ce sont les chrétiens les plus proches. Ils parviennent à faire respecter leur condition, en échange d’un statut de soumission, du moins avant leur expulsion définitive par Omar.

L’origine des chrétiens de Najran
(Chronique de Siirt, P.O. IV p. 218)

Sur la terre de Najran au Yémen, il y avait, du temps du roi Yazdegard144 un marchand, bien connu dans son pays, qui s’appelait Hayyan. Il est allé à Constantinople pour affaires et était revenu. Plus tard, il prévut d’aller en Perse et traversa al Hira. Là, il fréquenta des groupes de chrétiens et apprit leur religion. Il fut donc baptisé et resta là quelque temps. Enfin, il retourna au pays et là il exhorta les gens à adopter sa foi, et fit de sa famille des chrétiens, comme beaucoup de gens aux alentours. Puis des personnes le rejoignirent et l’aidèrent dans la conversion au christianisme du peuple du pays himyarite et de régions d’Abyssinie.

Chronique Nestorienne V 330145

A Najran, au Yémen, vivait à l’époque de Yazdegard un grand commerçant nommé Hannan. Il fit un voyage d’affaire à Constantinople. Sur le chemin du retour il voulut visiter la Perse et vint à Hira. Il y fit connaissance avec des chrétiens et apprit leurs opinions. Il fut baptisé et demeura quelque temps là. Ensuite, il retoruna dans sa patrie et chercha à répandre sa foi nouvelle. Sa famille accepta le christianisme. Il s’allia ensuite avec des hommes qui l’aidèrent à gagner au christianisme Himyar et les pays d’en face.

La Ka’ba146 de Najran.
(al Acha).147

La Ka’ba de Najran est ton but, jusqu’à ce que tu t’agenouilles à ses portes. Nous visiterons Yazid, Abd al Masih, et Qays; ce sont les meilleurs de ses maîtres.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 20-22).
L’origine du christianisme à Najran vient d’un homme appelé Faymiyun, qui était juste, sérieux et ascétique, et dont les prières étaient entendues. Il se promenait entre les villes. Dès qu’il était connu dans l’une il allait dans l’autre, mangeant seulement ce qu’il avait gagné, parce que c’était un maçon itinérant employant la technique de la brique de terre148. Il allait dans le désert et priait là jusqu’au soir.
Alors qu’il continuait son travail dans un village syrien, en s’écartant des autres hommes, un des habitants appelé Salih comprenant quel genre d’homme il était, fut pris d’une grande affection envers lui. Il partit par le sud et atteignit la terre des Arabes, qui les attaquèrent et une caravane les emporta et les vendit à Najran. Les gens de Najran suivaient la religion des Arabes adorant un grand palmier. Chaque année, ils avaient une grande fête où ils accrochaient les plus belles décorations et les bijoux des femmes. Faymiyun fut vendu à un noble et Salih à un autre ...
Un soir comme Faymiyun priait avec sérénité, le maître fut pris d’admiration et lui demanda sa religion. Faymiyun lui dit et dit qu’il était dans l’erreur. (...) Après s’être purifié et avoir pratiqué deux raka149 , il invoqua Allah contre l’arbre et Allah envoya un vent qui lui arracha les racines et l’abattit sur le sol. Alors le peuple de Najran adopta sa religion et il lui apprit les lois de Isa150 ibn Maryam151 .

Les notables chrétiens de Najran.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 401-2).

Une députation des chrétiens de Najran vint auprès de l'apôtre. Il y avait soixante cavaliers, quatorze d'entre eux étant des nobles parmi lesquels il y avait les trois principaux, qui contrôlaient les affaires, c'est-à-dire:
-Le aqib, chef du peuple, un homme d'affaires, et leur conseiller principal dont l'opinion dirigeait leur politique. Son nom était Abdul Masih152.
-Le sayyid153 , leur administrateur, qui s'occupait des questions de transports154 et des affaires générales. Son nom était al Ayham.
-Leur évêque, érudit, chef religieux qui contrôlait les écoles, Abu Haritha, de la tribu des Banu Bakr ibn Wayl.
(...)
Les noms des quatorze principaux cavaliers parmi les soixante étaient:
Abdul al Masih le Aqib, al Ayham, le sayyid, Abu Haritha ibn Alqama, frère des banu Bakr ibn Wayl; Aus; al Harith; Zayd; Qyas; Yazid; Nubayh; Khawaylid; Amir; Khalid; Abdullah, Johannes155; parmi eux, seuls les trois premiers ont parlé à l'apôtre.

6-Les chrétiens du Hedjaz.
Quelques individualités se distinguent, dans l’enturage de Muhammad, ou parmi les opposants à Médine. Chaque fois, les historiens chréitens se sont interrogés sur l’influece que ces personnages ont pu avoir sur la construction de la foi de Muhammad.

Un savant chrétien de la Mecque
(Bukhari Hadith 96/15).

Récit d'Aïsha: Khadija était alors accompagné par son cousin Waraqa ibn Nawfal (...), qui était le fils de son oncle paternel, le frère de son père, et qui était devenu chrétien durant la période pré-islamique. Il écrivait les Evangiles en arabe autant qu’Allah lui permettait d'écrire. Il était déjà un vieil homme et avait perdu la vue.

Des chrétiens à la Mecque?
(Yabubi I 298)156 .

Parmi les clans arabes chrétiens, il faut mentionner ceux des Quraysh.

Un ermite chrétien de Médine.
On a très peu étudié le thème des opposants à Muhammad; ce personnage est pourtant particulièrement intéressant: Abdallah est un ami du “roi de Médine”, et son départ, accompagné de nombreux disciples, laisse à penser qu’il y eut une âpre lutte dans la ville dès l’arrivée du chef des musulmans157.

(Tabari, Histoire des prophètes I 194-5).
Un habitant de Médine, nommé Abu Amir, l'un des principaux de la tribu d'Aus, avait été croyant. On l'appelait Abdallah le Moine158 . N'ayant pas été bien traité par le prophète, il avait apostasié et s'était rendu à la Mecque, en entraînant avec lui cinquante jeunes gens159 qu'il avait séduits et qui avaient apostasié. Depuis lors le prophète l'avait toujours appelé “coquin”. Vivant à la Mecque avec ses compagnons, il avait suivi l'armée mecquoise160.

(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 411-2).
Avec lui161, il y avait un homme des Aws, à qui les Aws obéissaient, Abu Amir Abdu Amir ibn Sayfi ibn al Numan, de la famille des Banu Dubaya ibn Zayd, le père de Hanzala (...). Il avait été ascète durant la période païenne et portait un grossier manteau de peau162, et il était appelé "le moine". (...)
Abu Amir avait grossièrement refusé de croire et avait abandonné son peuple, quand celui-ci se soumit à l'islam, et il alla à la Mecque avec dix de ses disciples, pour fuir l'islam et son prophète...
L'apôtre a dit:
-Ne l'appelez plus "moine", mais "malfaiteur".

Un bédouin chrétien
(Tabari, Histoire des prophètes IX 1707).

On m'a rapporté que Adi ibn Hatim des Tayyi163 disait:
-Aucun Arabe n'a détesté le messager d'Allah autant que moi, quand j'ai entendu parler de lui pour la première fois. En ce qui me concerne, j'étais un noble, un chrétien, voyageant parmi mon peuple, collectant le quart de leurs prises de guerre. Je professai ma propre religion, et la façon dont j'étais traité , c'était comme si j'étais un roi chez moi.
J'ai entendu parler du messager d'Allah, et je l'ai détesté (...).
-O Adi, (...) j'ai vu des bannières, je164 me suis informé et on m'a dit que c'était l'armée de Muhammad.
Je lui ai demandé d'apporter mes chameaux, ce qu'il fit, j'ai pris ma famille et mes enfants et je lui ai dit que j'allais rejoindre mes co-religionnaires en Syrie.
(...165 )
Puis il dit:
-Adi, n'es-tu pas à moitié chrétien et à moitié sabéen?
J'ai répondu:
-Oui.
-Et ne vas-tu pas parmi ton peuple pour collecter le quart de leurs prises de guerre?
-Je l'ai admis et il a dit:
-Mais ce n'est pas permis par ta religion!
-En effet.
Et j'ai réalisé qu'il était le prophète envoyé par Allah, qui sait ce qui n'est pas su166.

Quss ibn Sayda, prédicateur à Okaz.
(al Jahiz, Bayan I 247)167 .
“Celui qui vit va mourir, celui qui meurt disparaît, et chaque chose qui doit arriver arrivera”.



7-Sectes et hérésies.
Du montanisme jusqu’aux plus obscures hérésies arabes, le christianisme s’est émietté en une multitude de communautés plus ou moins durables. Avec le recul, cette floraison peut être considéré positivement: un signe de vitalité, et un facteur d’enrichessement culturel. Il faut tout d’abord noter que pour Jean de Damas, l’islam n’est qu’une hérésie chrétienne poussée à l’extrème, et que le christianisme s’est divisé avant tout sur des points de doctrine168 et d’après des ambitions politiques, comme dans le cas de l’islam.
En Orient, trois tendances principales se sont constituées, qu’on peine à nommer “hérésies” tant elles ont eu d’importance, par tous les soutiens populaires ou politiques qu’elles ont obtenus, et par leur influence sur le christianisme orthodoxe et l’islam: l’arianisme169 , le monophysisme170 et le nestorianisme171 .
La plupart des chrétiens n'y comprennent rien, et les musulmans, encore moins que rien, ce qui ne les empêchent pas de s'exprimer.


Une première hérésie arabe
(Hippolyte, Réfutation de toutes les hérésies 5,122).

Les fidèles de Monoimus172 l’Arabe assurent que le principe originel de l’univers est un homme premier fils d’un homme. (...) et Monoimus assure que le fils de l’homme est “i”, qui compte comme “10”, le nombre principal dans lequel est inhérent l’existence de tous les nombres en général, et à travers chaque nombre en particulier, se trouve, comme pour la génération de l’univers, le feu, l’air, l’eau, la terre...173

Les disputes théologiques entre chrétiens
(Mahomet, Coran 5/17).

De ceux qui disent:
-Nous sommes chrétiens. Nous avons reçu alliance.
Toutefois, ils ont oublié une partie de ce par quoi ils ont été édifiés et nous avons excité entre eux l’hostilité et la haîne jusqu’au jour de la Résurrection.
Alors Allah les avisera de ce qu’ils se trouvaient accomplir.

Les dissensions dans les communautés chrétiennes174
(Mahomet, Coran 42/13).

Les premières communautés ne se sont divisées par mutuelle insolence qu'après que la science fut venue à elles.
N'eût été un arrêt qui a précédé, de ton seigneur, reportant à un terme fixé, il aurait été décidé entre elles.
En vérité, ceux qui ont hérité l'Ecriture, après ces premières communautés sont certes en un doute profond concernant cette révélation.

La différence de traitement entre les Nestoriens et les monophysites.
(Lettre de l’évêque Ichoyab III175).
Ces Arabes n’évitent pas seulement de combattre le christianisme, ils recommandent même notre religion, et font des présents aux couvents et aux églises. (...)
Les Arabes ne supportent pas du tout ceux qui soutiennent que Dieu aurait été crucifié176 .

La préférence des Nestoriens
(Lettre d’Abdallah al Hachimi à Abdal Amsih al Kindi177).

Les Nestoriens, tes coreligionnaires, sont, sur ma vie, parmi les gens de la spéculation théologique près des vrais croyants ; ils penchent le plus vers notre conception - celle des musulmans -. C'est eux dont le prophète a loué la religion; c'est à eux qu'il a accordé pacte et alliance. Il leur a donné le droit à la protection, obligatoire pour lui et ses compagnons. Il leur a donné une lettre à ce sujet et un document, lorsqu'ils vinrent chercher protection quand le pouvoir lui vint en mains et lui fut assuré.

Le Nestorianisme178 .
Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7.
Ce sont les adeptes du sage Nestorius, qui se manifesta au temps d'al Mamun179 et utilisa arbitrairement les Évangiles. Il est dans le même rapport aux chrétiens que les mutazilites180 à notre Loi.
D'après lui, Allah est un, à trois hypostases: l'Existence, la Science et la Vie. Ces hypostases ne s'ajoutent pas à l'essence, mais ne lui sont pas identiques.
Le Verbe s'est uni au corps de Jésus, non point par voie de mélange (comme disent les melkites, ni par voie de manifestation en lui (comme disent les jacobites), mais comme la lumière du soleil qui resplendit dans la fenêtre ou sur un cristal, ou comme la gravure qui se manifeste dans la cire lorsqu'elle y a été imprimée par le sceau.
La doctrine qui ressemble le plus à celle de Nestorius sur les hypostases, ce sont les «états» du mutazilite Abu Hagim. Nestorius affirme en effet l'existence de propriétés différentes appartenant à une chose une. En disant «une», il veut dire qu’Allah est un par la substance, c'est-à-dire qu'Il n'est pas composé de deux genres, mais qu'Il est simple et un. Quant à la Vie et la Science, il entend par là deux hypostases, deux substances, c'est-à-dire deux principes initiaux du monde. Il explique ensuite que la Science, c'est la raison et le Verbe. Ses propos reviennent finalement à affirmer que Allah est existant, vivant
181, raisonnable, comme le disent les philosophes pour définir l'homme, avec cette différence que ces nw'àni" sont distincts les uns des autres dans l'homme, parce qu'il est une substance composée, tandis qu’Allah est une substance simple, non composée.
Certains d'entre eux disent qu’Allah a d'autres attributs, tels que la puissance, la volonté etc., mais ils n'en font pas des hypostases comme la Vie et la Science.
Parmi eux, certains vont jusqu'à dire que chacune des trois hypostases est vivante, est raisonnable, est dieu. Mais les autres affirment que le nom de «dieu» n'est pas donné aux hypostases séparément.
Ils affirment que le Fils a toujours été engendré du Père, mais ne s'est incarné et uni au corps du Christ qu'à sa naissance, en sorte que la venue à l'existence porte seulement sur le corps et l'humanité.Le Christ est un dieu et un homme qui se sont unis. Ce sont deux substances, deux hypostases, deux natures: une substance éternelle et une substance introduite à l'existence, un dieu parfait et un homme parfait. L'union de l'un et de l'autre n'a supprimé ni l'éternité de l'éternel, ni la venue à l'existence de ce qui y a été introduit, mais tous deux sont devenus un seul Christ, une seule volonté. Ils changent parfois les mots: à la place de substance, ils mettent « nature », et à la place d'hypostase, “individu”.
Quant à leur doctrine sur la mise à mort et la crucifixion, elle s'oppose à la doctrine des melkites et des jacobites. Ils disent que la mise à mort a atteint le Christ du point de vue de son humanité, mais non du point de vue de sa divinité. Car Allah est impassible.


4-Le christianisme vu par l’islam.

Après avoir observé la situation du christianisme, sur le plan doctrinal et social, il sera utile voir comment l’islam a considéré cette religion.
Pour cela, le plus simple est de distinguer les discours selon les types de sources.


1-L’Histoire musulmane des religions.
Dans une époque où des savants soumis à l’islam tentaient de comprendre le monde dans lequel ils vivaient, au prix de gros efforts intellectuels, et en prenant de grands risques, certains ont osé observer les systèmes étrangers. Ce ne sont en aucun cas des analyses objectives. Les doctrines sont déformées, soit pour correspondre aux conceptions islamiques, soit par ignorance, soit pour accroître leur ridicule. Ainsi, on ne apprend peut-être plus sur l’islam et ses préjugés, que sur le christianisme, par exemple.

Présentation du christianisme par un musulman.
Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7.
Ils sont la communauté du Christ Jésus, fils de Marie: c'est lui qui a été vraiment envoyé après Moïse et qui avait été annoncé dans la Torah. Il a été pourvu de signes manifestes, tels que rendre la vie à des morts, guérir l'aveugle de naissance et le lépreux. Son existence même et sa nature étaient un signe parfait de sa véracité, puisqu'il n'est pas venu au monde à partir d'un sperme antérieur, et qu'il a parlé avant qu'on le lui ait appris. Alors que tous les prophètes reçoivent la révélation à quarante ans, Allah lui révéla la parole au berceau182 et lui révéla le message à trente ans183 . La durée de son appel fut de trois ans, trois mois et trois jours.
Lorsqu'il eut été élevé au ciel, les apôtres et d'autres divergèrent à son sujet. Leur désaccord ne porte en définitive que sur deux questions.
La première est la modalité de sa descente du ciel, de son union à sa mère et de l'Incarnation du Verbe.
La seconde est la modalité de son Ascension, de sa jonction aux anges et de l'unification du Verbe.
Quant à la première, ils confessent l'Incarnation du Verbe, et discourent sur la modalité de l'union et de l'Incarnation.
Pour les uns, le Verbe a illuminé le corps qu'il a pris comme la lumière illumine un corps transparent.
Pour d'autres, il s'est imprimé en lui comme la gravure' s'imprime dans la cire.
Pour d'autres, il s'est manifesté en lui comme ce qui est spirituel se manifeste en ce qui est corporel.
Pour d'autres, la divinité a revêtu l'humanité'.
Pour d'autres, le Verbe s'est mêlé au corps du Christ comme le lait se mêle à l'eau.
Ils affirment qu’Allah a trois hypostases
184 . Ils disent que le Créateur est une seule substance, et ils entendent par ce mot: «ce qui subsiste par soi», et non pas la spatialité et le volume. (Dieu serait) donc un par la substantialité, trois par l'hypostaticité. Par les «hypostases», ils entendent les attributs comme l'Existence, la Vie, la Science, c'est-à-dire le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Mais seule la Science, à l'exclusion des autres hypostases, a revêtu un corps et s'est incarnée.
Quant à l'Ascension du Christ, ils disent qu'il a été tué et crucifié. Les juifs l'ont tué par jalousie et par impiété, parce qu'ils refusaient d'admettre son caractère prophétique et son rang, mais sa mise à mort n'a pas atteint dans le Christ la part divine, elle a seulement atteint la part humaine.
La perfection de la personne humaine, disent-ils, réside en trois choses: la prophétie, l'imamat
185 , la royauté. Les autres prophètes possédaient
ces trois qualités ou certaines d'entre elles. Mais le rang du Christ est plus élevé, car il est le Fils unique. Il est sans pareil, et il n'y a pas de commune mesure entre lui et les autres prophètes: c'est par lui qu'a été pardonnée la faute d'Adam, et c'est lui qui jugera le monde.
Ils sont en désaccord sur sa descente du ciel
186 . Pour les uns, il reviendra avant le jour de la Résurrection", comme le disent les musulmans. Pour les autres, il ne reviendra qu'au jour du Jugement.
Après avoir été tué et crucifié, il descendit. Simon Pierre vit sa forme physique, le Christ lui parla et en fit son successeur. Puis il quitta ce monde et monta au ciel.
Son successeur fut Simon Pierre. Parmi les Apôtres, c'est lui qui l'emportait en science, en ascèse et en éducation. Mais Paul troubla sa mission, se fit son associé, changea le caractère de son discours en y mêlant le discours des philosophes et ses propres pensées insidieuses ". J'ai vu dans l'épître que Paul écrivit aux Grecs:
-Vous pensez que le rang de Jésus est comme celui des autres prophètes, mais il n'en est pas ainsi. Il n'est sembable qu'à Melchisédech, roi de paix, à qui Abraham donna la dîme, et qui bénit Abraham et lui oignit la tête
187 .
Combien est surprenant ce que rapportent les Évangiles, à savoir que le Seigneur aurait dit:
-« Tu es le Fils unique »
188 .
Celui qui est «unique», comment est-il comparé à l'un des hommes ?
Ensuite, quatre des Apôtres se réunirent et chacun rassembla un livre qu'il appela l'Évangile. Ce sont Matthieu, Luc, Marc et Jean. La finale de l'Évangile de Matthieu est la suivante:
-«Je vous envoie aux nations comme mon Père m'a envoyé à vous. Allez donc, et appelez les nations au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint».
Quant au prologue de l'Évangil'e de Jean, c'est: « Le Verbe était de toute éternité, et le Verbe était auprès de Dieu, et Dieu était lui-même le Verbe, et tout fut par Lui » .
Les chrétiens se sont ensuite divisés en soixante-douze sectes
189 . Il y en a trois grandes: les melkites, les nestoriens, les jacobites. Elles ont eu des ramifications: julianistes, apollinaristes, macédoniens, sabelliens, photiniens, paulianistes, etc.


L’”Histoire sainte” chrétienne par un musulman.
(Ibn Khaldun, Muqaddima III 31).

Les juifs furent jaloux de Jésus et le traitèrent d'imposteur. Hérode, leur roi, écrivit à Auguste190, empereur romain, et l'excita contre Jésus. Auguste donna aux juifs la permission de le mettre à mort. Ce fut l'histoire de Jésus, telle qu'elle est rapportée dans le Coran191 .
Les apôtres se divisèrent en groupes divers. La plupart ,entre eux se rendirent au pays des Romains, où ils appelèrent à la foi chrétienne. Pierre fut le plus grand de tous les apôtres
192 . Il s'établit à Rome, capitale des empereurs romains. Alors, ils écrivirent l'Évangile révélé à Jésus, en quatre versions correspondant à leurs différentes traditions. Matthieu écrivit son Evangile à Jérusalem, en hébreu193. Il fut traduit en latin par Jean, fils de Zébédée, un des apôtres. L’apôtre Luc écrivit son Évangile en latin, pour un grand dignitaire romain. L'apôtre Jean, fils de Zébédée, écrivit un Evangile à Rome. Pierre écrivit son Évangile en latin194 et l'attribua à son disciple Marc. Ces quatre versions de l’Evangile diffèrent entre elles. En outre, elles ne contienent pas que la Révélation pure, mais celle-ci y est mêlée aux paroles de Jésus et de ses apôtres. La plus grande partie de ces versions de l'Évangile est faite de sermons et de récits. Les lois y sont peu nombreuses195.
Les apôtres se réunirent en ce temps-là à Rome et définirent les règles de la communauté chrétienne. Ils les placèrent sous l'autorité de Clément, disciple de Pierre, et y notifièrent la liste des livres qu'il faut accepter et qui doivent guider l'action des chrétiens.

La dégénèrescence des musulmans.
(Sufyan ibn Uyayna196
).
Quand nos savants dégénèrent, ils deviennent comme les juifs; quand ceux qui craignent Allah dégénèrent, ils deviennent comme les chrétiens.

Le danger chrétien.
(Jahiz, al Radd ala l-Nasara197).

Ils traquent ce qui est contradictoire dans nos traditions, nos rapports qui ont la moindre ligne de transmission198 suspecte, les versets ambigus de notre Ecriture. Ensuite ils isolent les esprits faibles parmi vous et interrogent les gens du peuple sur ces sujets, sur ce qu’ils pourraient savoir des affaires des hérétiques et des maudits manichéens. De plus, ils s’adressent souvvent aux érudits et aux puissants parmi nous, entraînant la dissenssion parmi les gens importants et perturbant les faibles. Ce qui rend les choses encore pires, c’est que chaque musulman estime qu’il est un théologien et que personne n’est plus capable que lui de discuter avec ces déviants.

2-Les chrétiens dans les chroniques musulmanes.
Au cours de son aventure théologico-politique, Muhammad rencontre quelques chrétiens: affectueux comme Waraqa, sceptiques comme Amir le rahib, hostiles, comme les Rums de Syrie. On repère ici ou là d’autres traces de contacts, dans des contextes très divers. Cela n’apprend rien sur le fond, a priori, mais les réactions musulmanes sont toujours signifiantes.

La non-circoncision.
(Ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 850).

Un jeune esclave chrétien non-circoncis fut tué avec Othman199 et alors qu'un des compagnons étiat en train de dépouiller les morts des Thaqif200, il dénuda l'esclave pour le voler, et vit qu'il n'était pas circoncis. Il appela alors avec la voix la plus forte et disant:
-Arabes, venez voir! Allah sait que les Thaqif ne sont pas circoncis!
Mughira ibn Shuba le retint, parce que cela l’inquiétait que cette nouvelle ne circule parmi les Arabes, et il lui dit de ne pas dire cela, parce que l'homme concerné était seulement un esclave chrétien.
Ensuite, il dénuda les autres corps pour montrer qu'ils étaient bien circoncis.

Une vision de Jésus par Muhammad
(Musa ibn Uqba201 ).
Quand je dormais, j’ai rêvé que j’allais autour de la Ka’ba quand un homme avec les cheveux longs est apparu entre deux hommes, sa tête ruissellante d’eau. Quand j’ai demandé qui il était, on m’a dit:
-Jésus, fils de Marie.
Alors je me suis retourné et j’ai vu un homme rouge, avec les cheveux bouclés, borgne. Il semblait que son oeil était un grain de raisin surnageant.
J’ai demandé qui il était et on me dit:
-L’Antéchrist202 .

Un chrétien inspirateur de Muhammad?
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 260).

Selon mes informations, l’apôtre avait l’habitude de s’installer à al Marwa devant la baraque d’un jeune chrétien appelé Jabr, un esclave des Banu al Hadrami, et ils dirent:
-Celui qui enseigne à Muhammad la majorité de ce qu’il apporte est Jabr le chrétien, esclave des Banu al Hadrami. Alors Allah révéla en référence à ces paroles...203

Habilité rhétorique et assurance théologique.
(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 403).

... l'apôtre leur dit204:
-Soumettez-vous!205
Ils dirent:
-Nous sommes déjà soumis.
Il dit:
-Vous n'êtes pas soumis, alors soumettez-vous.
Ils dirent:
-Non! Nous avons été soumis avant toi.
Il dit:
-Vous mentez. Vos allégations selon lesquelles Allah a un fils, votre vénération de la croix206, et votre nourriture avec du porc, ce sont des choses qui vous éloignent de la soumission.
Ils répliquèrent:
-Mais alors, qui est son père, Muhammad? L'apôtre resta silencieux et ne répondit pas.

3-Les chrétiens dans la Sunna.

Certains hadiths évoquent les chrétiens et leur sens, quand il peut être établi, est d’une importance plus grande pour la doctrine. Il est certain que nombre de ces récits ayant trait aux chrétiens ont été rédigés au cours des grandes confrontations avec l’empire byzantin, et n’ont qu’un lien très lâche avec Muhammad lui-même: c’est purquoi le ton est fortement anti-chrétien dans tous ces textes.

La cloche.
(Dawud, Hadith 14/2548).

Les anges ne tiennent pas compagnie à des voyageurs qui circulent avec une cloche.

(Muwatta, Hadith 49/2,2).
J’ai rêvé cette nuit, alors que j’étais à la Kaba, et j’ai vu un homme à la peau sombre, le plus beau des hommes à la peau sombre que j’ai jamais vu. Il avait des cheveux qui allaient de ses oreilles à ses épaules. Il a peigné ses cheveux, et de l’eau en sortait. Il s’appuyait sur deux hommes ou sur les épaules de ces hommes, il faisait le rite de circambulation autour de la Kaba. J’ai demandé:
-Qui est-ce?
On me dit:
-al Masih ibn Miriam207.

Le mépris pour les chrétiens
(Dawud, Hadith 41,5186).

Je suis allé en Syrie avec mon père. Les gens entrèrent dans des cloîtres dans lesquels ils y avait des chrétiens. Mon père a dit:
-Ne les salue pas d’abord, (...) l’apôtre d’Allah disant: “Ne les saluez pas d’abord, et quand vous les rencontrez sur la route, forcez-les à aller sur la partie la plus étroite”.

La viande des chrétiens
(Muwatta, Hadith 24/2,5).

Abdullah ibn Abbas était interrogé à propos des animaux abattus par les Arabes chrétiens. Il dit:
-Il n'y a pas de mal en eux.
Mais il récita ensuite ce verset: "Quiconque les prend comme amis fait partie d'eux"208 .

Le retour de Jésus.
(Hadith, Bukhari 34/102).
L’envoyé d'Allah a dit:
-J’en jure par celui qui tient mon âme entre ses mains, il s’en faut de bien peu que le fils de Marie descende parmi vous comme un juge équitable, afin de briser la croix, de tuer les porcs, de faire disparaître la capitation et de faire déborder la richesse au point que personne n’en voudra plus209.

(Bukhari, Hadith 54/ 506)210
Le prophète a dit :
- Quand tout être humain naît, Satan le touche des deux côtés de son corps avec ses deux doigts, sauf Jésus, fils de Marie211, que Satan n'a pas pu toucher parce qu'il a touché le placenta. 

3-Les chrétiens dans le Coran.
Dans le texte fondateur, les chrétiens, on le sait, sont d’abord considérés avec un oeil favorable, peut-être parce que l’auteur les avait fréquentés durant sa jeunesse et en avait gardé un bon souvenir. Mais peu à peu les paroles deviennent plus aigres, et à la fin, la rupture est consommée sur le plan doctrinal.

Une allusion au baptème?
(Mahomet, Coran 2/132).

Onction212 d’Allah?
Qui donc est meilleur qu’Allah en son onction?

Eloge des moines.
(Mahomet, Coran 5, 85).

...tu trouveras que les gens le splus proches de ceux qui croient, par l’amitié, sont ceux qui disent: nous sommes chrétiens.
C’est que, parmi ceux-là, se trouvent des prêtres et des moines213 qui ne s’enflent pas d’orgueil.

Critiques des moines.
(Mahomet, Coran 57/27).

Ensuite nous leur avons donné comme successeurs nos autres apôtres ainsi que Jésus fils de Marie; nous leur avons donné l’Evangile et avons mis, dans les coeurs de ceux quis suivent, mansuétude et pitié et monachisme214 qu’ils ont instauré - nous ne leur avons pas prescrit215- uniquement dans la quête de l’agrément d’Allah; ils n’ont toutefois pas observé comme il se devait.

Description des moines chrétiens.
(Mahomet, Coran 36-8216 ).

En des oratoires217 qu’Allah permit d’élever et dans lesquels son nom est invoqué, dans lesquels il est glorifié, à l’aube et au crépuscule, sont des hommes que nul négoce et nul troc ne distraient de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la prière, du don de l’aumône , qui craignent un jour où les coeurs et les regards se ront retournés mieux sur terre...

La préférence des chrétiens sur les juifs.
(Mahomet, Coran 3/109-111)218 .

Les détenteurs de l'Ecriture ne sont pas à égalité. Parmi les détenteurs de l'Ecriture, il est une communauté droite dont les membres, durant la nuit, récitent les aya d'Allah, se prosternent, croient en Allah et au dernier jour, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable, qui se hâtent dans les bonnes oeuvres.
Ceux-là sont parmi le saints.
Quelque bien qu'ils fassent, cela ne leur sera pas dénié.
Allah connait les pieux.

Le rejet de la Trinité.
(Mahomet, Coran 5/77).

Impies sont ceux qui ont dit: Allah est le troisième d’une triade.
Il n’est de divinité qu’une divinité unique.
S’ils ne cessent point leur dit, ceux qui sont parmi eux sont impies et seront touchés par un tourment cruel.

L’intégration de Marie dans la Trinité.
(Mahomet, Coran 5/116).

Rappelez-vous quand Allah demanda: ô Jésus fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux hommes: prenez-nous, moi et ma mère, comme divinités219 en dessous d’Allah!
Jésus répondit: gloire à toi!
Il n’est point de moi de dire ce qui n’est pas pour moi une vérité!


La communion selon Muhammad.
(Mahomet, Coran 5/114)220 .
-Allah! Mon seigneur! dit Jésus fils de Marie, fais, du ciel, descendre sur nous une table221 qui sera pour nous une fête pour le premier et le dernier de nous et sera un signe émanant de toi! Donne-nous attribution, toi qui es le meilleur des attributeurs.

Les influences chrétiennes sur Muhammad.
(Mahomet, Coran 16/105).

Certes nous savons que les infidèles disent:
-Cet homme a seulement pour maître un mortel! Mais la langue de celui auquel ils pensent est une langue barbare, alors que cette prédication est en claire langue arabe222.

4-”Le pacte d’Omar”
223.
Le deuxième calife est à l’origine d’une législation très dure concernant les chrétiens au premier chef, qui sert de base aux relations entre les deux mondes, et fixe la condition de “dhimmi”, ou “protégés”, selon une conception quasi mafieuse.

(Liste reconstituée par A. Noth)224.

1-Ne pas construire de nouvelles églises dans une ville, ni des chapelles ou des ermitages dans ses environs.
2-Ne pas restaurer les églises détruites dans les quartiers musulmans.
3-Ne pas abriter les espions ennemis, c’est-à-dire de collaborer avec les ennemis des musulmans.
4-Dénoncer les activités de trahison envers les musulmans.
5-Employer des moyens pour appeler au service religieux, mais seulement des moyens discrets, et à l’intérieur des églises.
6- Ne pas dresser de croix en dehors des églises.
7-Eviter de prier ou de réciter à voix haute dans les églises quand des musulmans sont près de là.
8-Ne pas montrer de croix ou des évangiles publiquement au marché des musulmans.
9-Eviter les processions et les autres fêtes en public.
10- Ne pas allumer de flammes durant les processions funéraires à travers le marché des musulmans.
11-Ne pas garder de cochons ou vendre de la viande de porc dans le voisinage des musulmans.
12-Ne pas appeler au polythéisme publiquement et ne pas faire de prosélytisme.
13-Ne pas posséder d’esclaves conjointement à ceux des musulmans.
14-Ne pas empêcher ses parents de devenir musulmans.
15-Ne pas porter d’armes.
16-Ne pas construire de maisons plus hautes qui permettent de voir dans les maisons des musulmans.
17- dans les relations d’affaires, les musulmans doivent être la partie dominante, c’est-à-dire que les affaires doivent être menées selon la loi musulmane.
18- Ne pas acheter de prisonniers de guerre venant de musulmans, parce qu’ils pourraient rester ou devenir chrétiens).
19-Ne pas battre de musulmans
225.





III
Religions Perses



L’actuelle et sinistre république islamique d’Iran est une indigne héritière d’une des civilisations les plus brillantes de l’Humanité: la Perse. Son influence est considérable dans de nombreux domaines, notamment dans l’Histoire politique et religieuse: c’est le premier empire universel, et son rôle est capital dans l’évolution du Moyen-Orient vers le monothéisme. Cette haute culture et de cette conception originale du monde a démontré une capacité de résistance exceptionnelle à travers le temps.
A la période qui nous intéresse, l’empire sassanide est une très grande puissance226, revendiquant très haut l’héritage perse, et traversée par de nombreux courants religieux.



1-Le Mazdéisme.

Il s’agit de la religion traditionnelle des Perses réformée par Zarathoustra, et qui tend de plus en plus vers une forme de monothéisme, autour de la figure d’Ahura Mazda, le “Sage Seigneur”. Cette religion a provoqué une accélération du phénomène monothéiste dans le Proche-Orient, et elle a répandu la notion de "dieu national" puissant et dominateur. Ce système évoque aussi la venue d’un sauveur de l’humanité devant survenir à la fin des temps227.
Les Mazdéens sont connus en Arabie de façon superficielle, comme occupants228 , adeptes du culte du feu229 et comme "mages"230. Il est aussi à déplorer que les envahisseurs musulmans de l’Iran aient ravagé si consciencieusement cet héritage, dès leur arrivée, et sur plus d’un siècle231.

1-Eléments de doctrine.
C’est un système religieux d’origine indo-européenne, et lié à celui de l’Inde: un polythéisme qui s’appuit sur un livre sacré, l’Avesta. Après les réformes de Zarathoustra, il tend vers un hénothéisme rigoureux, dominé par Ahura Mazda.
Polythéisme, livre sacré, prophétie, hénothéisme: on comprend la perplexité des premiers musulmans, qui voulaient intégrer le mazdéisme dans une catégorie précise...

Prière à Ahura Mazda.
(Inscription de Darius à Persépolis)232 .

Qu’Ahura-Mazda m’apporte son aide avec tous les dieux, et encore qu’Ahura-Mazda protège ce pays de l’armée ennemie, de la mauvaise récolte, du mensonge. Que sur ce pays ne déferle ni l’armée ennemie, ni la mauvaise récolte, ni le mensonge. C’est le bienfait que je demande par la prière à Ahura-Mazda avec tous les dieux. Puisse Ahura-Mazda m’accorder ce bienfait avec tous les dieux.


Le mazdéisme et Zoroastre.
(Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7).
Parmi les possesseurs d'un pseudo-Livre, les mazdéens affirment, comme on vient de le dire, l'existence de deux principes. Toutefois, les mazdéens originels affirmaient que les principes ne peuvent être tous deux éternels, de toute éternité, mais que la Lumière est de toute éternité, tandis que la Ténèbre est introduite à l'existence.
Ils divergent alors sur la cause de sa venue à l'existence. Est-elle venue à l'existence à partir de la Lumière? Mais la Lumière n'introduit à l'existence aucun mal particulier: comment y introduirait-elle le principe même du mal? Ou bien la Ténèbre est-elle venue à l'existence à partir d'une autre chose? Mais rien n'est associé à la Lumière dans l'introduction à l'existence ni dans l'éternité. Ici devient claire la folie des mazdéens.
Ils professent la doctrine du premier principe d'entre les individus, Gayomart. Parfois, ils professent la doctrine du grand Zurvàn. Ou encore, du dernier prophète, Zoroastre.
(...)
Ce sont les adeptes de Zoroastre, fils de Purusasp, qui se manifesta au temps de roi Vistasp, fils de Luhràsp. Son père était d'Adarbaygan; sa mère, qui s'appelait Duadôuua, de Rayy.
Ils affirment avoir des prophètes et des rois. Le premier de ceux-ci est Gayomart: il fut le premier à régner sur la terre, et résidait à Istahr. Après lui vint Husang, fils de Fravak: il se rendit en Inde et y appela les hommes à Allah. Après lui vint Tahmurat: les sabéens se manifestèrent la première année de son règne. Puis vint son frère, le roi Yima. Puis il y eut après lui des prophètes et des rois, dont Manusihr: il se rendit à Babel et y demeura, c'est en son temps, affirment-ils, que se manifesta Moïse. Et finalement, le royaume échut à Vitasp, fils de Luhrasp, au temps duquel se manifesta le sage Zoroastre.
Ils affirment que Allah, au temps de Son règne dont il est parlé dans les Feuilles Premières et dans le Livre Suprême
233, a créé une création spirituelle. Et lorsque se furent écoulés trois mille ans, Il accomplit Sa volonté en une forme de Sa lumière étincelante pour composer la forme de l'homme, et le fit entourer par soixante-dix des anges rapprochés. Il créa le soleil, la lune, les étoiles, la terre et les Fils d'Adam, immobiles pendant trois mille ans.
Ensuite, Il mit l'esprit de Zoroastre dans un arbre qu'il fit pousser au plus haut de Illiyyun puis planta au sommet d'une montagne d'Adarbaygan appelée le mont Asnavand. Il mélangea ensuite l'esprit de Zoroastre à du lait de vache. Le père de Zoroastre le but, et cela devint du sperme, puis un embryon dans le sein de sa mère. Le Démon s'attaqua à elle et altéra sa santé. Ensuite, sa mère entendit une voix du ciel lui indiquant sa guérison, et elle fut guérie.
Ensuite, lorsqu'il naquit, il eut un rire que remarquèrent les gens présents. Ils usèrent de ruse contre Zoroastre, au point de le déposer sur le chemin des taureaux, et sur le chemin des chevaux, et sur le chemin des loups. Mais chaque fois, l’un de ceux-ci se dressait pour le protéger des autres.


Les livres de Zoroastre.
(Masudi, Prairies d’or 548-9).

L’alphabet du livre révélé par Zoroastre ne renfermait pas moins de 60 lettres; or aucun alphabet des autres langues ne se compose d’un plus grand nombre de caractères. Les détails dans lesquels les Mazdéens entrent à cet égard sont reprouits dans nos Akhbar az Zaman et dans le Livre Moyen. Ce livre est écrit dans une langue que les Perses n’auraient pu imiter, et dont ils ne comprenaient pas le sens; nous parlerons plus loin des principes que Zoroastre mit dans son livre, du commentaire et du sur-commentaire qu'il en fit; le texte entier, tracé en lettres d'or, forme 12 000 volumes. Il renferme des promesses, des menaces, des prescriptions et des interdictions, ainsi que d'autres dispositions légales et cultuelles. Ce livre demeura le code des rois perses jusqu'à l'époque où Alexandre, après avoir tué Darius234, jeta au feu une partie de l'ouvrage. Plus tard, lorsque, succédant aux chefs des Satrapies Ardéshir, fils de Babak, monta sur le trône, il imposa aux Perses la lecture de l'un des chapitres, qu'ils nomment Vendidad235. Encore aujourd'hui, les Mazdéens se bornent à réciter ce chapitre.
Quant au livre primitif, il porte le nom d'Avesta. Voyant ses fidèles incapables de le comprendre, Zoroastre en composa un commentaire qu'on nomma Zend; puis il rédigea un commentaire de ce commentaire et l'appela Pazend; enfin, après sa mort, les docteurs de cette religion donnèrent un commentaire de ce commentaire et une glose des textes précédents qu'ils nommèrent Ayardah. Les Mazdéens ne sont jamais parvenus à retenir par cœur leur livre révélé; aussi leurs savants et leurs prêtres
236 en font apprendre des fragments, par exemple un septième, un quart ou un tiers, à beaucoup de fidèles; l'un d'eux commence par réciter le fragment qu'il a retenu, un second reprend à son tour, puis un troisième et ainsi de suite jusqu'à ce qu'à eux tous ils aient achevé la récitation de tout le livre, car il est impossible à un seul de l'apprendre en entier; on cite cependant un Mazdéen du Séistan qui, postérieurement à l'année 300237, le savait intégralement par cœur.

Le mazdéisme comme "religion du Livre238 "
(Mahomet, Coran 22/17).
Au jour de la résurrection, Allah distinguera entre ceux qui auront cru, ceux qui auront pratiqué le judaïsme, les sabéens, les chrétiens et les zoroastriens239.

L’énothéisme mazdéen.
(Inscription royale de Vahraran Gur (420-438)240 .
Serviteurs sommes nous tous, Dieu241 est un
Inl ne faut honorer que lui seul
Je suis la religion du prophète Zardost242
Je ne dévierai point de la voie des ancêtres.


2-Le culte du feu.
A noter que les monnaies d’argent circulant parmi les premiers musulmans, des dirhams perses, sont ornés d’autels du feu, les pyrées, c’est-à-dire une image particulièrement impure243.

Le temple du feu à Oman
(Abu Ubayd)244 .

Du prophète Muhammad envoyé d'Allah, aux Asbadhites, serviteurs d'Allah, princes de Oman.
Ils auront toute sauvegarde s'ils croient, célèbrent les offices, acquittent la zakat, obéissent à Allah et à son envoyé, abandonnent son dû au prophète, et suivent la voie des musulmans. (...) ce qu'ils possédaient au temps de leur islamisation, à l'exclusion toutefois, du trésor du temple du feu qui reviendra à Allah et à son envoyé. (...)

Le culte du feu.
(Quinte-Curce, Histoire d’Alexandre III 3,9-11).

Le Feu, qualifié de sacré et d’éternel, était porté en tête, sur des autels d’argent. Les mages, auprès de lui, chantaient des hymnes ancestraux. Derrière les mages, venaient 365 jeunes gens recouverts de manteaux de pourpre: leur nombre était celui des jours de l’année, car les Perses avaient divisé l’année en autant de jours que nous. Puis un char consacré à Jupiter245 était tiré par des chevaux blancs...

Catalogue des temples du feu.
Shahrastani, Livre des religions et des sectes 521-7.
Chez les mazdéens, le premier temple que bâtit Feridun fut un temple du feu246 à Tus. Il en bâtit à Bukhara un autre: c'est le Berezisava. Bahman fonda au Sijistan un feu qu'on appelle Karkuya. Ils ont aussi dans la région de Bubara un temple du feu qu'on appelle le feu de Kavad, et, entre la Perse et Ispahan, un autre qui s'appelle Gugnasp et que bâtit Kaykhosrow . Un autre, à Komis, s'appelle Hurign. Il y a aussi un temple du feu appelé Kangdiz, que bâtit Siyavas à l'Est de la Chine, et un autre à Arragan en Perse, que fonda Arragan, aïeul de Vistâsp.
Ces temples existaient avant Zoroastre. Ensuite, Zoroastre instaura un temple du feu à Nigapur, et un autre à Nasà. Il fit aussi rechercher par Vitàsp un feu que vénérait autrefois Yima. Vistasp trouva le feu à la ville de Kwarazm et le transporta à Darabgird: il s'appelle Adarguy, et les mazdéens le vénèrent plus que tout autre. Lorsque Kaykhosrow partit en expédition contre Afrasiyab, il vénéra ce feu en se prosternant devant lui. On dit aussi que c'est Anogarvan qui le transporta à Kariyan. Les mazdéens en laissèrent ensuite là une partie et portèrent l'autre à Nasa.
Dans le pays des Byzantins, aux portes de Constantinople, il y avait un temple du feu: Shapur, fils d'Ardashir, l'avait fondé, et il resta debout jusqu'à l'époque d'al Mahdi. Et un autre temple du feu près de la Ville du Salut
247, à Astaouène, dû à Boran, fille de Khosrow. Il y a aussi des temples du feu en Inde et en Chine. Mais quant aux Grecs, ils avaient trois temples dans lesquels il n'y avait pas de feu, et que nous avons déjà mentionnés.
Au demeurant, si les mazdéens vénèrent le feu, c'est à cause de plusieurs qualités qu'ils lui attribuent: le feu est une substance noble et supérieure; il n'a pas brûlé l'Ami d’Allah, Abraham, ils pensent que leur vénération pour lui les sauvera du supplice de feu lors du retour devant Allah. Bref, le feu leur tient lieu de direction de la prière, de moyen d'accès à la faveur d’Allah et de signe.

3-Pureté et impureté des mazdéens.
C’est essentiellement par le biais des questions cathartiques que la culture perse est considérée par la tradition musulmane: les envahisseurs sont confrontés soufain à une culture bien supérieure à la leur, et se pose d’innombrables questions sur le refus ou l’acceptation de telle ou telle coutume, selon sa pureté ou son impureté, en s’attachant aux détails les plus saugrenus.

(Muwatta, Hadith 28/16,38a).

Les jeunes esclaves juives ou chrétiennes sont licites pour leurs maîtres par droit de possession248. Mais les relations sexuelles avec une esclave mazdéenne ne sont pas licites par droit de possession249.

(Dawud Hadith 16/2851).
Il demanda:
-Dis moi ce qu'on doit faire à propos de la vaisselle des mages, quand on est forcé de l'utiliser.
Il ré